Les Francais En Amerique Pendant La Guerre De L Independance De
Chapter 21
Cette nouvelle fut rapidement portee en Amerique. Le 11 mars 1783, de Lauzun partit de Wilmington pour ramener dans leur patrie les derniers soldats francais. Ainsi l'independance des Etats-Unis etait fondee, et le monde comptait une grande nation de plus.
XXX
La France, en aidant l'Amerique a secouer le joug de l'Angleterre, avait fait un acte de haute politique. Mais ce qu'il y eut de plus remarquable a l'epoque ou elle intervint dans la guerre, c'est que, a la cour comme a la ville, chez les grands comme chez les bourgeois, parmi les militaires comme parmi les financiers, tout le monde fixait une sympathique attention sur la cause des Americains insurges. C'etait une singuliere epoque que celle qui presentait de pareils contrastes dans les opinions, dans les gouts et dans les moeurs. On voyait alors des abbes ecrire des contes licencieux, des prelats briguer des ministeres, des officiers s'occuper de philosophie et de litterature. On parlait de morale dans les boudoirs, de democratie chez les nobles, d'independance dans les camps. La cour applaudissait les maximes republicaines du _Brutus_ de Voltaire, et le monarque absolu qui y regnait embrassait enfin la cause d'un peuple revolte contre son roi. Ce desordre dans les idees et dans les moeurs, cette desorganisation sociale, etaient les signes precurseurs d'une transformation a laquelle les Americains devaient donner une impulsion vigoureuse.
J'ai dit comment quelques Francais, entraines par le gout des aventures ou par leur enthousiasme, devancerent la declaration de guerre, trop lente a venir a leur gre; comment partit le corps expeditionnaire aux ordres de M. de Rochambeau; comment enfin la bravoure des troupes alliees, ainsi que la bonne entente et l'habilete des chefs, amenerent pour l'Angleterre des revers irreparables. La moindre consequence du succes des armes francaises aux Etats-Unis fut l'affaiblissement de son ennemie seculaire. Un grand nombre des officiers qui, par l'ordre d'un gouvernement absolu ou entraines par leur engouement des idees nouvelles, avaient ete defendre en Amerique les droits meconnus des citoyens, revinrent avec une vive passion pour la liberte et pour l'independance.
Le fils d'un ministre, M. de Segur, ecrivait le 10 mai 1782:
"Quoique jeune, j'ai deja passe par beaucoup d'epreuves et je suis revenu de beaucoup d'erreurs. _Le pouvoir arbitraire me pese. La liberte pour laquelle je vais combattre m'inspire un vif enthousiasme_, et je voudrais que mon pays put jouir de celle qui est compatible avec notre monarchie, notre position et nos moeurs."
Ces derniers mots indiquent toutes les difficultes que devait rencontrer la realisation du reve qui tourmentait l'esprit, non-seulement de M. de Segur, mais de toute la jeune generation francaise. Comment concevoir une liberte compatible avec une monarchie absolue dans son essence, avec une position politique toujours menacee par des voisins jaloux et ombrageux, et avec des moeurs imbues de l'esprit de feodalite?
Parmi les officiers qui combattirent a cote des Americains, un tres-grand nombre, a la verite, furent plus tard hostiles a toute idee de reforme en France et ne craignirent meme pas de porter les armes contre leur patrie pour combattre la Revolution. C'est qu'ils n'avaient pas prevu tout d'abord les consequences de leurs actes, et cette contradiction dans leur conduite est une nouvelle preuve de la puissance des idees repandues en France et sous l'impulsion desquelles ils avaient pris les armes, quinze ans avant, en faveur de la liberte.
Des les debuts de l'insurrection des colonies, Voltaire et Franklin s'etaient rencontres a Paris. Le vieux philosophe francais avait beni le fils du sage et docte Americain. Tous deux personnifiaient bien l'esprit qui animait leurs pays et qui devait y causer une revolution. Tous deux formaient des voeux egalement sinceres pour leur patrie. Mais le voisinage du vaste Ocean, l'immense etendue du continent, et surtout l'absence des classes privilegiees et des proletaires, protegerent en Amerique les semences de la liberte. En France, dans ce pays devenu liberal avec une forme monarchique et des moeurs feodales, sur ce sol couvert d'une population tres-nombreuse mais tres-heterogene quant aux droits et aux devoirs; au milieu de ces voisins avides de venger leurs defaites ou de s'enrichir de depouilles ennemies, la liberte ne put planter de faibles racines que dans un terrain inonde de sang et tourmente par tous les elements de la haine et de la discorde.
Bien des esprits clairvoyants annoncaient les evenements qui se preparaient en France[233]. Pourtant la majorite ne pensait pas qu'une transformation accomplie sous l'influence de la liberte et de la justice, put etre autrement que paisible et exemple de violence. Mieux en avait juge le docteur Cooper, qui comprenait bien l'etat de la vieille societe francaise[234].
[Note 233: Il n'est pas besoin de recourir aux oeuvres des profonds penseurs de cette epoque, a celles de Jean-Jacques Rousseau entre autres, pour trouver des propheties sur le mouvement qui etait sur le point d'eclater en France. Les publications les plus ordinaires et les plus ignorees de nos jours sont remplies de previsions dans ce sens. Je citerai entre autres: _le Proces des trois Rois_, pamphlet anonyme publie a Londres en 1783. _Discours sur la grandeur et l'importance de la revolution d'Amerique_; couronne aux jeux floraux; Toulouse, 1784. Tres-remarquable pour le temps et le lieu ou ce discours fut ecrit.]
[Note 234: Voir la note, page 65 du present ouvrage.]
Les souverains d'Europe surtout ne voyaient dans le concours qu'ils pretaient aux Americains qu'une maniere de retablir l'_equilibre europeen_ trouble par la suprematie maritime de l'Angleterre. Aucun d'eux ne songeait que ce vent de liberte qui remuait les masses populaires de l'autre cote de l'Ocean soufflerait bientot sur leur continent, y renverserait des trones et ebranlerait l'ordre social jusque dans ses fondements.
Ce que les hommes politiques depuis Choiseul et Vergennes previrent encore moins, c'est le developpement rapide et sans precedent que devaient prendre les Etats-Unis, places dans des conditions physiques, morales et intellectuelles exceptionnellement favorables[235], sous la protection de la liberte politique et religieuse, non-seulement inscrite dans les codes, mais profondement enracinee dans les moeurs. Les colonies anglaises, pensait-on, devaient faire contre-poids aux possessions que l'Angleterre avait enlevees a la France. Leur influence ne se borne plus depuis longtemps deja au continent americain. Ce n'est plus seulement la mere patrie dont elles contre-balancent la puissance. L'Europe entiere doit compter desormais avec elles dans les destinees du monde.
[Note 235: L'abbe Raynal a etudie la question de l'avenir probable des Etats-Unis dans son livre: _des Revolutions d'Amerique_. Il prevoit meme l'epoque ou cette puissance se sera emparee de l'Amerique meridionale.]
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FIN DE LA PREMIERE PARTIE.
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APPENDICE
On a vu que, pour soutenir la lutte contre l'Angleterre, les colonies revoltees se virent dans l'obligation d'emettre du papier-monnaie; cette creation eut le sort de tous les papiers d'Etat emis en trop grand nombre, ces assignats ne tarderent pas a se discrediter.
Ce fut en 1775 que les colonies confederees firent leur premiere emission, qu'elles devaient garantir en raison de leur importance et de leur population. Cinq millions de dollars furent lances cette meme annee. Afin d'assurer la regularite de ces emissions, vingt-huit citoyens, y compris Franklin, signerent les billets; malgre cela, une certaine hesitation se manifestant, le Congres pressa les divers Etats de prendre les mesures necessaires pour leur circulation et les engagea au besoin de decreter le cours force.
Voici le libelle et la figure de ces divers assignats. Emises soit comme billets nationaux, soit comme billets des Etats particuliers, chacune de ces valeurs, dont l'importance variait de 1 fr. 75 (un tiers de dollar) a 400 fr. (80 dollars), portait un timbre et une devise.
A cause de sa concision, la langue latine, se pretant a rendre avec plus de force les sentiments que l'on voulait exprimer, fut employee pour ces devises.
BILLETS EMIS PAR LES ETATS-UNIS
No. 1 1775
Billet de 4 dollars.
[Figure 1: Un sanglier s'elance sur un epieu.--Devise: Aut mors, aut vita decora. (Vivre honorablement ou mourir.)]
N deg. 2. 1775.
Billet de 5 dollars.
[Figure 2: Un buisson d'epines duquel s'approche une main d'ou decoule du sang--Devise: Sustine vel abstine. (Soutiens-moi ou abstiens-toi.)]
No 3. 1775.
Billet de 20 dollars.
[Figure 1: Figure du vent entouree de nuages, et soufflant sur une mer houleuse.--Devise: Vi concitatae. (Souleve par la violence.)]
No 3 bis. 1775.
Billet de 20 dollars.
[Figure 2: Ce numero n'est que le revers du n deg. 3.--Un soleil brillant eclaire une mer tranquille, sur laquelle navigue un vaisseau.--Devise: Cessante vento conguiescemus. (Le vent cessant, nous nous apaiserons.) Le contraste de ces deux devises (3 et 3 bis) exprime bien les sentiments qui agitaient les Americains.]
No 4. 1776.
Billet de 3 dollars.
[Figure 1: Combat d'un aigle et d'un heron; pendant que l'aigle le tient dans ses serres, le heron le perce de son bec.---Devise: Exitus in dubio est. (La victoire est douteuse.)]
No 5. 1776.
Billet de 8 dollars.
[Figure 2: Une harpe.--Devise: Majora minoribus consonant. (Les grandes cordes s'accordent avec les petites.)]
No. 6 1776
Coupures de dollar.
[Figure 1: Treize anneaux entrelaces, portant chacun le nom d'un des Etats, entourant un cercle lumineux portant: American Congress, et au centre: _We are one_. (Nous ne faisons qu'un.)]
N deg. 6 bis. 1776.
Coupures de dollar.
[Figure 2: Bien que ce modele soit plus petit, il est le revers du no. 6.--Un cadran solaire frappe par les rayons d'un soleil place a gauche, et pres duquel se trouve la devise: _Fugio_ (je fuis), et au-dessous du cadran une phrase anglaise _Mind your business_. (Veillez a vos affaires)]
No. 7. 1778.
Billet de 50 dollars.
[Figure 1: Une pyramide de treize gradins, nombre des Etats fondateurs.--Devise: _Perennis_. (Eternel.)]
BILLETS EMIS PAR QUELQUES ETATS.
No 8. 1776
Georgie. Billet de 2 dollars.
[Figure 2: Deux pots places l'un a cote de l'autre.--Devise: _Si collidimus frangimur_. (Un choc nous briserait.)]
No. 9 1777.
Georgie. Billet de 5 dollars.
[Figure 1: Un serpent a sonnettes; les anneaux qui forment la crecelle du crotale sont au nombre de treize. Devise: _Nemo me impime lacessit_. (Nul ne m'outrage impunement.)
On a propose ce serpent pour le symbole des Etats-Unis, parce qu'il n'attaque jamais sans etre prealablement approche, et aussi parce qu'il ne frappe jamais sans donner d'avance le signal.]
No 10. 1778.
Caroline du Sud, Billet de 10 livres.
[Figure 2: Un bras tenant levee une epee.--Devise: _Et Deus omnipotens_ (Mon epee, et le Dieu tout-puissant.)]
N. 11. 1178.
Caroline du Sud.
Billet de 2 livres.
[Figure 1: Un bras tenant un poignard; au-dessous une main ouverte.--Devise _Utrum horum mavis accipe_. (Prends celle que tu voudras.)]
N deg. 12. 1776.
Caroline du Sud.
Billet de 50 livres.
[Figure 2: Douze coeurs reunis par une guirlande entourent un treizieme coeur place dans un centre lumineux.--Devise: _Quis separabit?_ (Qui pourra nous separer?)]
En se rappelant que toutes ces devises se rapportaient a la lutte que les colonies soutenaient contre l'Angleterre, l'interpretation en devient plus facile. La derniere est tres-curieuse quand on se rappelle que c'est precisement la Caroline du Sud qui a ete la premiere a soulever l'etendard de la revolte en 1860, et quia commence la guerre civile (avril 1861) aux Etats-Unis.
Nous ne terminerons pas cet enonce sans remercier M. le directeur du _Magasin pittoresque_ de l'obligeance qu'il a eu de mettre ces dessins a notre disposition pour cette edition Francaise.
TABLE DES MATIERES
Introduction
Avis de l'Editeur
I
_Preliminaires_.--Caractere de la guerre.--Droits du peuple et du citoyen.--De l'influence de la Revolution americaine sur l'Europe.--Part que la France prend a la guerre de l'independance.--But que se propose l'auteur en publiant ce livre.
II
_Sources et documents_.--Archives de la Guerre.--Archives de la Marine.--Journal de Claude Blanchard,--Journal du comte de Menonville.--Memoires de Dupetit-Thouars.--Journal de Cromot du Bourg.--Relation du prince de Broglie.--Journal d'un soldat.--Memoire adresse par Choiseul a Louis XV.--_Memoires du comte de M***_ (Pontgibaud).--_Mes campagnes en Amerique_, par Guillaume de Deux-Ponts.--Memoires de Lauzun.--Loyalist letters.--_Papers relating to the Maryland Une._--Carte des operations.
III
_Fondation des colonies dans l'Amerique du Nord._--Tentatives de colonisation faites par des Francais: Coligny, Gourgues, etc., en 1567.--Progression rapide de la population.--L'enormite des taxes imposees par l'Angleterre a ses colonies les poussent a la resistance.
IV
_Causes reelles de la guerre._--Les causes reelles sont toutes d'ordre moral. Declaration des droits du citoyen.--Principes de gouvernement etablis par l'empire romain et adoptes par l'Eglise romaine.--Saint Augustin enseigne la doctrine de la conscience nationale.--Influence de la religion sur les formes de gouvernement.--Calvinisme. --Presbyterianisme.--Tendances democratiques et agressives.--Etats Generaux des Provinces Unies.--Buchanan.--Zwingle.--Chretiens et citoyens, analogie de ces deux situations.--De la Reforme en Angleterre.--Cromwell, Declaration des droits en Angleterre. --Presbyterianisme en Amerique.--Reunion a Octorara, en Pennsylvanie.--Colons francais.--La Persecution religieuse en France, cause de l'emigration en Amerique.--En resume, les colonies de l'Amerique se peuplerent primitivement de tous ceux qui voulurent echapper aux persecutions politiques et religieuses de l'Europe.
V
_Du role de la France dans cette guerre._--Rivalites de la France, de l'Espagne et de l'Angleterre lors de la decouverte de l'Amerique.--Le Canada.--Exploration de Marquet, de Joliet, de La Salle et du P. Hennequin.--Fondation de la Louisiane.--Celeron.--Les Anglais envahissent le Canada, 1754.--Washington parait pour la premiere fois et contre les Francais.--Louis XV declare la guerre a l'Angleterre.--Diversion faite sur le continent par la guerre de Sept Ans.--Montcalm.--Perle du Canada.--Politique de Choiseul.--De Kalb.--Lettres de Montcalm a de Berryer, attribuees a de Choiseul.--Intrigues contre Choiseul.
VI
_Debuts de la guerre._--Debuts heureux des Americains.-- Washington.--Caractere de Washington.--Relation du prince de Broglie.--Ouvrages dramatiques sur Washington.--Congres a Philadelphie, 1776.--Sympathie francaise pour cette guerre.--Franklin a Paris.
VII
_Lafayette et Washington._--Depart de Lafayette pour l'Amerique.--Presentation a Washington.--Vive affection de celui-ci pour Lafayette.--Difference de la Revolution americaine et de la Revolution francaise.--Liste des guillotines.--Influence des idees que la noblesse rapporte d'Amerique.--Influence de la guerre americaine sur le caractere et la carriere de Lafayette.
VIII
_Des Francais qui devancerent le traite conclu plus lard entre la France et l'Amerique._--Incompatibilite des premiers arrivants francais avec le caractere americain.--Officiers qui avaient precede Lafayette.--Offres pour les fournitures de guerre.--Barbue-Dubourg.--Silas Deane.--Beaumarchais.--Noms des officiers francais ou etrangers qui precederent ou suivirent Lafayette--Lettre de Beaumarchais.--Howe debarque a Maryland, 1777.--Les Americains perdent la bataille de Brandywine.--Le Congres evacue Philadelphie.--Les Anglais sont battus le 19 septembre et le 7 octobre a Saratoga.--Burgoyne est oblige de capituler.--Washington reprend l'offensive.--Defense du fort Redbank par Duplessis-Mauduit.--Traite d'alliance conclu par Louis XVI avec les Americains le 6 fevrier 1778.--Ce traite est du a l'influence de Lafayette.--Les Anglais declarent la guerre a la France.
IX
_Continuation et resume des operations._--Operations navales entre la France et l'Angleterre.--En Amerique, Clinton abandonne Philadelphie devant les forces de Washington et du comte d'Estaing.--Diversion dans le Sud.--Exactions des Anglais dans la Caroline et la Georgie.--Les Americains reprennent ces deux Etats, 1778.--Operations de Clinton, de Washington et de Bouille.--Lafayette quitte l'Amerique en 1779.--Il y retourne en 1780, precedant des secours de toute nature.--Succes de d'Estaing.--Echec des troupes alliees devant Savannah.--Anecdote sur Rodney, amiral anglais.--La diversion de Clinton dans la Georgie reussit par suite de l'echec de Savannah.--Au milieu de ces evenements, Lafayette revient d'Europe.--Trahison d'Arnold.--Rochambeau.--Coalition contre l'Angleterre.--Declaration de guerre a la Hollande.--Operations simultanees de Washington et de Rochambeau.--Lafayette dans la Virginie.
X
_Influence de Lafayette, composition des forces francaises._--La position des Americains devient tres-precaire.--L'arrivee de Lafayette en France active les secours.--Hesitations pour le choix du commandement.--On s'arrete a Rochambeau.--Composition de la flotte.
XI
_Reprise du recit des operations._--Depart de la flotte sous le commandement de Ternay.--Heureux debuts.--Conduite prudente de Ternay.--Reproches que cette conduite lui attire.--Insubordination et indiscipline des officiers de la marine francaise.---Arrivee sur les cotes de Virginie.--Debarquement des troupes francaises,--Plan de Washington contre New-York.--Rochambeau et de Ternay hesitent a executer ce plan.--Lettre de Rochambeau a Lafayette, et son appreciation du caractere des soldats francais.--Lettre de Lafayette a Washington au sujet de l'armee francaise.--Preparatifs de Rochambeau a Rhode-Island.--Diversion tentee par Washington.--Recommandations pressantes a Rochambeau d'entrer en Campagne.--Lettre de Washington et de Lafayette a ce sujet.--Depart de Rochambeau.--Incident.--Entrevue a Hartford.--Trahison d'Arnold, execution du major Andre. Inaction des Anglais devant Rhode-Island.--Visite des Indiens a Rochambeau.
XII
_Continuation du recit._--Depart du vicomte de Rochambeau sur l'Amazone pour la France.--Lauzun demande a servir sous Lafayette.--Lauzun prend son quartier d'hiver a Lebanon.--Insubordination des troupes americaines.--Rochambeau et Washington manquent d'argent et de vivres--Rochambeau envoie Lauzun aupres de Washington.--Vive amitie de Washington pour Lafayette.--L'etat des armees alliees oblige le Congres a envoyer un des aides de camp de Washington en France.--Le capitaine Destouches est envoye en Virginie pour combattre Arnold.--Lafayette et Rochambeau sont detaches pour le mome objet.---Composition de cette expedition.--Critique.--Mecontentement chez les officiers.--Destouches echoue dans sa tentative de debarquement.--Lafayette est oblige de retrograder.--Washington lui confie la defense de la Virginie.--Washington etait-il marechal de France?
XIII
_Envoi de renforts, operations militaires._--Arrivee de l'Amazone avec le vicomte de Rochambeau a Brest.--Changement qu'il trouve dans la situation.--Le Roi fait repartir M de la Perouse avec 1,500,000 livres.--Le vicomte de Rochambeau reste a Versailles.--Par suite des circonstances on restreint l'envoi des renforts.--Force des secours envoyes.--Le vicomte de Rochambeau repart sur la Concorde.--Le gouvernement francais met 6,000,000 de livres a la disposition de Washington.--Reprise du Recit du Journal inedit (de Cromot du Bourg).--Description de Boston et des pays environnants.--Le comte de Rochambeau apprend que l'escadre anglaise est sortie de New-York.--Il apprend de son fils que de Grasse viendra degager Barras.--Entrevue a ce sujet entre Washington et Rochambeau.--Plan de campagne.--Lettres interceptees.--Cela sont les interets des allies.--Retour de Rochambeau a New-Port.--Dispositions qu'il prend avec Barras.--Reunion d'un conseil de guerre.--L'opinion de Barras de rester devant Rhode-Island prevaut.--Lettre de Rochambeau a de Grasse pour lui preciser les positions respectives de La Fayette et de Washington.-- Il lui demande des secours en hommes et en argent.--Details (de Cromot du Bourg) sur le parcours de l'armee.--Viomenil arrive a Providence.--Mouvement des troupes alliees.--Projet de Rochambeau de rester a New-Town.--Washington le prie d'aller plus loin.--Arrivee et prise de position a Bedford.
XIV
_Operations contre Clinton et Cornwallis_.--Washington ouvre la campagne le 26 juin.--Jonction avec Rochambeau.--Situation des troupes anglaises devant New-York.--Washington resout de les attaquer.--Relation de Lauzun sur cette attaque.--Mouvements et attaques diverses du 5 au 21 juillet.--Reconnaissance faite par toute l'armee.--Relations de Rochambeau et de Cromot du Bourg a ce sujet.--Les allies obtiennent comme resultat de retenir Clinton devant New-York, et de faire retrograder Cornwallis.
XV
_Campagne de Virginie._--Rochambeau recoit, le 14 aout, des nouvelles de la Concorde.--De Grasse lui fait savoir qu'il se rend dans la baie de Chesapeak avec 26 vaisseaux, 3,500 hommes et 1,200,000 livres.--Le general Clinton, par les renforts qu'il recoit d'Angleterre, se trouve a la tete de 15,000 hommes.--Les allies n'en ont que 9,000 a lui opposer.--Marche de Cornwallis.--Habilete de La Fayette.--Ce dernier croit un moment que les Anglais quittent la Virginie pour renforcer New-York.--Lettres de La Fayette et de Washington; celle de ce dernier est interceptee.--Heureux effet qu'il en resulte.--Washington renonce a attaquer New-York.--Les allies dirigent leurs efforts sur la Virginie.--La Fayette s'attache a empecher Cornwallis de gagner la Caroline.--Leur plan de campagne definitivement arrete, les generaux allies se mettent en marche.
XVI
_Arrivee de de Grasse dans la baie de Chesapeak_.--Les allies passent l'Hudson--Force de l'annee.--Noms des divers commandants.--L'Hudson etant traverse, Washington organise la marche de ses troupes.--Il se tient a une journee de marche en avant.--Lauzun vient ensuite.--La brigade du Soissonnais ferme la marche.--Washington laisse au general Heath le soin de defendre l'Etat de New-York et la riviere du Nord.--Recit des mouvements du 23 aout au 3 septembre.--L'armee defile le 4 septembre a Philadelphie, devant le Congres.--Description, par Cromot du Bourg, de la ville de Philadelphie, de Benezet et autres personnes remarquables.--Les generaux allies apprennent que les amiraux anglais Hood et Graves ont fait leur jonction.--Inquietude que leur donne cette nouvelle.--Neanmoins les allies continuent leur marche.--En arrivant a Chester, Rochambeau apprend de Washington que de Grasse est arrive dans la baie de Chesapeak avec 28 vaisseaux et 3,000 hommes.--Joie que cette nouvelle repand partout.
XVII
_Sage reserve de La Fayette._--La Fayette marche sur Williamsburg, ou il se fait joindre par Saint-Simon.--Cornwallis se trouve serre de toutes parts.--Il fait une reconnaissance devant Williamsburg, mais se trouve dans l'impossibilite de l'attaquer.--Mesures que La Fayette prend pour lui couper la retraite.--De Grasse presse La Fayette d'attaquer.--Malgre de pressantes sollicitations La Fayette prefere attendre.--Washington et Rochambeau hatent leur marche.--Mouvements du 6 au 13 septembre.--De Grasse attaque et rejette l'escadre anglaise.
XVIII