Les Français en Amérique pendant la guerre de l'indépendance des États-Unis 1777-1783

Part 9

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C'est sur ces entrefaites que La Fayette revint d'Europe et releva, par les bonnes nouvelles qu'il apportait, le courage abattu des Americains. En juillet, le corps expeditionnaire aux ordres du comte de Rochambeau et fort de 6,000 hommes debarqua a Newport. Il etait amene sur une escadre de dix vaisseaux aux ordres du chevalier de Ternay. C'est pendant que Washington s'etait rapproche de New-York, pour mieux correspondre avec Rochambeau, que le traitre Arnold entama des negociations avec Clinton pour lui livrer West-Point, dont Washington lui avait confie la garde.

On sait comment le complot fut decouvert et comment le major Andre, de l'armee anglaise, perit victime de ses relations avec le traitre.

Avant de commencer ses operations, Rochambeau attendait des renforts que le comte de Guichen devait lui amener de France; mais celui-ci avait rencontre dans les Antilles, comme nous l'avons dit plus haut, l'amiral Rodney, qui obligea le convoi francais a se refugier a la Guadeloupe. Washington ne put qu'envoyer quelques renforts, avec La Fayette, aux patriotes du Sud, et se resigna a remettre a la campagne prochaine l'expedition decisive qu'il concertait avec Rochambeau. De son cote, Cornwallis recevait des troupes qui portaient son armee a 12,000 hommes. La situation des Anglais paraissait donc aussi prospere que par le passe.

Une vaste coalition se formait pourtant contre le despotisme maritime de l'Angleterre. Cette nation s'arrogeait le droit de visite sur les batiments neutres, sous pretexte qu'ils pouvaient porter des secours et des munitions a ses adversaires. Catherine II, la premiere, proclama, en aout 1780, la franchise des pavillons, a la condition qu'ils ne couvriraient pas de contrebande de guerre. Pour soutenir ce principe, appele _droit des neutres,_ elle proposa un plan de neutralite armee qui fut successivement adopte par la Suede et le Danemark, la Prusse, le Portugal, les Deux-Siciles et la Hollande. Cette derniere nation, en donnant asile a des corsaires americains, avait excite au plus haut degre la fureur des Anglais. Ils lui declarerent la guerre. C'est alors que l'amiral Rodney leur enleva Saint-Eustache. Les Espagnols prirent de leur cote Pensacola, dans la Floride, tandis que de Grasse ravageait les Antilles anglaises et que Bouille reprenait Saint-Eustache.

Ces victoires permirent a Washington et a Rochambeau d'executer enfin une expedition qui fut aussi decisive qu'habilement menee. Pendant l'hiver, l'armee americaine, privee des choses les plus necessaires, avait supporte les plus rudes epreuves. Quelques regiments de Pensylvanie et de New-Jersey s'etaient meme mutines. Les partisans americains Marion et Sumpter avaient trop peu de troupes pour entreprendre contre Cornwallis autre chose qu'une guerre d'escarmouches. Le corps de Gates fut battu a Camden (aout 1780) et de Kalb y fut tue. Pourtant Morgan[105], a la tete d'un corps de troupes legeres, battit Tarleton au Cowpens (17 janvier 1781). Par une retraite habile, Green amena Cornwallis jusqu'au dela du Dan, qui separe la Virginie de la Caroline septentrionale. Il se renforca des milices de Virginie et tomba a l'improviste sur les corps recemment leves par Cornwallis, qu'il jeta dans un desordre tel qu'ils s'entre-tuerent et que Cornwallis fit tirer des coups de canon contre ses propres troupes, melees aux milices.

[Note 105: M. La Chesnays m'a communique une lettre manuscrite trouvee dans les papiers de Blanchard et signee Daniel Morgan. Elle donne une relation authentique de cette affaire. Elle est datee du camp "de Craincreek", le 19 janv. 1781, et est adressee au general Green.]

Green livra un nouveau combat a Cornwallis, le 15 mars, pres Guilford-House, et lui fit eprouver des pertes qui le forcerent a retrograder sur Wilmington. Par une marche habile, il coupa la retraite de la Caroline du Sud au general anglais, et il manoeuvra si bien qu'apres la sanglante bataille de _Eutaw-Springs_ il ne resta plus aux Anglais dans la Georgie et la Caroline que la ville de Savannah et le district de Charleston.

Pendant ce temps[106], La Fayette, charge d'operer en Virginie contre des forces quatre fois superieures en nombre, sacrifia encore une partie de sa fortune pour maintenir ses soldats sous ses ordres, et, joignant la prudence au courage, il sut, par des marches forcees et des retours subits, tellement fatiguer Cornwallis et harceler ses troupes, que le general anglais, apres avoir meprise sa jeunesse, fut force de redouter son habilete[107].

[Note 106: Bien que j'en sois maintenant arrive a la partie de mon travail qui a plus particulierement ete le sujet de mes recherches, j'ai cru devoir en donner ici un rapide resume, pour ne pas interrompre brusquement cet apercu general.]

[Note 107: "La nation etait loin d'etre prete pour les eventualites. Un esprit de lassitude et d'egoisme regnait dans le peuple. L'armee, mal disciplinee et mal payee, etait tres-inquiete. Les milices de Pensylvanie et de New-Jersey s'etaient revoltees au commencement de l'annee. Le gouvernement etait encore impuissant, la Confederation faible, le Congres inerte, quoique existant toujours. Quand on lit que ce corps etait pret a livrer le Mississipi a l'Espagne, bien plus, a abandonner la reconnaissance expresse de l'Independance de l'Amerique, comme le preliminaire indispensable des negociations avec la Grande-Bretagne, quand on lit cela, on peut bien se figurer qu'il y avait quelques preparatifs pour se soumettre aux exigences du moment. Le baron allemand de Steuben, qui rassemblait des troupes en Virginie au moment de l'invasion, fut rejoint apres par La Fayette, dont les troupes avaient ete habillees pendant la marche aux frais de celui-ci. Sur mer, la flotte francaise etait occupee a defendre les cotes contre les envahisseurs. Il semble que les etrangers etaient les seuls defenseurs de la Virginie et de l'Amerique." Voir l'excellent et tres-exact resume intitule:

_Manual of United States History_, by Samuel Eliot. Boston, 1856, 258.]

Tout a coup, les troupes de Rochambeau quittent leur position de New-Port et de Providence, ou etaient etablis leurs quartiers d'hiver, et s'avancent vers Hartford. Washington arrete quelque temps l'armee coalisee devant l'ile de New-York. Il fait des reconnaissances devant la place et entretient son adversaire dans cette idee qu'il va diriger tous ses efforts contre cette ville. Mais il n'attendait que la promesse du concours de la flotte pour changer ses dispositions. Le comte de Barras arrive de France sur la _Concorde_. Il venait remplacer dans son commandement le chevalier de Ternay, et etait accompagne du vicomte de Rochambeau, qui avait ete charge de hater l'envoi des renforts et des secours promis. Ces renforts n'arrivent pas; mais en revanche on apprend que la flotte de l'amiral de Grasse, apres avoir pris Tabago et tenu Rodney en echec, s'avance avec 3,000 hommes tires des colonies sous les ordres du marquis de Saint-Simon, pour forcer la baie de Chesapeak defendue par Graves, et bloquer dans Yorktown Cornwallis, que La Fayette poursuit dans sa marche retrograde.

Les camps sont leves devant New-York, et tandis que le comte de Barras, malgre son anciennete de grade, va se mettre avec un noble desinteressement sous les ordres de de Grasse, les generaux allies se dirigent a marche forcee vers la Virginie. C'est vers Yorktown que, pleins de confiance desormais dans le nombre et la bravoure de leurs troupes, ils font converger tous leurs efforts. L'armee est divisee en deux corps. L'un suit la voie de terre et, par Philadelphie et Baltimore, arrive bientot a Williamsbourg pour donner la main aux troupes de Saint-Simon et de La Fayette. Un autre corps, sous les ordres de Custine, s'embarque a Head-of-Elk, touche a Annapolis, et, sous la direction de Choisy et de Lauzun, prend position devant Glocester. De son cote le comte de Grasse occupait la baie de Chesapeak et coupait aux Anglais toute communication par eau.

Quelques jours suffirent pour tracer la premiere et la seconde parallele. Deux redoutes arretaient les travaux des allies. On decida de leur donner l'assaut. La Fayette avec une colonne de milices americaines fut charge de s'emparer de celle de droite, tandis que Guillaume de Deux-Ponts montait a l'assaut de celle de gauche. Les troupes alliees rivaliserent d'ardeur. En quelques minutes ces obstacles furent enleves.

En vain Cornwallis, reconnaissant que la resistance etait desormais impossible, essaya-t-il de forcer le passage du York River en abandonnant ses canons et ses bagages. Sa tentative ne reussit pas et il dut capituler. La garnison fut faite prisonniere de guerre. Les vaisseaux anglais furent le partage de la flotte francaise, tandis que plus de 150 canons ou mortiers, la caisse militaire et des armes de toute sorte furent remis aux Americains (11 octobre 1781).

X

Depuis la declaration de l'independance, les Americains avaient recu de la France des secours plutot moraux qu'effectifs. Les envois d'armes fournis par le gouvernement de Louis XVI furent plutot une speculation de Beaumarchais et de quelques autres gens d'affaires qu'une aide efficace.

Depuis trois ans que les Americains soutenaient ainsi seuls la lutte contre la toute puissante Angleterre, leurs forces s'etaient epuisees sans que leurs avantages eussent jamais ete bien marques, sans qu'ils pussent entrevoir meme le jour ou leurs ennemis renonceraient a exiger d'eux une soumission absolue. Leurs ressources financieres etaient aussi aneanties. Leur situation devenait chaque jour plus perilleuse. Il ne fallait rien moins que la fermete et l'autorite de Washington pour maintenir les milices sous les drapeaux et entretenir encore quelque confiance dans le coeur des partisans les plus sinceres de l'independance.

L'arrivee de La Fayette a la cour de France en fevrier 1779 attira de nouveau sur la situation des Americains l'attention du gouvernement, plus preoccupe jusque-la d'intrigues et de futilites que de politique et de guerre. Parti en fugitif deux ans auparavant, le jeune general fut accueilli en triomphateur. Sa renommee avait grandi en traversant l'Ocean, et il sut faire servir l'engouement dont il fut l'objet a la cause de ses freres d'adoption. Il joignit ses instances a celles de l'envoye americain John Laurens pour obtenir du roi un secours en hommes et en argent, et la nouvelle de l'echec subi par d'Estaing devant Savannah fut le dernier argument qui decida le cabinet de Versailles a executer dans toute sa rigueur le traite d'alliance offensive et defensive conclu avec Franklin le 6 fevrier 1778.

Il fut decide que la France enverrait aux Americains une escadre de sept vaisseaux de ligne pour agir sur les cotes, un corps de troupes qui devait etre de 10,000 ou 12,000 hommes et une somme de six millions de livres. M. de Rochambeau fut nomme commandant en chef du corps expeditionnaire, et le chevalier de Ternay fut mis a la tete de l'escadre.

La Fayette se preoccupa ensuite des moyens d'execution. Il fit comprendre aux ministres que, s'il ne commandait pas en chef le corps expeditionnaire, ce qui serait surprenant pour les Americains, il fallait du moins mettre a sa tete un general francais qui consentirait a ne servir que sous les ordres du general en chef americain. Or, il savait tres-bien que ses anciens compagnons d'armes en France etaient jaloux de sa prompte fortune militaire et de sa brillante renommee. Il savait mieux encore que les officiers qui etaient ses anciens en grade ne voudraient pas servir sous ses ordres. Sa premiere proposition ne fut donc faite qu'en vue de satisfaire le sentiment public en Amerique, qui se reposait presque entierement sur lui de la conduite de cette affaire. En presence des difficultes graves qui devaient resulter de l'adoption d'une pareille determination, difficultes qui pouvaient avoir les plus desastreuses consequences pour la cause a laquelle il s'etait devoue, il promit de faire entendre aux Americains qu'il avait prefere rester a la tete d'une de leurs divisions et qu'il avait refuse le commandement du corps francais. Mais il insista sur ce point que, pour ne pas blesser l'amour-propre des Americains, il etait indispensable de choisir pour diriger l'expedition un general dont la promotion fut recente, dont les talents fussent certainement a la hauteur de sa mission, mais qui, considerant cette mission comme une distinction, consentirait a accepter la suprematie du general Washington. Le choix qui dans ces conditions fut fait du comte de Rochambeau le satisfit pleinement, et, sans attendre le depart du corps expeditionnaire, il s'embarqua a Rochefort, le 18 fevrier 1780, sur la fregate _l'Hermione_, que le roi lui avait donnee comme etant tres-bonne voiliere. Il n'etait accompagne que d'un commissaire des guerres, M. de Corny, qui devait preparer l'installation de l'armee a Rhode-Island[108]. Il lui tardait a lui-meme d'annoncer la bonne nouvelle a Washington, et aussitot apres son debarquement a Boston, le 28 avril, il se hata de rejoindre a Morristown son bien-aime et revere ami, comme il l'appelait dans ses lettres.

[Note 108: Voir la _Notice biographique_ sur M. de Corny, qui fut accidentellement commissaire des guerres et revint en fevrier 1781.]

Les instructions donnees a M. de La Fayette par le ministre des affaires etrangeres portaient que, pour prevenir toute meprise et tout retard, il placerait tant a Rhode-Island qu'au cap Henry, a l'embouchure de la Chesapeak, un officier francais charge d'attendre l'escadre, qui devait atterrir en l'un de ces deux points, et de lui donner toutes les informations dont elle aurait besoin en arrivant. Ce fut M. de Galvan, officier francais au service des Etats-Unis, qui fut seul envoye au cap Henry, suivant ces instructions, avec une lettre de M. de La Fayette. Mais l'escadre ne devait pas aborder sur ce point, et la precaution fut inutile.

Cependant les preparatifs de depart ne se faisaient pas avec toute l'activite desirable. Tout ce qui dependait du departement de la guerre fut, il est vrai, achemine sur Brest avec promptitude. Des les premiers jours d'avril, on avait rassemble dans ce port les regiments de Bourbonnais, de Soissonnais, de Saintonge, de Deux-Ponts, de Neustrie, d'Anhalt, la legion de Lauzun, un corps d'artillerie et de genie avec un equipage de campagne, un equipage de siege et de nombreux approvisionnements. Mais le ministre de la marine ne deploya pas la meme promptitude. Le depart de la flotte de M. de Guichen, avec tous les transports de troupes et de munitions que l'on envoyait aux Antilles, avait prive Brest de ses vaisseaux de transport. Des ordres tardifs furent envoyes a Bordeaux pour en fournir. Ceux-ci furent arretes par le vent et, l'on fut oblige d'en faire venir de Saint-Malo, ou l'on n'en put trouver qu'un nombre insuffisant.

Pourtant il fallait se presser de partir sous peine de voir la situation devenir critique et la traversee perilleuse. On savait que l'Angleterre armait une escadre pour arreter le corps expeditionnaire francais, ce qui lui serait d'autant plus facile qu'elle n'aurait pas de convoi a proteger. On apprenait d'autre part que la situation des Americains devenait de jour en jour plus grave et qu'un secours immediat leur etait necessaire. Le conseil des ministres envoya a M. de Rochambeau l'ordre d'embarquer immediatement une partie de ses troupes et de son materiel et de partir au premier vent favorable. En vain le general reclama-t-il contre le danger auquel on l'exposait en reduisant de moitie un corps d'armee qui n'etait deja que trop faible. Il ne put obtenir que la promesse formelle de l'envoi prochain de la seconde division de son armee. Il se resigna a emmener le plus de troupes qu'il pourrait et a partir au plus vite.

Je donne ici, d'apres Blanchard, les noms des officiers generaux et des principaux personnages de cette armee.

M. le comte de Rochambeau, lieutenant general, commandant en chef.

Le baron de Viomenil[109], | Le comte de Viomenil, | Marechaux de camp. Le chevalier de Chastellux[110], | De Beville, brigadier, marechal general des logis[111]. De Tarle, commissaire ordonnateur faisant fonctions d'intendant. Blanchard, commissaire principal[112]. D'Aboville, commandant en chef l'artillerie. MM. de Fersen, | De Damas, | Ch. de Lameth, | Aides de camp de De Closen, | M. de Rochambeau[113]. Dumas, | De Lauberdieres, | De Vauban, |

MM. de Chabannes, | aides de camp de De Pange, | M. de Viomenil. Ch. d'Olonne, |

MM. de Montesquieu, | aides de camp de .....petit-fils du jurisconsulte, | Lynch (Irlandais), | M. de Chastellux.

COLONELS.

Le marquis de Laval. | Bourdonnais Le vicomte de Rochambeau en 2e |

MM. Christian de Deux-Ponts. | Royal Deux-Ponts, Guillaume de Deux-Ponts en 2e |

Le comte de Custine. | Saintonge. Le vicomte de Charlus. |

M. de Sainte-Mesme ou Saint-Maime. | Soissonnais. Le vicomte de Noailles. |

Le duc de Lauzun. | Legion de Lauzun. Le comte Arthur Dillon[114] |

Nadal, directeur du parc d'artillerie. Lazie, major---

Desandroins, commandant les ingenieurs. Querenet, | Ch. d'Ogre, | Ingenieurs. Caravagne, | D'Aubeterre[115], | Turpin,---

Coste, premier medecin. Robillard, premier chirurgien. Daure, regisseur des vivres. Demars, regisseur des hopitaux.

"Il y avait encore des regisseurs pour les fourrages, pour les viandes, etc. En general, beaucoup trop d'employes, surtout en chefs[116]."

Bouley, tresorier.

Chevalier de Tarle[117], | aide-majors generaux De Menonville, |

De Beville fils, | aides-marechaux generaux des logis Collot, |

[Note 109: Commandant en second de l'expedition.]

[Note 110: Ce dernier faisait les fonctions de major general.]

[Note 111: M. de Choisy, brigadier, n'arriva que le 30 septembre et avait avec lui MM. Berthier, qui entrerent dans l'etat-major.]

[Note 112: Les autres commissaires des guerres etaient, d'apres _l'Annuaire militaire_ de 1781:]

[Note 113: M. Cromot-Dubourg, qui arriva peu de temps apres nous, dit Blanchard, fut aussi aide de camp de Rochambeau. De Corny, commissaire des guerres; il avait precede l'expedition d'un mois et repartit pour la France dans les premiers jours de fevrier 1781, sur l'_Alliance_. De Villemanzy, id. Jujardy, id. Chesnel, id. Gau, commissaire d'artillerie. Il faut ajouter a cette liste, d'apres les _Archives_ de la guerre, les _Souvenirs_ de M. Dumas, les _Memoires_ de Rochambeau, le recit de _mes Campagnes en Amerique_ de G. de Deux-Ponts, les _Memoires_ de Du Petit-Thouars et le _Manuscrit inedit_ que j'attribue a Cromot-Dubourg: Collot, de Charlus, le vicomte de Rochambeau et les freres Berthier.]

[Note 114: Il y eut dans l'armee francaise deux officiers qui demanderent a y prendre du service aussitot apres l'arrivee du corps expeditionnaire et qui avaient deja servi les Americains avec distinction a titre de volontaires, ce sont: MM. de Fleury, major de Saintonge, et Duplessis-Mauduit, aide-major du parc d'artillerie.]

[Note 115: Le _Journal de Blanchard_ dit d'Obterre.]

[Note 116: _(Blanchard.)_]

[Note 117: Le chevalier de Tarle etait frere de l'intendant.]

_Composition de la flotte partie de Brest:_

Vaisseaux. Canons. Commandants.

_Le Duc de Bourgogne_[118] 80 Chevalier de Ternay. double en cuivre.

_Le Neptune_[119] 74 Destouches. double en cuivre.

_Le Conquerant_[120] 74 La Grandiere.

_La Provence_[121] 64 Lombard.

_L'Eveille_[122] 64 De Tilly. double en cuivre

_Le Jazon_[123] 64 La Clochetterie.

_L'Ardent_ 64 Chevalier de Marigny.

Fregates.

_La Bellone_[124] ***

_La Surveillante_ Sillart.

_L'Amazone_ La Perouse.

_La Guepe_ cutter Chevalier de Maulevrier.

_Le Serpent_ _id._ ***

_Le Fantasque,_ vieux vaisseau, etait arme en flute et etait destine a servir d'hopital; on y avait embarque le tresor, la grosse artillerie et beaucoup de passagers.--Plus trente-six batiments de transport[125]; en tout, quarante-huit voiles.

[Note 118: Ce vaisseau, qui portait pavillon amiral, avait a son bord M. de Rochambeau.]

[Note 119: Les vaisseaux doubles en cuivre etaient tres-rares a cette epoque; ils avaient une marche plus rapide.]

[Note 120: M. Blanchard, qui partit le 2 mai 1780 de Brest sur _le Conquerant,_ donne ainsi la composition de l'equipage de ce vaisseau. La Grandiere, capitaine, Cherfontaine, capitaine commandant en 2e; Dupuy, 1'er lieutenant; Blessing, id. (Suedois). Enseignes: La Jonquieres, Kergis, Maccarthy, Duparc de Bellegarde, Buissy. Gardes-marines: Lyvet, Leyrits, Lourmel. Officiers auxiliaires: Cordier, Deshayes, Marassin, Guzence. Le fils de M. de la Grandiere etait aussi a bord, mais il n'etait pas encore garde-marine. Officiers d'infanterie en detachement sur le vaisseau, tires du regiment de la Sarre: Laubanis, capitaine, Lamothe, lieutenant, Loyas, sous-lieutenant.

Passagers: le baron de Viomenil, marechal de camp, comte de Custine, brigadier colonel du regiment de Saintonge; la compagnie de grenadiers dudit regiment dont les officiers etaient: de Vouves, cap.; de James, cap. en 2e; Champetier, lieutenant, Josselin, lieutenant en second; Denis, sous-lieutenant; Fanit, 2e sous-lieutenant. Menonville, lieut.-col. attache a l'etat-major, de Chabannes et de Pange, aides de camp de M. de Viomenil; Brizon, officier de cavalerie, faisant fonctions de secretaire aupres du general. En outre, un chirurgien et un aumonier dont Blanchard ne dit pas les noms. Il y avait a bord, en tout, 960 personnes et pour six mois de vivres.

Une partie du regiment du Bourbonnais (350 hommes environ) etait embarquee sur la gabarre _l'Isle-de-France,_ qui portait aussi le chevalier de Coriolis, beau-frere de Blanchard.]

[Note 121: Il y avait sur _la Provence_: MM. de Lauzun, Robert Dillon, le chev. d'Arrot et une partie de la Legion.--Lauzun dit dans ses _Memoires_ que le capitaine etait, a ce qu'il croit, M. Champaurcin.]

[Note 122: Sur _l'Eveille_ prirent place MM. de Deux-Ponts et une partie de leur regiment. _(Mes Campagnes en Amerique.)_]

[Note 123: Ce vaisseau eut pour passagers, entre autres: MM. Dumas, Charles de Lameth, comte de Fersen et le comte de Charlus, qui etaient tous attaches a l'etat-major de M. de Rochambeau. (_Souvenirs_ de M. Dumas.)]

[Note 124: Le 5 mai, la _Bellone_ rentra au port et ne rejoignit pas l'expedition. (Dumas.)]

[Note 125: Parmi les batiments de transport etaient: la _Venus_, la _comtesse de Noailles,_ la _Loire,_ le _Lutin,_ l'_Ecureuil,_ le _Baron d'Arras,_ etc. (_Blanchard._)]

Le manque de batiments de transport fut cause que les regiments de Neustrie et d'Anhalt ne purent partir. M. de Rochambeau dut de meme laisser a Brest une partie du regiment de Soissonnais. Deux bataillons seulement s'embarquerent le 4 avril sous les ordres du comte de Sainte-Mesme. Les deux tiers de la legion de Lauzun purent seuls trouver place sur les vaisseaux, et 400 hommes de cette legion durent rester a Brest. Ils devaient faire partie du second convoi. Ils furent plus tard envoyes au Senegal, au grand deplaisir du duc qui en etait colonel-proprietaire. On ne put egalement embarquer qu'une partie du materiel de l'artillerie avec un detachement de cette arme, sous les ordres du colonel d'Aboville, et qu'un bataillon du genie, sous les ordres de M. Desandroins.

XI