Les français au pôle Nord

Part 33

Chapter 333,291 wordsPublic domain

Le docteur, de plus en plus intrigué à mesure que les forces lui reviennent grâce à l'ingestion de cette chair savoureuse, cherche avec la curiosité d'un savant, et la ténacité d'un homme obsédé bientôt de loisirs, le mot de cette énigme, et trouve enfin une solution à peu près satisfaisante.

D'abord, la détermination des animaux. Ils appartiennent tous à la même espèce, et, chose curieuse, à une espèce disparue depuis plus de soixante-dix ans.

Leur système dentaire fournit de prime abord une indication très précieuse, en ce sens qu'il est particulier à un animal très bien étudié en 1751 par le fameux naturaliste allemand Steller.

Les mâchoires, examinées par le docteur, portent seulement quatre dents, d'énormes molaires disposées deux en bas et deux en haut, avec une couronne très large, aplatie, sillonnée sur la table, de lames d'émail formant zigzags et chevrons brisés, comme les rainures d'une meule.

Ce système dentaire et l'épiderme réellement extraordinaire de ces bêtes lui font reconnaître le _Stellère_, appelé aussi _Rhytina borealis_, _Manatus Stellerii_, _Stellerus borealis_, etc., mammifère de l'ordre des cétacés, famille des herbivores.

L'épiderme est une sorte d'écorce rugueuse, épaisse de trois centimètres, composée de fibres et de tubes perpendiculaires à la peau et d'une extrême dureté.

Les stellères, dont les dimensions atteignent de trois mètres et demi à quatre mètres, pèsent environ trois mille kilogrammes, et portent des moustaches blanches de poils rigides longs de quinze à vingt centimètres.

Steller, qui les découvrit aux environs du Kamtchatka, assure qu'ils sont absolument inoffensifs, que leur chair est savoureuse et leur capture facile. Toutes choses suffisantes pour les rendre l'objet d'une poursuite acharnée, et produire leur anéantissement. De telle façon que, comme il a été dit ci-dessus, il n'en a pas été rencontré un seul depuis soixante-dix ans.

... D'où viennent ces centaines, ces milliers de cadavres de cétacés, empilés en un banc compact sous les assises de la vieille banquise paléocrystique! Quel cataclysme les a pris en pleine vie pour les rouler ainsi en troupe innombrable, les asphyxier en masse, les geler à fond dans leur fosse gigantesque et les ensevelir sous des milliers de quintaux de glace!

Pendant combien d'années, peut-être de siècles, l'indestructible banquise a-t-elle ainsi entraîné dans sa masse et fait errer au hasard des vents ou des courants ces gisements prodigieux, jusqu'au jour où la tempête les mit partiellement à découvert, et où l'instinct d'un chien famélique sut en tirer parti!

Autant demander comment et depuis combien de temps est mort le mammouth découvert en 1804 aux bouches de la Léna, et dont les Yakoutes, avec leurs chiens, dévorèrent les débris pendant deux ans!

Bien abrités dans la caverne de glace qui leur procure une habitation convenable, bien repus de viande et de graisse qui leur fournissent un aliment complet, satisfaits des explications et des hypothèses par lesquelles le docteur s'emploie à satisfaire leur curiosité, heureux de renaître chaque jour à la vie, quoique privés cependant de choses bien indispensables, les membres de l'expédition française voient l'été venir et attendent avec lui une débâcle possible.

Du reste, la perspective d'un second hivernage ne les effraierait pas outre mesure, puisque avec le couvert ils possèdent une surabondance de vivres telle qu'une ville entière pourrait s'alimenter au gisement des stellères.

Mais la vieille Isis polaire, après leur avoir fait payer assez cher la violation de son empire, en a décidé autrement.

La tempête qui a lézardé les collines de glace ou sont enfouis et conservés les cétacés, a détaché probablement de la banquise un fragment énorme sur lequel se trouvent les matelots et leur colossal approvisionnement.

Le capitaine s'en aperçoit à une particularité qui le comble de joie. La lourde carapace de glace, qui jadis décrivait un lent mouvement giratoire autour du Pôle, se met à dériver infiniment plus vite dans une direction presque rectiligne.

Elle descend vers les terres moscovites avec une rapidité atteignant et dépassant parfois celle de douze et quinze kilomètres par vingt-quatre heures.

... Trois lieues à trois lieues et demi, c'est peu sans doute. Mais cette singulière translation ayant duré pendant les mois de juin, juillet, août et septembre sans interruption, des terres apparurent enfin aux yeux des Français qui, sans se mouvoir, avaient ainsi parcouru environ treize à quatorze cents kilomètres.

Ces terres étaient celles du cap Tchéliouskine, situé par 77° 30´ de latitude Nord, et 102° 30´ de longitude Est.

Mais ce n'était pas tout de voir et même de toucher le sol russe. Le cap Tchéliouskine est éloigné, à vol d'oiseau, d'environ quatre-vingt-dix degrés de Pétersbourg, soit dix mille kilomètres ou deux mille cinq cents lieues! vingt-quatre degrés au moins, c'est-à-dire deux mille six cents kilomètres le séparent d'Irkoustk, chef-lieu du gouvernement de la Sibérie orientale.

Et l'hiver, en octobre, arrive à grands pas, sous cette latitude.

Seront-ils forcés de passer encore de longs mois sur le sol glacé de la toundra sibérienne, en attendant le printemps prochain. Devront-ils endurer un froid non moins rigoureux que celui du Pôle sur ces terres aussi désertes et désolées que celles où agonisèrent les compagnons de Greely, et succombèrent, hélas! ceux du capitaine de Long!

Leur bonne étoile leur fit apercevoir de loin une troupe d'hommes occupés à pêcher les phoques, assez nombreux dans une petite anse bien abritée contre les vents du large.

Ils abandonnèrent aussitôt l'immense glaçon flottant qu'une course aussi longue, sous le pâle soleil boréal, n'avait pas sensiblement diminué. Ils s'embarquèrent dans la chaloupe conservée précieusement sous un abri de glace, et abordèrent près des hommes stupéfaits.

C'étaient des pêcheurs Toungouses qui s'approvisionnaient pour la saison froide, et se préparaient à aller hiverner dans l'intérieur des terres, au village ou ostrog de Tagaïska, distant de quelque cinq cents kilomètres.

Les Toungouses leur offrirent la plus généreuse hospitalité, les pourvurent abondamment et, quand la saison du traînage fut arrivée, les emmenèrent avec eux à l'Ostrog.

A Tagaïska, situé au centre de la presqu'île de Taïmyr, le capitaine d'Ambrieux trouva, malgré l'effroyable désolation du lieu, des traîneaux, des chiens et des conducteurs.

Il put faire conduire son équipage à Schdanowski, sur la rivière Katanga, où il y a, jusqu'à l'hiver, un petit poste de cosaques commandé par un officier.

L'officier était à la veille de partir avec ses hommes pour la _ville_ de Touroukansk, une misérable bourgade comptant à peine cinq cents habitants, et située sur l'Yenisseï, à neuf cents kilomètres environ de Schdanowski.

A Touroukansk commence la civilisation. Il y a quelques employés chargés d'administrer un district trois fois grand comme la France et peuplé de deux mille cinq cents habitants, la plupart Toungouses, Samoyèdes, Ostiaks et Yakoutes.

Mais la ville est du moins reliée tant bien que mal, plutôt mal que bien, à Yenisseï et à Krasnoïarsk par une route, ou plutôt une vague piste côtoyant la rive gauche du fleuve.

Ils s'arrêtèrent à peine à Touroukansk et arrivèrent, fin novembre, et par un froid terrible, à Krasnoïarsk qui communique télégraphiquement avec Pétersbourg et où passe la grande route, on pourrait dire l'unique route sibérienne, la Vladimirka.

Informé de leur arrivée, le gouvernement moscovite s'empressa de mettre à la disposition du capitaine un crédit considérable et les moyens de transport les plus rapides et les plus confortables.

Le 5 janvier 1889, l'équipage de la _Gallia_ et son commandant arrivaient à Pétersbourg au milieu d'un enthousiasme indescriptible.

On était alors en pleine réaction anti-allemande; des bruits de guerre circulaient, et chacun parmi les sujets du Tzar était heureux de cette première et pacifique victoire d'un Français sur l'ennemi commun.

Aussi, les fêtes données aux conquérants du pôle Nord eurent-elles un éclat d'autant plus vif, que les Russes, ces incomparables metteurs en scène, faisaient de ce grand événement scientifique une affaire de nationalité. Ils trouvaient là une occasion de manifester leurs sentiments et certes, jamais depuis longtemps, démonstration ne fut plus flatteuse ni plus spontanée, ni plus complète.

On se souvient, à ce propos, de Sériakoff, ce voyageur russe, qui, au début de ce récit, fut jusqu'à un certain point la cause occasionnelle de l'expédition polaire.

Apprenant par les journaux l'arrivée des explorateurs français à Pétersbourg, il accourt, saute au cou du capitaine avec l'exubérance de son tempérament slave et s'écrie, tout d'une haleine:

--Victoire, mon cher d'Ambrieux!... Victoire sur toute la ligne.

«J'arrive de Londres... votre succès inouï, renversant, inespéré, a mis les cervelles à l'envers.

«Les Anglais sont enthousiasmés, et Dieu sait si John Bull a l'enthousiasme facile, pour ce qui n'est pas anglais.

«Mais, voilà! on se souvient que le projet de découvrir le Pôle est éclos là-bas, et on s'en fait gloire...

«Du reste, vous y avez des amis... de vrais gentlemen qui sont ravis sans la moindre arrière-pensée.

«... Bref! vous êtes le héros du jour... tant et si bien que la Société royale vous désigne d'emblée pour son lauréat!

«Oui, mon cher, il faut vous résoudre au rôle de triomphateur... en Angleterre, sans compter les ovations que vous recevrez dans votre patrie.

«J'ajouterai même, en homme bien informé, que par une attention, ma foi très délicate, la Société doit vous offrir une médaille commémorative dont l'exécution est déjà confiée au plus habile artiste du royaume...

«Et c'est très bien... Mais ce qui est mieux encore, ce sont les deux mots qu'elle portera en exergue... deux mots qui, tout en consacrant la victoire d'aujourd'hui, sont, je le souhaite ardemment, un pronostic pour l'avenir...

--Et ces mots sont?... demande enfin le capitaine qui jusqu'alors n'a pu placer une parole.

--... GALLIA VICTRIX!...

TABLE DES MATIÈRES

PREMIÈRE PARTIE

LA ROUTE DU POLE

I

Congrès international.--Entre géographes.--A propos des explorations polaires.--Russe, Anglais, Allemand et Français.--Grands voyages et grands voyageurs.--Un patriote.--Défi.--Lutte pacifique.--Pour la patrie! 1

II

Avant l'appareillage.--Le capitaine d'Ambrieux.--Pour la patrie!--Un brave.--Descendant des Gaulois.--Construction de la _Gallia_.--Equipement d'un navire.--Matériel que comporte une expédition polaire.--Soins minutieux donnés à l'approvisionnement et à l'habillement.--Equipage bigarré mais irréprochable.--Tous Français.--Instant solennel.--Départ 15

III

Le premier iceberg.--Enthousiasme du docteur pour les terres boréales.--Plume-au-Vent apprend ce que c'est que le Pôle.--Constant Guignard craint de ne pas trouver le cercle polaire.--A travers la brume.--Première escale.--Un pilote comme on en voit peu.--Julianeshaab 28

IV

Faux dégel.--A propos de bottes.--Course de chiens.--Superbe culbute.--Le fouet groenlandais.--Six lieues à l'heure.--Comment on coupe une oreille.--Maître à bord.--Le capitaine des chiens.--Glaces partout.--La gaieté ne se dément pas.--Pilote des glaces.--Pack.--Floe.--La _Glace du Milieu_ et les _Eaux du Nord_.--Le passage septentrional.--Alerte 41

V

Chute d'une montagne de glace.--Broyé ou submergé.--Un homme à la mer!--Héroïsme joyeux.--La récompense d'un brave.--Possessions danoises.--A travers la brume.--Dans le «Nid de Pie».--Regrets d'un pêcheur de baleines.--Toujours en avant!--Le comble de la misère humaine.--Près de pénétrer dans le _cimetière des navires_ 57

VI

Dans la passe.--Route barrée.--En avant!--Premier assaut.--Victoire.--Désespoir d'un Vatel arctique.--Un homme dans la sauce.--Pas de déjeuner.--Plume-au-Vent voudrait faire baigner Dumas, dit Tartarin, dans la marmite de l'équipage.--Les deux principales routes du Pôle.--Pourquoi la _Gallia_ a pris celle du détroit de Smith.--Contradictions 71

VII

La goélette arrêtée par les glaces.--Une idée du capitaine.--Beaucoup d'efforts et un peu de dynamite.--Formidable explosion.--Voie libre.--Est-ce un homme, est-ce un ours?--Trois ours et un homme.--Poursuite.--Manqué!--Où le docteur trouve son maître et n'est pas jaloux.--Les exploits d'un cuisinier.--Digne de son illustre homonyme le grand Tartarin.--Montagne de viande fraîche 86

VIII

Histoire d'Oûgiouk.--Comment on déshabille un ours polaire.--Capacité d'un estomac groenlandais.--Un amateur de tripes.--Symphonie de blanc et de bleu.--La tempête.--Déviations de la boussole.--A Port-Foulque.--Forêts en miniature.--A terre.--Tentative malheureuse d'un cocher improvisé.--Des effets d'une morue sèche sur un attelage récalcitrant.--Un ours blessé 101

IX

Plaie ancienne.--Le projectile.--Emotion du capitaine en reconnaissant une balle de fusil Mauser.--Fantaisie gastronomique.--Ingestion d'un gilet de flanelle.--Marque en caractères allemands.--Départ précipité.--Difficiles manoeuvres.--Fatigues surhumaines.--Les docks provisoires.--Les gaietés d'un équipage courbaturé.--Venise est le pays des glaces.--Dans le canal de Kennedy.--Un pavillon flotte sur Fort-Conger! 117

X

L'expédition Greely.--Déplorable parcimonie.--Seuls.--Pavillon allemand.--Le salut.--Gaule et Germanie.--Le capitaine Vogel.--Pourquoi la _Germania_ est en avance d'une année.--Savants et industriels.--Exploration et pêche à la baleine.--En enfants perdus.--Toujours en avant!--Approvisionnement de charbon.--Traces du passage de Pregel.--Pourquoi la _Gallia_ oblique vers l'Est.--Le tombeau du capitaine Hall 132

XI

Au point où jamais vaisseau n'est parvenu.--La mer Paléocrystique de sir Georges Nares.--Conclusions prématurées.--Vérité aujourd'hui, erreur demain.--La mer des vieilles glaces n'existe plus.--Le second pack.--La goélette arrêtée par la banquise.--En traîneau.--Pour transporter les provisions, mais non les hommes.--Bain qui eût pu être mortel.--Quitte pour la peur.--Hygiène arctique 146

XII

Histoire du Normand qui fait porter à ses moutons des lunettes vertes.--Après six jours de marche.--Les traces du lieutenant Lockwood.--Document allemand.--Encore Pregel.--Pour une avance de deux cents mètres.--La voie du retour.--Pas de passage!--Aboiements dans le lointain.--_Halt!... wer-da!..._--La _Germania_.--La fête du 14 juillet sur la banquise.--Comment Plume-au-Vent perdit des illusions et gagna un sobriquet 162

DEUXIÈME PARTIE

L'HIVERNAGE AU PAYS DU FROID

I

Lumière sans chaleur.--Comment le capitaine veut couper la banquise.--La scie.--Une découverte française.--Transport des forces par l'électricité.--La _réversibilité_ des machines dynamo-électriques.--Organisation de l'appareil.--Les quinze premiers mètres.--En conseil.--Encore la dynamite.--Rudes labeurs.--Fureur d'un Alsacien.--Deux intrus.--Proposition des officiers de la _Germania_.--Refus formel 177

II

L'équipage français furieux de tirer les marrons du feu.--Sans-gêne allemand.--Ruse de guerre.--Pris au piège.--Abaissement de la température.--Pronostics fâcheux d'un hiver précoce.--Engelures.--Remède primitif et infaillible.--Expédition de chasse.--Meute sauvage.--Massacre.--Les boeufs musqués.--Moutons géants.--La curée chaude.--Abondance de vivres frais.--Heureux retour 192

III

Prisonniers dans les glaces.--Approches de l'hiver polaire.--Bombardement pacifique.--Falaise de glace.--Aménagement intérieur.--Programme d'existence.--L'ordinaire des hivernants.--Comment s'entretient la chaleur animale.--Faisons du carbone.--Aliments respiratoires.--Ne jamais absorber de neige.--Première étoile.--Que sera l'hiver 1887?--Menaces.--La tempête.--En péril.--Attente passive 208

IV

Après la tempête.--Mystère.--Le pack dérive.--Constant Guignard perd de l'argent.--Alarmes.--Il faut distraire les hivernants.--Un peu de météorologie.--Halos, parhélies et parasélènes.--A propos de l'arc-en-ciel.--Meute en liberté.--Promenade quotidienne.--Ce que le Parisien entend par faire: «Iapp!... iapp!...»--La patrouille.--Chiens savants 224

V

Encore et toujours la dérive.--Comment Plume-au-Vent interprète l'histoire.--Imprudence.--Congestion.--Constant Guignard perd son nez, mais retrouve sa prime.--Surveillez vos nez!--Effet du froid sur les verres de lunettes.--La corvée de glace et le tonneau du porteur d'eau.--Le garde-manger en plein air.--Solitude.--Alertes.--Quitte pour la peur.--Nouvelles incartades du pack 239

VI

Effets du froid.--Son action déprimante sur les hommes.--Debout au quart.--Célébration du jour de l'an.--Un programme séduisant.--Représentation de jour donnée pendant la nuit.--Ne pas confondre midi avec minuit.--Assaut d'armes.--Guignard et son Sosie.--Chiens savants.--Boniment.--Les prouesses de Dumas.--_Les Deux Aveugles_.--Succès inouï.--La Vieille-Alsace.--Espérance 255

VII

Inaction forcée.--Brûlure par congélation.--Le plus grand froid de l'année.--Souffrances des chiens.--La maladie groenlandaise.--Premières victimes.--Courant circulaire.--La goélette revenue à son point de départ.--Aurores boréales.--Observations tirées de leur apparition.--Les crépuscules polaires.--Retour du soleil.--Phénomène de réfraction.--Premières tempêtes.--Nouveaux périls.--Situation critique de la _Gallia_ 272

VIII

Fractionnement des vivres. Trois dépôts sur le pack.--En prévision d'un désastre.--Abnégation.--Temps affreux.--A propos d'un ours blessé.--Allemands et Français.--Collision évitée.--La retraite!--Bredouilles.--Encore l'ouragan.--Transes mortelles.--Agonie d'un navire.--Chute d'un mât.--Sauvée!--Signal involontaire.--Désastre.--Commencement de débâcle.--Perte de la _Germania_ 287

IX

Sombres pronostics.--Premiers oiseaux.--Constant Guignard la perle des factionnaires.--Epître, à la pointe d'une baïonnette.--Poulet non comestible.--Entrevue.--Les deux rivaux en présence.--Proposition inattendue.--Meinherr Pregel ne dégèle pas.--Où l'Allemand parle d'affaires et le Français d'honneur.--Entre gens qui ne se comprennent pas.--Le bout de l'oreille.--Moment psychologique.--Les marins ont une tradition.--Fière réplique 302

X

Logique allemande.--Quelques petits mensonges diplomatiques.--Indignation généreuse du maître d'équipage.--Energique résolution.--Derniers préparatifs.--Suprême ressource.--La flottille halée sur les glaces.--Devant les eaux libres.--Pillards.--Lugubre besogne.--Occlusion des panneaux.--Dernier salut.--Pavillon cloué au grand mât.--Encore un regard.--L'explosion 318

TROISIÈME PARTIE

L'ENFER DE GLACE

I

Ce que devient une goutte de rosée.--Rupture d'un glacier.--Comment se forment les icebergs.--Le cap vers le Nord.--La route quand même!--Une rue d'eau à travers la banquise.--Par 84° de latitude.--Tout va bien, très bien, trop bien.--Terre en vue.--Les pôles du froid.--Pourquoi l'hypothèse d'une température moins rude et peut-être d'une mer libre.--Guénic, très intrigué d'apprendre qu'il y a quatre pôles dans l'hémisphère Nord 331

II

Complexité de la question polaire.--A travers les canaux.--Ni entièrement libre, ni tout à fait captive.--Douceur de la température.--Conquête d'un degré.--Par 84° 3´ Nord.--Ecueil par l'avant!--Abordage.--L'écueil est de chair et d'os.--Bataille contre une troupe de morses.--Péril imminent.--Plus de peur que de mal.--Capture.--Deux grands chefs 345

III

Vers la mystérieuse Polynnie.--Signes de printemps.--Les oiseaux arctiques font leur apparition.--Soupe au lait!--Par 87° de latitude Nord!--Quelques nuages dans un beau ciel.--Fâcheux pronostics.--En quête d'un abri.--Le halo.--Tempête.--Vent du Sud, vent de glace.--Pourquoi les oiseaux remontaient vers le Nord.--Bloqués sous la neige.--Reprise de l'hiver.--Froids terribles.--Après quatre heures d'angoisses.--La mer gelée à l'horizon 359

IV

A propos des traîneaux.--Remorquage par les hommes ou par les chiens.--Avantages et inconvénients.--Costume de travail.--Le Parisien se compare à un hanneton englué dans du goudron.--Traction mixte.--Hommes et chiens attelés simultanément.--Et la chaloupe?--Départ des numéros 1, 2 et 3.--Comment on se sert d'une ancre à jet.--«Qui veut aller loin ménage sa monture.» 371

V

Le mercure encore gelé!--Imprudence.--Tourment de la soif.--Ingestion de neige.--Fureur du second.--L'existence d'un cuisinier polaire.--Préparation du dîner.--La halte.--«Un pot trop guetté ne bout jamais.»--Mélanges incohérents.--Au pays des rêves.--Sous la tente.--Réveil.--Maux de gorge.--Ophtalmies légères.--Encore les lunettes vertes.--A 87° 30´ du pôle 386

VI

Fatale imprudence.--Conséquences très alarmantes.--Nouvelle et plus grave maladie du mécanicien Fritz.--Le scorbut!--Terribles pronostics. --Emotion.--Malades d'ophtalmie.--Energie.--Encore une victime de scorbut.--Nick prédisposé.--Nouvel ouragan de neige.--La configuration des glaces.--Modifications importantes.--Nouvelles chaînes de hummocks.--Horizon menaçant 400

VII

A l'affût.--Mort d'un phoque.--Saignée.--Remède au scorbut.--Deux nouveaux malades.--Hypothèse au sujet des glaces polaires.--Voie presque impraticable.--L'état de Fritz empire.--Agonie et mort d'un patriote.--Funérailles.--Suprême résolution.--Il faut se séparer.--Matériel plus léger.--L'expédition définitive.--Choix de ceux qui doivent y participer.--Départ 415

VIII

Recommandations dernières, puis séparation.--Rude voyage.--Splendeurs inutiles.--Toujours la ligne courbe.--Tours de force d'acrobates.--Submergés dans la neige.--Une épave au loin.--Un _cairn_ par 89°.--Angoisses.--Document allemand.--Traces de l'expédition anglaise du commandant Nares.--L'écrit du lieutenant Markham.--La dérive de la mer Paléocrystique.--Subite élévation de température 431

IX

Le froid diminue.--Encore un obstacle vaincu.--Nouveau souvenir au pays du soleil.--La mer!... La mer!...--Le traîneau est à son tour porté.--En bateau.--A quinze heures du Pôle.--Entrain magnifique.--Coup de sonde.--Stupéfaction.--Un fond de vingt-cinq mètres.--Brusquement le fond tombe à deux cents mètres.--Les idées du Basque Michel.--Tout dérive, le bateau, les glaces, la mer elle-même 448

X

1er mai 1888.--Ecueil.--Au pôle Nord.--L'unique manifestation de la vie organique est un cadavre de baleine.--Vaines recherches.--Où déposer le procès-verbal de découverte?--Quelle preuve donner, plus tard!--La «nuit» au Pôle.--Immobilité des êtres et des choses.--A propos de la rotation terrestre.--Le jour et la nuit de six mois.--La voie du retour 464

XI