Part 12
La vente de ses livres eut lieu à Paris, après son décès, le 21 juillet 1760[454].
[454] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 132;--et la _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 349, article de M. Maurice Tourneux.
La MARQUISE DE GALLIFET ou GALLIFFET, Marie-Denise-Élisabeth Pucelle (....-1761)[455].
[455] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 162.
La DUCHESSE DE LUYNES ET DE CHEVREUSE, Marie Bruslart ou Brûlart (....-1763)[456].
[456] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 179.
Mme THIROUX DE LAILLY, Claude Buffaut de Millery (....-1766), femme de Jean-Louis-Lazare Thiroux de Lailly, seigneur d'Arconville (1682-1742), fermier général, puis trésorier général de la maison du Roi, qu'elle avait épousé en 1709 et dont elle eut trois fils.
La vente de ses livres eut lieu à Paris, après son décès, le 12 mai 1766 et jours suivants[457].
[457] Cf. la _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 349, article de M. Maurice Tourneux.--Il ne faut pas confondre, comme on l'a fait parfois, Mme Thiroux de Lailly, née de Millery, décédée en 1766, avec Mme Thiroux d'Arconville, née Darlus (1720-1805), ni non plus Mme Thiroux de Crosne, née de la Michodière (1747-....).
La MARQUISE DE MANCINI, Gabrielle-Yolande-Claude-Martine de Polastron (....-1773?)
La vente de sa bibliothèque eut lieu à Paris, et sans doute après son décès, le 26 juillet 1773 et jours suivants[458].
[458] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 182;--et la _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 350, article de M. Maurice Tourneux.
Mme DE LA HAYE, Marie-Adélaïde-Victoire Bouret de Valroche (....-1776).
Son mari était fermier général[459].
[459] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 168.
Mme DE L'ÉPINETTE LE MAIRAT ou DE LESPINETTE DE MEIRAT, Marie-Thérèse-Geneviève, marquise de Bruyères, Pecquot de Saint-Maurice (....-1783).
Son mari était président à la Cour des comptes en 1755[460].
[460] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 177.
La DUCHESSE DE DURFORT-CIVRAC, Anne-Marie de la Faurie de Monbadon (ou Monbardon?) (....-1786)[461].
[461] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 155.
La COMTESSE DE VERGENNES, Anne de Vivier (ou du Vivier?) (....-1787)[462].
[462] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 206.
La CITOYENNE MONTESQUIEU; peut-être Françoise-Catherine de Narbonne,--ou Jeanne-Marie Hocquart (....-1793).
Quel que soit le nom véritable de cette femme, elle a laissé une importante bibliothèque dont Quentin-Bauchart donne la liste des ouvrages[463].
[463] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 461.
Mme DE PÉRUSSE D'ESCARS (ou DE PEYRUSSE DES CARS), Marie-Élisabeth de Lastic (....-1793)[464].
[464] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 192.
Mme D'ALIGRE, Madeleine-Catherine Boivin de Bonnetot, mariée, en 1711, à Étienne d'Aligre (XVIIIe siècle)[465].
[465] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 131.
MARIE DE BASTARD DE LA FITTE, abbesse du monastère royal de Favas, diocèse de Comminges, en 1722 (XVIIIe siècle)[466].
[466] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 134.
Mme DE BAUYN D'ANGERVILLIERS, née Mathefelon (XVIIIe siècle)[467].
[467] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 135, qui ne donne aucune date relative à cette bibliophile.
ANNE-MARIE-LOUISE DE BELZUNCE (ou BELSUNCE), grande prieure de l'abbaye de Saintes, puis abbesse du Roncerai, à Angers, vers 1709 (XVIIIe siècle)[468].
[468] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 136.
La VICOMTESSE DE BELZUNCE (ou BELSUNCE), N. de la Live d'Épinay (XVIIIe siècle)[469].
[469] Cf. ID., _ibid._
Mme BLONDEL D'AUBERS, Marie-Anne de Calonne, sœur du ministre de Louis XVI (XVIIIe siècle)[470].
[470] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 138.
HENRIETTE DE BOURBON DE LA GUICHE, dite Mademoiselle de Verneuil, fille naturelle et légitimée de Louis-Henri de Bourbon,--prince de Condé, premier ministre de Louis XV (XVIIIe siècle)[471].
[471] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 168.
Mme GUILLAUME DE BURE, mère des deux libraires de Bure (XVIIIe siècle).
«Deux classes de livres surtout composaient sa précieuse bibliothèque: les livres de piété et les livres espagnols», écrit Silvestre de Sacy[472].
[472] _Variétés littéraires, morales et historiques_, t. I, p. 246 (Paris, Didier-Perrin, 1884, 2 vol. in-12, 5e édition).
Mme CAMUS DE PONTCARRÉ, Angélique-Élisabeth, fille de Geoffroy-Macé (XVIIIe siècle)[473].
[473] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 142.
La DUCHESSE DE CHATILLON, Adrienne-Félicité de la Baume Le Blanc de la Vallière, fille unique du célèbre bibliophile, le duc Louis-César de la Vallière, petit-neveu de la maîtresse de Louis XIV, et qui, mort en 1780, à soixante-douze ans, rassembla, dans son château de Montrouge, «la plus riche bibliothèque que jamais particulier ait possédée en France[474]». La duchesse de Châtillon avait ainsi reçu le goût des livres en héritage[475] (XVIIIe siècle).
[474] Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_. Le duc de la Vallière aimait tellement les livres qu'il passe pour ne pas s'être toujours montré fort scrupuleux sur les moyens de s'en procurer, du moins dans sa vieillesse et lorsque sa passion était devenue manie. «N'est-il pas arrivé maintes fois que son valet de chambre reportât le lendemain aux divers marchands les bijoux (bibliographiques) qu'il trouvait dans les poches de son maître sans que celui-ci les eût achetés?» (Paulin PARIS, _Notice sur Tallemant des Réaux_, les Historiettes, t. VI, p. 427, Paris, Techener, 1862).
[475] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 145-146.
La MARQUISE CROZAT DU CHATEL; Marguerite Legendre, mariée, en 1696, à Antoine Crozat, marquis du Châtel, receveur des finances à Bordeaux (XVIIIe siècle)[476].
[476] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 147.
Mme VEUVE DIEZ (XVIIIe siècle)[477].
[477] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 150.
Originaire d'une famille espagnole, mère d'un des pères de l'ancien collège des Jésuites de Paris, ou collège de Clermont, devenu depuis le lycée Louis-le-Grand, elle fit don à cet établissement de 72 volumes,--ce qui a paru suffisant à Joannis Guigard pour inscrire le nom de cette pieuse veuve sur le livre d'or des femmes bibliophiles.
La COMTESSE DU DRENEUC, Catherine de Martin de Champoléon (XVIIIe siècle)[478].
[478] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 151.
CLAUDE DE DURFORT, religieuse, abbesse de Faremoutier, diocèse de Meaux, et dernière abbesse de cet établissement, détruit en 1792 (XVIIIe siècle)[479].
[479] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 156.
La DUCHESSE DE DURFORT DE LORGES, Marie-Marguerite-Reine de Butault de Marzan (XVIIIe siècle)[480].
[480] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 155.
Mme FAURIS, Julie de Villeneuve de Vence, femme du président Fauris (XVIIIe siècle)[481].
[481] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 159.
La BARONNE DE FONTAINE-CHALANDRAY (ou CHALENDRAI), Marie-Antoinette du Mas (ou Dumas) (XVIIIe siècle).
Le baron de Fontaine-Chalandray était receveur général des finances de Lorraine et Barrois en 1749[482].
[482] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 160.
LA MARQUISE DE KERHOENT, née N. de Champagne (XVIIIe siècle)[483].
[483] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 166.
Mme DE LA BORDE (XVIIIe siècle).
La vente de ses livres eut lieu à Paris, le 20 mai 1799 et jours suivants. Le catalogue, dressé par G. de Bure l'aîné, comprenait 167 numéros[484].
[484] Cf. la _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 351, article de M. Maurice Tourneux;--et l'_Intermédiaire des chercheurs et curieux_, 20 juin 1908, col. 926.
La COMTESSE DE LA FEUILLADE, Catherine-Scholastique Bazin de Bezons (XVIIIe siècle)[485].
[485] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 167.
La MARQUISE DE LA QUEUILLE, Louise-Jacqueline de Lastic de Saint-Jal (XVIIIe siècle)[486].
[486] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 169.
La DUCHESSE DE LA TRÉMOILLE-THOUARS, Marie-Maximilienne-Louise-Françoise-Sophie, princesse de Salm-Kirbourg (XVIIIe siècle)[487].
[487] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 173.
Mme LE BAS DE MONTARGIS, Henriette-Catherine Hardouin-Mansart, femme de Claude Le Bas de Montargis, conseiller d'État en 1722 (XVIIIe siècle)[488].
[488] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 174.
Mlle LE DUC, marquise de Tourvoie, danseuse à l'Opéra, maîtresse puis femme de Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont (XVIIIe siècle).
Elle rassembla un grand nombre d'ouvrages de théologie,--ce qui est assez étrange, vu la profession de ladite marquise,--et habilla richement ses volumes de maroquin avec dentelles[489].
[489] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 446;--et Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 174. A propos de la bibliothèque de Mlle Le Duc, Joannis Guigard écrit: «La _Bibliophilie_... faisait partie de l'existence mondaine au dix-huitième siècle. Les grandes dames surtout auraient cru manquer à tous leurs devoirs si elles n'avaient pu montrer, dans un salon richement orné, des livres aux fers merveilleux des Derome ou Padeloup.»
Le catalogue des livres de Mlle Le Duc, daté de 1757, et dressé par Prault fils aîné, libraire, quai de Conty (_sic_), se trouve actuellement à la Bibliothèque de l'Arsenal; c'est un très beau manuscrit in-4 de 225 pages.
Mme LEFÉBURE DE LA BASSE-BOULOGNE, née N. Couthier (XVIIIe siècle)[490].
[490] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 176.
La MARQUISE DE LESTEVENON, Marie-Wilhelmine van der Duyn (XVIIIe siècle).
Son mari était ambassadeur de la province de Hollande en France 1740[491].
[491] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 177.
La COMTESSE DE LÉVIS-CHATEAU-MORAND, Philiberte de Languet de Gergy (XVIIIe siècle)[492].
[492] Cf. ID., _ibid._
La PRINCESSE DE LIGNE, Henriette-Eugénie de Béthisy (ou Béthizy) de Mézières (XVIIIe siècle)[493].
[493] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 178.
CUNÉGONDE DE MAILLÉ DE KERMAVAN (ou KERMAOUEN, ou KERMAN, ou CARMAN), abbesse de Monré, près d'Amboise (XVIIIe siècle)[494].
[494] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 179;--et Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_.
Mme MÉGRET OU MAIGRET, Françoise-Thomas de Pange, femme de Mégret ou Maigret, baron d'Étigny et de Theil (XVIIIe siècle)[495].
[495] Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 183.
MARIE-ALEXANDRINE DE MONTJOUVENT, abbesse de l'abbaye de la Déserte, à Lyon (XVIIIe siècle)[496].
[496] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 186.
La DUCHESSE DE MONTMORENCY-LUXEMBOURG, Charlotte-Anne-Françoise de Montmorency-Luxembourg, mariée au duc de Montmorency-Luxembourg (XVIIIe siècle)[497].
[497] Cf. ID., _ibid._
La DUCHESSE DE MONTMORENCY-LUXEMBOURG, Marie-Jeanne-Thérèse de l'Espinay (XVIIIe siècle)[498].
[498] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 187.
La COMTESSE DE RIEUX, Suzanne-Henriette-Marie de Boulainvilliers de Bernard (XVIIIe siècle)[499].
[499] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 137.
Mme ROLAND DE CHALLERAUGE (ou DE CHALLERANGES?), née N. de Brosses, femme d'un conseiller au Parlement (XVIIIe siècle?)[500].
[500] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 198, qui ne donne aucune date relative à cette bibliophile. _L'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, No du 20 juin 1908, colonne 926, donne Rolland de Challerange, et non Roland de Challerauge. Ludovic Lalanne, dans son _Dictionnaire historique de la France_, donne Challeranges.
La MARQUISE DE SAINTE-MAURE, Marie des Chiens de la Neuville (ou Neufville) (XVIIIe siècle)[501].
[501] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 198.
La DUCHESSE DE SAULX DE TAVANNES, Marie de Choiseul-Gouffier (XVIIIe siècle)[502].
[502] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 200.
MARIE-AUGUSTE DE SULTZBACH, femme de Charles-Philippe de Sultzbach, son cousin-germain, comte palatin du Rhin (XVIIIe siècle)[503].
[503] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 122.
La DUCHESSE DE TALLEYRAND-PÉRIGORD, Marie-Françoise de Rochechouart, femme de Jean-Charles Talleyrand, duc et pair de France (XVIIIe ou XIXe siècle)[504].
[504] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 202, qui ne donne aucune date relative à cette bibliophile.
La PRINCESSE DE TALMONT, Marie-Jablonowska, fille du comte Jablonowski, grand enseigne de la couronne de Pologne; mariée, en 1730, à Frédéric de la Trémouille, prince de Talmont (XVIIIe siècle).
Elle possédait une belle bibliothèque qui fut vendue en 1774[505].
[505] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 444.
La MARQUISE DE VALBELLE DE TOURVES, Marguerite-Delphine (XVIIIe siècle)[506].
[506] Cf. Joannis Guigard, _ouvrage cité_, t. I, p. 204.
_L'Intermédiaire des chercheurs et curieux_ a publié, dans son numéro du 20 juin 1908[507], et au-dessus de la signature Sy, «une liste d'ex-libris de dames, dont la plupart ont vécu au dix-huitième siècle».
[507] Colonnes 926-927.
Voici cette liste, de laquelle je me borne à supprimer les noms mentionnés par moi précédemment:
La MARQUISE D'ALIGRE (Mme de Saint-Germain). Mme DE BEAUMANOIR. -- ÉLISABETH-HENRIETTE DE BESSET. -- DE BOUCHARD. -- BROCHET DE SAINT-PREST. La MARQUISE DE BROGLIE, née Besenval. Mme VIRGINIE CHARDON. Mlle CHAUDOT. La COMTESSE CHARLES DE DAMAS. Mme DE DAMAS, née Rochechouart. -- DU BU DE LONGCHAMP. La MARQUISE DE FLEURY, née du Bois de Courval. Mlle L.-E. GUENET DE LOUYE. Mme HAUTEFORT DE BERINHEN (Beringhen?). -- DE JOANNIS. -- CATHERINE HUNTER DE CADIGNAN. La DUCHESSE DE LA FORCE. Mme de LAIDET, née du Pont. La COMTESSE DE LANGEAC, née de la Quenille (Queuille?). La DUCHESSE DE LA TRÉMOILLE, née de la Tour d'Auvergne. Mme LE BAS DE GIRANGY. LA BARONNE DE LERCHENFELD, née comtesse de Haslang. La COMTESSE DE LIPONA. La COMTESSE DE MELLET. Mlle DE MORETON DE CHABRILLAN. La DUCHESSE DE MOUCHY. Mme DE PARIS, née Boula. -- PIGNATELLI, née Durfort. La MARQUISE DE PONS, née de Brissac. Mme DE PREYSING. -- RONDÉ. -- DE ROUGEMONT. -- DE SAINT-GERMAIN, marquise d'Aligny[508]. -- DE SAUTEREAU-MOINTESSUY. Mlle DE SAYVE. La VICOMTESSE HENRY DE SÉGUR. Mme SILVA. -- DE VASSAL. -- DE VINTIMILLE, née Talbot.
[508] Au lieu de d'Aligny, peut-être faut-il lire d'Aligre; voir la page précédente: La MARQUISE _d'Aligre_.
VII
Au dix-neuvième siècle et de nos jours, le nombre des femmes bibliophiles, presque restreint jusqu'ici à la classe élevée, noblesse et finance, s'est étendu à tous les rangs et est devenu considérable.
Voici d'abord une liste publiée par _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, dans le numéro du 10 juillet 1908[509], signée J.-G. Wigg, et dont je me borne à ranger les noms dans l'ordre alphabétique:
Mme D'ALLERAY. -- BAILLEU. -- BARTET, de la Comédie-Française. La COMTESSE X. DE BLACAS. La VICOMTESSE DE BONNEMAINS. Mme DE BORNIOL. -- MINA DELHOMME. -- HÉLÈNE DUCHÉ. La MARQUISE DU COUDRAY. La COMTESSE D'ERCEVILLE. Mme E.-M. GALLET. -- MARIE GEORGEL. -- L. GUIONNEAU-PAMBOUR. -- HENRY-ANDRÉ. -- L.-H. DE LA CONDAMINE. -- M.-CH. DE LAMETH. -- LANGE. -- C. LEBIENVENU-DUBOURG. -- L. LE DOULCEUR. -- M. LE VERDIER. Mmes OU Mlles JEANNE ET JEANNINE MARCHAND. Mme MINARD DE VELARS. -- MOYE. -- MOYNEL. La COMTESSE DE NADAILLAC. Mlle ALICE OZY. Mme MARIE PASTOR. -- RENÉE PINGRENON. -- L. SCHULTZ. -- ZOÉ SEILLIÈRE. -- M. SOUVESTRE. -- DE STAËL. La PRINCESSE DE TALMONT[510]. Mme THOURNOUER. -- VASSE-DUSAUSSAY. -- DE VILMORIN. -- MARQUISE VINTIMILLE. -- WEIGEL, d'Arras.
[509] Colonnes 34-35.
[510] Peut-être la même que nous avons mentionnée p. 244.
La MARQUISE DE LA GRANGE, Constance-Madeleine Nonpart de Caumont de La Force (1801-1869)[511].
[511] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 168.
LOUISE-MARIE-THÉRÈSE D'ARTOIS, fille de la duchesse de Berry, mariée, en 1845, à Charles III, duc de Parme (1819-1864).
Comme sa mère, qui avait formé la belle bibliothèque de Rosny, Louise-Marie-Thérèse d'Artois, appelée jusqu'en 1830 Mademoiselle, collectionna des livres: ils étaient timbrés de l'écusson en losange, symbole des filles, aux armes de France, _à la bordure crénelée de gueules_[512].
[512] Cf. Eugène ASSE, _ouvrage cité_, p. 138-139;--Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 104;--et ci-dessus, p. 180, note 3.
La PRINCESSE MATHILDE BONAPARTE, Mathilde Lætitia-Wilhelmine Bonaparte, fille de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, mariée au prince russe Anatole Demidoff de San-Donato, dont elle ne tarda pas à se séparer (1820-1904).
Elle témoigna toujours d'un goût très vif pour les arts et les lettres; elle exécutait notamment des aquarelles; elle exposa au Salon, de 1859 à 1867, un certain nombre de portraits et des copies d'après les maîtres, et obtint une médaille en 1865. Elle est aussi l'auteur d'un petit livre, l'_Histoire d'un chien_ (1876)[513].
[513] Cf. la _Revue universelle Larousse_, année 1904, p. 81; article de M. H. Castets.
Dans son hôtel de la rue de Courcelles et son château de Saint-Gratien, et, après la guerre de 1870, dans son hôtel de la rue de Berri, elle reçut quantité d'hommes de lettres et d'artistes: Sainte-Beuve, avec qui elle entretint une correspondance publiée par Jules Troubat, le dernier secrétaire de Sainte-Beuve[514],--Gustave Flaubert, Théophile Gautier, les Goncourt, Hippolyte Taine, Paul de Saint-Victor, Émile Augier, Gavarni, Jules Sandeau, le critique d'art Ernest Chesneau, le peintre Hébert, etc., etc.
[514] SAINTE-BEUVE, _Lettres à la Princesse_ (Paris, Michel Lévy, 1873, 5e édit.).
«Séparée à vingt-cinq ans de son mari, le comte Demidoff (Anatole Demidoff, prince de San Donato, dont elle n'eut point d'enfants, et qui mourut en 1870), adulée, d'un tempérament fougueux, la princesse Mathilde devait avoir fatalement des liaisons de cœur. On en connaît au moins deux avec certitude: la première, très retentissante, avec le comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts sous l'Empire; la seconde, plus discrète, avec le peintre et poète Claudius Popelin. Si l'on consulte l'Almanach Gotha de 1879, on y trouve la mention que la princesse Mathilde avait épousé Claudius Popelin, en Angleterre, en décembre 1871; mais cette information, démentie, fut supprimée dans l'Almanach de 1880[515].»
[515] _Revue universelle Larousse_, année 1904, p. 82; article de M. H. Castets.
A défaut d'une bibliothèque célèbre, la princesse Mathilde eut un illustre bibliothécaire, Théophile Gautier, à qui, en le gratifiant de cette sinécure, elle trouva moyen de rendre délicatement service. On lit à ce propos dans le _Journal des Goncourt_[516]:
«En descendant, ce soir, l'escalier de la princesse, Théophile Gautier, nommé bibliothécaire de Son Altesse, m'adresse cette question: «Mais, au fait, dites-moi, en toute sincérité, est-ce que la princesse a une bibliothèque?--Un conseil, mon cher Gautier, faites comme si elle n'en avait pas.»
[516] Année 1868, t. III, p. 240.
L'illustre tragédienne RACHEL (1821-1858) a été inscrite au nombre des amies des livres par le poète-bibliophile François Fertiault[517].
[517] Dans son beau volume _les Amoureux du livre_, p. 341.--Saluons ici, au passage, ce nom de François Fertiault, cher à tous ceux qui ont le culte des livres et des lettres. Né en juin 1814, à Verdun-sur-Doubs, «le cher petit pays», décédé à Paris en octobre 1915, c'est-à-dire dans sa cent-deuxième année, François Fertiault, l'auteur des _Amoureux du livre_, des _Légendes du livre_, des _Drames et Cancans du livre_, de la _Vie du livre_, des _Soirs du Doyen_, _A cent ans_, etc., a eu le très rare privilège, non seulement de mourir centenaire, mais de rester en possession de toutes ses facultés, de toute sa finesse d'esprit, de toute sa souriante accortise, de toute sa bonne humeur et de toute sa bonne grâce, jusqu'à son dernier jour. Il a été longtemps le doyen d'âge de la Société des gens de lettres, et il laisse, dans le monde des bibliophiles et des lettrés, un ineffaçable souvenir.
Le chroniqueur Paul d'Ivoi, père du romancier récemment décédé (1915), a rendu compte, dans un de ses articles du _Courrier de Paris_[518], de la vente des objets mobiliers, des livres par conséquent, laissés par Rachel, et voici quelques-uns des renseignements qu'il nous donne à ce sujet:
La vente des livres a duré deux jours. La première journée a produit 6900 francs, la seconde à peu près le double. Les livres qui n'avaient pas d'autre indication de leur origine que l'estampille de la vente, le chiffre de Mlle Rachel--un R entouré d'un bracelet avec la devise _Tout ou Rien_,--ces livres-là se vendaient un peu au dessus de leur valeur. Les livres reliés avec le chiffre R imprimé à froid sur le plat se vendaient beaucoup plus cher, environ une fois et demie ou deux fois leur valeur. Les livres adressés à Rachel par leurs auteurs, avec envoi autographe de l'auteur à la première page, se sont vendus six ou huit fois leur valeur. Enfin les brochures ayant servi à Rachel pour étudier ses rôles, celles surtout qui portaient des annotations de sa main, ont atteint des prix extrêmement élevés, de 40 à 80 francs chacune. Nous nous bornerons à quelques exemples:
Le _Théâtre des Grecs_, traduction du P. Brumoy, avec le chiffre sur le plat: 160 francs.
Le _Théâtre des Latins_, traduit par Levée et l'abbé Lemonnier, chiffre: 135 francs.
Le _Répertoire du Théâtre français_; Paris, Foucault, 1817: 200 francs.
Le _Théâtre de Corneille_; Paris, Didot l'aîné, 1805: 120 francs.
Les _OEuvres de Racine_, édition Lefèvre: 80 francs.
Le _Théâtre de Ponsard_; Paris, Michel Lévy, 1852; in-8, avec envoi autographe: 42 francs.
Le _Théâtre d'Émile Augier_; in-18, avec envoi autographe: 27 francs.
Le _Théâtre d'Alexandre Dumas_; 3 vol. in-18, avec envoi autographe: 41 francs.
_Rosemonde_, tragédie en un acte et en vers, par Latour Saint-Ybars; in-18, avec envoi autographe: 26 francs.
_Macbeth_, traduction en vers d'Émile Deschamps, avec envoi autographe: 20 francs.
_Charlotte Corday_, tragédie de Ponsard; vol. broché, avec envoi autographe: 13 francs.
Etc., etc.
[518] Reproduit dans le journal _le Voleur_, 7 mai 1858, p. 11.
ALICE OZY (1821-1893)[519], que nous avons vue figurer dans la liste des femmes bibliophiles donnée par _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, a souvent et longuement occupé la chronique de son époque[520]. De son vrai nom elle s'appelait Julie-Justine Pilloy, nous apprend Hippolyte de Villemessant[521], et était fille d'un bijoutier parisien. Alidor Delzant, qui l'a particulièrement connue, dont elle a fait un de ses héritiers[522], et qui, sans doute avec raison, car il était bien placé pour être renseigné à ce sujet, orthographie toujours son nom avec un i au lieu d'un y, a tracé d'elle le portrait suivant[523]:
«Ce n'était pas une personne vulgaire que Mlle Alice Ozi; elle a tenu une place dans la chronique littéraire, et Théophile Gautier l'a appelée quelque part _l'Aspasie moderne_. Victor Hugo a écrit pour elle des vers exquis. Elle a éveillé dans le cœur d'un jeune homme bien doué, Charles Hugo, un amour qui s'est éventé, comme un parfum, dans une suite de poèmes gracieux, qui mériteraient d'être connus...
«Elle aimait les lettres, et le jeune major général (le duc d'Aumale) qui préludait, par le goût de la poésie, aux lauriers académiques qu'il devait aussi conquérir, écrivait, sur l'album de Mlle Alice Ozi, une chanson qu'avait composée un de ses lieutenants M. Lafaguette: elle avait pour titre _Khradoujah_. Cette copie lointaine des _Contes d'Espagne_ et des _Orientales_ était alors fort répandue. Le jeune prince l'avait rapportée de l'Algérie, où les soldats en avaient fait une chanson de marche.