Les Divins Oracles de Zoroastre, ancien Philosophe Grec, Interpretez en Rime Françoise, par François Habert de Berry; Avec un Commentaire moral sur ledit Zoroastre, en Poesie Françoise, et Latine.

Part 5

Chapter 51,715 wordsPublic domain

Sachant combien ce Thresorier illustre Du Bourg, cognoist vostre perfection D'hommes rassis au rang avoir grand lustre, Et cognoissant la grand dilection De vos deux cueurs par ferme affection, Ne doy je pas orner mon escriture Des dons exquis par admiration Qu'avez receus par graces de Nature?

Certes ouy, car si l'architecture Des grands Palais Royaux est belle à voir, De vostre Esprit (O noble Creature) En plus grand pris fault la science avoir. Royaux Palais peuvent fin recevoir, Mais vostre Esprit est d'une vigueur telle, Que de la Mort l'audacieux pouvoir N'abolira vostre grace immortelle.

A Monseigneur Godefroy, Conseiller du Roy, au Chastellet de Paris.

Sonnet.

Si quelque fois la grand maturité Des Loix & Droicts, ou vostre estat s'applique Pour l'entretien d'une grand Republique, Donne repos à vostre auctorité,

Je vous supply par la benignité Qui tant vous rend humain et pacifique, De voir un peu mon oeuvre Poetique, C'est Zoroastre ou gist divinité.

En le lisant, s'il vous plaist en gré prendre L'humilité, laquelle je doy rendre A voz vertus, d'un cueur obeissant,

J'ay bon espoir que vous verrez autre oeuvre Par cy apres, qui publie et descueuvre Aux successeurs vostre nom florissant.

A Monseigneur Hector Maniquet, Secretaire de ma Dame la Duchesse de sainct Paul.

Minerve un jour visitoit les fontaines Que de ses piedz feit le cheval volant, Ou les neuf Seurs, doctes, sainctes, haultaines, Faisoient chapeaux de Laurier excellant. Pallas leur dict, O Troupeau vigilant Incessament à toute chose bonne, Je vous supply que vostre main ordonne A mon Hector le Chapeau de hault pris, Cela fut faict, du Laurier la Couronne Sur vostre front des lors son siege a pris.

A Monseigneur de Luce, Secretaire de Monseigneur le Prince de Ferrare.

Résusciter il faudroict Apelles Pour paindre au vif vostre magnificence, Ou l'excellant graveur Praxiteles Pour à jamais graver vostre excellence En Marbre fin, car la supresme Essence Vous a donné telle perfection (Trescher Seigneur) que la mettre en silence, N'est au Scavoir porter dilection.

A Monseigneur Garnier Parisien, Receveur des Tailles.

Comme les grains sont gardez au Grenier Pour des humains estre la nourriture, En vous ainsi (noble Seigneur Garnier) Sont conservez plusieurs dons de Nature. Telle saveur portez à l'Escriture En rejectant les thresors d'avarice, Que ceux qui ont des lettres l'exercice, Doibvent trop mieux graver qu'en Marbre fin Les dons divins, qui sont en vous sans vice, Et qui par Mort ne peuvent prendre fin.

A Monseigneur de Fontenay Secretaire du Roy de Navarre.

Bien sainctement nous a faict à scavoir Celluy Caton qui l'Esprit endoctrine, Qu'en nous de Mort une image on peut voir, Si nostre Esprit demeure sans Doctrine. Celluy qui seul aveugles illumine, De hault Scavoir vous a tant exorné, Que vous estiez du tout predestiné A faict fruict d'escriture honorable En la maison de ce Roy tant bien né Des Navarroys, d'honeur incomparable.

A Monseigneur Lopin, Conseiller en la Court de Parlement.

Sonnet.

Comme au matin la rubiconde Aurore Donne splendeur au Monde spacieux, Comme au Printemps le Soleil gracieux, De rayons d'Or cest univers decore,

La grand douceur qui les prudens honore Vostre renom faict voler jusqu'aux Cieux, Et au Senat vous rend plus precieux Que l'Argent pur, ne que l'Or fin encore.

Tels Senateurs que vous, ou grace abonde, Sont estimez une perle en ce Monde, Loing d'avarice, et pres de charité,

Aussi celluy qui recompensera Le bien et mal, vostre ame poulsera Au sainct repos du lieu de Verité.

A Monseigneur Carles, Secretaire de Monseigneur le Prince de Condé.

Sonnet.

Celluy qui peut toutes choses donner, Vous a pourveu d'une telle sagesse, D'un tel esprit, d'une telle largesse, De tant de dons qui me font m'estonner,

Que je ne puis par escrit ordonner Si hault honeur, que meritez sans cesse, Representant tout acte de Noblesse, Qui faict par tout vostre nom résonner.

Si l'Orateur dont l'Arpine se vente Vivoit encor, par sa bouche éloquente Il ne pourroit réciter voz valeurs,

Parquoy bien plus on trouveroit estrange. Si je pouvois paindre vostre louange (Comme il convient) de bien vifves couleurs.

A Monseigneur, Francois Charpillet, Lyonnois.

Comme l'amoureuse Abeille Du doux Miel qu'elle appareille Nous donne un goust savoureux, Et comme d'Atlas les Filles En leurs beaux jardins fertiles Recueillent l'Or plantureux,

Ainsi de vostre clemence S'espand par tout la semence, Et de vostre Esprit gentil, Dont pour louer voz merites, Il me faudroit des Carites Avoir stile plus subtil.

Si est ce que les neuf Seurs Qui ont tesmoignages seurs De vostre tant noble zele, Feront poetiques vers Deubs à voz honeurs divers Avec louange éternelle.

A monsieur M. Guillaume Oger, Procureur au Chastellet de Paris.

Doy je effacer de silence De voz graces l'excellence, O sage et prudent Oger, Qui exerceant la pratique, Loing de dol et fraude inique Faictes les proces juger?

Vostre nature n'est telle De chercher faulse cautelle, Et toute déception, Car selon jurisprudence Vous monstrez vostre prudence En vostre vocation.

Oultre vous aymez les Muses Qui voz louanges diffuses, Et ce qu'avez merité Par mes vers annonceront, Et vostre nom laisseront Aux yeux de posterité.

A monseigneur l'Enfant, Secretaire de monseigneur le Cardinal de Lorraine.

Sonnet.

Esprit bien né, aux lettres florissant, Si autrefois vostre benigne grace, A pris en gré tous mes sermons d'Horace, Ovide aussi voué au Roy puissant,

Je vous supply, de vostre obeissant Voir le labeur, qui ses autres efface, Bien humblement il s'offre à vostre face, C'est un labeur d'un Philosophe yssant.

Long temps y à que debteur je me sens A vostre Esprit tant noble entre cinq cens, Et le Scavoir qui vous monstre honorable,

Merite bien que je vous soys donneur De quelque escrit, qui rendra vostre honeur Aux successeurs dignement perdurable.

A monseigneur Bertrand Thresorier du Roy.

On dict bien vray que l'oeuvre est couronné De bonne fin, pour la fin de mon livre J'ay ce petit Epigramme ordonné En vostre nom digne de tousjours vivre: Car l'Eternel qui ses graces vous livre, Au rang heureux des hommes non pollus, Le sainct Nectar qui mect l'ame à delivre, Ja vous prepare avec tous ses Eslus.

Aux Compaignons de l'imprimerie.

Le boys tortu croissant parmy la vigne Duquel Bacchus a esté plantateur, Et dont on boyt aussi droict qu'une ligne, Faict parler l'homme ainsi qu'un Orateur. O mes amys, je suis vostre debteur, Pour le travail que prenez à ceste heure, Buvez à moy, soulageans le labeur, Si qu'une goutte en voz Pots ne demeure.

A monseigneur, Claude de Granval, maistre d'hostel de ma dame la Duchesse d'Aumale.

Que n'ay je du Grec Pindare L'eloquence Riche et rare Pour mieux chanter vostre nom, Cher Seigneur, duquel la grace Tant de merites ambrace Par un immortel renom?

Que n'ay je la plume exquise De Ciceron tant requise Au facond stile latin, Pour, au desir qui me presse, Chanter de vostre maistresse La grandeur, soir et matin?

Ou que ne suis je à Mauni Avec vous d'un cueur uni Dessoubs la fresche Ramee, Pour escrire la beauté, La douceur, la privauté De ceste Duchesse aymee?

Je dy de ceste Duchesse Loise, dont la Richesse Fondee en toute vertu Monstre l'honeur admirable De la grace incomparable Dont son Esprit est vestu.

Si ay je bien ceste envie Que quelque jour de ma vie A Mauni vous me voyez, Et que la sur la verdure Alors que le Printemps dure Mes joyeux Sonnetz oyez.

Ce sont Sonnetz Poetiques, Et sentences heroiques, Pour tout courroux appaiser, Ou gist l'honeur de ma Dame, Dont le nom tourné, sans blasme Contient: Loy de se baiser.

Ce ne sera sans escrire Quelque chose, pour bien rire, Avec tous voz alliez, De Boyssay tant estimable, Et des Houlles honorable N'y seront point oubliez.

Tandis celluy qui domine Terre et Ciel, et illumine Les Espris des ignorans Permette à vostre noblesse Que vous passiez en liesse Du Facond Nestor les ans.

Ad illustrissimum virum dominum voscum Regium, supplicum libellorum magistrum de viris huiusce tempestatis illustribus, doctissimisque oratoribus, et clarissimis Philosophie professoribus, ac Poetis.

Epistola.

Nisi prudens illa ac optimis moribus instituta vetustas, virorum illustrium memoriam doctissimis scriptis commendasset, vir ornatissime, Platonis Philosophiam, Marci Tullii inimitabilem phrasim, Titi Livii ubertatem, Demosthenis fulmen in dicendo, atque alios complures gravissimos authores ignoraremus, quorum disciplina multum frugis, multúmque ornamenti posteris reliquit, Neque Deus optimus maximus Gallos adeo esse infelices concessit, ut illi clarissimis oratoribus, ac eloquentissimis Philosophie professoribus carerent, Inter quos Guilelmus Budeus à Francisco Galliarum Rege generosissimo educatus, perpetuum nominis sui splendorem posteritati commendavit, adeo claris codicibus in lucem emissis, ut eorum eruditionem nulla unquam etas deletura sit: Nunc vero sub invictissimo Francorum Principe Henrico, tanti nominis Rhetores, Poete ac Philosophi elucescunt, ut antiquioribus cedere nullo modo debeant. Quo sit honore afficiendus illustrissimus ille Gallandius, testatur magno cum applausu universa Lutetie civitas, Petrum Ramum, Regium eloquentie ac Philosophie Professorem ad Coelum effert eadem urbs, in qua supremus Regis Senatus constitutus est. Carpentarius, gymnasiarcha Burgundianus, erudictissimus vetustissimum Collegium suum ab omni Barbarie vindicat, ac admirabili eloquentia illustrissimum reddit, Salligneus in Hebraica Lingua, Greca, Latináque perfectissimus, quid sibi aliud nisi apud posteros immortale decus pollicetur? Omitto brevitatis caussa, multos Senatores doctissimos, qui iurisprudentie humaniores litteras maximo cum honore, coniunxerunt, Quod si de aulicis scribero licet, cuius existimationis esse debet Danesius ille Episcopus, Delphini Regis excellentissimus Preceptor, cuius orationes Ciceroniane elocutioni non cedunt? Neque cuiquam postponendum arbitror eruditissimum illum virum Hectorem, Lotharingi Principis Pedagogum, in quo non solum eloquentie claritas, sed syncere pietatis studium relucet, unde generosissimus Princeps optimum iudicium, maturúmque Consilium à teneris annis haurire affatin possit. Sed cum ii omnes veteribus eloquentie professoribus postponendi non sint, non video cur et Gallici Poete antiquis cedere debeant. Perpetuum splendoris sui specimen posteris reliquit Clemens Marotus, Sangelasius, Petrus Ronsardus, Ioachinus Bellaius, Olivarius Magnius, Maronis gravitatem, Nasonis eloquentiam, Petrarche inventionem redolent, Quod si divinum ingenium illorum, sacre scripture argumentum sibi aliquando proponat, ex eorum scriptis fructus Deo hominibúsque suavis, atque acceptissimus proditurus est, Te vero, vir optime, quo encomio efferam qui cum iurisprudentia eloquentiam coniunxisti? Nulla erit etas que virtutum tuarum splendorem delere possit, Neque unquam tua erga me merita ingrato silentio sum abrogaturus.

Bene vale.

========================== NOTES SUR LA TRANSCRIPTION

La transcription conserve à l'identique l'orthographe de l'original; on a toutefois résolu les abréviations conventionnelles et introduit la distinction entre les lettres i/j et u/v selon l'usage.

La mention des "traicts nouveaux d'une Francoise letre" fait allusion au fait que l'original est l'un des premiers ouvrages imprimés en caractères de civilité.