Les caquets de l'accouchée nouvelle édition revue sur les pièces originales

Part 20

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[221] La nouvelle religion dont il s'agit, et pour laquelle on réclame les largesses de l'évêque, est la maison des Ursulines de la rue Sainte-Avoye. D'abord communauté de quarante veuves, elle étoit devenue ensuite maison de Béguines, et le 31 janvier 1622, par suite d'un concordat entre les Béguines, le curé de Saint-Merry et les Ursulines, celles-ci avoient pris possession du couvent. Ce concordat, que confirmèrent des lettres-patentes de février 1623, obtint, en effet, l'approbation de l'évêque François de Gondi; mais nous ne savons pas s'il fit davantage pour les Ursulines.

[222] Le comte Ernest de Mansfeld, ne trouvant plus à vivre ni dans le Palatinat ni dans l'Alsace, qu'il avoit ruinés, s'étoit mis à menacer la Champagne. Il avoit passé la Meuse, et s'étoit logé en vue de Mouzon. La peur avoit été grande par toute la France quand on avoit su cette entreprise; on trembloit surtout qu'il ne vînt donner la main aux huguenots rebelles, et que M. de Bouillon ne lui ouvrît ses places frontières. Il n'y avoit que les gens d'expérience qui ne partageassent pas cette panique, dont font foi toutes les pièces du temps (_les Grands jours tenus à Paris par M. Muet_, etc., p. 29; _les effroyables Pactions faites entre le diable et les prétendus invisibles_, etc., p. 21). Malherbe fut de ces gens rassurés; très tranquille, il écrivit de Caen à son amy Colomby, qui trembloit à Paris: «Pour Mansfeld, nous en avons ici de meilleures nouvelles que les vostres. On m'escrit du 9e de ce mois qu'il est sur le point de se retirer. Il ne faut pas voir trop clair pour connoître que l'homme de la frontière est de ceux qui l'ont attiré; mais il est en possession de reussir mal en tout ce qu'il entreprend. Voilà pourquoy, si de ceste nuée il sort pluye, gresle, ny aultre sorte de mauvais temps, je veux que vous me teniez pour le plus ignorant astrologue qui jamais ait regardé les étoilles.» Malherbe avoit raison: ce qui suivit justifia pleinement sa quiétude confiante, dont témoigne encore sa lettre à Peiresc du 28 juillet 1622. Mansfeld fit un premier accord avec M. de Nevers, puis, s'étant approché de Sedan, et après avoir vu sans doute qu'il ne falloit pas faire trop grand fonds sur les forces et sur la parole de M. de Bouillon, il quitta notre frontière et tira sur le Hainaut. Il y trouva l'armée espagnole commandée par D. Gonzalès. Une bataille fut livrée dans les plaines de Fleurus, après laquelle Mansfeld, à demi défait, battit en retraite, abandonnant tous ses équipages. (_Mercure françois_, t. 8, p. 708-752.) C'est de cette dernière affaire, qui achevoit de les rassurer, que parlent nos caqueteuses.

[223] Une autre édition, différente en ce seul point, porte pour titre: _La Responce aux trois Caquets de l'Accouchée_, MDC.XXII.--Dans le _Recueil général_, c'est _la sixiesme Journée et visitation de l'Accouchée_.

[224] Tout le commencement de cette Journée, jusqu'ici, est remplacé dans le _Recueil général_ par: Desireux de poursuivre carrière et parvenir à mon but, je fus d'abondant voir ma cousine l'Accouchée et l'entretenir à mon accoustumée; ce qu'ayant fait, et recognoissant bien l'approche des visites qui luy seroient faites, je me rengeay à ma cellule ordinaire, où je ne fus pas si tost entré qu'il arriva une bande de bourgeoises de Paris, lesquelles, après avoir fait leurs reverences et pris place, l'une commença à dire: La porte est-elle fermée?

[225] _Var._ Les mots entre crochets manquent au _Recueil général_.

[226] Les mots: _une qui avoit desjà deffait sa chemise_, sont remplacés au _Recueil général_ par: _une autre_.

[227] _Var._ _Recueil général_: dit lors une autre.

[228] Les Quinze-Vingts portoient une longue robe grise, avec une fleur de lys sur la poitrine. Une gravure d'Abraham Bosse représente sous son costume complet un de ces aveugles demandant l'aumône au coin d'une rue. La caricature qu'on fit de Lafont de Saint-Yenne, à cause de ses jugements d'aveugle sur le salon de 1753, est aussi une représentation exacte de l'habillement des Quinze-Vingts sous Louis XV.

[229] On reprochoit alors beaucoup aux bourgeoises la richesse des étoffes qu'elles employoient pour leurs robes, et l'on disoit partout que ce luxe coûtoit cher aux bonnes moeurs:

Les bourgeoises qui font les belles, Sont braves comme damoiselles Et se font promener à tas, Ont-elles pas un petit chose... Pour achepter du taffetas?

(_Le Tableau à deux faces de la foire S.-Germain, etc._, 1627, in-12, p. 6.)

La Rousse dit que, si sa fille Avoit l'habit de taffetas, Elle seroit aussi gentille Ou plus belle qu'elle n'est pas.

(_Le Bruit qui court de l'espousée_, 1624, s. l., p. 5.)

[230] Ces propos sur les modes et la coquetterie étoient le fonds ordinaire de la conversation des caqueteuses:

C'estoyent mercières du Palais Qui discouroient de leurs malices, De leurs fards et leurs artifices, Des bons tours qu'elles mettent sus Pour faire leurs maris cornus. J'en vis deux qui se vermillonnent, Et leurs cheveux passe-fillonnent Pour mieux les marchands allecher...

(_Le Banquet des Muses, ou Satires divers du sieur_ Auvray, Paris, 1625, in-8, p. 184.)

[231] _Var._ Les mots entre crochets manquent au _Recueil général_.

[232] _Var._ Le passage entre crochets manque au _Recueil général_.

[233] _Var._ Les mots: _pour le bain_, sont remplacés, au _Recueil général_, par les mots: _de visite_.

[234] _Var._ «Et moi la première.» Ces mots manquent au _Recueil général_.

[235] _Var._ Ces deux mots manquent au _Recueil général_.

[236] _Var._ _Rec. gén._: leur.

[237] _Var._ _Rec. gén._: furent.

[238] _Var._ _Rec. gén._: leur.

[239] _Var._ _Rec. gén._: leur.

[240] _Var._ Le _Recueil général_ ajoute: (paracheva-elle).

[241] _Var._ Le _Rec. gén._ ajoute: dit la damoiselle du faux-bourg Sainct-Germain.

[242] _Var._ _Qui commençoit à s'essuyer._ Ces mots manquent au _Recueil général_.

[243] _Var._ _Rec. gén._: une autre qui estoit.

[244] _Var._ _Rec. gén._: (dit-elle).

[245] Cette lettre ne se trouve pas dans le _Recueil général_, non plus que les réflexions qui l'accompagnent.

[246] _Var._ Dans le _Recueil général_, cette partie est intitulée: _La septiesme journée et visitation de l'Accouchée_.

[247] _Var._ _Rec. gén._: ij, iij, iiij, v et vj.

[248] _Var._ _Rec. gén._: ne voyez la septiesme, et...

[249] _Var._ _Rec. gén._: ne cette septiesme.

[250] Dans le _Recueil général_, ce qui termine cet alinéa est remplacé par: et alors, saluant l'accouchée, je luy demanday le mesme privilége du passé, et, en obtenant franchement la prerogative, je me retirai dans mon oratoire accoustumé, derrière le chevet du lict.

[251] Terme de jeu de paume ou _tripot_.

[252] _Var._ _Rec. gén._: les porter.

[253] Ce qui est renfermé entre crochets est remplacé, dans le _Recueil général_, par: Il y en a assez qui prestent argent.

[254] Le passage entre crochets est remplacé, dans le _Recueil général_, par le mot: en.

[255] La plupart des gens de finance logeoient alors au Marais. V. _Catal. des partisans_, etc., dans le _Recueil des Mazarinades_, t. 1, p. 113, etc.

[256] _Var._ Le _Recueil général_ dit huit mois.

[257] Le curieux livre qui a pour titre: _Ulenspiegel, de sa vie, de ses oeuvres, etc._, étoit depuis près d'un siècle populaire en France, où le mot _espiègle_, qui nous en est resté, commençoit même à être déjà en cours. La première traduction faite sur l'original, écrit en bas allemand vers 1483, avoit paru à Paris en 1532, pet. in-4. Depuis, les éditions s'en étoient succédé à Lyon, à Paris, à Orléans, etc., et, pour connoître l'Espiègle, il n'étoit pas besoin d'être grand lecteur de romans.

[258] Tout ce qui suit, jusqu'à l'alinéa, manque au _Rec. gén._

[259] _Var._ Ce qui suit est remplacé dans le _Recueil général_ par: que de baiser l'Accouchée en prenant congé d'elle jusques au revoir.

[260] Dans le _Recueil général_, cette partie est intitulée: _la Huictiesme journée et dernière visitation au relevement de l'Accouchée_.

[261] _Var._ Tout le commencement de cet alinéa manque dans le _Recueil général_.

[262] _Var._ Cette citation latine manque au _Recueil général_.

[263] _Var._ Cette fin d'alinéa manque au _Recueil général_.

[264] _Var._ Les mots: _à ladite garde d'accouchée_ sont remplacés dans le _Recueil général_ par: _en ma faveur_.

[265] _Var._ Le _Rec. gén._ ajoute: respond la femme de l'advocat.

[266] _Var._ _Rec. gén._: la femme de l'advocat.

[267] _Var._ La fin de l'alinéa manque au _Recueil général_.

[268] _Var._ Au lieu de la fin de cet alinéa et de tout l'alinéa suivant, on lit dans le _Recueil général_: estoit escrit que la fille d'un sergent à verge avoit abandonné y a quelque temps son père, vieil qu'il estoit, pour suivre par tout Madamoiselle, à cause qu'elle luy faisoit porter l'atour, et d'autres petits secrets qui estoient inserez dans le petit papier.

[269] _Var._ Ces mots manquent au _Recueil général_.

[270] _Var._ Le passage entre crochets manque au _Recueil général_.

[271] _Var._ Le passage entre crochets manque au _Recueil général_.

[272] _Var._ Le commencement de cet alinéa est remplacé, dans le _Recueil général_, par: Il y en a beaucoup qui s'en font à croire, tesmoins ce qu'a fait un certain gantier qui, depuis quelque temps en çà...

[273] Depuis long-temps on se plaignoit des échevins et on les chansonnoit. Tabourot, dans ses _Bigarrures_, au chapitre des Allusions, plaisantant sur leur nom, dit: «qu'_échevin_ est ainsi nommé quasi léchevin, pour ce qu'il doit tâter le vin pour commencement de bonne police, afin qu'on n'en vende de mauvais.»

[274] Il faut lire ici, je crois, Moysset, et non Massey: c'est le partisan dont nous avons parlé plus haut dans une note. Luynes et ses frères l'avoient lancé, comme Chalange, dans les grandes affaires. Dans un pamphlet du temps, _le Contadin provençal_, il est question de «la grande familiarité que ces trois frères ont avec ce preud'homme Moysset, ne provenant que des etroictes intelligences qu'ils ont ensemble pour voler les deniers du royaume.» _Recueil des pièces les plus curieuses qui ont été faictes pendant le règne du connestable M. de Luynes_, Paris, 1632, in-8, p. 98.

[275] _Var._ _Rec. gén._: garde l'accouchée voulut, auparavant prendre congé, dire quelque chose en...

[276] _Var._ _Rec. gén._: desire, s'il vous plaist, vous en dire un en passant: c'est qu'un...

[277] _Var._ _Rec. gén._: j'ai patience qu'il ait la fortune meilleure.

[278] _Var._ Ce qui termine l'alinéa est remplacé, au _Recueil général_, par: le laisser estudier encore quatre ou cinq années, pour estre plus parfait en toute sorte de sciences.

[279] _Var._ Le passage entre crochets manque au _Rec. gén._

[280] On écrivoit ainsi, d'après l'étymol. ital., _fare all' erta_. V. Montaigne, I, 19.

[281] _Var._ Le passage entre crochets manque au _Rec. gén._

[282] _Var._ Le passage entre crochets est remplacé, au _Recueil général_, par: les unes aux autres auparavant que partir et de prendre congé de madame la relevée. Ce qui occasionna la compagnie de faire la collation.

[283] _Var._ _Rec. gén._: verre.

[284] _Var._ Le mot _nompareil_ est remplacé, au _Recueil général_, par: ne voulant plus traicter des discours ny d'Accouchée ni de Relevée.

[285] _Var._ Le _Recueil général_ ajoute: se promettant les unes aux autres, d'un vif courage, de se voir à leurs autres accouchemens.

[286] _Antrax._

[287] V. sur cette promenade, dépendante des anciens jardins de la reine Marguerite dans la rue de Seine, une longue note de nos _Variétés historiques et littéraires_, t. I, 18e pièce, p. 219.

[288] Tabarin surtout devint très riche. Il se retira dans une terre près de Paris, et, jalousé par les nobles ses voisins, qui s'indignoient de voir ce farceur se poser comme leur égal, il fut tué par eux dans une dispute pour affaire de chasse. Dupuys Demporte, _Hist. gén. du Pont-Neuf_, 1750, in-8, p. 36, et D. Martin, _Le parlement nouv._, franc.-allem. Strasb., 1637.

[289] Lunettes d'approche, que les Hollandois fabriquoient seuls alors, et qu'on appeloit aussi lunettes de Hollande. Sur cette invention, assez nouvelle alors, surtout pour les Parisiens, puisque la première lunette de cette espèce fut vendue en 1609 sur le Pont-Marchand. V. _Journal_ de l'Estoille, 30 avril 1609, et _l'Hermite du Mont-Valérien_, p. 1 (_Recueil des pièces les plus curieuses sur le connétable de Luynes_).

[290] Expression qui répond à celle-ci: _faire des embarras_, _Enhazé_ vient, selon Oudin, du verbe espagnol _hacer_, faire.

[291] A l'hospice des _Enfants-Rouges_, fondé au Marais par François Ier, aussi bien qu'à l'_Hôpital du Saint-Esprit_, près la Grève, on recevoit et l'on élevoit les enfants de pauvres. Ceux de l'hospice du Saint-Esprit s'appeloient les _enfants bleus_. A l'hospice de _la Trinité_, ou les enfants portoient aussi un habit de cette même couleur (Du Breul, _Antiq. de Paris_, liv. 3), on leur faisoit apprendre gratuitement un métier. (V. la _Biblioth_. de Bouchel, au mot _Hospitaux_, art. _Hospital de la Trinité_.)

[292] Ceci n'est pas tout à fait vrai. On en peut voir la preuve dans une pièce de nos _Variétés historiques et littéraires_, t. 1, p. 207-209.

[293] Elles y retournèrent cependant, ou, pour mieux dire, elles ne les avoient jamais quittés, surtout le faubourg Montmartre, «alors leur retraite ordinaire», comme il est dit dans le _Caquet des femmes du faubourg Montmartre, etc._, Paris, 1622, in-8, p. 3.

[294] Les cercles luthériens d'Allemagne, toujours alliés clandestinement avec les huguenots de France.

[295] C'est le nom qu'on donnoit alors à la rue Phelippeaux. Son premier nom, qui remonte au XIVe siècle, étoit _Frépault_; au XVe siècle, on dit _Frapault_; nous trouvons _Fripaux_, comme ici, en 1560, puis _Frepoux_, en 1636. C'est seulement à la fin du XVIIe siècle que le nom de Phelipeaux, étant devenu célèbre, prit peu à peu la place de ces appellations si changeantes; la rue l'a gardé. Elle est encore, comme la rue Frépillon, sa voisine, toute peuplée de revendeurs et de marchands de vieux chiffons.

[296] V. sur cet abus des laquais porteurs d'épée, et sur la défense qui y mit fin en 1654, nos _Variétés historiques et littéraires_, tome 1, p. 283, note 1, et 284, note 3.

[297] V. plus haut pour ce vêtement des bandits d'alors.

[298] Personne ne comprit mieux que M. d'Angoulême l'emploi que les laquais mis à la retraite devoient faire de leurs loisirs. Même pendant qu'ils étoient à son service, s'ils lui demandoient leurs gages, il ne les payoit que de ce beau conseil: «C'est à vous à vous pourvoir. Quatre rues aboutissent à l'hôtel d'Angoulême, vous êtes en beau lieu, profitez-en.» Tallemant, _édit. in_-12, t. 1, p. 221.

[299] C'est sans doute à cause de la capitainerie du Louvre, dont il étoit en effet investi, qu'Enguerrand de Marigny est traité ici de capitaine.

[300] Cette statue d'Enguerrand de Marigny ne fut placée sur le portail du Palais qu'après le jugement qui le réhabilita. On lisoit au dessous:

Chacun soit content de ses biens; Qui n'a suffisance n'a rien.

[301] V. plus haut sur cet édit des procureurs que Chalange fit rendre et dont il eut les profits; V. aussi nos _Variétés histor. et litt._, t. 1, p. 215.

[302] Le jacobus, monnoie d'or à l'effigie de Jacques Ier, d'une valeur de 14 fr. 70 cent., d'après l'évaluation moderne, avoit alors cours en Angleterre.

[303] Allusion à la pension de 1,200 livres que Mathurine, comme nous l'avons dit plus haut, recevoit de la cour.

[304] C'est-à-dire une soupe bien odorante. L'hysope étoit une plante parfumée.

[305] Il est naturel que Mathurine invoque maître Guillaume, qui étoit alors à la cour son collègue en folie. Auprès de l'article qui la concerne dans le _Sommaire traité des revenus_, etc., de N. Remond, Paris, 1622, _ad fin._, se trouve celui-ci pour les appointements de maître Guillaume, le fou en titre d'office: «A Me Guillaume, par les mains de Jean Lobeys, son gouverneur, dix-huit cents livres.» Pour ce fou, sous le nom duquel Regnier fit d'abord courir sa 14e satyre (V. notre livre _l'Esprit des autres_, p. 65), et dont nous aurons souvent à parler dans nos _Variétés hist. et litt._ à propos des pasquins sans nombre qui coururent sous son nom, nous nous contenterons de renvoyer à l'article du _Perroniana_ (3e édit., 1691, in-12, p. 154-157) qui le concerne, et au chapitre que lui consacre M. de Reiffenberg dans son _Histoire des fous en titre d'office_ (_le Lundi, nouveaux récits de Marsilius Brunck_, Paris, 1837, in-12, p. 290-293).--Les vers cités et les deux de la page suivante se lisent peut-être dans un de ces pasquins; mais ils se trouvaient auparavant, à quelques variantes près, dans le _Sermon des foulx_, V. _Ancien théâtre françois_, P. Jannet, 1854, in-16, t. 2, p. 209.

[306] Pour Bertholde, type des farces italiennes, qui commençoit à se populariser en France, mais qui ne prit pied sur nos théâtres qu'au XVIIIe siècle, lorsque Ciampi eut fait son _Bertholde à la cour_, et Lattaignant _Bertholde à la ville_.

[307] C'est-à-dire de se voir moquer comme la statue de Pierre de Cugnières, surnommé du Coignet, laquelle on avoit placée en un petit coin (_coignet_) du choeur de l'église Notre-Dame, «en office de esteindre avec son nez... les chandelles, torches, cierges, bougies et flambeaux allumez.» (Rabelais, _Nouv. prol._ du 4e livre.) Il est ainsi parlé dans les _Contes d'Eutrapel_ (1, De la justice, _ad finem_) de la cause qui valut à Pierre de Cugnières cette vengeance des gens d'église: «Tesmoing, dit Noël du Fail, la statue ignominieuse de maistre Pierre de Cugnières, estant en l'église Nostre-Dame de Paris, vulgairement appelé maistre Pierre du Coignet, à laquelle, par gaudisserie, on porte des chandelles. Le paillard, estant lors advocat general, soustint que le roy Philippe de Valois, son maistre, se devoit ressaisir du temporel ecclesiastic, pour estre le fondement d'iceluy mal exécuté, et seule cause de la dissolution des gens d'église et empeschement du vray service de Dieu.»

[308] Fou qui couroit alors les rues.

[309] Marforio, le camarade du Pasquin de Rome.

[310] Cette phrase, où se trouve en germe l'une des plus jolies fables de La Fontaine (liv. 9, fab. 16), ne fait presque que reproduire celle-ci du 7e chap. des _Contes d'Eutrapel_: «ressemblans au singe qui tire les chastaignes de sous la braise avec la patte du levrier endormy au fouyer.»

[311] Sur ce cabaretier fameux alors, qui avoit fait peindre au dessus de sa taverne, près Saint-Eustache, l'arbre dont il portoit le nom, V. notre _Histoire des hôtelleries et cabarets_, t. 2, p. 323-324.

[312] Pour _échaffaut_, comme on appeloit alors le théâtre des saltimbanques et des empiriques.

[313] Ceci est assez platement abrégé d'un passage du _Moyen de parvenir_, 1738, I, 104-5.

[314] On sait de quelles maladies il étoit le patron, et quel mal, réclamant les potions _postérieures_ dont parle Regnard dans _le Légataire_, s'appeloit le mal Saint-Fiacre. (V. Fleury de Bellingen, _Etymol. des prov. franc._, p. 317.)

[315] Expression consacrée par Rabelais et par Henry Estienne pour désigner un mendiant, un quemandeur. «Quant à tant de povres moines, dit celui-ci, qui n'ont ni rente ni revenu, qui n'ont pas un poulce de terre, qui mesme sont appelez _porteurs de rogatons_, pour ce qu'ils ne vivent que des aumônes des gens de bien...» _Apologie pour Hérodote_, La Haye, 1735, in-12, t. 1er, p. 536.

[316] Il étoit permis aux religieux du Petit-Saint-Antoine de laisser vaguer leurs pourceaux par les rues.

[317] La pièce d'argent, à cause de la _croix_ qui se trouvoit sur celles de saint Louis. On connoît l'expression être _sans croix ni pile_, pour dire être sans argent.

[318] Prêtresse du dieu assyrien Adad. (V., à ce mot, le _Dict. mythol._ de Jacobi.)

[319] V., sur de pareilles pratiques, une note de nos _Variétés hist. et litt._, t. 1er, pièce 26, p. 340-341.

[320] Réminiscence d'un passage de Larivey. V. _la Vefve_, (comédie imitée de _la Vedova_ de Nic. Bonaparte, dans l'_Ancien théâtre françois_, t. 5, p. 195).

[321] Faire le loup-garou, être changé en bête.

[322] Lieu de pèlerinage à deux lieues de Châlons-sur-Marne, ainsi nommé à cause d'une image de la Vierge trouvée en 1400 dans un buisson d'épines. La façade de l'église qu'on lui éleva fut achevée en 1429. V. Povillon-Pierrard, _Descript. histor. de l'église de Notre-Dame de l'Epine_, Châlons, 1825, in-8.--C'étoit une des premières stations des troupes étrangères entrant en France. L'armée que le comte d'Aremberg amena des Pays-Bas au secours du roi en 1567 y passa. (_Mémoires non encore veus du sieur Fery de Guyon, escuyer._ Tournay, 1664, in-8, ch. 83, pag. 144.)

[323] Cette pièce est, je crois, la plus rare de toutes celles qui se rapportent aux _Caquets de l'Accouchée_. Nous l'avons trouvée à la Bibliothèque impériale.

[324] Ce n'est pas le lieu de donner ici une longue notice de ce fameux farceur, qui, pendant plus de quarante ans, amusa Paris, soit sur la place de l'Estrapade, où il eut long-temps ses tréteaux, soit surtout à la place Dauphine, où cette pièce-ci le met en scène, soit à l'hôtel de Bourgogne, qui le vit finir. Nous renverrons à l'article que Boucher d'Argis lui a consacré dans son _Histoire abrégée des plus célèbres comédiens de l'antiquité et des comédiens françois les plus distingués_ (_Variétés historiques, physiques et littéraires_, etc., 1752, in-8, t. 1er, 2e partie, p. 506), et à Tallemant, édit. in-12, t. 10, _Historiette de Mondory_.

[325] Ce fou, dont il est déjà parlé dans la pièce précédente, couroit les rues comme maître Guillaume et Mathurine. Dans un livret publié en 1614 avec ce titre: _La remonstrance de Pierre Du Puits sur le resveil de Maistre Guillaume_, et dans lequel il se donne comme ayant «l'esprit relevé jusques en l'antichambre du troisième degré de la Lune, etc.», on lui fait dire au commencement:

Avec ma jacquette grise Plusieurs lourdauts je meprise.

Puis tout à la fin:

AUX CURIEUX:

Pierre du Puits n'est pas seul en folie, Ny tous les fols ne sont Pierre du Puits, Car tel est fol qui n'a pas l'industrie, Ainsi qu'il a, de donner des advis.

[326] Autre farceur du Pont-Neuf, donné très gratuitement ici comme auteur des _Caquets de l'Accouchée_. Les seules _oeuvres_ que l'on connoisse de lui, et dont il parut un très grand nombre d'éditions chez la veuve Oudot, sont: _Extrait des rencontres, fantaisies et coq-à-l'asne facétieux du baron de Gratelard, tenant sa classe ordinaire au bas du Pont-Neuf_. Dans ces derniers temps on réimprimoit encore à Montbéliard: _Entretiens facétieux du sieur baron de Gratelard, disciple de Verboquet, propres à chasser la mélancolie et à désopiler la rate_, in-18 de 12 pages. (Nisard, _Hist. des livres popul._, t. 1er, p. 388.)

[327] On disoit _crocheteur_, mais c'est _clocheteur_ qu'il falloit dire, car il s'agit de la petite figure qui frappoit les heures sur la cloche de la Samaritaine. Les Libellistes du temps prirent plus d'une fois le petit _crocheteur_ pour héros, et lui firent débiter leurs satires. L'un des pamphlets mis sur son compte fut cause qu'on l'enleva de la Samaritaine pendant quelque temps. (V. le _Mercure françois_ de 1611.)

[328] Autre petite figure de bronze qui, à la manière du _clocheteur_ du Pont-Neuf et du _Jaquemart_ de Notre-Dame de Dijon, sonnoit l'heure au clocher de l'église Saint-Paul, située dans la rue du même nom et démolie au commencement de ce siècle. Une mazarinade a pour titre: _Le qui fut de Jacquemard sur les sujets de la guerre mazarine_, Paris, 1652. V., pour l'étymologie du mot _Jaquemart_, P. Berigal (G. Peignot), _Hist. de l'illustre Jaquemart de Dijon_, 1832.

[329] Encore un farceur, mais moins connu que les autres. Il est nommé, dans l'_Espadon satyrique_, Cologne, 1680, pag. 25, et dans l'épitaphe du fameux _Jodelet_, Julien Joffrin: