Les caquets de l'accouchée nouvelle édition revue sur les pièces originales
Part 18
[113] _Var._ Dans le _Recueil général_, les mots _partisan_--_dame d'honneur_, sont remplacés par: «Vendant vin, de peu d'effet, qui est venu tout en une nuict, comme les potirons. Il a pourtant des commoditez de son deffunt oncle. Il peut, en bref, vous faire grand dame.»
[114] _Var._ Le _Recueil général_ ajoute: Car j'aimais un de notre vacation.
[115] _Var. Rec. gén._: Mon père et ma mère.
[116] _Var._ Le _Rec. gén._ ajoute: Ny n'en auray jamais.
[117] _Var._ Le _Rec. gén._ ajoute ici: Des héritiers.
[118] _Var._ Dans le _Rec. gén._, _de nos voisines_ est remplacé par _joualière_.
[119] _Var._ Le _Rec. gén._, au lieu de: _au gasteau_, porte: sinon que quatre mille francs de don, à quoi elle se doit contenter.
[120] _Var._ Le _Rec. gén._ ajoute: luy-mesme.
[121] L'ambition de la nouvelle congrégation de l'Oratoire et ses tentatives entreprenantes, tant en France qu'à Rome, où M. de Bérulle, leur fondateur, pouvoit beaucoup, étoient des faits acquis et qui causoient du murmure. Nous lisons dans une petite pièce singulière et très rare adressée à l'un de leurs adhérents:
Vostre style n'est pas esgal; On tient que ceux de l'Oratoire Vous ont fourny quelque memoire: Vous n'estes au rapport legal.
Ils ont avec vous entrepris De faire la guerre aux chapitres, De s'attacher partout aux mitres, Et de prendre ce qui n'est pris.
(_Le Piquet de trique-mouche envoyé pour estrennes par Gueridon à l'autheur de la Plainte apologetique pour faire le voyage de Saint-Jacques._ In-12, 1626, p. 99-100.)
[122] Il y avoit trois ans déjà, car la première démarche datoit de 1619, que les oratoriens tendoient, avec l'agrément de Louis XIII, il est vrai, à s'établir comme administrateurs spirituels et laïcs de l'hospice et de l'église de Saint-Louis-des-François, à Rome. Le pape donna son consentement, et M. de Bérulle profita, pour hâter l'affaire, de la mission qui lui fut donnée en vue du mariage de madame Henriette de France avec le prince de Galles, qu'on vouloit faire agréer du Saint-Père. (_Mém. de Richelieu_, Coll. Petitot, 2e série, t. 18, p. 312, 469.) C'est donc avec une intention malicieuse qu'il est parlé ici de «mille tours et ambassades».
[123] Ces pauvres prêtres firent si bien, avec l'aide des administrateurs laïcs et spirituels qu'on menaçoit de déposséder; avec le secours du commandeur de Sillery, puis de M. de Béthune, tour à tour ambassadeurs de France à Rome, et tous deux opposés aux prétentions de M. de Bérulle, qu'on leur donnoit malgré eux pour collègue; avec l'aveu secret de Richelieu, qui combattoit partout le fondateur de l'Oratoire, que les choses traînèrent en longueur pendant plus de dix ans, en dépit du pape et du roi, et que la solution définitive n'arriva qu'après la mort de M. de Berulle, en 1629.
[124] Ils n'y réussirent point; mais ils firent tant qu'ils supplantèrent les chanoines dans la faveur du roi. En 1637, Louis XIII ordonna, par lettres patentes, que les Pères de l'Oratoire fussent _tenus ses chapelains_.
[125] Le P. de Bérulle avoit d'abord voulu établir ses Oratoriens à l'hôtel de Luxembourg (_Perroniana_, 3e édit., p. 214). La reine l'ayant acheté, il se rejeta sur le vieil hôtel du Bouchage, que le séjour de Gabrielle avoit récemment fait appeler hôtel d'Estrées. Il l'acquit en 1616, moyennant quatre-vingt-dix mille livres. (Piganiol, t. 2, p. 282.)
[126] C'est, en effet, la vue et l'espace qui manquoient surtout à la maison de l'Oratoire, encaissée comme elle l'étoit entre le Louvre et la rue sombre de Saint-Honoré. Afin même de donner à la façade de l'église la perspective qui lui faisoit défaut à cause de cette situation, l'architecte Jacques Le Mercier la mit de biais, comme on la voit encore, et, dit Piganiol (_ibid._), «lui donna ainsi l'avantage d'être vue de beaucoup plus loin, arrivant par la rue de la Ferronnerie.»
[127] Les Oratoriens de France, pour imiter encore en cela ceux de Rome, à qui l'art musical doit, comme on sait, les premiers _Oratorio_, voulurent donner un attrait de nouveauté à la partie lyrique de leurs offices. Ils firent si bien qu'on ne les appela plus que les _Pères au beau chant_. «Dès que cette église fut bâtie, dit Piganiol, la plupart des gens de la cour n'en fréquentoient point d'autre que celle-ci; et afin de les rendre plus attentifs aux offices divins et plus dévots, le P. Bourgoing, qui étoit habile musicien, s'avisa de mettre les pseaumes et quelques cantiques sur des airs qu'on chantoit pour lors. Et voilà l'origine du chant particulier que les prêtres de l'Oratoire de la congrégation de France ont substitué dans leur église au chant grégorien.»
[128] Ces plaintes éloquentes se retrouvent dans plusieurs écrits du temps, mais nulle part avec plus de vigueur et de virulence que dans _les Satyres du sieur Auvray_. Ainsi, dans sa _Complainte de la France en l'an mil six cent quinze_ (p. 202), il dit, apostrophant les Huguenots:
Jusqu'à quand, esprits factieux, Ressemblerez-vous la vipère En deschirant, seditieux, Les flancs de vostre propre mère?
Rebelles, que vous ai-je fait? Suis-je une marastre cruelle? Après n'avoir succé le laict, Faut-il m'arracher la mamelle?
[129] Le poète Auvray s'en prend encore, avec sa vigueur haineuse, à l'ardeur vivace et éternelle du parti huguenot. Il va jusqu'à exalter l'utilité de la Saint-Barthelemy:
........... Et puis ces Lestrigons Se disent reformez! O tigres, ô dragons! Helas! combien de fois vos sanglantes furies De nos temples sacrez ont fait des boucheries! Le sang y fume encor, et, sans verser des pleurs, Je n'en peux dans mes vers exprimer les malheurs.
* * * * *
Quoy! secouer le joug des monarques puissants, Mesurer vostre foy à l'aune de vos sens, Vous donner tout en proye aux charnelles délices, Violer nos tombeaux, dérober nos calices, Fouler l'hostie aux pieds, enfoncer, inhumains, Au sang des innocents vos homicides mains, Et mesdire des roys d'une rage animée: Appelez-vous cela l'Eglise reformée?
Vous nous reprocherez la Saint-Barthelemy; Mais ce brasier ne fut allumé qu'à demy: C'estoit lors que devoit et que pouvoit la France Exterminer ce monstre au point de sa naissance. Ce feu devoit s'esteindre avant qu'il fût plus grand: Par trop starer la playe incurable on la rend. La moisson, dira-t-on, n'etoit point encor meure. Si falloit-il ce chancre amputer de bonne heure, Il n'auroit pas gaigné les membres principaux.
(_Le Banquet des Muses, ou les divers satires_ du sieur Auvray, etc. Rouen, 1627, in-8, p. 271.)
L'opinion exprimée si énergiquement dans ces derniers vers étoit partagée par tout le parti catholique. Dans l'_Epistre dedicatoire au Roy_, de son livre: _Les principaux points de la foy de l'Eglise catholique défendus contre l'escrit adressé au Roy par les ministres de Charenton_, 1618, in-12, Richelieu tient à peu près le même langage: il rend les protestants responsables de la Saint-Barthélemy.
[130] Pierre Du Moulin, en effet, l'apôtre du parti réformé à cette époque, instruit par Drelincourt que le roi, prenant ombrage du synode calviniste qu'il avoit présidé à Alais, en 1620, vouloit le faire arrêter, s'étoit retiré à Sedan, où le duc de Bouillon le fit professeur de théologie et ministre ordinaire. Il continua d'y surveiller les affaires de son parti et de les diriger, comme s'il eût été encore dans son prêche de Charenton et _évêque de Paris_ en espérance, ainsi que le disoit un petit libelle de 1618: _Les OEufs de Pâques adressez au ministre Du Moulin_, etc. (Recueil Y, p. 174). Après la déroute de Soubise, il parut un manifeste soi-disant émané de lui: _Lettre d'avis donné à tous les ministres de France et autres de la religion prétendue réformée, par le sieur Du Moulin, ci-devant ministre de Charenton, sur la défaite des troupes des sieurs de Soubise et Favas_, Paris, J. de Bordeaux, 1622, in-8.
[131] Les receveurs y faisoient de très gros profits; aussi le sel devenoit-il chaque jour plus cher et les plaintes plus fréquentes. «Les laboureurs n'ont pas de quoy payer leurs tailles et acheter du sel.» (_Avis donné à M. de Luynes par un fidèle serviteur du roy, et amateur du repos public._--Recueil Z, p. 152.)--Le nombre des faux sauniers augmentoit. Dans la Guienne, un pauvre diable s'etoit fait leur chef; on l'avoit pris et on lui avoit mis sur la tête une couronne de fer rougi. (_Cosmographie_ de Thevet, liv. 14, ch. 4, «_de Bourdeaux_».)--Dans le Berry, il y avoit eu, en 1612, une révolte à cause d'eux. (_Lettre de Malherbe à Peiresc_, p. 224.)
[132] _Var._ Tout ce qui termine cet alinéa manque dans le _Recueil général_.
[133] On appeloit ainsi les soldats de hazard à l'aide desquels, les jours de revue, les capitaines complétoient leurs compagnies. Une ordonnance de 1688 les condamna à être marqués d'une fleur de lys à la joue.
[134] Var. Ce qui termine cet alinéa est remplacé, dans le _Recueil général_, par: Attendu que l'encre et le papier venoient à me manquer, c'est pourquoy je remis le tout à une autre fois.
[135] Cette troisième partie a pour titre dans le _Recueil général_: _La troisiesme journée et visitation de l'accouchée_.
[136] _Var._ Au lieu de _meuniers_, le _Recueil général_ porte: basse étoffe.
[137] Ces initiales doivent cacher le nom de Jean Guillaume, alors bourreau de Paris. Il est déjà nommé, et en toutes lettres, dans _la Chasse aux larrons_ (pag. 47), dans les _Quas-tu veu de la cour_ et _Advis à M. de Luynes, sur les libelles diffamatoires_. (_Recueil des pièces les plus curieuses_, etc., p. 45, 31.)
[138] Cette commère a raison. Lorsqu'en 1624 cette recherche des financiers, si long-temps menaçante, eut été décrétée et la chambre de justice instituée, à l'instigation de Richelieu et de la reine-mère, on se contenta de sévir contre La Vieuville, le surintendant, et contre Beaumarchais, son beau-père, qui, on le prouva, s'étoit enrichi de dix millions depuis les quelques années qu'il étoit trésorier de l'Epargne. La Vieuville fut mis en prison au château d'Amboise, et Beaumarchais pendu en effigie. Justice étant ainsi faite des deux hommes contre lesquels la mesure avoit surtout été prise, le roi se fit bien supplier par les femmes, enfants, parents, de ceux que l'arrêt de la chambre rendu le 25 janvier 1625 avoit frappés; puis il rendit, au mois de mai de la même année, un édit portant révocation de la chambre de justice, avec une abolition pour les gens de finances, à la charge de payer les taxes auxquelles ils pourroient être condamnés par le conseil. Cette recherche n'en fit pas moins rentrer dans les coffres du roi dix millions huit cent mille livres. _Mémoires_ de l'abbé d'Artigny, t. 5, p. 57-58.
[139] _Var._, éd. orig.: si cher.
[140] Tous les gens de justice, du plus grand au plus petit, vouloient leur pot-de-vin, leur pour-boire, leur tour de bâton.
Il faut aller caresser un greffier, Il faut flatter un clerc gratte-papier, Faut honorer, à longue bonnetade, Son advocat, soit ou ne soit maussade; Faut cottoyer un sergent serre-argent, Afin qu'il soit un peu plus diligent; Aux moindres clercs il faut payer à boire.
(_La Mort de Procez_, Paris, 1634, in-12, p. 17.)
[141] _Var._ du _Recueil général_: On le faict monter à ce que...
[142] _Recueil général des rencontres, questions, demandes, et autres oeuvres tabariniques_, petit volume in-12 paru en 1622, c'est-à-dire de manière à être encore dans sa pleine nouveauté quand fut imprimé ce troisième Caquet.
[143] Il paroît toutefois que c'étoit moins l'éloquence de Mondor que les lazzis de son valet Tabarin qui faisoit la fortune de leur échafaud de la place Dauphine. «Tabarin proffite plus avec deux ou trois questions bouffonnes et devineries de merde ou de la chouserie que ne fait son maistre avec tout son: «_Questo e un remedio santo per sanare tutti gli morbi._» _Les Essais de Mathurine_ (s. l. n. d.), p. 4.
[144] _Var._, éd. orig.: la bonne mine de son clerc.
[145] En 1631, Mondor trônoit encore à la place Dauphine, mais sa bonne mine commençoit à baisser. Afin qu'il pût la relever et reprendre un peu de sa majesté première, voici ce qui fut stipulé à son intention dans _le Testament de feu Gauthier Garguille_, Paris, 1634, in-12, p. 10: «A mon oncle Mondor, afin qu'il ait plus de majesté en distribuant ses medicamens à ceux qui luy en demandent, et pour l'alliance qui est entre nous, je donne et lègue ma belle robbe dont je representois les rois dans la comedie. Et pour ma chaisne et ma medaille en façon d'or, j'ordonne qu'on les luy livrera à un prix raisonnable, en cas qu'il en ait affaire.»
[146] C'est de lui qu'il a déjà été parlé dans le premier _Caquet_. On trouve sur sa personne, assez maussade, sur les serpents dont il faisoit parade, sur son parallèle avec Tabarin, beaucoup plus plaisant et plus heureux que lui, de longs détails, dans un petit livre de cette époque: _Discours de l'origine, des moeurs, fraudes et impostures des charlatans, etc._ Paris, 1622, in-8, p. 35, 39, 51.
[147] _Var._, éd. orig.: mine.
[148] Le masque étoit un luxe que les bourgeoises devoient laisser aux dames et damoiselles:
La Mijolette a bonne grace De maintenir par ses discours Qu'elle est première de sa race Qui a le masque de velours.
(_Le Bruit qui court de l'Espousée_, 1624, _Variétés histor. et litt._, Paris, 1855, in-16. t. 1, p. 307.)
[149] Nous trouvons dans les _satires_ d'Auvray le portrait complet, dont ceci n'est que l'esquisse:
. . . . . . . . Ce goguelu Estoit gay, goffré, testonné, Brave, comme un chou godronné; La manteau à la Balagnie, Le soulier à l'Academie, Dedans la mule de velours, Les jartiers à tours et retours. Bouffant en deux roses enflées Comme deux laictues pommées; Le bas de Milan, le castor Orné d'un riche cordon d'or. L'ondoyant et venteux pennache Donnoit du galbe à ce bravache; Un long flocon de poil natté En petits anneaux frizotté, Pris au bout de tresse vermeille, Descendoit de sa gauche oreille; Son collet bien vuidé d'empois Et dentelé de quatre doigts; D'un soyeux et riche tabit Estoit composé son habit; Le pourpoint en taillade grande, D'où la chemise de Hollande Ronfloit en beaux bouillons neigeux Comme petits flots escumeux; Le haut de chausse à fond de cuve, La moustache en barbier d'estuve, Et recoquillé à l'escart Comme les gardes d'un poignard; La barbe, confuse et grillée, En piramide estoit taillée Ou en pointe de diamant. Ce mignon alloit parfumant Le lieu de son odeur musquée. La mouche, à la tempe appliquée, L'ombrageant d'un peu de noirceur, Donnoit du lustre à sa blancheur.
(_Le Banquet des Muses_, satires divers du sieur Auvray, etc., p. 191-192.)
[150] Ces histoires d'inceste n'étoient pas rares alors. Quelques années auparavant il avoit couru dans Paris un livret portant ce titre: «_La grande cruauté et tyrannie exercée en la ville d'Arras, ce 28 jour de may 1618, par un jeune gentilhomme et une damoiselle, frère et soeur, lesquels ont commis inceste, ensemble ce qui s'est passé durant leurs impudicques amours_. Paris, 1618, in-8.
[151] V. sur ce puits, placé au carrefour de la rue S.-Jacques et de la rue S.-Hilaire, etc., le point central du quartier des libraires, une note de notre édition du _Roman bourgeois_ de Furetière, Paris, P. Jannet, 1854, in-12, p. 222-223.
[152] Le véritable titre est celui-ci: _l'Etonnement de la Cour de l'esprit qui va de nuit_. S. l., 1622, in-8.
[153] _Relation generale des conquestes et victoires du roy sur les rebelles, depuis l'an mil six cent vingt jusqu'à present, avec les nom et situation des villes, places et chasteaux rendus à l'obéissance de S. M._ Paris, Fleury Bourriquant, in-8. Le jugement porté ici sur cette pièce est fort juste.
[154] Clérac, en effet avoit été pris en juillet 1621 (V. plus haut), tandis que Negrepelisse ne fut emportée que le 10 juin de l'année suivante, après quelques jours de siége. Ce passage fixe positivement, à un jour près, la date de ce troisième Caquet.
[155] _La prise et reduction de la ville de Sainct-Antonin à l'obeissance du roi, Sa Majesté y estant en personne; avec le nombre des habitans et rebelles qui ont esté pendus par le commandement du roi_ (22 juin). Paris, P. Rocolet, 1622, in-8.
[156] Nous ne savons à quels discours sur la vie de sainte Thérèse il est fait allusion ici; nous ne connoissons à cette époque que la traduction françoise publiée à Anvers en 1607, par J. D. B. P. et D. C. C., de l'ouvrage de Francisco de Ribera: _Vida de la madre Teresa de JHS., Fundadora de los Descalças y Descalços carmelitos, repartida en V libros_. Madrid, 1601.
[157] Ce qui est dit ici vient compliquer d'un fait de littérature légale l'histoire déjà singulièrement curieuse de l'_Espadon satyrique_. On ne sait au juste de qui est réellement ce recueil de satires assez obscènes. Les uns, Brossette le premier, l'attribuent au baron de Fourquevaux, à qui Régnier dédia une de ses épîtres; les autres le restituent à Claude d'Esternod, dont le nom, quoique bien réel, passa longtemps pour être un pseudonyme du baron. Ce qui fut cause de cette erreur, c'est que la première édition, publiée à Lyon en 1619, in-12, est en effet signée de ce nom supposé: _Franchère_, et qu'on put croire avec quelque raison que le nom de _d'Esternod_, qui signe la seconde, n'avoit pas plus de réalité, et n'étoit qu'un nouveau travestissement de M. de Fourquevaux. En cherchant un peu, l'on eût pourtant trouvé, comme l'a fait M. Weiss pour la _Biographie universelle_, que d'Esternod, né à Salins en 1590, long-temps soldat, puis gouverneur d'Ornans, n'étoit rien moins qu'un mythe; on eût découvert aussi que le pseudonyme _Franchère_ n'étoit pas aussi impénétrable qu'il le sembloit, puisqu'il n'étoit que l'anagramme de _Refranche_, nom d'un village dont d'Esternod étoit seigneur. Quant à la raison qui a donné lieu à l'opinion de Brossette, dans ses notes sur Régnier, opinion admise par l'abbé Goujet (_Bibliothèque françoise_, t. 14, p. 209), et défendue par M. J. B. Pavie, dernier descendant du baron de Fourquevaux, dans une lettre du 24 frim. an IV, à l'abbé de S.-Léger (V. Brunet, _Manuel_, au mot d'_Esternod_), nous n'avons pu savoir d'où elle vient et sur quoi elle se fonde.--Le fait révélé par le passage des Caquets objet de cette note, et qui prouve que, si le nom de l'auteur varioit, le titre du livre changeoit aussi, n'est pas unique dans l'histoire de ce singulier recueil. En 1721, il fut republié à Amsterdam, sous le titre de _Satires galantes et amoureuses_ du sieur d'Esternod. Il est très rare sous ce déguisement, mais moins encore que le _Discours du Courtisan à la mode_, que nous n'avons jamais pu trouver.
[158] Le cloître Notre-Dame. Il étoit alors fermé de portes qu'on n'ouvroit plus après une certaine heure. Tous les gens du Chapitre y logeoient, et, en outre, il étoit permis aux hommes de travail et de piété, comme de Thou, comme Boileau plus tard, et aux femmes qui vouloient se soustraire aux entreprises galantes, d'y chercher un refuge. «Mademoiselle Chantilly, écrit Malherbe à Peiresc, le 12 février 1610, a pris logis dans le cloître Notre-Dame pour y être plus sûrement.» V., sur ces asiles du cloître, une note de notre _Paris démoli_ (les Demeures de Boileau), 2e édition, p. 163-164.
[159] Le sol valoit 12 deniers, et le carolus, qui n'étoit déjà plus guère en cours, n'en valoit que 10.
[160] _Var._ Le _Recueil général_ ajoute: Jusques à la revoir une autre fois.
[161] Dans le _Recueil général_, cette partie a pour titre: _La quatriesme journée et Visitation de l'Accouchée_.
[162] _Var._ du _Recueil général_: jouir du contentement de ceste quatriesme journée.
[163] Les charges se vendoient partout à ces prix élevés, particulièrement dans le Bourbonnois, dont il est question ici. Il en coûtoit huit mille livres pour devenir conseiller d'élection. (_Mém. des intendants, Bourbonnois_, chap. Finances.) Une charge de seigneur conseiller à la cour des aides se payoit jusqu'à 25,000 livres, et celle de chevalier-trésorier général des généralités ne s'acquéroit pas à moins de 30,000. (_Ibid._, _Généralité de Montauban_, chap. Finances.)
[164] On disoit _aller au vin et à la moutarde_, pour railler, faire quolibets et chansons sur une chose. Notre locution _s'amuser à la moutarde_, et le nom donné au gamin de Paris, en sont restés. Cette expression étoit vieille dans la langue. On la trouve déjà dans un passage du _Journal du Bourgeois de Paris_ sous Charles VI; et Villon, parlant de la belle bergeronnette qui rioit et chantoit bien, dit: _Elle alloit bien à la moutarde_. (Huit. CLIV.)
[165] Discours élogieux, mais souvent avec ironie, qu'on avoit coutume de faire dans les facultés de théologie et de médecine de Paris, avant de recevoir les licenciés. Chaque bachelier y trouvoit son lot. Ce mot de _paranymphe_ venoit de l'usage qu'on avoit en Grèce d'adresser aux nouveaux mariés un chant de louange le jour de leurs noces. Il étoit fort employé à l'époque de Louis XIII. Régnier dit dans sa Ve satire, v. 233-236.
Et, ce qui plus encor m'empoisonne de rage, Est quand un charlatan relève son langage, Et, de coquin faisant le prince revestu, Bastit un paranymphe à sa belle vertu.