Les caquets de l'accouchée nouvelle édition revue sur les pièces originales
Part 16
Table analytique. 287
FIN.
NOTES:
[1] Voir plus loin, § III, Bibliographie des _Caquets de l'Accouchée_.
[2] _Introduction au livre des Légendes_, par Le Roux de Lincy, Paris, 1836, in-8, p. 178-79.
[3] _Les Honneurs de la Cour_, publiés à la fin du tome II des Mémoires sur l'ancienne chevalerie, par La Curne de Sainte-Palaye, 1759, in-12, 3 vol.
[4] Voir, à la fin de cette introduction, aux _Appendices_, nº 1.
[5] Voir aux _Appendices_, nº2. Nous y avons joint deux strophes des _Ténèbres du mariage_.
[6] Voir aux _Appendices_, nº 3.
[7] Voyez, sur _Jean Castel_, t. 2 (1re série), p. 461 de la Bibliothèque de l'école des chartes, un article curieux de M. J. Quicherat.
[8] Voir aux _Appendices_, nº 4.
[9] Voir aux _Appendices_, nº 5.
[10] Deux dialogues du langage françois italianizé, etc., in-8, p. 162.
[11] Voir aux _Appendices_, nº 6.
[12] Les _OEuvres satyriques_ du sieur de Courval-Sonnet, gentilhomme virois, etc., etc. Paris, 1622, in-8, p. 214.
[13] Voir aux _Appendices_, nº 7.
[14] Voir plus loin, § III, Bibliographie des _Caquets_.
[15] _Historiettes, etc._, de Henri IV, tome 1, de l'édition in-18.
[16] Voyez, page 191, la note sur ce passage.
[17] V. Brunet, _Manuel du Libraire_, t. 1, au mot _Bruscambille_.
[18] _Analectabiblion_, ou extraits critiques de divers livres rares, oubliés ou peu connus, tirés du cabinet du marquis D. R**. Paris, 1837, in-8, t. 2, p. 170.
[19] Cet avertissement ne se trouve qu'en tête du _Recueil général_.
[20] Ces vers se trouvent seulement dans le _Recueil général_.
[21] Dans le _Recueil général_, cette partie est intitulée: _La première journée de la visitation de l'accouchée_.
[22] Il étoit de bon ton de faire jouer alors la comédie aux enfants. «La reine, écrit Malherbe à Peiresc, s'en va lundi à Saint-Germain, où _Mesdames_ lui préparent le plaisir d'une comédie qu'elles doivent réciter.» _Mesdames_, ce sont les petites princesses soeurs de Louis XIII.
[23] Il y avoit en effet alors des comédiens italiens à Paris. En juin 1613, Malherbe avoit écrit à Peiresc: «On dit que les comédiens de Mantoue viennent, conduits par Arlequin.» Le 6 septembre, il avoit encore écrit: «Les comédiens italiens sont arrivés; mardi ils joueront au Louvre.» Le 27 janvier 1614, preuve singulière de la faveur de ces comédiens à la cour, le roi et Madame, toujours au dire de Malherbe, avoient tenu sur les fonts l'enfant d'Arlequin. Cette troupe étoit sans doute celle des _Gelosi_, que Henri IV avoit déjà appelée à Paris en 1600, lors de son mariage avec Marie de Médicis. Elle avoit pour chef J. B. Andreini, dit _Lelio_, que nous retrouvons encore à Paris, sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, en 1618, puis, ce qui s'accorde fort bien avec la date de ce premier _caquet_, de 1621 jusqu'à la fin du carnaval de 1623. Il revint une dernière fois en 1624, époque où il publia à Paris son _Teatro celeste_, précieux volume qui nous a valu un remarquable article de M. Charles Magnin (_Revue des deux-Mondes_, 15 décembre 1847, P. 1090-1109).
[24] C'étoit sans doute soit Mondor, soit Desiderio Descombes, dont il sera parlé plus loin.
[25] La _rue Quincampoix_ ne porta jamais le nom de _rue des Mauvaises-Paroles_, qu'on ne lui donne ici sans doute qu'à cause des commères qui s'y trouvoient en nombre. Tallemant, peut-être pour la même raison, dit, dans une note de l'_historiette_ de Scudéry (t. 9, p. 146), qu'on l'appeloit aussi _rue des Cocus_.
[26] Cette _recherche_ des financiers pour leurs malversations étoit le voeu de tout le monde et ne se fit pas attendre, puisqu'elle fut décrétée en 1624, comme on le verra par une autre note. Une pièce satirique de ce temps-là, _la Voix publique au roy_ (Recueil A-Z, E, p. 241), la demandoit avec instance; un autre écrit du même esprit et de la même époque, _le Mot à l'oreille de M. le marquis de la Vieuville_ (Recueil F, p. 192), émettoit non moins vivement un désir pareil. «Ce sont, y est-il dit des financiers, des éponges mouillées qu'il faudroit presser. Il ont plumé l'oie du roy; qu'ils rendent au moins un peu de sa plume.»--Par le 411e article de la fameuse ordonnance du roi connue sous le nom de _Code Michault_, et publiée en parlement le 15 janvier 1629, une chambre composée d'officiers des cours souveraines fut créée pour vaquer de nouveau «à cette recherche et punition des fautes et malversations commises au fait des finances».
[27] L'origine de cette locution s'explique d'ordinaire par un passage de Suétone (_Vie de Vespasien_, chap. 23), ainsi reproduit dans le livre de Moizant de Brieux: «Nous avons pris, dit-il, cette façon de parler de ce que fit autrefois le muletier de Vespasien, qui, sous pretexte que l'une des mules estoit deferrée, arrêta long-temps la litière de cet empereur, et par là fit avoir audience à celuy auquel il l'avoit promise sous l'asseurance d'une somme d'argent, mais dont l'odeur vint frapper aussitôt le nez de ce prince, qui l'avoit très fin pour le gain; en sorte, dit Suétone, qu'il voulut partager avec son muletier le profit qu'il avoit eu à ferrer la mule.» (_Origine de diverses coutumes et façons de parler_, Caen, 1672, p. 101.) De là venoit qu'on appeloit _ferre-mule_ tout valet qui trompoit son maître sur le prix des achats qu'il lui faisoit faire: «Un serviteur malin, trompeur et ferre-mule.» (Chapelain, trad. du _Gusman d'Alpharache_, 1re part., chap. 4.)
[28] Le _mercier_ étoit, son nom l'indique, le marchand, _mercator_, par excellence, de même que le _fèvre_ ou _fabre_, dont le nom se perdit plus vite, étoit l'ouvrier, l'artisan type. «Le corps des marchands merciers de Paris, lit-on dans le _Dictionnaire de Trévoux_ (1732), est le plus nombreux et le plus puissant des six corps des marchands.» A lui seul il avoit pu fournir 3,000 marchands armés, en bon équipage, à la grande revue que Henri II avoit faite au landi de 1557. Ce corps «si nombreux et si accommodé» ne comptoit pas moins de vingt classes de marchands: les marchands grossiers, les marchands de drap, les marchands de dorure, les camelotiers, les joailliers, les toiliers, les marchands de dentelles, les marchands de soie en bottes, les marchands de peausseries, les marchands de tapisseries, les marchands de fer et d'acier, les clincaliers (_sic_), les marchands de tableaux, estampes, etc.; les miroitiers, les rubaniers, les papetiers, les marchands de dinanderie, les marchands de toiles cirées, parasols et parapluies; puis les menus merciers et les merciers ambulants. On peut en voir l'ample détail dans le _Guide des corps des marchands_, Paris, 1766, in-12, p. 358, etc.
[29] Les trésoriers étoient accusés de s'enrichir comme les autres gens de finance. Dans _le Mot à l'oreille de M. le marquis de la Vieuville_ (Recueil A-Z, F, p. 178), il est dit que ceux de l'extraordinaire et ceux de l'épargne font seuls les profits.
[30] Les étoffes à la Turque étoient alors les plus recherchées; on alloit jusqu'à faire venir des ouvriers de Turquie pour les confectionner à Paris, et pour en faire des robes. «Je vous avois mandé, écrit Malherbe à Peiresc le 6 avril 1614, qu'on faisoit des habits pour la petite reine: c'est une robe qui se fait à l'hôtel de Luxembourg par des Turques, dont il y a deux lez de fait, et dit-on que c'est la chose du monde la plus belle.»
[31] Expression qui répond à celle que nous avons reproduite dans une note précédente: _plumer la poule_, _plumer l'oie du roi_, etc. On disoit, pour un homme adroit et d'intrigue, un _dénicheur de fauvettes_. (Dict. de Furetière.)
[32] _Besogne_ ou _besoigne_ se disoit alors pour _hardes_, _effets_. On en a un exemple dans ce passage d'une _lettre de Malherbe à Peiresc_ (p. 384): «Cette pauvre princesse (la reine Marguerite) est volontiers excessive en ses libéralités: elle donna... une montre de cinq à six cents écus à madame de Montglas; elle donna aussi je ne sais quelle _besoigne_ à madame d'Aumale, sous-gouvernante, et à madame la nourrice de Monseigneur.» Ailleurs, Malherbe parle encore «des _besongnes de nuit_ de la signora Sperancilla» dont s'habilloient les cardinaux à Rome. _Id._, p. 58.
[33] Le _chaperon_ étoit la marque de la petite bourgeoisie (V. notre _Recueil de variétés historiques et littéraires_, etc., t. 1, p. 306). Il fut aussi, jusqu'au temps de Louis XIV l'habillement des femmes nobles pendant le deuil de leurs maris. Saint-Simon, dans une note du _Journal de Dangeau_, décrit longuement celui que portoient les princesses du sang. (Lémontey, _Essai sur la monarchie de Louis XIV, etc., précédé de nouveaux mémoires de Dangeau_, Paris, 1810, in-8, p. 204.)
[34] C'est Daubray qu'il faut lire. L'auteur des _caquets_ prête une erreur à sa veuve, en lui faisant dire que son «mary deffunct» fut trois fois prévôt. Claude Daubray, conseiller, notaire et secrétaire du roy, fut élu échevin en 1574, sous la prévôté de Monsieur le président Charron, puis prévôt de 1578 à 1580, époque où il eut pour successeur Auguste de Thou. Voilà toute sa vie municipale. (V. Piganiol, _Description de Paris_, t. VIII, p. 441.)
[35] Les charbonniers, comme tous les autres petits métiers ou emplois nommés après, ne formoient pas à Paris de communauté, «parcequ'il ne peut pas y avoir de fabrique de charbon dans la ville.» Ceux qui le portaient devoient avoir permission du roi, ou tout au moins des magistrats. C'étoient «des espèces de charges, qui ne furent établies que depuis le XVIIe siècle.» _Mélanges tirés d'une grande bibliothèque_, Hh, p. 39.--V. aussi dans notre _Recueil de variétés historiques et littéraires_, t. 1, la note de la page 204.
[36] C'étoient de petits officiers de ville créés pour tasser et mesurer le bois dans les membrures, en présence des jurés. Les hommes de peine ou crocheteurs s'appeloient aussi _gagne-deniers_. _Le règlement général pour la police de Paris, du 30 mars 1635_, fixa le tarif dont, sous peine du fouet, ils ne devoient pas se départir pour leurs salaires.
[37] Ces _râcleurs-jurés_ ne sont sans doute autre chose que les _ramoneurs de cheminées_, qui en effet ne formoient pas non plus une véritable corporation, et rentroient ainsi dans la catégorie des métiers précédents. V. _Mél. d'une gr. biblioth._, id., p. 280.
[38] Il doit être fait ici allusion aux fêtes encore récentes que la Ville avoit données à Louis XIII quand il étoit venu, en 1620, allumer lui-même sur la place de Grève le feu de la Saint-Jean. Entre autres _superfluitez_ de ce bûcher annuel, il ne faut pas oublier les chats qu'on y brûloit dans un sac ou dans un _muid_, singulier auto-da-fé dont il est parlé dans le libelle infâme, _le Martyre de frère Jacques Clément_, etc. Paris, 1589, p. 34, 35. Sauval, qui en fait mention dans ses _Antiquités de Paris_, t. 3, p. 631, cite ce passage des registres de la ville au XVIe siècle, tant de fois rappelé depuis: «Payé à Lucas Pommereux, l'un des commissaires des quais de la ville, cent sols parisis, pour avoir fourni durant trois années, finies à la Saint-Jean 1573, tous les chats qu'il falloit audit feu, comme de coutume, et même pour avoir fourni il y a un an, où le roi y assista, un renard pour donner plaisir à Sa Majesté, et pour avoir fourmi un grand sac de toile où estoient lesdits chats.» Dans une lettre de l'abbé Lebeuf (_Journal de Verdun_, août 1751), relative au feu de la Saint-Jean, se trouvent d'autres détails sur cette bizarre coutume d'y brûler des chats, et il y est fait ainsi allusion dans une pièce très rare, contemporaine des _Caquets_:
Un chat qui d'une course brève Monta au feu Saint-Jean, en Grève; Mais le feu, ne l'epargnant pas, Le fit sauter du haut en bas.
(_Le Miroir de contentement_, Paris, 1619, in-12, p. 4.)
Je ne trouve la raison de cette cruauté contre les chats que dans la croyance où l'on étoit qu'ils se rendoient tous à un sabbat général la veille de la S.-Jean (Moncrif, _les chats_, 1re lettre). On les brûloit, le lendemain, comme convaincus de sorcellerie.
[39] En 1601, la ville avoit décidé de lever dix sols sur chaque muid de vin afin de pourvoir à la réparation des fontaines. Le roi accapara cette taxe, et, dans l'assemblée générale du 17 avril de cette même année, il fit connoître aux échevins qu'il en destinoit les fonds à l'achèvement du pont Neuf. (Félibien, _Hist. de Paris_, t. V, p. 483.) Depuis, comme l'indique ce curieux passage des _Caquets_, cette taxe, vivace comme tout bon impôt, avoit été maintenue. L'argent, d'abord employé à l'achèvement du pont, avoit passé aux réparations des quais.
[40] «Les autres pauvres de Paris qui sont valides et _assez sains_ pour gaigner leur vie, et qui neantmoins, pour estre aucunement foibles, paresseux et mauvais ouvriers, ne trouvent pas qui les veuille employer, sont enroolez par les dicts commissaires des pauvres, leur dict bailly ou greffier, et envoyez, receuz et employez aux fossez, fortifications, remparts et oeuvres publicques de la dicte ville, etc.» G. Montaigne, _la Police des pauvres de Paris_, s. d., p. 13.
[41] L'hôpital Saint-Germain, que nous ne trouvons nommé nulle part ailleurs, devoit être _l'ancienne maladrerie de S.-Pierre_, qui fut remplacée par l'hôpital de la Charité vers 1606. Le nom qui lui est donné ici devoit lui venir de l'abbaye de Saint-Germain, sur le terrain de laquelle cet hôpital avoit été bâti.--Dans le temps même ou l'auteur des _Caquets_ faisoit ainsi regretter ce premier asile des pauvres, Louis XIII songeoit à en établir un autre. Des lettres-patentes de février 1622 statuoient sur la fondation d'un véritable dépôt de mendicité. Le projet, malheureusement, n'eut pas de suite. Il en sera reparlé plus loin.
[42] Si cette recherche n'étoit pas encore ordonnée, au moins étoit-elle déjà fort menaçante:
Mais enfin crève l'apostume; Si les pères mangent l'oyson, Les enfans en rendent la plume.
(_Satyres_ du Sr. Auvray, 1625, in-8º, p. 26.)
On pouvoit s'autoriser, pour cette rigueur, de l'exemple de Henri IV, qui avoit fait rendre gorge à ces exacteurs, et qui, de l'argent rendu, avoit fondé un établissement utile:
Les crimes seroient esblouys Si l'hospital de Saint-Louys N'en portoit à jamais les marques, Qui fut basty des ducatons Que le plus grand de nos monarques Fit revomir à ces gloutons.
(Id., _ibid._)
Tallemant raconte à ce propos l'anecdote suivante dans son _historiette_ de Henri IV: «Lorsqu'on fit une chambre de justice contre les financiers: «Ah! disoit-il, ceux qu'on taxera ne m'aideront plus.» Edit. in-12, t. 1 p. 87.
[43] Ne réveillez pas le chat qui dort.
[44] «Nicolas Chevalier, premier président à la Cour des aides, fils d'Etienne Chevalier, conseiller, et de N. Barthemi, fut surintendant de Navarre et de Béarn, et deux fois ambassadeur en Angleterre.» (Le P. Lelong, _Bibliothèque franc._, t. 4, p. 168, _Liste des Portraits_.) On a de lui deux portraits gravés par Michel Lasne: le premier, fait en 1621, quand le président avoit cinquante-huit ans, est in-4; le second, fait l'année d'après, c'est-à-dire à l'époque dont il est parlé ici, est in-8.--Avant que Luynes fût en faveur, ce président lui avoit rendu service; mais il paroît que le parvenu eut courte mémoire. V. le _Contadin provençal_, Recueil des pièces les plus curieuses qui ont été faites pendant le règne du connétable, etc., p. 93.
[45] C'étoit le prix qu'on payoit un repas chez la Boessellière, dont le cabaret étoit le plus fameux de ce temps-là. «Etes-vous obligé de suivre le cours, sortez-vous du Louvre à l'heure du disné, le premier cabaret de France est celui de la Boessellière; mais, sur ma parole, ne vous donnez pas la peine d'y transporter vostre humanité, quoyque vous soyez le mieux avisé du monde, si vous ne sentez que vostre gousset soit prest d'accoucher d'une pistole au moins, etc.» _Les Visions admirables du Pèlerin de Parnasse_, etc., Paris, 1635, in-12, p. 208.
[46] Les emprunts à gros intérêts étoient déjà depuis longtemps le fléau des enfants prodigues:
Mignons de bien dissipateurs Emprunteront à millions, Puis payeront leurs créditeurs De respitz et de cessions.
(_La grande et merveilleuse prognostication nouvelle..._ 1583, in-12.)
[47] Les livrets satiriques du temps sont remplis de plaintes contre ces usuriers, la plupart Italiens, qui ruinoient la jeunesse et étoient une des causes qui empêchoient _Bon-Temps_ de revenir:
Et quand verrez tous ces marchands Ne vendre plus rien à usure, Que Bon Temps viendra sur les rangs, S'il n'a grant faute de monture,
* * * * *
Quand les Lombards ne seront plus
Chiches, avares, jaloux, couards, Ne vous enquerrez du surplus: Bon Temps viendra de toutes parts.
(_Les moyens très utilles et necessaires... pour faire en brief revenir Bon Temps_, 1615, in 12, p. 6-7.)
[48] Dans la pièce que je viens de citer se trouvent aussi des plaintes contre le nombre des _bâtards_, qui augmentoit tous les jours:
Ne que nous n'ayons plus en France De Jaloux, Coquus et Batards, Bon Temps sera hors de souffrance Et deployra ses etendards.
(_Ibid._, p. 16.)
[49] C'est-à-dire le couvent: entrer en religion étoit alors le terme consacré.
[50] Dépenser.
[51] C'est de l'ordonnance de 1294 qu'il est question ici. On la trouve en entier dans les notes de la Thaumassière sur les _Coutumes de Beauvoisis_, 1690, in-fol., p. 372. Il y est dit: «Nul ne donra au grand mangier que deux mets et un potage au lard, et au petit mangier un mets et un entremets et un potage; et s'il est jeûne, il pourra donner deux potages aux harencs et deux mets, ou trois mets et un potage, et ne mettra en une écuelle qu'une manière de chair.»
[52] Ce mot, qui s'employoit, alors non pas seulement pour l'office du curé, mais pour tout bénéfice à charge d'âmes, est très curieux ici, appliqué aux subventions que recevoient les chefs du parti huguenot. La _cure_ des espions, qui vient après, ne cache pas moins de malice.
[53] On appeloit ainsi l'enchère faite, sur une terre ou ferme adjugée en justice, du tiers du prix au delà de celui de l'adjudication. Il y a un règlement de 1682 sur les doublements et _tiercements_.
[54] Pendant l'hiver de 1622, M. de Soubise s'étoit jeté dans le Bas-Poitou et l'avoit occupé, ainsi que les îles de Rié, du Périer, de Mons, etc. Il avoit pris Olonne, et il menaçoit Nantes, quand les troupes royales, que commandoit La Rochefoucauld, franchissant de nuit le bras de mer peu profond qui sépare l'île de Rié de la terre ferme, se jetèrent sur lui à l'improviste et dispersèrent son armée presque sans coup férir. Soubise, vaincu, s'enfuit en laissant à l'armée du roi son armée et ses équipages (V. _Mémoires_ de Rohan, coll. Petitot, 2e série, t. 18, p. 269, et _Mémoires_ de Richelieu, _ibid._, t. 22, p. 206-209). Cette défaite, dont le fils de l'entêtée calviniste mise ici en scène fut une des victimes, se trouve amplement racontée dans un livret, devenu rare, paru presque aussitôt après: «_Surprise du sieur de Soubize dans les sables d'Aulonne, investi, tant par terre que par mer... par M. le comte de La Rochefoucauld, marquis de La Valette et baron de S.-Luc._» Paris, P. Ramier, 1622, in-8.
[55] Sureau.
[56] Le chevalier du guet, ainsi que toute la juridiction qui dépendoit de lui, étoit du ressort et à la nomination du prévôt de Paris. V. _Traité de la police_, t. 1, p. 236.
[57] Les prévôts des maréchaux étoient des officiers royaux du corps de la gendarmerie, établis pour la sûreté de la campagne contre les vagabonds et les déserteurs. Ils avoient connoissance de tous les cas royaux, appelés à cause d'eux prévôtaux: vagabondages, vols de grand chemin, infraction de sauvegarde, incendie, fausse monnoie. Il y avoit en France cent quatre-vingts siéges de prévôt des maréchaux. Celui qui avoit dans son ressort Paris et toute l'Ile-de-France s'appeloit simplement _Prévôt de l'Isle_.
[58] V. la note précédente.
[59] C'étoit un juge d'épée qui instruisoit les procès des gens de guerre à l'armée. Celui du régiment des gardes s'appeloit le Prévôt des bandes.
[60] Cette _montre_ du mois de mai étoit la procession de toute la basoche, y compris le sergent et ses huissiers, allant planter en grande pompe le mai annuel dans la cour du palais.
[61] Marigny, dans son poème du _Pain bénit_, parle de maître Vavasseur, commissaire du quartier du Marais, qui étoit ainsi de connivence avec les filles ses subordonnées. Marigny le désigne ainsi:
Des lieux publics grand écumeur. Adorateur de ces donzelles Qui ne sont ni chastes ni belles, Et qui, sans grace et sans attraits, Vivent des pechés du Marais.
[62] Le lieutenant criminel Tardieu, tout aussi bien que ces commissaires, prenoit de toutes mains, même de celles des rôtisseurs. «Le lieutenant, lisons-nous dans les _Historiettes_ de Tallemant, dit à un rotisseur qui avoit un procès contre un autre rotisseur: «Apporte-moi deux couples de poulets, cela rendra ton affaire bonne.» Ce fat l'oublie. Il dit à l'autre la même chose. Ce dernier les lui envoie, et un dindonneau. Le premier envoie ses poulets après coup; il perdit, et, pour raison, le bon juge lui dit: «La cause de votre partie étoit meilleure de la valeur d'un dindon.» (Tallemant, édit. in-12, t. 5, p. 53.)--Encore M. Tardieu ne s'en tenoit-il pas là. «Le lieutenant criminel, dit encore Tallemant, logeoit de petites demoiselles auprès de lui, afin d'y aller manger, et il leur faisoit ainsi payer sa protection.» (_Ibid._)
[63] Fameux trésorier de l'épargne, dont la fortune fit scandale à cette époque. Tallemant, qui étoit allié de sa famille, lui a consacré une _historiette_, ainsi qu'à Montauron, qui continua et même augmenta l'opulence de cette maison de parvenus. (V. édit. in-12, t. 8, p. 116, etc.) Dans la _Chasse aux larrons_ de J. Bourgoing (in-4, p. 39, 90), on les maltraite fort. «Les Puget, y est-il dit, qui se sont vantés d'avoir mangé en leur temps plus d'un million six cents mille livres, avoir entretenu toutes les plus belles garces de Paris, jouy des plus relevées de France, joué ez plus dissoluz brelans, académies, tripots, bauffré les plus friands morceaux, etc.» Puget fut souvent inquiété, même avant la grande recherche qu'on fit des gens de finance sous Louis XIII. L'un des commissaires qui instruisoient son procès lui fit cette question: «Je vous prie de m'enseigner comment je pourrois, avec deux ou trois mille écus, en acquérir en peu de temps cinq à six cents mille»; paroles, dit un auteur, qui le rendirent muet. Il devint pâle, défait, et possédé des froides appréhensions de la mort, qui le talonnoient comme s'il eût été condamné.» (_Le tresor des tresors de France volé à la couronne_, par J. de Beaufort, Parisien, Paris, 1615, in-8º, p. 31.)
[64] Montescot avoit joui d'un grand crédit et mené grand train sous Henri IV. Au commencement du règne suivant, il eut à subir, entre autres malheurs, les conséquences d'un duel après lequel son fils Baronville, ayant tué Dasquy, gentilhomme du duc d'Aiguillon, dut s'enfuir au plus vite, et fut pendu en effigie au bout du Pont-Neuf, en août 1611. (_Lettres de Malherbe à Peiresc_, p. 211, 219.)
[65] Est-ce le célèbre homme d'état qui eut Sully pour successeur dans la surintendance des finances, ou faut-il plutôt retrouver ici Lancy, fameux traitant de cette époque, dont parle _la Chasse aux Larrons_, p. 45, 91?
[66] Nous ne connaissons de ce nom alors qu'un conseiller au Grand Conseil. (V. Tallemant, édit. in-12, III, p. 190.)