Les aventures de Télémaque suivies des aventures d'Aristonoüs
Chapter 36
En achevant ces paroles, Sophronyme, se voyant arrivé au temple, proposa à Aristonoüs d'y faire sa prière et ses offrandes. Ils firent au dieu un sacrifice de deux brebis plus blanches que la neige, et d'un taureau qui avait un croissant sur le front entre les deux cornes ; ensuite ils chantèrent des vers en l'honneur du dieu qui éclaire l'univers, qui règle les saisons, qui préside aux sciences, et qui anime le chœur des neuf Muses. Au sortir du temple, Sophronyme et Aristonoüs passèrent le reste du jour à se raconter leurs aventures. Sophronyme reçut chez lui le vieillard avec la tendresse et le respect qu'il aurait témoignés à Alcine même, s'il eût été encore vivant. Le lendemain, ils partirent ensemble et firent voile vers la Lycie. Aristonoüs mena Sophronyme dans une fertile campagne sur le bord du fleuve Xanthe[71], dans les ondes duquel Apollon, au retour de la chasse, couvert de poussière, a tant de fois plongé son corps et lavé ses beaux cheveux blonds. Ils trouvèrent, le long de ce fleuve, des peupliers et des saules, dont la verdure tendre et naissante cachait les nids d'un nombre infini d'oiseaux qui chantaient nuit et jour. Le fleuve, tombant d'un rocher avec beaucoup de bruit et d'écume*, brisait ses flots dans un canal plein de petits cailloux ; toute la plaine était couverte de moissons dorées ; les collines, qui s'élevaient en amphithéâtre, étaient chargées de ceps de vignes et d'arbres fruitiers. Là, toute la nature était riante et gracieuse ; le ciel était doux et serein, et la terre toujours prête à tirer de son sein de nouvelles richesses pour payer les peines du laboureur. En s'avançant le long du fleuve, Sophronyme aperçut une maison simple et médiocre, mais d'une architecture agréable, avec de justes proportions. Il n'y trouva ni marbre, ni or, ni argent, ni ivoire, ni meubles de pourpre : tout y était propre, et plein d'agrément et de commodité, sans magnificence. Une fontaine coulait au milieu de la cour, et formait un petit canal le long d'un tapis vert. Les jardins n'étaient point vastes ; on y voyait des fruits et des plantes utiles pour nourrir les hommes ; aux deux côtés du jardin paraissaient deux bocages, dont les arbres étaient presque aussi anciens que la terre leur mère, et dont les rameaux épais faisaient une ombre impénétrable aux rayons du soleil. Ils entrèrent dans un salon, où ils firent un doux repas des mets que la nature fournissait dans les jardins, et on n'y voyait rien de ce que la délicatesse des hommes va chercher si loin et si chèrement dans les villes : c'était du lait aussi doux que celui qu'Apollon avait soin de traire pendant qu'il était berger chez le roi Admète ; c'était du miel plus exquis que celui des abeilles d'Hybla en Sicile, ou du mont Hymette dans l'Attique ; il y avait des légumes du jardin, et des fruits qu'on venait de cueillir. Un vin plus délicieux que le nectar coulait de grands vases dans les coupes ciselées. Pendant ce repas frugal, mais doux et tranquille, Aristonoüs ne voulut point se mettre à table. D'abord il fit ce qu'il put, sous divers prétextes, pour cacher sa modestie ; mais enfin, comme Sophronyme voulut le presser, il déclara qu'il ne se résoudrait jamais à manger avec le petit-fils d'Alcine, qu'il avait si longtemps servi dans la même salle. Voilà, lui disait-il, où ce sage vieillard avait accoutumé de manger ; voilà où il conversait avec ses amis ; voilà où il jouait à divers jeux ; voici où il se promenait en lisant Hésiode et Homère ; voici où il se reposait la nuit. En rappelant ces circonstances, son cœur s'attendrissait, et les larmes coulaient de ses yeux. Après le repas, il mena Sophronyme voir la belle prairie où erraient ses grands troupeaux mugissants sur le bord du fleuve : puis ils aperçurent les troupeaux de moutons qui revenaient des gras pâturages ; les mères bêlantes et pleines de lait y étaient suivies de leurs petits agneaux bondissants. On voyait partout les ouvriers empressés, qui aimaient le travail pour l'intérêt de leur maître doux et humain, qui se faisait aimer d'eux, et leur adoucissait les peines de l'esclavage.
Aristonoüs, ayant montré à Sophronyme cette maison, ces esclaves, ces troupeaux, et ces terres devenues si fertiles par une soigneuse culture, lui dit ces paroles : Je suis ravi de vous voir dans l'ancien patrimoine de vos ancêtres ; me voilà content, puisque je vous mets en possession du lieu où j'ai servi si longtemps Alcine. Jouissez en paix de ce qui était à lui, vivez heureux, et préparez-vous de loin par votre vigilance une fin plus douce que la sienne. En même temps il lui fait une donation de ce bien, avec toutes les solennités prescrites par les lois ; et il déclare qu'il exclut de sa succession ses héritiers naturels, si jamais ils sont assez ingrats pour contester la donation qu'il a faite au petit-fils d'Alcine, son bienfaiteur. Mais ce n'est pas assez pour contenter le cœur d'Aristonoüs. Avant que de donner sa maison, il l'orne tout entière de meubles neufs, simples et modestes, à la vérité, mais propres et agréables ; il remplit les greniers des riches présents de Cérès, et les celliers d'un vin de Chio, digne d'être servi par la main d'Hébé ou de Ganymède à la table du grand Jupiter ; il y met aussi du vin pramnien, avec une abondante provision de miel d'Hymette et d'Hybla, et d'huile d'Attique, presque aussi douce que le miel même. Enfin il y ajoute d'innombrables toisons d'une laine fine et blanche comme la neige, riche dépouille des tendres brebis qui paissaient sur les montagnes d'Arcadie et dans les gras pâturages de Sicile. C'est en cet état qu'il donne sa maison à Sophronyme ; il lui donne encore cinquante talents euboïques, et réserve à ses parents les biens qu'il possède dans la péninsule de Clazomène, aux environs de Smyrne[72], de Lébédée[73] et de Colophon[74], qui étaient d'un très-grand prix. La donation étant faite, Aristonoüs se rembarque dans son vaisseau, pour retourner dans l'Ionie. Sophronyme, étonné et attendri par des bienfaits si magnifiques, l'accompagne jusqu'au vaisseau les larmes aux yeux, le nommant toujours son père, et le serrant entre ses bras. Aristonoüs arriva bientôt chez lui par une heureuse navigation : aucun de ses parents n'osa se plaindre de ce qu'il venait de donner à Sophronyme. J'ai laissé, leur disait-il, pour dernière volonté dans mon testament, cet ordre, que tous mes biens seront vendus et distribués aux pauvres de l'Ionie, si jamais aucun de vous s'oppose au don que je viens de faire au petit-fils d'Alcine.
Le sage vieillard vivait en paix, et jouissait des biens que les dieux avaient accordés à sa vertu. Chaque année, malgré sa vieillesse, il faisait un voyage en Lycie pour revoir Sophronyme, et pour aller faire un sacrifice sur le tombeau d'Alcine, qu'il avait enrichi des plus beaux ornements de l'architecture et de la sculpture. Il avait ordonné que ses propres cendres, après sa mort, seraient portées dans le même tombeau, afin qu'elles reposassent avec celles de son cher maître. Chaque année, au printemps, Sophronyme, impatient de le revoir, avait sans cesse les yeux tournés vers le rivage de la mer, pour tâcher de découvrir le vaisseau d'Aristonoüs, qui arrivait dans cette saison. Chaque année, il avait le plaisir de voir venir de loin, au travers des ondes amères, ce vaisseau qui lui était si cher ; et la venue de ce vaisseau lui était infiniment plus douce que toutes les grâces de la nature renaissante au printemps, après les rigueurs de l'affreux hiver.
Une année, il ne voyait point venir, comme les autres, ce vaisseau tant désiré ; il soupirait amèrement ; la tristesse et la crainte étaient peintes sur son visage ; le doux sommeil fuyait loin de ses yeux ; nul mets exquis ne lui semblait doux : il était inquiet, alarmé du moindre bruit ; toujours tourné vers le port, il demandait à tous moments si on n'avait point vu quelque vaisseau venu d'Ionie. Il en vit un, mais, hélas ! Aristonoüs n'y était pas ; il ne portait que ses cendres dans une urne d'argent. Amphiclès, ancien ami du mort, et à peu près du même âge, fidèle exécuteur de ses dernières volontés, apportait tristement cette urne. Quand il aborda Sophronyme, leur parole leur manqua à tous deux, et ils ne s'exprimèrent que par leurs sanglots. Sophronyme ayant baisé l'urne, et l'ayant arrosée de ses larmes, parla ainsi : O vieillard ! vous avez fait le bonheur de ma vie, et vous me causez maintenant la plus cruelle de toutes les douleurs : je ne vous verrai plus ; la mort me serait douce pour vous voir et pour vous suivre dans les Champs-Élysées, où votre ombre jouit de la bienheureuse paix que les dieux justes réservent à la vertu. Vous avez ramené en nos jours la justice, la piété et la reconnaissance sur la terre ; vous avez montré, dans un siècle de fer, la bonté et l'innocence de l'âge d'or. Les dieux, avant que de vous couronner dans le séjour des justes, vous ont accordé ici-bas une vieillesse heureuse, agréable et longue : mais, hélas ! ce qui devrait toujours durer n'est jamais assez long. Je ne sans plus aucun plaisir à jouir de vos dons, puisque je suis réduit à en jouir sans vous. O chère ombre ! quand est-ce que je vous suivrai ! Précieuses cendres, si vous pouvez sentir encore quelque chose, vous ressentirez sans doute le plaisir d'être mêlées à celles d'Alcine. Les miennes s'y mêleront aussi un jour. En attendant, toute ma consolation sera de conserver ces restes de ce que j'ai le plus aimé. O Aristonoüs ! ô Aristonoüs ! non, vous ne mourrez point, et vous vivrez toujours dans le fond de mon cœur. Plutôt m'oublier moi-même que d'oublier jamais cet homme si aimable, qui m'a tant aimé, qui aimait tant la vertu, à qui je dois tout!
Après ces paroles entrecoupées de profonds soupirs, Sophronyme mit l'urne dans le tombeau d'Alcine ; il immola plusieurs victimes, dont le sang inonda les autels de gazon qui environnaient le tombeau ; il répandit des libations abondantes de vin et de lait, il brûla des parfums venus du fond de l'Orient, et il s'éleva un nuage odoriférant au milieu des airs. Sophronyme établit à jamais, pour toutes les années, et dans la même saison, des jeux funèbres en l'honneur d'Alcine et d'Aristonoüs. On y venait de la Carie[75], heureuse et fertile contrée; des bords enchantés du Méandre[76], qui se joue par tant de détours, et qui semble quitter à regret le pays qu'il arrose ; des rives toujours vertes du Caïstre[77]; des bords du Pactole[78], qui roule sous ses flots un sable doré ; de la Pamphylie[79], que Gérés, Pomone et Flore, ornent à l'envi ; enfin des vastes plaines de la Cilicie[80], arrosées comme un jardin par les torrents qui tombent du mont Taurus[81] toujours couvert de neige. Pendant cette fête si solennelle, les jeunes garçons et les jeunes filles, vêtues de robes traînantes de lin plus blanches que les lis, chantaient des hymnes à la louange d'Alcine et d'Aristonoüs ; car on ne pouvait louer l'un sans louer aussi l'autre, ni séparer deux hommes si étroitement unis même après leur mort.
Ce qu'il y eut de plus merveilleux, c'est que, dès le premier jour, pendant que Sophronyme faisait les libations de vin et de lait, un myrte d'une verdure et d'une odeur exquise naquit au milieu du tombeau, et éleva tout à coup sa tête touffue pour couvrir les deux urnes de ses rameaux et de son ombre : chacun s'écria qu'Aristonoüs, en récompense de sa vertu, avait été changé par les dieux en un arbre si beau. Sophronyme prit soin de l'arroser lui-même, et de l'honorer comme une divinité. Cet arbre, loin de vieillir, se renouvelle de dix ans en dix ans ; et les dieux ont voulu faire voir, par cette merveille, que la vertu, qui jette un si doux parfum dans la mémoire des hommes, ne meurt jamais.
* * * * *
NOTES:
[1] Évêque du IVe siècle, auteur de _Thêagène et Chariclée_, roman moral assez médiocre, qu'on s'étonne de voir mis en parallèle avec le _Télémaque_.
[2] Dans la _Lettre à l'Académie française_.
[3] Fénelon, _Télémaque_, livre XIV.--Homère, _Odyssée_, livre XI.--Virgile, _Énéide_, livre VI.
[4] Dans l'_Odyssée_ (livre XI).
NOTES GÉOGRAPHIQUES.
LES AVENTURES DE TÉLÉMAQUE.
[5] Page 1.--1. _Ogygie_, île fabuleuse où régnait Calypso, et que l'on suppose placée dans la mer Ionienne, et près des côtes de l'Italie.
[6] Page 6.--1. _Ithaque_, aujourd'hui _Théaki_, une des sept îles Ioniennes, formait jadis, avec _Dulichium_ (_Néochori_), le royaume d'Ulysse. Les sites d'Ithaque, décrits par Homère dans l'_Odyssée_ l'ont été avec tant d'exactitude et de vérité, que le voyageur les reconnaît encore aujourd'hui.
[7] Les _Lestrygons_ habitaient la Sicile orientale, dans le voisinage de Catane. On attribue à ce peuple mythologique la fondation de _Formies_, dans la Campanie.
[8] _Circei_ ou _Circeium_, montagne et ville du Latium, aujourd'hui _Monte Circello_.
[9] _Charybde_ et _Scylla_ sont deux roches dans le _Siculum fretum_, ou détroit de Messine. Les écueils et les gouffres qui environnent ces roches étaient jadis l'épouvante des navigateurs. Des commotions volcaniques ont, à ce qu'on suppose, changé les lieux, et ce passage n'est plus redoutable.
[10] Page 7.--1. _Île des Phéaciens._ C'est Corcyre (_Corcyra_), aujourd'hui _Corfou_, qu'on nommait quelquefois _Phéacie_. L'île des Phéaciens était dans la mer Ionienne, près des côtes d'Épire.
[11] Page 7.--2. _Pylos_, aujourd'hui _Zouchio_ ou _Navarino_, dans la Morée.
[12] Page 12.--1. _Himériens_ les habitants d'_Himère_, ville de Sicile sur la côte septentrionale, qui fut détruite par les Carthaginois. _Thermæ Himerenses_, aujourd'hui _Termini_, a été bâti sur ses ruines.
[13] Page 13.--1. _Tyr_, aujourd'hui _Sur_ ou _Sour_, était la capitale de la Phénicie, et l'une des plus riches et des plus puissantes villes de l'ancien monde. Sa marine l'avait fait nommer la _Reine des mers_. Tyr était d'abord une île : les travaux de siège qu'y fit Alexandre la joignirent au continent. _Tyrus quondam insula_..., _nunc vero Alexandri oppugnantis operibus continens_. Plin., _Hist nat._, lib. V, 76.
[14] Page 14.--1. _Pharos_, petite île voisine du port d'Alexandrie.
[15] Page 14.--2. C'est-à-dire, jusqu'à l'endroit où le Nil se bifurque pour former le Delta. C'est là que se voient aujourd'hui les ruines de Memphis. Ces ruines sont admirables. Memphis est le _Moph_ des Hébreux.
[16] Page 16.--1. _Thèbes_, dite _la ville aux cent portes_ (_Theba hecatompylos_), dans l'Égypte supérieure, fut longtemps la capitale de toute l'Égypte. Ses ruines couvrent encore une surface immense, et donnent la plus haute idée de sa splendeur d'autrefois.
[17] Page 26.--1. _Péluse_, aujourd'hui _Tinéh_, ville de l'Égypte inférieure, sur la bouche orientale du Nil, dite _Bras pélusiague_. Il ne reste de Péluse que des ruines.
[18] Page 31.--1. Le mont _Abyla_, en Afrique, et le mont _Calpé_, en Espagne, forment ce qu'on appelait les Colonnes d'Hercule. Ces deux monts, placés en face l'un de l'autre, et à la distance seulement de quelques milles, sont séparés par le détroit de Gibraltar.
[19] Page 32.--1. Carthage fut, comme Tyr, comme Memphis, une des plus puissantes, des plus florissantes villes de l'antiquité. Elle avait conquis un vaste territoire dans les États actuels de Tunis et de Tripoli ; elle possédait les îles Baléares, une grande partie de l'Espagne, de la Sardaigne, de la Sicile. Carthage fut détruite par Scipion Émilien. On voit encore quelques ruines de Carthage à 4 lieues de Tunis.
[20] Page 36.--1. _Gadès_ (en langue punique _Gadir_), aujourd'hui _Cadix_, ville de l'Hispanie (Espagne) dans la Bétique, et à l'embouchure du Bétis.--Il y a au VIIe livre de Télémaque (pages 111-115) une ravissante peinture de ce beau pays.
[21] Page 37.--1. Ce portrait des Tyriens, surtout en ce qui regarde leur sincérité et leur fidélité à la parole donnée, ne ressemble guère à ce qu'en dit Virgile, qui les appelle _Tyrios bilingues_, ni à ce qu'en dit Lucaia, qui les appelle _Tyrios instabiles_.
[22] Page 49.--1. _Chypre_ ou _Cypre_ (_Cyprus_), île de la Méditerranée entre l'Asie Mineure et la Syrie. Sol fertile, climat délicieux. C'est dans l'île de Chypre que se trouvaient Amathonte, Paphos, Idalie ; villes consacrées à Vénus, qui prenait de là le nom de _Cypris_.
[23] Page 50.--1. _Cythère_ (_Cythera, orum_), aujourd'hui _Cerigo_, île située près de la côté sud de la Laconie, et non loin de l'île de Crète (Candie). La Fable dit que c'est auprès de Cythère que Vénus naquit de l'écume de la mer.
[24] Page 58.--1. _Crète_, aujourd'hui _Candie_, grande île de la mer Méditerranée. La Crète renfermait autrefois cent villes, dit-on, entre lesquelles Gnosse, Cydon, Gortyne, etc.
« Pour moi, je préfère la pauvre, la petite île d'Ithaque, aux cent villes de Crète. » (_Télém._, liv. V.).
Le mont Ida, dont parle ici Fénelon, se nomme aujourd'hui _Psiloriti_ ou _Monte Giove_ (mont Jupiter); c'est là qu'habitaient les Dactyles, lesquels prenaient le nom d'_Idéens_. Il y avait aussi, dans la Troade, un autre mont Ida, au pied duquel Troie était bâtie. Celui-ci se nomme aujourd'hui _Kaz-Dagh_.
[25] Page 64.--1. Le pays des _Salentins_, dans l'Iapygie (la _Calabre_). Hydronte, aujourd'hui _Otrante_, et _Brundusium_, aujourd'hui _Brindisi_, en étaient les villes principales.
[26] Page 68.--1. Lesbos, aujourd'hui _Mételin_, île de la mer Égée. Mételin est la capitale de cette île et lui a donné son nom.
[27] Page 78.--1. _Péloponèse, Peloponnesus_ (c'est-à-dire _île de Pélops_), aujourd'hui _Morée_, presqu'île qui termine la Grèce au sud, jointe au continent par l'isthme de Corinthe, et baignée par le golfe de Lépante, la mer de Grèce et l'Archipel.
[28] Page 84.--1. Naxos, une des Cyclades, aujourd'hui île du royaume de Grèce, dans l'Archipel.
[29] Page 99.--1. L'_Épire_, aujourd'hui l'_Albanie méridionale_, dans la Grèce septentrionale. C'est là que se trouve le promontoire d'_Actium_, si célèbre par la victoire navale qu'Octave y remporta sur Antoine, et qui mit fin à la république romaine.
[30] Page 122.--1. _Hespérie_ (_Hesperia_), c'est-à-dire, l'_occidentale_, nom donné par les Grecs à l'Italie, qui était pour eux à l'occident, et qu'ils donnèrent ensuite à l'Espagne et au Portugal. Dans ce passage le nom d'Hespérie s'applique à l'Italie.
[31] Page 131.--1. _Tarente_ en italien _Tarento_, dans la terre d'Otrante, fut fondée par les Crétois, puis augmentée par Phalante, dont on parle ici.
[32] Page 131.--2. _Pétilie_, dans le Brutium, aujourd'hui _Stringali_.
[33] Page 131.--3. _Métaponte_, aujourd'hui _Torre di Mare_, sur la côte orientale d'Italie, près des embouchures du Bradane et du Caluente.
[34] Page 133.--1. Peuples de l'Apulie, nommés _Manduriens_, du nom du lac _Andorio_, dont les eaux, suivant Pline, n'augmentent ni ne diminuent jamais.
[35] Page 136.--1. _Locriens_. Peuples de la Locride, dans la Grande-Grèce. Locres en était la capitale. On croit la retrouver dans _Motta di Bruzzano_.
--_Apuliens_, peuples de l'Apulie, aujourd'hui la Pouille.
--_Lucaniens_, peuples de la Lucanie, entre le Brutium et le Samnium, sur le golfe de Tarente.
--_Brutiens_, du Brutium, aujourd'hui la _Calabre_.
--_Crotone_, aujourd'hui _Cotrone_, dans le Brutium, sur la mer, près du promontoire _Lacinium_ (_capo delle Colonni_).
--_Nérite_ (_Neritum_), aujourd'hui _Nardo_ (Terre d'Otrante).
--_Messapie_, contrée d'Italie sur l'Adriatique, voisine des lieux qu'on vient de nommer, et à laquelle répond aujourd'hui la Terre d'Otrante.
--_Brindes_, _Brundusium_ ou _Brundisium_ (Terre d'Otrante), a ujourd'hui _Brindisi_, le meilleur port de l'Italie. Brindes était autrefois une ville très-importante ; elle vit mourir Virgile.
[36] Page 141.--1. _Enna_, aujourd'hui _Castrogiovanni_, ville de la Sicile ancienne, placée au cœur de l'île. Proserpine y avait un temple.
[37] Page 142.--1. _Capharée_, aujourd'hui _Cabo Figera_ ou _Cabo d'Oro_, dans l'île d'Eubée (Négrepont)....
[38] Page 142.--2. _Pyliens_, peuples de _Pylos_, où régnait Nestor. Pylos, aujourd'hui _Zouchio_, ou _Vieux-Navarin_, était dans la Messénie.
[39] Page 143.--1. _Phocide_, région de la Grèce ancienne, et qui forme avec la Locride une partie de l'Achaïe moderne.
[40] Page 172.--1. C'est une des îles _Lipari_, dans la mer Tyrrhénienne, au nord de la Sicile. Les îles Lipari, formées en groupe, portent toutes des traces de volcans, et c'est pour cela qu'elles ont été nommées _Vulcaniæ insulæ_.
[41] Page 178.--1. _Peucètes_, peuple d'Italie sur l'Adriatique, entre l'Apulie et l'Iapygie, sur le revers de la Messapie. C'est aujourd'hui la _Terre de Bari_.
[42] Page 181.--1. _Carpathie_ (_Carpathos_), aujourd'hui _Scarpento_, île de la mer Méditerranée, a l'entrée de l'Archipel, entre Rhodes et la Crète, faisait donner le nom de _mer Carpathienne_ à la mer qui l'environnait.
[43] Page 208.--1. Le mont _Œta_, dans la Thessalie, entre le Parnasse et le Pinde, près du golfe Maliaque et des Thermopyles. C'est aujourd'hui le mont _Commaïta_ ou _Katavothra_.
[44] Page 214.--1. _Scyros_, île de la Grèce dans la mer Égée, aujourd'hui _Skira_ ou _Skiro_, dans l'Archipel, et à quelques lieues de Négrepont. Terre montueuse et sauvage : _La sauvage île de Scyros_ (_Télém._, liv. XII, page 210).
[45] Page 214.--2. Sigée (_Sigeum promontorium_), dans la Troade, sur la mer Égée, aujourd'hui cap des _Janissaires_, dans l'Anatolie, à l'entrée du golfe de Gallipoli.
[46] Page 215.--1. _Sperchius_, aujourd'hui _Hellada_, fleuve de la Thessalie méridionale, se jetait dans le golfe Maliaque, près d'Anticyre, et dans le voisinage de _Trachine_ (aujourd'hui _Trachin_), qu'on vient de nommer.
[47] Page 231.--1. _Galèse_, aujourd'hui _Galeso_, petite rivière dans la Terre d'Otrante, qui se jette dans le golfe de Tarente. C'est sur les bords du Galèse que Virgile a placé son vieillard cilicien, délicieux épisode du IVe livre des _Géorgiques_:
Namque sub Œbaliæ memini me turribus arcis, Qua niger humectat flaventia culta Galæsus, Corycium vidisse senem, etc.
_Georg._, IV, 125.
[48] Page 247.--1. _Aulon_, _Caulon_ ou _Caulonia_, montagne de la Calabre Ultérieure, au pied de laquelle est une ville du même nom, et qui s'appelle aussi _Castel Vetere_.
[49] Page 267.--1. _Phthiotes_, peuples de la Phthiotide, petit État de la Thessalie comprenant la partie méridionale de cette région. Pharsale, si célèbre par la victoire que Jules César y remporta sur Pompée, était dans les environs. Achille était roi des Phthiotes.
[50] Page 267.--2. _Dolopes_, peuples de la Thessalie, au pied du mont Pinde, sur les confins de l'Étolie et de l'Épire. Leur pays était traversé par l'Achéloüs (_Aspropotamo_).
[51] Page 280.--1. _Échinades_, aujourd'hui _Curzolari_, îles de l'Adriatique, sur la côte de l'Acarnanie, vis-à-vis de l'embouchure de l'Achéloüs.
[52] Page 284.--1. _Aufide_, aujourd'hui _Ofanto_, passe près de Cannes, et se jette dans l'Adriatique entre Barletta et le lac de Salpi.
[53] Page 284.--2. _Gargan_ (_Garganum promontorium_), aujourd'hui _Gargano_, pointe de terre dans la Capitanate qui s'avance dans l'Adriatique. Le mont Saint-Ange (_monte di Sant'Angelo_) domine cette saillie qui termine l'éperon de la botte figurée par la péninsule italique.
[54] Page 284.--3. _Liris_, aujourd'hui le _Garigliano_, prend sa source dans l'Abruzze Ultérieure, au couchant du lac Celano, et se jette dans le golfe de Gaëte (_Caieta_ des anciens).
[55] Page 286.--1. L'_Eurotas_, fleuve de Laconie, passait à Sparte et se jetait dans le golfe Laconique. Les Spartiates l'adoraient : comme un dieu, et l'appelaient _Fleuve-Roi_ (_Basileus potamos_). Les Grecs modernes le nomment encore _Vasilipotamo_, ou _Iri_.
[56] Page 286.--2. _Alphée_, aujourd'hui _Roufia_, prenait sa source en Arcadie, arrosait la plaine d'Olympie et de Pise, et se jetait dans la mer Ionienne.