Lecons De Cosmographie A L Usage Des Lycees Et Colleges Et De T
Chapter 4
Pour construire un globe céleste, on commence par marquer les deux pôles P et P' aux deux extrémités d'un même diamètre; puis on dessine l'équateur en traçant un cercle de l'un de ses points, P, comme pôle, avec une ouverture de compas sphérique égale à la corde d'un quadrant de cette sphère. On marque un point de cet équateur comme devant représenter le point équinoxial du printemps, origine des AR. à partir de ce point marqué 0° ou â, l'équateur est divisé en degrés, minutes, secondes, de 0° à 360°, de gauche à droite. Pour plus de commodité, on adapte provisoirement au globe un demi-cercle de cuivre qui peut tourner autour d'un axe passant par les pôles P, P'. Chaque quadrant de ce demi-cercle est divisé en 90°, de 0° à 90° en allant de l'équateur à chaque pôle; dans la demi-circonférence est pratiquée une rainure dans laquelle se meut un style.
Pour marquer la position d'une étoile sur le globe, on fait tourner le cercle de cuivre jusqu'à ce que son AR, lue sur l'équateur, soit celle de l'étoile considérée. Arrêtant le cercle dans cette position, on fait mouvoir le style dans la rainure, vers le pôle boréal ou vers le pôle austral, jusqu'au point indiqué par la déclinaison donnée; on presse alors le style sur la sphère; le point marqué est la position cherchée de l'étoile sur le globe. On met à côté, si l'on veut, un nom ou une notation indicative. On répète cette opération pour les diverses étoiles que l'on veut représenter sur le globe céleste. Cela fait, on enlève, si l'on veut, le limbe de cuivre.
=42.= CONSTELLATIONS. Pour plus de commodité dans l'observation de la sphère étoilée, on a d'abord distribué les étoiles en un certain nombre de groupes principaux, de grandeurs diverses et de formes plus ou moins remarquables, qu'on a nommés _constellations_.
Les anciens avaient couvert le ciel de figures allégoriques de héros et d'animaux, ils distinguaient les étoiles d'une même constellation par la place qu'elles occupaient sur la figure; ainsi ils disaient l'Åil du Taureau, le cÅur du Lion, l'épaule droite d'Orion, son pied gauche, etc.
Les modernes ont conservé les noms des constellations, mais en abandonnant ces figures arbitraires.
On distingue les étoiles de chaque constellation, à commencer par les plus brillantes, d'abord par des lettres grecques, α, β, γ, δ,... puis par des lettres romaines, et aussi par des chiffres ou numéros d'ordre. Cependant les étoiles les plus remarquables ont encore des noms particuliers presque tous d'origine arabe; nous en citons quelques-uns plus bas.
=43.= _Ãtoiles de diverses grandeurs._ Les étoiles ont d'ailleurs été distribuées par classes suivant leur _éclat apparent_ qu'on a appelé _grandeur_.
Les étoiles _les plus brillantes_ sont dites de 1re grandeur ou primaires. On s'accorde généralement à ne comprendre dans cet ordre qu'une vingtaine d'étoiles, dont 14 seulement sont visibles en Europe. Voici les noms de ces dernières, en commençant par les plus brillantes[17].
[Note 17: Les noms soulignés sur le planisphère désignent les étoiles de première grandeur; les autres des constellations.]
_Ãtoiles de_ 1re _grandeur visibles en Europe._
_Sirius_ ou α du Grand Chien. Arcturus ou α du Bouvier. Rigel ou β d'Orion. La Chèvre ou α du Cocher. Wéga ou α de la Lyre. Procyon ou α du Petit Chien. Betelgeuze ou α d'Orion. Aldébaran ou α du Taureau. Antarès ou α du Scorpion. Altaïr ou α de l'Aigle. L'Ãpi ou α de la Vierge. Fomalhaut ou α du Poisson austral. Pollux ou β des Gémeaux. Régulus ou α du Lion.
Viennent ensuite 65 étoiles d'un éclat assez notablement inférieur pour qu'on les comprenne dans une 2e classe: ce sont les étoiles de 2e grandeur ou _secondaires_.
On compte ensuite environ 200 étoiles de 3e grandeur ou _tertiaires_, et ainsi de suite; les nombres augmentent très-rapidement à mesure qu'on descend dans l'échelle des grandeurs.
4e grandeur, 425 étoiles; 5e, 1100; 6e, 3200; 7e, 13000; 8e, 40000; 9e, 142000.
Le ciel entier contient environ 5000 étoiles visibles à l'Åil nu (de la 1re à la 6e grandeur inclusivement).
On n'en voit à Paris que 4000; 1000 restent au-dessous de notre horizon.
Au delà du 9e ordre viennent des étoiles, en nombre toujours croissant, du 10e ordre, du 11e ordre, etc., jusqu'au 16e[18].
[Note 18: On conçoit que cette classification est assez arbitraire, et qu'il doit être difficile d'établir une ligne de démarcation tranchée d'une classe ou grandeur à une autre; aussi les astronomes ne sont-ils pas d'accord sur les grandeurs de toutes les étoiles; de là ces nombres indiqués par approximation.]
Il n'y a pas de raison pour assigner une limite à cette progression, chaque accroissement dans les dimensions et le pouvoir des instruments ayant fait apercevoir une multitude innombrable de corps célestes invisibles auparavant.
On compte aujourd'hui 109 constellations dénommées. Nous allons indiquer quelques-unes de celles qui sont visibles à Paris, et apprendre à les retrouver dans le ciel.
_Description du ciel_.
=44.= Pour retrouver dans le ciel les étoiles les plus remarquables, on emploie la méthode des _alignements_. Cette méthode consiste à faire passer une ligne droite par deux étoiles que l'on connaît, puis à la prolonger dans un sens ou dans l'autre, afin de trouver une ou plusieurs étoiles remarquables situées dans cette direction. On peut, si l'on veut, s'aider d'un fil tendu dans la direction considérée; tous les points de la sphère céleste, recouverts par le fil, sont dans un même plan passant par l'Åil, par conséquent sur un même grand cercle de la sphère céleste. Pour avoir une base dans l'évaluation approximative; à vue d'Åil, des distances angulaires, on pourra se rappeler que la distance, βα, des gardes de la grande Ourse (dont il va être question) est d'environ 5°, et que le diamètre apparent du soleil ou de la lune est d'environ un demi-degré.
=45.= Nous allons, dans une description succincte, indiquer les principales constellations visibles au-dessus de l'horizon de Paris; nous donnons le moyen de les retrouver dans le ciel en partant d'une belle constellation que chacun peut facilement reconnaître _à priori_. (Suivez sur le planisphère.)
GRANDE OURSE. Il y a vers le nord une constellation très-belle, et si remarquable qu'elle est connue même des personnes qui ne s'occupent ni d'astronomie, ni de cosmographie.
C'est la grande Ourse ou le Chariot de David (_fig._ 22). Elle se compose de 7 étoiles (6 de 2e grandeur et 1 de 3e), dont 4 forment un quadrilatère; les 3 autres, disposées sur une ligne un peu courbe dans le prolongement d'une diagonale du quadrilatère, forment la queue de la grande Ourse; les deux étoiles β, α, sur le côté du quadrilatère opposé à la queue, sont les gardes de la grande Ourse.
ÃTOILE POLAIRE, PETITE OURSE. La ligne βα des gardes de la grande Ourse prolongée au nord, d'une quantité égale à 5 fois la distance βα, rencontre une étoile de 2e grandeur, l'_étoile polaire_, dont il a été question comme l'étoile visible la plus voisine du pôle boréal (1° 1/2); l'étoile polaire fait partie de la petite Ourse, constellation composée de 7 étoiles principales, et ayant, à très-peu près, la même forme que la grande Ourse, mais avec des dimensions plus petites, et dans une situation renversée (_fig._ 23). L'étoile polaire, située à l'extrémité de la queue de la petite Ourse, se retrouve facilement une fois qu'on connaît à peu près sa position, à cause de son éclat plus vif que celui des étoiles suivantes de la même constellation. Le pôle boréal est à côté (1° 1/2), entre la polaire et la grande Ourse.
CASSIOPÃE. La ligne qui joint la roue de devant du chariot de la grande Ourse (δ) à la polaire, prolongée au delà de celle-ci (_fig._ 24), rencontre _Cassiopée_, formée de 5 étoiles de 3e grandeur, figurant à peu près une M ouverte; si l'on joint l'étoile α, adjacente, les 6 étoiles figurent une chaise.
PÃGASE, ANDROMÃDE, PERSÃE. Les lignes droites qui joignent respectivement α et δ de la grande Ourse à la polaire, prolongées au delà de celle-ci, comprennent entre elles, au delà de Cassiopée, le _carré de Pégase_, formé de 4 étoiles de 2e grandeur. Trois de ces étoiles appartiennent à la constellation de Pégase; la 4e fait partie de la constellation d'_Andromède_.
à peu près dans le prolongement de la diagonale du carré qui va de α de Pégase à α d'Andromède, on trouve β et γ d'Andromède, puis α de Persée, toutes trois de 3e grandeur. L'ensemble de ces trois étoiles et du carré de Pégase forme une grande figure qui a beaucoup d'analogie avec celle de la grande Ourse.
γ, α, δ de Persée forme un arc concave vers la grande Ourse, facile à distinguer; du côté convexe de cet arc, on remarque Algol ou β de Persée, dont l'éclat varie périodiquement (nº 10).
LE LION (_fig._ 26). La ligne αβ des gardes de la grande Ourse, prolongée au sud, du côté opposé à l'étoile polaire, va rencontrer un trapèze, étroit entre les deux bases, _le Lion_, renfermant une étoile primaire, _Régulus_, et 3 secondaires.
LE BOUVIER, _Arcturus_. à peu près sur l'alignement des deux dernières étoiles de la queue de la grande Ourse, vers le sud-est, se trouve _Arcturus_, étoile primaire, faisant partie de la constellation du _Bouvier_, dont les autres étoiles principales forment un pentagone, au nord d'Arcturus. à côté du Bouvier, on voit la _couronne boréale_ formée de plusieurs étoiles rangées en demi-cercle, et dont la plus grande est de 2e grandeur.
LE COCHER, _la Chèvre_. Le côté nord du quadrilatère de la grande Ourse (δα), prolongé vers le sud-ouest, passe tout près et à l'est du Cocher, pentagone irrégulier à l'angle nord-ouest duquel se trouve la Chèvre, belle étoile primaire.
LE TAUREAU. Au sud, et un peu à l'ouest du Cocher, tout près, on voit le _Taureau_, triangle d'étoiles, dont une primaire rougeâtre, Aldébaran.
ORION. Le côté sud, γβ, de la grande Ourse, prolongé vers le sud-ouest, au delà du Cocher, conduit sur l'équateur, à _Orion_, la constellation la plus belle du ciel, à cause du nombre de belles étoiles qu'elle renferme (_fig._ 25). Le contour est un quadrilatère ayant, à deux angles opposés, deux primaires: α ou l'épaule droite d'Orion; _Rigel_, ou son pied gauche; puis, dans l'intérieur du quadrilatère, on remarque sur une ligne droite, et rapprochées, trois belles étoiles, formant ce qu'on appelle le _baudrier_ d'Orion; à côté du baudrier sont deux étoiles moins brillantes.
SIRIUS. Sur la direction du baudrier d'Orion, vers le sud-est, on trouve _Sirius_, qui est aujourd'hui la plus belle étoile du ciel. _Sirius_ fait partie de la constellation du grand Chien.
LE CYGNE. La diagonale, γβ, de Pégase, qui se dirige du sud vers l'ouest, prolongée, va rencontrer _le Cygne_ ou _la Croix_, grande constellation figurant une croix.
LA LYRE. à côté du Cygne, vers l'ouest, et à peu près dans la même direction, on trouve _la Lyre_, qui renfermé _Wéga_, belle étoile primaire, à côté d'un petit triangle isocèle. Wéga passe tous les jours au _zénith_ de Paris.
LES GÃMEAUX. Le côté sud, γβ, du quadrilatère de la grande Ourse, prolongé vers le sud-ouest, vers Orion, passe auparavant à côté _des Gémeaux_, constellation figurant un grand quadrilatère oblique, dont le côté oriental est formé par deux belles étoiles, _Castor_ et _Pollux_.
Le dernier côté de la queue de la grande Ourse, prolongé au sud-est, vers Arcturus, passe tout près de l'équateur à côté de la _Vierge_, renfermant une étoile primaire, _l'Ãpi_.
PROCYON. La ligne, menée de la polaire à Castor des Gémeaux, va rencontrer _Procyon_, étoile primaire faisant partie de la constellation du petit Chien, située à peu près entre Castor et Sirius.
Voici maintenant quelques particularités très-remarquables concernant les étoiles.
_Ãtoiles variables ou périodiques._
=46.= On nomme ainsi des étoiles qui, sans changer de places apparentes, éprouvent des changements périodiques dans l'intensité de leur lumière; il y en a même parmi elles-qui deviennent quelque temps tout à fait invisibles. En voici trois ou quatre exemples:
Algol ou β de Persée est de 2e grandeur pendant 2j 14h; elle décroît ensuite pendant 3h 1/2 jusqu'à la 4e grandeur, puis elle croît de nouveau pendant 3h 1/2 pour revenir à la 2e grandeur; sa période est de 2j 20h 48m. L'étoile, Ï, du Cygne a une période de 404 jours, pendant laquelle elle passe de la 5e à la 11e grandeur.
ο (omicron), de la Baleine, a une période d'environ 334 jours. Pendant 15 jours elle a un éclat maximum qui est celui d'une étoile de 2e ou de 3e grandeur; cet éclat décroît ensuite pendant 3 mois; elle descend à la 7e ou 8e grandeur; puis elle devient invisible pendant 5 mois. Elle reparaît ensuite; son éclat augmentant pendant 3 mois, revient à son maximum; puis cela recommence. Il y a eu des irrégularités dans cette périodicité; ainsi cette étoile est restée une fois invisible pendant 4 ans (de 1672 à 1676).
En 1596, on remarqua l'apparition et la disparition d'une étoile du Cygne; on reconnut qu'elle avait une période de 18 ans, pendant lesquels elle était 12 ans visible et 6 ans invisible.
Dans l'hémisphère austral, on remarque η du Navire (Argo); cette étoile d'éclat variable fut classée de 4e grandeur par Halley, de 2e grandeur par Lacaille; de 1822 à 1826, elle fut de 2e grandeur; elle fut ensuite égale à α du Centaure, étoile très-brillante du ciel austral. En 1850, elle était égale en éclat à Sirius.
Nous parlerons d'étoiles colorées; en fait de variations de couleur, nous citerons Sirius; cette étoile, qui paraissait rouge aux anciens, nous paraît blanche.
Voici en tableau quelques exemples de périodes très-diverses.
NOMS DES ÃTOILES. PÃRIODES. VARIATIONS de grandeurs.
β de Persée 2 j. 20 h. 48 m. 2e à 4e ο de la Baleine 334 j. 2e à 0 Ï du Cygne 404 j. 5e à 11e 34e du Cygne 18 ans. 6e à 0 β de la Lyre 6 j. 9 h. 3e, 4e, 5e. β d'Hercule 60 j. 6h. 3e à 4e
_Ãtoiles temporaires._
=47.= On nomme ainsi des étoiles qui, après avoir brillé d'un éclat très-vif, ont complètement disparu du ciel; quelques-unes ont apparu tout d'un coup avec un éclat extraordinaire, et, après une courte existence, se sont éteintes sans laisser de traces.
On peut citer d'abord celle dont l'apparition soudaine, puis la disparition, fixèrent l'attention d'Hipparque, 128 ans avant Jésus-Christ, et lui firent entreprendre le catalogue d'étoiles le plus anciennement connu.
L'une des étoiles temporaires les plus remarquables et les mieux étudiées est celle de 1572. Son apparition fut si soudaine que le célèbre astronome Tycho Brahé, quand il la vit pour la première fois, n'en pouvait croire ses yeux, et sortit de son observatoire pour demander aux passants s'ils la voyaient comme lui. L'éclat de cette nouvelle étoile surpassait celui de Sirius et de Jupiter; il était comparable à celui de Vénus quand elle est le plus près possible de la terre; on la voyait dans le jour, et même en plein midi, quand le ciel était pur. En décembre de la même année, elle commença à décroître. Jusque-là elle était blanche; en janvier 1572, elle était jaunâtre, puis elle passa au rougeâtre d'Aldébaran, puis au rouge de Mars; enfin elle devint blanche, d'un éclat mat comme Saturne. En janvier 1574, elle était de 5e grandeur, et finit par disparaître en mars de la même année. Cette étoile était dans Cassiopée.
C'était bien une étoile, car elle conserva constamment la même place par rapport aux étoiles; sa distance à la terre ne parut pas moindre que la leur.
En 1604, une étoile temporaire, plus brillante que Sirius, fut observée par Kepler dans le serpentaire.
Antelme, en 1670, découvrit dans la tête du Cygne une étoile de 3e grandeur, qui devint ensuite complètement invisible, se montra de nouveau, et, après avoir éprouvé en 2 ans de singulières variations de lumière, finit par disparaître de nouveau et n'a jamais été revue depuis.
Quand on fait une revue attentive du ciel en le comparant aux anciens catalogues, on trouve que nombre d'étoiles manquent. Lalande a marqué dans le catalogue de Flamsteed plus de cent étoiles perdues. Ce mécompte doit probablement quelquefois être attribué à des erreurs de catalogues; mais il est certain que plusieurs étoiles observées antérieurement ont disparu du ciel.
_Des étoiles doubles._
=48.= On nomme _étoiles multiples_ des étoiles qui, simples à l'Åil nu ou quand on les observe avec des instruments d'une médiocre puissance, se résolvent en 2, 3 et même plus de 3 étoiles, quand on les examine avec des lunettes d'un fort grossissement. Nous ne parlerons que des étoiles doubles qui se résolvent seulement en deux étoiles; ce sont les plus nombreuses parmi les étoiles multiples.
La distance angulaire qui sépare deux étoiles peut, par deux causes différentes, être assez petite pour qu'elles se confondent à l'Åil nu. Elles peuvent se trouver à très-peu près sur la direction du même rayon visuel, _issu de la terre_, bien que réellement très-distantes l'une de l'autre, et alors on ne les regarde pas comme de véritables étoiles doubles; ce sont des couples _optiques_. Ou bien elles sont réellement voisines l'une de l'autre et à même distance de la terre; ce sont les véritables étoiles doubles.
EXEMPLES. La belle étoile Castor, des Gémeaux, fortement grossie, est formée de deux étoiles de 3e ou de 4e grandeur.
Ï et η de la Couronne sont 2 étoiles doubles.
Il en est de même de l'étoile ξ, de la queue de la grande Ourse.
La 61e du Cygne est formée de deux étoiles à peu près égales, distantes l'une de l'autre d'environ 15".
Nous citerons encore l'étoile γ de la Vierge.
On connaît maintenant un grand nombre d'étoiles doubles, plusieurs milliers, lesquelles ont été distribuées en 4 classes, suivant la grandeur de la distance angulaire des deux étoiles de chaque système.
Les deux étoiles d'un même système binaire changent quelquefois de position l'une par rapport à l'autre. La plus petite tourne autour de la plus grande; ce mouvement paraît _elliptique_ et soumis aux mêmes lois que celui des planètes autour du soleil (Lois de Képler). On constate ainsi que les lois de la gravitation universelle s'étendent jusqu'aux étoiles.
Lorsque les deux étoiles d'un groupe sont très-dissemblables, on désigne quelquefois la plus petite par le nom d'étoile satellite.
M. Struve, astronome russe, a constaté ce mouvement révolutif pour 58 étoiles doubles; il l'a trouvé probable pour 39 autres. Des observations continuées depuis qu'on a soupçonné ces révolutions ont permis de déterminer la durée de quelques-unes.
Voici les éléments des systèmes binaires les mieux étudiés (d'après M. Faye):
NOM DE L'ÃTOILE DOUBLE. GRANDEUR DEMI-GRAND _DURÃE_ des axe de la deux étoiles. de l'ellipse révolution décrite
ξ de l'Ourse 4e et 5e 2",44 61 ans, 6 Ï d'Ophiucus 5e et 6e 4",97 92 ans, 3 ζ d'Hercule 3e et 6e 1",25 36 ans, 4 η de la Couronne 5e et 6e 1",11 66 ans, 3 γ de la Vierge 3e et 3e 3",45 153 ans, 8 α du Centaure 1re et 2e 12",13 78 ans, 5
_Ãtoiles colorées._
=49.= Les étoiles sont blanches pour la plupart, mais il y en a de colorées. Parmi les étoiles colorées, les étoiles rougeâtres sont en majorité; telles sont α d'Orion, Arcturus et Aldébaran. Puis viennent les étoiles jaunes, _la Chèvre_ et α de _l'Aigle_. Antarès du Scorpion est rouge et a la forme d'un λ. Parmi les étoiles d'un moindre éclat, on en trouve de vertes et de bleues; il y a dans l'hémisphère austral un espace de 3' 3" où toutes les étoiles sont bleuâtres.
Sirius, qui parut rouge aux anciens, nous paraît blanche depuis des siècles[19].
[Note 19: En général ces colorations si diverses ne sont pas très-tranchées, et la planète Mars est d'un rouge bien plus sensible que celui des étoiles rougeatres indiquées.]
Le catalogue des étoiles doubles présente la plupart de ces groupes comme composés chacun de deux étoiles diversement colorées. En général les deux nuances sont complémentaires (on appelle ainsi deux nuances qui, fondues ensemble, donnent à l'Åil la sensation de la lumière blanche). Ainsi, quand l'une est rouge, ou orange, ou cramoisie, l'autre est verte, ou bleue, ou vert foncé. Il peut arriver que la coloration de la petite étoile en vert ou en bleu soit un effet de contraste. Lorsque l'Åil est affecté d'une manière très-vive, par la lumière rouge, par exemple, une autre lumière qui, vue séparément, nous paraîtrait blanche, nous semble verte. Dans α du Cancer, l'une des étoiles est jaune et l'autre bleue; dans γ d'Andromède, l'une est orange, l'autre verte. Quelquefois des deux étoiles la plus grande est blanche et la plus petite néanmoins est colorée. Dans δ d'Orion, la plus grande est blanche et l'autre d'un rouge prononcé. Dans α du Bélier, la plus grande est blanche et l'autre bleue. Il en est de même dans β de la Lyre.
=50.= LUMIÃRE DES ÃTOILES. Les étoiles sont certainement lumineuses par elles-mêmes; quels seraient les corps lumineux assez rapprochés d'elles pour qu'elles en tirassent leur éclat? On doit donc les considérer comme autant de soleils, qui peut-être échauffent et vivifient des systèmes planétaires analogues au nôtre et invisibles pour nous. Le soleil lui-même ne parait être qu'une étoile plus rapprochée de nous que les autres.
DIMENSIONS DES ÃTOILES. Les dimensions des étoiles sont complètement inappréciables. Plus les lunettes, à l'aide desquelles on les observe, sont puissantes, plus leur diamètre apparent est petit. Eu égard aux distances qui nous séparent des étoiles (nº 54), si l'une d'elles avait seulement un diamètre apparent bien constaté de 1", elle serait au moins un million de fois plus grosse que le soleil.
SCINTILLATION SES ÃTOILES. Quand on regarde à l'Åil nu une étoile brillante comme _Sirius_, _Wega_, etc., on remarque dans sa lumière un tremblement auquel on a donné le nom de _scintillation_.
«_La scintillation_, dit M. Arago, consiste en changements d'éclats trèssouvent renouvelés. Les changements sont ordinairement accompagnés de variations de couleur et de quelques effets secondaires, conséquences immédiates de toute augmentation ou diminution d'intensité, tels que des altérations considérables dans le diamètre apparent des astres, etc.»
Les observateurs sont, en général, d'accord pour dire que les planètes elles-mêmes scintillent comme les étoiles; cependant la scintillation de Saturne est fort difficile à saisir.
_Distances immenses des étoiles à la terre._