Le web, une encyclopédie multilingue
Part 7
[Résumé] 6.909 langues vivantes sont répertoriées dans la 16e édition (2009) de l’Ethnologue. Ce catalogue encyclopédique comprend deux versions: une version web gratuite depuis 1996 et une version imprimée payante depuis 1950. Une version CD-Rom payante est également disponible dans les années 1990 et abandonnée ensuite. Publiée par SIL International (SIL: Summer Institute of Linguistics), cette oeuvre de référence répertorie les langues selon divers critères (nom de la langue, famille linguistique, pays dans lequel la langue est parlée, identifiant de trois lettres, etc.) tout en offrant un moteur de recherche unique, des index et des cartes géographiques. Un petit groupe de chercheurs travaillant à Dallas, dans le Texas, coordonne le travail de milliers de linguistes qui glanent et vérifient des informations dans le monde entier. Une nouvelle version de l’Ethnologue est publiée tous les quatre ans environ.
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6.909 langues vivantes sont répertoriées dans la 16e édition (2009) de l’Ethnologue, un catalogue encyclopédique comprenant deux versions: une version web gratuite depuis 1996 et une version imprimée payante depuis 1950.
Une version CD-Rom payante est également disponible dans les années 1990 et abandonnée ensuite.
Publié par SIL International (SIL: Summer Institute of Linguistics), cette oeuvre de référence, dont le titre complet est «The Ethnologue: Languages of the World», répertorie les langues selon divers critères (nom de la langue, famille linguistique, pays dans lequel la langue est parlée, identifiant de trois lettres, etc.) tout en offrant un moteur de recherche unique, des index et des cartes géographiques. Une nouvelle version de l’Ethnologue est publiée tous les quatre ans environ.
Débuté en 1950 pour offrir un catalogue des langues minoritaires avant de s’élargir à toutes les langues vivantes de la planète, ce travail est mené sous l’égide d’une petite équipe de chercheurs basée à Dallas, dans le Texas. Cette équipe rassemble et organise la masse d'informations glanées et vérifiées une à une sur le terrain par des milliers de linguistes regroupés en équipes nationales et/ou linguistiques présentes sur tous les continents.
Barbara Grimes, directrice de publication entre 1971 et 2000 (8e- 14e éditions), relate en janvier 2000: «Il s’agit d’un catalogue des langues dans le monde, avec des informations sur les pays où elles sont parlées, une estimation du nombre de personnes qui les parlent, la famille linguistique à laquelle elles appartiennent, les autres termes utilisés pour ces langues, les noms de dialectes, diverses informations socio-linguistiques et démographiques, les dates des Bibles publiées, un index des noms de langues [Ethnologue Name Index], un index des familles linguistiques [Ethnologue Language Family Index] et enfin des cartes géographiques pour les langues.»
Mais qu’est-ce exactement qu’une langue? Dans l'introduction de la 16e édition (2009) de l’Ethnologue, on peut lire ceci: «La manière dont chacun choisit de définir une langue dépend des motifs qu'on a d'identifier cette langue comme étant distincte d'une autre. Certains basent la définition d'une langue sur des raisons purement linguistiques. D'autres reconnaissent la nécessité de prendre également en compte des facteurs sociaux, culturels ou politiques. En outre, les locuteurs d'une langue ont souvent leurs propres critères sur l'appropriation d'une langue comme étant la leur. Ces critères sont souvent bien davantage liés à des questions de patrimoine et d'identité qu'aux traits linguistiques de la langue ou des langues en question.»
Comme expliqué dans cette même introduction, une caractéristique de la base de données de l'Ethnologue depuis 1971 est un système de codes qui identifient chaque langue sur trois lettres (par exemple «fra» pour le français), avec inclusion des identifiants dans l'encyclopédie elle-même à partir de la 10e édition (1984). À l’invitation de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) en 2002, SIL International prépare une nouvelle norme ISO permettant d'harmoniser les identifiants utilisés dans l'Ethnologue avec ceux de la norme ISO 639-2 (1998), en intégrant aussi les identifiants des langues mortes et artificielles utilisés dans la Linguist List, une grande liste de diffusion à destination des linguistes. Publiée en 2007, la nouvelle norme ISO 639-3 attribue un identifiant de trois lettres à près de 7.500 langues. SIL International est également désigné comme l’organisme responsable de la gestion du cycle annuel des modifications et des mises à jour.
2010 > UN ATLAS DE L'UNESCO POUR LES LANGUES MENACÉES
[Résumé] En 2010, dans le cadre de son programme de préservation des langues menacées, l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) lance un atlas interactif des langues en danger dans le monde. La version en ligne gratuite est complémentaire de la version imprimée payante (3e édition, 2010), réalisée sous la direction de Christopher Moseley, et disponible en anglais, en français et en espagnol, suite aux deux premières éditions publiées en 1996 et 2001. L’atlas interactif comprend 2.473 langues en juin 2011, avec un moteur de recherche par pays ou région, par nom de langue, par nombre de locuteurs, par vitalité et par code ISO 639-3. Les noms des langues sont indiqués dans leurs transcriptions en français, en anglais et en espagnol. Les noms alternatifs (variantes orthographiques, dialectes ou noms en caractères non latins) sont également fournis dans de nombreux cas.
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En 2010, dans le cadre de son programme de préservation des langues menacées, l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) lance un atlas interactif des langues en danger dans le monde.
La version en ligne gratuite est complémentaire de la version imprimée payante, la dernière édition en date étant la 3e édition (2010), réalisée sous la direction de Christopher Moseley et publiée en trois langues (français, anglais, espagnol). Les deux premières éditions datent respectivement de 1996 et 2001.
L’atlas interactif comprend 2.473 langues en juin 2011, avec un moteur de recherche par pays ou région, par nom de langue, par nombre de locuteurs de/à, par vitalité et par code ISO 639-3.
Les noms des langues sont indiqués dans leurs transcriptions en français, en anglais et en espagnol. Les noms alternatifs (variantes orthographiques, dialectes ou noms en caractères non latins) sont également fournis dans de nombreux cas.
# La vitalité des langues
Le rapport de l’UNESCO sur la vitalité et le danger de disparition des langues établit six niveaux de vitalité: sûre, vulnérable, en danger, sérieusement en danger, en situation critique, éteinte.
«Sûre» signifie que la langue est parlée par toutes les générations et que la transmission intergénérationnelle est ininterrompue. Les langues concernées ne sont donc pas incluses dans l’atlas.
«Vulnérable» signifie que la plupart des enfants parlent la langue, mais qu’elle est restreinte à certains domaines, par exemple la maison.
«En danger» signifie que les enfants n’apprennent plus la langue comme langue maternelle à la maison.
«Sérieusement en danger» signifie que la langue est parlée par les grands-parents. Si la génération des parents peut la comprendre, les parents ne la parlent pas entre eux ou avec les enfants.
«En situation critique» signifie que les locuteurs les plus jeunes sont les grands-parents et leurs ascendants, et qu’ils ne parlent la langue que partiellement et peu fréquemment.
«Éteinte» signifie qu’il n’y a plus de locuteurs. L’atlas inclut les langues éteintes depuis les années 1950.
# Comment définir une langue en péril
À quel moment une langue est-elle considérée comme en péril? Comme expliqué par l’UNESCO sur le site de l’atlas interactif, «une langue est en péril lorsque ses locuteurs cessent de l’utiliser, réservent son usage à des domaines de plus en plus restreints, emploient un moins grand nombre de registres ou de styles de parole, et/ou arrêtent de la transmettre à la génération suivante. Aucun facteur ne détermine à lui seul si une langue est en danger.»
Selon les experts de l’UNESCO, il importe de considérer les neuf critères suivants: (1) la transmission de la langue d’une génération à l’autre, (2) le nombre absolu de locuteurs, (3) le taux de locuteurs par rapport à l’ensemble de la population, (4) l’utilisation de la langue dans les différents domaines publics et privés, (5) la réactivité d’une langue face aux nouveaux domaines et médias, (6) l’existence de matériels d’apprentissage et d’enseignement de la langue, (7) les attitudes et politiques linguistiques au niveau du gouvernement et des institutions, y compris son usage et son statut au niveau officiel, (8) les attitudes des membres de la communauté vis-à-vis de leur propre langue, (9) le type et la qualité de la documentation.
Quels sont les facteurs de disparition d’une langue? Selon les mêmes experts, «une langue disparaît lorsqu’elle n’a plus de locuteurs ou que ceux-ci se mettent à parler une autre langue - en général, une langue de plus grande importance utilisée par un groupe plus puissant. Les langues sont menacées par des forces externes telles qu’une domination militaire, économique, religieuse, culturelle ou éducative, ou par des forces internes comme l’attitude négative d’une population à l’égard de sa propre langue. Aujourd’hui, les migrations accrues et l’urbanisation rapide s’accompagnent souvent de la perte des modes de vie traditionnels et d’une forte pression en faveur de l’utilisation d’une langue dominante qui est nécessaire - ou perçue comme telle - à une vraie participation totale à la vie civique et au progrès économique.»
Copyright © 2012 Marie Lebert