Le web, une encyclopédie multilingue
Part 4
Dix ans plus tard, en 2007, la Wordtheque (devenue la Logos Library) comprend 710 millions de termes, Linguistic Resources (qui n’a pas changé de nom) offre un point d’accès unique à 1.215 glossaires et Conjugation of Verbs (devenu l’Universal Conjugator) propose des tableaux de conjugaison dans 36 langues.
1997 > DES BASES TERMINOLOGIQUES SPÉCIALISÉES
[Résumé] En 1997 et 1998, des organisations internationales mettent leurs bases terminologiques spécialisées en accès libre sur le web, par exemple la base ILOTERM de l’Organisation internationale du Travail (OIT), la base TERMITE de l'Union internationale des télécommunications (UIT) et la base WHOTERM de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce qui leur permet d’être à la disposition des traducteurs et linguistiques du monde entier. Prenons l’exemple de la base terminologique de l’OMS. WHOTERM, acronyme de «WHO Terminology Information System», est une base terminologique trilingue (anglais, espagnol, français) dont le but est d’«améliorer la rigueur et la cohérence des textes rédigés, préparés ou traduits. Elle permet également à tous ceux qui collaborent à des programmes techniques de l'OMS d'enrichir les terminologies nouvelles, de promouvoir leur normalisation et de garantir leur diffusion.»
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En 1997 et 1998, des organisations internationales mettent leurs bases terminologiques spécialisées en accès libre sur le web, ce qui leur permet d’être à la disposition des traducteurs et linguistiques du monde entier.
C’est le cas par exemple pour la base ILOTERM de l’Organisation internationale du Travail (OIT), la base TERMITE de l'Union internationale des télécommunications (UIT) et la base WHOTERM de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
ILOTERM est une base terminologique quadrilingue (allemand, anglais, espagnol, français) qui est l’oeuvre de l'Unité de terminologie et de références du Service des documents officiels (OFFDOC) de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Comme indiqué sur le site web en 1998, «sa principale finalité est d'apporter des solutions, conformes à l'usage courant, à des problèmes terminologiques dans le domaine du travail et des questions sociales. Les termes figurent en anglais avec leurs équivalents en français, espagnol et/ou allemand. La base de données contient également (dans une à quatre langues) des articles concernant la structure et les programmes de l'OIT, les noms officiels d'institutions internationales, d'organismes nationaux et d'organisations nationales d'employeurs et de travailleurs, ainsi que les titres de réunions et d'instruments internationaux.»
TERMITE - acronyme de «Base de données terminologique des Télécommunications de l'UIT» - est également quadrilingue (anglais, espagnol, français, russe) et géré par la Section de traduction de l'Union internationale des télécommunications (UIT). Comme indiqué sur le site web, «TERMITE contient tous les termes qui apparaissent dans tous les glossaires de l'UIT imprimés depuis 1980, ainsi que des termes plus récents en rapport avec les différentes activités de l'Union (en tout quelque 59.000 entrées). Normalement les collaborateurs qui s'occupent de l'amélioration et de la mise à jour de cette base de données sont des traducteurs ou des réviseurs techniques. TERMITE est surtout visité par les traducteurs internes mais aussi par des utilisateurs externes, travaillant dans le domaine des télécommunications.»
WHOTERM - acronyme de «WHO Terminology Information System» - est la base terminologique trilingue (anglais, espagnol, français) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le but est d’«améliorer la rigueur et la cohérence des textes rédigés, préparés ou traduits. Elle permet également à tous ceux qui collaborent à des programmes techniques de l'OMS d'enrichir les terminologies nouvelles, de promouvoir leur normalisation et de garantir leur diffusion.»
1998 > LA NÉCESSITÉ D’UNE «DÉMOCRATIE LINGUISTIQUE»
[Résumé] Brian King, directeur du WorldWide Language Institute (WWLI), développe le concept de «démocratie linguistique» en septembre 1998: «Dans un rapport de l'UNESCO du début des années 1950, l'enseignement dispensé dans sa langue maternelle était considéré comme un droit fondamental de l'enfant. La possibilité de naviguer sur l'internet dans sa langue maternelle pourrait bien être son équivalent à l'Âge de l'Information. Si l'internet doit vraiment devenir le réseau mondial qu'on nous promet, tous les usagers devraient y avoir accès sans problème de langue. Considérer l'internet comme la chasse gardée de ceux qui, par accident historique, nécessité pratique ou privilège politique, connaissent l'anglais, est injuste à l'égard de ceux qui ne connaissent pas cette langue.»
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Brian King, directeur du WorldWide Language Institute (WWLI), développe le concept de «démocratie linguistique» en septembre 1998.
Il explique lors d’un entretien par courriel: «Dans un rapport de l'UNESCO du début des années 1950, l'enseignement dispensé dans sa langue maternelle était considéré comme un droit fondamental de l'enfant. La possibilité de naviguer sur l'internet dans sa langue maternelle pourrait bien être son équivalent à l'Âge de l'Information. Si l'internet doit vraiment devenir le réseau mondial qu'on nous promet, tous les usagers devraient y avoir accès sans problème de langue. Considérer l'internet comme la chasse gardée de ceux qui, par accident historique, nécessité pratique ou privilège politique, connaissent l'anglais, est injuste à l'égard de ceux qui ne connaissent pas cette langue.»
Un facteur de développement d’un internet multilingue est «la compétition entre les grandes sociétés pour une part de marché global», avec «l'exportation des technologies de l'information dans le monde entier. La popularisation est maintenant effective à l'échelon mondial, et l'anglais n'est plus nécessairement la langue obligée de l'utilisateur. Il n'y a plus vraiment de langue indispensable, il y a les langues propres aux utilisateurs. Une chose est certaine: il n'est plus nécessaire de comprendre l'anglais pour utiliser un ordinateur, de même qu'il n'est plus nécessaire d'avoir un diplôme d'informatique. La demande des utilisateurs non anglophones - et l'effort entrepris par les sociétés de haute technologie se faisant concurrence pour obtenir les marchés mondiaux - ont fait de la localisation un secteur en expansion rapide dans le développement des logiciels et du matériel informatique.»
Un autre facteur est le développement du commerce électronique: «De même que l'utilisateur non anglophone peut maintenant avoir accès aux nouvelles technologies dans sa propre langue, l'impact du commerce électronique peut constituer une force majeure qui fasse du multilinguisme la voie la plus naturelle vers le cyberespace. Les vendeurs de produits et services dans le marché virtuel mondial que devient l'internet doivent être préparés à desservir un monde virtuel qui soit aussi multilingue que le monde physique. S'ils veulent réussir, ils doivent s'assurer qu'ils parlent bien la langue de leurs clients!»
C’est ce que fait Bill Dunlap, fondateur de Euro-Marketing Associates, une société de conseil en marketing qu'il lance en 1985 à Paris et San Francisco. En 1995, il restructure cette société en service de conseil en ligne dénommé Global Reach, le but étant de promouvoir en Europe les sites web des entreprises américaines, afin d'attirer plus de visiteurs, et donc d'augmenter les ventes. Cette méthode comprend la traduction d'un site web dans plusieurs langues (ce qu’on appelle la localisation d’un site), la promotion active des sites traduits et enfin l'accroissement de la fréquentation locale au moyen de bandeaux publicitaires ciblés.
Bill Dunlap écrit en décembre 1998: «Il y a très peu de gens aux États-Unis qui sont intéressés de communiquer dans plusieurs langues. Pour la plupart, ils pensent encore que le monde entier parle anglais. Par contre, en Europe, les pays sont petits, si bien que, depuis des siècles, une perspective internationale est nécessaire», d’où l’intérêt de son travail sur les deux continents.
Coordinateur d'ELSNET (European Network of Excellence in Human Language Technologies), Steven Krauwer explique en septembre 1998: «En tant que citoyen européen, je pense que le multilinguisme sur le web est absolument essentiel. À mon avis, ce n'est pas une situation saine à long terme que seuls ceux qui ont une bonne maîtrise de l'anglais puissent pleinement exploiter les bénéfices du web. En tant que chercheur (spécialisé dans la traduction automatique), je vois le multilinguisme comme un défi majeur: pouvoir garantir que l'information sur le web soit accessible à tous, indépendamment des différences de langue.»
Pour ce faire, il suggère plusieurs solutions pratiques: «(a) en ce qui concerne les auteurs: une meilleure formation des auteurs de sites web pour exploiter les combinaisons possibles permettant d'améliorer la communication en surmontant la barrière de la langue (et pas seulement par un vernis superficiel); (b) en ce qui concerne les usagers: des logiciels de traduction de type AltaVista Translation [Babel Fish], dont la qualité n'est pas frappante, mais qui a le mérite d'exister; (c) en ce qui concerne les logiciels de navigation: des logiciels de traduction intégrés, particulièrement pour les langues non dominantes, et des dictionnaires intégrés plus rapides à consulter.»
Si l’internet gagne le monde entier avec l’anglais comme principale langue d’échange, tout le monde ne parle pas l’anglais, loin de là, et même ceux qui le lisent préfèrent consulter le web dans leur propre langue. Pour élargir leur champ d’action, les sociétés doivent donc proposer des sites bilingues, trilingues sinon plurilingues, en adaptant leur contenu à un public spécifique, que ce soit un pays ou une communauté linguistique. D’où la nécessité de l’internationalisation et de la localisation des sites, qui devient indispensable dans les années qui suivent, avec les sociétés et organismes anglophones proposant leurs sites à la fois en anglais et dans d’autres langues, et les sociétés et organismes non anglophones proposant leurs sites dans leur(s) propre(s) langue(s) et en anglais.
1999 > LES DICTIONNAIRES BILINGUES DE WORDREFERENCE.COM
[Résumé] Michael Kellogg crée le site WordReference.com en 1999. Il raconte beaucoup plus tard sur son site: «J'ai débuté ce site en 1999 pour procurer des dictionnaires bilingues gratuits en ligne et d'autres outils pour tous sur l'internet. Depuis, le site s'est progressivement développé pour devenir l'un des sites de dictionnaires en ligne les plus utilisés, et le principal dictionnaire en ligne pour les paires de langues anglais-espagnol, anglais-français, anglais-italien, espagnol-français et espagnol- portugais. Ce site est toujours classé sans interruption parmi les 500 sites les plus visités du web.» WordReference.com offre également des forums linguistiques très actifs, tout comme des versions allégées de ses dictionnaires pour appareil mobile.
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Michael Kellogg crée le site WordReference.com en 1999 pour procurer des dictionnaires bilingues gratuits en ligne.
Il raconte beaucoup plus tard sur son site: «L'internet a été un incroyable outil ces dernières années pour rassembler des gens du monde entier. L'un des principaux obstacles à cela reste bien entendu la langue. Le contenu de l'internet est pour une grande part en anglais et de très nombreux usagers lisent ces pages alors que l'anglais est leur deuxième langue et non leur langue maternelle. De par mes propres expériences avec la langue espagnole, je sais que de nombreux lecteurs comprennent une grande partie de ce qu'ils lisent, mais pas la totalité.
J'ai débuté ce site en 1999 pour procurer des dictionnaires bilingues gratuits en ligne et d'autres outils pour tous sur l'internet. Depuis, le site s'est progressivement développé pour devenir l'un des sites de dictionnaires en ligne les plus utilisés, et le principal dictionnaire en ligne pour les paires de langues anglais-espagnol, anglais-français, anglais-italien, espagnol- français et espagnol-portugais. Ce site est toujours classé sans interruption parmi les 500 sites les plus visités du web. Aujourd'hui, je suis heureux de continuer à améliorer ces dictionnaires, les autres outils linguistiques du site et les forums de langues.»
En 2010, outre ces dictionnaires, WordReference.com propose un dictionnaire monolingue anglais ainsi que des dictionnaires de l'anglais vers d’autres langues (arabe, chinois, coréen, grec, japonais, polonais, portugais, roumain, tchèque, turc) et vice versa. Pour la langue espagnole, un dictionnaire monolingue voisine avec un dictionnaire de synonymes, un dictionnaire espagnol-français et un dictionnaire espagnol-portugais. Des tableaux de conjugaison sont disponibles pour l'espagnol, le français et l'italien. L’allemand et le russe disposent d’un dictionnaire monolingue. WordReference Mini est une version miniature du site pour intégration dans d'autres sites, par exemple des sites d'apprentissage de langues. Une version pour appareil mobile est disponible pour plusieurs dictionnaires, de l’anglais vers l’espagnol, le français et l’italien, et vice versa, avec d'autres paires de langues à venir.
1999 > L’INTERNET, OUTIL INDISPENSABLE POUR LES TRADUCTEURS
[Résumé] L’internet devient un outil important pour les traducteurs, tout comme «une source indispensable et inépuisable d’informations», comme expliqué par Marcel Grangier, responsable de la section française des Services linguistiques centraux de l’Administration fédérale suisse. Il écrit en janvier 1999: «Travailler sans internet est devenu tout simplement impossible. Au-delà de tous les outils et commodités utilisés (messagerie électronique, consultation de la presse électronique, activités de services au profit de la profession des traducteurs), internet reste pour nous une source indispensable et inépuisable d'informations dans ce que j'appellerais le "secteur non structuré" de la toile. Pour illustrer le propos, lorsqu'aucun site comportant de l'information organisée ne fournit de réponse à un problème de traduction, les moteurs de recherche permettent dans la plus grande partie des cas de retrouver le chaînon manquant quelque part sur le réseau.» Le service de Marcel Grangier gère notamment le répertoire Dictionnaires électroniques, une liste exhaustive de dictionnaires disponibles en ligne.
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L’internet devient un outil important pour les traducteurs, tout comme «une source indispensable et inépuisable d’informations».
Marcel Grangier est responsable de la section française des Services linguistiques centraux de l’Administration fédérale suisse. Il explique en janvier 1999: «Travailler sans internet est devenu tout simplement impossible. Au-delà de tous les outils et commodités utilisés (messagerie électronique, consultation de la presse électronique, activités de services au profit de la profession des traducteurs), internet reste pour nous une source indispensable et inépuisable d'informations dans ce que j'appellerais le "secteur non structuré" de la toile. Pour illustrer le propos, lorsqu'aucun site comportant de l'information organisée ne fournit de réponse à un problème de traduction, les moteurs de recherche permettent dans la plus grande partie des cas de retrouver le chaînon manquant quelque part sur le réseau.»
D’après lui, «le multilinguisme sur internet peut être considéré comme une fatalité heureuse et surtout irréversible. C'est dans cette optique qu'il convient de creuser la tombe des rabat-joie dont le seul discours est de se plaindre d'une suprématie de l'anglais. La suprématie de l’anglais n’est pas un mal en soi, dans la mesure où elle résulte de réalités essentiellement statistiques (plus de PC par habitant, plus de locuteurs de cette langue, etc.). La riposte n’est pas de "lutter contre l’anglais" et encore moins de s’en tenir à des jérémiades, mais de multiplier les sites en d’autres langues. Notons qu’en qualité de service de traduction, nous préconisons également le multilinguisme des sites eux-mêmes. La multiplication des langues présentes sur l'internet est inévitable, et ne peut que bénéficier aux échanges multiculturels. Pour que ces échanges prennent place dans un environnement optimal, il convient encore de développer les outils qui amélioreront la compatibilité. La gestion complète des diacritiques ne constitue qu'un exemple de ce qui peut encore être entrepris.»
Géré par le service de Marcel Grangier, le répertoire Dictionnaires électroniques est liste très complète de dictionnaires monolingues (allemand, anglais, espagnol, français, italien), bilingues et multilingues disponibles en ligne, complétée par des répertoires d'abréviations et acronymes et des répertoires géographiques, essentiellement des atlas. Ce répertoire déménagera plus tard sur le nouveau site de la Conférence des Services de traduction des États européens (CST).
Marcel Grangier précise en janvier 2000: "Les Dictionnaires électroniques ne sont qu’une partie de l’ensemble [du site web], et d’autres secteurs documentaires ont trait à l’administration, au droit, à la langue française, etc., sans parler des informations générales. (...) Conçu d’abord comme un service intranet, notre site web se veut en premier lieu au service des traducteurs opérant en Suisse, qui souvent travaillent sur la même matière que les traducteurs de l’Administration fédérale, mais également, par certaines rubriques, au service de n’importe quel autre traducteur où qu’il se trouve.»
Maria Victoria Marinetti, traductrice de nationalité mexicaine, est titulaire d'un doctorat en ingénierie. Elle raconte en août 1999: «J'ai accès à un nombre important d'informations au niveau mondial, ce qui est très intéressant pour moi. J'ai également la possibilité de transmettre ou de recevoir des fichiers, dans un va-et-vient d'information constant. L'internet me permet de recevoir ou d'envoyer des traductions générales ou techniques du français vers l'espagnol et vice versa, ainsi que des textes espagnols corrigés. Dans le domaine technique ou chimique, je propose une aide technique, ainsi que des informations sur l'exportation d'équipes de haute technologie vers le Mexique ou d'autres pays d'Amérique latine.»
En ce qui concerne le multilinguisme, «il est très important de pouvoir communiquer en différentes langues. Je dirais même que c’est obligatoire, car l’information donnée sur l'internet est à destination du monde entier, alors pourquoi ne l’aurions-nous pas dans notre propre langue ou dans la langue que nous souhaitons utiliser? Information mondiale, mais pas de vaste choix dans les langues, ce serait contradictoire, pas vrai?»
En 2000, l’internet est multilingue, et la moitié des usagers n’est pas de langue maternelle anglaise, mais la barrière de la langue est loin d'avoir disparu. Si toutes les langues sont désormais représentées sur le web, on oublie trop souvent que de nombreux usagers sont unilingues, et que même les polyglottes ne peuvent connaître toutes les langues. Il importe aussi d'avoir à l'esprit l'ensemble des langues, et pas seulement les langues dominantes. Il reste à créer des passerelles entre les communautés linguistiques pour favoriser la circulation des informations dans d'autres langues, notamment en améliorant la qualité des logiciels de traduction.
1999 > LA NÉCESSITÉ D'UNE INFORMATION BILINGUE
[Résumé] Henk Slettenhaar, professeur en technologies des communications à la Webster University de Genève (Suisse), insiste régulièrement sur la nécessité de sites d’information bilingues, dans la langue originale et en anglais. Il écrit en 1999 : «Les communautés locales présentes sur le web devraient en tout premier lieu utiliser leur langue pour diffuser des informations. Si elles veulent présenter ces informations à la communauté mondiale, celles-ci doivent être disponibles aussi en anglais. Je pense qu’il existe un réel besoin de sites bilingues. (…) À mon avis, il existe deux types de recherches sur le web. La première est la recherche globale dans le domaine des affaires et de l’information. Pour cela, la langue est d’abord l’anglais, avec des versions locales si nécessaire. La seconde, ce sont les informations locales de tous ordres dans les endroits les plus reculés. Si l’information est à destination d’une ethnie ou d’un groupe linguistique, elle doit d’abord être disponible dans la langue de l’ethnie ou du groupe, avec peut-être un résumé en anglais.»
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Le web étant un médium à destination du monde, il paraît indispensable d’offrir des informations bilingues sinon plurilingues.
Henk Slettenhaar est professeur à la Webster University de Genève (Suisse), où il enseigne les technologies des communications. Il insiste régulièrement sur la nécessité de sites d’information bilingues, dans la langue originale et en anglais. «Les communautés locales présentes sur le web devraient en tout premier lieu utiliser leur langue pour diffuser des informations, écrit-il en décembre 1998. Si elles veulent présenter ces informations à la communauté mondiale, celles-ci doivent être disponibles aussi en anglais. Je pense qu’il existe un réel besoin de sites bilingues. (...) Mais je suis enchanté qu’il existe maintenant tant de documents disponibles dans leur langue originale. Je préfère de beaucoup lire l’original avec difficulté plutôt qu’une traduction médiocre.»
Il ajoute en août 1999: «À mon avis, il existe deux types de recherches sur le web. La première est la recherche globale dans le domaine des affaires et de l’information. Pour cela, la langue est d’abord l’anglais, avec des versions locales si nécessaire. La seconde, ce sont les informations locales de tous ordres dans les endroits les plus reculés. Si l’information est à destination d’une ethnie ou d’un groupe linguistique, elle doit d’abord être disponible dans la langue de l’ethnie ou du groupe, avec peut-être un résumé en anglais.»
Guy Antoine crée en avril 1998 le site Windows on Haiti pour promouvoir la culture haïtienne et sa langue. Il croit toutefois en la nécessité de l'anglais en tant que langue commune et relate en novembre 1999: «Pour des raisons pratiques, l'anglais continuera de dominer le web. Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose, en dépit des sentiments régionalistes qui s'y opposent, parce que nous avons besoin d'une langue commune permettant de favoriser les communications à l'échelon international. L'internet peut héberger des informations utiles sur les langues minoritaires, qui seraient autrement amenées à disparaître sans laisser de traces. De plus, à mon avis, l'internet incite les gens à apprendre les langues associées aux cultures qui les intéressent. Ces personnes réalisent rapidement que la langue d'un peuple est un élément fondamental de sa culture. (…) Dans Windows on Haiti, la langue principale est l'anglais, mais on y trouve tout aussi bien un forum de discussion animé conduit en kreyòl [créole haïtien]. On y trouve également des documents sur Haïti en français et dans l'ancien créole colonial, et je suis prêt à publier d'autres documents en espagnol et dans diverses langues. Je ne propose pas de traductions, mais le multilinguisme est effectif sur ce site, et je pense qu'il deviendra de plus en plus la norme sur le web.»