Le Suicide: Etude de Sociologie

Part 44

Chapter 443,365 wordsPublic domain

[148: V. Prinzing, _op. cit._, p. 28-31.--Il est curieux qu'en Prusse la presse et les arts donnent un chiffre assez ordinaire (279 suicides).]

[149: Oettingen, _Moralstatistik_, annexes, tableau 83.]

[150: Morselli, p. 223.]

[151: Oettingen, _ibid._, p. 577.]

[152: À l'exception de l'Espagne. Mais, outre que l'exactitude de la statistique espagnole nous laisse sceptique, l'Espagne n'est pas comparable aux grandes nations de l'Europe centrale et septentrionale.]

[153: Baly et Boudin. Nous citons d'après Morselli, p. 225.]

[154: D'après Alwin Petersilie, _Zur Statistik der höheren Lehranstalten in Preussen._ In Zeitschr. d. preus. stät. Bureau, 1877, p. 109 et suiv.]

[155: _Zeitschr. d. pr. stat. Bureau_, 1889, p. XX.]

[156: Voici, en effet, de quelle manière très inégale les protestants fréquentent les établissements d'enseignement secondaire dans les différentes provinces de Prusse:

/* +----------+--------------------------------+-----------+------------+ | | RAPPORT DE LA POPULATION | RAPPORT | DIFFÉRENCE | | | protestante | moyen des | entre le | | | à la population totale | élèves | deuxième | | | |protestants| rapport et | | | | au total | le premier | | | |des élèves | | +----------+--------------------------------+-----------+------------+ |1er groupe| De 98,7 à 87,2 %--Moyenne 94,6 | 90,8 | - 3,8 | +----------+--------------------------------+-----------+------------+ |2e ---- | De 80 à 50 % -- --- 70,3. | 75,3 | + 5 | +----------+--------------------------------+-----------+------------+ |3e ---- | De 50 à 40 % -- --- 46,4. | 56,0 | + 10,4 | +----------+--------------------------------+-----------+------------+ |4e ---- | Au-dessous. -- --- 29,2. | 61,0 | + 31,8 | +----------+--------------------------------+-----------+------------+ */

Ainsi, là où le protestantisme est en grande majorité, sa population scolaire n'est pas en rapport avec sa population générale. Dès que la minorité catholique s'accroît, la différence entre les deux populations, de négative, devient positive et cette différence positive devient plus grande à mesure que les protestants deviennent moins nombreux. Le culte catholique, lui aussi, montre plus de curiosité intellectuelle là où il est en minorité (V. Oettingen, _Moralstatistik_, p. 650).]

[157: La seule prescription pénale que nous connaissions est celle dont nous parle Flavius Josèphe, dans son _Histoire de la guerre des Juifs contre les Romains_ (III, 25), et il y est simplement dit que «les corps de ceux qui se donnent volontairement la mort demeurent sans sépulture jusqu'après le coucher du soleil, quoiqu'il soit permis d'enterrer auparavant ceux qui ont été tués à la guerre». On peut même se demander si c'est là une mesure pénale.]

[158: V. Wagner, _Die Gesetzmässigkeit_, etc., p. 177.]

[159: V. article _Mariage_, in _Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales_, 2e série. V. p. 50 et suiv.--Cf., sur cette question, J. Bertillon fils, _Les célibataires, les veufs et les divorcés au point de vue du mariage_, in _Revue scientifique_, février 1879.--Du même, un article dans le _Bulletin de la société d'anthropologie_, 1880, p. 280 et suiv.--Durkheim, _Suicide et natalité_, in _Revue philosophique_, novembre 1888.]

[160: Nous supposons que l'âge moyen des groupes est le même qu'en France. L'erreur qui peut résulter de cette supposition est très légère.]

[161: À condition de considérer les deux sexes réunis. On verra plus tard l'importance de cette remarque (livre II, ch. V, § 3).]

[162: V. Bertillon, art., _Mariage_, in _Dict. Encycl._, 2e série. V. p. 52.--Morselli, p. 348.--_Corre, Crime et suicide_, p. 472.]

[163: Et pourtant le travail à faire pour réunir ces informations, considérable quand il est entrepris par un particulier, pourrait être effectué sans grande peine par les bureaux officiels de statistique. On nous donne toute sorte de renseignements sans intérêt et on nous tait le seul qui nous permettrait d'apprécier, comme on le verra plus loin, l'état où se trouve la famille dans les différentes sociétés d'Europe.]

[164: Il y a bien aussi une statistique suédoise, reproduite dans le _Bulletin de démographie internationale_, année 1878, p. 195, qui donne les mêmes renseignements. Mais elle est inutilisable. D'abord, les veufs y sont confondus avec les célibataires, ce qui rend la comparaison peu significative, car des conditions aussi différentes demandent à être distinguées. Mais de plus, nous la croyons erronée. Voici en effet quels chiffres on y trouve:

/* +--------------------------------------------------------------------+ | _Suicides pour 100.000 habitants de chaque sexe, | | du même état civil et du même âge._ | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ | |16 à |26 à |36 à |46 à |56 à |66 à | AU delà | | |25 ans|35 ans|45 ans|55 ans|65 ans|75 ans| | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ | | HOMMES | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ |Mariés |10,51 |10,58 |18,77 |24,08 | 26,29| 20,76| 9,48 | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ |Non-mariés | 5,69 |25,73 |66,95 |90,72 |150,08|229,27| 333,35 | |(veufs et | | | | | | | | |célibataires)| | | | | | | | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ | | FEMMES | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ |Mariées | 2,63 | 2,76 | 4,15 | 5,55 | 7,09| 4,67| 7,64 | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ |Non-mariées | 2,99 | 6,14 |13,23 |17,05 | 25,98| 51,93| 34,69 | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ | _Combien les non-mariés se tuent-ils de fois plus que les mariés | | du même sexe et du même âge?_ | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ |Hommes | 0,5 | 2,4 | 3,5 | 3,7 | 5,7 | 11 | 37 | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ |Femmes | 1,13 | 2,22 | 3,18 | 3,04 | 3,66| 11,12| 4,5 | +-------------+------+------+------+------+------+------+------------+ */

Ces résultats nous ont, dès le premier abord, paru suspects en ce qui concerne l'énorme degré de préservation dont jouiraient les mariés des âges avancés, tant ils s'écartent de tous les faits que nous connaissons. Pour procéder à une vérification que nous jugions indispensable, nous avons recherché les nombres absolus de suicides commis par chaque groupe d'âge dans le même pays et pendant la même période. Ce sont les suivants pour le sexe masculin:

/* +---------------------+-----+-----+-----+-----+-----+-----+----------+ | |16-25|26-35|36-45|46-55|56-65|66-75|AU-DESSUS.| | |ans. |ans. |ans. |ans. |ans. |ans. | | +---------------------+-----+-----+-----+-----+-----+-----+----------+ |Mariés. | 16 | 220 | 567 | 640 | 383 | 140 | 15 | +---------------------+-----+-----+-----+-----+-----+-----+----------+ |Non-mariés. | 283 | 519 | 410 | 269 | 217 | 156 | 56 | +---------------------+-----+-----+-----+-----+-----+-----+----------+ */

En rapprochant ces chiffres des nombres proportionnels donnés ci-dessus on peut se convaincre qu'une erreur a été commise. En effet, de 66 à 75 ans, les mariés et les non-mariés donnent presque le même nombre absolu de suicides, alors que, par 100.000 habitants, les premiers se tueraient 11 fois moins que les seconds. Pour cela, il faudrait qu'à cet âge il y eût environ 10 fois (exactement 9,2 fois) plus d'époux que de non-mariés, c'est-à-dire que de veufs et célibataires réunis. Pour la même raison, au-dessus de 75 ans, la population mariée devrait être exactement 10 fois plus considérable que l'autre. Or cela est impossible. À ces âges avancés, les veufs sont très nombreux et, joints aux célibataires, ils sont ou égaux ou même supérieurs en nombre aux époux. On pressent par là quelle erreur a probablement été commise. On a dû additionner ensemble les suicides des célibataires et des veufs et ne diviser le total ainsi obtenu que par le chiffre représentant la population célibataire seule, tandis que les suicides des époux ont été divisés par un chiffre représentant la population veuve et la population mariée réunies. Ce qui tend à faire croire qu'on a dû procéder ainsi, c'est que le degré de préservation dont jouiraient les époux n'est extraordinaire que vers les âges avancés, c'est-à-dire quand le nombre des veufs devient assez important pour fausser gravement les résultats du calcul. Et l'invraisemblance est à son maximum après 75 ans, c'est-à-dire quand les veufs sont très nombreux.]

[165: Les chiffres se rapportent donc, non à l'année moyenne, mais au total des suicides commis pendant ces quinze années.]

[166: V. plus haut liv. II, ch. III, p. I.--On pourrait croire, il est vrai, que cette situation défavorable des époux de 15 à 20 ans vient de ce que leur âge moyen est supérieur à celui des célibataires de la même période. Mais ce qui prouve qu'il y a réelle aggravation, c'est que le taux des époux de l'âge suivant (20 à 25 ans) est cinq fois moindre.]

[167: V. Bertillon, art. _Mariage_, p. 43 et suiv.]

[168: Il n'y a qu'une exception; ce sont les femmes de 70 à 80 ans dont le coefficient descend légèrement au-dessous de l'unité. Ce qui détermine ce fléchissement, c'est l'action du département de la Seine. Dans les autres départements (V. Tableau XXII, ci-dessous) le coefficient des femmes de cet âge est supérieur à l'unité; cependant, il est à remarquer que, même en province, il est inférieur à celui des autres âges.]

[169: Paris, 1888, p. 436.]

[170: J. Bertillon fils, article cité de la _Revue scientifique_.]

[171: Pour rejeter l'hypothèse d'après laquelle la situation privilégiée des mariés serait due à la sélection matrimoniale, on a quelquefois allégué la prétendue aggravation qui résulterait du veuvage. Mais nous venons de voir que cette aggravation n'existe pas par rapport aux célibataires. Les veufs se tuent plutôt moins que les individus non mariés. L'argument ne porte donc pas.]

[172: Ces chiffres se rapportent à la France et au dénombrement de 1891.]

[173: Nous faisons cette réserve parce que ce coefficient de 2,39 se rapporte à la période de 15 à 20 ans et que, comme les suicides d'épouses sont très rares à cet âge, le petit nombre de cas qui a servi de base au calcul en rend l'exactitude un peu douteuse.]

[174: Le plus souvent, quand on compare ainsi la situation respective des sexes dans deux conditions d'état civil différentes, on ne prend pas soin d'éliminer l'influence de l'âge; mais on obtient alors des résultats inexacts. Ainsi, d'après la méthode ordinaire, on trouverait qu'en 1887-91 il y a eu 21 suicides de femmes mariées pour 79 d'époux et 19 suicides de filles sur 100 suicides de célibataires de tout âge. Ces chiffres donneraient une idée fausse de la situation. Le tableau ci-dessus montre que la différence entre la part de l'épouse et celle de la fille est, à tout âge, beaucoup plus grande. La raison en est que l'écart entre les sexes varie avec l'âge dans les deux conditions. Entre 70 et 80 ans il est environ le double de ce qu'il était à 20 ans. Or, la population célibataire est presque tout entière composée de sujets au-dessous de 30 ans. Si donc on ne tient pas compte de l'âge, l'écart que l'on obtient est, en réalité, celui qui sépare garçons et filles vers la trentaine. Mais alors, en le comparant à celui qui sépare les époux sans distinction d'âge, comme ces derniers sont en moyenne âgés de 50 ans, c'est par rapport aux époux de cet âge que se fait la comparaison. Celle-ci se trouve ainsi faussée, et l'erreur est encore aggravée par ce fait que la distance entre les sexes ne varie pas de la même manière dans les deux groupes sous l'action de l'âge. Elle croît plus chez les célibataires que chez les gens mariés.]

[175: De même, on peut voir au tableau précédent que la part proportionnelle des épouses aux suicides des gens mariés dépasse de plus en plus la part des filles aux suicides des célibataires, à mesure qu'on avance en âge.]

[176: Legoyt (_op. cit._, p. 175) et Corre (_Crime et suicide_, p. 475) ont, cependant, cru pouvoir établir un rapport entre le mouvement des suicides et celui de la nuptialité. Mais leur erreur vient d'abord de ce qu'ils n'ont considéré qu'une trop courte période, puis de ce qu'ils ont comparé les années les plus récentes à une année anormale, 1872, où la nuptialité française a atteint un chiffre exceptionnel, inconnu depuis 1813, parce qu'il était nécessaire de combler les vides causés par la guerre de 1870 dans les cadres de la population mariée; ce n'est pas par rapport à un pareil point de repère qu'on peut mesurer les mouvements de la nuptialité. La même observation s'applique à l'Allemagne et même à, presque tous les pays d'Europe. Il semble qu'à cette époque la nuptialité ait subi comme un coup de fouet. Nous notons une hausse importante et brusque, qui se continue parfois jusqu'en 1873, en Italie, en Suisse, en Belgique, en Angleterre, en Hollande. On dirait que toute l'Europe a été mise à contribution pour réparer les pertes des deux pays éprouvés par la guerre. Il en est résulté naturellement au bout d'un temps une baisse énorme qui n'a pas la signification qu'on lui donne (V. Oettingen, _Moralstatistik_, annexes, tableaux 1, 2 et 3).]

[177: D'après Levasseur, _Population française_, t. II, p. 208.]

[178: D'après le recensement de 1886, p. 123 du _Dénombrement_.]

[179: V. _Annuaire statistique de la France_, 15e vol., p. 43.]

[180: Pour la même raison, l'âge des époux avec enfants est supérieur à celui des époux en général et, par conséquent, le coefficient de préservation 2,9 doit être plutôt regardé comme au-dessous de la réalité.]

[181: Un écart analogue se retrouve entre le coefficient des époux sans enfants et celui des épouses sans enfants; il est toutefois beaucoup plus considérable. Le second (0,67) est inférieur au premier (1,5) de 66 %. La présence des enfants fait donc regagner à la femme la moitié du terrain qu'elle perd en se mariant. C'est dire que, si elle bénéficie moins que l'homme du mariage, elle profite, au contraire, plus que lui de la famille, c'est-à-dire des enfants. Elle est plus sensible que lui à leur heureuse influence.]

[182: Article _Mariage_, _Dict. Encycl._, 2e série, t. V, p. 36.]

[183: _Op. cit._, p. 342.]

[184: V. Bertillon, _Les célibataires, les veufs, etc._, _Rev. scient._, 1879.]

[185: Morselli invoque également à l'appui de sa thèse qu'au lendemain des guerres les suicides de veuves subissent une hausse beaucoup plus considérable que ceux de filles ou d'épouses. Mais c'est tout simplement qu'à ce moment la population des veuves s'accroît dans des proportions exceptionnelles; il est donc naturel qu'elle produise plus de suicides et que cette élévation persiste jusqu'à ce que l'équilibre se soit rétabli et que les différentes catégories d'état civil soient revenues à leur niveau normal.]

[186: Quand il y a des enfants, la baisse que subissent les deux sexes par le fait du veuvage est presque la même. Le coefficient des maris avec enfants est de 2,9; il devient de 1,6. Celui des femmes, dans les mêmes conditions, passe de 1,89 à 1,06. La diminution est de 45 % pour les premiers, de 44 % pour les secondes. C'est que, comme nous l'avons déjà dit, le veuvage produit deux sortes d'effets; il trouble: 1° la société conjugale, 2° la société familiale. Le premier trouble est beaucoup moins senti par la femme que par l'homme, précisément parce qu'elle profite moins du mariage. Mais, en revanche, le second l'est davantage; car il lui est souvent plus difficile de se substituer à l'époux dans la direction de la famille qu'à lui de la remplacer dans ses fonctions domestiques. Quand donc il y a des enfants, il se produit une sorte de compensation qui fait que la tendance au suicide des deux sexes varie, par l'effet du veuvage, dans les mêmes proportions. Ainsi c'est surtout quand il n'y a pas d'enfants, que la femme veuve regagne une part du terrain qu'elle avait perdu à l'état de mariage.]

[187: On peut voir sur le tableau XXII qu'à Paris, comme en province, le coefficient des époux au-dessous de 20 ans est au-dessous de l'unité; c'est-à-dire qu'il y a pour eux aggravation. C'est une confirmation de la loi précédemment énoncée.]

[188: On voit que, quand le sexe féminin est le plus favorisé par le mariage, la disproportion entre les sexes est bien moindre que quand c'est l'époux qui a l'avantage; nouvelle confirmation d'une remarque faite plus haut.]

[189: M. Bertillon (article cité de la _Revue scientifique_), avait déjà donné le taux des suicides pour les différentes catégories d'état civil, suivant qu'il y avait des enfants ou non. Voici les résultats qu'il a trouvés:

/* +--------------------------------------------------------------------+ |Époux avec enf.| 205 suicides par million| Veufs avec enf.| 526| | --- sans enf.| 478 --- --- | -- sans enf.| 1.004| |Épouses avec enf.| 45 --- --- | Veuves avec enf.| 104| | --- sans enf.| 158 --- --- | -- sans enf.| 238| +--------------------------------------------------------------------+ */

Ces chiffres se rapportent aux années 1861-68. Étant donné l'accroissement général des suicides, ils confirment ceux que nous avons trouvés. Mais comme l'absence d'un tableau analogue à notre tableau XXI ne permettait pas de comparer époux et veufs aux célibataires du même âge, on n'en pouvait tirer aucune conclusion précise relativement aux coefficients de préservation. Nous nous demandons d'autre part s'ils se réfèrent au pays tout entier. On nous assure, en effet, au bureau de la statistique de France, que la distinction entre époux sans enfants et époux avec enfants n'a jamais été faite avant 1886 dans les dénombrements, sauf en 1855 pour les départements, moins la Seine.]

[190: V. livre II, chap. V, § 3.]

[191: V. _Dénombrement de 1886_, p. 106.]

[192: Nous venons d'employer le mot de densité dans un sens un peu différent de celui que nous lui donnons d'ordinaire en sociologie. Généralement, nous définissons la densité d'un groupe en fonction, non du nombre absolu des individus associés (c'est plutôt ce que nous appelons le volume), mais du nombre des individus qui, à volume égal, sont effectivement en relations (V. _Règles de la Méth. sociol._, p, 139). Mais dans le cas de la famille, la distinction entre le volume et la densité est sans intérêt, parce que, à cause des petites dimensions du groupe, tous les individus associés sont en relations effectives.]

[193: Ne pas confondre les sociétés jeunes, appelées à un développement, avec les sociétés inférieures; dans ces dernières, au contraire, les suicides sont très fréquents, comme on le verra au chapitre suivant.]

[194: Voici ce qu'écrivait Helvétius en 1781: «Le désordre des finances et le changement de la constitution de l'État répandirent une consternation générale. De nombreux suicides dans la capitale en sont la triste preuve». Nous citons d'après Legoyt, p. 30. Mercier, dans son _Tableau de Paris_ (1782), dit qu'en 25 ans le nombre des suicides a triplé à Paris.]

[195: D'après Legoyt, p. 252.]

[196: D'après Masaryck, _Der Selbstmord_, p. 137.]

[197: En effet, en 1889-91, le taux annuel, à cet âge, était seulement de 396; le taux semestriel de 200 environ. Or, de 1870 à 1890, le nombre des suicides à chaque âge a doublé.]

[198: Et encore n'est-il pas bien sûr que cette diminution de 1872 ait eu pour cause les événements de 1870. En effet, en dehors de la Prusse, la dépression des suicides ne s'est guère fait sentir au delà de la période même de la guerre. En Saxe, la baisse de 1870, qui n'est, d'ailleurs, que de 8 %, ne s'accentue pas en 1871 et cesse en 1872 presque complètement. Dans le duché de Bade la diminution est limitée à 1870; 1871, avec 244 cas, dépasse 1869 de 10 %. Il semble donc que la Prusse ait été seule atteinte d'une sorte d'euphorie collective au lendemain de la victoire. Les autres États furent moins sensibles au gain de gloire et de puissance qui résulta de la guerre et, une fois la grande angoisse nationale passée, les passions sociales rentrèrent dans le repos.]

[199: V. plus haut, liv. II ch. II, p. IV.]

[200: Nous ne parlons pas du prolongement idéal d'existence qu'apporte avec elle la croyance à l'immortalité de l'âme, car 1° ce n'est pas là ce qui peut expliquer pourquoi la famille ou l'attachement à la société politique nous préservent du suicide; 2° ce n'est même pas cette croyance qui fait l'influence prophylactique de la religion; nous l'avons montré plus haut.]

[201: Et voilà pourquoi il est injuste d'accuser ces théoriciens de la tristesse de généraliser des impressions personnelles. Ils sont l'écho d'un état général.]

[202: _Bibliographie_.--Steinmetz, _Suicide among primitive Peoples_, in _American Anthropologist_, janvier 1894.--Waitz, _Anthropologie der Naturvoelker, passim_.--_Suicides dans les Armées_, in _Journal de la société de statistique_, 1874, p. 250.--Millar, _Statistic of military suicide_, in _Journal of the statistical society_, Londres, juin 1874.--Mesnier, _Du suicide dans l'Armée_, Paris 1881.--Bournet, _Criminalité en France et en Italie_, p. 83 et suiv.--Roth, _Die Selbstmorde in der K. u. K. Armee, in den Jahren 1873-80_, in _Statistische Monatschrift_, 1892.--Rosenfeld, _Die Selbstmorde in der Preussischen Armee_, in _Militarwochenblatt_, 1894, 3es Beiheft.--Du même, _Der Selbstmord in der K. u. K. oesterreischischen Heere_, in _Deutsche Worte_, 1893.--Antony, _Suicide dans l'armée allemande_, in _Arch. de med. et de phar. militaire_, Paris, 1895.]

[203: Oettingen, _Moralstatistik_, p. 762.]

[204: Cité d'après Brierre de Boismont, p. 23.]

[205: _Punica_, I, 225 et suiv.]

[206: _Vie d'Alexandre_, CXIII.]

[207: VIII, 9.]

[208: V. Wyatt Gill, _Myths and songs of the South Pacific_, p. 163.]

[209: Frazer, _Golden Bough_, t. I, p. 216 et suiv.]

[210: Strabon, § 486.--Elien, V. H. 337.]

[211: Diodore de Sicile, III, 33, §§ 5 et 6.]

[212: Pomponius Mela; III, 7.]

[213: _Histoire de France_, I, 81. Cf. César, _De Bello Gallico_, VI, 19.]

[214: V. Spencer, _Sociologie_, t. II, p. 146.]

[215: V. Jarves, _History of the Sandwich Islands_, 1843, p. 108.]

[216: Il est probable qu'il y a aussi au fond de ces pratiques la préoccupation d'empêcher l'esprit du mort de revenir sur la terre chercher les choses et les êtres qui lui tiennent de près. Mais cette préoccupation même implique que serviteurs et clients sont étroitement subordonnés au maître, qu'ils en sont inséparables et que, de plus, pour éviter les malheurs qui résulteraient de la persistance de l'Esprit sur cette terre, ils doivent se sacrifier dans l'intérêt commun.]

[217: V. Frazer, _Golden Bough loc. cit._ et _passim_.]

[218: V. _Division du travail social_, _passim_.]

[219: César, _Guerre des Gaules_, VI, 14.--Valère-Maxime, VI, 11 et 12.--Pline, _Hist. nat._, IV, 12.]

[220: Posidonius, XXIII, ap. Athen. Deipno, IV, 154.]

[221: Elien, XII, 23.]

[222: Waitz, _Anthropologie der Naturvoelker_, t. VI, p. 115.]

[223: _Ibid._, t. III, 1e Hælfte, p. 102.]

[224: Mary Eastman, _Dacotah_, p. 89, 169.--Lombroso, _L'Uomo delinquente_, 1884, p. 51.]

[225: Lisle, _op. cit._, p. 333.]