Le Suicide: Etude de Sociologie

Part 42

Chapter 423,384 wordsPublic domain

I.--Différence entre l'imitation et plusieurs autres phénomènes avec lesquels elle a été confondue. Définition de l'imitation.

II.--Cas nombreux où les suicides se communiquent contagieusement d'individu à individu; distinction entre les faits de contagion et les épidémies. Comment le problème de l'influence possible de l'imitation sur le taux des suicides reste entier.

III.--Cette influence doit être étudiée à travers la distribution géographique des suicides. Critères d'après lesquels elle peut être reconnue. Application de cette méthode à la carte des suicides français par arrondissements, à la carte par communes de Seine-et-Marne, à la carte d'Europe en général. Nulle trace visible de l'imitation dans la répartition géographique.

Expérience à essayer: le suicide croît-il avec le nombre des lecteurs de journaux? Raisons qui inclinent à l'opinion contraire.

IV.--Raison qui fait que l'imitation n'a pas d'effets appréciables sur le taux des suicides: c'est qu'elle n'est pas un facteur original, mais ne fait que renforcer l'action des autres facteurs.

Conséquence pratique de cette discussion: qu'il n'y a pas lieu d'interdire la publicité judiciaire.

Conséquence théorique: l'imitation n'a pas l'efficacité sociale qu'on lui a prêtée.

LIVRE II

CAUSES SOCIALES ET TYPES SOCIAUX

CHAPITRE I

MÉTHODE POUR LES DÉTERMINER

I.--Utilité qu'il y aurait à classer morphologiquement les types de suicide pour remonter ensuite à leurs causes; impossibilité de cette classification. La seule méthode praticable consiste à classer les suicides par leurs causes. Pourquoi elle convient mieux que toute autre à une étude sociologique du suicide.

II.--Comment atteindre ces causes? Les renseignements donnés par les statistiques sur les raisons présumées des suicides 1° sont suspects; 2° ne font pas connaître les vraies causes. La seule méthode efficace est de chercher comment le taux des suicides varie en fonction des divers concomitants sociaux.

CHAPITRE II

LE SUICIDE ÉGOÏSTE

I.--Le suicide et les religions. Aggravation générale due au protestantisme; immunité des catholiques et surtout des juifs.

II.--L'immunité des catholiques ne tient pas à leur état de minorité dans les pays protestants, mais à leur moindre individualisme religieux, par suite à la plus forte intégration de l'église catholique. Comment cette explication s'applique aux juifs.

III.--Vérification de cette explication: 1° l'immunité relative de l'Angleterre, par rapport aux autres pays protestants, liée à la plus forte intégration de l'église anglicane; 2° l'individualisme religieux varie comme le goût du savoir; or, _a_) le goût du savoir est plus prononcé chez les peuples protestants que chez les catholiques, _b_) le goût du savoir varie comme le suicide toutes les fois qu'il correspond à un progrès de l'individualisme religieux. Comment l'exception des juifs confirme la loi.

IV.--Conséquences de ce chapitre: 1° la science est le remède au mal que symptomatise le progrès des suicides, mais n'en est pas la cause; 2° si la société religieuse préserve du suicide, c'est simplement parce qu'elle est une société fortement intégrée.

CHAPITRE III

LE SUICIDE ÉGOÏSTE (suite)

I.--Immunité générale des mariés telle que l'a calculée Bertillon. Inconvénients de la méthode qu'il a dû suivre. Nécessité de séparer plus complètement l'influence de l'âge et celle de l'état civil. Tableaux où cette séparation est effectuée. Lois qui s'en dégagent.

II.--Explication de ces lois. Le coefficient de préservation des époux ne tient pas à la sélection matrimoniale. Preuves: 1° raisons _a priori_; 2° raisons de fait tirées: _a_) des variations du coefficient aux divers âges; _b_) de l'inégale immunité dont jouissent les époux des deux sexes.

Cette immunité est-elle due au mariage ou à la famille? Raisons contraires à la première hypothèse: 1° contraste entre l'état stationnaire de la nuptialité et les progrès du suicide; 2° faible immunité des époux sans enfants; 3° aggravation chez les épouses sans enfants.

III.--L'immunité légère dont jouissent les hommes mariés sans enfants est-elle due à la sélection conjugale? Preuve contraire tirée de l'aggravation des épouses sans enfants. Comment la persistance partielle de ce coefficient chez le veuf sans enfants s'explique sans qu'on fasse intervenir la sélection conjugale. Théorie générale du veuvage.

IV.--Tableau récapitulatif des résultats précédents. C'est à l'action de la famille qu'est due presque toute l'immunité des époux et toute celle des épouses. Elle croît avec la densité de la famille, c'est-à-dire avec son degré d'intégration.

V.--Le suicide et les crises politiques, nationales. Que la régression qu'il subit alors est réelle et générale. Elle est due à ce que le groupe acquiert dans ces crises une plus forte intégration.

VI.--Conclusion générale du chapitre. Rapport direct entre le suicide et le degré d'intégration des groupes sociaux, quels qu'ils soient. Cause de ce rapport; pourquoi et dans quelles conditions la société est nécessaire à l'individu. Comment, quand elle lui fait défaut, le suicide se développe. Preuves confirmatives de cette explication. Constitution du suicide égoïste.

CHAPITRE IV

LE SUICIDE ALTRUISTE

I.--Le suicide dans les sociétés inférieures: caractères qui le distinguent, opposés à ceux du suicide égoïste. Constitution du suicide altruiste obligatoire. Autres formes de ce type.

II.--Le suicide dans les armées européennes; généralité de l'aggravation qui résulte du service militaire. Elle est indépendante du célibat; de l'alcoolisme. Elle n'est pas due au dégoût du service. Preuves: 1° elle croît avec la durée du service; 2° elle est plus forte chez les volontaires et les rengagés; 3° chez les officiers et les sous-officiers que chez les simples soldats. Elle est due à l'esprit militaire et à l'état d'altruisme qu'il implique. Preuves confirmatives: 1° elle est d'autant plus forte que les peuples ont un moindre penchant pour le suicide égoïste; 2° elle est _maxima_ dans les troupes d'élite; 3° elle décroît à mesure que le suicide égoïste se développe.

III.--Comment les résultats obtenus justifient la méthode suivie.

CHAPITRE V

LE SUICIDE ANOMIQUE

I.--Le suicide croît avec les crises économiques. Cette progression se maintient dans les crises de prospérité: exemples de la Prusse, de l'Italie. Les expositions universelles. Le suicide et la richesse.

II.--Explication de ce rapport. L'homme ne peut vivre que si ses besoins sont en harmonie avec ses moyens; ce qui implique une limitation de ces derniers. C'est la société qui les limite; comment cette influence modératrice s'exerce normalement. Comment elle est empêchée par les crises; d'où dérèglement, anomie, suicides. Confirmation tirée des rapports du suicide et de la richesse.

III.--L'anomie est actuellement à l'état chronique dans le monde économique. Suicides qui en résultent. Constitution du suicide anomique.

IV.--Suicides dus à l'anomie conjugale. Le veuvage. Le divorce. Parallélisme des divorces et des suicides. Il est dû à une constitution matrimoniale qui agit en sens contraire sur les époux et sur les épouses; preuves à l'appui. En quoi consiste cette constitution matrimoniale. L'affaiblissement de la discipline matrimoniale qu'implique le divorce aggrave la tendance au suicide des hommes, diminue celle des femmes. Raison de cet antagonisme. Preuves confirmatives de cette explication.

Conception du mariage qui se dégage de ce chapitre.

CHAPITRE VI

FORMES INDIVIDUELLES DES DIFFÉRENTS TYPES DE SUICIDES

Utilité et possibilité de compléter la classification étiologique qui précède par une classification morphologique.

I.--Formes fondamentales que prennent les trois courants suicidogènes en s'incarnant chez les individus. Formes mixtes qui résultent de la combinaison de ces formes fondamentales.

II.--Faut-il faire intervenir dans cette classification l'instrument de mort choisi? Que ce choix dépend de causes sociales. Mais ces causes sont indépendantes de celles qui déterminent le suicide. Elles ne ressortissent donc pas à la présente recherche.

Tableau synoptique des différents types de suicides.

LIVRE III

DU SUICIDE COMME PHÉNOMÈNE SOCIAL EN GÉNÉRAL

CHAPITRE I

L'ÉLÉMENT SOCIAL DU SUICIDE

I.--Résultats de ce qui précède. Absence de relations entre le taux des suicides et les phénomènes cosmiques ou biologiques. Rapports définis avec les faits sociaux. Le taux social correspond donc à un penchant collectif de la société.

II.--La constance et l'individualité de ce taux ne peut pas s'expliquer autrement. Théorie de Quételet pour en rendre compte: l'homme moyen. Réfutation: la régularité des données statistiques se retrouve même dans des faits qui sont en dehors de la moyenne. Nécessité d'admettre une force ou un groupe de forces collectives dont le taux social des suicides exprime l'intensité.

III.--Ce qu'il faut entendre par cette force collective: c'est une réalité extérieure et supérieure à l'individu. Exposé et examen des objections faites à cette conception:

1° Objection d'après laquelle un fait social ne peut se transmettre que par traditions inter-individuelles. Réponse: le taux des suicides ne peut se transmettre ainsi.

2° Objection diaprés laquelle l'individu est tout le réel de la société. Réponse: _a_) Comment des choses matérielles, extérieures aux individus, sont érigées en faits sociaux et jouent en cette qualité un rôle _sui generis;_ _b_) Les faits sociaux qui ne s'objectivent pas sous cette forme débordent chaque conscience individuelle. Ils ont pour substrat l'agrégat formé par les consciences individuelles réunies en société. Que cette conception n'a rien d'ontologique.

IV.--Application de ces idées au suicide.

CHAPITRE II

RAPPORTS DU SUICIDE AVEC LES AUTRES PHÉNOMÈNES SOCIAUX

Méthode pour déterminer si le suicide doit être classé parmi les faits moraux ou immoraux.

I.--Exposé historique des dispositions juridiques ou morales en usage dans les différentes sociétés relativement au suicide. Progrès continu de la réprobation dont il est l'objet, sauf aux époques de décadence. Raison d'être de cette réprobation; qu'elle est plus que jamais fondée dans la constitution normale des sociétés modernes.

II.--Rapports du suicide avec les autres formes de l'immoralité. Le suicide et les attentats contre la propriété; absence de tout rapport. Le suicide et l'homicide; théorie d'après laquelle ils consisteraient tous deux en un même état organico-psychique, mais dépendraient de conditions sociales antagonistes.

III.--Discussion de la première partie de la proposition. Que le sexe, l'âge, la température n'agissent pas de la même manière sur les deux phénomènes.

IV.--Discussion de la deuxième partie. Cas où l'antagonisme ne se vérifie pas. Cas, plus nombreux, où il se vérifie. Explication de ces contradictions apparentes: existence de types différents de suicides dont les uns excluent l'homicide tandis que les autres dépendent des mêmes conditions sociales. Nature de ces types; pourquoi les premiers sont actuellement plus nombreux que les seconds.

Comment ce qui précède éclaire la question des rapports historiques de l'égoïsme et de l'altruisme.

CHAPITRE III

CONSÉQUENCES PRATIQUES

I.--La solution du problème pratique varie selon qu'on attribue à l'état présent du suicide un caractère normal ou anormal. Comment la question se pose malgré la nature immorale du suicide. Raisons de croire que l'existence d'un taux modéré de suicides n'a rien de morbide. Mais raisons de croire que le taux actuel chez les peuples européens est l'indice d'un état pathologique.

II.--Moyens proposés pour conjurer le mal: 1° mesures répressives. Quelles sont celles qui seraient possibles. Pourquoi elles ne sauraient avoir qu'une efficacité restreinte; 2° l'éducation. Elle ne peut réformer l'état moral de la société parce qu'elle n'en est que le reflet. Nécessité d'atteindre en elles-mêmes les causes des courants suicidogènes; qu'on peut toutefois négliger le suicide altruiste dont l'état n'a rien d'anormal.

Le remède contre le suicide égoïste: rendre plus consistants les groupes qui encadrent l'individu. Lesquels sont le plus propres à ce rôle? Ce n'est ni la société politique qui est trop loin de l'individu--ni la société religieuse qui ne le socialise qu'en lui retirant la liberté de penser--ni la famille qui tend à se réduire au couple conjugal. Les suicides des époux progressent comme ceux des célibataires.

III.--Du groupe professionnel. Pourquoi il est seul en état de remplir cette fonction. Ce qu'il doit devenir pour cela. Comment il peut constituer un milieu moral.--Comment il peut contenir aussi le suicide anomique.--Cas de l'anomie conjugale. Position antinomique du problème: l'antagonisme des sexes. Moyens d'y remédier.

IV.--Conclusion. L'état présent du suicide est l'indice d'une misère morale. Ce qu'il faut entendre par une affection morale de la société. Comment la réforme proposée est réclamée par l'ensemble de notre évolution historique. Disparition de tous les groupes sociaux intermédiaires entre l'individu et l'État; nécessité de les reconstituer. La décentralisation professionnelle opposée à la décentralisation territoriale; comment elle est la base nécessaire de l'organisation sociale.

Importance de la question du suicide; sa solidarité avec les plus grands problèmes pratiques de l'heure actuelle. PLANCHES

I.--Suicides et alcoolisme en France (4 cartes)

II.--Suicides en France par arrondissements

III.--Suicides dans l'Europe Centrale

IV.--Suicides et densité familiale en France

V.--Suicides et richesse en France

VI.--Tableau des suicides des époux et des veufs des deux sexes, selon qu'ils ont ou n'ont pas d'enfants. Nombres absolus.

NOTES:

[1: _Les règles de la Méthode sociologique_, Paris, F. Alcan, 1895.]

[2: Et pourtant, nous montrerons (p. 368, note) que cette manière de voir, loin d'exclure toute liberté, apparaît comme le seul moyen de la concilier avec le déterminisme que révèlent les données de la statistique.]

[3: Reste un très petit nombre de cas qui ne sauraient s'expliquer ainsi, mais qui sont plus que suspects. Telle l'observation, rapportée par Aristote, d'un cheval qui, en découvrant qu'on lui avait fait saillir sa mère, sans qu'il s'en aperçût et après qu'il s'y était plusieurs fois refusé, se serait intentionnellement précipité du haut d'un rocher (_Hist. des anim._, IX, 47). Les éleveurs assurent que le cheval n'est aucunement réfractaire à l'inceste. Voir sur toute cette question, Westcott, _Suicide_, p. 174-179.]

[4: Nous avons mis entre parenthèses les nombres qui se rapportent à ces années exceptionnelles.]

[5: Dans le tableau, nous avons représenté alternativement par des chiffres ordinaires ou par des chiffres gras les séries de nombres qui représentent ces différentes ondes de mouvement, afin de rendre matériellement sensible l'individualité de chacune d'elles.]

[6: Wagner avait déjà comparé de cette manière la mortalité et la nuptialité (_Die Gesetzmäassigkeit,_ etc., p. 87).]

[7: D'après Bertillon, article _Mortalité_ du _Dictionnaire Encyclopédique des sciences médicales_, t. LXI, p. 738.]

[8: Bien entendu, en nous servant de cette expression nous n'entendons pas du tout hypostasier la conscience collective. Nous n'admettons pas plus d'âme substantielle dans la société que dans l'individu. Nous reviendrons, d'ailleurs, sur ce point.]

[9: V. L. III, ch. I.]

[10: On trouvera en tête de chaque chapitre, quand il y a lieu, la bibliographie spéciale des questions particulières qui y sont traitées. Voici les indications relatives à la bibliographie générale du suicide.

I.--_Publications statistiques officielles dont nous nous sommes principalement servi:_

Oesterreischische Statistik (Statistik des Sanitätswesens).--Annuaire statistique de la Belgique.--Zeitschrift des Koeniglisch Bayerischen statistischen bureau.--Preussische Statistik (Sterblichkeit nach Todesursachen und Altersclassen der gestorbenen).--Würtembürgische Iahrbücher für Statistik und Landeskunde.--Badische Statistik.--Tenth Census of the United States. Report on the Mortality and vital statistic of the United States 1880, 11e partie.--Annuario statistico Italiano.--Statistica delle cause delle Morti in tutti i communi del Regno.--Relazione medico-statistica sulle conditione sanitarie dell'Exercito Italiano.--Statistische Nachrichten des Grossherzogthums Oldenburg.--Compte-rendu général de l'administration de la justice criminelle en France.

Statistisches Iahrbuch der Stadt Berlin.--Statistik der Stadt Wien.--Statistisches Handbuch für den Hamburgischen Staat.--Jahrbuch für die amtliche Statistik der Bremischen Staaten.--Annuaire statistique de la ville de Paris.

On trouvera en outre des renseignements utiles dans les articles suivants: Platter, _Ueber die Selbstmorde in Oesterreich in den Iahren 1819-1872_. In _Statist. Monatsch._, 1876.--Brattassévic, _Die Selbstmorde in Oesterreich in den Iahren 1873-77_, In _Stat. Monatsch._, 1878, p. 429.--Ogle, _Suicides in England and Wales in relation to Age, Sexe, Season and Occupation_. In _Journal of the statistical Society_, 1886.--Rossi, _Il Suicidio nella Spagna nel 1884_. _Arch. di psychiatria_, Turin, 1886.

II.--_Études sur le suicide en général_.

De Guerry, _Statistique morale de la France_, Paris, 1835, et _Statistique morale comparée de la France et de l'Angleterre_, Paris, 1864.--Tissot, _De la manie du suicide et de l'esprit de révolte, de leurs causes et de leurs remèdes_, Paris, 1841.--Etoc-Demazy, _Recherches statistiques sur le suicide_, Paris, 1844.--Lisle, _Du suicide_, Paris, 1856.--Wappäus, _Allgemeine Bevölkerungsstatistik_, Leipzig, 1861.--Wagner, _Die Gesetzmässigkeit in den scheinbar willkürlichen menschlichen Handlungen_, Hambourg, 1864, 2e partie.--Brierre de Boismont, _Du suicide et de la folie-suicide_, Paris, Germer Baillière, 1865.--Douay, _Le suicide ou la mort volontaire_, Paris, 1870.--Leroy, _Étude sur le suicide et les maladies mentales dans le département de Seine-et-Marne_, Paris, 1870.--Oettingen, _Die Moralstatistik_, 3e Auflage, Erlangen, 1882, p. 786-832 et tableaux annexes 103-120.--Du même, _Ueber acuten und chronischen Selbstmord_, Dorpat, 1881.--Morselli, _Il suicidio_, Milan, 1879.--Legoyt, _Le suicide ancien et moderne_, Paris, 1881.--Masaryk, _Der Selbstmord als sociale Massenerscheinung_, Vienne, 1881.--Westcott, _Suicide, its history, litterature_, etc., Londres, 1885.--Motta, _Bibliografia del Suicidio_, Bellinzona, 1890.--_Corre, Crime et suicide_, Paris, 1891.--Bonomelli, _Il Suicidio_, Milan, 1892.--Mayr, _Selbstmordstatistik_, In _Handwörterbuch der Staatswissenschaften, herausgegeben von Conrad, Erster Supplementband_, Iena, 1895.]

[11: _Bibliographie_.--Falret, _De l'hypocondrie et du suicide_, Paris, 1822.--Esquirol, _Des maladies mentales_, Paris, 1838 (t. I, p. 526-676) et article _Suicide_, in _Dictionnaire de médecine_, en 60 vol.--Cazauvieilh, _Du suicide et de l'aliénation mentale_, Paris, 1840.--Etoc Demazy, _De la folie dans la production du suicide_, in _Annales médico-psych._, 1844.--Bourdin, _Du suicide considéré comme maladie_, Paris, 1845.--Dechambre, _De la monomanie homicide-suicide_, in _Gazette médic._, 1852.--Jousset, _Du suicide, et de la monomanie suicide_, 1858.--Brierre de Boismont, _op. cit._--Leroy, _op. cit._--Art. _Suicide_, du _Dictionnaire de médecine et de chirurgie, pratique_, t. XXXIV, p. 117.--Strahan, Suicide and Insanity, Londres, 1824.

Lunier, _De la production et de la consommation des boissons alcooliques en France_, Paris, 1877.--Du même, art. in _Annales médico-psych._, 1872; _Journal de la Soc. de stat._, 1878.--Prinzing, _Trunksucht und Selbstmord_, Leipzig, 1895.]

[12: Dans la mesure où la folie est elle-même purement individuelle. En réalité, elle est, en partie, un phénomène social. Nous reviendrons sur ce point.]

[13: _Maladies mentales_, t. I, p. 639.]

[14: _Ibid._, t. I, p. 665.]

[15: _Du suicide_, etc., p. 137.]

[16: In _Annales médico-psych._, t. VII, p. 287.]

[17: _Maladies mentales_, t. I, p. 528.]

[18: V. Brierre de Boismont, p. 140.]

[19: _Maladies mentales_, 437.]

[20: V. article _Suicide_ du _Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique_.]

[21: Il ne faut pas confondre ces hallucinations avec celles qui auraient pour effet de faire méconnaître au malade les risques qu'il court, par exemple, de lui faire prendre une fenêtre pour une porte. Dans ce cas, il n'y a pas de suicide d'après la définition précédemment donnée, mais mort accidentelle.]

[22: Bourdin, _op. cit._, p. 43.]

[23: Falret, _Hypochondrie et suicide_, p. 299-307.]

[24: _Suicide et folie-suicide_, p. 397.]

[25: Brierre, _op. cit._, p. 574.]

[26: _Ibid._, p. 314.]

[27: _Maladies mentales_, t. I, p. 529.]

[28: _Hypochondrie et suicide_, p. 3.]

[29: Koch, _Zur Statistik der Geisteskrankheiten_. Stuttgart, 1878, p. 73.]

[30: D'après Morselli.]

[31: D'après Koch, _op. cit._, p. 108-119.]

[32: V. plus bas, liv. I, ch. II, p. I.]

[33: V. plus bas, liv. I, ch. II, p. I.]

[34: V. Tableau IX, ci-dessous.]

[35: Koch, _op. cit._, p. 139-146.]

[36: Koch, _op. cit._, p. 81.]

[37: La première partie du tableau est empruntée à l'article _Aliénation mentale_, dans le _Dictionnaire_ de Dechambre (t. III, p. 34); la seconde à Oettingen, _Moralstatistik_, tableau annexe 97.]

[38: _Op. cit._, p. 238.]

[39: _Op. cit._, p. 404.]

[40: Morselli ne le déclare pas expressément, mais cela ressort des chiffres mêmes qu'il donne. Ils sont trop élevés pour représenter les seuls cas de folie. Cf. le tableau donné dans le _Dictionnaire_ de Dechambre et où la distinction est faite. On y voit clairement que Morselli a totalisé les fous et les idiots.]

[41: Des pays d'Europe sur lesquels Koch nous renseigne nous avons laissé seulement de côté la Hollande, les informations que l'on possède sur l'intensité qu'y a la tendance au suicide ne paraissant pas suffisantes.]

[42: _Op. cit._, p. 403.]

[43: La preuve, il est vrai, n'en a jamais été faite d'une manière tout à fait démonstrative. En tout cas, s'il y a progrès, nous ignorons le coefficient d'accélération.]

[44: V. Liv. II, chap. IV.]

[45: On a un exemple frappant de cette ambiguïté dans les ressemblances et les contrastes que la littérature française présente avec la littérature russe. La sympathie avec laquelle nous avons accueilli la seconde démontre qu'elle n'est pas sans affinités avec la nôtre. Et en effet, on sent chez les écrivains des deux nations une délicatesse maladive du système nerveux, une certaine absence d'équilibre mental et moral. Mais comme ce même état, biologique et psychologique à la fois, produit des conséquences sociales différentes! Tandis que la littérature russe est idéaliste à l'excès, tandis que la mélancolie dont elle est empreinte, ayant pour origine une compassion active pour la douleur humaine, est une de ces tristesses saines qui excitent la foi et provoquent à l'action, la nôtre se pique de ne plus exprimer que des sentiments de morne désespoir et reflète un inquiétant état de dépression. Voilà comment un même état organique peut servir à des fins sociales presque opposées.]

[46: D'après le _Compte général de l'administration de la justice criminelle_, année 1887.--V. planche I, p. 48.]

[47: _De la production et de la consommation des boissons alcooliques en France_, p. 174-175.]

[48: V. planche I, ci-dessus.]

[49: _Ibid._]

[50: D'après Lunier, _op. cit._, p. 180 et suiv. On trouvera des chiffres analogues, se rapportant à d'autres années, dans Prinzing, _op. cit._, p. 58.]

[51: Pour ce qui est de la consommation du vin, elle varie plutôt en raison inverse du suicide. C'est dans le Midi qu'on boit le plus de vin, c'est là que les suicides sont le moins nombreux. On n'en conclut pas pourtant que le vin garantit contre le suicide.]

[52: D'après Prinzing, _op. cit._, p. 75.]