Le sabbat des sorciers

Part 2

Chapter 22,881 wordsPublic domain

Les danses finies, les Sorciers viennent à s'accoupler: le fils n'espargne pas la mere, ny le frere la sœur, ny le pere la fille: les incestes y sont communs: car aussi les Perses auoient opinion que pour estre bon Sorcier & Magicien, il falloit naistre de la mere & du fils. (_Fig. 14._)

«Françoise Secretain aduouait que le Diable l'auoit congneuë charnellement quatre ou cinq fois, tantost en forme de chien, tantost en forme de chat & tantost en forme de poulle, & que sa semence estoit fort froide.» (Boguet, _loc. cit._, p. 8.)

«Marguerite Bremont[10], femme de Noel Laueret, a dict que lundy dernier, apres iour failly, elle feut auec Marion sa mere à vne assemblée, près le moulin Franquis de Longny en vn pré, & auoit sadicte mere vn ramô (_Fig. 15_) entre ses iambes disant: Ie ne mettray poinct les mots, & soubdain elles feurent transportées toutes deux audict lieu, où elles trouuerent Iean Robert, Ieanne Guillemin, Marie, femme de Simon d'Agneau, & Guillemette, femme d'vn nommé le Gras, qui auoient chascun vn ramon. Se trouuerent aussi en ce lieu six Diables, qui estoient en forme humaine[11], mais fort hideux à veoir, &c. Apres la danse finie, les Diables se coucherent auecques elles, et eurent leur compaignie: & l'vn d'eux, qui l'auoit menée danser, la print, & la baisa par deux fois, & habita auecques elle l'espace de plus de demie heure: mais delaissa aller la semence bien fort froide. Ieanne Guillemin se rapporte aussi au dire de celle-cy, & dict qu'ilz furent bien demie heure ensemble, et qu'il lascha de la semence bien fort froide.»

«Pour l'accouplement, Ieannette d'Abadie, aagee de seize ans, depose qu'elle a veu tout le monde se mesler incestueusement & contre tout ordre de nature, ... s'accusant elle mesme d'auoir esté depucellée par Satan & congneuë vne infinité de fois par un sien parent & aultres qui l'en daignoient semondre: qu'elle suyoit l'accouplement du Diable, à cause qu'ayant son membre faict en escailles il faict souffrir vne extresme douleur; oultre que sa semence est extresmement froide, si bien qu'elle n'engroisse iamais ni celle des aultres hommes au Sabbat, bien qu'elle soit naturelle ...» (de Lancre, _loc. cit._, p. 152.)

«Ie laisse à penser, dit Boguet, si l'on n'y exerce pas toutes les aultres especes de lubricité du monde: mais ce qui est encore plus estrange, c'est que Satan se met là en Incube pour les femmes (_Fig. 16_), et en Succube pour les hommes.»

Les Sorciers apres s'estre veautrez parmy les plaisirs immondes de la chair bancquetent & se festoyent. Il y a differentes tables, trois ou quatre, où chascun se seoid selon sa dignité ou richesse; tantost chascun à costé de son dæmon, tantost en face, les Diables estant tous d'un costé & les Sorciers de l'aultre. La benediction ne faict deffault à ces repas, mais condigne à l'assemblée, estant de parolles blasphesmatrices par lesquelles ilz confessent Beelzebub pour leur Createur, Dateur & Seruateur. Pareille est l'action de grâces qu'ilz disent au leuer des tables. Leurs bancquets sont composez de plusieurs sortes de viandes suppeditées par Satan ou apportées par chascun, scelon les lieux & qualitez des personnes: par deça la table est couuerte de beurre, de fromaige, & de chair. (_Fig. 17._)

L'on y boit aussi tantost de l'eau & tantost du vin. Le vin semble à de l'ancre ou du sang guasté & n'est versé qu'en vaisseaux fort ignobles. Mais il n'y a iamais de sel: ce qui se faict pour ce que le sel est vn symbole de l'immortalité, que le Diable a extresmement en haine.

Il y en a qui ont escript que de mesme l'on ne s'y seruoit point de pain; mais certaines Sorcieres ont rapporté le contraire & dict qu'elles auoient mangé au Sabbat du pain, de la chair, & du fromaige.

Cependent tous les Sorciers accordent qu'il n'y a poinct de guoust aux viandes qu'ilz mangent au Sabbat, & que la chair n'est aultre chair que de cheual. Tous ceulx que le Diable a faict asseoir à sa table confessent que les mets y sont si très deguoustants, soit à la veue, soit à l'odorat qu'ilz donneroient nausées à l'estomac d'vn pauure famélique aboyant de male faim. Barbelline desià nommée & Sybille Morel disent qu'on sert au Sabbat des mets de toute sorte, mais tant vils, tant sordides & mal apprestez qu'ilz valent à poine estre mangez. Nicolas Morel feut, pour leur guoust mauluois, aspre & amer obligé de les vomir aussitost par grand desplaisir. Ce que voyant le Dæmon entra en viue indignation & le faillit battre.

Dominique Isabelle adiouste qu'on seruoit aussi de la chair humaine; ce que Belleforest dict estre en vsaige frequent dans les malefices des Scythes.

Ilz adioustent quasi tous, que lorsqu'ilz sortent de table, ilz sont aussi affamez que quand ilz y entrent. «Antide Colas, d'après Bocquet (_loc. cit._, p. 111), rapportoit que les viandes estoient froides: Clauda disoit que ce qu'on mangeoit au Sabbat n'estoit que vent: Christofle disoit aussi à ce propuos qu'il lui sembloit qu'elle ne mangeoit rien: d'où il se veoid que le Diable est tousiours trompeur puis qu'il repaist les siens de vent au lieu de viandes solides, comme s'ilz estoient des chameleons.»

Le bancquet paracheué l'on rend conte à Satan de ce que l'on a faict dés la derniere assemblée, et ceulx là sont les mieulx venus qui ont faict mourir le plus de personnes & de bestes, qui ont baillé le plus de maladies, qui ont guasté le plus de fruicts, brief qui ont commis le plus de meschancetez & abhominations: les aultres qui se sont comportez vn peu plus humainement sont sifflez & mocquez de tous: on les fait mettre à l'escart, & sont encore le plus souuent battus, & mal traictez de leur maistre: & de là est venu commun prete qui court entr'eulx: _Fay du pis que tu pourras, & le Diable ne sçaura que te demander_.

Car entre les Dæmons & les Sorciers, il est faict pact que tousiours doibvent avoir accompli nouveaulx meffaicts par auant que de venir au Sabbat. Et pour que ilz n'ayent excuse d'ignorance leur meschant maistre leurs tient eschole & donne leçons de malefices. Il leurs apprend à destruire les troupeaux; ce qu'ilz font soit en repandant du poison, soit en enuoyant les diables on corps des animaulx. Aussi à perdre les moissons & les fruicts de la terre & a rendre les champs steriles en inuocquant le Diable. D'iceluy ilz recoipvent une pouldre bien fine & la repandant en font naistre des sauterelles, des limaz, des papillons, charançons & aultres bestioles nocisues & infestes aux champs & aux iardins. De mesme font apparoistre multitude de ratz qui se mussant aussitost en terre deuorent germes & racines. Tantost font sortir des loups d'un arbre creux & les enuoient on bercail que ilz veulent dont ces loups ne sortent sans auoir faict grand carnaige. Vraysemblablement sont ces loups des dæmons soubs apparence d'animaulx.

Les Sorcieres ont confessé qu'elles faisoient la gresle au Sabbat, ou à leur volunté, affin de guaster les fruicts de la terre: elles battoient, selon qu'elles disoient, à cest effect l'eaue auec vne baguette, & puis iectoient en l'aër, ou bien dedans l'eau certaine poudre qu'elles auoient eu de Satan, & par ce moyen il s'efleuoit vne nuée laquelle se convertissoit par apres en gresle (_Fig. 18_), & tomboit la part ou il plaisoit aux Sorcieres: quand l'eau faict deffault, elles se seruent de leur vrine, ainsi que l'auons dict. D'aultres fois, impetrent par certaines parolles on mylieu des champs l'ayde de Lucifer prince des dæmons, pour qu'il enuoye vn des siens frapper de malefices qui elles veulent; puys luy immolent en vn carrefour vn poulet noir & le iectent en l'aër. Le Dæmon s'empare du poulet & obeit excitant aussitost une tempeste & faisant tomber gresle & tonnoire, non tousiours aux lieux designez, mais scelon la volunté & permission de Dieu.

Affin de faire perir les hommes de male mort, les Sorciers ont coustume d'exhumer des cadaures & notamment de ceulx qui ont esté suppliciez & pendus on gibet. De ces cadaures ilz tirent la substance & matiere de leurs sortileges, comme aussi des instrumens du bourrel, des cordes, des pieux, des fers, etc., lesquelz sont douez d'une certaine force & puissance magicque pour les incantations. (_Fig. 19._)

Les Sorciers peuuent aussi ardre et consumer les maisons, comme il aduint en vne ville de Suede en l'an de grâce 1433. (_Fig. 20._)

Les Sorciers peuuent encore endormir aultruy par le moyen de certaines potions, chants & rites diabolicques (_Fig. 21_), affin de profficter de leur sommeil pour instiller en eulx un poison mortel, enleuer ou tuer leurs enfants ou les desrober & les souiller charnellement, voyre par adultere. (_Fig. 22._)

Quelques foys ilz vsent, pour prouocquer le sommeil de certains cierges, ou des piedz & des mains des morts oingts premierement d'une huile donnée par le diable; ou bien de chandelles fixées à chaque doigt ou de torches enchantées & d'une certaine gresse à eux congnuë. Et le sommeil dure autant que bruslent ces lumieres infernales.

Souvent aussi les Sorciers rendent par parolles & signes cabbalisticques l'homme froid, maleficié & impotent à l'acte coniugal en sept manieres. La premiere en rendant un espoulx odieulx à l'aultre par calomnie, soubçon, maladie ou mauluoise odeur. La seconde en empeschant le rapprochement des corps, les detenant dans des lieux esloingnez ou interposant quelque chose entre eulx. La tierce par l'inhibition du passage des esprits animaulx es membres genitaulx. La quarte par desseicher & tollir la licqueur prolificque. La quinte en rendant le membre de l'homme mol & flasque toutes fois que veut accomplir l'acte de mariage. La sexte, par l'application d'ingrediens naturellement refrigerans. Enfin en procurant le resserrement & coarctation extresme des parties de la femme ou en faisant le membre de l'homme retraict, abscons & comme du tout perdu. Ce n'est à dire toutes fois que le membre viril soit en verité enleué du corps, mais par leurs prestiges le cachent de telle façon qu'on ne le sçaurait plus veoir ny mesme toucher. Et sont les Sorciers tellement coustumiers de ce genre de malefice que par certains pays on n'ose mie celebrer les espousailles en plein iour.

Il faut sçauoir encore qu'il est aux Sorcieres en loy perpetuelle quand elles ont entre elles resolu de nuyre à aultruy & que la volunté de Dieu ne l'a permis, de faire retomber le mal que elles auaient pourpensé sus une que designe le sort. Car le Dæmon ne peut souffrir que ses conseils & aduis tombent en nullité & les force de subir ce qu'elles auaient tenté & proiecté contre les aultres. Ainsi feut de Catherine Preuost qui ne peut faire perir par le poison la fille unicque de vn sien voisin, nommé Michel Lecoq, pour ce que sa mere par oraisons & lustrations quotidianes la prœseruait de toute incantation; le Dæmon l'accusant asprement & lui reprochant de le frustrer de sa proye, elle empoisonna sa propre fille Odille encore au berceau.

C'est après ce conte rendu des Sorciers que Satan se bande auec ses supposts contre le Ciel, & qu'il conspire la ruine du genre humain: il faict renoncer de nouueau à ces miserables Dieu, Chresme & Baptesme: il leur faict rafraischir le serment solemnel, qu'ils ont faict de ne iamais parler de Dieu, de la Vierge Marie, ny des saincts & sainctes, si ce n'est par mocquerie & desrision: il leurs faict quitter leur part de Paradis: il leurs faict promettre qu'ilz le tiendront au contraire à iamais pour leur seul maistre, & qu'ilz luy seront tousiours fidelles: il les exhorte par apres de faire le plus de mal qu'ilz pourront, de nuire à leurs voisins, de les rendre malades, de faire mourir leur bestail, de se venger de leurs ennemis, vsant de ces notions: _Vengez vous ou vous mourrez_; il leurs faict de plus promettre de perdre & guaster les fruicts de la terre, & leurs baille de la poudre & de la gresse propre à cela, du moins il leurs faict ainsi croire. (_Fig. 23._)

Il leurs faict encore bien solemnellement iurer qu'ilz ne s'accuseront point les vns les aultres, & qu'ilz ne rapporteront aulcune chose de ce qui se sera passé entre eulx.

Les Sorciers en sixiesme lieu font la gresse. «Quelques Sorciers après auoir sacrifié au Diable et s'estant oincts sont tournez en loups courant d'une legereté incroyable (_Fig. 24_), & souvent rechangez en loups sont couplez aux louues avec tel plaisir qu'ils ont accoustumé auec les femmes[12]». Les aultres sont transformez en chatz[13].

Quelques fois encore l'on dict la Messe au Sabbat: mais, adioute Boguet, ie ne puis escrire sans horreur la façon auec laquelle on la celebre, pour ce que celuy qui est commis à faire l'office est reuestu d'une chappe noire sans croix, & apres auoir mis de l'eau dans le chalice, il tourne le doz à l'autel, & puis efleue vn rond de raue teinte en noir au lieu de l'hostie & lors tous les Sorciers crient à haulte voix: _Maistre ayde nous_.

A ceste ceremonie, dict Llorente, succede une aultre qui est imitation diabolicque & desrisoire de la messe. Tout subitement s'apparoissent six ou sept diables de moindre ranc & sont par eulx dressé l'autel & apportez les chalice, patene, missel, buirettes & aultres tous obiets desquels besoing est. Ilz disposent & arrangent le dais ou chapelle es quelz se voient figures & imaiges demoniacques semblables à celles que Satan a prinse pour la ceremonie. Ces diables l'aydent comme diacres a soy vestir de la mitre, de la chasuble & aultres ornemens: & sont iceulx tous noirs comme aussi ceulx de l'autel. Le diable commence la messe, laquelle il desiste vn temps de continuer pour prescher les assistans. (_Fig. 25._) Il les exhorte à ne iamais retourner au Christ, leur promettant paradis bien meilleur que n'est celuy des christians. Il les asceüre que ilz le gaigneront d'autant mieulx que auront mis plus de soing à faire choses defendues aux christians.

Puis receoit l'offerte trosnant sur un siege noir; à sa dextre est lors seante la principale sorciere qui est appellée Royne des sorcieres, tenant en main vne paix en laquelle est engrauée la figure du Demon; à son costé senestre se tient le premier des sorciers qui est le Roy portant vn bassin. Les principaux assistans & aultres prosez font hommaige de leur offrande, petite ou grande, suyuant leurs moyens & intention: les femmes à l'ordinaire præsentent des gasteaux de froment. Ensuite vn chascun ayant baisé la paix, on adore le Dæmon à genoilz luy baisant encore vne foys le fondement dont sort exhalaison & odeur punaise. Ce pendent par vn des diables seruants lui est tenue la queue leuée. Par apres la messe est continuée; le Diable alors consacre une chose ronde semblant semelle de soulier, marquée de son imaige; ce faisant prononce les parolles de la consecration du pain. Ensuite consacre le chalice auquel est contenue licqueur deguoustante. Satan ayant lors communié distribue aux sorciers la communion soubs les deux especes. Bien est ce que il donne à manger chose noire, aspre, fort difficile à mascher & aualler; aussi est la licqueur noire, amere & grandement escœurante.

Le Diable aussi pour faire l'eau benoiste pisse dans vn trou à terre & par apres les assistans sont arrosez de son vrine auec vn asperges noir par celluy qui faict l'office.

Finablement Satan prenant la figure d'vn bouc se consomme en feu & se reduict en cendre, laquelle les Sorcieres recueillent & cachent, pour s'en seruir à l'execution de leurs desseins pernicieux et abhominables.

_N. B._--_La planche ci-jointe, empruntée à l'_Histoire des imaginations extravagantes de Monsieur Ousle, _représente l'ensemble des scènes du Sabbat_.

_Achevé d'imprimer_ POUR LA LIBRAIRIE DU _PROGRÈS MÉDICAL_ _Le 30 avril 1882_

PAR CHARLES HÉRISSEY Imprimeur à Évreux.

NOTES:

[1] Bodin.--_De la Démonomanie des Sorciers_, &c., p. 82.

[2] Boguet, _loc. cit._, p. 100.

[3] _Loc. cit._, p. 81.

[4] Boguet (H.).--_Discours execrable des Sorciers_, etc. Rouen, 1606.

[5] _Compendium Maleficarum_, etc., per Fratrem Francisc. Mariam Guaccium, 1616, p. 69.

[6] Guaccius, _loc. cit._, p. 74.

[7] Les catholiques, en ceci, ont copié les Grecs, qui représentaient les Démons «en figures de Satyres paillards, moytié boucs & moytié hommes».

[8] «Mais quel mespris, quel deshonneur, quelle villanie plus detestable peut on imaginer, que celle que souffrent les Sorciers estans contrains d'adorer Satan en guise de Bouc puant, et le baiser en la partie qu'on n'ose escrire, ny dire honnestement?» (Bodin, _loc. cit._, p. 134).

«Tum candelis piceis oblatis, vel vmbilico infantuli: ad signum homagij eum in podicem osculantur.» (_Compendium Maleficarum_, &c., p. 71.)

[9] Bodin, _loc. cit._, p. 88.

[10] Bodin, _loc. cit._, p. 104.

[11] «Il (Cardan) dit aussi que les esprits malings sont _puants_, & le lieu _puant_ là où ils frequentent, & croy que de la vient que les anciens ont appellé les Sorciers _fœtentes_, & les Gascons _fetillères_, pour la _puanteur_ d'icelles, qui vient comme ie croy de la copulation des Diables, lesquels peut estre prennent les corps des pendus, ou autres semblables pour les actions charnelles & corporelles: comme aussi Vier a remarqué que les personnes demoniaques sont fort puantes.» (Bodin, _loc. cit._, p. 133.)

Ce passage montre que, depuis longtemps, on a remarqué deux phénomènes cliniques souvent signalés par nous, à savoir l'haleine forte des hystériques et l'odeur qu'elles exhalent dans leurs _états de mal hystéro-épileptique_.

[12] Bodin, _loc. cit._, p. 96.

[13] «De nostre temps vn nommé Charc.. du bailliage de Gez, fut assailly nuictamment en vn bois par vne multitude de chats; mais comme il eust faict le signe de la croix, tout disparut. Et de plus fraische memoire vn homme de cheual passant sous le chasteau de Ioux, apperceut plusieurs chats sur vn arbre, il s'auance, & delasche vne escoppette, qu'il portoit, & faict tomber de dessus l'arbre au moyen de son coup vn demicin, auquel pendoyent plusieurs clefs, il prend le demicin & les clefs, & les emporte au village: estant descendu au logis il demande à disner, la maitresse ne se trouve point, non plus que les clefs de la caue. Il monstre le demicin, & les clefs qu'il portait: l'hoste recogneut que c'estoit le demicin & les clefs de sa femme, laquelle arrive sur ces entrefaictes estant blessée à l'hanche droitte: le mary la prenant par rigueur, elle confesse qu'elle venoit du Sabbat, et qu'elle y auoit perdu son demicin et ses clefs, après auoir receu vn coup descopette en l'vne des hanches.» (Boguet, _loc. cit._, p. 269.)