Le roman d'un jeune homme pauvre (Play)
Chapter 47
LES MEMES, MAXIME.
MAXIME, riant, et parlant au dehors.
Ce n'est rien.
DESMARETS.
Mon ami! que vous êtes pâle... et puis, qu'est-ce que vous avez au front? Du sang, je crois?
MAXIME.
Oh! rien... c'est mon cheval qui a eu peur de son ombre, et qui vient de me jeter dans le fossé au bout de l'avenue.
MADAME LAROQUE.
Ah! mon Dieu! Monsieur!...
MAXIME.
Oh! Madame, j'en suis quitte pour la peur et un peu d'étourdissement.
MADAME LAROQUE.
Mais c'est donc une soirée de malheur!
MAXIME.
Une soirée de malheur? Comment! qu'y a-t-il donc?
MADAME LAROQUE.
Croiriez-vous que ma fille n'est pas encore rentrée à cette heure-ci?
MAXIME.
Mademoiselle Marguerite? Mais je l'ai rencontrée.
MADAME LAROQUE.
Vous l'avez rencontrée... où, Monsieur... je vous en prie... à quelle heure?
MAXIME.
Mais à cinq heures environ... sur la route de Vannes... elle allait... je venais... nous nous sommes croisés.
MADAME LAROQUE.
Et elle ne vous a pas parlé? Elle ne vous a pas dit...?
MAXIME.
Elle m'a dit qu'elle allait voir les ruines du château d'Elven.
MADAME LAROQUE.
Les ruines d'Elven... ah! grand Dieu! mais il y a par là des bois... des marais dangereux... la pauvre enfant se sera égarée... il faut y courir... je veux y aller moi-même... Alain, faites atteler promptement... mon châle, mon chapeau, Mademoiselle, je vous prie..
MADAME AUBRY.
Je vais avec vous, ma chère cousine.
BEVALLAN.
Et je vais vous accompagner à cheval, Madame, si vous le permettez...
MADAME LAROQUE.
Oui, oui, mon ami... venez aussi, docteur, je vous en prie... Allons, vite, partons. (Tous sortent, excepté Maxime.)