Le roman d'un jeune homme pauvre (Play)
Chapter 46
M. DE BEVALLAN, LE DOCTEUR DESMARETS, MADAME LAROQUE, MADAME AUBRY, MADEMOISELLE HELOUIN, ALAIN, près de la porte au fond.
Tous paraissent inquiets et préoccupés.
MADAME LAROQUE.
Elle est sortie à cheval, dites-vous, Alain?
ALAIN.
Oui, Madame.
MADAME LAROQUE.
Seule?
ALAIN.
Seule.
MADAME LAROQUE.
A quelle heure?
ALAIN.
Vers quatre heures et demie, Madame.
BEVALLAN.
Mais mademoiselle Marguerite ne comptait-elle pas aller ce soir à ce bal chez madame de Castennec?
MADAME LAROQUE.
Mon Dieu, oui! et c'est ce qui rend ce retard encore plus inexplicable... Je vous assure que je meurs d'inquiétude.
DESMARETS.
Tranquillisez-vous, Madame, vous savez que mademoiselle Marguerite prolonge quelquefois ses promenades fort tard.
MADAME LAROQUE.
Jamais jusqu'à la nuit!... Mais ne peut-on savoir de quel côté elle est allée?
MADEMOISELLE HELOIN.
Si l'on demandait à M. Odiot... Il pourrait peut-être...
MADAME LAROQUE.
Vous avez raison, mon enfant... Alain, dites à M. Odiot que je le prie de venir.
ALAIN.
Madame, M. Odiot est lui-même sorti à cheval cette après-midi, et il n'est pas rentré.
BEVALLAN, avec une nuance de soupçon.
Ah! et à quelle heure est-il sorti, M. Odiot?
ALAIN.
Mais... un peu avant quatre heures, je crois.
BEVALLAN.
Ah! (Il échange un regard avec mademoiselle Hélouin et madame Aubry.)
MADAME LAROQUE, préoccupée, à part.
Mon Dieu! quelle idée!... (Un silence d'embarras: Maxime paraît tout à coup au fond. Il est très-pâle: il a sur le front quelques gouttes de sang.)