Le roman d'un jeune homme pauvre (Play)
Chapter 37
LES MEMES, MAXIME, LAUBEPIN.
MAXIME, avec colère.
Comment, c'est toi! petite malheureuse. Est-ce que je ne t'avais pas défendu... Tu veux donc me rendre tout à fait ridicule, voyons?
BEVALLAN? riant.
Comment... c'était vous? Ah, bravo! Prix Monthyon, alors!
MAXIME, riant avec humeur.
Eh bien! oui, quoi! c'était moi. Je suis le sauveur de Bidoux! C'est absurde... Que voulez-vous? Mais cette enfant poussait des cris de paon!... (Rires.) Tu vois à quoi tu m'exposes, petite sotte!... Allons, va-t'en!... Tu n'as qu'à tomber à l'eau, toi, tu peux être tranquille!... Veux-tu t'en aller?
MADAME LARQOUE.
Ne la brusquez donc pas, cette enfant! Qu'est-ce que tu veux, ma petite? Qu'est-ce que tu venais faire?
CHRISTINE, avec embarras.
Madame, c'est que le monsieur s'est ensauvé si vite... je ne l'ai pas seulement remercié... et...
BEVALLAN.
Oui! Je te vois venir!... voilà ces gens-là! Rendez-leur un service et ils vous en demanderont quatre! (Tirant une pièce d'or de sa poche.) Allons! tiens! voilà vingt francs!...
CHRISTINE.
Je ne vous demande rien, à vous... c'est à Monsieur.
MAXIME, furieux.
Enfin! qu'est-ce que tu veux?
CHRISTINE.
Monsieur, je voudrais bien vous embrasser. (On rit.)
MAXIME.
Petite sotte, va! veux-tu te sauver!
MADAME LAROQUE.
Voyons, embrassez-la, embrassez-la, je le veux.
MAXIME, riant.
Allons! (Il tend la joue à Christine qui l'embrasse gaiement.) Elle embrasse bien!
MADAME LAROQUE.
Et embrasse-moi aussi, ma mignonne. (Elle l'embrasse.)
BEVALLAN, voyant Christine s'éloigner.
Et mes vingt francs, prends-les donc!
CHRISTINE, les prenant.
Merci, Monsieur.
BEVALLAN.
Eh bien, tu ne m'embrasses pas, moi?
CHRISTINE.
Ma foi, non!... votre servante... (Elle fait une révérence et s'en va suivie par Alain.)