Le roman d'un jeune homme pauvre (Play)
Chapter 3
MAXIME seul, puis MADAME VAUBERGER.
MAXIME
Est-ce que cette misérable femme m'espionne? son oeil ne me quitte pas... et il me semble avoir vu son fils acharné à me suivre dans les rues hier soir et ce matin... Quel intérêt pourrait-elle avoir? Bah! un intérêt de curiosité, un intérêt de commère... La chute du puissant, l'humiliation du riche, n'est-ce pas de tout temps le plus doux objet d'entretien pour ces gens-là?... et cependant cette femme, elle a été comblée des bienfaits de ma mère; elle m'a vu naître; elle affichait une passion exaltée pour ma famille... Enfin il faut me faire à ces choses-là! (Madame Vauberger rentre.) Encore!... Qu'y a-t-il?
MADAME VAUBERGER.
C'est un monsieur à qui je n'ai pas pu dire que vous n'y étiez pas, il vous a vu rentrer; voici sa carte.
MAXIME, regardant la carte.
Gaston de Lussac!... Faites monter. (Madame Vauberger sort.) Gaston! Eh bien, je ne suis pas fâché de le voir... c'est un étourdi, mais un brave coeur, je crois. Il y a si longtemps que je n'ai touché une main amie... Nous étions très-liés il y a deux ans. (Souriant.) S'il me rendait ce que je lui ai prêté... seulement la moitié, il serait deux fois le bienvenu en ce dur moment. (La porte s'ouvre.) Ah! bonjour, Gaston!