Le roman d'un jeune homme pauvre (Play)

Chapter 29

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MAXIME, BEVALLAN.

BEVALLAN.1 [1. Maxime, Bévallan.]

Ah! sapristi! que c'est délicieux, ce que vous faites là!

MAXIME.

Vous êtes indulgent.

BEVALLAN.

Non, vous avez un coup de crayon, vraiment!... Ah çà, il paraît qu'il va mal aujourd'hui, ce pauvre bonhomme?

MAXIME.

Oui... la paralysie le gagne.

BEVALLAN.

Oh! là, là! Ah! que ça fait bien cet arbre!... Il serait temps cependant, dites-moi, qu'il pensât à ses affaires?

MAXIME.

Je suppose qu'il y a pensé.

BEVALLAN.

Croyez-vous?

MAXIME.

Je suppose.

BEVALLAN.

Ah çà, j'espère bien qu'il n'a pas fait de legs à cette affreuse harpie qui sort d'ici.

MAXIME.

J'ignore!

BEVALLAN.

Ce serait atroce! Vous connaissez la créature... vous savez à quel point elle est indigne de toute espèce de sympathie! (Il prend une chaise et s'assied près de Maxime.1 [1. Bévallan, Maxime.] )

MAXIME.

Elle m'en inspire peu.

BEVALLAN.

Bravo! alors, si vous êtes consulté...

MAXIME.

Oh! je ne le serai pas.

BEVALLAN, s'asseyant.

Si, si, vous le serez... il vous porte dans son coeur... il vous consultera... et même, tenez, vous pouvez dans la circonstance être utile à mademoiselle Marguerite.

MAXIME, avec intérêt.

Comment cela?

BEVALLAN.

Mon Dieu, mon cher monsieur Maxime, je m'en vais m'ouvrir très-franchement avec vous là-dessus. Vous n'ignorez pas ma situation dans la maison... mon mariage avec mademoiselle Marguerite est à peu près arrêté; par conséquent, c'est un devoir pour moi de veiller aux intérêts de la jeune personne, et de vous les recommander... Eh bien, il serait très-désirable, en premier lieu, que madame Aubry fût complètement distancée... ensuite, j'ignore quel douaire M. Laroque compte assurer à madame Laroque, ma future belle-mère... Mais vous la connaissez comme moi... c'est une femme excellente, que j'aime et que j'estime profondément... mais enfin elle a des goûts très-simples: elle vivrait de rien... un gros douaire l'embarrasserait...

MAXIME.

Monsieur, je ne sais pas bien où vous voulez en venir! mais je vous dirai nettement que toute intervention de ma part dans les volontés testamentaires de M. Laroque me paraîtrait un abus grave de la confiance qu'on me témoigne ici.

BEVALLAN, indécis.

Ah! voilà comment vous répondez à la mienne?

MAXIME.

Monsieur, je ne vous l'ai pas demandée!

BEVALLAN.

Eh bien, bravo! touchez-là! c'est un trait d'honnête homme! Vous m'avez mal compris... mais c'est un trait d'honnête homme; vous ne m'avez pas compris du tout. (Se levant.) Ah çà, je vous laisse travailler. Mais comptez sur ce que je vous dis... je ne vous en estime que davantage... et mon amitié vous est acquise.

MAXIME.

Monsieur!

BEVALLAN.

A tout à l'heure! Ne vous dérangez pas! ne vous dérangez pas. (Il sort à gauche.)