Le roman d'un jeune homme pauvre (Play)
Chapter 17
LES MEMES, MARGUERITE, M. LAROQUE.
MARGUERITE.
Par ici, mon père... là! (Elle le fait asseoir. -- A Maxime.) C'est mon grand-père, Monsieur. (A M. Laroque.) M. Odiot, le nouvel intendant, mon père.
M. LAROQUE, s'asseyant. Il regarde Maxime, et paraît subitement étonné, inquiet; Maxime, surpris de ce regard, se tait.
Bien, bien, mon enfant... Bonjour, Monsieur, bonjour.
MARGUERITE, après une pause.
Mais, Monsieur, veuillez parler, dites quelque chose.
MAXIME, avec embarras.
Mon Dieu! Mademoiselle...
MARGUERITE.
Mais parlez donc. (A son père.) M. Odiot, le nouvel intendant, mon père.
MAXIME.
Monsieur, je suis heureux de pouvoir vous consacrer mes services.
M. LAROQUE, le regardant toujours avec un air d'égarement croissant.
Mais il est mort!
MAXIME, s'adressant à Marguerite.
Comment?
MARGUERITE.
L'autre intendant. (Elle fait signe à Maxime de continuer.)
MAXIME.
Ah! -- d'autant plus heureux, Monsieur, que j'ai souvent entendu citer vos glorieux faits d'armes, et que je compte moi-même dans ma famille des marins qui, comme vous, ont eu souvent l'honneur de combattre les Anglais....
M. LAROQUE, se dressant.
Ah! les Anglais! Oui! ce sont eux... Mais ils l'ont payé. Il y a du sang, je ne veux pas...
MARGUERITE.
Mon père!... (A Maxime.) Veuillez vous retirer, Monsieur... Allez rejoindre ma mère.
MAXIME, après s'être incliné, à part.
Joli début! (Il sort.)