Le Roman Comique

Chapter 28

Chapter 283,162 wordsPublic domain

La Caverne contoit ainsi son histoire, et l'Etoile l'ecoutoit attentivement, quand elles ouïrent marcher dans leur chambre, ce qui leur sembla d'autant plus etrange qu'elles se souvenoient fort bien d'avoir fermé leur porte au verrou. Cependant elles entendoient toujours marcher. Elles demandèrent qui etoit là. On ne leur repondit rien, et un moment après la Caverne vit au pied du lit, qui n'etoit point fermé, la figure d'une personne qu'elle ouït soupirer, et qui, s'appuyant sur le pied du lit, lui pressa les pieds. Elle se leva à demi pour voir de plus près ce qui commençoit à lui faire peur, et, resolue à lui parler, elle avança la tête dans la chambre, et ne vit plus rien. La moindre compagnie donne quelquefois de l'assurance, mais quelquefois aussi la peur ne diminue pas pour être partagée. La Caverne s'effraya de n'avoir rien vu, et l'Etoile s'effraya de ce que la Caverne s'effrayoit. Elles s'enfoncèrent dans leur lit, se couvrirent la tête de leur couverture et se serrèrent l'une contre l'autre, ayant grand'peur, et ne s'osant presque parler. Enfin la Caverne dit à l'Etoile que sa pauvre fille etoit morte et que c'etoit son âme qui etoit venue soupirer auprès d'elle. L'Etoile alloit peut-être lui repondre, quand elles entendirent encore marcher dans la chambre. L'Etoile s'enfonça encore plus avant dans le lit qu'elle n'avoit fait, et la Caverne, devenue plus hardie par la pensée qu'elle avoit que c'etoit l'ame de sa fille, se leva encore sur son lit comme elle avoit fait, et, voyant encore paroître la même figure qui soupiroit encore et s'appuyoit sur ses pieds, elle avança la main et en toucha une fort velue qui lui fit faire un cri effroyable et la fit tomber sur le lit à la renverse. Dans le même temps elles ouïrent aboyer dans leur chambre, comme quand un chien a peur la nuit de ce qu'il rencontre. La Caverne fut encore assez hardie pour regarder ce que c'etoit, et alors elle vit un grand levrier qui aboyoit contre elle. Elle le menaça d'une voix forte, et il s'enfuit en aboyant vers un coin de la chambre, où il disparut. La courageuse comedienne sortit hors du lit, et, à la clarté de la lune qui perçoit les fenetres, elle decouvrit, au coin de la chambre où le fantôme levrier avoit disparu, une petite porte d'un petit escalier derobé. Il lui fut aisé de juger que c'etoit un levrier de la maison qui etoit entré par là dans leur chambre. Il avoit eu envie de se coucher sur leur lit, et, ne l'osant faire sans le consentement de ceux qui y etoient couchés, avoit soupiré en chien, et s'etoit appuyé des jambes de devant sur le lit, qui etoit haut sur les siennes, comme sont tous les lits à l'antique, et s'etoit caché dessous quand la Caverne avança la tête dans la chambre la première fois. Elle n'ôta pas d'abord à l'Etoile la croyance qu'elle avoit que c'etoit un esprit, et fut long-temps à lui faire comprendre que c'etoit un levrier. Tout affligée qu'elle etoit, elle railla sa compagne de sa poltronnerie, et remit la fin de son histoire à quelque autre temps que le sommeil ne leur seroit pas si necessaire qu'il leur etoit alors. La pointe du jour commençoit à paroître; elles s'endormirent, et se levèrent sur les dix heures, qu'on les vint avertir que le carrosse qui les devoit mener au Mans etoit prêt de partir quand elles voudroient.

CHAPITRE IV.

Le Destin trouve Leandre.

Le Destin cependant alloit de village en village, s'informant de ce qu'il cherchoit et n'en apprenant aucunes nouvelles. Il battit un grand pays, et ne s'arrêta point que sur les deux ou trois heures, que sa faim et la lassitude de son cheval le firent retourner dans un gros bourg qu'il venoit de quitter. Il y trouva une assez bonne hôtellerie, parce qu'elle etoit sur le grand chemin, et n'oublia pas de s'informer si on n'avoit point ouï parler d'une troupe de gens de cheval qui enlevoient une femme. «Il y a un gentilhomme là-haut qui vous en peut dire des nouvelles, dit le chirurgien du village, qui se trouva là; je crois, ajouta-t-il, qu'il a eu quelques demêlés avec eux et en a eté maltraité. Je lui viens d'appliquer un cataplasme anodin et resolutif sur une tumeur livide qu'il a sur les vertèbres du col, et je lui ai pansé une grande plaie qu'on lui a faite à l'occiput. Je l'ai voulu saigner, parce qu'il a le corps tout couvert de contusions, mais il n'a pas voulu; il en a pourtant bien besoin. Il faut qu'il ait fait quelque lourde chute et qu'il ait eté excedé de coups.» Ce chirurgien de village prenoit tant de plaisir à debiter les termes de son art qu'encore que le Destin l'eût quitté et qu'il ne fût ecouté de personne, il continua longtemps le discours qu'il avoit commencé[241], jusqu'à tant que l'on le vint querir pour saigner une femme qui se mouroit d'une apoplexie.

[Note 241: Molière n'est pas le seul ni le premier qui se soit moqué des médecins d'alors. Indépendamment de Boileau, et de La Fontaine, Scarron, dans ce passage et dans plusieurs autres (V. l. 1, ch. 14, p. 128; l. 2, ch. 9); Barclay, dans Euphormion; Cyrano de Bergerac dans sa Lettre contre les médecins, etc., l'ont fait presque dans les mêmes termes que Molière. On peut voir ce qu'en dit La Bruyère (De quelques usages). Cf. aussi l'Ombre de Molière, comédie de Brécourt, 1674, etc., etc. Les médecins se discréditoient eux-mêmes par leurs querelles et leurs discussions, et, en se traitant entre eux de charlatans et d'imposteurs, ils apprenoient aux autres à les traiter de même. V. Lettres de Gui-Patin.]

Cependant le Destin montoit dans la chambre de celui dont le chirurgien lui avoit parlé. Il y trouva un jeune homme bien vêtu, qui avoit la tête bandée, et qui s'etoit couché sur un lit pour reposer. Le Destin lui voulut faire des excuses de ce qu'il etoit entré dans sa chambre devant que d'avoir sceu s'il l'auroit agreable: mais il fut bien surpris quand, aux premières paroles de son compliment, l'autre se leva de son lit et le vint embrasser, se faisant connoître à lui pour son valet Leandre, qui l'avoit quitté depuis quatre ou cinq jours sans prendre congé de lui, et que la Caverne croyoit être le ravisseur de sa fille. Le Destin ne sçavoit de quelle façon il lui devoit parler, le voyant bien vêtu et de fort bonne mine. Pendant qu'il le considera, Leandre eut le temps de se rassurer, car il avoit paru d'abord fort interdit. «J'ai beaucoup de confusion, dit-il au Destin, de n'avoir pas eu pour vous toute la sincerité que je devois avoir, vous estimant comme je fais; mais vous excuserez un jeune homme sans experience, qui, devant que de vous bien connoître, vous croyoit fait comme le sont d'ordinaire ceux de votre profession, et qui n'osoit pas vous confier un secret d'où depend tout le bonheur de sa vie.» Le Destin lui dit qu'il ne pouvoit sçavoir que de lui-même en quoi il lui avoit manqué de sincerité. «J'ai bien d'autres choses à vous apprendre, si peut-être vous ne les sçavez dejà, lui repondit Leandre; mais auparavant il faut que je sçache ce qui vous amène ici.» Le Destin lui conta de quelle façon Angelique avoit été enlevée; il lui dit qu'il couroit après ses ravisseurs, et qu'il avoit appris, en entrant dans l'hôtellerie, qu'il les avoit trouvés et lui en pourroit apprendre des nouvelles. «Il est vrai que je les ai trouvés, lui repondit Leandre en soupirant, et que j'ai fait contre eux ce qu'un homme seul pouvoit faire contre plusieurs; mais, mon epée s'etant rompue dans le corps du premier que j'ai blessé, je n'ai pu rien faire pour le service de mademoiselle Angelique, ni mourir en la servant, comme j'etois resolu à l'un ou à l'autre evenement. Ils m'ont mis en l'etat où vous me voyez. J'ai été etourdi du coup d'estramaçon que j'ai reçu sur la tête; ils m'ont cru mort, et ont passé outre à grand hâte. Voilà tout ce que je sçais de mademoiselle Angelique. J'attends ici un valet qui vous en apprendra davantage: il les a suivis de loin, après m'avoir aidé à reprendre mon cheval, qu'ils m'ont peut-être laissé à cause qu'il ne valoit pas grand chose.» Le Destin lui demanda pourquoi il l'avoit quitté sans l'en avertir, d'où il venoit et qui il etoit, ne doutant plus qu'il ne lui eût caché son nom et sa condition. Leandre lui avoua qu'il en etoit quelque chose, et, s'etant recouché à cause que les coups qu'il avoit reçus lui faisoient beaucoup de douleur, le Destin s'assit sur le pied du lit, et Leandre lui dit ce que vous allez lire dans le suivant chapitre.

CHAPITRE V.

Histoire de Leandre.

Je suis un gentilhomme d'une maison assez connue dans la province. J'espère un jour d'avoir pour le moins douze mille livres de rente, pourvu que mon père meure: car, encore qu'il y ait quatre-vingts ans qu'il fait enrager tous ceux qui dependent de lui ou qui ont affaire à lui, il se porte si bien qu'il y a plus à craindre pour moi qu'il ne meure jamais qu'à esperer que je lui succède un jour en trois fort belles terres qui sont tout son bien. Il me veut faire conseiller au Parlement de Bretagne contre mon inclination, et c'est pour cela qu'il m'a fait etudier de bonne heure. J'etois ecolier à la Flèche quand votre troupe y vint representer. Je vis mademoiselle Angelique, et j'en devins tellement amoureux que je ne pus plus faire autre chose que de l'aimer. Je fis bien davantage, j'eus l'assurance de lui dire que je l'aimois; elle ne s'en offensa point; je lui écrivis, elle reçut ma lettre et ne m'en fit pas plus mauvais visage. Depuis ce temps-là une maladie qui fit garder la chambre à mademoiselle de la Caverne, pendant que vous fûtes à la Flèche, facilita beaucoup les conversations que sa fille et moi eûmes ensemble. Elle les auroit sans doute empêchées, trop sevère comme elle est pour être d'une profession qui semble dispenser du scrupule et de la severité ceux qui la suivent. Depuis que je devins amoureux de sa fille, je n'allai plus au collége et ne manquai pas un jour d'aller à la comedie. Les pères jesuites me voulurent remettre dans mon devoir; mais je ne voulus plus obeir à de si mal-plaisans maîtres, après avoir choisi la plus charmante maîtresse du monde. Votre valet fut tué à la porte de la comedie par des ecoliers bretons, qui firent cette année-là beaucoup de desordre à la Flèche, parce qu'ils y etoient en grand nombre et que le vin y fut à bon marché[242]. Cela fut cause en partie que vous quittâtes la Flèche pour aller à Angers. Je ne dis point adieu à mademoiselle Angélique, sa mère ne la perdant point de vue. Tout ce que je pus faire, ce fut de paroître devant elle, en la voyant partir, le desespoir peint sur le visage et les yeux mouillés de larmes. Un regard triste qu'elle me jeta me pensa faire mourir. Je m'enfermai dans ma chambre; je pleurai le reste du jour et toute la nuit; et, dès le matin, changeant mon habit en celui de mon valet, qui etoit de ma taille, je le laissai à la Flèche pour prendre mon equipage d'ecolier et lui laissai une lettre pour un fermier de mon père qui me donne de l'argent quand je lui en demande, avec ordre de me venir trouver à Angers. J'en pris le chemin après vous et vous attrapai à Duretail[243], où plusieurs personnes de condition qui y couroient le cerf vous arrêtèrent sept ou huit jours. Je vous offris mon service, et vous me prîtes pour votre valet, soit que vous fussiez incommodé de n'en avoir point, ou que ma mine et mon visage, qui peut-être ne vous deplurent pas, vous obligeassent à me prendre. Mes cheveux, que j'avois fait couper fort courts, me rendirent meconnaissable à ceux qui m'avoient vu souvent auprès de mademoiselle Angelique, outre que le mechant habit de mon valet que j'avois pris pour me deguiser me rendoient bien different de ce que je paraissois avec le mien, qui etoit plus beau que ne l'est d'ordinaire celui d'un ecolier. Je fus d'abord reconnu de mademoiselle Angelique, qui m'avoua depuis qu'elle n'avoit point douté que la passion que j'avois pour elle ne fût très violente, puisque je quittois tout pour la suivre. Elle fut assez genereuse pour m'en vouloir dissuader et pour me faire retrouver ma raison, qu'elle voyoit bien que j'avois perdue. Elle me fit long-temps eprouver des rigueurs qui eussent refroidi un moins amoureux que moi. Mais enfin, à force de l'aimer, je l'engageai à m'aimer autant que je l'aimois. Comme vous avez l'ame d'une personne de condition qui l'auroit fort belle, vous reconnûtes bientôt que je n'avois pas celle d'un valet. Je gagnai vos bonnes graces, je me mis bien dans l'esprit de tous les messieurs de votre troupe, et même je ne fus pas haï de la Rancune, qui passe parmi vous pour n'aimer personne et pour haïr tout le monde.

[Note 242: On peut lire dans une foule d'écrivains du temps le récit des prouesses en ce genre de messieurs les écoliers. Sorel, dans Francion (liv. 4, etc.), nous parle au long et au large de leur turbulence, et Tristan nous raconte, dans le Page disgracié, une lutte terrible aux environs de Bordeaux entre les écoliers de la ville et des paysans, dont vingt ou vingt-cinq restèrent morts sur le carreau, sans compter les blessés (ch. 38 et 39). Souvent même ils se faisoient tire-laines pendant la nuit, quoiqu'il ne faille pas croire aveuglément à tout ce qu'on en rapporte: car, dit l'auteur des Caquets de l'accouchée, «une infinité de vagabonds et de courreurs..., pillent, voilent, destroussent..., et, qui pis est, ils empruntent le nom des escoliers et font semblant d'estre de leur cabale» (p. 70, éd. Foumier, chez Jannet).--Quoi qu'il en soit, les armes offensives, et en particulier les épées et les pistolets, furent sévèrement interdites aux écoliers par le règlement général pour la police de Paris du 30 mars 1635, qui avoit déjà été précédé d'autres ordonnances particulières dans le même sens en 1604, 1619, 1621 et 1623. On prit contre eux de nouvelles mesures encore plus rigoureuses, qui montrent combien ils étoient dangereux pour la sûreté publique: ainsi il leur fut fait défense, sous peine de la prison, de vaguer par les rues passé cinq heures du soir en hiver et neuf heures en été.]

[Note 243: Petite ville d'Anjou, à quatre lieues d'Angers et à deux et demie de La Flèche.]

Je ne perdrai point le temps à vous redire tout ce que deux jeunes personnes qui s'entr'aiment se sont pu dire toutes les fois qu'elles se sont trouvées ensemble, vous le sçavez assez par vous-même; je vous dirai seulement que mademoiselle de la Caverne, se doutant de notre intelligence, ou plutôt n'en doutant plus, defendit à sa fille de me parler; que sa fille ne lui obeït pas, et que, l'ayant surprise qui m'ecrivoit, elle la traita si cruellement, et en public et en particulier, que je n'eus pas depuis grande peine à la faire resoudre de se laisser enlever. Je ne crains point de vous l'avouer, vous connoissant genereux autant qu'on le peut être, et amoureux pour le moins autant que moi. Le Destin rougit à ces dernières paroles de Leandre, qui continua son discours et dit au Destin qu'il n'avoit quitté la compagnie que pour s'aller mettre en etat d'executer son dessein; qu'un fermier de son père lui avoit promis de lui donner de l'argent, et qu'il esperoit encore d'en recevoir à Saint-Malo du fils d'un marchand de qui l'amitié lui etoit assurée, et qui etoit depuis peu maître de son bien par la mort de ses parents. Il ajouta que par le moyen de son ami il esperoit de passer facilement en Angleterre, et là de faire sa paix avec son père sans exposer à sa colère mademoiselle Angelique, contre laquelle, vraisemblablement, aussi bien que contre sa mère, il auroit exercé toutes sortes d'actes d'hostilité, avec tout l'avantage qu'un homme riche et de condition peut avoir sur deux pauvres comediennes. Le Destin fit avouer à Leandre qu'à cause de sa jeunesse et de sa condition son père n'auroit pas manqué d'accuser de rapt mademoiselle de la Caverne; il ne tâcha point de lui faire oublier son amour, sçachant bien que les personnes qui aiment ne sont pas capables de croire d'autres conseils que ceux de leur passion et sont plus à plaindre qu'à blâmer; mais il desapprouva fort le dessein qu'il avoit de se sauver en Angleterre, et lui representa ce qu'on pourroit s'imaginer de deux jeunes personnes ensemble qui seroient dans un pays etranger, les fatigues et les hasards d'un voyage par mer, la difficulté de recouvrer de l'argent s'il leur arrivoit d'en manquer, et enfin les entreprises que feroient faire sur eux et la beauté de mademoiselle Angelique et la jeunesse de l'un et de l'autre. Leandre ne defendit point une mauvaise cause; il demanda encore une fois pardon au Destin de s'être si long-temps caché de lui, et le Destin lui promit qu'il se serviroit de tout le pouvoir qu'il croyoit avoir sur l'esprit de mademoiselle de la Caverne pour le lui rendre favorable. Il lui dit encore que, s'il etoit tout à fait resolu à n'avoir jamais d'autre femme que mademoiselle Angelique, il ne devoit point quitter la troupe. Il lui representa que cependant son père pouvoit mourir, ou sa passion se ralentir, ou peut-être se passer. Leandre s'ecria là-dessus que cela n'arriveroit jamais. «Eh bien donc! dit le Destin, de peur que cela n'arrive à votre maîtresse, ne la perdez point de vue, faites la comedie avec nous; vous n'êtes pas le seul qui la ferez et qui pourriez faire quelque chose de meilleur. Ecrivez à votre père, faites-lui croire que vous êtes à la guerre, et tâchez d'en tirer de l'argent[244]. Cependant je vivrai avec vous comme avec un frère, et tâcherai par là de vous faire oublier les mauvais traitements que vous pouvez avoir reçus de moi tandis que je n'ai pas connu ce que vous étiez.» Leandre se fût jeté à ses pieds si la douleur que les coups qu'il avoit reçus lui faisoient sentir par tout son corps lui eût permis de le faire. Il le remercia au moins en des termes si obligeans, et lui fit des protestations d'amitié si tendres, qu'il en fut aimé dès ce temps-là autant qu'un honnête homme le peut être d'un autre. Ils parlèrent ensuite de chercher mademoiselle Angelique; mais une grande rumeur qu'ils entendirent interrompit leur conversation et fit descendre le Destin dans la cuisine de l'hôtellerie, où il se passoit ce que vous allez voir dans le suivant chapitre.

[Note 244: C'étoient là des expédients reçus même dans la bonne société, et dont on ne songeoit pas à se scandaliser beaucoup, comme le prouvent les Historiettes de Tallemant et les comédies de Molière.]

CHAPITRE VI.

Combat à coups de poings. Mort de l'hôte et autres choses memorables.