Part 45
[163: Archives des Affaires étrangères, vol. 680. _Vienne_.--«Il faut parfois en politique frapper trop fort pour frapper juste, disait un jour Talleyrand, afin de se justifier de la violence de cette déclaration. Ne voyez-vous pas que, pour empêcher l'Autriche de se souvenir jamais qu'elle avait un gendre, il fallait lui faire mettre sa signature au bas d'une sentence de mort civile et non d'une déclaration de guerre? On peut toujours traiter avec un ennemi. On ne se remarie pas avec un condamné.» (VILLEMAIN, _Souvenirs contemporains_, t. II.)]
[164: Il y a à cette mesure un précédent historique. La cour de Dresde, lorsque Frédéric II eut envahi la Saxe sans déclaration de guerre, l'avait déclaré «perturbateur de la paix publique», et la Diète l'avait mis au ban de l'Empire.--Napoléon crut habile d'opposer Fouché à Talleyrand et chargea le duc d'Otrante de la réponse. Le 29 mai, dans le conseil des ministres, celui-ci, faisant allusion à la déclaration du 13 mars, la qualifia de libelle, de pièce apocryphe fabriquée par l'esprit de parti, contraire à tout principe de morale et de religion, attentatoire au caractère de loyauté des souverains dont les auteurs de cet écrit avaient compromis tous les mandataires. Elle ne méritait qu'un profond mépris. Elle n'avait fixé l'attention du ministère que lorsque des courriers du prince de Bénévent l'avaient apportée en France. Elle émanait visiblement de la légation du comte de Lille à Vienne, qui au crime de provocation à l'assassinat avait ajouté celui de falsification de la signature des ambassadeurs... Si l'on admet ce genre de réponse, il faut convenir qu'il était difficile de trouver mieux. Le conseil d'État, à qui l'on avait déféré cette déclaration, se servit des mêmes motifs pour la repousser.]
[165: MÉNEVAL, t. III.]
[166: Lord Holland dit de François II: «C'était un homme de quelque intelligence, de peu de cœur et sans aucune justice.» Il conteste absolument qu'il fût, comme on l'a affirmé, doux et bienveillant. Dans toutes les circonstances, il avait agi comme un homme d'un caractère bien opposé. «Quant au mariage de sa fille, ajoute lord Holland, il faut admettre cette alternative, ou qu'il ait consenti à sacrifier son enfant à une politique couarde, ou bien qu'il ait lâchement abandonné et détrôné un prince qu'il avait choisi pour son gendre. Il sépara sa fille du mari qu'il lui avait donné et aida à déshériter son petit-fils, issu d'un mariage qu'il avait approuvé et, à ce que je crois, sérieusement recherché. Pour éloigner de l'esprit de cette même fille le souvenir de son époux détrôné et exilé, mais dont la conduite envers elle était irréprochable, on prétend qu'il encouragea et même combina lui-même les moyens de la rendre infidèle...» (_Souvenirs diplomatiques de lord Holland._)]
[167: «La chasteté, disait l'Empereur, est pour les femmes ce que la bravoure est pour les hommes. Je méprise un lâche et une femme sans pudeur.»]
[168: BAUSSET, t. III.]
[169: L'empereur d'Autriche devançait les désirs de Joseph de Maistre, qui écrivait le 22 mars 1815, à propos du retour de Napoléon: «L'archiduchesse Marie-Louise et son fils seront très embarrassants dans cette occasion. Il faudrait que l'empereur d'Allemagne eût le courage de les mettre (surtout le jeune prince) hors de la puissance de Napoléon.» (_Lettres_, t. I.)]
[170: MÉNEVAL, t. III.--«Elle avait suivi, malgré les dégoûts dont elle était entourée, le prince dont elle était la gouvernante. La meilleure mère ne peut pas montrer un plus grand attachement que celui dont elle fit preuve.» (_L'île d'Elbe et les Cent-jours._) Il n'y a rien à ajouter à ce juste hommage rendu par l'empereur Napoléon à Mme de Montesquiou.]
[171: MÉNEVAL, t. III.]
[172: On a dit aussi que le lieutenant-colonel Monge, des grenadiers de la garde, avait été chargé, par Napoléon, d'enlever Marie-Louise et son fils. Je n'ai pu vérifier ce bruit.--Le prétendu enlèvement du roi de Rome à cette même date par la comtesse de Mirepoix et Mme de Croy-Chanel n'est qu'une fable.]
[173: MÉNEVAL, t. III, p. 429.]
[174: La comtesse de Montesquiou écrivait à M. de Talleyrand: «Je me sens assez de forces physiques et morales pour soutenir une plus longue captivité, et je vous avoue que, lorsque je souffrirai seule, je souffrirai avec plus de constance. Mais de voir ce jeune malheureux regrettant tout, excepté les marques d'amitié qu'il m'a données en faisant tant de chemin pour venir me voir, se sentant appelé en France par ses affaires, sa femme, son fils, sa fortune même--son absence depuis quatre mois empêche de pouvoir rien terminer--toute la contrariété qu'il éprouve, me désespère et me rend de plus en plus pénible ma triste retraite.» Ce ne fut que dans les premiers jours de juin que Talleyrand obtint les passeports demandés. (_France_, vol. 1801. Archives des Affaires étrangères.)]
[175: MÉNEVAL, t. III.]
[176: Mme Soufflot, la sous-gouvernante qui restait encore auprès du roi de Rome, écrivait à ses enfants, à la date du 8 avril: «Votre pauvre mère est malheureuse d'être séparée de vous dans des moments si pénibles. Hélas! où l'amour de mon devoir et mon bon cœur m'ont-ils conduite? Dans le chemin de l'honneur le plus sévère, mais aussi dans celui de tous les chagrins. Après avoir déjà fait tant de sacrifices à ce cher enfant, je n'ai pu me résoudre à l'abandonner dans une crise aussi pénible que délicate, celle où on le séparait de celle qui lui était si chère à tant de titres. Je continuerai, tant que cela me sera permis, de veiller sur lui et de suppléer aux sages leçons qu'il a toujours reçues...» (Collection Amédée Lefèvre-Pontalis.)]
[177: Voir la _Revue de Paris_ du 2 février 1895.]
[178: Talleyrand, qui avait adhéré à la quadruple Alliance le 27 mars, croyait pouvoir affirmer au Roi, le 29, que le traité de Chaumont était uniquement fait dans le but de soutenir la France, quoique, au fond, il sût le contraire. Il avait, en effet, confidentiellement écrit à M. de Jaucourt, le 16 mars: «Songez bien à ceci: c'est que cette même Europe qui a été amenée à faire la déclaration que je vous ai envoyée, est en pleine jalousie de la France, du Roi et de la maison de Bourbon.» Elle le prouva bien, peu de temps après.]
[179: On verra le contraire au chapitre suivant, ce qui prouve combien chacun était sincère.]
[180: _Mémoires de Talleyrand_, t. III.]
[181: D'après les _Mémoires de Napoléon_, Montrond devait fournir à Talleyrand l'occasion d'écrire en France et au gouvernement français la possibilité de découvrir le fil de ses trames, gagner l'ambassadeur de Louis XVIII, porter une lettre à Marie-Louise et rapporter sa réponse. Montrond n'obtint en réalité que des réponses évasives de Talleyrand et ne l'intimida guère. Je ne crois pas, d'ailleurs, qu'il en eût l'intention. Toujours est-il que les menaces de séquestre sur ses biens et d'un grand procès qu'allait lui faire la Haute Cour n'aboutirent qu'à éloigner Talleyrand de l'Empire. Une note de Napoléon définissait ainsi la mission exacte de Montrond: «Voir M. de Talleyrand et le renseigner sur la véritable disposition des esprits.» Suivant Bignon, la mission de Montrond, qui jouait double rôle et était auprès de Talleyrand l'agent confidentiel de Fouché aussi bien que celui de l'Empereur, fut plus nuisible qu'utile à la cause française. (Voy. BIGNON, _Histoire de France sous Napoléon_, t. XIV.)]
[182: _Mémoires_, t. III.]
[183: Archives des Affaires étrangères, vol. 1801, _France_.--Marie-Louise avait reçu directement de Napoléon, et à la même date, ce petit billet: «Ma bonne Louise, je suis maître de toute la France. Tout le peuple et toute l'armée sont dans le plus grand enthousiasme. Le soi-disant Roi est passé en Angleterre. Je t'attends pour le mois d'avril ici avec mon fils. Adieu, mon amie.--NAPOLÉON.» (Collection de M. Antonin Lefèvre-Pontalis.)]
[184: Le petit prince était représenté avec un gracieux costume rose que traversait le grand cordon de Saint-Étienne. Sa figure souriante rappelait les traits de Napoléon et de Marie-Louise.]
[185: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801.]
[186: _Document inédit._]
[187: _Id._]
[188: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801.]
[189: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801, et _Mémoires_, t. III.]
[190: «Telle était cette nature frêle, timide, rêveuse, née pour la vie privée _et pour les tendresses du foyer allemand_.» (LAMARTINE, _Histoire de la Restauration_, t. I.)]
[191: Pour prix d'obéissance à leurs volontés, les alliés stipulèrent, dans un protocole séparé des conférences et daté du 28 mars, que les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, à l'exception des parties situées sur la rive gauche du Pô, seraient possédés en toute souveraineté par elle, mais qu'ils retourneraient, après elle, à l'infant, don Carlos, fils de S. M. Marie-Louise d'Espagne. L'empereur d'Autriche renonçait pour sa fille à toute pension à laquelle elle et les siens pourraient prétendre à la charge de la France. (Archives des Affaires étrangères, _Vienne_, vol. 683.)
L'art. 99 de l'Acte final du Congrès de Vienne, en date du 9 juin 1815, ne devait ratifier que la possession des duchés par Marie-Louise. Quant à la réversion elle fut ajournée. Elle ne fut décidée en faveur de l'infante d'Espagne, Marie-Louise, de son fils et de ses descendants, que par le traité spécial du 10 juin 1817.]
[192: 13 avril 1815, _Mémoires_, t. III.]
[193: Il s'agissait du baron François d'Ottenfels-Gschwind, qui avait pris le pseudonyme de Werner pour s'entendre à Bâle, au nom de Metternich, avec un affidé de Fouché.]
[194: _Le Consulat et l'Empire_, t. XIX.]
[195: Pour en avoir une certitude complète, il suffit de lire les lettres que M. de Jaucourt adressait de Paris à M. de Talleyrand pendant son ambassade à Vienne. Ainsi, examinant un jour la manière dont les affaires avaient été conduites depuis la rentrée du Roi en 1814, M. de Jaucourt faisait cet aveu: «Grand Dieu! quel chemin nous avons parcouru depuis ce temps-là!... _Il faut le dire en un seul mot: il conduisait à l'île d'Elbe._» (Affaires étrangères, _Vienne_.)]
[196: Lettre du 28 septembre 1814 (Affaires étrangères, _Vienne_, vol. 681), publiée par M. PALLAIN, _Correspondance de Talleyrand et de Louis XVIII_.]
[197: Il avouait en même temps qu'il correspondait avec M. de Metternich. Ainsi il donnait au chancelier autrichien des détails sur la France et l'Europe, en formant entre autres le vœu que la Belgique revînt à l'Autriche comme «un hommage rendu à une possession séculaire interrompue seulement depuis une vingtaine d'années».--M. de Méneval a eu connaissance des lettres de Fouché à Metternich par le comte Aldini, auquel le chancelier les avait communiquées.]
[198: On a dit qu'au lendemain de l'abdication de Napoléon, Marie-Louise avait fait dresser un acte authentique par lequel elle protestait, au nom de son fils, contre cette abdication et réservait ses droits au trône. Une copie de cet acte aurait été communiquée à Regnaud de Saint-Jean d'Angély.--Méneval, Bausset, et les contemporains à même de connaître cet important détail, n'en disent rien. J'incline à croire que cet acte a été composé, lui aussi, à Paris, par les derniers partisans de Napoléon. Au commencement de 1815, deux mois avant le retour de l'île d'Elbe, «on fit imprimer une quantité prodigieuse d'exemplaires de cette protestation pour les distribuer avec profusion dans toutes les casernes et tous les corps de garde de France, afin de connaître les sentiments des soldats. Ils furent tels que les conjurés le désiraient.» (Voir _Fouché de Nantes_, 1816, in-18.)]
[199: «Les journaux de Paris ont annoncé la prochaine arrivée de l'archiduchesse Marie-Louise en France. Il serait bien désirable de donner la plus grande publicité aux faits qui démentent cette assertion.» (Blacas à Talleyrand, 16 avril.)]
[200: Napoléon à l'archichancelier: «13 août 1815. Nommez une commission de magistrats sûrs pour lever le séquestre et faire l'inventaire des papiers qu'on trouvera chez le prince de Bénévent et dans la maison des autres individus exceptés de l'amnistie par un décret de Lyon. On m'annonce qu'on trouvera des papiers importants. Nommez des hommes sûrs.» (Archives nationales, AFiv 907. _Minutes des lettres de Napoléon_.)]
[201: Voir dans les _Mémoires du chancelier Pasquier_, t. III, p. 170 à 173, ce très intéressant entretien.]
[202: _Mémoires de Metternich_, t. I; _Autobiographie_, p. 207.]
[203: _Mémoires du chancelier Pasquier_, t. III.]
[204: Napoléon a dû se dire qu'il ne trouverait pas plus de papiers en 1815 qu'il n'en trouva chez Fouché en 1810, lorsqu'il le remplaça par Savary et qu'il ordonna des perquisitions en son hôtel.]
[205: _Minutes des lettres de Napoléon_. Archives nationales, AFiv 907.]
[206: _Mémoires pour servir à l'histoire de la vie privée, du retour et du règne de Napoléon en_ 1815.]
[207: Archives nationales, AFiv 907.]
[208: _L'île d'Elbe et les Cent-jours._--M. de La Valette, dans ses _Mémoires_, raconte une scène violente que Napoléon fit à Fouché à ce sujet. Je veux bien y croire, mais avec quelques restrictions, car La Valette, qui s'était caché pour l'entendre, reparaissait un peu trop tôt pour recevoir les confidences de Fouché à ce sujet.]
[209: Cette déclaration est, je le répète, identique à celle qu'Alexandre faisait en 1804 à Novossiltzof, ex-ambassadeur à Londres. (Voy. le _Temps_ du 8 septembre 1895, _Les Plans de la coalition en 1804_, par M. Albert SOREL.) Ces déclarations sont aussi sincères l'une que l'autre.]
[210: Voy. _Mémoires de Metternich_, t. II, p. 514 à 516.]
[211: _Mémoires de Metternich_, t. II.]
[212: Voir _Mémoires pour servir à l'histoire de Napoléon en_ 1815.--Et voici comment Metternich en rend compte: «Les agents se rencontrèrent à Bâle à l'heure fixée et se séparèrent après une courte entrevue, parce qu'ils n'avaient rien à se dire.» Il semblerait, d'après le chancelier, qu'ils ne s'étaient fait aucune communication importante, et que, sans avoir dit autre chose que des banalités, chacun s'en était tenu là.]
[213: _Mémoires de Pasquier_, t. III, p. 196.--Fouché amena si bien le dénouement, que deux mois après il siégeait dans le conseil du Roi auprès de M. Pasquier.]
[214: «J'aurais dû le fusiller, a dit Napoléon à Sainte-Hélène; j'ai fait une grande faute de ne pas le faire.» (MONTHOLON, t. II.)]
[215: _Mémoires pour servir à l'histoire de Napoléon en_ 1815, t. II, p. 32.]
[216: Comment cette proposition peut-elle cadrer avec cette parole de l'empereur Alexandre à lord Clancarty: «Je me suis assuré que l'Autriche, de son côté, ne songe plus à la régence et ne la veut plus.» (Lettre de Talleyrand à Louis XVIII, 23 avril.)--Et, d'autre part, comment cela s'arrange-t-il avec les déclarations de Gentz (_Dépêches inédites_), qui assure que l'empereur d'Autriche n'avait aucun goût pour la régence et Napoléon II?... Ce n'était donc que momentanément, pour tromper les Français et arriver à se débarrasser de Napoléon, que les alliés paraissaient favorables à la régence, car François II n'aurait jamais osé, sans leur adhésion, présenter cette combinaison. Tout cela montre bien que, de part et d'autre, on cherchait à se duper.]
[217: On voit que Montrond était aussi bien, en allant à Vienne, l'agent de Fouché que celui de l'Empereur. Et c'est lui qui, sans aucun doute, avait préparé la mission d'Ottenfels en demandant de vive voix à Metternich si l'Autriche soutiendrait la régence succédant à l'abdication, volontaire ou forcée, de Napoléon.]
[218: _Mémoires de Lavalette_, t. II.--Les _Mémoires de Fouché_ reproduisent un petit discours de Carnot pour dissuader l'Empereur de faire fusiller Fouché. Cette générosité servit peu à Carnot, car, à la seconde Restauration, Fouché s'empressa de le placer sur les listes de proscription.]
[219: Il faut remarquer que c'était le thème de Fleury dans la première entrevue avec Ottenfels.]
[220: _Mémoires de Pasquier_, t. III.]
[221: _Correspondance de Talleyrand et de Louis XVIII_, publiée par M. PALLAIN, p. 380.]
[222: Napoléon disait plus tard à Montholon: «Je pouvais sauver ma couronne en lâchant la bride aux ennemis du peuple contre les hommes de la Restauration. Je ne l'ai pas voulu. Vous vous rappelez, lorsqu'à la tête de vos faubouriens, vous vouliez faire justice de la trahison de Fouché et proclamer une dictature. Je vous ai refusé, parce que tout mon être se révolte à la pensée d'être le roi d'une Jacquerie.»]
[223: _Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege_, von F. VON GENTZ.]
[224: Qu'on se rappelle les platitudes et les génuflexions du même Schwarzenberg lors du mariage en 1810 et de l'entrevue de Dresde en 1812, et que l'on compare avec les insultes qui précèdent!]
[226: Voir à ce sujet _Une lettre du Roi_, publiée par moi dans la _Revue des études historiques_, année 1893.--Napoléon, s'étonnant à Sainte-Hélène de voir qu'un esprit aussi supérieur que Louis XVIII eût employé un traître comme Fouché, disait du duc de Richelieu: «À la bonne heure! celui-là, je le comprends. Il ne sait rien de notre France, mais c'est l'honneur personnifié, c'est un bon Français!» (_Mémoires de Montholon_, t. I.)]
[227: _Supplementary Despatches_, t. X.]
[228: Voir _Mémoires de Bausset_, t. III, et ANGEBERG, _le Congrès de Vienne_, t. II.]
[229: D'après une lettre de Caulaincourt à Napoléon, il paraîtrait que le prince impérial fut rendu à sa mère, à Schœnbrunn, le 29 mai. (Archives des affaires étrangères.)]
[230: MÉNEVAL, t. III.]
[231: Elles allaient être forcées de le quitter, elles aussi, quelques mois après. En effet, le 11 octobre, Mme Soufflot informait ses enfants de son retour. «Demain, écrivait-elle, doit arriver le gouverneur. Je resterai deux ou trois jours pour habituer ce cher petit, et, malgré que j'aie le cœur déchiré par cette cruelle séparation, vous devez penser avec quel empressement j'irai vous rejoindre.» (Collection Amédée Lefèvre-Pontalis.)]
[232: Lettre à Mme de Crenneville, 11 avril 1815.]
[233: Lettre du 28 mai 1815.]
[234: Voir ch. VII.]
[235: _Mémoires_, t. III, et Affaires étrangères, vol. 1802, _France_. Voir plus haut.]
[236: _Mémoires_, t. III.]
[237: Archives des Affaires étrangères, _Vienne_, vol. 681, et _Correspondance de Talleyrand avec Louis XVIII_, publiée par M. PALLAIN.]
[238: Voir ANGEBERG, _le Congrès de Vienne_, t. II.]
[239: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801.]
[240: _France_, vol. 1802. Archives des Affaires étrangères.]
[241: _Correspondance de Napoléon_, t. XXVIII, et Archives des Affaires étrangères, vol. 1802, _France_.]
[242: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1802.]
[243: Voir mon ouvrage sur le _Maréchal Ney_, Plon, 1894, p. 73.]
[244: _Histoire des deux Chambres de Buonaparte_, par F. Th. DELBARE, et _Archives parlementaires_, publiées par Mavidal et Laurent, 1re série.]
[245: _Histoire des deux Chambres_, par Th. DELBARE.]
[246: Plusieurs témoins de cette scène devaient s'en souvenir, lors du procès de Labédoyère, et contribuer par haine à sa condamnation après les Cent-jours.]
[247: _Archives parlementaires_, t. XIV.]
[248: _Mémoires de Pasquier_, t. III.--Les choses allaient plus vite que Fouché ne l'avait cru. Son intérêt était de retarder le retour des Bourbons, afin de mieux imposer ses conditions.]
[249: _Mémoires de Pasquier_, t. III.]
[250: _Mémoires_, t. III, p. 261.]
[251: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801.]
[252: _Ibid._]
[253: Une caricature, qui faisait fureur à Vienne, le représentait avec six têtes, dont la première criait: «Vive la République!» la seconde: «Vive l'Égalité!» la troisième: «Vive le premier Consul!» la quatrième: «Vive l'Empereur!» la cinquième: «Vivent les Bourbons!» la sixième: «Vive...!» Talleyrand attendait pour ce dernier cri ce que la nation ou le hasard décideraient.]
[254: Voy. le n° du 11 avril 1896 de la _Neue Freie Presse_, article de M. Wertheimer sur _Talleyrand pendant le Congrès de Vienne_.--Voy. aussi les _Mémoires de Méneval_, t. III, et POZZO DI BORGO, t. II.]
[255: _Mémoires de Talleyrand_, t. III.]
[256: Le 6 juillet, M. de Maleville protesta, par une lettre adressée au président de la Chambre des représentants, et obtint la distribution d'un écrit contenant sa défense.]
[257: _Supp. Despatches of Wellington_, tome X, p. 641.]
[258: Pour décider ses collègues, Fouché disait que c'était pour eux une question de vie ou de mort. «Eh! qu'importent ta vie et la mienne, s'écria Carnot, quand il s'agit du salut de la France! Tu n'es qu'un lâche et qu'un traître!» (_Mémoires de Carnot_, p. 184.)]
[259: Voir mon ouvrage sur le _Maréchal Ney_, ch. IV.]
[260: François II connaissait les desseins des autres puissances à l'égard de l'Empereur. Wellington était si pressé de s'en emparer qu'il aurait voulu que le gouvernement provisoire livrât de ses propres mains Napoléon aux alliés.]
[261: Il ignorait que Castlereagh, lors du traité de Fontainebleau, s'était opposé à ce qu'on lui maintînt le titre d'Empereur et avait préconisé une autre position que celle de l'île d'Elbe pour lui servir de retraite.]
[262: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1803.]
[263: Le premier lieu de détention choisi était plus humain, puisque Metternich avait écrit le 18 juillet à Marie-Louise en l'informant de l'arrivée de Napoléon sur le _Bellérophon_: «D'après un arrangement fait entre les puissances, il sera constitué prisonnier au fort Saint-Georges dans le nord de l'Écosse, et placé sous la surveillance de commissaires autrichiens, russes, français et prussiens. Il y jouira d'un très bon traitement et de toute liberté, compatible avec la plus entière sûreté qu'il ne puisse échapper.» (_Mémoires_, t. II, p. 526.)]
[264: Ne faut-il pas voir dans ces dernières lignes une précaution de Napoléon? S'il s'était laissé aller à un juste ressentiment, c'est son fils qui en eût probablement supporté la peine. D'autre part, il lui eût répugné de faire rougir le fils devant sa mère.]
[265: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1803.]
[266: _Ibid._]
[267: _Ibid._]
[268: _Mémoires_, t. IV.]
[269: On verra plus loin que l'Empereur d'Autriche a devancé lui-même les désirs de Louis XVIII à ce sujet.]
[270: Voici la lettre que Marie-Louise écrivit à Mme Soufflot le 19 octobre 1815: «Les circonstances m'obligeant de mettre mon fils dans les mains des hommes, je ne veux pas vous laisser partir, Madame, sans vous assurer de toute la reconnaissance que je vous ai vouée pour toutes les peines que vous vous êtes données pour la première éducation de mon fils qui a si complètement réussi au gré de mes désirs. Je désirerais pouvoir vous prouver, de loin comme de près, toute ma satisfaction, et je vous prie de croire que je serais heureuse de trouver une occasion pour vous le prouver.»
L'enfant impérial n'oublia pas sa sous-gouvernante, qui de retour à Paris lui avait adressé quelques jouets. Il lui écrivait le 17 janvier 1816: «Ma chère Toto, je vous aime toujours beaucoup; nous parlons souvent de vous et je vous embrasse, ainsi que Fanny, de tout mon cœur.»
Marie-Louise, en envoyant ce mot, ajoutait: «Mon fils, qui me charge de cette lettre, vous remercie bien de tous les jolis souvenirs que vous lui avez envoyés. Nous parlons souvent de vous et je lui montre toute la reconnaissance que nous vous devons tous deux, pour les soins que vous avez bien voulu lui rendre, ainsi que Fanny. J'ai vu avec plaisir, par votre lettre, que vous aviez retrouvé votre famille bien portante. Elle aura été heureuse de vous revoir après une si longue sortie. Mon fils et moi nous jouissons de la meilleure santé et je suis fort contente de ses progrès et du développement de son intelligence. Je vous prie de croire que je pense souvent à vous et que je fais des vœux bien sincères afin que dans le courant de cette année vous n'éprouviez que du bonheur.
«Votre très affectueuse,
«MARIE-LOUISE.»
(_Collection Antonin Lefèvre-Pontalis._)]