Part 27
[500] Le vicomte Sosthène de La Rochefoucauld s’était signalé, dès 1814, en proposant d’abattre la statue de Napoléon placée sur la colonne de la place Vendôme et avait pris part à l’exécution de cette mesure. Appelé, en 1824, à la direction des beaux-arts, il s’y rendit à jamais célèbre, par les feuilles de vigne qu’il imposa aux statues du Louvre et par l’allongement qu’il fit subir aux jupons des danseuses de l’Opéra.
M. de La Rochefoucauld qui, sans doute, avait une bien belle âme, s’était voué au ridicule et ces demoiselles de l’Opéra n’eurent pas longtemps à se plaindre de cette tracasserie à laquelle la _Congrégation_ ne devait pas être étrangère. Avant même la Révolution de Juillet, leurs jupes s’étaient raccourcies et elles se raccourcirent bien plus encore, sous le règne du Roi-citoyen, témoin ce passage d’une lettre écrite, le 4 janvier 1834, par Mme de Souza à son vieil ami Le Roi:
«Mon fils (Charles de Flahaut, le père du duc de Morny) m’a menée hier à l’Opéra. Mon cher, j’ai été frappée du raccourci des jupons. Mais ces demoiselles montrent leurs jambes jusqu’à l’épaule! et on applaudit! Il y a bien des années que je n’avais vu tout cela. La jeunesse actuelle me fait croire que j’ai un ou deux siècles et, sans doute, elle le croit encore plus que moi».
(Cf: Baron de Maricourt: _Mme de Souza et sa famille_. Paris, Émile-Paul, 1907; in-8, p. 387).
[501] _Les Lions du Jour. Physionomies parisiennes._—Paris, Dentu, 1867; in-12, p. 306-307.
[502] _Les Lions du Jour_, p. 307.
[503] LÉO TRÉZENIK: _Proses décadentes_.—Paris, Giraud, 1886; in-16, p. 13-15.
[504] Voir l’amusant dessin de Carlègle: _Sports inter-scolaires: championnat mixte_:
—Hein! tu vois! Je vais bien plus loin que toi... s’écrie, triomphalement, au sortir de l’école, un bambin de la classe la plus enfantine qu’on puisse imaginer.
Et la gosse, déjà plus grande, de répondre, tout en reboutonnant, sous sa jupe relevée, son pantalon qu’elle vient de remonter:
—Tu parles! C’est pas malin, toi, tu as un tuyau!
(_Le Sourire_, 27 juin 1908.)
[505] ANTONIN RESCHAL: _Pierrette en pension_.—Paris, Albin Michel, s. d.; in-8; p. 80-81.
[506] Si connues qu’elles soient, je ne puis me dispenser de reproduire en note l’aventure de Mme de Cavoye et celle de Mme de Choisy. Je cite Tallemant des Réaux, ce sera là mon excuse:
«Elle (Mme de Cavoye) est fort libre. Un jour, un garçon, c’est l’abbé Testu, l’aîné, la menoit chez Mme de Chavigny: «mon pauvre abbé, lui dit-elle en passant dans une grande salle, tourne la tête». Et après elle se met à pisser dans une cuvette».
(Les _Historiettes_, 2e édition; Paris, H. L. Delloye, 1840; in-12, t. VII, p. 18).
Chez Mme de Choisy, le verbe, sinon le geste, était plus libre encore:
«Elle disoit familièrement à M. de Candale: «Mais allez au moins faire un tour dans l’antichambre. Croyez-vous qu’on n’ait point envie de pisser?»
(_Historiettes_, t. II, p. 164).
Qu’on ne s’étonne pas de la brutalité de l’expression. Mme de Montglat, gouvernante du jeune Louis XIII, n’en employait pas d’autre, même en présence du Dauphin, qui, ce matin-là, refusait de s’habiller:
«Je m’en vais chausser; si vous n’êtes peigné quand je reviendrai, vous aurez le fouet.» Elle revint, ce n’était pas fait; elle lui dit encore: «Je m’en vais pisser; si vous n’êtes pas peigné et coiffé quand je reviendrai, vous aurez le fouet.» Il dit tout bas: «Ah! qu’elle est vilaine. Elle dit devant tout le monde qu’elle va pisser. Voilà qui est bien honnête, fi!»
(_Journal sur l’enfance et la jeunesse de Louis XIII_, 1601-1628.—Paris, Didot, 1868; 2 in-8, t. I, p. 242).
Le médecin Héroard auquel on doit cette anecdote fut un fort honnête homme, qui, en dehors de ses Mémoires, rédigea l’inscription qui se lisait, à Saint-Cosme, sur la tombe de Ronsard.
Quant à la Palatine dont la correspondance est si curieuse et fourmille de détails précieux sur l’agonie du règne de Louis XIV, employant et écrivant crûment le mot, elle aussi, elle raconte sans embarras, dans une de ses lettres à la princesse Louise, le contre-temps dont elle fut victime à la chasse et comment elle fut surprise dans une position, à laquelle il manquait la chaise du duc de Vendôme pour être protocolaire:
«Il m’est arrivé avant-hier une drôle d’aventure qu’il faut que je vous raconte. Comme nous étions arrivées au rendez-vous, il me prit une horrible envie de pisser; je me fis conduire d’un autre côté de la forêt, et je me mis derrière une haie épaisse; mais le diable voulait faire des siennes. J’avais à peine commencé à pisser qu’il envoie le cerf droit où j’étais; cela fut d’autant plus fâcheux pour moi que tous les chasseurs suivaient; et il me fallut remonter bien vite dans la calèche...» (11 novembre 1714).
Dans le _Voyage sentimental_ de Sterne, Mme de Rambouillet y met encore moins de formes et ne cherche pas même à se cacher.
Ce n’est pas un accident de chasse, comme pour la mère du Régent, mais simplement un incident d’une promenade en carosse à la campagne:
«En revenant elle me pria de tirer le cordon.—Je lui demandai si elle avait besoin de quelque chose.—_Rien que de pisser_, répondit-elle.
«Ne vous alarmez pas, voyageur pudibond; laissez p.ss.. Mme de Rambouillet. Et vous, nymphes mystérieuses, allez cueillir vos roses et jonchez-en le sentier où vous vous arrêtez. Mme de Rambouillet ne fit rien autre chose. Je lui donnai la main pour l’aider à descendre...; et j’eusse été le prêtre de la chaste Castalie qu’il m’eut été impossible d’apporter plus de recueillement et de respect auprès de sa fontaine...»
Traduction Moreau-Christophe; Paris, J.-G. Dentu, 1828; in-12, p. 164-165.
Dans une note intéressante (p. 349-350), M. Paulin-Crassous, après avoir dit la délicatesse particulière des anglaises sur ce point—d’où l’étonnement de Sterne en présence d’un pareil sans-gêne—explique l’origine de l’expression «aller cueillir une rose», qui justifie les «nymphes mystérieuses» et le titre même de ce chapitre: «la Rose».
Il est des femmes des plus honnêtes qui ne peuvent aller à la campagne sans succomber à la tentation d’improviser dans l’herbe ou dans les feuilles mortes un murmure de source.
Ce retour à la nature les réjouit. Le sous-bois leur paraît préférable au ridicule de la porcelaine ou au confortable douteux de l’auberge. Elles sont de l’école de Mme Roland:
«On m’a souvent rappelé ma répugnance à me servir de ce qu’on appelle proprement un pot de chambre, parce que je ne connaissais qu’un coin de jardin pour certain usage, et l’air de moquerie avec lequel je demandais si les saladiers et les soupières que je montrais du doigt étaient faits aussi pour cela» (_Mémoires_, édition de 1823, p. 9. Cf. A. FRANKLIN: _La Civilité, la mode, et le bon ton du XIIIe au XIXe siècle_.—2e édition. Paris, Émile-Paul, 1908; 2 in-8. II, appendice, p. 54.)
[507] Dans certains ordres ils sont autorisés.
[508] Sans jarretières n’exagérons rien. Toute cette théorie prête, d’ailleurs, aux plus extrêmes réserves. Je me suis laissé confesser, au contraire, la sensation peut être agréable, mais nullement recommandable, qui résulterait, pour certaines, du manque de pantalon.
[509] Toujours le cas de conscience posé par les casuistes et l’immodestie flétrie, dans les couvents de la pensionnaire en pantalon, «en garçon».
[510] _Les Mystères de la Maison de Verveine_, p. 32-33.
[511] Voir: _supra_, p. 327.
[512] ****Doctoresse Dresse M. SCHULTZ: _Hygiène générale de la Femme_. Préface du Professeur Pouchet.—Paris, O. Doin, 1902; in-12, p. 185-186.
[513] _La comédie de notre Temps_, t. 1, p. 130.
[514] _Études sur le Costume féminin_, p. 16.
[515] _La Mode pratique_, mai 1893.
[516] WILLY: _La Môme Picrate_, p. 357.
[517] _L’Intermédiaire des Chercheurs et Curieux_, 25 mars 1879.
[518] F. HAULNOI: _La Chaussette_ (_Le Chat Noir_, 24 novembre 1888).
[519] ALBERT BATAILLE: _Le Figaro_, février 1891. JEAN LORRAIN: _Vingt Femmes_, Paris, Per Lamm, s. d., in-12, p. 115.
[520] MARC STÉPHANE: _A toute volée_, passim.
[521] _L’Assommoir_, p. 34-35.
[522] E. ZOLA: _Nana_.—Paris, Charpentier, 1880. in-12, p. 154.
[523] VICTOR HUGO: _Les Misérables_, 3e partie, Marius, livre III, chap. 1er.
[524] FRANTZ FUNCK-BRENTANO: _La mort de la Reine_.—Paris, Hachette et Cie, 1902; in-12, p. 224-225.
[525] LÉO TRÉZENIK: _Cocquebins_.—p. 24.
[526] _Écho de Paris_, 28 février 1895.
[527] LOUIS B. RICHARDIÈRE: _Les Péchés de Marguerite_.—Paris, Arnould, 1887; in-12, p. 62.
[528] WILLY (et COLETTE WILLY): _Claudine s’en va_.—Paris, Ollendorff, 1903; in-12, p. 226-229.
[529] WILLY: _Maugis amoureux_.—Paris, Albin Michel, s. d.; in-12, p. 179.
[530] _Saint-Georges de Bouhélier_: _Histoire de Lucie, fille perdue et criminelle_.—Paris, Fasquelle, 1902; in-12, p. 214.
[531] HUGUES REBELL: _La Femme qui a connu l’Empereur_. (_Mercure de France_, t. XXV, 1898, p. 194-195).
[532] WILLY: _Un petit Vieux bien propre_.—Paris, Bibliothèque des Auteurs modernes, s. d.; in-12, p. 31-32.
[533] _Un petit Vieux bien propre_, p. 106-107.
[534] _Mode illustrée_, 31 mars 1863, ce numéro porte par erreur la date de 1862.
[535] _Mode illustrée_, 4 mars 1866.
[536] Paris, décembre 1796; (RACINET, _France, dix-huitième siècle_.—Types de la mode à l’époque du Directoire).
[537] _L’Art de la Toilette_, p. 48-49.
[538] _Vie Parisienne_, 23 octobre 1897.
[539] _Figaro-Graphic_, 28 novembre 1891.
[540] _La Mode pratique_, 11 décembre 1897.
[541] _La Mode pratique_, 11 décembre 1897.
[542] _La Nouvelle Mode_, 9 janvier 1898.
[543] _La Femme en Allemagne_, p. 60.
[544] ANDRÉ IBELS: _La Traite des Chanteuses_. Paris, Juven, s. d., in-12, p. 40.
[545] Reproduit dans _La Comédie Parisienne_ (1re série). Paris, G. Charpentier et E. Fasquette, 1892; in-12, p. 79.
[546] Reproduit par GRAND-CARTERET: _Images galantes et Esprit de l’Étranger_.—Paris, Librairie mondiale, s. d.; in-8.
[547] Tous ces dessins ont été reproduits dans les _Œuvres choisies de Willette_ (Paris, Simonis Empis, 1901; in-8.)
[548] Reproduit par J. GRAND-CARTERET: _Art et Galanterie_, t. I, p. 24.
[549] GRAND-CARTERET: _Images galantes de l’étranger_, p. 51.
[550] GRAND-CARTERET: _Images galantes de l’Étranger_, p. 156.
[551] _Rire et Galanterie_, t. VI, p. 334.
[552] FÉLIX CASTIGAT et PIERRE RIDENDO: _Petit Musée de la Conversation_. Paris, Mercure de France, 1911; in-12.
[553] _Les Lundis de Caran d’Ache, album pour les enfants de quarante ans et au-dessus_, Paris, Plon, s., d.; in-4.
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
PRÉFACE VII
Les Origines 1
Le Pantalon féminin au XVIe siècle 19
Les Héroïnes de Brantôme. Les Courtisanes de Venise et de Rome 33
Dix-septième et Dix-huitième siècles 55
Stances 67
Le Caleçon des coquettes du jour 89
Les Costumes à la grecque 119
L’Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet. 141
La Crinoline. L’Indispensable 191
Trottins et Midinettes 237
Le grand et le petit trottoir 261
Vierges et Demi-Vierges 295
Ces Dames 319
A travers le roman contemporain 359
Ces Demoiselles de la danse 385
Le Tutu 433
Questions de formes 453
Le Pantalon et la Caricature 501
Index des Noms cités 571
ERRATA
_La correction des épreuves de ce volume n’a pu ne pas se ressentir des conditions au milieu desquelles elle a été faite. Que le lecteur veuille donc bien excuser quelques fautes d’impression, dont je me borne à signaler et à corriger les principales._
LIRE
Pages.
28 (En note): Lady Churchill et non Churchil.
44 (En note): 1894 et non 1884.
61 (En note): Poulet-Malassis et non Poulet-Mallassio.
148 La poupée de Jeanneton et non à Jeanneton.
205 (En note): Le comte Horace de Viel-Castel et non de Vieil-Castel.
268 Celui auquel elle a fait don de sa jeunesse et de sa chair.
299 Alice Fossard et non Fessard.
362 _Flagrant Délit_ et non _Fragrand délit_.
393 (En note): _Vie et opinions de M. Frédéric Thomas Graindorge_.
406 Rodrigues et non Rodriguez.
438 Utilité et non utulité.
442 Mlle Sercy et non Sarcy.
La dignité d’un premier sujet du chant, et non de la danse.
451 Son vieil ami Le Roi et non le Roi.
561 (En note): Félix Castigat et Pierre Ridendo.
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NOTE DE TRANSCRIPTION
Les erreurs clairement introduites par le typographe et celles indiquées dans la page d'errata ont été corrigées et ne sont pas répétées dans la liste ci-dessous.
Les mots en italiques sont indiqués comme _ceci_, les mots en gras comme =ceci=.
AUTRES CORRECTIONS P. 50: provéditori → provveditori (…provéditori alle pompe…)
P. 101: Carmago → Camargo.
P. 134: Termidor → Thermidor.
P. 196: Wintherhalter →> Winterhalter.
VARIANTES INCHANGÉES Calçon et caleçon, Jean d’Arc et Jeanne d’Arc.