Le moyen de parvenir, tome 1/3
Part 1
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LE
MOYEN
DE
PARVENIR.
_NOUVELLE ÉDITION._
Augmentée d'une Table sommaire des Chapitres.
_Caritas inter jocosve regnat Moria._
TOME PREMIER.
A LONDRES.
M. DCC. LXXXI.
DISSERTATION
_Qui doit être lue(*)._
* Cette dissertation est du savant BERNARD DE LA MONNOYE. Elle donne une assez parfaite connoissance & une idée assez claire de l'Auteur, pour ne devoir pas être rejettée par les Lecteurs, qui veulent s'instruire quand ils lisent.
Le livre, qui a pour titre _le Moyen de Parvenir_, étant en son espece véritablement original, bien des gens demandent tous les jours qui en est l'auteur. On sait, à n'en pouvoir douter, que c'est _François Béroalde, sieur de Verville, gentilhomme Parisien_, & de plus chanoine de saint Gatien de Tours. Les registres de cette cathédrale datent sa réception du vendredi 5 Novembre 1593.
Il a composé, tant en prose qu'en vers, une infinité d'ouvrages, où, à l'exception du _Moyen de Parvenir_, il n'a fait nulle difficulté de mettre son nom. Comme cet écrit est extrêmement licentieux, il n'a pas voulu tout-à-fait demeurer d'accord qu'il fût de lui. Voici comme il s'en explique, pag. 461 & 462 de son _Palais des Curieux_. «Cependant je vous avise que, comme ici je donne des atteintes à plusieurs fautes, j'ai fait un oeuvre, lequel est une satire universelle, où je reprends les vices de chacun. Je pensois vous le faire voir sous un titre qui est tel: _le Moyen de Parvenir_. Mais on me l'a volé: si que, pour en avoir le plaisir, vous attendrez encore. Je l'ai mis en tel état, que je l'avouerai mien; au lieu que l'exemplaire, dont on m'a fait tort, est insolent, & que je dénierois être de moi, aussi qu'il n'est pas de mon écriture; & avec cela il n'est pas de mérite pour être lû, à cause des convives qu'on m'a rapporté qui y sont, pource qu'il y a des contes désagréables; ce qui n'est pas au mien, où je ne taxe ni moine ni prêtre, ni ministre ni nonnain, & n'y a point de contes qu'on tire à telle conséquence; mais rencontres joyeuses, & touches tendantes à réformation».
Ce désaveu, fait pour la forme, n'a pas empêché qu'on ne l'ait crû l'unique auteur de ce livre. On y reconnoît d'un bout à l'autre son style & son caractere. Quoiqu'on l'ait repris d'avoir affecté, dans cet ouvrage, d'écrire sans suite; il ne laisse pas d'y marquer du dessein, & de cacher, dans son désordre apparent, un ordre plus fin qu'on ne se l'est imaginé. C'est une représentation naïve des conversations ordinaires. Que trois ou quatre personnes s'entretiennent ensemble familiérement, elles parleront insensiblement de mille choses différentes, sans s'appercevoir de la différence des sujets. Le marquis de Châtres-Brodeau nous donna, sur ce modèle, en 1697 ses _Jeux d'esprit & de mémoire_, mais d'un goût fort subalterne. J'ai exposé l'idée du _Moyen de Parvenir_. L'auteur y suppose une espece de festin général, où, sans conséquence pour les rangs, il introduit des gens de toute condition & de tout siecle, savans la plûpart, qui, n'étant là que pour se divertir, causent de tout en liberté, & par liaisons imperceptibles passant d'une matiere à une autre, font des contes à perte de vue. La vérité est que, brouillés comme ils sont dans le livre, on a de la peine à les y retrouver quand on les cherche; mais il est aisé de remédier à cet inconvénient par le secours d'une table sommaire des Chapitres qu'on a faite, en vertu de laquelle il n'y a pas de quolibet, pour mince qu'il soit, qu'on ne trouve en son lieu dans le moment.
Le _Moyen de Parvenir_ en est le répertoire général; c'est en cette source que non-seulement Bruscambille & Tabarin ont puisé; mais encore Daubigné dans son _Baron de Fæneste_, & Sorel dans son _Francion_.
Un ami très-docte du docte Saumaise, m'a dit que ce grand homme se délassoit quelquefois à lire le _Moyen de Parvenir_, & qu'il l'estimoit en son genre. Il m'en a même appris un fait curieux, qui mérite d'être rapporté. C'est que, dans le tems que monsieur Saumaise étoit malade à la cour de Suede, la reine Christine, qui l'y avoit fait venir, l'étant allé voir, le trouva au lit tenant un livre, que par respect il ferma, au moment qu'il la vit entrer. Elle lui demanda ce que c'étoit. Il lui avoua que c'étoient des contes un peu libres, que, dans l'intervale de sa maladie, il lisoit pour se réjouir. Ha, ha, dit la reine, voyons ce que c'est; montrez-m'en les bons endroits. Monsieur Saumaise lui en ayant montré un des meilleurs, elle le lut d'abord tout bas en souriant; après quoi pour se donner plus de plaisir, s'adressant à la belle Sparre, sa favorite, qui entendoit le françois: viens, Sparre, s'écria-t-elle; viens voir un beau livre de dévotion intitulé, le _Moyen de Parvenir_. Tiens, lis moi cette page tout haut. La belle demoiselle n'eut pas lû trois lignes, qu'arrêtée par les gros mots, elle se tût en rougissant; mais la reine, qui se tenoit les côtés de rire, lui ayant ordonné de continuer, il n'y eut pudeur qui tînt; il fallut que la pauvre fille lût tout. Monsieur Saumaise, racontant cette particularité au savant homme, alors fort jeune, de qui je la tiens, lui fit voir le propre exemplaire qui avoit été le sujet de cette plaisante scène, & le lui donna.
Tout ce qu'on peut dire à l'avantage de cet ouvrage, c'est qu'il a été une source intarissable de bons contes, proverbes & mots plaisans pour nous & nos successeurs. Il n'est enfant de bonne maison qui n'en bégaie à tort & à travers quelque lambeau; bien ou mal placé, n'importe. Mais aussi Verville ne s'est pas livré à sa seule imagination dans la formation de ce livre plein d'imagination.
Une remarque particuliere, sur le _Moyen de Parvenir_, c'est que le mot _car_, par où il commence, n'y est dans la suite répété en nul endroit.
Bayle nous a donné un léger article de François Béroalde sieur de Verville, & un autre de Mathieu Béroalde, pere de François. Mathieu, originairement catholique, fut, vers 1550, précepteur d'Hector Frégose, fils de César Frégose & de Constance Rangon. Le Bandel en parle avec éloge, dans l'épître dédicatoire de la 63e. Nouvelle du 3e. tome. «Messer Matteo Beroaldo, Parigino, (_dit-il_) huomo non solamente nella lingua latina e greca eruditissimo, mà nell'hebrea anchora, e negli studii filosofici essercitato, e precettore del nostro signor Hettor Fregoso, dal re christianissimo nomato al summo pontefice per vescovo di Agen». Et dans l'épitre dédicatoire de la nouvelle suivante. «La novella fù narrata qui trà noi dal dottissimo messer Matteo Beroaldo, precettore del nostro gentilissimo signor Hettor Fregoso».
Le calvinisme commençant alors à s'établir à Agen, Mathieu Béroalde, Jules-César Scaliger & quelques autres savans, alors habitans de cette même ville, goûterent la nouvelle religion. Mathieu Béroalde en fit profession ouverte, quelques années après, & fut même ministre à Genêve. Il étoit neveu de Vatable, & avoit des livres rares & exquis, lesquels furent la plupart vendus & dispersés après sa mort. Quelques-uns cependant demeurerent à son fils, qui, dans un tems de troubles, tel que celui où il vivoit, eut peine à les conserver. Il en regrettoit un, surtout, imprimé, dit-il, à la Chine, que Joseph Scaliger, à qui il l'avoit prêté, lui retint. Il en dit un mot dans son _Moyen de Parvenir_, tome II. chap. XXI. intitulé _Sommaire_, & en parle plus au long & plus sérieusement, sur la fin de son _Palais des Curieux_.
Il étoit poëte, chimiste, médecin, philosophe, grammairien, mathématicien. Ses ouvrages, dont nous avons un grand nombre, sont presque tous ou romanesques ou chimiques, ou tous les deux, tel que son _Voyage des Princes Fortunés_, livre ennuyeux à la mort, au chapitre près qui contient l'histoire du roi Eufrantis, & de son favori Spanio. On la peut voir toute entiere, dans les remarques de Sorel, sur le Xe. livre de son _Berger Extravagant_. Claude Barthelemi Morisot, avocat au Parlement de Dijon, l'a mise en latin, en ayant seulement changé les noms, & l'a insérée dans son _Veritatis lacrima_, petite satire que les jésuites, qu'il y maltraitoit, firent brûler publiquement à Dijon, par arrêt du même parlement, le 4 Juillet 1625. On dit que, ce _Voyage des Princes Fortunés_ n'ayant point eu de débit, Verville composa, pour dédommager son libraire, le _Moyen de Parvenir_, dont il s'est fait des éditions sans nombre. Le titre seul excitoit la curiosité. C'est assurément un livre singulier. L'auteur y paroît fort désabusé de la pierre philosophale, dont il avoit été long-tems entêté. Pour sa religion, l'on ne peut douter qu'étant fils d'un ministre de Genêve, il n'ait été élevé dans la prétendue réformée. De huguenot, après la mort de son pere, il se fit catholique: mais à en juger par son _Moyen de Parvenir_; qui fut un de ses derniers ouvrages, il est aisé de voir que, s'y moquant comme des Catholiques & des Huguenots, il n'étoit ni l'un ni l'autre.
Sa retraite à Tours, où apparemment il est mort, l'a fait mettre par l'abbé de Maroles, page 255. de la partie de ses _Mémoires_, au nombre des illustres Tourangeaux. Le même abbé lui donne pour compagnon de poésie enjouée, le nommé Gui de Tours, qui en effet s'appliqua peu de tems après que le _Moyen de Parvenir_ eut paru, à en tourner quelques contes en vers françois. Ce sont des manieres d'épigrammes. Je les ai vues, rien n'est plus sec.
_SOMMAIRE_
DES CHAPITRES.
_TOME PREMIER._
I. Qui sert d'exorde à ce discours clair & intelligible, intitulé: _Moyen de Parvenir_; satyrise les géometres, les géographes & les chronologues; prépare le lecteur à l'assemblée de ces illustres fous, qui, de section en section, donneront de plus en plus des preuves de leur folie stéganographique. Les interlocuteurs s'engagent à se revoir chez le bonhomme, pour y faire festin. Invective contre ceux qui donnent légérement leur parole.
_Guillaume qui fait jurer pour lui_, Page 3.
_Honnête démenti de Coguerean_, p. 4.
_Seigneur de paroisse qui ne refuse rien_, p. 5.
II. Satyre contre les grammairiens latins, si hérissés par-tout qu'on ne peut en aborder, sans être sûr d'être déchiré par l'épine; & contre les pindariseurs de la langue françoise.
_L'assesseur pindarisant_, p. 6.
III. A l'ajournement chez le bon homme, aucun des conviés ne manque, & tous en entrant dans la salle se saluent. Satyre contre les révérencieux. Description de la salle. Critique de Platon.
IV. Eloge de toute l'assemblée, dans un style si singulier, qu'on ne sait s'il l'injurie ou la loue. Cet éloge est terminé par l'apologie de madame (la belle inconnue) dont beaucoup de bien est dit.
V. Les flaccons de vin étoient au frais. Sortie vigoureuse contre les buveurs d'eau tiede, les sots à table, & les timides en conversation. Histoire de la découverte de _la vérité au fond d'un puits_ par Démocrite. Raison pourquoi le vin s'avale plus promptement que le pain. Vin répandu est le plus grand malheur. Origine du proverbe: _vessies sont des lanternes_.
_Sermon du curé_, page 10.
_Démocrite qui trouve la vérité dont un puits_, p. 12.
VI. Socrate fut chargé de l'emploi de maître des cérémonies. On y vit arriver Alexandre revenu de chez les Gymnosophistes, Aphtonius, Bodin, Pythagore, Pline, Démosthenes, Aristote, Rabelais; Cusa & Jean Hus se placent; digression plaisante sur la future destinée de ce livre.
_L'archidiacre grand gourmand_, p. 15.
_Moine circonspect au pied de la potence_, p. 16.
VII. Le repas commence. A propos de repas, savante & profonde dissertation sur les pets, & histoire des pets musqués de la belle Imperia avec le gentilhomme de Lierne.
_Naissance de la couronne impériale_, p. 23.
_De Lierne couché avec la belle courtisanne peteuse_, page 24.
_Naissance des orties_, 26.
VIII. L'histoire de la belle Marciole qui ramasse, toute nue, les cerises qu'elle avoit apportées au sieur de la Roche. Les plaisirs indiscrétement prisés des regardans, & la somme que la belle emporta, font le sujet de cette section.
_Marciole ramassant les cerises_, p. 27.
_Prudence de l'abbesse de Montfleury_, p. 33.
IX. Il est bien intitulé _coq-à-l'âne_; chacun, rempli de l'histoire de Marciole, raisonne sur son _cela_, & pourquoi _cela_ est appellé cela. Plaisanterie d'un médecin visitant une fille malade.
_Médecin examinant une malade_, p. 35.
X. L'auteur annonce clairement à ses lecteurs la difficulté de lire ce livre, dont toutes les phrases sont cousues par le hazard: l'exemple du bon homme Guyon, qui mettoit dans une grande terrine tout pêle-mêle ce qu'on lui donnoit à boire & à manger, est une comparaison sensée de cet ouvrage. Analyse d'une dissertation d'un prieur de Vau-de-Vire, sur le mot _cela_. Homme & femme sont honteux de montrer leur _cela_, selon la petitesse de l'un ou la grandeur de l'autre. Le dialogue d'Hippolite & de son amant vis-à-vis sa mere, mérite l'attention de ceux qui aiment de la chaleur dans les dialogues. Histoire de monsieur de la Rose, qui, pour se moquer des notaires, fait passer des pois _pardevant eux_.
_Guyon qui mangeoit & buvoit pêle-mêle_, page 36.
_La belle Hippolite qui se chauffoit à la parisienne_, p. 39.
_Pois passés pardevant notaires_, p. 43.
XI. Eloge ambigu des convives, de l'ouvrage, & des lecteurs assez spirituels pour l'aimer & comprendre. Comparaison de ce volume avec verre & bouteille.
XII. En continuant l'apologie de ce volume, il l'appelle bréviaire, pour avoir droit de faire un sarcasme contre les propriétaires de bréviaires. Le conte du bréviaire du curé, & du _quiproquo_ de la femme du libraire, n'est qu'une courte parenthese à cette apologie, qui n'est interrompue que par une furieuse satyre contre les financiers & gens pressurant le peuple par la levée des impôts. Embarras dans lequel il entre sur le nom qu'on doit dignement imposer à ce livre; en rejettant le mot de clavicule, il fait un conte sur Rabelais qui prépare une médecine à M. du Bellai avec une décoction de clefs. Il termine cette section par une invective contre les pédans latinistes, & les ennuyeux scholiastes.
_Le bréviaire du curé_, page 48.
_Quiproquo de la femme d'un libraire_, p. 49.
_Médecine apéritive de Rabelais_, p. 53.
XIII. Plaisante conversation d'un principal du collége de Genêve & d'un ministre: on y développe un germe de scepticisme sur les deux religions catholique & protestante. Il termine son éloge de ce livre par des idées très-burlesques & fort analogues au style dont il est écrit.
_Guérison du ministre malade_, p. 58.
XIV. Beze est le premier qui forme l'interlocution dans cet ouvrage; il disserte plaisamment sur les gouvernantes de prêtres, qui le premier jour disent _votre_; le second, _notre_: & le troisieme _mon_. Quelques _quiproquo_ fort plaisans précedent l'histoire du bachelier fouetté; elle est commencée, & tout d'un coup interrompue.
_Bonne foi d'un homme prêt d'être rompu_, p. 62.
_Gradations de familiarité des chambrieres_, p. 64.
_La tête de veau de l'avocat du Mans_, p. 65.
_Le bachelier fouetté & fouettant_, p. 66, contin. p. 71.
XV. L'interruption ayant toujours lieu, à propos de soutanes & de braguettes, plaisanteries vives sur les papistes & les huguenots, sur les buveurs d'eau vigoureux champions en amour, & sur le terme de _faire la pauvreté_. Enfin le conte du bachelier fouetté par la dame Laurence & la fouettant à son tour, reprend son fil; le trépas de la pauvre dame, & la frayeur de sa jument à ce triste spectacle de fouetterie.
XVI. Propos de soeur Dronice avec son abbesse qui la réprimande d'avoir tâté du fruit de vie. Raisonnement intéressant à la république sur l'encouragement qu'on doit donner à celles qui l'enrichissent par des enfans. Différentes réponses d'enfans sur le cocuage des peres & le putanisme des meres.
_La nonnain curieuse reprimandée_, p. 78.
_Réponses naïves d'un enfant à sa mere_, p. 81.
_Naïveté d'un curé_, p. 82.
XVII. Continuation des propos sur les femmes, que j'aime mieux qu'on lise que d'en faire l'analyse. Plaisanterie sur l'aventure d'un moine, (sans contredit c'est aventure de paillardise; & toutes les fois que je dirai _aventure de moine_, cela aura cette signification) & sur l'explication de _omnis caro foenum_. Thevet tourné en ridicule sur son style & ses bévues. Grotesque serment d'un paysan égrillard, pour détourner la jalousie bien fondée de son voisin sur son compte, vis-à-vis sa femme.
_Décision sur les femmes en général_, page, 83.
_Femme prise pour un boiteau de foin_, p. 84.
_Frere Jérôme le chimiste_, p. 85; continuée, 86; cont. 87; finie, 89.
_Expression reprise_, p. 86.
_Plaisant serment de Georget_, 87.
XVIII. Explication burlesque d'une vérité trop certaine, qu'il faut _graisser_ la main aux gens de justice. Histoire de frere Jérôme, grand alchimiste, dans laquelle on se moque des brûleurs de charbons & des entrepreneurs de fortunes imaginaires; frere Jérôme, pour fermer la bouche à sa parente anti-chimiste, lui dit qu'il cherche la poudre qui le fait faire sept coups.
_Façon de graisser les mains de son juge_, p. 88.
XIX. Un coq-à-l'âne fort court, d'un valet qui explique à sa façon _mundus caro dæmonia_, differe un moment l'histoire de la pierre à casser les oeufs. Secret de faire mourir quelqu'un sans qu'il y paroisse; il ne se peut pratiquer qu'en huitaine qui précede le carême.
_Naïveté d'un valet_, page 91.
_Pierre à casser les oeufs_, p. 91,
XX. Nouvel éloge du livre, dont le résultat est de donner des leçons aux gourmands superlatifs, pour n'être jamais dupes dans les repas où ils se trouvent.
XXI. Denost le gourmand sert de modele dans l'apothéose de la gourmandise. Ici la conversation des convives se brouille; & par une cascade inattendue, elle rentre dans les _quiproquo_. Comment faire dans un terrein couvert de neige, pour que les pas d'une pucelle n'y paroissent point. Conte de la fille du métayer qui avoit perdu un mouton, & qui vouloit être tuée pour retourner à la maison.
_Cornu, le modele des gourmands_, page 99.
_Quiproquo d'une femme_, p. 100.
_La fille qui veut mourir_, p. 101.
XXII. Secret infaillible pour savoir si une fille est pucelle, pourvu qu'on ne soit ni manchot ni courte-haleine. Maniere fort sensée d'annoncer la fête de la Madelaine.
_Sermon de la Madelaine_, p. 104.
XXIII. Les évêques ni les chapitres n'ont beau jeu dans cette section; les uns sont traités comme pharisiens, qui disent de bonnes choses & en font de mauvaises; les autres, comme assemblées de corps sans ame, de matiere sans esprit. Histoire de la fille reconnoissante qui prend le meilleur, & veut qu'on donne à sa mere le pire: vit-on un meilleur coeur!
_Sermon sur la charité_, p. 106.
_L'achat d'un meilleur outil_, p. 108.
XXIV. Histoire du notaire & du beau petit diabolique faucheur: elle est coupée par deux ou trois parentheses fort plaisantes. Dans l'une on y développe bien réguliérement les différentes sortes de bénéfices; & ce développement ne peut manquer d'être bon & raisonnable, il est fait par Cicéron. Dans une autre, il y a quelques railleries sur des termes qu'entre gens de religion on se reproche qu'il ne faut jamais prononcer, à moins qu'on ne veuille se voir lapider avec pierres d'églises ou de prêches. Dans la derniere est une plaisanterie sur un faucheur qui se coupa la tête voulant attraper un poisson avec le bout de la lame de sa faux.
_Le pré fauché & le petit faucheur_, p. 113, continuée, 117.
_Maladresse d'un faucheur_, p. 116.
XXV. Histoire de monsieur Jacques de la Tour, autrefois prédicateur, & finalement marchand de lanternes, qui mourrant de faim à en débiter, fit une petite fortune à en vendre. Sortie vigoureuse sur les ubiquitaires. Histoire du petit saint homme, qui devint méchant comme un diable dès qu'il fut moine.
_Le ministre marchand de lanternes_, page 119.
_Le novice méchant comme un diable_, p. 123.
XXVI. De naïves & simples réponses font le sujet de cette section, qui est terminée par l'illustre & fameux conte de Robin mon oncle. Sarcasme contre la vénalité des bénéfices & la simonie.
_Stupidité d'un écolier_, p. 126.
_Le pere de Melchisedech_, p. 130; continuée, 133; fin. 134.
_Evêque généreux comme de raison_, p. 131.
_Conte de Robin mon oncle_, p. 132.
XXVII. Pour autoriser son propos sur la simonie, il raconte plaisamment la finesse d'un jeune bachelier qui vouloit avoir un bénéfice de messire Imbert. Généalogie très-suivie de Melchisedech, quoi qu'en dise le texte sacré, qu'on ne connoît ni son pere ni sa mere.
XXVIII. Singuliere explication du premier vers des distiques de Caton, sur les carmes. Soeur Jeanne explique fort énergiquement la valeur du mot _coquebin_. Plaisant remede d'une paysanne pour guérir son pataud de mari.
_Chapelain chatré d'une Angloise_, page 137.
_Valet qui n'est pas coquebin_, p. 138.
XXIX. Messire Gilles, après avoir passé par l'étamine hypercritique de Scaliger sur son nom, & l'origine de son nom, raconte l'histoire du diable châtré. Sentimens de religion bien placés, sur le chagrin qu'on doit avoir que S. Michel n'aie pas tué le diable, quand il avoit si beau, puisqu'il étoit armé comme quatre mille, & que le diable étoit tout nud.
_Le diable châtré_, p. 141.
_Nom de sculpteur tronqué plaisamment_, p. 143.
XXX. Naïveté d'une fille-de-chambre, qui ne cede en rien à la simplicité d'un prédicateur. Messire Guillaume le Vermeil veut parler à son tour; mais il est représenté comme un homme ivre & qui bégaie. Diogenes, dans ce repas, est aussi cinique contre nos porte-chasubles, qu'il l'étoit dans les rues d'Athenes, tapissé des douves de son tonneau.
_Naïveté d'une fille de chambre_, p. 147; continuée, p. 148.
_Sermon expressif fait à des jacobins_, p. 148.
_Conte de la reine des pois pilés_, p. 149.
XXXI. C'est ici la scene des souhaits; chacun en fait à double entente, plus plaisans les uns que les autres. Conte de Martine & de sa flûte, pour faire opposition à Robin & ses flûtes. Satyre contre les moines à besace. Plaisant testament d'un Toulousain, en faveur de sa femme, qu'il laissa fort bien pourvue, en ne lui ajoutant rien à ce qu'elle avoit auparavant. Sortie contre ces Agnès d'apparence, qui donnent leurs faveurs à des rustres. Conte des pelotons & de l'honneur cousu & recousu.
_Martine qui promet une flûte à son mignon_, p. 154.
_Amphibologie dans le sermon d'un curé_, p. 156.
_Le testament en faveur d'une femme_, page 156.
_Conte des pelotons & de l'honneur cousu_, p. 159.
_Madeleine la bien fêtée_, p. 161.
XXXII. Ici le banquet reprend vigueur; on boit & on mange en toute sûreté. Histoire du farfadet de Poissi. Explication des termes de petit exercice, de dispense, & de purgatoire. Sergent tombé plaisamment moqué. Question, dont le premier vers de Despautere est la réponse. Dissertation sur le vin, les buveurs & sur l'ivresse. Jaquette du Mas trouve bien heureusement le nom de son fils. Amiot accusé de vérole. Satire contre l'inquisition d'Espagne.
_Conte du farfadet de Poissi_, p. 162.
_Chûte d'un sergent_, p. 165.
_Naïvetés d'un paysan d'Orléans_, p. 165.
_Sermon d'un ministre de Strasbourg_, p. 167.
_Prudence d'une servante_, p. 168.
_Nom donné à un enfant par un sermon_, page 171.
_Conte sur Amiot & sa vérole_, p. 171.
_Bon avis d'un fils à sa mere_, p. 172.
XXXIII. Erasme raconte aux convives l'histoire de Dom Rodigue das Yervas. La soupe de Glougourde la fait canoniser à Rennes. C'est une parenthese au conte de Dom Rodigue. Mot à double sens sur l'indifférence d'Erasme pour l'épître & l'évangile. Sentimens sur les poésies d'Æneas Silvius & de Beze. Munster moqué d'avoir voulu être l'apologiste de Thevet. Bonne raison de l'amour des femmes pour les moines. Cette section est terminée par quelques propos de niaiserie paysanne.
_Conte de la soupe de S. Glougourde_, p. 174.
_Mere d'Erasme, qui oublia son pater_, p. 175.
_Naïveté d'un berger_, p. 178.
_Histoire de Dom Rodigue das Yervas_, p. 178.