Part 10
Nous t'avons sauvé, nous t'avons sauvé, seigneur, quand tu mourais étouffé sous l'or et les fleurs. 3620 Nous t'avons soustrait et caché, risquant nos têtes. Et tu as voulu de nouveau l'affronter, le Lion! Tu as de nouveau cherché le danger et la mort. 3625 Et le morne Hadès fait toujours ton envie.
LE SAINT.
Hélas, Sanaé, je t'avais élu, je t'avais élu!
SANAE.
Nous t'aimons, nous t'aimons, seigneur. Tu pouvais être un dieu. 3630 Mais tu es le dieu de nos songes, et le songe de nos jeunesses; car tous les nuages qui naissent de la mer nous sont des navires mystérieux pour t'enlever, 3635 pour t'emporter, pour faire voile avec tes sorts vers ton empire, vers ta fable, vers ta Colchide. Et nous voulons, ô déicide ivre d'immortalité, tendre 3640 à ta soif une pleine coupe de nepenthès et d'amaranthe pour qu'il ne te souvienne plus des douleurs et des épouvantes qui assiègent ton âme. Écoute, 3645 seigneur.
LE SAINT.
Pourquoi me trahis-tu? Je t'avais sacré. Tu étais marqué par Dieu, du double signe.
SANAE.
Écoute, écoute. Le soir tombe. Le fleuve est proche. Des rameurs 3650 sont prêts. Tu trouveras des voiles ciliciennes à Ostie.
LE SAINT.
Les voiles de Paul?
SANAE.
Et tu vas choisir ceux de nous qui viendront avec toi. Mais nous viendrons tous, 3655 après. Nous ne voulons servir que tes sorts, dans notre patrie qui est la tienne, dans la terre qui couve les songes des Rois et les promesses des Voyants.
LE SAINT.
3660 O Sanaé, comment peux-tu espérer de troubler mon âme, si tu sais ce que j'aurais pu être?
SANAE.
Un dieu prisonnier.
LE SAINT.
Tendez, tendez vos arcs.
SANAE.
Rien qu'un esclave 3665 dieu.
LE SAINT.
Je meurs de ne pas mourir,
SANAE.
Rien qu'un simulacre lointain. Mais, si tu es sauf, si tu es libre, si tu es fort, si tu es pur, avec tout ton visage 3670 divin tourné vers l'Orient, vers l'héritage de ton âme, vers l'héritage de ton dieu, n'auras-tu pas une plus sainte guerre et une victoire plus 3675 grande que cette insatiable mort?
LE SAINT.
Je meurs de ne pas mourir.
SANAE.
César a dit: «Amenez-le au bois d'Apollon; liez-le au tronc du plus beau des lauriers; 3680 puis décochez contre son corps nu toutes vos flèches jusqu'à ce que vous vidiez les carquois, jusqu'à ce que son corps nu soit pareil au hérisson sauvage.»
LE SAINT.
3685 Oui, Sanaé, oui, mes archers, c'est ce que je veux. Ce sera beau.
SANAE.
Mais César a dit: «Ensuite coupez sa belle chevelure et déposez-la sur l'autel, 3690 en expiation; coupez au laurier funeste un rameau flexible pour me l'apporter, pour que j'en fasse une couronne et que, sous son ombre, je pleure. 3695 Et livrez son cadavre aux femmes de Byblos, aux Adoniastes; puisque l'équinoxe d'automne vient avec le deuil relevant le catafalque du dieu mort. 3700 Peut-être il va revivre encore une fois, s'il est comme Hérile roi de Préneste, qui avait eu de sa mère les trois âmes et les trois armures qu'Evandre 3705 lui arracha.» Tu vas revivre, tu vas revivre!
LE SAINT.
Oui, je vais revivre.
SANAE.
Or il suffit qu'on coupe une chevelure de femme et qu'on apporte à l'Empereur 3710 le rameau de laurier.
LE SAINT.
Je vais revivre, Sanaé. J'atteste mon souffle et le ciel que je vais revivre; car il est devin, l'Empereur. Il a deviné. 3715 J'ai eu de ma mère trois âmes et trois armures, comme Hérile roi de Préneste. Attendez-moi. Demain, à l'heure de Vesper, au bord du fleuve attendez-moi, 3720 et je me montrerai à vous. Je vous montrerai mon visage tourné vers l'Orient. Alors vous serez prêts. Nous trouverons des voiles, des voiles gonflées 3725 par les vents certains, et des proues aiguisées comme le désir de la vie belle.
SANAE.
Nous serons avec toi, libres avec toi, libres avec toi sur la mer 3730 glorieuse!
LE SAINT.
Mais pour revivre, ô Archers, il faut que je meure, il faut que je meure.
LES ARCHERS D'EMESE.
O Aimé, Aimé!
LE SAINT.
Il faut que mon destin s'accomplisse, que des mains d'hommes 3735 me tuent.
LES ARCHERS D'EMESE.
Seigneur! Seigneur!
LE SAINT.
Vos mains.
LES ARCHERS D'EMESE.
O Aimé!
LE SAINT.
Vos mains fraternelles.
SANAE.
Nous brisons nos arcs.
LE SAINT.
Tendez-les! Où est votre amour? Vous m'aimez, vous brûlez de servir mes sorts, 3740 et vous empêchez que mes sorts s'accomplissent, que cet anneau de mon éternité se ferme. Vous m'aimez, et vous n'exaltez pas mon mystère. Je vous dis 3745 que je vais revivre. N'ayez aucune crainte. En vérité je vous le dis.
SANAE.
Seigneur, nous allons donc tuer notre amour!
LE SAINT.
Il faut que chacun 3750 tue son amour pour qu'il revive sept fois plus ardent. O Archers, Archers, si jamais vous m'aimâtes, que votre amour je le connaisse encore, à mesure de fer! 3755 Je vous le dis, je vous le dis: celui qui plus profondément me blesse, plus profondément m'aime. Sanaé, souviens-toi! Souvenez-vous, Élus d'Emèse! 3760 Je vous avais commis cet arc où le fil de mon sang s'incruste de l'une à l'autre coche et luit. Voyez. Je sens que dans la paume de ma main le stigmate brûle, 3765 se rouvre et saigne.
Un pasteur est apparu entre les branches des lauriers. Il porte une brebis autour de son cou, sur ses épaules, tenant deux pieds de la bête dans chacune de ses mains. Il reste debout, immobile, en silence, les yeux fixés sur le Martyr.
O tremblement de mon âme! Je sens mon âme et l'arbre trembler jusqu'au bout des racines les plus cachées. Ne voyez-vous pas les trois femmes 3770 noires sursauter?
SANAE.
Quelles femmes, seigneur? Tu nous effraies.
LE SAINT.
Les trois femmes voilées qui sont assises au pied de l'autel.
SANAE.
Il n'y a, seigneur, que des monceaux de cendres. 3775 Il n'y a que les vieilles cendres accumulées des sacrifices.
LE SAINT.
Elles tressaillent. Je les vois.
SANAE.
Tu te trompes. Quelle épouvante te blanchit!
Soudain, le Martyr a rencontré le regard du pasteur.
LE SAINT.
Parle bas. Ce n'est 3780 pas l'épouvante. Parle bas. Il est là, le Pasteur. Regarde.
SANAE.
Où est-il? Quel pasteur?
LE SAINT.
Il porte la brebis autour de son cou, sur ses épaules. Le vois-tu?
SANAE.
3785 Seigneur, seigneur, quels sont tes rêves?
LE SAINT.
Il n'est plus là.
L'apparition s'évanouit; mais l'ombre du Crucifié s'étend sur le laurier fatidique. Et l'ivresse du sang durera jusqu'au dernier soupir.
Mon sang commence à couler, dans l'ombre qui croît. Les lauriers sont comme les lances hérissées autour de la Croix. 3790 Des profondeurs, des profondeurs j'appelle votre amour, Archers! Des profondeurs, des profondeurs je vous appelle! Rapprochez- vous. La nuit tombe. Il faut qu'on mire 3795 de près, de près, pour frapper juste. Lequel voudrai-je encore élire d'entre vous? Celui qui ajuste mieux que tout autre le plus âpre de ses dards et qui le décoche 3800 de telle force (son haleine toute entre ses dents, les empennes contre l'œil, le pouce à la tempe) qu'il blesse l'écorce de l'arbre me perçant de toute la hampe. 3805 Celui-là, certes, je saurai qu'il m'aime, qu'il m'aime à jamais.
Chaque archer, la main tremblante, tire de dessous son épaule une flèche de son carquois.
Sanaé, tu as mon arc. Viens, frère. Presse-le sur ma bouche, avant de le tendre. Qu'il touche 3810 mes lèvres et mon âme. Viens.
Sanaé s'approche et tient soulevé devant le Chef l'arc où ce fil de sublime pourpre luit comme l'ivoire et l'or.
Souviens-toi! Souvenez-vous! L'arc figure la Trinité sainte. Le fût est le Père, la corde est l'Esprit, la flèche empennée 3815 est le Fils qui donna son sang. Et il n'y aura plus de taches, sauf la tache du sang tombé des mains et des pieds du Sauveur.
Il tend les lèvres; et l'archer vairon lui donne la poignée à baiser. Les lèvres pures s'attardent comme si elles buvaient à longues gorgées un plein calice. Or sa voix n'est qu'une flamme vertigineuse.
Des profondeurs, des profondeurs 3820 j'appelle votre amour, Élus! Chaque flèche est pour le salut, afin que je puisse revivre. Ne tremblez pas, ne pleurez pas! Mais soyez ivres, soyez ivres 3825 de sang, comme dans les combats. Visez de près. Je suis la Cible. Des profondeurs, des profondeurs j'appelle votre amour terrible.
On entend le chœur des Adoniastes, qui monte par la colline à travers les lauriers.
Éperdument, un des archers, sous le regard qui le force, tire la corde et décoche. Le dard se fixe au genou, dans le nœud de l'os.
Béni soit le premier! Bénie 3830 soit l'étoile première!
Une sorte de subite démence semble s'emparer des Asiatiques, par la vertu de cette voix d'ivresse.
Encore!
De leurs lèvres blêmes buvant leurs larmes, ils ne visent pas le corps mais ils lancent leurs flèches vers la voix.
Votre amour! Votre amour!
Ils poussent des cris rauques et rompus, comme des dormants agités dans un combat aveugle contre un rêve monstrueux.
Encore!
Quelques-uns, tout à coup, laissent tomber leurs arcs, se plient sur leurs genoux; et sanglotent, le front contre la terre.
Encore!
D'autres, tout à coup, se renversent dans une convulsion d'épouvante qui agite leurs mâchoires comme le rire sardonien.
Encore!
D'autres ont vidé leurs carquois sur l'herbe et, tenant le faisceau des dards sous le pied gauche, s'abaissent d'un mouvement rapide et continu pour les prendre l'un après l'autre. Et ils tirent désespérément, comme s'ils n'avaient pas devant eux un corps lié à un arbre mais une multitude de cavaliers à désarçonner avant qu'ils n'arrivent et ne les écrasent sous les sabots de leurs étalons.
Encore!
Cette voix demandera-t-elle du fer toujours? Ils lancent toujours du fer, désespérés, hors d'eux-mêmes, dans une sorte d'étourdissement farouche, comme s'ils avaient sur leurs têtes, non le silence des feuilles, mais l'horreur d'une tour de siège incendiée sur ses roues tonnantes.
Amour éternel!
C'est le râle dans la gorge transpercée, le dernier soupir, le dernier sourire, le suprême appel. La belle tête s'incline sur l'épaule polie comme le marbre cynthien frotté de parfum: les ailerons d'un dard vibrent encore à l'aisselle. Le corps admirable s'affaisse, étirant les bras retenus par les liens.
LES ARCHERS D'EMESE.
--Seigneur! --Bien-aimé! --Seigneur! --Bien-aimé! --Bien-aimé!
Ils appellent à grands cris leur amour expirant. Ils jettent leurs arcs, ils se tordent de désespoir, ils se traînent sur l'herbe jusqu'aux deux pieds inanimés, qu'ils baisent. Leurs chevelures s'accrochent aux empennes des hampes enfoncées dans les jeunes muscles.
Et le chant des Adoniastes s'approche toujours. Maintenant le soir est céruléen comme le verre de Phénicie coloré par l'ocre bleue de Chypre. Des raies fauves le divisent; les noirs lauriers l'entaillent. On voit paraître les femmes de Byblos, les cheveux épars, les ceintures dénouées, les robes déchirées, traînant une litière d'ébène et de pourpre violette.
CHORVS SYRIACVS.
Magister Claudius sonum dedit.
3835 Il se meurt, le bel Adonis! Il est mort, le bel Adonis! O Vierges, pleurez Adonis! Garçons, pleurez!
Pleurez, ô femmes de Syrie, 3840 criez: «Hélas, ma Seigneurie!» Toutes les fleurs se sont flétries. Criez, pleurez!
D'autres femmes accourent. Elles portent des draps de pourpre rouge, des lins, des bandelettes, des vases d'onguents, des couronnes de cyprès, des «jardins d'Adonis». Elles entourent le laurier, elles s'empressent à défaire les nœuds des cordes. La lamentation se prolonge. Les couveuses de cendres ont disparu; et au pied de l'autel ne restent que les monceaux noirâtres.
LES ADONIASTES.
Hélas, ma Seigneurie! Hélas, ma Seigneurie!
LES ARCHERS D'EMESE.
--Hélas! --Hélas! 3845 --Qu'avons-nous fait! --Qu'avons-nous fait!
SANAE.
Nous avons tué notre amour!
LES ARCHERS D'EMESE.
--Il va revivre. --Il va revivre. --Femmes, doucement, doucement. --Il faut le délier. --Il faut 3850 le détacher de l'arbre. --Femmes, doucement. --Il respire encore. --Ne pleurez pas! --Voyez, voyez comme sa poitrine se gonfle! --Il respire, il soupire. --Femmes, 3855 ne pleurez pas. Il va revivre. --Il va revivre. Il nous l'a dit. --Il nous l'a dit. --Donnez des baumes, donnez des lins!
Les cordes sont dénouées. Les bras retombent, La lamentation se prolonge.
CHORVS SYRIACVS.
Pleurez, ô femmes de Syrie! 3860 Il va dans la pâle Prairie. Toutes les fleurs se sont flétries, hélas! Pleurez!
Tout à coup, les femmes qui reçoivent le corps dans leurs bras, voient les flèches s'évanouir comme des rayons dans les blessures. C'est le tronc du laurier d'Apollon qui maintenant est hérissé de tout ce fer.
LES ADONIASTES.
--Prodige! --Prodige! --Prodige! --Son corps se détache, laissant 3865 tous les dards au tronc du laurier! --Il n'a plus de flèches! Les hampes ont disparu dans les blessures comme un évanouissement de rayons! --Elles restent toutes 3870 dans l'arbre! --Prodige! Voyez: le laurier en est hérissé. --Voyez! --Seigneurie, Seigneurie, tu revivras, tu revivras! --Tu reviendras!
SANAE.
3875 Archers, Archers, Élus d'Emèse, qu'on soulève le corps du Chef sur les fûts des arcs détendus et croisés. Qu'on le porte ainsi, sous les étoiles.
Les femmes de Byblos ont déjà reçu sur leurs bras le corps divin enveloppé dans la pourpre. Elles marchent lentement vers la litière. Au delà de la colline sainte, dans la profondeur du soir, une clarté de perle se répand, semblable à celle qui précède le lever de la pleine lune.
LES ADONIASTES.
3880 --Archers d'Emèse, nous avons notre litière, la litière d'ébène, la couche funèbre de nos Adonies.
--Sanaé, le très saint Empereur accorde 3885 à la confrérie de Byblos d'enlever le corps, de dresser le catafalque pour le deuil. Et nous le coucherons dans notre litière, et nous l'emporterons, 3890 aux sons des flûtes, dans la nuit. Faites escorte. --Qu'on allume les torches de pin! Qu'on compose l'ordonnance funèbre! Et vous, aulètes, rangez-vous auprès 3895 de la litière.
Les femmes placent le cadavre dans la couche, en gémissant. La lamentation du chœur n'a pas de pauses.
CHORVS SYRIACVS.
Il descend vers les Noires Portes. Tout ce qui est beau, l'Hadès morne l'emporte. Renversez les torches, Eros! Pleurez!
Dans le ciel du soir la clarté insolite s'élargit comme si un astre précipité du firmament s'approchait pour incendier la plaine. Un grand cri se lève. La lamentation s'interrompt. L'ordonnance funèbre s'arrête, et demeure immobile devant le gouffre de la lumière ineffable. Les Portes du Paradis sont ouvertes à l'âme de Sébastien.
EXPLICIT
EXTREMVM SANCTI SEBASTIANI SVPPLICIVM CRVENTVM
_LA CINQUIEME MANSION_
LE PARADIS
On découvre le jardin des clartés et des béatitudes, à l'orée de l'Orient qui produit tous les levers du soleil. Parmi les arbres du jardin, il y en a qui ressemblent à la grêle transparente, d'autres qui ressemblent à un vent ondoyant, d'autres qui ressemblent aux grappes des eaux vives. On y trouve toutes sortes de belles choses, que l'œil n'a jamais vues et que l'oreille n'a jamais entendues, qui ne montent pas au cœur de l'homme, et que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. On y voit des tabernacles de pyrope, des vêtements de lumière, des diadèmes de beauté. Il y a aussi des lances flamboyantes, des boucliers étincelants, des épées, des javelots et des dards de rais, des haches et des frondes de feu. Là aussi sont les croix lumineuses, les ostensoirs et les encensoirs d'or, de saphir, de jaspe, de calcédoine, de topaze, d'améthyste et de sardyon. On n'y distingue les Bienheureux que par le nombre et la couleur des étincelles qui s'envolent d'eux quand ils ouvrent la bouche pour louer le Très-Haut. On y reconnaît, au nombre des ailes et au son des parlers, les diverses sortes des Anges. Les premiers sont les Anges de la Face, qui seuls peuvent soutenir l'éclat de la Face de Dieu; ensuite viennent les Anges du service divin, les Trônes, les Dominations, les Seigneurs, les Ardeurs, les Puissances, les Myriades, les Princes, et bien d'autres. De même leurs louanges sont différentes. Il y en a trois sortes qui disent: «Saint», trois qui disent: «Loué», trois qui disent: «Béni» et trois qui disent ce que ne peut entendre l'oreille d'un mortel.
CHORVS MARTYRVM.
Magister Claudius sonum dedit usque ad finem.
3900 Gloire! Sous nos armures flamboyez, ô blessures! Qui est celui qui vient? Le Lys de la cohorte. Sa tige est la plus forte. 3905 Louez le nom qu'il porte; Sébastien!
CHORVS VIRGINVM.
Tu es loué. L'étoile de loin parle à l'étoile et dit un nom: le tien. 3910 Dieu te couronne. Toute la nuit comme une goutte à ton front est dissoute, Sebastien.
CHORVS APOSTOLORVM.
Tu es saint. Qui te nomme 3915 verra le Fils de l'Homme (sur son cœur Il te tient) sourire de ta grâce. Jean t'a donné sa place. Tu boiras dans sa tasse, 3920 Sébastien.
CHORVS ANGELORVM.
Tu es beau. Prends six ailes d'Ange et viens dans l'échelle des Feux musiciens chanter l'hymne nouvelle 3925 au Ciel qui se constelle de tes plaies immortelles, Sébastien.
ANIMA SEBASTIANI.
Je viens, je monte. J'ai des ailes. Tout est blanc. Mon sang est la manne 3930 qui blanchit le désert de Sin. Je suis la goutte, l'étincelle et le fétu. Je suis une âme, Seigneur, une âme dans ton sein.
CHORVS SANCTORVM OMNIVM.
Louez le Seigneur dans l'immensité de sa force, 3935 Louez le Seigneur sur le tympanon et sur l'orgue, Louez le Seigneur sur le sistre et sur la cymbale Louez le Seigneur sur la flûte et sur la cithare. Alleluia.
EXPLICIT MYSTERIVM.
St-Denis--Imp. J. Dardaillou--1.948-1-24