Le mari de madame de Solange

Part 4

Chapter 43,635 wordsPublic domain

La douleur qui saisit la jeune fille au sortir de son évanouissement amena une fièvre délirante dont la marquise elle-même fut effrayée. Cette âme, fermée à toutes les affections, n'avait pu soupçonner la force du coup qu'elle portait à Jeanne; elle en demeura saisie, non de remords, mais d'épouvante. Avec Jeanne périssaient les dernières espérances d'élévation qui frappaient son orgueil. La vie de Jeanne lui devint plus précieuse que la sienne même, et cette vanité à l'agonie montra toutes les angoisses de la tendresse. L'ambitieuse pleura des larmes de mère.

Assise au chevet de sa fille, elle épiait ses mouvements, écoutait son souffle, interrogeait les teintes les plus fugitives de son front brûlant. Tous les secours de l'art furent appelés, tous les soins prodigués. Enfin la nature vainquit la douleur même: Jeanne se rétablit.

Pendant que l'état de la jeune fille avait inspiré quelque inquiétude, madame de Solange avait soigneusement évité tout ce qui eût pu lui rappeler le mariage projeté; mais dès que ses craintes furent dissipées, elle songea à presser, l'accomplissement de son projet.

Semblable à un accusé que l'on arrache à la mort pour le conserver aux tortures du bourreau, Jeanne ne revenait à la santé que pour subir de nouvelles persécutions. Le retour du comte de Lanoy, que ses affaires avaient appelé en Bourgogne, était prochain et devait la trouver prête à obéir. Madame de Solange eut recours à toute l'énergie de sa volonté pour soumettre cette âme affaiblie.

Hélas! la maladie et le désespoir y avaient laissé peu d'éléments de résistance, et désormais, sans intérêt au monde, elle ressemblait à une barque qui a perdu son point d'attache et flotte impuissante à toutes les vagues.

Cependant, bien qu'elle partageât l'erreur de M. Durocher, et qu'elle crût à la mort de Jérôme, dont la disparition était l'ouvrage de sa mère, son souvenir lui restait, et elle voulait demeurer fidèle à ce doux fantôme. Mais la marquise savait le moyen de vaincre ses derniers scrupules; elle avait déjà réussi à lui ôter la force en lui ôtant l'espoir; il ne restait plus qu'à lui présenter la soumission comme un sacrifice nécessaire.

Depuis sa convalescence, la jeune fille avait plusieurs fois demandé à voir son père. Cette faveur lui fut enfin accordée.

Ce fut Baptiste qui introduisit Jeanne chez le marquis. Les volets y étaient soigneusement fermés et une lampe de nuit y répandait seule sa douteuse clarté. Mais lorsque les yeux de la jeune fille se furent accoutumés à la demi-obscurité qui y régnait, elle ne put retenir un cri de surprise à l'aspect sombre et dévasté de l'appartement.

Les rideaux, les meubles et les tableaux avaient été enlevés. Une tapisserie, dont les personnages livides semblaient vaciller à la vague lueur de la lampe, garnissait seule la muraille et leur donnait un aspect encore plus sombre. Le bruit des pas de la jeune fille, amorti par un double tapis, n'avait point sans doute été entendu du vieillard, car il resta immobile. Jeanne s'approcha de son lit sans rideaux et put le contempler avec un douloureux saisissement.

Il était étendu, la tête nue, les yeux fermés et les mains jointes; ses cheveux sans poudre tombaient épars sur ses joues creuses, de longues veines bleuâtres traversaient son front pâle, et ses lèvres desséchées laissaient échapper un souffle entrecoupé.

La jeune fille joignit les mains et se glissa à genoux près du lit. Ce mouvement parut tirer le marquis de sa torpeur. Il rouvrit les yeux, souleva la tête et aperçut Jeanne.

Celle-ci saisit une de ses mains, qu'elle couvrit de pleurs et de baisers.

--C'est moi, mon père, dit-elle; ne me reconnaissez-vous point?

Le vieillard la regarda fixement; puis, dégageant la main qu'elle tenait:

--Interdit! murmura-t-il. Plus de soleil... plus de bruit... plus rien!...

--Mon père! s'écria Jeanne épouvantée en se redressant.

Il y avait dans ce cri un effroi si tendre qu'il pénétra jusqu'au cœur du marquis. Il regarda fixement la jeune fille, et un éclair traversa ses yeux.

--Jeanne, dit-il en tendant les bras...

--Oui, mon père, oui, votre Jeanne bien-aimée, reprit la jeune fille; regardez-moi. Oh! que vous êtes pâle, mon Dieu!

--Ils m'ont interdit, répéta le vieillard.

--Ne le croyez pas, mon père.

--Regarde plutôt, murmura-t-il en promenant les yeux autour de lui... Ils m'ont tout ôté, jusqu'à la chambre où je vivais depuis dix années.

--Cette chambre, vous y êtes! mon père.

--J'y suis, dis-tu, folle! Où sont alors mon grand fauteuil; ma bibliothèque, les portraits de ma famille, la pendule d'écaille[70 que j'aimais à entendre sonner la nuit! Non! non! Ils ont mis cette grande tapisserie pour me tromper; mais ceci est une tombe, vois-tu. Fais attention en sortant, et tu liras mon nom au-dessus. Ils m'ont descendu au cercueil tout vivant, Jeanne, parce que j'étais interdit.

--Oh! mon père, mon père! revenez à vous!

--Regarde plutôt, ajouta le marquis en montrant avec une honte presque féminine ses cheveux défaits et son linge souillé, ils m'ont refusé jusqu'aux soins de chaque jour; je ne suis plus pour eux qu'un cadavre.

Et comme si une pensée d'orgueil traversait son affliction:

--Mais il n'importe, continua-t-il d'un ton de triomphe, j'ai refusé de signer, Jeanne. Ah! ah! ah! elle croyait me faire céder comme autrefois, mais pour toi j'aurais résisté à Dieu. Ne crains pas, va, Jeanneton; qu'elle vienne encore, eût-elle la mort avec elle, je répondrai comme avant: Je refuse! je refuse! je refuse!

--Mon père, s'écria Jeanne éperdue, oh! mon père, c'est moi qui suis cause de tout! Si j'avais obéi, vous seriez encore libre et heureux. Mais vous ne pouvez rester ici, mon père; il faut que vous quittiez ce cachot; vous en avez le droit. Venez!

-Tais-toi, dit le vieillard, dont la préoccupation n'était déjà plus la même; tais-toi; c'est l'heure où il va paraître.

--Qui cela mon père?

--Plus bas! plus bas! Il y a un Dieu même pour les interdits, vois-tu. Ils ont cru m'ôter la vue du soleil; mais il me visite malgré eux chaque jour.

--Que dites-vous?

--Regarde de ce côté, sous cette croisée: un rayon s'y glissera bientôt... Il ne brille qu'un instant, mais il revient tous les jours et je compte les heures en l'attendant. Grâce à lui je sais qu'il y a encore un soleil sur la terre. Mais surtout n'en dis rien à ta mère, Jeanne, n'en parle à personne; ils m'ôteraient mon rayon.

--O mon père! dit la jeune fille attendrie, vous souffrez donc bien de votre captivité!

--Si je souffre! ah! tu ne sais pas ce que c'est que cette nuit et ce silence éternels! Il y a des instants où je doute de ma vie et où ce lit me paraît un cercueil. Oter ses habitudes à un vieillard, vois-tu, c'est comme si l'on voulait changer son cœur de place. Je me cherche moi-même au milieu de cette dévastation. Ils m'ont enlevé tout ce que mon œil connaissait, tout ce qui me rappelait quelque chose. En vidant cette chambre, ils ont vidé ma mémoire; je ne me souviens plus, je ne désire plus, je cherche le monde autour de moi sans le trouver.

--Se peut-il, ô mon Dieu!

--Oh! si je pouvais sortir, reprit le vieillard d'un ton plaintif; une heure... une minute!... Jeanne, ne peux-tu me délivrer sans qu'ils le sachent? Le temps seulement de voir le ciel, d'entendre les oiseaux, de sentir un peu d'air dans mes cheveux. Jeanne, faudra-t-il donc mourir au fond de ce sépulcre?

Il avait les mains jointes et sanglotait comme un enfant. La jeune fille éperdue se jeta dans ses bras.

--Non, mon père! s'écria-t-elle suffoquée de larmes, on vous rendra la liberté, vous verrez le jour.

--Quand cela?

--Sur-le-champ, mon père!

Elle s'était élancée vers la sonnette, dont elle tira vivement le cordon. La porte s'ouvrit, et madame de Solange parut.

--Que mon père soit libre, madame, s'écria la jeune fille en courant vers elle, je consens à épouser M. de Lanoy.

* * * * *

Huit jours après, les cloches de Saint-Louis[71] sonnaient à pleines volées et une longue file de carrosses assiégait la porte de l'église. On y célébrait le mariage du comte avec mademoiselle de Solange.

Près de l'autel se tenait le marquis, en habits de fête, regardant la foule parée, respirant l'odeur de l'encens et écoutant le chant des orgues d'un air ravi.

L'union prononcée, au moment où le prêtre se retirait, Jeanne se leva chancelante et comme égarée; mais ses yeux, en se promenant autour d'elle, rencontrèrent le vieillard; elle s'élança vers lui par un mouvement pour ainsi dire désespéré, et, se jetant dans ses bras:

--Réjouissez-vous, mon père, s'écria-t-elle; désormais vous serez heureux.

De retour à l'hôtel, les nouveaux époux trouvèrent le notaire qui apportait à signer des quittances et actes additionnels. A cette vue les deux familles se séparèrent, par l'instinct de leurs intérêts opposés; les politesses réciproques cessèrent pour faire place à une gravité contrainte, et l'on s'assit, comme des ennemis en présence qui vont discuter les conditions d'un traité.

Maître Durocher commença à lire les différentes pièces de ce ton endormeur dont sa longue expérience lui avait donné l'habitude. Il savait que peu de patiences pouvaient tenir à la monotonie d'une pareille lecture, et que l'ennui, en rendant les auditeurs moins attentifs, épargnait de dangereux débats. Mais, ni la fatigante lenteur du débit ni l'obscurité de la rédaction ne purent lasser la marquise: elle fit éclaircir plusieurs passages et exigea le retranchement de quelques articles dont elle parut craindre les conséquences. Le comte consentit à tout avec cette nonchalance impertinente qui semble mépriser les détails. Quant à Jeanne, muette, insensible et une main dans celle de son père, elle avait écouté sans entendre et approuva sans avoir compris.

La lecture venait de finir, et le jeune homme dont maître Durocher s'était fait accompagner recueillait les signatures des deux familles; le notaire se trouva près de madame de Solange.

--Vous avez enfin un nouveau clerc? demanda celle-ci, sans songer à ce qu'elle disait et seulement pour échapper à l'embarras du silence.

--Oui, madame, répondit Durocher; mais je ne désespère point de retrouver l'ancien.

--Comment? dit la marquise en tressaillant.

--Le cadavre du jeune homme que les bateliers ont entendu tomber dans la Seine a été retrouvé.

--Eh bien?

--Ce n'était pas celui de Jérôme.

Jeanne, qui écoutait palpitante, se leva en poussant un cri.

--Tout le monde a signé, maître Durocher, dit la marquise vivement.

Et pendant que le notaire réunissait les actes elle saisit la main de Jeanne, et, la forçant à s'asseoir:

Remettez-vous, madame de Lanoy, dit-elle, votre mari vous regarde!

* * * * *

Le marquis de Solange mourut peu après, et avec lui eût disparu le dernier intérêt que Jeanne conservait dans le monde, si elle ne fût devenue mère. La marquise et le comte, qui poursuivaient de concert leurs plans ambitieux troublaient rarement sa solitude; la jeune femme chercha dans ses nouveaux devoirs et dans la piété des consolations qu'elle eût en vain demandées ailleurs.

Cependant les événements ne tardèrent pas à déjouer tous les projets de madame de Solange. Il ne fut bientôt plus question pour la noblesse de conquérir une plus haute position, mais de conserver celle qu'elle occupait; la révolution commençait!

Le comte, qui avait renoncé aux idées philosophiques dès qu'il avait craint de les voir appliquer, fut un des premiers à invoquer l'appui de l'étranger pour arrêter le mouvement. Chargé par les princes d'une mission secrète, il partit pour l'Allemagne, laissant Jeanne avec la marquise que les déceptions avaient enfin vaincue, et dont les facultés affaiblies s'éteignaient chaque jour.

La jeune femme, au contraire, ne reçut aucune atteinte de ces agitations publiques auxquelles elle demeurait étrangère. Telle on l'avait vue quitter l'autel, après son mariage, belle, dévouée, douloureuse, telle on pouvait la voir encore. L'éternelle jeunesse de son âme avait passé sur ses traits: on eût dit[72] une fleur cueillie dans sa prémière fraîcheur et conservée, par quelque magique puissance, aussi suave et aussi pure.

Elle revenait un jour du quartier Saint-Marceau,[73] où l'avait appelée une de ces bonnes œuvres qu'elle accomplissait avec toutes les grâces du cœur; son carrosse allait traverser la place de l'Hôtel-de-Ville,[74] lorsqu'il fut subitement arrêté par une foule immense qui s'avançait en poussant des cris de triomphe; madame de Lanoy se pencha vers la glace et demanda au cocher ce qu'il y avait.

--C'est le peuple qui vient de prendre la Bastille,[75] madame, répondit le laquais tremblant.

Dans ce moment une troupe d'ouvriers s'approcha du carrosse, et l'un d'eux ouvrit brusquement la portière. A l'aspect de Jeanne si belle et si triste, il recula involontairement et se découvrit.

--Que voulez-vous? demanda la comtesse, d'une voix douce.

--Pardon, madame, balbutia l'ouvrier, mais un des prisonniers que nous avons délivrés vient de s'évanouir.

--Qu'il vienne! s'écria vivement Jeanne; il y a place ici pour lui.

Ceux qui portaient le mourant s'approchèrent alors et le déposèrent dans le carrosse.

La comtesse avait rejeté l'écharpe de soie dont elle était entourée, et aida elle-même à le placer à ses côtés, mais, dans ce mouvement, le tapis qui enveloppait le prisonnier s'entr'ouvrit et permit de le voir. Jeanne ne put retenir un gémissement à l'aspect de ce visage qui n'avait conservé rien d'humain.

Le mourant parut l'entendre, car ses paupières se soulevèrent, ses yeux se rouvrirent lentement et restèrent fixés sur madame de Lanoy.

--Vous souffrez bien? demanda celle-ci d'une voix que les larmes rendaient tremblante.

Les traits du prisonnier s'animèrent; il agita ses lèvres, et, faisant un effort:

--Jeanne! murmura-t-il d'un accent confus.

-Vous savez mon nom, dit madame de Lanoy surprise.

--Jeanne! répéta le prisonnier en étendant les mains vers la comtesse.

--Qui êtes-vous? s'écria celle-ci éperdue et les regards fixés sur le prisonnier dans une angoisse de doute impossible à exprimer.

--Jérôme! balbutia le mourant.

Madame de Lanoy poussa un cri horrible et tomba à genoux devant le prisonnier. Celui-ci se redressa sur son séant,[76] et, laissant aller ses deux bras sur les épaules de la comtesse.

--Jeanne! reprit-il, je t'ai revue! Dieu est bon!

A ces mots il retomba en arrière. La comtesse se pencha sur lui, éperdue; mais, épuisé par de trop longues souffrances, il n'avait pu résister à cette dernière émotion... La joie l'avait tué.

Ce coup inattendu abattit le courage de madame de Lanoy, et la jeta dans une sorte de morne désespoir dont l'amour maternel lui-même ne put la tirer. Lorsque la tourmente révolutionnaire grandit, elle refusa de quitter Paris, où son nom devait d'autant plus sûrement la compromettre, que l'on savait le comte en Vendée[77] et les armes à la main; aussi fut-elle arrêtée avec la marquise, alors tombée en enfance. Traduites toutes deux devant le tribunal révolutionnaire, elles furent condamnées à mort et exécutées le neuf thermidor.[78]

NOTES.

I.

--1. =Sac à procès=, lawyer's bag or satchel.

--2. The =livre= was the standard of value in France until 1795, when it was replaced by the =franc= of nearly equal value.

--3. =The Duke of Choiseul= (1719-1785), a celebrated French statesman, was prime minister under Louis XV.

--4. =suite=, _perseverance_.

--5. =la guerre d'Amérique=. The war between the English and French for the possession of North America (1752-1760) is referred to.

--6. =prêteur sur gages=, pawn-broker.

--7. His thoughts and passions were mild like the light of the moon.

--8. =Sisyphe=, _Sisyphus_, a well-known character in mythology.

--9. =Je m'en doutais=, _I suspected it._

--10. Voltaire in "Discours en vers sur l'homme."

--11. =on peut s'en trouver bien tant que=, _one may fare well enough as long as, etc._

--12. =termes de basoche=, legal phraseology. _La basoche_ was, an association of lawyers' clerks.

--13. =Se dérangerait-il=, _Could he be behaving badly?_

--14. The "Trappists" were a religious order whose rules prescribed perpetual silence except in case of necessity.

--15 =la Visitation=, a celebrated convent in the southern part of Paris.

II

--16. =Amours=, _Cupids_.

--17. =Sardanapalus=, king of Assyria, noted for his voluptuousness and effeminacy.

--18. =Madame de Pompadour=, a favorite of, Louis XV. From 1745 to her death in 1764, her influence over the king was unbounded.

--19. =caisses d'orangers=, boxes in which orange-trees were planted.

--20. =crêpés=, _frizzled_.

--21. =tirés=, _drawn up_.

--22. =roses=, rose-diamonds.

--23. =Watteau=, a celebrated French painter (1684-1721).

--24. =demi-science mondaine=, _partial knowledge of the world_.

--25. =Voltaire=, one of the most celebrated French writers (1694-1778).

--26. =pension=, _allowance_.

--27. =ne doit point te suffire=, can't be sufficient for you.

--28. =ce serait= (=vous=), _could it be you (that has taken it)?_

--29. =blondeur=, _paleness_.

--30. =quel qu'il soit=, _whoever he maybe_.

--31. =en faites justice=, _condemn it_.

--32. =il se fera == il sera fait=.

--33. =fusse-je == si j'étais.=

--34. =agonie == mort.=

III.

--35. =en fit le tour=, _went around it_.

--36. =Périgord=, a province in the South of France, corresponding to the present Department of the Dordogne.

--37. "Having as many quarters" (in the shield) is equivalent to saying that they had as long a line of ancestors.

--38. The Montmorencys were already celebrated in French history in the middle of the tenth century.

--39. =gentilshommes=, pronounced _jantizome_.

--40. =messe du roi= was a mass in which the king took part.

--41. =Marie Antoinette=, wife of Louis XVI., beheaded in 1793.

--42. =office en musique=, a mass in which the _Kyrie_, the _Gloria_, the _Credo_, the _Sanctus_ and the _Agnus Dei_ were sung wholly or in part.

--43. =on eût dit d'un enfant tenté == on aurait dit que c'était=, etc.

--44. =que=, _whether_.

--45. =le tabouret= was a stool on which duchesses were permitted to sit in the presence of the king.

--46. =Louis XI.=, king of France, reigned from 1461 to 1483.

--47. =fallût-il=, _even if it were necessary_.

--48. =présentateur=, _introducer_.

--49. The =Princess of Lamballe= was a friend of queen Marie Antoinette. She was killed in the massacres of September, 1792.

--50. =brevet=, _patent of nobility_.

--51. =débraillé=, _indifference_.

--52. =projet d'acte=, _rough draft of the contract_.

--53. =en=, _by her_. This pronoun usually refers to things, not to persons.

--54. =espagnolette=, _window-fastening_.

--55. =Bastille=, a celebrated castle or fortress at Paris, built in the latter part of the XIV. century; long used for the confinement of prisoners of state; destroyed by the Revolutionists, July 14, 1789.

--56. =Philemon and Baucis=, in Greek mythology, a husband and wife noted for their mutual affection.

--57. =lettres de cachet= (_sealed letters_), warrants for imprisonment given out by kings of France before the Revolution. The favorites of the king often obtained them signed in blank, and could then insert the name of anyone whom they disliked or wished to put out of the way.

--58. =ne fût-ce que=, _were it only_.

--59. =j'en fais cas comme d'une prise de tabac=, _I don't consider them of more consequence than a pinch of snuff_.

IV.

--60. =tu ne devais pas le savoir=, _you were not to know it_.

--61. =tu ne m'en veux pas=, _youi are not angry with me, are you?_

--62. =vous n'avez pas conscience=, you are not conscious.

--63. veuillez, _please_.

--64. =appelez=, _are calling up_.

--65. =un contrat se passe de la singature d'un interdit=, _a contract is valid without the signature of an idiot_. An "_interdit_" is one who is prohibited by law from having charge of his own property.

V.

--66. =le reconduisait=, _was seeing him out_.

--67. =Plût à Dieu=, _would God_.

--68. =Le pont de la Tournelle= connects the isle of St. Louis with the mainland on the south.

--69. =se peut-il=, _can it be_?

--70. =pendule d'écaillé=, _tortoise-shell clock_.

--71. =Saint Louis=, the church of St. L. is on the island of the same name in the river Seine.

--72. =on eût dit=, see note 43.

--73. The =Quartier Marceau= (or Marcel) is south of the Seine, near the "Jardin des Plantes."

--74. =Hôtel de Ville=, _City Hall_. This magnificent structure, begun in 1533, was blown up and burned by the Communists, May 24, 1871. Many valuable works of art were thereby destroyed, as well as the library containing almost 100,000 volumes and many precious public documents, thus causing an irreparable loss.

--75. =Bastille=; see note 55.

--76. =se redressa sur son séant=, _sat upright_.

--77. =La Vendée= is a Department of France, south of the mouth of the Loire. The war of the Vendée, here referred to, was an insurrection of the Royalists of the West of France against the Republic. It was put down by General Hoche in 1796 after a bloody struggle of three years.

--78. The =ninth Thermidor= (July 27, 1794) was the day of Robespierre's fall, thus ending the " Reign of Terror."

=GERMAN TEXTS.=

_Joynes-Meissner Grammar._

_Joynes' Shorter Grammar. (Part I. of the above.)_

_Harris's German Lessons._

_Harris's German Composition._

_Sheldon's Short Grammar._

_Babbitt's German at Sight._

_Faulhaber's One Year Course._

_Meissner's German Conversation._

_Heath's German Dictionary._

_Heath's Ger.--Eng. Dictionary. (Part I. of the above.)_

_Joynes' German Reader._

_Deutsch's Colloquial Reader._

_Boiscn's Prose Reader._

_Grimm's Märchen and Schiller's Der Taucher._

_Leander's Trâumereien._

_Storm's Immensee._

_Andersen's Bilderbuch ohne Bilder._

_Andersen's Märchen._

_Heyse's L'Arrabbiata._

_Von Hillern's Hoher als die Kirche._

_Hauff's Der Zwerg Nase._

_Ali Baba._

_Onkel und Nichte._

_Hauff's Das kalte Herz._

_Novelletten-Bibliothek. Vol. I. and Vol. II._

_Hoffmann's Historische Erzahlungen._

_Stifter's Das Haidedorf._

_Meyer's Guslav Adolph's Page._

_Chamisso's Peter Schemihl._

_Jensen's Die braune Erica._

_Riehl's Der Flucli der Schonheit._

_François' Phosphorus Hollander._

_Freytag's Die Journalisten._

_Freytag's Aus dem Staat Friedrichs des Grossen._

_Holberg's Niels Klinim._

_Eichendorff's Taugenichts._

_Lessing's Minna von Barnhelm._

_Schiller's Der Taucher._

_Schiller's Neffe als Onkel._

_Schiller's Jungfrau von Orleans._

_Schiller's Der Geisterseher, Part I._

_Schiller's Ballads._

_Goethe's Dichtung und Wahrheit. Books I.-IV._

_Goethe's Sesenheim._

_Goethe's Meisterwerke._

_Goethe's Hermann und Dorothea._

_Goethe's Torquato Tasso._

_Goethe's Faust, Part I._

_Heine's Die Harzreise._

_Heine's Poems._

_Gore's German Science Reader._

_Hodges' Scientific German._

_Wenckebach's Deutsche Literaturgeschichte. Vol. I., with Musterstucke._

_Wenckebach's Deutsche Literatur eschichte. Vol. II._

_Wenckebach's Meisterwerke des Mittelalters._

_Many other texts in preparation._

=D. C. HEATH & CO., Publishers=,

BOSTON, NEW YORK, AND CHICAGO.

=FRENCH TEXTS.=

_Edgren's French Grammar._

_Edgren's Grammar, Part I._

_Grandgent's Materials for French Composition. Five graded pamphlets._

_Kimball's Materials for French Composition._

_Storr's Hints on French Syntax, with exercises._

_Houghton's French by Reading._

_Heath's French Dictionary._

_Heath's Fr.-Eng. Dictionary. (Part I. of the above.)_

_Super's French Reader._

_French Fairy Tales._

_France's Abeille._

_De Mussefs Pierre et Camille._

_Lamartine's Jeanne d'Arc._

_Souvestre's Le Mari de Mme. de Solange._

_Souvestre's Un Philosophe sous les Toits._

_Souvestre's Les Confessions d'un Ouvrier._

_Historiettes Modernes. Vol. I. and Vol. II._

_Sandeau's Mlle. de la Seiglièr._

_Mérimée's Colomba._

_De Vigny's Le Cachet Rouge._

_De Vigny's La Canne de Jonc._

_De Vigny's Cinq Mars._

_Victor Hugo's La Chute._

_Victor Hugo's Bug Jargal._

_Victor Hugo's Hernani._