Le Maréchal de Richelieu (1696-1788) d'après les mémoires contemporains et des documents inédits

Part 27

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Pour le parti qui aspirait à la perte du Maréchal, le mot _inaction_ était synonyme du terme _trahison_; et c’était sous cette accusation, injuste autant que perfide, qu’on prétendait écraser le favori de Louis XV.

On comprend, de reste, l’état d’âme de Richelieu, quand il se sentit la fable de la Cour et de la Ville. Son orgueil démesuré, qui lui rendait plus sensibles les erreurs et les fautes du gouvernement[557], ne pouvait cependant lui dissimuler les siennes; et le duc de Croÿ a très bien défini une mentalité qui ne s’ignorait pas, quand il dit, dans son _Journal_: «M. de Richelieu fut reçu froidement... Il n’était pas plus content des autres qu’on ne l’était de lui... Il avait perdu la discipline et fait une étonnante campagne[558].»

[557] Il ne pouvait entendre parler de sang-froid de la capitulation de Closter-Seven, affirment les _Souvenirs de deux anciens militaires_ (1813), pp. 65 et suiv. «C’est, disait-il, de toutes les intrigues de Cour, la plus atroce; on voulait continuer la guerre, on voulait me perdre; jamais je ne me suis conduit avec plus de prudence et plus de bonheur.» C’était troubler sa digestion que d’aborder un tel sujet.

[558] DUC DE CROŸ: _Journal_ (édit. de Grouchy et Cottin), t. I, p. 418.

Rompu aux intrigues de Cour, il sut enfin se persuader que, pour le moment, son rôle était fini. Mme de Pompadour, malgré tous les assauts qu’avait eu à subir son crédit, était encore la souveraine maîtresse du royaume et du roi. Dès lors, Richelieu pouvait-il espérer (et d’abord l’eût-il voulu?) qu’on lui confiât le commandement d’une nouvelle armée? Encore moins devait-il compter sur une place au Conseil. La Marquise et ses amis en occupaient toutes les avenues. Et le roi lui-même, malgré son extrême indulgence et son amitié, restée immuable, pour le Maréchal, s’enracinait plus encore, avec son entêtement ordinaire, dans cette idée, que Richelieu était trop léger et trop prompt pour devenir jamais un bon ministre.

Aussi, par dégoût et peut-être encore par philosophie, le Maréchal se dit-il qu’il serait plus sage de renoncer momentanément à la vie militaire et politique qui lui donnait actuellement tant de déboires. Il lui restait assez d’agréables et brillantes compensations, pour ne pas trop regretter le rêve qu’avait fait miroiter à ses yeux le souvenir des gloires familiales. Il pouvait partager désormais son temps entre l’administration de son gouvernement de Guyenne et les devoirs de sa charge de premier gentilhomme qui lui assurait encore une influence considérable. A Paris et à Versailles, il pontifiait toujours au nom de l’étiquette; il était le doyen de l’Académie, il régentait les théâtres et les comédiens, commandait à la mode, éblouissait par son faste; il était, par définition, le protecteur des Lettres et des Arts. A Bordeaux, il se sentait plus puissant encore; et il se promettait d’y jouer le rôle de despote et de sultan, car il n’avait rien abdiqué de son autoritarisme, ni de son goût passionné pour les femmes.

Sa vieille amie, «la grosse duchesse» d’Aiguillon, qui était en même temps sa cousine, était partie lui préparer le terrain. La tâche était délicate. La belle expédition de Minorque avait naguère enthousiasmé les Bordelais, mais la déconvenue de Closter-Seven avait transformé les dithyrambes en satires. Heureusement, la duchesse ne manquait pas d’entregent; elle avait des intelligences dans la place et sut retourner l’opinion publique[559].

[559] GRELLET-DUMAZEAU: _La société bordelaise au XVIIIe siècle_, pp. 201 et suiv.--En 1756, D’Argenson écrivait (t. IX, p. 303), d’après des bruits de Cour, que Richelieu allait épouser la Dlle d’Aiguillon, «intrigante qui s’ennuie de n’être rien à la Cour»; n’était-ce pas plutôt la duchesse douairière qui était veuve?

Le Maréchal en profita pour faire une entrée solennelle dans la capitale de sa riche Satrapie. Des barques, magnifiquement décorées et pavoisées, l’attendaient à Blaye, lui et sa suite. Les navires qui stationnaient le long du fleuve, et le Château-Trompette le saluèrent de salves d’artillerie pendant qu’il remontait jusqu’à Bordeaux. Lorsqu’il descendit à terre et qu’il passa sous l’arc de triomphe dressé sur la Place Royale, le Parlement vint l’y haranguer. Puis Richelieu monta à cheval et se rendit, accompagné de toute la noblesse de la province, à la Cathédrale, où fut chantée une messe d’action de grâces.

* * * * *

Ainsi devait se terminer, dans une opulente sinécure, la vie politique et militaire d’un homme qui avait joué, sur les deux théâtres les plus en vue, à la Cour comme à l’Armée, un rôle de la première importance. Ce n’est pas qu’il l’eût abandonné sans espoir de retour: il comptait, au contraire, le reprendre, pour l’échanger, à l’heure propice, contre celui qui n’avait cessé d’être le but de toutes ses ambitions, le personnage de premier ministre; mais il avait été inconsciemment victime d’un de ces accès de bouderie dont il était coutumier. Il était parti de son plein gré; on oublia de le rappeler.

Aussi bien la place n’était guère enviable, quoique enviée par tant de compétiteurs, qui s’y croyaient appelés par leur compétence et leurs talents, alors que ces affamés de pouvoir n’avaient d’autre capacité que celle de leurs appétits. Au reste, jamais la Cour n’avait été le foyer de plus misérables, ni de plus basses intrigues. En présence d’un roi fainéant, indifférent et impénétrable, asservi désormais à ses passions, les partis se livraient des combats, acharnés dans leur perfidie sournoise, où les amis de la veille devenaient les ennemis du lendemain, facilement réconciliables pour des luttes nouvelles.

Le pays n’était pas moins profondément divisé sur tous les terrains, politiques, militaires, religieux, financiers.

Les temps étaient proches, où les visions d’un prophète, que nous avons si souvent consulté, le marquis d’Argenson, allaient devenir de saisissantes réalités: «L’anarchie marche à grands pas..., écrit-il... On entend murmurer ces mots de liberté, de républicanisme; déjà les esprits en sont pénétrés et l’on sait à quel point l’opinion gouverne le monde. Le temps de l’adoration est passé: ce nom de maître, si doux à nos yeux, sonne mal à nos oreilles. Il se peut qu’une nouvelle forme de gouvernement soit déjà conçue en de certaines têtes, pour en sortir, à la première occasion, armée de toutes pièces. Peut-être la Révolution s’opérera-t-elle avec moins de contestation que l’on ne pense: il n’y faudra, ni princes du sang, ni seigneurs, ni fanatisme religieux, tout se fera par acclamation...

«Aujourd’hui tous les ordres sont à la fois mécontents: le militaire congédié depuis la paix; le clergé offensé dans ses privilèges; les parlements, les corporations, les pays d’État avilis; le bas peuple accablé d’impôts, rongé de misère; les financiers seuls triomphants... Partout des matières combustibles... D’une émeute on peut passer à la révolte, de la révolte à une totale révolution; élire de vrais tribuns du peuple, des Consuls[560]....»

[560] _Mémoires et Journal_ du marquis D’ARGENSON (édition elzévirienne 1858) t. V, pp. 346-347.

FIN

TABLE DES MATIÈRES

AVANT-PROPOS V

CHAPITRE PREMIER

La naissance de Richelieu-Fronsac.--Un ressuscité qui devient nonagénaire.--Première enfance.--Une éducation négligée.--Succès de Fronsac à la Cour.--L’habit de belle-mère.--Esprit d’à-propos d’un danseur.--Mariage d’enfants.--Un ancêtre de Chérubin.--Imprudences de la duchesse de Bourgogne; effronterie de Fronsac.--Premier séjour à la Bastille. 1

CHAPITRE II

Quatorze mois de Bastille.--Sollicitude du Gouverneur Bernaville pour son prisonnier.--Visite de la petite duchesse de Fronsac à son époux: les suites d’un mariage blanc.--Études et «amusements» du détenu.--Attaque de petite vérole: traitement du malade.--Isolement et terreurs de Fronsac.--Sa guérison; sa convalescence.--Bulletins de Bernaville.--Repentir, en apparence, sincère, de Fronsac.--Sa mise en liberté. 10

CHAPITRE III

Fronsac, en Flandre, sous le commandement de Villars.--Le siège de Marchiennes.--Fronsac est blessé à Fribourg.--Comment il est accueilli, à Marly, par le roi.--Il revoit la duchesse aux yeux bleus qui avait reçu ses adieux avant son départ pour l’armée.--L’amitié succède à l’amour.--Le roman de Mme Michelin: perfidie et cruautés de Fronsac.--Mort du duc de Richelieu: un beau geste de son héritier.--Les dernières heures de Mme Michelin. 19

CHAPITRE IV

Richelieu sous la Régence.--Mort de sa femme qui le laisse tout consolé.--Premier conflit de Richelieu avec le duc d’Orléans: duel manqué.--Duel autrement sérieux avec Gacé.--Les deux adversaires à la Bastille: cinq mois de détention.--Amours princières de Richelieu: les escapades d’une arrière-petite-fille du Grand Condé.--Colère du duc de Bourbon.--Richelieu chansonné. 27

CHAPITRE V

Visées amoureuses de Richelieu.--Mlle de Valois, fille du Régent.--A la table de jeu.--Travestissements de Richelieu pour pénétrer chez Mlle de Valois.--La porte secrète et l’armoire aux confitures.--Ce que pense la grand-mère, duchesse douairière d’Orléans, de la «coqueluche» de la Cour.--Une aventure galante de Richelieu.--Le «petit crapaud». 36

CHAPITRE VI

La Conspiration de Cellamare.--Malgré ses dénégations, Richelieu avait pactisé avec l’Espagne.--Son arrestation tardive et mouvementée.--Il est enfermé pour la troisième fois à la Bastille.--Rigueur, dans le début, de son incarcération.--Animosité de la Palatine contre «le gnome».--Intervention des deux princesses en faveur de Richelieu qui obtient de notables adoucissements.--Le duo d’_Iphigénie_.--Véhémente indignation de la Palatine contre sa petite-fille.--A quel prix celle-ci obtient la grâce et la liberté de Richelieu.--La duchesse de Modène. 44

CHAPITRE VII

Exil de Richelieu dans son château du Poitou.--Son séjour passager à Conflans et à Saint-Germain: diversions parisiennes.--Sa retraite à Richelieu lui permettra de rétablir ses affaires.--Il y donne l’hospitalité à Voltaire.--Il obtient la grâce de revenir à Paris, puis à la Cour.--Faux bruit de son mariage avec Mlle de Charolais.--Son prétendu voyage, en colporteur, à la Cour de Modène.--Galerie monastique de Richelieu.--Il succède, comme académicien, au marquis de Dangeau; son discours; incidents de sa réception. 65

CHAPITRE VIII

Nouvelles aventures de Richelieu.--Mme de Villeroy et Mme d’Alincourt.--Comment Richelieu se venge du Régent.--Duel avec le duc de Bourbon.--Une légende dorée.--Mlle de Maupin n’a pu être la maîtresse de Richelieu.--Le duel de Mmes de Nesle et de Polignac.--Amitié de Richelieu pour le duc de Melun. 79

CHAPITRE IX

Le duc de Richelieu prend séance, comme pair, au Parlement.--Le duc de Bourbon l’envoie en ambassade à Vienne.--Fanfarinet: couplets satiriques.--Instructions du gouvernement français au nouveau diplomate.--Richelieu doit miner l’influence espagnole à Vienne.--Prompt départ de l’aventurier Ripperda.--Embarras financiers de Richelieu: son «entrée» à Vienne.--Son activité: ses succès plus ou moins discutés en matière de diplomatie galante. 88

CHAPITRE X

Prédilection de Richelieu pour la cabale et les opérations magiques.--Affaire de satanisme à Vienne: ses différentes versions.--Richelieu obtient le chapeau de Cardinal pour Fleury.--Succès de sa mission diplomatique.--Son retour en France.--Nouvelles imprudences sur le terrain de la galanterie.--Il est plus circonspect en politique: la conjuration des Marmousets.--Richelieu conquiert de nouveaux grades dans l’armée et «commande pour le roi» en Languedoc. 100

CHAPITRE XI

Le second mariage de Richelieu.--Voltaire l’a mené comme une «comédie».--Richelieu retourne à l’armée: son duel avec le prince de Lixin.--Sa femme, la princesse de Guise, est une nature d’élite.--Comme elle seconde son mari aux États de Languedoc.--Une anecdote du marquis de Valfons.--Richelieu fidèle pendant six mois.--L’intrigue avec Mme de la Martellière.--Les cabinets particuliers de la Galerie des Tuileries.--Amour passionné de la duchesse pour son mari.--Ses derniers moments. 112

CHAPITRE XII

Le deuil de Richelieu.--Son séjour dans le Languedoc en 1741.--Petite malice d’un vieux chanoine.--Esprit de tolérance de Richelieu.--Son autorité en matière d’étiquette.--Il est processif, autant par nécessité que par amour de la chicane.--Ses revendications contre les propriétaires du Palais Royal.--L’histoire d’un pamphlet.--Richelieu perd son procès. 123

CHAPITRE XIII

La galanterie sert la politique de Richelieu.--L’amitié qui la favorise.--Mme du Châtelet lui assure le concours de Voltaire.--Une autre amie, Mme de Tencin, donne à Richelieu la clef des intrigues ministérielles.--Rupture de Louis XV et de la Reine exploitée par les partis.--Richelieu ne fut pas, à l’origine, le «corrupteur» du roi.--Sa perversité fut devancée par celle de Bachelier, un des premiers valets de chambre. 131

CHAPITRE XIV

Richelieu devient le grand favori du roi.--Ses impressions sur la mentalité de Louis XV.--Les demoiselles de Nesle.--Richelieu intrigue pour la Marquise de la Tournelle.--Ses intelligences avec Mme de Tencin, pendant qu’il est à l’armée de Flandre.--Loin de Versailles, il travaille à la «quitterie» de Mme de Mailly.--Il reparaît à la Cour.--Le précepteur du roi et le professeur «di piazza».--Fin d’une longue résistance.--La «dormeuse» de M. de Richelieu. 141

CHAPITRE XV

Année 1743: nouvelle correspondance chiffrée de Mme de Tencin, pendant le séjour de Richelieu en Languedoc.--Campagne contre Maurepas.--Le désastre de Dettingen; belle conduite et mot... malheureux de Richelieu.--Mme de la Tournelle est nommée duchesse de Châteauroux et Richelieu, premier gentilhomme de la Chambre.

Année 1744: projet, avorté, d’une descente sur les côtes anglaises.--Dépit et récriminations de Richelieu.--Son activité comme premier gentilhomme de la Chambre.--Projets de fêtes pour le premier mariage du Dauphin.--La _Princesse de Navarre_: patience de Voltaire et méchante humeur de Rameau.--Diplomatie mystérieuse de Frédéric II.--Conseil de nuit à Choisy.--Départ de Louis XV pour l’armée. 158

CHAPITRE XVI

Mme de Tencin continue sa correspondance.--Richelieu lui préfère encore la présence de Mme de Châteauroux auprès du roi.--Dangers de cette manœuvre.--La maladie de Louis XV à Metz.--Les médecins perdent la tête.--Richelieu et les duchesses chambrent le roi.--Les terreurs de Louis XV.--Disgrâce de Mme de Châteauroux.--Épigrammes et satires.--Le roi guérit et charge Richelieu de négocier le retour de la favorite.--Un rendez-vous et une liste de proscription.--Maurepas échappe à la vengeance de la duchesse, mais doit s’humilier devant elle.--Mort foudroyante de Mme de Châteauroux.--Douleur du roi. 178

CHAPITRE XVII

Richelieu ne se laisse pas abattre par la mort de Mme de Châteauroux.--Comment il organise les fêtes du premier mariage du Dauphin.--Futilités de l’étiquette.--L’abbesse du Trésor.--Préparatifs de départ pour l’armée: l’incident Champenois.--D’après plusieurs historiens, Richelieu serait le véritable vainqueur de Fontenoy: une pièce aux Archives de la Guerre.--Conflit avec la Reine: toujours la question d’étiquette.--Disgrâce du Théâtre de la Foire.--Échange de mauvais procédés entre Richelieu et le Maréchal de Saxe pour la Comédie en Flandre. 195

CHAPITRE XVIII

Ce que pensait Richelieu de Mme de Pompadour et ce que lui demandait Voltaire.--L’expédition de Dunkerque; nouveaux déboires et nouvelles chansons.--Richelieu ne répond pas aux avances de Mme de Pompadour.--Il est nommé ambassadeur matrimonial auprès du roi de Pologne.--Cette mission inquiète la Cour de Saxe.--Désappointement de Frédéric II.--Le Maréchal de Saxe est le véritable négociateur.--Succès personnel de Richelieu.--Ses attentions délicates pour la future Dauphine.--Le mariage.--La négociation secrète avec Vienne n’aboutit pas.--Une «rêverie» de Maurice de Saxe. 215

CHAPITRE XIX

Richelieu va prendre à Gênes la succession du Maréchal de Boufflers.--Pronostics du Marquis D’Argenson.--Succès de Richelieu: il est nommé Maréchal de France; honneurs exceptionnels que lui décerne la République de Gênes.--Son retour triomphal à Versailles.--Sa campagne contre la Marquise.--Comment il traite le duc de la Vallière, favori de la favorite.--Formation du triumvirat.--Les inquiétudes de Mme de Pompadour: un mot de Louis XV. 231

CHAPITRE XX

L’aventure de Richelieu et de Mme de la Pouplinière.--Le fermier général et sa femme rue Richelieu et à Passy.--Le Maréchal est un familier de la maison; il y rencontre J.-J. Rousseau qu’il traite de compositeur génial.--La «calote» de Roy.--Lettres anonymes.--La Pouplinière fait surveiller sa femme et la brutalise indignement.--Correspondance amoureuse.--Comment La Pouplinière découvre, avec Vaucanson, la plaque tournante d’une cheminée servant de communication aux deux amants.--Chassée par son mari, Mme de la Pouplinière meurt d’un cancer.--Le jouet du jour.--Une malice de Mme de Pompadour. 240

CHAPITRE XXI

Richelieu a trop l’amour du théâtre et la servitude de l’étiquette pour ne pas entrer en conflit avec Mme de Pompadour.--Disgrâce de Maurepas; son quatrain; l’attitude de Richelieu.--De dépit de n’être pas premier ministre, Richelieu part pour le Languedoc.--Spectacles de la Cour pendant son absence.--Correspondance de Voltaire, autre mécontent, avec Richelieu.--Retour du Maréchal, plus aigri que jamais, à Versailles: ses propos de frondeur. 255

CHAPITRE XXII

Voltaire entretient une correspondance plus suivie avec Richelieu: comment il félicite son «héros» de son esprit de tolérance.--Préoccupations de Richelieu en matière de théâtre.--Mme Favart, le Maréchal de Saxe et le Maréchal de Richelieu.--Conflit avec l’archevêque de Paris.--Richelieu fréquente volontiers à l’Académie.--Un incident de séance.--Brouille passagère du Maréchal avec Voltaire.--Élections académiques: nomination du Maréchal de Belle-Isle.--Réforme des statuts académiques. Intervention de Louis XV contre Piron.--Difficultés de Richelieu avec l’abbé d’Olivet.--Roueries électorales. 266

CHAPITRE XXIII

Richelieu à la fois avare et prodigue.--Les affaires Girard et La Rivière.--Le canal Richelieu.--La Comédie à la Place Royale.--Comment le Maréchal fait connaissance de Casanova.--Courroucé, en apparence, contre les Réformés du Languedoc, il ferme les yeux sur leurs agissements.--Il est nommé gouverneur de la Guyenne.--Dernier retour agressif contre Mme de Pompadour; la jolie Mlle Hélie et la petite Murphy.--Un projet matrimonial de la Marquise. 277

CHAPITRE XXIV

L’alliance de l’Autriche et de la France.--Débuts de la Guerre de Sept ans; la Prusse alliée de l’Angleterre.--Mariage de Septimanie, fille de Richelieu, avec le comte d’Egmont.--Départ du Maréchal pour Minorque: prise de Citadella; travaux de siège; vaillance du soldat français.--Prise de Port-Mahon.--Enthousiasme de Mme de Pompadour pour «le Minorquin».--Vaine intervention de Voltaire et de Richelieu pour l’amiral Byng.--Malveillance du comte d’Argenson.--Le retour, acclamé, de Richelieu.--Les figues de Minorque. 291

CHAPITRE XXV

Une déconvenue de Richelieu.--L’attentat de Damiens: c’est le Maréchal qui fait arrêter l’assassin.--Démarche adroite de Richelieu auprès de Mme de Pompadour.--Son intervention, inutile, mais désirée par le roi, auprès de l’archevêque de Paris.--Réconciliation publique de la Marquise avec Richelieu.--Elle vaut au Maréchal de remplacer, à l’armée de Westphalie, le comte d’Estrées, le vainqueur d’Hastembeck. 304

CHAPITRE XXVI

Campagne de Hanovre.--Instructions données au Maréchal de Richelieu.--Sa marche foudroyante.--La Convention de Closter-Seven.--L’imprudence du vainqueur.--Appréhensions de Frédéric II.--Désaccord de Bernis avec Richelieu: tergiversations de la Cour de Versailles et mauvaise foi du Cabinet de Saint-James.--Sommations tardives et impuissantes du Maréchal aux chefs de l’armée vaincue.--Conséquences du désastre de Rosbach.--Entrée en campagne de Ferdinand de Brunswick.--Comment Richelieu le contient.--Il demande son rappel: le comte de Clermont le remplace. 314

CHAPITRE XXVII

Préventions de Bernis contre le Maréchal.--Encouragements de Stainville à Richelieu.--Mme de Pompadour reprend la lutte.--Le petit père _La Maraude_.--Retour de Richelieu à la Cour.--Ses entrevues avec le Maréchal de Belle-Isle et Bernis.--Richelieu fut coupable d’exactions, mais il ne fut jamais un traître.--Romans prussiens.--Richelieu renonce à la vie militaire et part pour son gouvernement de Guyenne.--Son entrée triomphale à Bordeaux. 333

INDEX ALPHABÉTIQUE DES NOMS CITÉS

Les chiffres indiquent les pages; ceux précédés d’un astérisque indiquent les notes. Les noms en italiques désignent les noms de lieux et d’ouvrages.

Le nom du Maréchal, comme duc de Fronsac ou duc de Richelieu, revenant presque à chaque page, nous n’avons pas cru devoir l’insérer dans cet Index. De même, pour ne pas surcharger une Table, déjà très longue, nous en avons écarté des noms tels que Paris, France, Europe, etc.

A

_Abbaye au Bois_ (L’), 201.

_Abonnés de l’Opéra_ (Les), par BOYSSE, 85.

_Académie des Sciences_ (L’), 108.

_Académie française_ (L’), 76-78, 88, 136, *159[243], 221, 266, 271-276, 348.

ACHILLE, 217, 218.

ACIGNÉ (Mlle d’), tante de Richelieu, 127.

AGÉNOIS (Armand VIGNEROT DU PLESSIS RICHELIEU, Duc d’), puis Duc d’AIGUILLON, 144, 161, 339.

AGUESSEAU (Henri d’), Chancelier de France, Garde des sceaux, 238.

AIGUILLON (Duchesse douairière d’), née CRUSSOL, 294, 348.

AIGUILLON (Famille DU PLESSIS VIGNEROT d’), *68[117].

_Aire_ (Ile d’), 298.

_Aix_ (Ville d’), 280.

_Aix-la-Chapelle_ (Traité d’), 232, 264, *264[408].

ALBARET (Comte d’), 297.

ALBERONI (Le Cardinal Jules), 44-47, *47[77], 49, 51, 54, 55, 90, 91.

ALEMBERT (Jean LE ROND d’), de l’Académie française, 147.

_Alençon_ (Ville d’), 280.

ALINCOURT (François-Camille de NEUVILLE, Marquis, puis Duc d’), 86.

ALINCOURT (Marquise d’), née de BOUFFLERS, 79-81.

_Allemagne_ (L’) et _Allemands_ (Les), *141[216], 170, 230, *292[452], 293, 309, *313[500], 316, 330, 334.

_Allemagne_ (Campagne d’), *316[502].

_Alsace_ (Province d’), 95, 163, 174, 182, *187[283], 316.

AMELOT DE CHAILLOU (Jean-Joseph), Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, 160, 174, 175, 273.

_Amours de Zéokinisul_ (Les), roman, par CRÉBILLON fils, *186[282].

_Ancêtres du nouveau roi d’Albanie_ (Les), par PALLUAT DE BESSET, *343[549], *344[552].

_Anecdotes_ d’HEMERY, *102[162].

_Anecdotes sur le Maréchal de Richelieu_, par RULHIÈRE (édition ASSE), *8[33], *32[62], *39[69], 48, *60[106], *62[108], *81[138], *82[139].