Le Livre 010101, Tome 1 (1993-1998)

Chapter 7

Chapter 73,263 wordsPublic domain

L’internet permet une information en profondeur qu’aucun organe de presse ne pouvait donner jusqu’ici. Derrière l’information du jour se trouve toute une encyclopédie qui aide à la comprendre. Le réseau offre des avantages sans précédent: rapidité de propagation des informations, accès immédiat à de nombreux sites d’information, liens vers des articles et sources connexes, énormes capacités documentaires allant du général au spécialisé et réciproquement (cartes géographiques, notices biographiques, textes officiels, informations d’ordre politique, économique, social, culturel, etc.), grande variété d’illustrations suite à la création de banques d’images et de photos, possibilité d'archivage des articles, avec moteur de recherche permettant de les retrouver rapidement, etc.

L’internet est devenu lui-même un médium d’information à part entière. La presse en ligne reste toutefois essentielle, comme le rappelle en juin 1998 Jean-Pierre Cloutier, journaliste et auteur des Chroniques de Cybérie: "Quel que soit le degré de convergence, je crois qu'il y aura toujours place pour l'écrit, et aussi pour les analyses en profondeur sur les grandes questions." Selon lui, la presse en ligne a tout autant besoin des journalistes que la presse écrite, la radio et la télévision. Dans un article de WebdoMag daté de juillet 1998, il explique: "L'esprit de découverte et le goût de l'exploration et du bricolage technique de ceux et celles qui ont été précoces à adopter l'internet (...) ne sont pas partagés par la deuxième vague d'utilisateurs qui constituent maintenant la partie la plus importante de cette 'masse critique'. Et voilà le défi de la presse spécialisée, c'est-à-dire accompagner le grand public dans sa découverte du nouveau médium et dans son appropriation de l'espace cyber, l'aider à analyser, faciliter sa compréhension, ajouter une valeur à l'information brute."

6. LES BIBLIOTHEQUES ET L'AVENTURE INTERNET

[6.1. Sites web et répertoires / 6.2. L’internet dans les bibliothèques / 6.3. Les professionnels de l’information / 6.4. Les catalogues en ligne]

Ce chapitre est consacré aux bibliothèques traditionnelles, caractérisées par des bâtiments en dur, des imprimés alignés sur les rayonnages, des tables et des sièges pour les lecteurs, des jours et heures d’ouverture, et des bibliothécaires en chair et en os renseignant les lecteurs. Les bibliothèques numériques, qui regroupent des textes électroniques disponibles sur le web, seront abordées au chapitre suivant.

6.1. Sites web et répertoires

La première bibliothèque présente sur le web est la Bibliothèque municipale d’Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en février 1994.

= En France

Le site très coloré de la Bibliothèque publique d’information (BPI) est un modèle du genre. Incluse dans le Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, au cœur de l’ancien quartier des Halles, la BPI est la grande bibliothèque parisienne multimédia en libre accès. En travaux pour restructuration après vingt ans de fonctionnement (1977-1997), elle déménage provisoirement en novembre 1997 dans d’autres locaux situés dans le même quartier, en attendant la réouverture des locaux initiaux en l’an 2000. Entre autres services, le site web de la BPI propose l’Oriente-Express, un répertoire d’adresses de bibliothèques et de centres de documentation publics et privés situés à Paris ou en région parisienne, choisis soit parce qu’ils sont ouverts à un large public, soit parce qu’ils font référence dans leur domaine. Tous les organismes sont présentés dans un cadre identique avec description des collections et des domaines couverts, ainsi qu’un lien hypertexte vers leur site web.

Le site bilingue français-anglais de la Bibliothèque nationale de France (BnF) est à la fois solidement ancré dans le passé et résolument ouvert sur l’avenir, comme en témoigne le menu principal de la page d’accueil avec ses neuf rubriques: nouveau (à savoir les nouvelles manifestations culturelles), connaître la BnF, les actualités culturelles, les expositions virtuelles (quatre expositions en septembre 1998: les splendeurs persanes, le roi Charles V et son temps, naissance de la culture française, tous les savoirs du monde), des informations pratiques, l’accès aux catalogues de la BnF, l’information professionnelle (conservation, dépôt légal, produits bibliographiques, etc.), la bibliothèque en réseau (francophonie, coopération nationale, coopération internationale, etc.), et les autres serveurs (bibliothèques nationales, bibliothèques françaises, universités, etc.). Enfin, bien en vue sur la page d’accueil, un logo permet d’accéder à Gallica, sa bibliothèque numérique, sur laquelle on reviendra dans le chapitre suivant.

Les sites web de bibliothèques francophones étant de plus en plus nombreux, plusieurs répertoires sont créés pour en faciliter l’accès: le répertoire des catalogues des bibliothèques francophones de l’ENSSIB (Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques), le répertoire des bibliothèques présentes sur l’internet de l’Association des bibliothécaires français (ABF), le répertoire des sites web de bibliothèques de Biblio On Line, etc. Ces répertoires sont également accessibles par le biais de Sitebib, un site web permettant une gestion partagée des liens entre divers organismes spécialisés. Situé sur le serveur de la Bibliothèque nationale de France (BnF), le Catalogue collectif de France (CCFR) permet de "trouver des informations détaillées sur les bibliothèques françaises, leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou spécifiques), connaître précisément les services qu'elles rendent et interroger leur catalogue en ligne".

= En Europe

Il existe nombre de répertoires nationaux, par exemple Bibliotheken, situé sur le site du Fachbereich Informatik (devenu ensuite: Fargebiet Wissensbasierte System) de la Technische Universität (TU) de Berlin, qui donne la liste des bibliothèques nationales, universitaires et publiques d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse, ou encore BIBSYS,qui est le site des bibliothèques de Norvège. Géré par la bibliothèque de l’Université d’Exeter, Library and Related Resources est le répertoire des bibliothèques, musées et centres de recherche du Royaume-Uni.

Site trilingue (anglais, français, allemand), Gabriel est l’acronyme de: Gateway and Bridge to Europe’s National Libraries. Comme son nom l’indique, il s’agit du serveur des bibliothèques nationales européennes, créé afin d’offrir un point d’accès unique à leurs services et collections. Le choix de ce nom "rappelle également les travaux de Gabriel Naudé, dont l’Advis pour dresser une bibliothèque (Paris, 1627) est le premier travail théorique en Europe sur les bibliothèques et qui constitue ainsi un point de départ sur les bibliothèques de recherche modernes. Le nom Gabriel est aussi employé dans de nombreuses langues européennes et vient de l'Ancien Testament, Gabriel étant l'un des archanges, ou messager céleste. Il est également présent dans le Nouveau Testament et dans le Coran."

Le site propose des liens hypertextes vers les services en ligne des bibliothèques nationales européennes. Il couvre les pays suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, San Marino, Suède, Suisse, Turquie et Vatican. Une rubrique informe des projets communs à plusieurs pays. La recherche sur Gabriel est possible par pays ou par type de services: OPAC (online public access catalogues), bibliographies nationales, catalogues collectifs nationaux, index de périodiques, serveurs web, gophers (systèmes d’information à base de menus textuels à plusieurs niveaux), et liste complète des services en ligne par bibliothèque.

Comment Gabriel voit-il le jour? L’idée d’un site web commun aux bibliothèques nationales européennes naît en 1994 à Oslo (Norvège) lors de la réunion de la Conference of European National Libraries (CENL). En mars 1995, une nouvelle réunion rassemble les représentants de la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas), de la British Library (Royaume-Uni) et de l’Helsinki University Library (Finlande). Après s'être mises d’accord sur un projet pilote, ces trois bibliothèques sont rejointes par trois autres bibliothèques nationales: Die Deusche Bibliothek (Allemagne), la Bibliothèque nationale de France et la Biblioteka Narodowa (Pologne).

Le projet Gabriel est approuvé en septembre 1995 lors de la réunion annuelle de la CENL à Berne (Suisse). Un serveur pilote est lancé sur l’internet par la British Library, qui s’occupe ensuite de sa maintenance éditoriale avec la collaboration des bibliothèques nationales de Finlande et des Pays-Bas. La seconde étape se déroule entre octobre 1995 et septembre 1996. Les bibliothèques nationales n’ayant pas participé à la phase pilote sont invitées à se joindre au projet, ce qui permet son développement rapide. Entre-temps, de nombreuses bibliothèques débutent leur propre site web. Lors de sa réunion à Lisbonne (Portugal) en septembre 1996, la CENL décide le lancement de Gabriel, son site officiel, à compter du 1er janvier 1997. Sa maintenance éditoriale est désormais assurée par la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas).

Quelle est la situation dans les bibliothèques publiques? Internet and the Library Sphere, document de l’Union européenne, évalue à 1.000 environ le nombre de bibliothèques publiques ayant un site web en novembre 1998. Ces bibliothèques sont réparties dans une trentaine de pays. Les pays les plus représentés sont la Finlande (247 bibliothèques), la Suède (132 bibliothèques), le Royaume-Uni (112 bibliothèques), le Danemark (107 bibliothèques), l'Allemagne (102 bibliothèques), les Pays-Bas (72 bibliothèques), la Lituanie (51 bibliothèques), l'Espagne (56 bibliothèques) et la Norvège (45 bibliothèques). La Russie est présente avec 26 bibliothèques. Les pays nouvellement représentés sont la République tchèque (29 bibliothèques) et le Portugal (3 bibliothèques). Les sites sont très hétérogènes. Certains mentionnent seulement l’adresse postale de la bibliothèque et ses heures d’ouverture, tandis que d’autres proposent toute une gamme de services, avec accès direct à leur catalogue en ligne (OPAC).

= Dans le monde

Les deux grandes bibliothèques anglophones présentes sur le web sont la British Library (Royaume-Uni) et la Library of Congress (Etats-Unis). Leurs sites web sont d’autant plus intéressants qu’ils incluent toute une réflexion sur la place de l’internet et des technologies numériques dans la profession. Dans sa section Library and Information Science Resources, la Library of Congress donne une liste des bibliothèques publiques universitaires aux Etats-Unis, avec accès à leurs sites web et à leurs catalogues. Plusieurs rubriques concernent la recherche et la référence, les services techniques, les collections particulières, les bibliothèques numériques, les organisations professionnelles, les écoles en bibliothéconomie et sciences de l’information, les journaux professionnels et les fournisseurs de bibliothèques.

Un outil pratique à l'échelle mondiale est le répertoire Libweb: Library Servers via WWW, tenu à jour par Thomas Dowling au sein de la Digital Berkeley Library, la bibliothèque numérique de l’Université de Berkeley (Californie). Libweb recense la totalité des sites web de bibliothèques dans le monde, soit, à l’automne 1998, 2.500 sites web dans 70 pays. Une centaine de bibliothèques européennes est répertoriée. La mise à jour est quotidienne, tous les jours à minuit heure locale.

6.2. L’internet dans les bibliothèques

"Cyberespace. Une hallucination consensuelle expérimentée quotidiennement par des milliards d’opérateurs réguliers, dans chaque nation, par des enfants à qui on enseigne des concepts mathématiques... Une représentation graphique des données extraites des banques de tous les ordinateurs dans le système humain. Complexité incroyable. Des lignes de lumière alignées dans le non-espace de l’esprit, des agglomérats et des constellations de données. Et qui s’estompent peu à peu, comme les lumières de la ville..." En attendant le cyberespace à l’échelle mondiale décrit par William Gibson dans Neuromancien, roman de science-fiction paru en 1984, nombreux sont les bibliothécaires qui mettent sur pied des cyberespaces entre quatre murs à destination de leurs lecteurs.

= L’internet en milieu rural

Lancé en 1996, le site web de l’ARPALS a pour sous-titre: "Internet et multimédia aux champs, ou comment amener la culture en milieu rural". L’ARPALS (Amicale du regroupement pédagogique Armillac Labretonie Saint-Barthélémy) regroupe les 950 habitants de quatre villages (Armillac, Labretonie, Laperche et Saint-Barthélémy) situés dans le département du Lot-et-Garonne, dans le sud-ouest de la France. Le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) permet aux quatre villages de faire école commune afin d’éviter la fermeture de classes malheureusement fréquente dans le monde rural.

L’association met sur pied d’une part des animations (repas, kermesse, bal masqué), d’autre part une bibliothèque intercommunale de 1.300 livres en partenariat avec la Bibliothèque départementale de prêt (BDP) de Villeneuve-sur-Lot. Le site web présente une sélection de livres avec un résumé pour chacun d’eux. L’association crée aussi une médiathèque ouverte 22 heures par semaine pour un public allant de 3 à 76 ans. Quatre ordinateurs multimédia (complétés par deux imprimantes couleur et un scanner à plat) permettent la consultation de CD-Rom, le libre accès à l’internet et l’utilisation de logiciels bureautiques tels que Works, Dbase for Windows, Corel Draw, Publisher, PhotoPaint, etc.

En juin 1998, Jean-Baptiste Rey, webmestre de l’ARPALS, précise: "Le but de notre site internet est de faire connaître l'existence de la médiathèque intercommunale de St-Barthélémy et ce que nous y faisons. C'est un moyen pour nous de démontrer l'utilité et l'intérêt de ce type de structure et la simplicité de l'usage des nouvelles technologies dans le cadre d'une bibliothèque." C’est aussi un moyen de "pallier la faiblesse de notre fonds documentaire. Internet et le multimédia nous permettent d'offrir beaucoup plus de ressources et d'informations à nos usagers".

= Le cyberespace des Nations unies à Genève

L’internet peut aussi relancer les bibliothèques traditionnelles. C’est le cas de la Bibliothèque de l’Organisation des Nations unies à Genève (ONUG), sise dans l’imposant Palais des nations, entre le Lac Léman et le quartier des organisations internationales. En juillet 1997, à l’initiative de Pierre Pelou, son directeur, la bibliothèque ouvre un cyberespace de 24 postes informatiques en libre accès avec plusieurs dizaines de CD-Rom en réseau et connexion à l’internet. Très rapidement, de l’avis du personnel, "la consultation électronique induit une plus grande consultation imprimée et un renforcement de toutes les formes de recherche". Dépassant les prévisions les plus optimistes, ce cyberespace joue le rôle de catalyseur, amenant un nouveau public, jeune, varié et enthousiaste, à consulter les collections de la bibliothèque et à utiliser ses autres services.

Aménagé au premier étage de la bibliothèque par Antonio Bustamante, architecte au Palais des nations, ce cyberespace est mis gratuitement à la disposition des représentants des missions permanentes, délégués de conférences, fonctionnaires internationaux, chercheurs, étudiants, journalistes, membres des professions libérales, ingénieurs et techniciens, sans sélection par le rang, chose assez rare dans ce milieu. Le premier arrivé est le premier servi. A l’ouverture en 1997, les 24 stations comprennent chacune un ordinateur multimédia, un lecteur de CD-Rom et un casque individuel. Chaque groupe de trois ordinateurs est relié à une imprimante laser. Suite au succès du premier cyberespace, un deuxième cyberespace ouvre en avril 1998, deux étages plus haut, avec six postes informatiques et une vue imprenable sur le lac Léman et la chaîne des Alpes.

Chaque station permet de consulter l’internet, d’avoir accès à sa messagerie électronique et d’utiliser le traitement de texte WordPerfect. Sont disponibles aussi les services suivants: a) le système optique des Nations unies, b) un serveur regroupant une cinquantaine de CD-Rom en réseau, c) la banque de données UNBIS (United Nations Bibliographic Information System), coproduite par les deux bibliothèques des Nations unies à New York et à Genève, d) le catalogue de la Bibliothèque de l’Office des Nations unies à Genève, e) Profound, un ensemble de banques de données économiques et commerciales, f) RERO, le catalogue du Réseau romand des bibliothèques suisses (qui comprend le catalogue de la Bibliothèque des Nations unies de Genève à titre de bibliothèque associée), g) plusieurs CD-Rom multimédia (Encarta 97, L’Etat du monde, Elysée 2, Nuklear, etc.), h) des vidéocassettes multistandards et des DVD présentant des programmes, films et documentaires sur l’action internationale et l’action humanitaire.

= L’Union européenne

L’Union européenne dispose quant à elle d’un Programme des bibliothèques dont l’objectif est double: aider au développement des ressources internet et faciliter les connexions des bibliothèques, ainsi que l’interconnexion des bibliothèques entre elles. Géré par la Commission européenne, le portail I*M Europe (scindé ensuite en plusieurs portails) présente l’actualité du marché européen du multimédia et de l’information électronique. Le site web est en anglais, avec des documents dans les onze langues européennes officielles.

Emanant de CoBRA (Computerised Bibliographic Record Action), forum de l’Union européenne consacré à l’édition électronique, le projet BIBLINK est lancé en avril 1996 pour établir des liens entre les agences bibliographiques nationales et les éditeurs de documents électroniques, afin de contribuer à la création d’un service bibliographique qui fasse autorité. L’objectif est la mise en service d’un système permettant aux éditeurs de documents électroniques de transmettre aux services bibliographiques nationaux des notices de base comportant un nombre minimal d’informations sur ces documents. Ces services bibliographiques seront ensuite autorisés à compléter les notices de base, notamment par le contrôle d’autorités sur les noms propres et l’ajout de mots-clés correspondant aux sujets traités, et à retransmettre ensuite les notices complétées aux éditeurs. (Une fois réalisé, ce projet prend fin en février 2000.)

= Dans le monde

Deux associations professionnelles sont particulièrement actives en Amérique du Nord. L’American Society for Information Science (ASIS) (devenue ensuite l’ASIS&T – American Society for Information Science & Technology) est une association de recherche regroupant 4.000 professionnels de l’information. L’Association for Research Libraries (ARL) est une organisation à but non lucratif regroupant les bibliothèques des institutions de recherche nord-américaines. Elle se veut à la fois un forum pour les échanges d’idées et un agent pour l’action collective, cette action consistant à développer la communication dans le domaine de la recherche.

A la fois sobre et superbe, IFLANET, le site de l’International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA), offre une mine d’informations, y compris pour l’internet et les technologies numériques. Organisme international indépendant, l’IFLA représente les bibliothécaires à l’échelon international et promeut la coopération internationale, la recherche et la formation continue.

Une réflexion particulièrement intéressante est celle menée par l’Internet Public Library (IPL), qui se définit comme la première bibliothèque publique de l’internet sur l’internet. En tant que bibliothèque expérimentale, l’IPL s’efforce de découvrir et promouvoir les projets les plus intéressants relatifs à l’utilisation de l’internet par les bibliothécaires. A cet effet, elle gère une section intitulée IPL Services For Librarians (intégrée plus tard à: Subject Collections), qui explicite les avantages de l’internet dans les bibliothèques, donne de nombreux exemples de réalisations et indique les possibilités de formation professionnelle dans ce domaine.

6.3. Les professionnels de l’information

= L’internet, un outil d’échange

Les avantages de l’internet pour les bibliothécaires? D'après Olivier Bogros, directeur de la Bibliothèque municipale de Lisieux (Normandie), interviewé en juin 1998, l’internet est "un outil formidable d'échange entre professionnels (tout ce qui passe par le courrier électronique, les listes de diffusion et les forums), mais aussi un consommateur de temps très dangereux. (...) C'est pour les bibliothèques la possibilité d'élargir leur public en direction de toute la francophonie. Cela passe par la mise en ligne d'un contenu qui n'est pas seulement la mise en ligne du catalogue, mais aussi et surtout la constitution de véritables bibliothèques virtuelles. Les professionnels des bibliothèques sont les acteurs d'un enjeu important concernant la place de la langue française sur le réseau."

L’internet est en effet un outil de communication sans précédent.

D’abord le courrier électronique. Ceux qui en bénéficient sont enthousiasmés par les avantages qu'il procure. Voici enfin un outil de communication simple et rapide permettant d’être en contact avec les collègues de sa ville, de sa région, de son pays et du monde entier. Plus besoin d’attendre que la ligne de téléphone de son correspondant soit libre. Pas d’enveloppe, pas de timbre, pas de fax engorgé. Le message attend le correspondant dans sa boîte aux lettres électronique, et le correspondant lit et répond à ses messages au moment choisi par lui.

Ensuite les forums de discussion. Ceux-ci permettent de suivre et de participer à des débats, de demander des avis et des conseils. Pour un bibliothécaire ou un documentaliste travaillant seul, c’est un grand bol d’air sur l’extérieur. Pour celui qui est entouré de collègues, le forum de discussion lui permet de fréquenter des personnes venant d’autres horizons.

Enfin les listes de diffusion. Celles-ci permettent de communiquer le même message à de très nombreux inscrits. La plus connue est Biblio-fr, créée en 1993 par Hervé Le Crosnier, professeur à l'Université de Caen (Normandie). Ouvert aux bibliothécaires et documentalistes francophones et à toute personne intéressée par la diffusion électronique de l'information documentaire, Biblio-fr compte 3.329 abonnés le 20 décembre 1998. La liste se veut le regard francophone des documentalistes sur les questions soulevées par le développement de l’internet: diffusion de la connaissance, organisation de collections de documents électroniques, maintenance et archivage de l'écrit électronique. Son but est également d’assurer la présence de la langue française sur un réseau multilingue qui accorde leur place à toutes les cultures.