Le journal d'une pensionnaire en vacances

Chapter 13

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Les faits historiques qui montreraient une victoire ne conviendraient pas aux relations internationales; il serait intolérable que la Prusse nous envoyât Sedan gravé sur ses timbres-poste.

Ici encore, la solution est du côté des choses de Dieu; mais, peut-être préférera-t-on toujours, à cette radieuse vérité, les vieilles ornières de la routine.

D'abord, par respect pour les planches actuelles et la forme des roulettes, on a rendu le format des timbres obligatoire, et il ne se prête guère aux conceptions des artistes.

En définitive, les timbres beaux ou laids, aux jolies figurines, comme aux modèles les plus insignifiants ne coûtent rien, comparativement à ce qu'ils rapportent.

Voici quelques détails sur la fabrication des timbres-poste.

L'impression se fait au moyen de plaques d'acier gravées, dont chacune porte 200 empreintes. On emploie un papier d'un grain particulier.

Deux hommes garnissent les plaques d'encre de couleur et les passent à un troisième qui, aidé par une ouvrière, imprime les feuilles au moyen d'une grande presse à main. Trois de ces petites équipes travaillent constamment et l'on peut faire fonctionner 10 presses si c'est nécessaire.

Quand les feuilles imprimées sont sèches, on les porte dans un autre atelier pour être gommées. La gomme dont on fait usage, s'obtient en délayant dans de l'eau de la poudre de pommes de terre, ou autres végétaux, que l'on a fait sécher. Il faut rejeter la gomme arabique, à cause de son action sur le papier.

On enduit les feuilles une à une en les plaçant sur une tablette et en appliquant la gomme avec une grande brosse. Un châssis métallique sert à préserver les bords de la feuille. Cela fait, on opère un second séchage au moyen d'un courant d'air, et après avoir mis les feuilles de timbres entre des feuilles de carton, on les soumet à l'action de la presse hydraulique. Une ouvrière partage alors les feuilles avec des ciseaux en deux moitiés, contenant chacune cent timbres. L'usage des ciseaux est préférable à celui d'une machine qui pourrait endommager les timbres. Les feuilles passent enfin à la perforatrice, qui entoure chaque timbre d'une ceinture de petits trous très rapprochés, Pour cela, l'ouvrière prend une machine se composant de deux cylindres dont le supérieur est garni de pointes, qui jouent le rôle de poinçon et correspondent à des trous pratiqués dans le cylindre inférieur.

On commence par faire les rangées de trous séparant les timbres dans le sens de la longueur, puis, avec une seconde perforatrice, on fait les rangées transversales.

En dernier lieu, les feuilles achevées sont mises en paquets, étiquetées et emmagasinées. Si un paquet est défectueux, on le brûle immédiatement. Le comptage est répété onze fois pendant la durée des opérations, et avec tant de soin, qu'on a rarement à constater la perte d'une seule feuille.

Les souverains ne sont point indemnes des petites manies du commun des mortels, entre autres, de celle des collections.

Ainsi, l'empereur d'Allemagne collectionne des autographes de grands capitaines. Les rois de Suède et de Roumanie collectionnent également des autographes. Le czar Alexandre III avait l'une des plus belles collections connues de timbres-poste. Le roi de Serbie rassemble aussi des timbres, tandis que le prince de Galles s'était formé un vrai musée de pipes, et sa mère, la reine Victoria, une étonnante collection de dés à coudre. La reine Marguerite d'Italie a des collections de gants et de souliers portés par des souveraines.

Après tout, puisqu'on collectionne des tableaux, des émaux, des ivoires, des cannes, des pipes, de vieux chapeaux, de vieux souliers, des boutons et même de vieux tessons que leur antiquité rend vénérables, pourquoi ne collectionnerait-on pas aussi de vieux timbres-poste?

Modeste et timide d'abord, la philatélie prit naissance vers 1856; mais deux ans après, son extension s'affermissait; collectionner des timbres devenait à la mode, et, dès 1858, les Parisiens, à leur suite nombre de Français, se mirent à réserver les timbres qu'ils recevaient de l'étranger, à les coller sur des livres géographiquement divisés, et ensuite, à en faire l'échange, puis la vente et la revente.

Alors, on ne trouvait point à acheter comme aujourd'hui de _mirifiques_ albums classés, étiquetés, comme on en rencontre partout, on collait de son mieux les timbres recueillis sur des pages blanches qu'on calligraphiait ensuite.

Vint, hélas! la guerre terrible de 70 qui arrêta net, chez nous, l'essor de la philatélie, comme elle arrêta tant de choses. En 1876-77, la collectionnomanie des timbres-poste reparut. Elle a beaucoup prospéré depuis. On fait des échanges, et les jeunes gens, et jeunes filles assaillent de demandes tous les amis des amis de leurs amis, pour que ceux-ci mettent de côté, à leur intention, les timbres qui ornent leur correspondance.

Certains timbres, sont naturellement plus rares les uns que les autres. Ceux-ci sont épuisés, ceux-là n'ont pas été recueillis à temps et ont disparu, il n'en reste que quelques rares exemplaires dans le monde entier. Il advient alors ce qu'il advint jadis des tulipes en Hollande: on les payait à prix d'or. De sorte que s'il y a des timbres qui se vendent entre 5 et 10 centimes à la poignée, il s'en rencontre aussi, dont la valeur atteint, du fait de leur rareté, 500, 1 000, 2.000, 3.000, 10.000 francs!

Les timbres ont leur bourse comme l'or et les billets de banque.

La bourse des timbres se tient au carré Marigny.

On évalue à 12 millions le chiffre des transactions, auxquelles donne lieu annuellement la philatélie. Paris compte pour 2 millions à lui seul.

Deux sociétés de philatélistes existaient d'abord à Paris.

L'une se composait surtout d'amateurs, c'était la _Société Française de Timbrologie_; l'autre était formée de marchands, c'était la _Société Philatélique_. Elles ont fusionné depuis, font très bon ménage et comptent, au moins, cinq cents membres.

En France, les marchands de timbres furent longtemps imposés pour des sommes minimes, comme débitants de _vieux papiers_. Depuis, le fisc a ouvert l'oeil sur leurs florissantes affaires et les a imposés comme marchands de curiosités en boutique. Ceux-ci se sont récriés. Mais le fisc a riposté par un argument irrésistible: chez un marchand de vieux papiers ordinaires, plus le papier est vieux, moins il est cher; chez vous, c'est tout le contraire, son prix augmente à mesure qu'il est plus vieux... Donc vous vendez bien réellement de la curiosité.

Et les marchands de timbres paient à présent un impôt... imposant.

Le timbre-poste est un personnage important, en raison de la place que lui font les collectionneurs, en nombre considérable, même, en ne comprenant que les gens sérieux.

La France compte actuellement 60.000 collectionneurs. C'est le pays du monde civilisé où il y en a le moins. En Allemagne, on évalue à 100.000 le nombre des philatélistes; en Angleterre, ils sont 150.000; en Amérique, plus de 500.000.

Le nombre des timbres rares diffère à l'infini, variant suivant la valeur que leur donnent les collectionneurs, et du désir qu'ils ont de les posséder.

Les timbres les plus rares, les plus chers, sont nécessairement les timbres anciens, qu'on ne retrouve plus: ceux de l'Ile Maurice, d'Hawaï, de Moldo Valachie. Deux timbres de Maurice, le bleu et le rouge au millésime de 1847, ont été payés, marché conclu d'avance, 45.000 francs.

À côté de ces timbres précieux, on trouve acheteurs, au prix de 1000 à 1500 francs, pour ceux de la Réunion, 1852 et 1853. Viennent ensuite parmi les plus rares et les plus précieux de nos timbres français, celui de un franc, orangé, non oblitéré de 1849, qui vaut 250 francs; oblitéré il ne vaut plus que 60 francs. Pourquoi? Un autre timbre, celui de 15 centimes, teinté bistre sur rose par erreur, au lieu d'être teinté bistre sur blanc vaut 75 francs couramment. Les timbres fabriqués en province pendant la guerre et qui furent simplement lithographiés, valent de 75 à 100 francs; ceux de la Guyane anglaise, 1848, sont cotés de 100 et 800 francs, suivant la couleur. Ne sont déjà plus rares, ceux dont le cours varie entre 20 et 100 francs.

Peut-être que le plus rarissime de tous les timbres et le plus cher est celui de la Guyane anglaise de 1856, carmin. On n'en connaît qu'un exemplaire. Il est chez M. Tapling, en Angleterre, et vaut net 40,000 francs[5]. Ce n'est pas moi qui l'achèterai.

L'Ile Maurice a la gloire d'exercer la patience et d'exciter la cupidité des timbrophiles qui recherchent son timbre, émission de 1850, avec _Post-office_ comme légende. Sa valeur courante dépasse 1,500 francs à l'heure actuelle.

Le _Hawaï_ première émission, avec chiffres au lieu de dessins, vaut mille francs s'il est bien conservé.

La magnifique collection de M. Philippe de Ferrary, duc de Galliéra, président respecté à la Société Française des Timbrologues est estimée 2 millions 500.000 fr.

Le duc de Galliéra est donc le premier philatéliste du monde et la Providence des marchands de timbres-poste. Il augmente, et renouvelle incessamment de merveilleuses collections, à la mise en ordre desquelles sont employés deux secrétaires compétents, dont le traitement, le logement, l'entretien lui reviennent à 20,000 francs par an.

Il a environ 15,000 types de timbres dont la valeur varie de 0 fr. 01 à 15.000 francs:

--Et, ajouterait Galino, ils ont tous servi! Que serait-ce s'ils étaient neufs?

Détail typique: s'ils étaient neufs, ils vaudraient beaucoup moins!

La collection Tapling, léguée au Musée Britannique aurait, dit-on, une valeur de plus d'un million.

La collection du roi d'Angleterre, Edouard VII vaut environ 1 million.

Le tsar Nicolas II cherche, à grand prix, la conquête des rares timbres qui manquent à son musée; jusqu'à présent il n'a pu se procurer celui de l'Ile Maurice, tiré en rouge et bleu, dont il n'existe que 200 exemplaires. La collection du tsar de Russie vaudrait environ 750.000 fr.

Les prix payés pour une collection sont parfois surprenants. Certaines sont évaluées de 3 à 400.000 francs.

Un M. Donatis qui collectionnait, avec la même passion, les tableaux de maîtres et les timbres-poste, a vendu cette dernière collection 65000 fr.

MM. Caillebotte ont retiré en Angleterre de leur collection, la somme de 200.000 fr.

Le directeur de la Compagnie d'assurances la «Providence» a vendu la sienne cinquante et quelques mille francs. Celle de M. Arthur de Rothschild est aujourd'hui vendue: elle valait environ 150.000 francs.

Quant à M. Sharpe, un Anglais, il a tout simplement bâti un palais pour loger ses timbres; aussi, l'appelle-t-on le Palais des Timbres. Ces timbres ne sont pas renfermés dans des albums, comme il est d'usage, M. Sharpe, lui, a eu l'idée assez originale, d'en tapisser les murs, les plafonds et les portes de sa maison.

Bien plus, il en a collé sur les différents meubles de son salon: la table du milieu, la bibliothèque, le canapé et toutes les chaises sont recouverts de timbres provenant à peu près de tous les pays du globe. Dans cette pièce, le plafond est orné des portraits de la reine Victoria et du prince de Galles, deux fois grands comme nature, en timbres de diverses couleurs. Là aussi se trouve une reproduction de la tour Eiffel.

Le propriétaire a mis un quart de siècle à recueillir cette collection, aujourd'hui évaluée à 40.000 livres sterling ne comprenant pas moins de 7 millions de timbres, sinon très rares, du moins fort curieux dans leur ensemble.

C'est le cas de parler ici de la robe de bal d'une élégante Américaine (on sait que les Américains ont l'esprit inventif et qu'ils sont passés maîtres en excentricité.) Donc, cette dame s'était fait faire une robe en mousseline toute simple, tout unie, qu'elle a fait ensuite entièrement recouvrir de timbres-poste collés avec art. En graduant les nuances et variant les couleurs, on est arrivé à dessiner des festons, des guirlandes, des arabesques d'un effet tout nouveau et d'une saisissante originalité. Cette robe inédite était un véritable chef-d'oeuvre, qu'on a d'autant plus admiré, qu'elle ne devait plus reparaître et pour cause; valses et polkas, pendant la durée du bal, lui ayant enlevé quelques douzaines de timbres-poste.

Les timbres-poste n'ont qu'à bien se tenir, depuis quelques années, ils ont rencontré sur leur route une rivale redoutable: la carte postale illustrée. J'avoue que cette dernière me paraît mille fois plus séduisante, le timbre-poste ne m'a jamais dit grand chose, mais la carte postale, quelle différence! N'est-ce pas charmant, l'été, à l'ombre des grands arbres, l'hiver, au coin du feu, de pouvoir parcourir, sans fatigue aucune, le monde entier, connaître les admirables beautés de la nature, ses glaciers et ses torrents, ses montagnes altières, ses océans et ses grands lacs, ses bois profonds et ses forêts inextricables peuplés d'oiseaux merveilleux et de fauves rugissants, en un mot tous ses sites enchanteurs. Voir les plus beaux palais, les cathédrales, les mosquées, se rendre compte des plus grandes et des plus belles villes du monde; n'est-ce pas le rêve le plus séduisant auquel l'imagination puisse s'abandonner?

Ce dessin, qu'on reçoit sur la carte fragile, Rappelant un pays, rappelant une ville Pour moi me semble encor augmenter de valeur, Par son mot d'amitié, le souvenir du coeur.

C'est par millions, chaque année, que les cartes illustrées voyagent. Comme on a fait des expositions de timbres, on est arrivé à faire des expositions de cartes postales illustrées provenant du monde entier.

En France, comme ailleurs, les collectionneurs deviennent légions.

En attendant que la jolie carte postale détrône le timbre-poste, ce qui n'arrivera probablement jamais, voici une excellente méthode pour posséder une collection de timbres sans bourse délier. Ce moyen ingénieux nous vient d'un Anglais; toujours pratiques nos voisins.

Ce bon bourgeois de Londres avait promis à son neveu, dans un jour de générosité, de lui donner ce qu'il voudrait pour le récompenser de ses succès scolaires, espérant qu'il lui eut demandé un objet sans grande valeur: une montre d'argent, une épingle de cravate ou une boîte de peinture. Le neveu, plus ambitieux, demanda une collection de timbres et une belle, tant qu'à faire.

L'oncle qui comptait faire un cadeau de quelques schellings, une guinée au plus, fut un moment fort perplexe. Soudain, il répondit, tu l'auras.

Le lendemain il se rendait au bureau du _Times_ et faisait insérer l'annonce suivante: _Mariage_. Une jeune personne âgée de 25 ans, brune, jolie, ayant 800,000 francs de dot et 2 millions à revenir, épouserait un honnête homme, même sans fortune. Les lettres seront reçues, jusqu'à la fin du mois, à l'adresse H-C Million au bureau du journal. Dès le lendemain les lettres commencent à pleuvoir à l'adresse indiquée, on était au 2 du mois, elles continuèrent ainsi pendant 30 jours; il en arriva plus de 25 000 et de toutes les parties du monde.

Voilà comment, pour le prix d'une simple annonce, notre Anglais put réunir une des plus jolies et des plus complètes collections de timbres.

Avis aux amateurs.

QUATRIÈME DEVOIR

NOS RÉCRÉATIONS CET HIVER

Pour nous réchauffer, nous dansons nos rondes, sur de nouvelles chansons empruntées à la troisième classe. Une de nos maîtresses a eu l'ingénieuse idée d'arranger sur des airs connus soit un trait d'histoire, soit une leçon de géographie. C'est vraiment n'est-ce pas, une façon tout à fait commode de s'inoculer la science en chantant et dansant. Voici quelques spécimens de ces chansons... nouveau genre; elles sont loin d'être de la poésie, mais marquent le rythme et font sauter en mesure.

Nous avons un professeur _(bis)_ Toujours de joyeuse humeur, _(bis)_ Il aime beaucoup l'histoire; Pour charmer son auditoire, Il nous traduit ses leçons En de joyeuses chansons.

REFRAIN

_Et les enfants de son temps, Sans travailler sont savants (bis)_

Avec un tel professeur _(bis)_ Tout va donc à la vapeur; _(bis)_ On se lance dans l'espace Sans même quitter sa place, Et du pôle à l'équateur Nous apprenons tout par coeur.

À la classe de français _(bis)_ Il a le plus grand succès, _(bis)_ En expliquant les principes, Et l'accord des participes, Par mille aimables propos Il charme tous nos travaux.

L'arithmétique, à son tour, _(bis)_ A des droits à notre amour; _(bis)_ Le calcul joue un grand rôle, Du méridien jusqu'au pôle, On mesure la longueur Sans faire un trop grand labeur.

Des beaux arts ce professeur _(bis)_ Est un grand admirateur; _(bis)_ Quant à la littérature, Sa mémoire toujours sûre, Lui souffle fort à propos Des sujets toujours nouveaux.

De même l'Anglais nous plaît, _(bis)_ Et chacun le reconnaît; _(bis)_ Dame! il traduit à merveille Shakespeare et le grand Corneille, Et parle si bien français, Qu'il s'étonne d'être Anglais...

Puis, chaque jeudi matin, _(bis)_ Après le cours de dessin, _(bis)_ Il explique la physique Et la machine électrique, Quand il permet d'approcher Toutes brûlent d'y toucher.

* * * * *

LE TOUR DU MONDE

AIR: _Oui le temps, le temps Met les crinolines à la mode:_

REFRAIN.

_Oui le temps, le temps, le temps, C'est le trésor de l'enfance: Employons tous ses instants, Oui, profitons du temps._

1

On nous a dit qu'à la Retraite L'on peut s'instruire en s'amusant, Vraiment, la méthode est parfaite, Chacun peut devenir savant; En dansant une ronde, Nous pouvons parcourir Tous les pays du monde Dans un train de plaisir.

2

L'Europe, l'Asie et l'Afrique Composent l'Ancien Continent, Colomb découvrit l'Amérique, En navigant vers l'Occident; Quant à l'Océanie L'illustre Magellan Fut y perdre la vie; Honneur au dévouement!

3

Commençons donc le tour du monde Comme ce grand navigateur, Voyageons sur terre et sur l'onde, Du pôle jusqu'à l'Equateur: L'Europe la première Doit fixer nos esprits, Par elle la lumière Vient aux autres pays.

4

En Europe, voyez la France Dont la capitale est Paris, Cent fois plus belle que Florence, Elle charme nos yeux ravis; Rome est en Italie, Lisbonne en Portugal, Pétersbourg en Russie, Très loin du mont Oural.

5

Londres se voit en Angleterre, En Irlande, voyez Dublin; Munich, Augsbourg sont en Bavière; En Prusse, visitez Berlin; Stockholm est en Norvège, Copenhague aux Danois; Dans ce pays de neige, L'hiver a bien six mois.

6

En Belgique voyez Bruxelles Et les chefs-d'oeuvre des Flamands; Admirez ses belles dentelles Et ses superbes monuments. Si vous aimez l'Histoire, En Grèce il faut courir: Athènes de sa gloire Garde le souvenir.

7

Madrid, la reine des Espagnes, Nous offre ses riches palais; Si vous préférez les montagnes: Voyez la Suisse et ses chalets, Le beau lac de Genève Nous arrête un instant; Un doux zéphir se lève, Nous voguons en chantant.

8

Constantinople nous rappelle Le Turc esclave des Sultans; Vienne, en Autriche, nous appelle; Consacrons-lui quelques instants. La fidèle Hongrie Réclame enfin son tour, Avec la Roumanie, Ce royaume d'un jour.

COURS DES FLEUVES

LA SEINE

AIR: _Un jour maître Corbeau:_

1

La Seine comme on sait naît dans la Côte-d'Or, À Chatillon ce fleuve est bien petit encor, Il arrose en passant Bar, Troyes, Nogent, Méry, Melun, Corbeil, Paris, Mantes et les Andelys.

REFRAIN

_Sur l'air du Tra, la la la (bis) Sur l'air du tra, deri, dera tra la la._

2

Il passe par Elboeuf, puis il arrose Rouen, Ensuite Caudebec, dans un pays charmant, Le Havre sur la droite un port très commerçant; À Honfleur il se perd dans la Manche en courant.

3

L'Aube, la Marne, l'Oise, sont les affluents De la Seine et vraiment ils sont très importants; À gauche, voyez l'Eure et si vous remontez, Le Loing et puis l'Yonne vous rencontrerez.

LE RHONE

MEME AIR

1

Le Rhône prend sa source, en Suisse au mont Furca, Genève en son beau lac, bientôt le recevra, Il arrose Seyssel, Lyon, Vienne, puis Tournon, Valence, puis Viviers et la ville du Pont.

(_Sur l'air du Tra_)

2

Le Rhône baigne aussi la ville d'Avignon, Puis il voit sur ses bords Beaucaire et Tarascon, Arles lui dit adieu, car il finit son cours, Et le golfe du Lion l'engloutit pour toujours.

3

Le Rhône, dans sa course, a plus d'un affluent; La Saône à mon avis est le plus important. L'Ain, l'Ardèche, le Gard, l'Arve, l'Isère aussi, La Drôme et la Durance et nous aurons tout dit.

La Loire et la Garonne ont aussi leur chanson maintenant passons à un spécimen d'histoire.

GUERRE DE CENT ANS

1

Je vais vous conter l'histoire De la guerre de Cent ans: Sous nos drapeaux la victoire Était bien rare en ce temps; Sur l'Anglais nos chevaliers L'emportaient par la vaillance, Mais ils manquaient de prudence, Tous ces valeureux guerriers.

2

La cause de cette guerre, Fut qu'un vassal trop puissant Avait conquis l'Angleterre, Pour nous c'était menaçant, Ce redoutable voisin, Oui, ce terrible Guillaume, Non content de son royaume, Voulait encore le Vexin.

3

Léonore de Guyenne Mécontenta son époux, Qui renvoya la vilaine, Dans son trop juste courroux; Avec elle, elle emporta Son beau duché d'Aquitaine, La Gascogne et la Guyenne; Et Louis VII le regretta.

4

Léonore épouse ensuite Un Plantagenet d'Anjou, Qui devint roi par la suite, Et lui porte le Poitou; Lui qui possédait déjà Tout le beau pays du Maine, Avec la riche Touraine. Quel vassal nous aurons là!

5

Sur la couronne de France L'Anglais croit avoir des droits: Bientôt la guerre commence Sous le premier des Valois. À l'Écluse, il est battu, À Crécy, désastre immense, À Calais pas plus de chance, À Poitiers tout est perdu.

6

Ce temps ne fut pas sans gloire, Car dans le pays Breton, Beaumanoir eut la victoire Sur trente Anglais de renom. Ah! ce combat glorieux, Dans les malheurs de la France, Fut un signe d'espérance; Honneur à ces trente preux.

7

Jean II malgré sa bravoure, Dut se rendre au Prince Noir. Mais de respect il l'entoure, Le félicitant d'avoir Si vaillamment combattu, Dans la terrible mêlée. Honneur, en cette journée, Au vainqueur, comme au vaincu.

8

L'Anglais fort de nos défaites Envahit notre pays, Avec tambours et trompettes Il vient menacer Paris; Mais il en fut pour ses frais, Car le sage roi de France Lui fit forte résistance, Sans sortir de son palais.

9

Alors un grand capitaine, Aussi brave que malin, Bientôt nous tire de peine: C'est l'illustre Duguesclin. Il fait reculer l'Anglais, Et punit son insolence Trois ports lui restent en France, Bordeaux, Bayonne et Calais.

10

Hélas! il meurt dans sa gloire, En assiégeant un château, Mais avec lui la victoire Semble descendre au tombeau: Les Anglais vont de nouveau Souiller le sol de la France, Charles six est en démence, Et la Reine est Isabeau!

11

Après un affreux désastre, Par un indigne traité, On voit Henri de Lancastre Roi de France proclamé; Mais le Ciel vient au secours Du jeune Dauphin de France: Jeanne d'Arc enfin s'avance Et l'Anglais fuit pour toujours.

12

Qu'il est beau de voir en guerre, Cette humble fille des champs, Entrer avec sa bannière, Dans la cité d'Orléans; À Patay, l'on voit plier Talbot, l'Anglais intrépide; Et la bergère timide, Fait le guerrier prisonnier.

13

Mais la perfide Angleterre, À Compiègne, peut saisir Notre héroïque bergère, Et la condamne à périr. Ah! devant un tel malheur, Faut-il que le roi de France Ait gardé lâche silence! Était-ce d'un noble coeur?

14

Enfin s'achève la guerre, Par deux combats glorieux. Nous lançons sur l'Angleterre Cent autres guerriers fameux; Le combat de Formigny, Grâce à notre artillerie, Nous rendit la Normandie, Et fit oublier Crécy.

15

De Castillon la victoire Rend la Guyenne aux Français, C'est là que tombe avec gloire Le célèbre Achille Anglais, Enfin nous avons la paix. Après cette affreuse guerre, Il ne reste à l'Angleterre Que la ville de Calais.

CINQUIÈME DEVOIR

UNE LETTRE DE NOUVEL AN

Le 30 décembre au matin, une charmante personne venait d'entrer dans un compartiment de seconde classe; c'était Mademoiselle La Lettre.