Le gibet de Montfaucon (étude sur le vieux Paris)
Part 6
[24] SAUVAL: «A Colin Feucher, tourmenteur-juré audit Chastelet, qu’il paya comptant le premier jour de septembre 1438, pour un grand sac de treillis où fut mis le corps mort de feu le Mᵉ des Ponts de Paris, cedit jour exécuté pour ses démérites ès Halles de Paris, cinq sols parisis.» Et plus loin: «Le troisième jour de décembre ensuivant, pour une braye neuve baillée à Robinet l’Ermite, de la garnison de Compiègne, cedit jour exécuté ès dites Halles, qui n’en avoit point, deux sols parisis.» (T. III, p. 337.)--Du reste, nous n’avons pas à fournir ici les preuves de ce que nous avançons: elles se retrouvent çà et là dans le courant de notre ouvrage.
[25] Jean Riolan, dans l’épître dédicatoire de ses _Opuscules anatomiques_, dit que l’hôpital d’Imbert de Lions fut dans la suite chargé de faire cette charité aux criminels.--SAUVAL, t. III, p. 587: «Ce repas ressemble fort au petit repas que les dames juives faisoient faire aux personnes condamnées à la mort, et au vin de myrrhe qu’ils présentèrent à Jésus-Christ attaché en Croix, et qui a donné si fort dans la tête des le Fèvres, des Baronius et des Casaubons». V. aussi t. I, p. 482 et 574.
[26] FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. II, p. 717.--MÉZERAY, _Abrégé chronologique_, t. III, p. 150.--SAUVAL, t. II, p. 349.
[27] SAUVAL, t. III, p. 362, 476, 509, etc.
[28] Rien n’est moins certain que la culpabilité de de Brosse, et son orgueil fut peut-être son plus grand crime. «Voilà comme vescut et se comporta, dit un de ses panégyristes, celluy qui, pour sa grande puissance et authorité près du roi Philippe, est comparé par un historien du temps _au cèdre de Liban eslevé au dessus des autres arbres_. Mais il s’esmeut enfin un tourbillon de vent qui le porta par terre, l’an 1277, sans qu’on ayt sceu au vray d’où en provint la cause, sinon de l’ennui qu’aucuns conçurent contre luy, ce qui causa parmi le peuple grand estonnement et murmure.»
Et plus loin: «Nulz ne se doit fier en sa grant haultesse ne en son grant estat, car la roe de fortune, qui ne se tient en un estat, l’ara tost devalé et mis bas.»
«Contre la volonté le roy Fu-il pendu; il fut deffet Plus par envie que par fet.»
[29] Dans _La Complainte et le Jeu de Pierre de la Broce_, nous trouvons une pièce intitulée DE PIERRE DE LA BROCHE, QUI DISPUTE A FORTUNE PAR DEVANT RESON, dont nous extrayons les trois dernières strophes:
_Ci rent reson sentence._
Ainsi, Pierres, à tort te plains, Et je croi bien qu’ele dit voir De tes mauvaistiez es atains, Ce puet chascuns moult bien véoir, Et par jugement est contrains A ceste paine recevoir: Li anemis ne s’est pas frains Qui te tenoit en son pooir.
Li baras son seigneur conchie: Jà si ne le saura tarder; Et cil qui sert de tricherie Celui que il devroit garder, Je di, par la virge Marie, Qu’il seroit dignes de l’arder, Por ce t’est la peine ajugie Que tu recevras sanz tarder.
Droiz te condamne par droiture Et je te conferm la sentence, Mès sachiez que ce n’est cointure De terrienne pénitance; Mès la mort vient diverse et dure Là où Diex vendra sans doutance: Qui mal fet, ce dist l’escripture Mal trovera: c’est une créance.
[30] P. G. DANIEL, _Histoire de France_ (édit, du P. Griffet, 1761, 17 vol. in-4), t. IV, p. 651.--G. DE NANGIS, _Chronique latine_, publiée par H. Géraud (1843, 2 vol. in-8), t. I, p. 249.--MÉZERAY, _Histoire de France_ (1643, 3 vol. in-fol.), t. I, p. 658 et 675.--_Les Grandes Chroniques de Saint-Denys_ (Collection Michaud et Poujoulat), t. II, p. 163.--_La Complainte et le Jeu de Pierre de la Broce, chambellan de Philippe le Hardi_, publ. par A. Jubinal d’après un manuscrit, 1835, in-8.
[31] _Jacobus dictus_ de Lor, dit de Nangis.--Vu la profession de cet homme, ce nom pourrait bien être un surnom.
[32] Il y eut longtemps à droite, dans une petite cour, à l’entrée de la Conciergerie de Paris, une statue sans piédestal et appuyée contre le mur. On la regardait comme étant celle de Marigny, transportée là lors de sa disgrâce.
[33] Cet acte, qui existe en original, a été publié par M. Lacabane, _Bibliothèque de l’Ecole des Chartes_, t. III, 1ʳᵉ liv., p. 14.
[34] P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. V, p. 213. G. DE NANGIS, _Chronique latine_, t. I, p. 415.--MÉZERAY, _Histoire de France_, t. I, p. 721.--BELLEFOREST, _Histoire des Neuf Charles_ (1568, 1 vol. in-fol.), p. 138.--SAUVAL, t. II, p. 587.--SAINT-FOIX, _Essais historiques sur Paris_ (1776, 5ᵉ édit., 7 vol. in-12), t. I, p. 314.--LA CROIX DU MAINE ET DU VERDIER, _Les Bibliothèques françoises_ (1772, 6 vol. in-4, édit. de Rigoley de Juvigny), t. I, p. 175.
[35] MÉZERAY, _Abrégé chronologique_, t. II, p. 836.--FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p. 542.--CORROZET (G.), _Les Antiquitez, histoires et singularitez de Paris, ville capitale du royaume de France_ (1550, 1 vol. in 8), p. 106.
[36] MÉZERAY, _Histoire de France_, t. I, 737.--ID., _Abrégé chronologique_, t. II, p. 839.
[37] CORROZET dit: _sa mère_, folio 119.--«Cette alliance, que ne mentionnent pas du reste les historiens de Jean XXII, est niée par D. Vaissète. Suivant cet historien, Jourdain de l’Isle, seigneur de Casaubon, aurait épousé Catherine de Grailli»--_Histoire de Languedoc_, t. IV, p. 191.--DE NANGIS, t. II, p. 46, _note_ 1.
[38] Dignité écclésiastique.
[39] SAUVAL, t. II, p. 612.--FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p. 564.--MÉZERAY, _Histoire de France_, t. I, p. 759.--G. DE NANGIS, _Chronique latine_, t. II, p. 85.
[40] FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p. 565.
[41] FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p. 565.
[42] G. DE NANGIS, _Chronique latine_, t. II, p. 153.--CORROZET (G.), p. 109.
[43] GERMAIN BRICE, _Description de Paris_ (1752, 4 vol. in-12), t. II, p. 59.--FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p. 480.
[44] «La dame Carrouges estant venue à l’espectacle du combat dans un chariot, le roy l’en fit descendre, l’en jugeant indigne, puisqu’elle estoit criminelle (grande pitié pourtant!) jusqu’à la preuve de son innocence, et la fit master sur un eschaffaut, attendant la miséricorde de Dieu et la faveur des armes.»
[45] «A l’égard de ces lieux-là, quelquefois c’étoit devant le Louvre, ou bien devant l’Hôtel-de-Ville; d’autrefois à la rue Saint-Antoine, ou derrière le Prieuré de Saint-Martin, ou enfin au delà de Saint-Germain des Prés.--Et de fait. Le Gris et Quarrouges se battirent dans celui où la Trémoille et Courtenay s’étoient déjà batus»--Aujourd’hui le Conservatoire des Arts-et-Métiers. (DE LA VILLE-GILLE.)
[46] L’Eglise permettait que ceux qui devaient se battre en combat singulier fissent dire des messes, et la _Missa pro duello_ se trouve dans les anciens missels.--Il est probable que cela lui rapportait quelque chose. Avant de se battre, Legris avait fait prier Dieu,--et ce lui fut vraiment utile!--dans tous les monastères de Paris; et Carrouges, après le combat, encore tout couvert du sang de Legris «fit une offrande à Notre-Dame, pour user des termes de Froissard, qui signifient peut-être: offrir à la Vierge les armes de celui qu’il venoit de tuer.»
[47] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, 1614, t. II, p. 371 (59).--LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, liv. VI, p. 130.--P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. VI, p. 575.--SAUVAL, t. II, p. 579 et suiv.--BRANTOME (_Panthéon littéraire_), t. I, p. 704.
[48] SAUVAL, t. III, p. 258, _Comptes de la prévosté de Paris du terme de l’Ascension 1399_.
[49] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 187.
[50] MONSTRELET, _Chroniques_ (1595, 3 vol. pet. in-fol.), t. I, p. 14.--CORROZET, _Les Antiquitez de Paris_, p. 127.
[51] LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv. 31, p. 752.--Selon SAUVAL (t. II, p. 611), ils auraient aussi été jetés à l’eau à la Grève, vers le Port au Foin.--BELLEFOREST, _Histoire des neuf Roys Charles de France_, p. 210.
[52] LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv. 33, p. 899.
[53] LABARRE, _Mémoire pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_ (1 vol. in-4, 1729), p. 104.
[54] LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, p. 114 et 117.
[55] LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, p. 129 et 137.
[56] SAUVAL, t. III, p. 339-357.--(_Les Chroniques_ de Louys de Valois depuis 1460 jusqu’à 1483), autrement dites _La Chronique scandaleuse_, p. 3.--_Mémoires_ de Messire Philippe de Comines (édit. de Lenglet du Fresnoy, 4 vol. in-4, 1747), t. II, p. 1-172.
[57] _La Chronique scandaleuse_, p. 21.--La Révolution de 89 nous a heureusement délivrés de ce cortége sinistre hurlant au suicide; alors ont disparu claies et bourreaux, dont le XVIIIᵉ siècle faisait encore ses délices. Nous lisons dans le journal de Barbier qu’un ancien procureur du bureau des trésoriers de France, nommé Elie-Pierre Barreau de Varrabe, surpris au moment où il commettait un vol vis-à-vis Saint-Merri, se réfugia dans l’église, et là, se voyant près d’être arrêté, se mit à genoux dans un confessionnal et se donna plusieurs coups de couteau. Emmené mourant au Châtelet, il y expira trois jours après. Or, par sentence du lieutenant-criminel en date du 8 février 1729, etc., etc., ce malheureux fut «dûment atteint et convaincu de s’être volontairement homicidé lui-même; pour réparation de quoi son cadavre, mis et traîné sur une claie, la face tournée contre terre, attaché par les pieds au derrière d’une charrette, de la basse geôle des prisons du Grand-Châtelet, en la place de Grève, et audit lieu y être pendu par les pieds, par l’exécuteur de la haute justice, à une potence qui pour cet effet y sera plantée; son corps y demeurera vingt-quatre heures, et ensuite jeté à la voirie comme indigne de la sépulture. Tous ses biens acquis et confisqués, etc.»--BARBIER, _Chronique de la régence et du règne de Louis XV_, 1718-1763 (édit. Charpentier, 8 vol. in-12), t. II, p. 63.--Nous pouvons renvoyer le lecteur curieux à l’intéressant ouvrage du Dʳ LISLE, _Du Suicide: statistique, médecine, histoire et législation_ (1855, 1 vol. in-8), dans lequel se trouve un chapitre consacré à l’histoire du suicide chez les différents peuples. Inutile de dire que nous sommes bien loin, à propos des moyens à employer pour arrêter le suicide, d’être de l’avis de ce médecin, qui croit beaucoup trop à l’efficacité de la claie et de la confiscation.
[58] FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. II, p. 852.--_La Chronique scandaleuse_, p. 29.
[59] _La Chronique scandaleuse_, p. 3 et 56.
[60] _La Chronique scandaleuse_, p. 60.
[61] Semaine sainte.
[62] _La Chronique scandaleuse_, p. 79.
[63] Dans le _Petit Testament de maistre François Villon_, on parle d’un René de Montigny,
Item, je laisse à ce noble homme, René de Montigny, troys chiens,
qui n’a peut-être rien de commun avec le Montigny dont il est question dans la deuxième ballade du _Jargon_.--Quant à Colin de Cayeux, nous le retrouvons dans la _Belle Leçon de Villon aux enfants perduz_.
* * * * *
Se vous allez à Montpippeau Ou à Ruel, gardez la peau; Car pour s’esbattre en ces deux lieux, Cuydant que vaulsist le rappeau, La perdit Colin de Cayeulx.
[64] TH. GAUTIER, _Les Grotesques_, 1856, 1 vol. in-18.
[65] _Œuvres complètes de François Villon._
[66] _La Chronique scandaleuse_, p. 114.
[67] _Idem_, p. 154.
[68] Voir l’exécution du connétable de Saint-Pol.
[69] _Être en franchise_, _se mettre en franchise_, signifiait se réfugier dans ces lieux qui autrefois jouissaient du _droit d’asile_ et servaient de refuge aux criminels. Si la moitié de Rome servait d’asile à tous les crimes, bien des endroits de notre bonne ville de Paris possédaient ce singulier privilége. Ainsi: _Notre-Dame_, où se réfugia Frédégonde, trouvant là un abri contre les poursuites de Gontran, roi d’Orléans, et de Childebert, roi de Metz, qui la demandèrent en vain à l’évêque Raimond pour en faire justice.--_Saint-Jacques-la-Boucherie_: En 1358, Pierre Macé, garçon changeur, assassina, rue Neuve-Saint-Merry, Jean Baillet, trésorier des finances, puis se réfugia dans l’église Saint-Jacques-la-Boucherie; Charles V ordonna alors à Robert de Clermont, comte de Normandie, d’aller le prendre et de le faire pendre, ce qui fut exécuté. L’évêque de Paris, Jean de Meulan, cria à l’impiété, fit enlever le corps du gibet, et lui fit faire dans cette même église de Saint-Jacques-la-Boucherie de fort belles funérailles:--c’était, on en conviendra, peut-être trop d’honneur pour un pendu. Mais ce qu’il y a de honteux, c’est que, peu de jours après, Robert de Clermont ayant été tué dans une sédition, Jean de Meulan défendit de l’enterrer parmi les fidèles.--_L’Hôtel-Dieu_: En 1365, Guillaume Charpentier assassina sa femme; des sergents l’ayant arraché de l’Hôtel-Dieu, où il s’était retiré, il porta plainte, et le Parlement, après avoir condamné les sergents à l’amende, le fit rétablir dans son asile.--_Le Monastère des Grands-Augustins_: Au coin de la rue Pavée et à l’angle formé par l’église des Augustins, on voyait un bas-relief gothique représentant _une satisfaction_ donnée en 1440 aux Grands-Augustins, par des huissiers qui avaient osé arrêter dans leur cloître même un religieux convaincu de crimes scandaleux.--Mais arrêtons-nous, et citons, pour compléter un peu cette note, _l’Abbaye de Saint-Antoine_, _l’église Saint-Merry_, _les Carmes de la place Maubert_, et _le Temple_, qui servait d’asile aux duellistes et surtout aux débiteurs insolvables: ce fut longtemps encore,--jusqu’à la Révolution,--le seul endroit de Paris où les personnes poursuivies pour dettes n’avaient rien à craindre des huissiers.
[70] HENRY COUSIN. V. la p. 48.
[71] _La Chronique scandaleuse_, p. 145.
[72] _Procès et condamnation d’Olivier le Dain: Extraits des registres criminels du Parlement de Paris._--_Revue rétrospective_, t. X, p. 419-428.--P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. VIII, p. 11.--Extrait d’un Mémoire publié pour la première fois, et qui existe manuscrit de la _Bibliothèque impériale_, fond Saint-Germain, nº 209. (Collection CIMBER et DANJOU, 1ʳᵉ série, t. I, p. 92 et 172.)--SAUVAL, t. II, p. 588.--MOLINET, _Faicts et Dictz_, p. 228.
[73] SAUVAL, t. III, p. 450.
[74] _Journal d’un Bourgeois de Paris sous le régne de François Iᵉʳ_, publ. par L. Lalanne, p. 122.
[75] _Id._, p. 293.
[76] Les historiens ne sont pas d’accord sur cette date, l’Estoile dit même 9 août 1524.
[77] «Il fut conduit au gibet de Montfaucon à une heure après midi, et il chicana sa vie jusqu’à sept heures du soir, dans l’espérance que le Roy lui envoyeroit sa grâce.»
[78] GIRAULT DE SAINT-FARGEAU, _Les quarante-huit Quartiers de Paris_, 3ᵉ édit.: «Le surintendant des finances Semblançay, condamné à mort et pendu le 12 août 1524», p. 262; et immédiatement après, même page: «Jacques de Beaune, surintendant des finances sous François Iᵉʳ, pendu à Montfaucon le 14 août 1527.»--Inutile d’appuyer davantage sur une pareille erreur.
[79] On verra plus loin que René Gentil ne joua aucun rôle dans cette affaire.
[80] On connaît l’épigramme de Marot:
Lorsque Maillart, juge d’enfer, menoit A Montfaucon Samblançay l’âme rendre, A vostre advis, lequel des deux tenoit Meilleur maintien? Pour vous le faire entendre, Maillart sembloit homme que mort va prendre; Et Samblançay fut si ferme vieillart Que l’on cuydoit pour vray qu’il menast pendre A Montfaucon le lieutenant Maillart.
[81] «En 1520, il y eut un cappitaine de lansquenets, de gens de bien, qui eust la teste tranchée, parce qu’il cuyda tuer Monsieur de la Chesnaye, secretayre du Roy, et lui cuyda avaller le col; mais il lui couppa la main qu’il mit au devant et lui avalla l’épaule; parquoy il en fut décapité, et le prenoit pour un aultre, assçavoir Monsieur de Sainct-Blançay, maistre Jacques de Beaulne.» (_Journal d’un bourgeois de Paris_, p. 85.)
Si, sept ans plus tard, en montant à l’échelle, Samblançay s’est rappelé cette erreur, quel sourire amer ce souvenir n’a-t-il pas dû amener sur les lèvres décolorées du vieillard!
AMELOT DE LA HOUSSAIE, _Mémoires historiques, politiques, critiques et littéraires_, t. I, p. 387.--P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. IX, p. 151.--P. DE L’ESTOILE, _Journal_, t. I, p. 49.--VARILLAS, _Histoire de François Iᵉʳ_ (2 vol. in-4, 1685), t. I, p. 245.
[82] P. DE L’ESTOILE, _Journal_, t. I, p. 51.
[83] Jean de Bourdigné, dans sa _Chronique d’Anjou_, et Jean Bouchet, dans ses _Annales d’Aquitaine_, disent tous deux que Samblançay fut trahi par un de ses serviteurs nommé Prevost ou Prevot.
[84] DREUX DU RADIER, _Récréations historiques, critiques, morales et d’érudition_, t. II, p. 225.--P. DE L’ESTOILE, _Journal_, t. I, p. 51.--AMELOT DE LA HOUSSAIE, _Mémoires historiques, politiques, critiques et littéraires_, t. I, p. 387.--MALINGRE, _Annales de Paris_.
[85] CORROZET, folio 185.
[86] A cette seconde exposition, qui eut lieu le 27 octobre 1572, c’est-à-dire deux mois après la Saint-Barthélemy, on pendit en Grève, comme complices de Coligny, Briquemaut, vieux soldat protestant, et Cavagnes, maître des requêtes.
Cavagne et Briquemaut, signalés du cordeau,
comme dit d’Aubigné en ses _Tragiques_, et qui dans son _Histoire universelle_ décrit ainsi leur supplice: Au passage de l’arrêt qui dégradait de noblesse ses enfants, les déclarant infâmes et roturiers, le vieux Briquemaut «s’escria et voulut promettre des services particuliers au Roi pour allonger sa vie; Cavagnes (qui se fortifioit par sentences des Psaumes) releva Bricmaut en la gloire de ses actions, et, l’aïant rendu honteux de sa peur, les deux furent trainez sur des clies, et le peuple les poursuivit et couvrit de fanges et d’oprobres. Si tost qu’ils eurent esté pendus (sans avoir égard à leurs qualitez), on leur osta premièrement leurs chemises et parties honteuses, pour les faire en tout compagnons de l’amiral, de qui lors fut présentée et exécutée l’éfigie de paille, sans y oublier un cure-dent en la bouche. Le Roi, qui voullut voir ce plaisir des fenestres de la maison de ville, contraignit le Roi de Navarre di estre présent.»
«Comme il faisoit nuit à l’heure de l’exécution, dit Brantôme, le roi fit allumer des flambeaux et les fit tenir près de la potence, pour mieux voir mourir les condamnés et contempler mieux leurs visages et contenances.»
P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. X, p. 500 et 605.--LA PONNERAYE, _Histoire de l’amiral Coligny_ (1830, 1 vol. in-8), p. 255.--P. DE L’ESTOILE, _Journal_, t. I, p. 77.--D’AUBIGNÉ, _Histoire universelle_ (1620, 3 vol. in-fol.), t. II, liv. 1ᵉʳ, p. 32.--_Les Tragiques_ (1 vol. in-12, 1857 [collection elzevirienne]), p. 154.--SAUVAL, t. II, p. 589.--BRANTOME, _Histoire des Hommes illustres_.
[87] P. DE L’ESTOILE, t. 1, p. 282.
[88] P. DE L’ESTOILE, p. 308.
[89] _Le Mercure François_, t. I, p. 277-288.--_Variétés historiques_, etc. (collection elzevirienne), t. II, p. 75-119: _Histoire des insignes faulsetez et suppositions de Francesco Fava, médecin italien, extraicte du procez qui luy a esté faict par Monsieur le grand Prevost de la connestablie de France_.
M. Edouard Fournier, chargé par M. Jannet de réunir les différentes pièces qui forment la collection des _Variétés historiques_, met en note à propos de celle-ci: «Dans _l’Esprit du Mercure_, publié par Merle en 1810, in-8, se trouve aussi, t. I, p. 7-24, sous ce titre: (1608) _Cause célèbre_, un exposé très-détaillé de cette curieuse affaire, emprunté sans doute à un numéro de l’ancien _Mercure_, que nous n’avons toutefois pas pu retrouver.»
Nous venons de l’indiquer, c’est dans le t. I, p. 277-288.
[90] _Le Mercure françois_ (publ. par Richer), t. II, p. 131.--«Il y a quelques jours que, sous couleur de rencontre fortuite, il se fit un combat sur le Pont-Neuf; le tué, qui est un d’Arquy, gentilhomme de M. d’Aiguillon, a été depuis deux jours promené dans un tombereau par plusieurs endroits de la ville, et puis traîné à la voirie; le tueur, qui est un Baronville, fils de Montescot, s’est sauvé en Angleterre, par la recommandation, à ce que l’on dit, de M. le prince de Joinville. Il fera bien de s’y tenir, et, par le traitement que l’on a fait au mort, il jugera ce que l’on feroit au vivant s’il tomboit entre les mains de la justice.» (_Lettres de Malherbe à Peiresc_, p. 211.)
[91] _Le Livre des fais et bonnes meurs du sage Roy Charles V_, par Christine de Pisan, 3ᵉ part., ch. LII (Collect. Michaud et Poujoulat), t. II, p. 121.--FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. II, p. 682.
[92] SAUVAL, t. II, p. 595 et 608; t. III, p. 258: «A Robin de Bras et maistre Jean Germe, pour deux tombereaux, attelés chacun de deux chevaux, par eux baillés et livrés, pour faire et accomplir la justice faite à Paris des personnes de frère Pierre Tosant et frère Lancelot Martin, à leurs vivans religieux Augustins, lesquels furent exécutés à Paris pour leurs démérites: esquels deux tombereaux furent menés en plusieurs lieux et carrefours notables de Paris.--A Guillemin de Creux et Guillemin Porret, _clercs_, pour leurs peines et salaires d’avoir écrit et doublé en parchemin, par l’ordonnance des gens du Conseil du Roi, le procès criminel de feu Pierre Tosant et Lancelot Martin, etc.»
[93] Il était fils de Montaigu (ou Montagu), chevalier et chambellan du roi, et de Biette de Cassinel, de la maison de Lucques;--ce qui répond à l’anonyme de Saint-Denis prétendant qu’il était de _condition médiocre_.
[94] «On lui vestit (dit Juvénal des Ursins, p. 248) une robe my partie de blanc et de rouge, qui estoit comme on disoit sa devise.»
[95] «Et après fut porté le corps au gibet de Paris, et pendu au plus hault, en chemise, à toutes ses chausses et esperons dorez.» (LABARRE, 1ʳᵉ partie, p. 2.)
[96] «Le mardi 17ᵉ jour de septembre (1412), jour de saint Cosme et saint Damien, fut despendu, par nuyt, du gibet de Paris, Jean de Montaigu.» (LABARRE, p. 12.)--«Le vingt-huitième jour de septembre l’on alla de la part du Roy et du Duc de Guyenne, avec un grant Convoy de torches, dépendre le tronc du corps de messire Jean de Montagu, etc.» (LE LABOUREUR, t. II, p. 842.)
[97] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 248 et 309.--MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 92.--LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, p. 712 et 842.--ID., _Les Tombeaux des personnes illustres_, p. 280.--LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, p. 2, 1ʳᵉ partie.--J. DU BREUL, _Le Théâtre des Antiquitez de Paris_, liv. 4, p. 1282.
[98] LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, 2ᵉ part., p. 129.
[99] LE LABOUREUR répète aussi ce fait: «Cette mort fut fort sensible à grand nombre de personnes de condition, qui en parlèrent assez librement, et, pour mieux prouver qu’il y avoit plus de cruauté que de justice, ils ne manquèrent pas de faire remarquer que l’Exécuteur mesme, et que plusieurs de ceux qui l’avoient condamné ou sollicité contre luy, estoient péris en plusieurs manières dans la quinzaine d’un si injuste supplice.»
[100] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 299.--LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, p. 7.--P. DE FÉNIN, _Mémoires_, p. 23.--LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv. 31, p. 806.--MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 140.
[101] LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, p. 7.--MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 137.--LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv. 31, p. 798.
[102] MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 157.