Le Feminisme Francais I L Emancipation Individuelle Et Sociale

Chapter 35

Chapter 353,373 wordsPublic domain

Et ce n'est pas faire injure aux femmes que de se défier de leurs jugements sur les personnes et les choses qu'elles aiment ou qu'elles détestent. Les plus distinguées conviennent, en cela, de leurs faiblesses. Témoin cet aveu de Mme de Rémusat: «Douées d'une intelligence vive, nous entendons sur-le-champ, devinons mieux et voyons souvent aussi bien que les hommes. Mais trop facilement émues pour demeurer impartiales, trop mobiles pour nous appesantir, apercevoir nous va mieux qu'observer.» Mauvaise disposition pour bien juger!

Au vrai, la conscience féminine a des soubresauts et des oscillations, qui la jettent à droite ou à gauche en des excès de faiblesse ou de sévérité. Tranchons le mot: la femme est une personne antijuridique, qui ramène (j'y insiste) toute question de justice, soit à la sympathie qui absout par tendresse ou par commisération, soit à l'antipathie qui condamne par aversion ou par dépit. Autrement dit, plus compatissantes et plus charitables que nous, les femmes, en revanche, sont moins équitables. L'injustice est leur péché capital. Bien peu y échappent. Passionnées naturellement, partiales inconsciemment, elles s'émeuvent trop profondément, trop brusquement pour bien juger. L'amour et la haine ont trop d'empire sur leurs âmes. Chez elles, surtout, la tendre commisération l'emporte sur la stricte équité. Après s'être apitoyées sur la victime, elles s'apitoieront sur le condamné. Après avoir crié vengeance, elles demanderont grâce. Abandonnez les criminels à la justice mobile des femmes, et elles les condamneront tous dans le premier mouvement, quitte à les remettre en liberté dans le second.

Mettons que j'exagère. Faisons même aux femmes, si vous voulez, une place dans les juridictions professionnelles, tels que les Conseils de prud'hommes et les Tribunaux de commerce. Il reste que leur admission à la magistrature civile--et surtout au jury criminel, dont les décisions déconcertent déjà la justice et le bon sens,--serait un remède pire que le mal. Cela est si vrai que certains États occidentaux de l'Union américaine les ont exclues du jury, après les y avoir admises à titre d'essai, parce qu'elles jugeaient avec la passion et le sentiment, sans tenir compte des preuves.

En somme, des deux attributs de la justice,--la balance et le glaive,--la femme magistrat n'emploierait que le second. Elle frapperait sans doute de son mieux, à droite et à gauche, avec une sainte colère, mais sans peser préalablement le pour et le contre dans la paix et la sérénité de sa conscience. Conservons donc à nos juges masculins le monopole de la justice; mais, de grâce! choisissons-les bien. A parler franchement, les femmes auraient tort de prétendre à toutes les fonctions viriles à la fois. Un peu de patience, s'il vous plaît! On verra plus tard. L'avenir de la femme dépend des fruits que produira l'émancipation graduelle de son sexe.

CHAPITRE IX

Le féminisme colonial

SOMMAIRE

I.--ENCOMBREMENT DE TOUS LES EMPLOIS DANS LA MÈRE-PATRIE.--ÉMIGRATION DES FEMMES AUX COLONIES.

II.--LA FRANÇAISE EST TROP SÉDENTAIRE.--PAS DE COLONISATION SANS FEMMES.--LES APPELS DE L'«UNION COLONIALE».

III.--CONCLUSION.--EST-IL À CRAINDRE QUE L'ÉMANCIPATION ÉCONOMIQUE DÉNATURE ET ENLAIDISSE LA FRANÇAISE DU XXe SIÈCLE?--RÉSISTANCES MASCULINES.--AVIS AUX FEMMES.

Et maintenant une réflexion générale s'impose. Ouvrons aux femmes tous les emplois industriels, toutes les carrières libérales: en seront-elles beaucoup plus avancées? pourront-elles se frayer un chemin à travers la foule qui les encombre? Retenons qu'à chaque porte les hommes se bousculent et s'écrasent. Est-il donc croyable que le sexe faible parvienne à enlever au sexe fort des occupations rémunératrices, pour chacune desquelles les candidats affluent et surabondent. En France, les places manquent aux hommes: comment voulez-vous qu'elles suffisent aux femmes? Dès lors, puisque les fonctions intérieures sont occupées, surpeuplées, saturées, il n'est, pour vivre, que d'aller chercher au dehors des occasions de travail qui font défaut dans la mère-patrie.

I

Point besoin, pour cela, d'émigrer à l'étranger. Nos colonies nouvelles, où tout est à créer, offrent aux femmes intelligentes et courageuses des débouchés et des ressources qu'elles chercheraient vainement dans la métropole, où l'encombrement des professions condamne les mieux armées pour la lutte à la souffrance ou à la médiocrité. Que ne sont-elles plus nombreuses les femmes de nos petits fonctionnaires qui, n'écoutant que leur bravoure et leur dévouement, s'en vont sur les terres neuves servir la patrie aux côtés de leurs maris? Combien de jeunes filles méritantes, adroites, économes, qui traînent une vie étroite et gênée parmi les durs travaux d'un ménage besogneux, dans les mansardes des grandes villes ou dans quelque bicoque lézardée de nos provinces endormies,--et qui pourraient trouver au-delà des mers, avec une existence plus libre et plus large, un emploi, une situation, souvent même une famille?

Car dans toute entreprise de colonisation, le mariage doit être l'événement final désiré, la conclusion entrevue et préparée. A quoi bon émigrer pour se créer au loin un foyer qui risque de rester désert? A peine connues, les nouvelles arrivantes seraient accueillies avec faveur et, pour peu qu'elles fussent avenantes et de bonnes façons, traitées par les colons en épouses possibles. Les femmes font prime en de certaines colonies. Je sais bien que les gens qui s'effraient de toute nouveauté, n'ont pas assez de plaisanteries pour ces «théories» de jeunes filles, pour ces convois précieux de chères créatures d'une garde si difficile, que nous convions à la conquête du monde sauvage. Mais nous sommes loin de l'ancien régime, qui confiait aux Manon Lescaut le soin de peupler et de réjouir ses colonies.

En réalité, il existe, dans nos possessions d'outre-mer, des situations, des professions même essentiellement féminines, qui, au regret des colons, n'ont pas encore de représentants. M. Chailley-Bert, qui s'est fait une spécialité des questions coloniales, nous apprenait récemment qu'en Indo-Chine, des villes, comme Hanoï, Haïphong, Nam-Dinh, ont besoin de couturières et de modistes; que les fonctionnaires mariés, résidents de toutes classes, généraux et officiers supérieurs, directeurs des travaux publics et des affaires indigènes, sollicitent parfois des institutrices pour l'éducation de leurs enfants; que les commerçants et les agriculteurs souhaiteraient souvent de confier à une comptable entendue la direction de leur intérieur ou les menues besognes de leur domaine; bref, que, dans la société de là-bas, il y a des cases vides qui pourraient être occupées avec profit par les femmes.

II

Mais il faudrait avoir le courage d'émigrer. Et par malheur, la Française est beaucoup moins voyageuse, beaucoup moins déracinable que l'Anglaise ou l'Américaine, qui part gaiement, bras dessus bras dessous, avec son homme, pour chercher la fortune et fonder une famille aux quatre points cardinaux.

On a beau lui dire, avec M. Jules Lemaître, qu'elle trouverait au-delà des mers un «emploi de son énergie» plus «intéressant» et plus «profitable» que de tirer le diable par la queue dans une étroite chambre de Paris, et qu'en suivant là-bas son cousin ou son ami d'enfance, elle deviendrait «la reine d'une concession» fondée dans la brousse et conquise sur la barbarie par son brave petit mari; on a beau lui dire, avec Mme Arvède Barine, qu'une fille bien née, qui a bon pied, bon oeil, la tête fière et le coeur chaud, devrait «faire faire la lessive sous une autre latitude à des femmes noires, jaunes ou brunes,» plutôt que de «la couler elle-même toute sa vie en vue du clocher natal;» on a beau lui rappeler ses ancêtres, les braves femmes de Normandie ou de Bretagne, qui ont contribué à fonder et à peupler le Canada: c'est en vain. Elle ne se sent qu'une très médiocre inclination pour les aventures et les hardiesses de la vie coloniale. Combien de Parisiennes étouffent, pâlissent, végètent, souffrent, languissent au cinquième étage de la capitale? Allez donc les arracher au boulevard! Rien que la banlieue leur paraît un lieu d'exil.

Et la provinciale n'est pas plus facile à transplanter. C'est une sorte d'esclave volontaire attachée à la glèbe. Au bout de quelques semaines de déplacement, lorsqu'elle se risque à voyager, elle a comme la nostalgie de son clocher. Briser les mille liens de la famille, des relations, des habitudes, qui l'enchaînent au sol, est un sacrifice qu'elle n'accomplit jamais de son plein gré. Dire adieu à la terre et au ciel de la douce France, est une rupture à laquelle elle ne se résout point sans douleur et sans regret.

Et pourtant, comment le Français peut-il devenir aventureux et se faire colon, si la Française refuse de le suivre ou l'empêche de partir? C'est bien la peine d'exciter le coq gaulois à s'envoler par-delà les mers, si les poules mouillées, qui l'entourent, se cramponnent obstinément à leur perchoir! S'enfermer entre les frontières de la France, sous prétexte qu'il fait trop de chaleur au sud, trop de neige au nord, trop de vent à l'est, trop de pluie à l'ouest, c'est, pour parler comme Mme Arvède Barine, «agir et raisonner en empaillée.»

Si le féminisme est vraiment une doctrine de fierté, de courage et d'indépendance, ennemie du préjugé, de la routine, de l'immobilité, s'il aime à copier les libres allures de l'Anglaise et de l'Américaine, il doit s'appliquer sans retard à convertir la Française d'aujourd'hui, si timide et si casanière, en forte et brave créature résolue à secouer ses habitudes sédentaires, à lâcher les jupes de sa maman, à conquérir la pleine liberté de ses mouvements. Il y va de son intérêt, de la fortune de son mari, de l'avenir de ses enfants et, par surcroît, de la grandeur et de la vitalité du pays. En France, je le répète, les places manquent aux hommes et aux femmes, tandis que nos colonies leur offrent des terres vacantes, des emplois inoccupés: qu'ils aillent donc les prendre! Symptôme rassurant: on nous affirme que les femmes françaises, en quête d'une position, ne sont pas restées sourdes aux appels de l'Union coloniale, instituée précisément pour diriger un courant d'émigration des deux sexes vers nos possessions d'outre-mer. Des institutrices, des couturières, des modistes, des sages-femmes et même des demoiselles sans profession, poussées par le bon motif, se mettent avec empressement à la disposition du comité. Il s'est même constitué une «Société française d'émigration des femmes,» dont Mme Pégard est la secrétaire générale.

Voilà du féminisme utilitaire et patriotique! Pour conclure, la femme libre, l'Ève nouvelle, l'indépendance et l'égalité intégrales des sexes ne sont que des «turlutaines» inquiétantes ou risibles. Mais on a pu voir qu'à côté de ce féminisme extravagant, qui est une pose et parfois même une carrière, et dont les élucubrations seraient plutôt joyeuses, si elles n'achevaient d'affoler quelques cervelles déjà portées aux hallucinations les plus chimériques et aux rêveries les plus fâcheuses,--il en est un autre sérieux, pratique, sensé, qui s'efforce de faire à la femme contemporaine une situation digne des temps nouveaux.

III

Et maintenant, que les philosophes, les poètes et, plus généralement, tous les esprits délicats sur lesquels la femme a conservé la souveraineté de l'amour et de la beauté, s'affligent de l'«industrialisme» qui l'envahit et la vulgarise; qu'ils s'effraient de la diminution du sens esthétique, de la préoccupation excessive des soucis d'argent, des brutalités croissantes du combat pour la vie, qui étouffent et abolissent la douceur, la finesse, la tendresse, tous les dons, toutes les grâces du sexe féminin; qu'ils dénoncent le féminisme comme un malheur public; qu'ils y voient une déviation des aptitudes rationnelles de la femme, une perversion de son rôle traditionnel, une dégénérescence où s'émoussent peu à peu toutes les amorces dont la nature l'a douée pour la survivance et le salut de l'espèce,--rien n'y fera. Il faut vivre.

Et, suivant toute vraisemblance, cette loi de dure nécessité pèsera douloureusement sur le XXe siècle qui commence. Mais ayons foi dans l'éternel féminin. A ceux qui pensent avec tristesse et découragement que, dans ce nouvel état de choses, la femme perdra la plupart des qualités dont son charme est fait, et qu'à force de poursuivre les mêmes vues, les mêmes ambitions et les mêmes carrières que l'homme, à force de se rapprocher de lui par ses allures, ses dehors et son langage, elle ne peut manquer de se dénaturer et de s'enlaidir; à tous ceux, en un mot, qui tremblent de la voir se viriliser grossièrement, nous avons une remarque rassurante à faire: la femme est possédée du démon de la coquetterie. Ainsi le veut la nature. Et c'est heureux; car pour plaire aux hommes, il n'est pas possible que jamais la femme cesse tout à fait d'être femme.

Convient-il donc, pour finir, de crier aux hommes en possession de tous les emplois lucratifs: «Place aux femmes»? Ce serait peine perdue. Notre sexe n'abandonnera point sans combat les postes qu'il détient de temps immémorial. Il y aura lutte: les femmes peuvent y compter. D'autre part, la nature les prédestinant, avant tout, au rôle d'épouse et de mère, ce n'est point trop dire que la plupart d'entre elles ne sont pas faites pour les carrières actives et les professions contentieuses.

Il ne sera donc profitable qu'à une minorité de mener une existence dissipée en occupations extérieures. Combien peu réussiront, notamment, dans les fonctions libérales dont tant d'hommes font le siège, eux aussi, sans succès et sans profit! La médecine et surtout le barreau réservent aux futures doctoresses plus de déboires que d'affaires et de clients. Si même, par malheur, le sexe féminin arrivait à prendre pied solidement dans les positions que nous occupons en maîtres, nous estimons qu'il n'aurait guère à s'en féliciter. Ne verrait-on pas alors se multiplier le nombre des maris parasites vivant du travail de leurs femmes? Trop nombreux sont déjà ces hommes méprisables entre tous, depuis le gentilhomme ruiné qui redore son blason avec la dot d'une roturière, jusqu'à l'ignoble Coupeau qui mange, en bombances malpropres, le gain de Gervaise la blanchisseuse. L'histoire atteste que là où les femmes font la besogne des hommes, ceux-ci traînent dans l'oisiveté et la dépravation une existence inutile et despotique.

Que si, enfin, ces prévisions à longue échéance paraissaient excessives ou aventureuses, on nous concédera, au moins, que tout progrès réalisé par la femme dans la voie de l'égalité économique et sociale, avivera la lutte pour la vie entre les deux moitiés de l'humanité. Chaque droit qu'elle aura conquis nous déchargera d'une partie de nos devoirs envers elle. Tolstoï l'a dit avec esprit: «C'est parce qu'on leur refuse des droits égaux à ceux des hommes, que les femmes, comme des reines puissantes, tiennent dans l'esclavage... les neuf dixièmes de l'humanité.» Mais dès que l'égalité sera rétablie et la bataille imprudemment commencée, j'ai l'idée que la brutalité masculine aura beau jeu. Qui sait si, habitué à voir dans la femme, non plus un être faible à protéger, mais une concurrente à redouter et une rivale à combattre, l'homme ne lui fera pas payer en rudesse ce qu'elle aura gagné en indépendance? C'est pourquoi nous la supplions de ne point se précipiter à l'assaut des carrières viriles par bravade ou par vanité, et de ne marcher sur les brisées des hommes qu'autant que la nécessité l'y contraindra. Hors d'une situation à conquérir pour soutenir le poids de la vie, ses ambitions inconsidérées lui vaudraient peut-être de dures représailles. Où l'âpre concurrence commence, la douce urbanité finit.

TABLE DES MATIÈRES

PAGES

AVERTISSEMENT AU LECTEUR 1

LIVRE I TENDANCES ET ASPIRATIONS FÉMINISTES

CHAPITRE I L'esprit féministe

I.--Ce que la féminisme pense de l'assujettissement et de l'imperfection de la femme moderne.--A qui la faute?--Symptômes d'émancipation. 1

II.--Genèse de l'esprit féministe en France.--Son but.--Rêves d'indépendance. 4

III.--Les doléances du féminisme et «les droits de la femme». Notre plan et notre division. 6

CHAPITRE II Tendances d'émancipation de la femme ouvrière

I.--D'où vient le féminisme?--Son origine américaine.--Ses tendances diverses. 10

II.--Affaiblissement de la moralité du peuple.--L'ouvrier ivrogne et débauché.--Pauvre épouse, pauvre mère! 12

III.--Difficultés croissantes de la vie.--La main-d'oeuvre et l'épargne de l'ouvrière. 15

CHAPITRE III Tendances d'émancipation de la femme bourgeoise

I.--Portraits, d'aïeules.--Nos grand'mères et nos filles.--La Parisienne et la Provinciale. 17

II.--Les émancipées sans le savoir.--La faillite du mari. 20

III.--Les jeunes filles de la petite et de la haute bourgeoisie.--Soucis d'avenir des premières, goûts d'indépendance des secondes; hardiesse et précocité des unes et des autres. 22

IV.--Les fautes de l'homme.--La femme lui prend ses idées d'indépendance. 24

CHAPITRE IV Tendances d'émancipation de la femme mondaine

I.--Les outrances du théâtre et du roman.--Le monde où l'on s'amuse.--Le féminisme exotique et jouisseur. 27

II.--La femme oisive et dissipée.--Ce qu'est la mère, ce que sera la fille. 29

III.--Demi-vierge et demi-monstre.--Où est l'éducation familiale d'autrefois? 31

CHAPITRE V Tendances d'émancipation de la «femme nouvelle»

I.--Les professionnelles du féminisme sont de franches révoltées.--Le prolétariat intellectuel des femmes. 33

II.--Nouveautés inquiétantes de langage et de conduite.--La femme «libre».--État d'âme anarchique. 35

CHAPITRE VI Modes et nouveautés féministes

I.--Le féminisme opportuniste.--Son programme.--Sports virils.--Ce qu'on attend de la bicyclette. 39

II.--La question de la culotte et du corset.--Pourquoi le costume féminin se masculinise.--Exagérations fâcheuses. 42

III.--La femme a tort de copier l'homme.--Qu'est-ce qu'une belle femme? 47

LIVRE II GROUPEMENTS ET MANIFESTATIONS FÉMINISTES

CHAPITRE I Le féminisme révolutionnaire

I.--Les groupements féministes d'aujourd'hui.--Prétentions collectivistes.--Point d'émancipation féministe sans révolution sociale. 51

II.--Schisme entre les prolétaires et les bourgeoises.--Les intérêts de l'ouvrier et les intérêts de l'ouvrière. 55

CHAPITRE II Le féminisme chrétien

I.--La Bible des hommes et la Bible des femmes.--L'esprit catholique et l'esprit protestant. 59

II.--Rudesse des Pères de l'Église envers l'Ève pécheresse.--Le Christ fut compatissant aux femmes.--Sa religion les réhabilite et les ennoblit. 62

III.--Le féminisme intransigeant est un renouveau de l'esprit païen.--L'égalité humaine et la hiérarchie conjugale. 66

IV.--Double courant des idées chrétiennes.--Tendances catholiques et protestantes favorables à la femme.--Féminisme qu'il faut combattre, féminisme qu'il faut encourager.--Organes du féminisme chrétien. 70

CHAPITRE III Le féminisme indépendant

I.--Point de compromission avec le socialisme ou le christianisme.--Les hommes féministes.--Leurs fictions poétiques.--La femme des anciens temps. 75

II.--Le matriarcat.--Ce qu'en pensent les féministes; ce qu'en disent les sociologues. 78

III.--La femme libre d'autrefois et la dame servile d'aujourd'hui.--Opinions de quelques notables écrivains.--Leurs exagérations littéraires. 81

IV.--Les droits de l'homme et les droits de la femme.--Ce que la femme peut reprocher à l'homme. 83

CHAPITRE IV Nuances et variétés du féminisme «autonome»

I.--Les modérées et les habiles.--La droite libérale. 88

II.--Les intellectuelles et les propagandistes.--Le centre féministe. 90

III.--Les radicales et les libres-penseuses.--Le parti avancé.--L'extrême-gauche intransigeante.--Effectif total des différents groupes. 92

CHAPITRE V Manifestations et revendications féministes

I.--Tentatives d'association nationale et internationale.--Causes diverses de force et de faiblesse.--Les trois congrès de 1900. 97

II.--La Droite féministe.--Congrès catholique.--Premier début du féminisme religieux. 100

III.--Le Centre féministe.--Congrès protestant.--Moins de bruit que de besogne. 103

IV.--La Gauche féministe.--Congrès radical-socialiste.--Tendances audacieuses. 105

V.--Que penser de ces divisions?--En quoi le féminisme peut être dangereux et malfaisant.--Complexité du problème féministe.--Notre devise. 109

LIVRE III ÉMANCIPATION INTELLECTUELLE DE LA FEMME

CHAPITRE I Les ambitions féminines

I.--La femme nouvelle veut être aussi instruite que l'homme.--L'égalité des intelligences doit conduire à l'égalité des droits. 115

II.--Coup d'oeil rétrospectif.--Ce que les XVIIe et XVIIIe siècles ont pensé de la femme.--Le passé lui fut dur.--Réaction du présent. 119

III.--Ce que sera la femme de l'avenir.--Nos principes directeurs.--La division du travail et la différenciation des sexes.--L'égalité morale dans la diversité fonctionnelle.--Subordination de l'individu au bien général de la famille et de l'espèce. 122

CHAPITRE II A propos de la capacité cérébrale de la femme

I.--Les variations de l'anthropologie.--Le cerveau de la femme vaut-il celui de l'homme?--Crâniométrie amusante. 130

II.--Les savants se réservent.--Une forte tête ne se connaît bien qu'à ses oeuvres. 133

CHAPITRE III S'il est vrai que les hommes aient fait preuve de supériorité intellectuelle

I--L'intelligence moyenne des deux sexes s'égale et se vaut.--L'instruction peut elle accroître les aptitudes et les capacités de la femme?--Est-il exact de dire que les âmes n'ont point de sexe? 137

II.--De la primauté historique de l'homme.--Le génie est masculin.--L'esprit créateur manque aux femmes.--Où sont leurs chefs-d'oeuvre. 142

III.--Le génie et la beauté.--A chacun le sien.--Les deux moitiés de l'humanité. 147

CHAPITRE IV Psychologie du sexe féminin

I.--Du tempérament féminin.--Impressionnabilité nerveuse et sensibilité affective.--La perception extérieure est-elle moins vive chez la femme que chez l'homme?--Sentiment, tendresse, amour. 152