Part 14
ATROPOS. Passons de Constantinople à Pékin. Nous venons de régler les principaux événements de la vie d'un prince turc, filons présentement le sort d'une princesse née depuis un quart-d'heure au palais de l'empereur de la Chine; c'est la cinquième fille de ce grand monarque. La mère de cette princesse est une des trois concubines de la seconde classe[5], et la même qui, l'année dernière, accoucha d'un prince que Sa Majesté chinoise doit un jour choisir pour son successeur. Nous avons, comme vous savez, doué l'enfant mâle de toutes les inclinations de son père, surtout d'un grand attachement aux cérémonies de la secte des bonzes, avec une extrême curiosité d'apprendre des choses qu'il ne convient guère aux rois de savoir: quelles qualités jugez-vous à propos de donner à la femelle?
[5] Les femmes de l'empereur de la Chine sont divisées en six classes. La première n'est que de la reine son unique épouse. Il y a dans la seconde classe trois concubines; dans la troisième, neuf; dans la quatrième, vingt-sept; dans la cinquième, dix-huit; et le nombre de la sixième n'est pas fixé.
M. Le Gentil, dans son _Voyage autour du monde_.
CLOTHO. De bonnes et de mauvaises. Qu'elle ait de l'esprit, de la beauté, avec des pieds si petits[6] qu'elle ne puisse se soutenir dessus; mais qu'elle ait des moments de caprice et d'humeur noire qui fassent enrager les femmes qui sont auprès d'elle.
[6] Les Chinoises s'estropient le plus souvent à force de vouloir avoir les pieds petits.
LACHESIS, _après avoir mis la main dans les vases du caprice et dans les vases de l'esprit et de la beauté_. Cette princesse, je vous assure, sera bien difficile à servir.
ATROPOS. De la fille d'un empereur, daignerez-vous descendre à deux enfants du commun?
CLOTHO. Hé pourquoi non? Est-ce que tous les hommes ne sont pas égaux pour nous?
LACHESIS. Sans doute. A mesure qu'ils naissent, nous devons sans distinction filer leurs aventures.
ATROPOS. Nous sommes encore à la Chine. Une brodeuse de l'île d'Emouy vient d'enfanter deux garçons à la fois. Leur père, qui vit dans l'indigence, se voyant hors d'état de les bien élever, s'attendrit sur leur misère, et, poussé par une cruelle compassion, il est tenté de les aller noyer dans la mer.
CLOTHO. C'est qu'il croit à la métempsychose, et qu'il espère qu'à la première transmigration les âmes de ses enfants animeront des corps plus heureux.
LACHESIS. Arrachons ces jumeaux à la barbare pitié de leur père.
ATROPOS. Volontiers; faisons-les adopter, l'un, par un officier du mandarin qui connaît des affaires civiles dans la province; l'autre, par un marchand de soie crue, lequel, ne pouvant avoir d'enfants ni de sa femme, ni de ses concubines, aura recours à cette adoption, dans la vue d'avoir, après sa mort, un fils qui vaque aux sacrifices domestiques, et brûle de petits morceaux de papier doré devant les âmes de leurs aïeux.
CLOTHO. J'admire la pieuse tendresse de ces bons Chinois pour leurs ancêtres: ils ont beau croire la mortalité de l'âme ou la métempsychose, cela ne les empêche pas d'aller toujours leur train, et de s'imaginer que les esprits de leurs défunts parents voltigent autour des tablettes où leurs noms sont gravés en lettres d'or.
LACHESIS. Rien ne prouve mieux le pouvoir que la coutume a sur les hommes.
ATROPOS. Que deviendront nos jumeaux adoptés?
CLOTHO. Celui que l'officier du mandarin aura fait son héritier s'adonnera de tout son coeur aux sciences, et son père adoptif aura la satisfaction de le voir parvenir au degré glorieux de licencié.
LACHESIS, _après avoir trempé les doigts dans les vases des sciences_. Trois ans après, notre petit brodeur obtiendra une place honorable dans le collége des docteurs qui écrivent les annales de l'empire chinois, et sont chargés du soin de recueillir les lois, tant anciennes que modernes.
CLOTHO. Dans la suite il sera tiré de ce collége: il deviendra précepteur du prince aîné de la Chine, et le reste de sa vie ne sera qu'un enchaînement d'honneurs et de plaisirs.
ATROPOS. Comme il nous a pris fantaisie de faire un sujet vertueux et fortuné de cet enfant, faisons aussi par caprice un fripon et un malheureux de son frère. C'est ce que nous faisons tous les jours.
LACHESIS. Vous me prévenez.
CLOTHO. C'est ce que j'allais vous proposer.
ATROPOS, _souriant_. Dans la disposition où nous sommes toutes trois, nous allons faire un aimable garçon... Allons, Lachesis, mettez d'abord la main dans tous les vases des vices. Il s'agit ici de former un mortel qui soit capable de tout.
LACHESIS, _après avoir trempé les doigts dans plusieurs vases_. Vous pouvez, mes soeurs, ordonner présentement de ce garçon tout ce qu'il vous plaira: je vous proteste que je viens de lui donner les dispositions nécessaires à bien jouer dans le monde les personnages que vous voudrez.
CLOTHO. Ces bonnes semences qu'il reçoit de votre main bienfaisante vont germer à vue d'oeil: il fera mille espiégleries dans son enfance. Le marchand de soie crue, après avoir en vain mis en usage tous les châtiments pour le corriger, l'abandonnera. Le jeune homme, suivant ses mauvaises inclinations, tombera bientôt entre les mains de la justice, qui se contentera de le punir, pour la première fois, en lui faisant appliquer sur les fesses cinquante coups de canne de bois de bambou, ce qui ne le rendra pas plus sage. Il se fera condamner aux galères pour trois ans; après quoi il ira se présenter aux bonzes de la pagode qui est auprès de la ville de Fo-cheu. Ils le recevront gracieusement, et lui permettront d'aspirer à l'honneur d'être de leur secte.
LACHESIS. Oh! puisqu'il doit devenir bonze, il faut que je lui donne l'esprit de son état. Je n'ai pas trempé les doigts dans le vase de l'hypocrisie... (_Elle met la main dans le vase de l'hypocrisie._)... Il ne lui manque à présent aucune des vertus qu'ont ces vénérables solitaires.
CLOTHO. Avant que les bonzes l'initient à leurs mystères, ils lui laisseront croître la barbe et les cheveux pendant l'espace d'une année entière, lui feront porter une robe déchirée, et l'obligeront d'aller de porte en porte chanter les louanges de Foë, l'idole de cette pagode. De plus, il ne mangera rien que des herbes et des fruits. Il faudra qu'il combatte sans cesse le sommeil; et quand il n'y pourra résister, un de ses confrères, chargé du soin de le réveiller à coups de bâton, s'en acquittera fort exactement. Après un si doux noviciat, il endossera une longue robe grise: on lui mettra sur la tête un bonnet de carton sans bords et doublé d'une toile noire; ensuite tous les bonzes entonneront des hymnes dont personne n'entendra le sens, et leur chant, accompagné de petites clochettes, fera une espèce de charivari assez réjouissant. Enfin la cérémonie de la réception de ce nouveau bonze finira par un repas où il y aura plus d'abondance que de délicatesse, et où tous les confrères boiront à l'envi, jusqu'à ce qu'ils soient ivres-morts.
ATROPOS, _à Clotho_. Est-ce là tout ce que vous voulez ordonner qu'il arrive à ce pieux Chinois?
CLOTHO. Ajoutez-y ce qu'il vous plaira.
ATROPOS. C'est ce que je vais faire. Quinze ans après avoir été reçu bonze de la façon que vous venez de dire, il se verra supérieur de la pagode. Alors il édifiera le public par l'éclat d'une aventure dont il sera le héros, et qui fera beaucoup de bruit dans toutes les provinces de la Chine.
LACHESIS. Je suis curieuse de savoir quel doit être ce grand événement dont vous prétendez embellir l'histoire de ce bonze.
CLOTHO. Et moi tout de même.
ATROPOS. Le voici. La fille d'un docteur chinois, suivie de deux jeunes servantes, passera un jour devant la pagode, dont la porte sera ouverte; elle y entrera pour faire sa prière; n'apercevant personne, elle s'avancera jusqu'à l'autel de l'idole, où elle se mettra dévotement à genoux. Notre supérieur, caché dans un endroit d'où il pourra tout voir sans être vu, la regardera; et la trouvant fort à son gré, il ira promptement chercher ses compagnons, auxquels il ordonnera d'enlever ces trois femmes.
LACHESIS. Et cet ordre apparemment n'aura pas plus tôt été donné, qu'il sera brusquement exécuté?
ATROPOS. Assurément. Le docteur, étonné de ne plus voir sa fille, et fort en peine de savoir ce qu'elle est devenue, fera tant de perquisitions qu'il apprendra que les bonzes l'auront en leur pouvoir. Il s'adressera aussitôt au général des Tartares de la province, et se plaindra du ravissement de sa fille. Le général, prompt à rendre justice, se transportera d'abord à la pagode avec le docteur, et demandera les personnes enlevées. Les bonzes répondront que Foë est devenu amoureux de la maîtresse, et l'a fait enlever avec ses deux suivantes. Le supérieur, payant d'effronterie, ajoutera que Foë, en voulant bien honorer de ses embrassements la fille du docteur, le comble de gloire, lui et toute sa famille; mais le général tartare, sans s'arrêter aux fables des bonzes, visitera lui-même tous les réduits de sa maison et du jardin. Il entendra des voix confuses qui sortiront d'une grotte percée dans un rocher; il fera abattre une porte de fer qui fermera l'entrée, et trouvera dans ce lieu souterrain la fille du docteur avec plusieurs autres compagnes de son infortune. Elles seront toutes rendues à leurs familles, et l'on mettra, par ordre du général, le feu aux quatre coins de la pagode, qui sera réduite en cendres avec ses infâmes ministres[7].
[7] M. Le Gentil dit dans son _Voyage autour du monde_ que les missionnaires qui étaient de son temps à la Chine l'assurèrent que pareille aventure était arrivée dans une pagode.
CLOTHO, _à Lachesis_. Que vos doigts se préparent à filer les jours d'une fille qui prend naissance en ce moment dans l'Amérique méridionale. Une Portugaise naturelle du Brésil donne une héritière à son époux, qui est un des plus riches maîtres de plantations qu'il y ait dans la ville de San Salvador. Prodiguons les vertus à l'enfant, faisons-en une petite Lucrèce.
LACHESIS. Fi donc, Clotho, vous plaisantez apparemment; ce serait bien déplacer la chasteté. Non, non, ce n'est pas la peine d'aller chercher le vase qui donne cette vertu, et dont il ne faut nous servir qu'à la prière de Minerve ou de Junon. Une fille sage en Guinée y paraîtrait un phénomène nouveau... (_Elle trempe le bout de ses doigts dans les vases de la beauté et de la volupté_)... Contentons-nous de rendre celle-ci parfaitement belle. Pour cet effet, je veux qu'elle ait un teint noir et luisant, le nez fort écrasé, une très-grande bouche et de très-petits yeux. Quand elle aura quinze ans, elle sera l'idole des Portugais du Brésil.
ATROPOS, _riant_. Ah! ah! ah! je ne puis m'empêcher de rire, en voyant Lachesis mettre la main dans le vase de la beauté pour faire une pareille créature, qui serait un monstre pour les Européens.
LACHESIS. Oui, comme un teint de lis et de roses, une petite bouche vermeille et deux grands yeux bien fendus paraîtraient bien effroyables aux Ethiopiens brûlés.
CLOTHO. Véritablement, la beauté est locale: c'est pourquoi la liqueur de ce vase, s'accommodant aux lieux, forme la beauté sur le goût, ou, si vous voulez, sur le caprice des nations.
ATROPOS. Je sais bien cela; mais je ne suis point du goût des Portugais du Brésil.
LACHESIS. Ni moi non plus. Il faut qu'une femme, pour me paraître belle, ressemble à Vénus, à Junon ou à Pallas.
CLOTHO. Sur les bords du Danube, la femme d'un pauvre baron allemand vient d'accoucher d'un enfant mâle dans sa chaumière. De quelles qualités jugez-vous à propos de douer ce petit Allobroge?
LACHESIS. Pour compenser sa pauvreté, j'en vais faire un garçon plus beau que le plus beau jour, et qui aura la taille d'un héros de roman.
ATROPOS. Donnez-lui avec cela de la prudence, de l'esprit et du courage.
LACHESIS, _filant après avoir mis les doigts dans plusieurs vases_. Il aura les bonnes qualités que vous lui souhaitez; mais il aimera le vin, le jeu et les femmes.
CLOTHO. Je vais sur cela composer un tissu des aventures qui doivent lui arriver. Il deviendra orphelin à douze ans, et, se voyant sans bien, il se fera page de l'envoyé d'un prince de l'Empire, et ira en France avec lui. Il ne sera pas sitôt à Paris qu'il se déniaisera. Il aura le bonheur de plaire à une princesse qui, voulant l'avoir pour page, priera l'envoyé de le lui donner. Elle l'obtiendra, et le gardera jusqu'à ce qu'il ait vingt-cinq ans. Alors notre baron témoignera à sa maîtresse qu'il voudrait bien s'en retourner à son pays; elle ne s'y opposera point, et lui fera une gratification de mille écus; mais au lieu d'aller en Allemagne, il partira pour l'Angleterre, qu'il lui prendra fantaisie de voir, sur le rapport qu'on lui aura fait des merveilles de la ville de Londres.
ATROPOS. Je suis curieuse d'apprendre ce qui lui doit arriver là; car vous ne l'y faites point aller pour rien.
CLOTHO. Non, sans doute: je lui prépare un événement assez singulier, et qui ne lui sera pas infructueux. Il passera près d'un mois à parcourir la ville de Londres, sans qu'il lui arrive la moindre aventure; mais un soir, entre neuf et dix heures, il entrera dans l'hôtel garni où il sera logé un homme qui, le tirant en particulier, lui dira en allemand: Une telle dame qui vous a vu à la promenade souhaite de vous entretenir cette nuit, pourvu que vous vous laissiez conduire les yeux bandés. Au reste, vous ne courrez aucun péril que celui de prendre trop d'amour.
LACHESIS. Notre jeune baron, malgré sa prudence, acceptera la proposition.
CLOTHO. Sans balancer.
ATROPOS. Il montera sur-le-champ en carrosse avec son guide, qui lui bandera les yeux, et le mènera fort honnêtement à une grande maison où, l'introduisant dans un appartement superbe, il lui fera voir la dame en question.
CLOTHO. Elle sera masquée, et n'ôtera point son masque pendant une conversation de deux heures qu'ils auront ensemble, quelques instances que lui fasse le cavalier pour l'obliger à se découvrir. Après quoi le guide, le remenant à son hôtel de la même manière qu'il l'aura amené, lui dira: Monsieur, je viendrai vous reprendre si l'on a besoin de vous. Le baron jugera, par ces paroles, que l'héroïne de l'aventure sera une jeune dame mariée à quelque vieux seigneur anglais qui voudra avoir d'elle un héritier. Et ce qui le confirmera dans cette opinion, c'est qu'un mois après son guide le reviendra voir pour lui apporter trois cents guinées, qu'il lui comptera en lui disant: Dans quelque endroit du monde que vous soyez, vous toucherez tous les ans la même somme. Effectivement, il la recevra pendant vingt années consécutives, sans savoir à la vérité de quelle part, mais bien persuadé que ce sera pour avoir fait un mylord.
LACHESIS. Après vingt ans, pourquoi ne jouira-t-il plus de sa pension?
CLOTHO. C'est que le jeune seigneur anglais son fils prendra le parti des armes, et périra dès sa première campagne.
ATROPOS. La femme d'un acteur de l'opéra de Bruxelles vient d'enfanter deux jumelles dans les coulisses. Regardons ces enfants d'un oeil favorable; faisons-en deux sujets fameux.
LACHESIS. Volontiers. Que l'une ait la voix d'une syrène, et que l'autre danse aussi bien que Terpsichore.
CLOTHO. Elles entreront dans leur puberté à l'opéra de Paris, d'où elles ne sortiront que chargées d'or et de pierreries.
ATROPOS. Oui, mais j'ajoute à cela qu'elles trouveront ensuite de jolis hommes dont le commerce n'augmentera pas leurs effets.
LACHESIS. Ecoutez, mes soeurs: entendez-vous les cris que pousse une femme en travail dans un fort bel hôtel au milieu de Paris? C'est l'épouse d'un des plus riches particuliers de France, d'un homme que Plutus chérit, et qui voudrait avoir un héritier. Elle nous invoque sous nos trois noms mystérieux.
CLOTHO. Pour l'amour du dieu des richesses, sauvons-la de la mort, et finissons ses douleurs.
ATROPOS. Nous le devons.
LACHESIS. Elle est délivrée. Elle met au monde un garçon dans cet instant.
CLOTHO. Que nous ferons plaisir à Plutus, si nous filons à cet enfant des jours d'or et de soie!
ATROPOS. Il n'y faut pas manquer.
LACHESIS. Non. Faisons-lui une destinée digne d'envie.
CLOTHO. Donnons-lui toutes les qualités d'un galant homme. (_A Lachesis._) Trempez vos doigts dans les vases du bon goût, du bon esprit et de la probité.
ATROPOS. Que surtout il soit bienfaisant et libéral; car un homme riche qui n'est pas généreux est un monstre.
CLOTHO. Avec les vertus dont nous voulons bien le douer, qu'il ait quelque vice léger. Il ne serait pas juste qu'il y eût des mortels plus parfaits que les dieux.
LACHESIS, _filant, après avoir mis la main dans plusieurs vases_. Laissez-moi faire... Il sera bien partagé, sur ma parole. Sa vie sera longue, exempte de chagrin, ou plutôt égayée par une succession continuelle de plaisirs. Il aura des passions; mais elles ne troubleront point son repos. Moins leur esclave que leur maître, il saura goûter leurs douceurs sans éprouver leur tyrannie. Il sera bon, galant, généreux, et, ce que nous n'avons encore accordé à personne, quoique payeur il possédera le coeur de ses maîtresses.
ATROPOS. Passons d'une extrémité à l'autre. Une bourgeoise de Paris vient de mettre au jour un enfant mâle: faisons-en un auteur; aussi bien nous n'en avons pas encore fait d'aujourd'hui, nous qui ne passons point de jour que nous n'en fassions pour le moins une centaine.
CLOTHO. C'est fort bien dit; faisons-en un auteur universel, un écrivain qui compose tantôt en vers, tantôt en prose, pour tous les théâtres de Paris: et que ce soit un de nos irrévocables décrets, qu'il fera pendant sa vie cinquante-cinq pièces dramatiques, dont quatre auront un heureux succès.
LACHESIS. Encore ces quatre heureuses productions seront assez mal reçues du public, lorsque dix ans après leur nouveauté on s'avisera de les remettre au théâtre.
ATROPOS. Je vois une vieille femme de chambre qui met un gros paquet de linge dans une allée, au pied d'un escalier: ce paquet est un enfant nouveau-né qu'on expose.
CLOTHO. Oui, c'est le fruit des honteuses amours d'une fille de condition.
_Dans cet endroit de l'entretien des Parques, je me réveillai..._
FIN.
TABLE DES MATIÈRES DU TOME SECOND.
Pages CHAPITRE XIII. La force de l'amitié, histoire 5
CHAPITRE XIV. Le démêlé d'un auteur tragique avec un auteur comique 47
CHAPITRE XV. Suite et conclusion de l'histoire de la force de l'amitié 59
CHAPITRE XVI. Des songes 109
CHAPITRE XVII. Où l'on verra plusieurs originaux qui ne sont pas sans copies 124
CHAPITRE XVIII. Ce que le diable fit encore remarquer à Don Cléofas 135
CHAPITRE XIX. Des captifs 149
CHAPITRE XX. De la dernière histoire qu'Asmodée raconta; comment, en la finissant, il fut tout à coup interrompu, et de quelle manière désagréable pour ce démon Don Cléofas et lui furent séparés 165
CHAPITRE XXI. De ce que fit Don Cléofas après que le Diable boiteux se fut éloigné de lui, et de quelle façon l'auteur de cet ouvrage a jugé à propos de le finir 182
APPENDICE.
I. Passages de la première édition supprimés dans celle de 1726 193
II. Dédicace de la première édition 201
III. Dédicace de 1726 203
IV. Table analytique 205
ENTRETIENS DES CHEMINÉES DE MADRID 213
UNE JOURNÉE DES PARQUES 233
End of Project Gutenberg's Le diable boiteux, tome II, by Alain René Le Sage