Le chemin des écoliers Promenade de Paris à Marly-le-Roy, en suivant les bords du Rhin
Part 34
--Noble émulation!» murmura Antoine de son air le plus sérieux.
En rentrant à Bruxelles (car le Jardin zoologique est situé dans un des faubourgs), nous fûmes à même de juger, d’après l’inspection de quelques fontaines publiques, combien l’_art naïf_ du moyen âge a laissé trace dans l’ancien Brabant. Une de ces fontaines représente un homme debout, et qui, pris d’un haut-le-cœur, la tête basse et la bouche ouverte, exgurgite une masse d’eau. L’aspect en est peu gracieux. Pour les personnes délicates, vu la concordance sympathique des sens entre eux, cette eau me semble devoir être purgative.
Plus loin, derrière cette merveilleuse place de l’Hôtel-de-Ville, où le quinzième et le seizième siècle ont accumulé leurs chefs-d’œuvre de sculpture et d’architecture, un enfant, complétement nu, à l’angle d’un carrefour, satisfait sans vergogne à un petit besoin de nature, en faisant impudemment face au public. Cet enfant, c’est Mannekenpiss, Mannekenpiss, le premier bourgeois de Bruxelles, et l’idole du peuple, qui, de génération en génération, a glorifié son intarissable inconvenance. Charles-Quint, dit-on, l’a créé gentilhomme; Louis XIV l’a fait chevalier de Saint-Louis; Napoléon, chambellan, et peut-être bien baron de l’Empire; les Bruxellois, enchérissant encore sur tant d’honneurs, l’ont, par un vote unanime, nommé capitaine dans leur garde nationale, ce qui n’a nui en rien cependant à l’accomplissement de ses autres fonctions.
En dépit de son Mannekenpiss, de son _Vomitor_, de ses dames cracheuses, et quoique je n’aie fait qu’entrevoir, en passant, sa vraie physionomie, j’aime Bruxelles; c’est un Paris au petit pied, un Paris sans trop de bruit, non sans mouvement; j’aime son parc, moitié grandiose, moitié pittoresque; j’aime sa population, active, industrieuse, comme celle de Paris, et qui témoigne si bien qu’on vient de laisser derrière soi la rêveuse Allemagne, à la marche nonchalante. De toutes les capitales de l’Europe, nulle ne doit ressembler autant à celle de la France que celle de la Belgique; même ardeur, même langage, même facilité à s’émouvoir dans les crises politiques. Ici, m’a-t-on dit, la liberté se montre volontiers plus tapageuse, plus tracassière encore que chez nous. Heureusement, elle y est mitigée par le respect, par l’amour du souverain. Ce souverain, un grand homme à force d’être un honnête homme, constitue le point central où tous les partis viennent se rallier, où tous les dissentiments viennent se fondre.
Par un singulier rapprochement, la rivière qui coule à Bruxelles, sauf la différence d’une lettre, porte le même nom que celle qui coule à Paris; la Senne baigne les murs de la grande cité belge.
Outre son Jardin zoologique, Paris a encore quelque chose à envier à Bruxelles, c’est son XERI-ROBLER.
A Paris, personne peut-être ne connaît le Xeri-Robler, sinon quelques touristes insouciants et oublieux, qui, satisfaits d’une jouissance personnelle et momentanée, ont négligé de l’étudier dans sa composition, de pénétrer ses éléments intimes et mystérieux, pour les révéler à la France. Quant à moi, au moment de rentrer dans mon pays, je me sens plus heureux, plus fier de lui faire connaître cette merveille, que si je lui rapportais, encore ignorés, tous les systèmes philosophiques de l’Allemagne.
Le _Xeri-Robler_ (prononcez _Cheri_) n’est ni un monument ni une œuvre littéraire; c’est une délicieuse boisson, tonique et rafraîchissante, qu’on hume lentement, voluptueusement, au moyen d’un tuyau de plume ou d’un chalumeau de paille. D’après les renseignements les plus exacts recueillis par moi, les expériences analytiques consciencieusement répétées par moi, le Xeri-Robler est un mélange de vin de Madère et de rhum, dans lequel on introduit des fraises, de la glace, et une herbe aromatique, menthe, sarriette ou verveine-citronnelle, selon le goût du consommateur. Agitez doucement l’amalgame, laissez fondre la glace aux trois quarts, prenez votre chalumeau, plongez-en l’extrémité inférieure au milieu de la composition, en gardant l’autre entre vos lèvres; fermez les yeux, aspirez à petits coups, et, pendant une demi-heure, vous vous sentirez transporté avec vos rêves dans un lieu de délices, dans un Éden frais et parfumé.
Je ne connais rien de comparable au Xeri-Robler; le May-Weine, dont on fait tant de cas dans certaines villes des bords du Rhin, n’est qu’une méchante tisane auprès de cette ambroisie.
Ma dette de voyageur acquittée, retournons vers la noce.
A quatre heures, heure du dîner dans la haute bourgeoisie brabançonne, Antoine Minorel, Athanase, La Fléchelle, les deux Épernay, et notre ami l’ingénieur militaire, nous étions tous chez Mme Van Reben. Comme au dénoûment d’une pièce de théâtre, les principaux personnages de cette histoire se trouvaient réunis pour la signature d’un contrat de mariage; il n’y manquait guère que Junius, l’Américain et l’Homœopathe. Mais Junius, après avoir achevé sa cure au petit-lait, se disposait à entreprendre sa cure aux jus d’herbes; d’ailleurs, il ne connaissait Brascassin que de nom; Baldaboche avait dû se rendre à Paris, où l’on célébrait la fête anniversaire de la naissance du grand Hahnemann; quant au terrible Yankee, on comprend facilement les raisons qui le tenaient éloigné.
Chez Mme Van Reben, je revis Mme de X..., toujours charmante; mais, franchement, près de Thérèse Ferrière elle perdait beaucoup de son éclat. Je ne sais comment expliquer cette bizarrerie, cette contradiction de mon caractère, depuis que je la savais libre de disposer de sa main, toutes mes idées de mariage s’étaient peu à peu dissipées jusqu’à l’évanouissement complet. Jean aurait-il eu raison? suis-je en effet d’une nature tellement perverse que je ne ressente de convoitise matrimoniale que pour les femmes des autres?
En sortant de table, le notaire, un de nos convives, nous lut le projet de contrat. Cette lecture, d’ordinaire assez fastidieuse, devait s’égayer d’incidents curieux.
Mme Van Reben, réparant les torts de sa trop grande crédulité, donnait à sa filleule en cadeau de noces une somme de vingt mille francs, que Brascassin élevait, comme douaire, jusqu’à soixante mille. A la surprise générale, Ferrière y en ajoutait dix mille; c’était le produit de la vente de sa fameuse maison de Trou-Vassou, laquelle lui avait coûté dix francs. Nous n’étions pas au bout des surprises.
Pour la régularisation de l’acte, invité à dire ses nom et prénoms: «Jean-Baptiste, baron de Ferrière,» répondit le vieux bohémien, la tête haute et en jetant au notaire une liasse de papiers témoignant de la validité du titre: après quoi, il ajouta avec non moins de fierté: «Marchand de vins en gros et en détail, au fort de Noisy-le-Sec.»
En effet, son père avait, à bon droit, porté le titre de baron de Ferrière; il avait même été seigneur de Fontenay-Trésigny, cette ville où son héritier, en qualité de petit clerc d’avoué, cirait les bottes de son patron.
La rumeur qu’avait fait naître cette déclaration inattendue n’était pas entièrement calmée, quand le notaire, se tournant vers moi, m’adressa la même question qu’à Ferrière. Excité, entraîné par le désir d’ajouter à l’effet déjà produit: «Vincent-Augustin, baron de Canaple,» dis-je à mon tour; et j’allai tendre la main à mon ami le baron de Ferrière.
Devant ces deux barons poussés subitement comme des champignons sur couche tiède, l’assemblée resta la bouche béante. J’avais jusqu’alors fait un si discret usage de ce titre honorifique, que mon grand ami Antoine Minorel parut tout aussi surpris que les autres. Quant à mon vieux Jean, il savait à quoi s’en tenir, et plus d’une fois il dut gémir du peu de cas qu’il me voyait faire de ma baronnie. Il avait aidé au service du dîner, et, en ce moment, promenait un plateau vide au milieu des invités. Devant ma déclaration, il s’arrêta brusquement, déposa son plateau sur la table même occupée par le notaire, et, redressant la tête, la main passée dans son gilet, il prit l’attitude superbe d’un valet de chambre de grande maison.
Sous prétexte de m’offrir un verre d’eau sucrée, du thé ou du Xeri-Robler, vingt fois, pendant le reste de la soirée, Jean m’aborda avec cette même formule: «Monsieur le baron veut-il...? Monsieur le baron désire-t-il...? Aurai-je l’honneur d’offrir à monsieur le baron...?» Cette formule, le notaire l’emprunta à Jean, Mme Van Reben au notaire, Mme de X.... à Mme Van Reben. Thérèse et Brascassin s’abstinrent avec un goût parfait: mais en revanche, Athanase, Épernay I, Épernay II, Antoine lui-même et surtout le petit monsieur de La Fléchelle, m’en donnèrent, m’en cinglèrent à travers le visage, à m’étourdir, à m’assourdir. Au bout d’une heure, mon titre de baron m’était devenu plus odieux encore que mon affreux surnom de l’homme aux poules.
Maintenant, du mariage comme du voyage, que me reste-t-il à dire?
Le lendemain, le grand jour! les choses se passèrent à la mairie et par-devant l’autel comme il est d’habitude en pareille circonstance. Tandis que Brascassin promettait protection à Thérèse, Thérèse soumission à Brascassin, tous deux mutuelle fidélité, je regardai Mme de X...; elle paraissait fort émue, et son émotion était on ne peut plus favorable à sa beauté; mais.... quatre enfants!... Grand Dieu! que dirait Madeleine si elle me voyait rentrer au logis avec une femme et quatre enfants?
Après un long déjeuner dînatoire, qui dura toute la journée, même assez avant dans la nuit, et où le vin de Champagne eut nécessairement le pas sur les vins de Bordeaux, de Bourgogne et du Rhin, profitant du moment où l’on rentrait au salon pour prendre le café, je m’esquivai ainsi qu’Antoine. L’heure du départ était venue. A l’hôtel de _Suède_, le vieux Jean nous attendait avec une voiture et nos bagages. Enfin, je montai en wagon, non plus pour suivre le chemin des Écoliers, mais la ligne droite, la bonne ligne, celle qui devait aboutir à Marly-le-Roi!
Nous passions à la hauteur de Mons quand minuit sonna. Le trentième jour de mai venait de naître. Jour pour jour, un mois auparavant, j’étais parti de Paris, de ma rue Vendôme, pour entreprendre ma grande promenade pédestre. Depuis un mois, que de pays j’avais parcourus, quel immense panorama, grâce à ces chemins de fer, que j’avais maudits d’abord, s’était déroulé devant moi; que d’événements auxquels j’avais pris part! avec combien de gens ne m’étais-je pas trouvé en rapport? et parmi ceux-là, quelques-uns étaient devenus mes amis.
Tout en voyageant, tout en explorant des villes et des contrées qui me seraient à jamais restées inconnues sans mon escapade non préméditée, combien de faits nouveaux et d’idées nouvelles n’avais-je pas recueillis en route! mon album était surchargé de dessins; ma relation, de notes et de légendes; ma mémoire, de souvenirs; mon cœur même en rapportait quelques-uns! Ce mois-là, à lui seul, semblait compter pour une moitié dans ma vie. Ah! pourquoi n’avais-je pas pris plus tôt l’habitude des voyages? J’aurais vécu au lieu de végéter. Mais ne puis-je réparer le temps perdu? Oui, je voyagerai, non plus en Allemagne, ni même en Italie, comme tout le monde; j’essayerai des grandes excursions en Orient, dans les Indes, en Amérique, en Chine! ma fortune me le permet, mon âge ne me le défend pas encore. Je ferai de grandes découvertes; j’illustrerai mon nom.
En rêvant ainsi, comme de temps à autre je gesticulais un peu plus vivement que d’ordinaire dans mon coin, Antoine, qui me faisait vis-à-vis, s’inquiéta:
«Te sens-tu malade? me dit-il.
--Bien au contraire, lui répondis-je, je suis content de moi et de la grande résolution que je viens de prendre. Il s’agit cette fois d’un voyage volontaire, d’un voyage scientifique, d’une grande exploration. Tu m’accompagneras, ami....»
Après avoir assez longuement stationné le long de la route, à Valenciennes, à Somain, à Douai, à Arras, à Amiens, nous échangions ces quelques mots à la station de Clermont, lorsqu’un individu d’assez mauvaise tournure, le teint basané, l’œil fiévreux, entra dans le wagon, que nous occupions seuls, Antoine et moi, avec Jean:
«Tiens! c’est vous, Minorel?» dit-il à Antoine; et comme celui-ci hésitait à lui répondre: «Ne me reconnaissez-vous pas?» Et il se nomma.
Antoine poussa une exclamation: «Sapristi! mais il y a trois ans au moins qu’on ne vous a vu à Paris!
--Il y en a huit.
--Habitez-vous donc la province?
--J’ai parcouru la Perse, le Népaul, les Indes; je reviens des hauts plateaux de l’Asie, de la Mongolie, du Thibet, de Lahassa. Ne vous rappelez-vous pas que j’étudiais les langues orientales et les sciences naturelles, en vue de ces grandes excursions, projetées, préparées à l’avance? Me rendre utile à l’humanité, me créer une position glorieuse par mes travaux, par mes découvertes, tel était mon but. Ce but, il a reculé devant moi. Mes labeurs de huit années ont été vains; de retour en France, je me flattais de l’espoir que mes correspondances, mes collections, mes découvertes, y avaient eu un grand retentissement. Mais tout a été dispersé par les tempêtes, ou pourrit dans les oubliettes du Muséum. Ce nom que je croyais avoir rendu illustre, mes amis eux-mêmes se le rappellent à peine; à Paris, mon pays natal, je suis plus ignoré encore qu’à l’époque de mon départ; et pour en arriver là, j’ai perdu les plus belles années de ma vie, j’ai ruiné ma santé et dissipé le patrimoine de mon père. J’avais rêvé une place à l’Académie des sciences, aujourd’hui je n’aspire plus qu’au modeste emploi de receveur des contributions à Creil, et je n’espère même pas l’obtenir!»
Antoine consola de son mieux le malheureux voyageur, puis, se tournant de mon côté: «Et toi, me dit-il, de quoi me parlais-tu? Quel voyage comptes-tu entreprendre?
--Celui de Fontainebleau,» lui répondis-je.
A Creil, nous laissons notre voyageur, et changeant de train nous nous dirigeons sur Pontoise. Là, quittant le chemin de fer, nous prenons une voiture, nous traversons la forêt de Saint-Germain, alors toute riante sous sa parure de printemps. Dans la forêt, il y avait grand bruit, grande chasse aux panneaux; le son des cors, des fanfares, les hourras des rabatteurs, semblaient un joyeux accueil fait à mon retour. Mon cœur se dilatait sous mille impressions de bien-être. Je commençais à trouver que les taillis d’Herblay, les clairières des Loges, les coteaux de Louveciennes, pouvaient soutenir la comparaison avec toutes les magnificences de Bade et d’Heidelberg. Le château où naquit Louis XIV se dresse tout à coup devant moi. La ville franchie, nous descendons la chaussée, nous tournons, à droite, la route de la Bègue, nous côtoyons la villa de Monte-Cristo, naguère habitée par notre illustre romancier; j’entrevois les hauts peupliers servant de limites à mon petit domaine du côté des grandes terres. Vivat! hurra! huzza! Je sentais mes paupières se gonfler, j’allais céder à l’émotion, lorsque mon vieux Jean, non moins ému que moi, me dit:
«Si monsieur veut faire un vif plaisir à Madeleine, il ne lui parlera pas du nouveau voyage qu’il compte entreprendre.
--Sois tranquille, elle va être bien heureuse, car je ne lui en soufflerai pas un mot.»
Et de droite et de gauche, j’adressais des saluts et des sourires à mes bons voisins, qui, du seuil de leurs portes ou de leurs fenêtres, applaudissaient à mon arrivée. Je ne leur avais pas donné le temps de m’oublier, à ceux-là!
Au bruit de la voiture qui s’arrêtait devant la maison, Madeleine accourut, suffoquée et tout en larmes, ce qui ne lui permit pas de me gronder comme je le méritais; mon chien me dévorait de caresses; mon jardin se mettait de la partie en m’envoyant ses parfums. Tuez le veau gras, l’enfant prodigue est de retour!
Et c’est ainsi que j’accomplis mon voyage de Paris à Marly-le-Roi, en passant par Belleville, Noisy-le-Sec, Épernay, Strasbourg, Bade, la forêt Noire, Heidelberg, Francfort, les bords du Rhin, la Belgique, Amiens, Pontoise et Saint-Germain en Laye.
FIN.
TABLE DES MATIÈRES.
PRÉAMBULE 1
PREMIÈRE PARTIE.
Chapitres. Pages
I. BELLEVILLE.--Une maison qui a changé de propriétaire. --Chassé du Paradis terrestre.--L’HUILE DE SUREAU.--Le Trou-Vassou.--La maison disparue.--Un ancien ami. 11
II. MISÈRES ET SPLENDEURS D’UN BOHÉMIEN FRANÇAIS.--L’orphelin. --Une dame charitable.--Petits métiers.--Un cheval au lieu d’une soupe.--Choléra de 1832.--Les deux mendiants.--Un ménage sur la grande route.--Fin de la vie nomade.--Une maison pour dix francs.--La jolie bouquetière. 20
III. Les illustrations de Noisy-le-Sec.--La Saint-Athanase. --Des noms de baptême.--Changement de route.--Un Sardanapale en guenilles.--Mystères de la ville d’Épernay.--L’ordre de _la Pure Vérité_.--Deux mystifiés au lieu d’un. 32
IV. STRASBOURG.--Courses à travers la ville.--Kléber et le maréchal de Saxe.--Conversation entre le nez rouge et l’habit bleu barbeau.--Leçon de haute géographie.--Comment ce sont les Américains qui ont découvert l’Europe.--Question turque, question indienne, question chinoise.--Quatre hommes pour le service d’une pipe.--Encore Brascassin! 47
V. KEHL.--LE PETIT HOMME JAUNE.--L’Ile des Épis.--Le pont volant.--Passage du Rhin.--Café de _la Cigogne_.--LE CHEVALIER DE CHAMILLY.--Un gendarme badois.--Départ de Kehl. 59
VI. CARLSRUHE.--De la difficulté de changer de chemise.--La sentinelle du parc.--Je vais prendre un bain en chaise de poste.--Closerie des Lilas.--L’hôtel de _la Légation_ et le Théâtre.--M. Junius Minorel, s’il vous plaît?--Déceptions sur déceptions.--Je couche dans la capitale des États de Bade. 70
VII. NOTES DE VOYAGE.--Observations de mœurs.--Des serrures, du poêle et des miroirs obliques.--Perrette, la laitière.--Le vaudeville et la romance.--Un maçon badois.--Bain à domicile. --Table d’hôte académique.--Ma jolie hôtesse.--Suppositions insensées.--La chambre aux sonnettes. 79
VIII. NOUVELLES NOTES DE VOYAGE.--Carlsruhe et le Hartwald.--Un pâtre musicien.--Tarif des voitures.--Une brasserie.--Les propos de table.--La grammaire en hors-d’œuvre.--Prodigieux effet causé par un nom.--Quadruple consultation.--Les _verlobtes_. 93
IX. WILHEM ET BETTINA.--Fleurs de cimetière.--Un nouveau verbe français.--Explication avec Thérèse. 104
X. Souvenirs de Châlon-sur-Saône.--Arrivée de Junius Minorel. --L’Anglais phénoménal.--Le chronomètre Poitevin.--Un accident de chemin de fer.--Départ de Carlsruhe. 115
DEUXIÈME PARTIE.
I. BADE.--Imprécations.--Une visite au vieux château.--Le _Repos de Sophie_.--Le bois des Chênes et le bois de Boulogne. --Invitation à dîner. 125
II. De l’inutilité de l’argent de poche à Bade.--Des tables d’hôte.--Ancienne Trinkhalle.--Visite au vieux cimetière. --Un tribunal weimique.--Comme quoi la cure au petit-lait et la cure aux jus d’herbes conviennent fort à messieurs les diplomates. 132
III. La galerie des légendes.--L’IMAGE DE KELLER.--UN ARTISTE AU DOUZIÈME SIÈCLE.--LE BALDREIT. 141
IV. Promenade du matin.--La Flore badoise.--Sédum de Siébold. --Vertus des gamins de Bade.--Une lettre de Paris m’arrive. --Nouvelles de Thérèse. 149
V. Visite à la cascade de Geroldsau.--LA CROIX AUX BÉQUILLES. --LA CHAIRE DU DIABLE ET LA CHAIRE DE L’ANGE.--Les promenades du clocher de Strasbourg.--Comme quoi les peintres paysagistes ne se connaissent pas en paysages.--Les cordons de sonnettes. --ÉBERNSTEIN. 154
VI. LA BALLADE DU CHEVAL.--Quelques mots de préface.--Schiller et Ary Scheffer.--Éberhard le Larmoyeur. 163
VII. GERNSBACH, la Venise badoise.--Un gasthaus de mauvais augure.--Les îles flottantes du Rhin.--Écluses et débâcle. --La forêt de Macbeth.--Nouvelle rencontre avec L’Anglais phénoménal.--Un festin pantagruélique. 169
VIII. Le vol au parapluie.--Métamorphose subite.--Le vainqueur des Turcs.--La collégiale de Bade.--Un futur historien.--La Favorite.--LA PRINCESSE SIBYLLE-AUGUSTE.--Grand magasin de bric-à-brac.--Cent quarante-quatre portraits et deux modèles. --Une cénobie.--Le carnaval après le carême. 176
IX. Les religieuses violonistes.--Des squelettes bien mis.--Un Hercule-Cupidon.--LA MESSE INVISIBLE.--Un baiser rendu. --Départ de Bade. 188
X. SASSBACH.--Le tombeau de Turenne.--ACHERN.--Aventures de mon chapeau.--Une chambre à deux lits.--Chemin de fer apocalyptique.--Nouvelles aventures de mon chapeau. 198
TROISIÈME PARTIE.
I. LA FORÊT NOIRE.--Ruines de l’abbaye de Tous-les-Saints.--Un élève en pharmacie.--Pluie d’argent.--Grand festival.--Qui je rencontre au milieu des orphéonistes.--Je rentre en possession de mon chapeau. 213
II. LE TOMBEAU DE L’ENFANT.--Cascades d’Aller-Heiligen. --Espiègleries de M. de La Fléchelle.--Modes de Paris et modes de la forêt Noire.--Vallées de Kappel et de Seebach.--Réveil en sursaut. 229
III. LA PIPE DU DIABLE.--Le Titan La Fléchelle.--LAC DES FÉES. --Dissertation sur les cascades et les montagnes.--Je m’éprends de plus en plus de Brascassin.--Des vins de Champagne et de leur influence. 239
IV. Du Hirsch à Appenweier.--Le guide-batelier.--FREUDENSTADT. --La vallée de l’Égarement.--Tableaux et paysages.--Études et caractères.--Explication avec Brascassin. 252
V. La commission du Dictionnaire.--Discours d’ouverture du secrétaire perpétuel.--WURZBACH, son maître d’école et son pasteur.--Vacherie de la Croix.--Coricoco.--HISTOIRE SINGULIÈRE DE MARIA ET DE SON FIANCÉ.--Arrivée imprévue à WILDBAD.--Où je me retrouve.--Départ pour Paris. 267
QUATRIÈME PARTIE.
I. L’airelle-myrtille.--Embarcadère d’Oos.--Rencontre d’un homme effaré.--Grand scandale dans la maison Lebel. --Enlèvement de Thérèse.--Je suis soupçonné.--Traité d’alliance entre l’homme et la cigogne.--Arrivée à Heidelberg. --L’enfant prodigue. 287
II. Historique de la ville d’HEIDELBERG.--Historique de mon vieux Jean et de Madeleine, ma cuisinière.--Wolfsbrunnen. --La fontaine de la Louve.--Rencontre avec un écolier. --Molkenkur (la cure au petit-lait).--Une vision. 299
III. Aspect des ruines.--Palais d’Othon-Henri.--Grande discussion historique.--Salomon de Caus, ou de Caux.--Les deux Heidelberg, le mort et le vivant.--Le gros tonneau. --PERKÉO LE BOUFFON.--«Francés, pas toujours gentils.» 311
IV. Je parviens enfin à raconter à Antoine mes aventures de voyage.--Un nid de serpents.--Je renonce à écrire l’histoire du grand margrave.--Un accès de somnambulisme.--Retour à la légende.--Comment j’entre en collaboration avec le jeune Hoël-Jagœrn. 325
V. CLAIRE DE TETTINGEN. 334
VI. L’UNIVERSITÉ D’HEIDELBERG.--Du duel parmi les étudiants. --Les balafrés.--Encore une initiation.--Mort aux Philistins! --La chaire de philosophie.--De Kant à Feuerbach.--La bibliothèque.--Le laboratoire de chimie, et qui j’y trouvai en tablier de cuisine. 352