La Tétralogie de l'Anneau du Nibelung

Part 37

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[Note 261-5: Littéralement: «Plus richement pèse le prix de son conseil,--[plus c'est] en tardant [qu']il le paye.» Par lui-même, ce mot-à-mot simple est assez clair, et l'on voit que je l'ai, non suivi, mais adapté _dramatiquement_. C'est l'une des dernières fois que je m'imposerai la peine de souligner de pareils changements, sans aucune importance foncière.]

[Note 262-1: Voir d'abord la note (2) de la p. 250.--«Freya, prête-moi ta forme emplumée pour retrouver le marteau»... Loke s'envola donc, et la forme emplumée siffla dans les airs.» (_La Recherche du Marteau._) A son retour, «Thor le rencontra... et lui adressa de suite ces paroles: As-tu réussi à remplir ton importante commission? Raconte-moi les nouvelles de l'air.» (_Id._)]

[Note 262-2: Je rappellerai cette indication dans l'annotation de _La Walküre_: au moment où Brünnhilde y trahira, d'abord, son ignorance et sa stupeur des tendresses de l'Humanité.]

[Note 262-A: La Fanfare de l'Or-du-Rhin, forme éclatante du Thème originel, thème essentiellement _élémentaire_ (Loge, comme le Rhin, est le symbole d'un élément), monte et descend à l'Orchestre pendant ce récit de Loge. (Partition, page 85, en bas, et suivantes.)]

[Note 263-1: L'Or, dans tous les vieux chants épiques des Scandinaves et des Germains, est constamment ainsi qualifié de «rouge.» Et des Gens se récrient: «L'or est jaune!»--A vos Chimies, à vos Physiques, Gens de notre bel âge «de progrès!» Ces poètes, dont les œuvres rudes survivront, encore que «barbares,» à toutes les actuelles erreurs de votre «science,» de votre «civilisation,» auraient-ils donc su avant vous, par leurs yeux et non par vos livres, que les couleurs que nous «connaissons» aux métaux se modifient quand la lumière a subi plusieurs réflexions à leur surface?--Oui certes, ils n'eurent pas besoin d'un Bénédic Prévost pour intuitivement dire et chanter: «l'Or ROUGE!»]

[Note 263-2: C'est-à-dire: Alberich-de-la-Nuit. Etymologiquement: Roi-des-Alfes-de-la-Nuit.--Cf. p. 434, note.]

[Note 263-3: J'ai presque toujours, dans les quatre drames, donné au mot _Noth_, comme ici, sa signification la plus compréhensive: celle de «_détresse_». Mais je tiens à dire, une fois pour toutes, qu'étymologiquement comme en composition, ce vocable implique une idée de contrainte ou de nécessité. Pour plus d'une raison, qu'on sentira bien lorsqu'apparaîtra le mot «détresse», cette observation est utile. Qu'elle me soit l'occasion de redire à quel point Wagner, philologue, et philologue des plus remarquables, a, autant que possible, ramené tous les mots, employés par lui, à l'étymologique pureté de leur sens.]

[Note 263-A: Le Thème de Walhall, ironiquement combiné avec le thème de Loge, (combinaison frappante d'où se dégage une idée d'Ordre, de Bonheur menacé; on sait que Loge, le Feu, détruira le Monde) accompagne la précédente mélodie de Loge. Le thème de Servitude y est aussi donné nettement.]

[Note 264-1: «Dans le Trésor se trouvait une petite verge d'or, la baguette du souhait. Celui qui l'aurait su, aurait pu être le maître de tous les hommes, dans l'univers entier.» (_Nibelunge-nôt_, XIX, trad. Laveleye, p. 169.)]

[Note 264-2: De même Gunther, dans le _Crépuscule-des-Dieux_, dit, lorsque Hagen le tâte et le tente: «Du Trésor des Nibelungen j'ai entendu parler: il contiendrait lui-même le plus enviable bien?» Ces correspondances extérieures fortifient l'interne unité des quatre drames; ne pouvant les signaler toutes, je signale ici l'une des plus frappantes; le lecteur verra bien les autres.--Étant donné le but poursuivi, consciemment, par Richard Wagner,--adapter au génie de sa race et appliquer, germanisées, les formules dramatiques de l'Art complet des Grecs,--il est intéressant d'emprunter dès maintenant, à l'excellent _Manuel de Philologie classique_, par Salomon Reinach (tome Ier, pp. 210 et 211), quelques trop peu nombreux extraits. Résumant un article substantiel de Weil, relatif à la symétrie dans les tragédies des anciens, il constate qu' «à des développements symétriques de l'idée, répondent des suites de vers d'une longueur égale»; il cite des exemples, et observe: «La raison de cette symétrie... n'est autre que la tendance... à mettre d'accord la forme et le fond.»--«Si,» du reste, «de l'examen des tirades, on s'élève à celui des épisodes, des scènes et des actes, on reconnaîtra partout la même tendance à la symétrie. La tragédie grecque est un tout organique qui se développe autour d'un centre, et dont les parties, formées d'unités symétriquement disposées, sont symétriques entre elles et par rapport à l'ensemble...» Au surplus, cette loi du parallélisme, comme toutes les lois de l'Art, est un _idéal_, et les poètes s'en rapprochent par instinct, plutôt qu'ils ne s'y asservissent par système.]

[Note 265-1: De même Fricka fut la première à témoigner le désir d'un Burg,--quitte à récriminer plus tard.]

[Note 266-1: Se reporter à l'Etude d'Edmond Barthélemy (p. 192): analogies du mythe relatif à l'Anneau, et du mythe relatif au vol du Marteau de Thor.--«Vingthor (Donner) se mit en colère, lorsque, en se réveillant, il ne retrouva plus son marteau auprès de lui; sa barbe trembla, sa tête se troubla, et le fils de la Terre tâtonna autour de lui.» (_La Recherche du Marteau._) «Loke, fils de Lœfœ, chanta: Ne parle pas ainsi, Thor! Les Géants _bâtiront bientôt dans Asgôrd, si tu ne vas point quérir ton marteau_.» (_Id._) Et encore: «_Cela va mal pour les Ases, cela va mal pour les Alfes_: tu as caché le marteau de Hloride.» (_Id._)]

[Note 267-1: Ou: «moins chèrement acquis.»]

[Note 267-2: «Odin est le premier et le plus ancien des Ases; il règne sur toutes choses, et les autres dieux le servent comme des enfants servent leur père.» (_Edda_ de Snorro, _Gylfaginning_.) «Odin s'appelle encore Haptagud, le dieu des dieux.» (_Id._) Mais ces sources n'expliqueraient pas, comme il convient, l'indication plastique du texte de Wagner. L'attitude des Dieux est, ici, autrement significative. Dans la première esquisse de la _Tétralogie_, Wotan n'était nommé qu'à peine: le Maître des Dieux, sans doute, mais rien autre. Dans la version dernière il est le _seul_ dieu, pourrait-on dire. Les autres ne sont guère, sauf Loge, que les personnifications de certaines parmi les facultés de Wotan. Tout rayonne de lui comme d'un centre; les autres personnages agissent, mais leurs actes _n'ont de sens que par rapport à lui_, et le quadruple drame n'est, en son entier, que la figuration de sa pensée, de sa volonté, de son renoncement, et de son sacrifice.]

[Note 268-1: Littéralement: «Écoute, Wotan, la parole des attendants.»]

[Note 269-1: Pour le rapt d'Iduna (Freya) dans l'_Edda_ de Snorro (_Bragarodur_), se reporter à l'Etude d'Edmond Barthélemy, p. 191.--«Le Géant Thjasse arriva sous la forme d'un aigle, prit Iduna et s'envola avec elle,» etc.]

[Note 269-2: Voir la note (2) de la p. 267.]

[Note 269-A: Lorsque les Géants emmènent Freya, Gardienne des Pommes de Jeunesse, l'Orchestre émet le thème de la Déchéance des Dieux. Ce thème est antithétique au thème des _Pommes d'Or_ (c'est-à-dire de la Jeunesse des Dieux); il a paru, auparavant, à ces paroles de Fafner: «S'il s'agit de dépouiller les dieux de Freya, c'est à cause des Pommes d'Or qui croissent dans son verger.» (Partition, page 74.)]

[Note 270-1: _Riesenheim_, «Séjour-des-Géants».--C'est le _Jötunheim_ des _Eddas_; les Scandinaves avaient partagé l'univers en neuf mondes: trois au-dessus de la terre; trois sous la terre; et trois sur la terre. _Jötunheim_ était de ces derniers: «Sur l'échine de la Terre pèse la race des Géants; Riesenheim, tel est leur pays», dit plus loin le Voyageur dans le drame de _Siegfried_ (acte Ier, scène avec Mime).]

[Note 270-2: «THRYMER _chanta_: Comment vont les Ases, comment vont les Alfes?... LOKE _chanta_: Cela va mal pour les Ases, cela va mal pour les Alfes; tu as caché le marteau de Hloride.» (_La Recherche du Marteau_).--Voir la note (2) de la p. 250, et l'Étude d'Edmond Barthélemy, p. 192.]

[Note 270-3: Littéralement: «Allons, courage, mon Froh,--il est encore matin!»

_Frisch_, mein _Froh_, noch ist's ja _früh_!

C'est un jeu de mots fondé, comme ceux précédemment cités par moi, sur d'heureuses allitérations. Il est d'ailleurs si suggestif, en sa richesse de sens possibles et variés, qu'on ne peut même songer à le traduire. Pour aider à l'intelligence de l'un de ces sens, rappelons seulement qu'à la rigueur Froh peut être et a pu être considéré comme une divinité solaire.]

[Note 271-1: «FREYA _chanta_: Tu es fou, Loke, de raconter tes méfaits... LOKE _chanta_: Tais-toi, Freya! je te connais parfaitement; tu n'es pas exempte de fautes: les Ases et les Alfes assis dans cette salle ont tous joui de tes faveurs. FREYA _chanta_: Ta langue est chargée de mensonges; elle occasionnera ta perte. Les Ases et les Asesses sont irrités contre toi. Le retour dans ta demeure te sera triste. LOKE _chanta_: Tais-toi, Freya! tu es une empoisonneuse et tu pratiques la magie...» etc., etc. (_Le Festin d'Æger._--Dans ce poème, Loke échange d'autres aménités avec Iduna ou Idun, gardienne des Pommes suivant l'_Edda_).]

[Note 271-2: Comparez (je signale ces rapprochements sans commentaires) les correspondances des présents sous-entendus de ce rôle de Loge, avec telles répliques de Hagen, au drame du _Crépuscule-des-Dieux_: «Mon sang vous eût gâté ce breuvage! Il ne circule pas, en mes veines, authentique, légitime et noble comme le vôtre... Je me tiens donc à l'écart de votre ardente alliance.» Dans les _Eddas_ non plus, Loke ne fait point partie de la race proprement dite des Dieux: puissance élémentaire, il est un de ces géants (Jötuns), en lesquels sont personnifiées les grandes forces brutes naturelles, hostiles aux Ases ordonnateurs.]

[Note 272-1: «Le Géant Thjasse arriva sous la forme d'un aigle, prit Iduna» (gardienne des Pommes-de-Jeunesse; ici: Freya) «et s'envola avec elle. Les Ases souffrirent beaucoup de l'absence de cette Asesse: ils grisonnaient et vieillissaient...» (_Edda_ de Snorro). Se reporter à l'Étude d'Edmond Barthélemy, p. 191, et à la note (2) de la p. 255.]

[Note 272-2: Sur _Nibelheim_, voir la note (1) de la p. 228.]

[Note 273-1: «FRIGGA: Honneur à ton départ! Honneur à ton retour! Honneur à toi quand les Asesses te salueront de nouveau!» (_Vafthrudnismal._)]

[Note 273-A: Durant tout ce temps l'orchestre martèle le Motif rythmique de la Forge. A mesure que les Dieux plongent dans les entrailles de la Terre, le motif se précise. Des enclumes retentissent.--Tout s'ébranle: et, sur un dernier _forte_, à quoi succède le rugissement d'un violent _allegro_, Alberich apparaît dans son royaume souterrain (partition, 111 à 115). Le Motif rythmique de la Forge est très important, il reparaîtra, élargi, dans le premier acte de _Siegfried_, où il souligne le rôle de Mime. Nous signalerons là, de ce motif, une bien curieuse application.

Le _thème du Trésor_; la _Plainte de Mime_; le _Commandement d'Alberich_ (ou _thème de la Servitude_); et, enfin, le _Motif du Tarnhelm_ sont les principaux passages orchestraux de cette scène.]

[Note 274-1: Ce cri familier d'Alberich est, dans maintes légendes germaniques, prêté aux nains. Ainsi, dans sa condensation de la mythologie nationale (mieux: des mythologies de sa race), le génie de Wagner n'a rien oublié, rien négligé.]

[Note 275-1: Ce heaume magique n'est autre chose que la _Tarnkappe_, le capuchon ou chaperon magique, investi de semblables vertus, et dont maintes légendes, maints poèmes, y compris le _Nibelunge-nôt_, attribuent à des nains, des dvergues, etc., la précieuse possession plus ou moins provisoire: «J'ai entendu parler de nains sauvages qui habitent les cavernes et qui portent pour leur défense une chose merveilleuse, la Tarnkappe. Celui qui la porte sur lui est parfaitement à l'abri des coups et des blessures. Nul ne voit la personne qui en est revêtue; elle peut entendre et voir, mais nul ne l'aperçoit. Sa force aussi en devient beaucoup plus grande. Ainsi nous le disent les traditions.» (_Nibelunge-nôt_, trad. Laveleye, VI, p. 57)]

[Note 276-1: «Alberich portait cotte de mailles et heaume, et, dans sa main, un pesant fouet d'or.» (_Nibelung-nôt_, VIII, 78.)]

[Note 277-1: On pense à la _baguette divinatoire_ de coudrier. Au sujet de cette vertu de l'Anneau, voir ci-dessous p. 289. note (1).]

[Note 278-1: C'est surtout en ce passage que Wagner s'est souvenu des paroles prêtées par Raupach à Eugel, roi des Nibelungen, dans le drame du _Trésor des Nibelungs_ (1834). Je ne crois pourtant pas que ces réminiscences aient jusqu'ici frappé personne. «EUGEL: On nous appelle les Nibelungs; depuis les premiers temps nous habitons au sein de ces rochers; toujours nous avons pris plaisir à porter ici, dans la nuit, tout ce qui brille, métal ou pierrerie, et à en façonner des objets précieux. C'est ainsi que fut amassé ce trésor. Le géant Hreidmar en eut connaissance; il passa la mer et vint ici se rendre maître de nos richesses et nous réduire nous-mêmes en servitude. Dès lors esclaves, nous fûmes obligés de faire, avec effort, ce qui, jusque-là, avait été un plaisir, et jour et nuit, souvent maltraités, il nous força d'augmenter incessamment ce funeste trésor.» (Prologue, scène III) Peut-être signalerai-je ailleurs d'autres analogies frappantes. Mais du reste, il n'est pas inutile d'ajouter que Raupach lui-même s'est servi de maintes sources, notamment du _Hœrner Siegfried_ (ou _Lied vom hürnen Siegfried_, ou _Siegfriedslied_), etc.]

[Note 279-1: Les Dieux germaniques, comme les Dieux d'Homère, ont un rire tout particulier dont parle Grimm, _Deutsche Mythologie_, article _Lachen_. On pourra voir ce rire, plus loin, bafouer la plainte éplorée des Filles-du-Rhin. Qu'on se rappelle plus tard, lisant _la Walküre_, cette cruauté presque ingénue. Dans la _Tétralogie_, rien qui ne s'enchaîne ainsi.]

[Note 279-2: _Voir_ la note ci-dessus.]

[Note 280-1: Je ne puis pas m'empêcher de m'imaginer que Wagner, spécialement à l'époque où fut écrit ce poème (fin de 1852), songeait à la misère sociale des mineurs d'Allemagne--et d'ailleurs. Le Nibelung, qui renonce à l'Amour pour avoir l'Or, n'est-il pas vrai que nous le connaissions,--ainsi que son nocturne troupeau,--avant d'avoir lu _L'Or-du-Rhin_? Sans doute, il y a bien d'autres choses, et de plus grandioses, et de plus terribles, et surtout de moins particulières, dans ce rôle synthétique d'Alberich. Mais j'ai de bonnes raisons de croire qu'il s'y trouve _aussi_ cela.]

[Note 281-1: J'ai déjà rappelé que Loge est le Dieu du Feu.]

[Note 281-2: «Sur les cimes nébuleuses, les Dieux habitent Walhall. Ce sont des Alfes-de-Lumière,» dit à Mime, dans le drame de _Siegfried_, Le Voyageur (acte Ier).--Sur les Alfes en général, voir la note (1) de la p. 434.--Cf. aussi p. 233, note (2).]

[Note 283-1: Littéralement: «De même que moi j'[ai] renoncé à l'Amour,--Tout ce qui vit» (ou: «vivra»)--«Devra y renoncer.» On saisit la nuance qu'implique ce mot-à-mot, et pourquoi il me faut le noter.--En effet, tous les personnages, _consciemment ou inconsciemment_, jusqu'à l'Acte libérateur qui conclut _L'Anneau du Nibelung_, subiront cette fatalité, bientôt corroborée (dans la «Scène» quatrième) par la Malédiction supplémentaire du nain.--Cf. ci-dessus la note (1) de la p. 242.]

[Note 283-2: Littéralement: «l'armée de la Nuit.»]

[Note 285-1: Dans _Siegfried_ paraît sur la scène Fafner, métamorphosé en Dragon. Si l'on veut bien ne pas oublier que la _Tétralogie_ fut écrite pour être jouée en quatre «journées», sans doute estimera-t-on moins «antidramatique» cette mise-à-la-scène d'un dragon--qui n'est ni «de la Reine» ni même «de Villars», comme s'épanchait, en ma présence, l'un de nos plus nationaux entrepreneurs de mots de la fin. Car on sera forcé de reconnaître avec quel soin spécial Wagner y a, dès ici, préparé. Je ne répéterai point à ce propos les observations présentées, dans une de mes précédentes notes, quant au crapaud dont Alberich va prendre ci-dessous l'apparence. Mais, non sans un secret espoir d'être injurié par ces infirmes,--je ressasserai, mille fois s'il le faut, combien sont à plaindre ceux-là qui osent prononcer, tout haut ou tout bas, l'absurde blasphème: «Une féerie!»--Touchant la vraisemblance scénique de tels détails, dans les conditions toutes spéciales du _Festspiel-Haus_ de Bayreuth, cf. l'_Avant-Propos_, p. 132, note (2).]

[Note 286-1: _Voir_ la note (2) de la p. 235]

[Note 286-2: Quelque inopportunes qu'elles paraissent peut-être, j'ai mes raisons d'écrire ici, simplement, ces mots suggestifs: Saint Michel terrassant le démon.]

[Note 287-1: «Il y a dans Asgôrd une place appelée Hlidskjalf; lorsqu'Odin s'y assied, son regard embrasse tout l'univers, toutes les actions des hommes.» (_Edda_ de Snorro, p. 39.)]

[Note 288-1: «Odin envoya Loki à Schwarzalfenheim. Celui-ci se rendit auprès du nain Andwari, qui nageait dans l'eau sous forme de poisson. Loki le saisit, le retint, et lui demanda pour rançon tout l'or qu'il possédait dans ses rochers, et c'était un immense trésor.» (_Edda_ de Snorro).]

[Note 288-2: «Alors Loki parla ainsi: «... Sauve maintenant ta tête des rets de Hel et livre-moi la flamme des eaux, l'or brillant.» (_Sigurdakvidha Fáfnisbana önnur_.)]

[Note 289-1: «Le nain cacha sous sa main un petit anneau d'or... demanda de pouvoir garder cet anneau, parce que, par son moyen, il pourrait de nouveau augmenter son trésor.» (_Edda_ de Snorro.) _L'Edda_ de Sœmund (_Sigurdakvidha Fáfnisbana önnur_) semble ignorer que l'anneau possède une telle vertu; du moins n'en fait-elle pas une explicite mention.]

[Note 289-2: «Prenez garde», a dit Alberich un peu plus haut, «si, du fond des gouffres muets, l'or du Nibelung s'élève à la lumière du jour!»]

[Note 290-1: «Rei, fœdissimæ per se, adjecta indignitas est. Pondera ab Gallis allata iniqua, et, tribuno recusante, _additus_ ab insolente Gallo _ponderi gladius_; auditaque intoleranda Romanis vox: _Væ victis esse_.» (Tite-Live, V, 48.)]

[Note 290-2: Wotan se verra dire la même chose, un peu plus loin, par les Géants; et, dans _le Crépuscule-des-Dieux_, réclamant à Siegfried l'Anneau, les Filles-du-Rhin la répéteront, textuellement, en les mêmes termes. Qu'on veuille bien se reporter à ma note antérieure, sur la symétrie chez Wagner et dans les poèmes dramatiques des Grecs (p. 264, note 2).]

[Note 290-3: _Voir_ ci-dessous la note (1) de la page 292.]

[Note 291-1: Je rappelle ce que j'ai dit plus haut, mais que je ne répéterai guère chaque fois: à savoir, qu'à l'idée de «détresse» doit s'ajouter presque toujours, en cette traduction de la _Tétralogie_, une idée de contrainte ou de nécessité.]

[Note 292-1: «Loki voyait tout l'or que possédait Andwari. Mais, quand celui-ci eut livré tout le trésor, il retenait encore un anneau. Loki le vit et le lui enleva aussi.» (_Sigurdakvidha Fáfnisbana önnur._) «Loki le vit et lui ordonna de donner aussi l'anneau. Le nain demanda de pouvoir garder cet anneau... mais Loki lui répondit qu'il ne lui laisserait rien, et, lui prenant l'anneau, s'en alla.» (_Edda_ de Snorro.) «Il retourna vers la demeure de Hreidmar et montra l'or à Odhin, et, quand Odhin vit l'anneau, il le trouva beau. Il s'en empara...» (_Id._)]

[Note 293-1: La Malédiction d'Alberich a, sur le développement de l'«action» (jusqu'à la conclusion du _Crépuscule-des-Dieux_), une influence trop décisive pour que je ne tienne pas à donner ici, à côté de mon adaptation toute _dramatique_, la littéralité du texte. Si l'adaptation dramatique était en effet nécessaire pour produire, en première lecture, l'impression du mouvement de ce passage capital, la littéralité n'est pas moins nécessaire à quiconque voudrait, l'œuvre lue, en approfondir à loisir le sens et les correspondances (j'ai souligné, _en italiques_, les plus intéressantes de ces correspondances):--«Comme par [une] Malédiction il ne réussit,--Maudit soit cet Anneau!--S'[il] donna, [par] son Or,--A moi, [une] puissance sans mesure,--Que désormais _son charme engendre_--_Mort_ pour qui le porte[ra]!--_Nul joyeux [ne] doit--Se réjouir de lui_;--Qu'à nul heureux [ne] rie--Son splendide éclat;--Qui le possède[ra],--[Que] le ronge l'angoisse,--Et qui ne l'a[ura] pas,--[Que] le dévore [l']envie!--[Que] chacun soit-avide--De son bien,--Mais [que] nul [ne] tire-profit,--Avec utilité, de-lui;--Sans avantage [que] le garde son Maître,--Mais [qu']il attire vers lui l'égorgeur!--_Voué à la mort,--[Que] la Peur enchaîne le lâche_;--[Qu']aussi longtemps [qu']il vit (vivra),--Il en meure, consumé [de désir]--Maître de l'Anneau,--_Comme_ [s'il était] _esclave de l'Anneau_:--Jusqu'à-ce-qu'_en ma main--De nouveau je tienne le volé!_--[C'est] ainsi [que] bénit,--Dans [sa] détresse suprême,--[C'est ainsi qu'il bénit] son Trésor, le Nibelung!»]

[Note 293-A: Deux thèmes servent de base à l'Imprécation d'Alberich: _la Malédiction d'Alberich_ et le _Motif de Destruction_,--d'anéantissement,--indiquant l'entreprise continue du ténébreux pouvoir contre le règne et l'existence même des Dieux. (Partition, pages 174-175 et suivantes.)]

[Note 294-1: «Alors le nain dit que quiconque posséderait cet anneau, le payerait de sa vie. Loki reprit qu'il pouvait en advenir ainsi qu'il le disait, mais que ce serait l'affaire de celui qui posséderait l'anneau à l'avenir.» (_Edda_ de Snorro.) «Le nain se rendit au Burg et dit: «Maintenant cet or que Gustr possédait causera la mort de deux frères et de huit nobles guerriers. Nul ne jouira de mon or.» (_Sigurdakvidha Fáfnisbana önnur._)]

[Note 295-1: Les Géants sont, par les _Eddas_, surnommés fréquemment «les baleines des montagnes» (_Poème de Hymer_, 35); «les habitants de la montagne» (_Id._, 17), etc.]

[Note 296-1: Comparer ce passage de l'_Edda_: «Dans la cour se promenaient les troupeaux à cornes d'or, les bœufs noirs, la joie du géant: «J'ai de l'or, j'ai des perles, Freya seule me manquait.» (_La Recherche du Marteau._)]

[Note 296-2: Littéralement: «la Fleurissante.»]

[Note 296-3: Mon collaborateur Edmond Barthélemy a parfaitement mis en lumière (IVe partie de son Étude) avec quel génie créateur Wagner a transposé de l'_Edda_ toute cette admirable scène poétique. Je prie donc le lecteur de se reporter ci-dessus, à la page 194, pour les sources. Je rappelle seulement que, dans les _Eddas_, les Dieux, dont Odin et Loki, ayant tué une loutre Otur, fils métamorphosé d'un certain Hreidmar, le père et les frères de la loutre se saisissent des meurtriers: «On écorcha la loutre, et Hreidmar, ayant pris la peau, dit qu'il fallait la remplir d'or rouge, puis la recouvrir aussi d'or extérieurement, et qu'ainsi ils achèteraient la paix.» (_Edda_ de Snorro.)]

[Note 297-1: Snorro, dans son _Edda_, citant la _Völuspa_, prête au Donner scandinave (Thor) une semblable fureur quand les Dieux ont «promis de livrer la femme d'Od (Freya) à un rejeton des Géants... car il reste rarement tranquille, lorsque de pareilles choses viennent à ses oreilles.»]

[Note 298-1: Voir la note (1) de la page 253.]

[Note 298-A: Ici la Mélodie de Freya revient à l'Orchestre.]

[Note 299-1: Voir d'abord la note (3) de la page 296: «Les Ases délivrèrent le trésor à Hreidmar, remplirent la peau de la loutre et la placèrent debout sur ses pieds. Les Ases devaient encore l'entourer d'or et l'en couvrir complètement.» (_Sigurdakvidha Fáfnisbana önnur._) «Quand cela fut fait... Hreidmar s'approcha, _examina tout avec grande attention_, et aperçut _un poil de la barbe_. Il exigea qu'il fût aussi caché, que sinon le traité serait rompu.» (_Edda_ de Snorro.)]

[Note 299-2: Voir la note (2) de la page 200.]