La reine Victoria intime Ouvrage illustré de 60 gravures d'après des photographies et des documents inédits

Part 14

Chapter 143,553 wordsPublic domain

De tout ce qui a passé devant les yeux du peuple ébloui, une image s’est surtout imprimée dans le souvenir du peuple: celle des princes indiens et des délégués des colonies; l’air qu’il a retenu, c’est le _Rule, Britannia! Impose ta loi au monde, Grande-Bretagne!_ qu’attaqua l’orchestre à la sortie de la reine-impératrice de l’inauguration de l’Imperial-Institute et qu’inconsciemment il substitue souvent à l’hymne national _God save the Queen_. Cette image et ce refrain hypnotisent la nation anglaise depuis le jubilé de 1887, au point que tous les politiciens à pile ou face, sans conviction profonde, qui cherchent l’inspiration de leur politique dans la popularité, comme ce pantin au cœur léger de Chamberlain, ne voient plus d’avenir que dans la flatterie des sentiments impérialistes. On s’explique ainsi la révoltante impudeur de la diplomatie anglaise dans ses démêlés avec les républiques sœurs du sud de l’Afrique, qui aboutit à cette guerre, savamment ourdie par la rapacité anglaise, et d’où l’Angleterre ne peut sortir, même victorieuse, que très affaiblie et pour longtemps anémiée. L’Angleterre vaincue, car il n’est pas sûr qu’elle arrive à briser la résistance de ces superbes burghers qu’admire le monde entier, la guerre sud-africaine sera le commencement de la désagrégation de cet immense empire colonial sur lequel le soleil ne demandera alors qu’à se coucher. Ce serait là une triste conséquence d’une fausse interprétation donnée à cette fête de famille que devait rester le jubilé de 1889.

Avant Victoria, la nation anglaise avait par trois fois célébré le jubilé d’or de son souverain. L’histoire a gardé la mémoire des cinquantenaires d’Henri III, d’Édouard III et de Georges III, le nombre trois porte bonheur dans les dynasties anglaises. Cependant, aucun de ces trois règnes ne représenta pour la nation une ère de prospérité comparable à celle des cinquante premières années du règne de la reine actuelle.

Une seule fois avant Victoria, un souverain anglais célébra son jubilé de diamant: ce fut son grand-père, l’infortuné Georges III, dont la raison sombra sous le poids de chagrins domestiques au bout de soixante ans de règne et à qui la nation dut donner une régence. Le règne de Victoria est donc le plus long règne d’Angleterre et, dans neuf ans, si elle vit et est encore sur le trône, elle aura régné aussi longtemps que Louis XIV. En juin 1897, de splendides fêtes furent données à l’occasion de son jubilé de diamant, qui fut célébré dans un service d’actions de grâces, comme le jubilé d’or, dans l’abbaye de Westminster. Le cérémonial fut à peu près le même et le concours du peuple au moins aussi imposant. Quelques figures, et non des moins sympathiques du cortège, avaient disparu, notamment le beau Frédéric III, si admiré en 1887 et si près du trône et du tombeau. Naturellement, le jubilé de diamant, à l’occasion duquel le Gouvernement s’est ingénié à exhiber toute une mise en scène coloniale, n’a fait que développer les sentiments impérialistes de la nation. Il semble bien qu’on y ait encore plus chanté le _Rule, Britannia_ et un peu moins le _God save the Queen_.

XX

Le Règne de Victoria.

Les grands événements et les grandes crises qui surviennent dans l’histoire des peuples ont cet immense avantage de les faire se recueillir et mesurer l’étape parcourue dans la voie du progrès. Des quatre monarques anglais, dont la nation a célébré le cinquantenaire, seule, Victoria résumait une époque vraiment glorieuse. Henri III n’avait en effet à son actif que la fondation du régime parlementaire; Édouard III, qui eut un règne brillant au début, avait connu les désastres à la fin; quant à Georges III, il avait perdu tout un continent, où la nation avait déversé le plus pur de son activité.

Au contraire, le règne de Victoria résumait, à l’époque du jubilé, toute une époque de gloire et de prospérité et c’est pourquoi l’âme de la nation, s’aimant et s’admirant dans la reine, qui représente par ses aïeux l’histoire de son passé, et incarne la notion de la solidarité britannique, vibra tout entière à la manifestation de cette gloire qui était la sienne, de cette puissance qui aiguisait en lui le sentiment de sa propre force.

Il n’y a rien que de louable dans l’ivresse d’un peuple qui s’offre ainsi la revue de sa récente histoire, à la condition qu’il ne laisse pas le calme sentiment de sa supériorité dégénérer en fierté chauvine et agressive. Ce danger, la nation anglaise ne sut pas l’éviter, car, moins de trois ans plus tard, nous pouvons, aux folies que lui fait faire sa furie impérialiste, constater les ravages qu’a exercés le jingoïsme dans l’âme nationale.

Ce long règne de Victoria, qui nous paraissait, il y a trois ans, devoir entrer dans le domaine de l’histoire dans tout l’éclat de la gloire, comme, à la fin d’un beau jour, on voit descendre le soleil radieux derrière l’horizon des mers, s’obscurcit d’un nuage épais, plein de menaces.

Ce règne pourtant a été grand. En 1837, à ses débuts, le régime parlementaire existait solide, inébranlable. De 1783 à 1830, il avait eu de bien beaux jours, ses plus beaux peut-être, avec les Pitt, les Fox, les Burke, les Sheridan, les Grey, les Canning, les Brougham. A la faveur des bienfaits de la Révolution française, les institutions libérales s’étaient développées pacifiquement, sans précipitation, mais aussi sans secousses. Il restait à ouvrir grandes les portes de la cité politique à la démocratie et à arracher certaines prérogatives à une aristocratie qui, sous le fallacieux prétexte d’être le boulevard de la Constitution, n’était réellement que la forteresse de ses propres intérêts. Les nobles possédaient en effet les deux tiers du sol et, avec les titres, avaient accaparé toutes les dignités de l’État. Pour enrayer l’avènement des autres classes, qui

eût été favorisé par le morcellement de la propriété foncière, ils avaient racheté les biens des petits propriétaires ruraux. Il fallait parer à l’orage démocratique qui ne pouvait manquer d’éclater. C’est ce que comprirent les ministres de Victoria.

En 1846, ils assurèrent le triomphe du Libre Echange, malgré la vigoureuse opposition de la Chambre des lords, qui trouvaient dans les tarifs des douanes la protection dont ils avaient besoin pour continuer à vendre à hauts prix les produits de leurs terres au risque d’affamer la population. Dès lors, l’émancipation économique de la nation, sa prospérité et celle de ses colonies étaient assurées. En 1867, la réforme électorale dans les bourgs préparait l’avènement de la démocratie et l’extension de cette réforme aux comtés, en 1884, lui mettait définitivement le pouvoir aux mains. L’évolution de la Constitution a été ainsi naturelle. Telle qu’elle est actuellement, cette Constitution est loin d’être parfaite: pour peu qu’on l’étudie, on la trouve entachée d’hypocrisie. En effet, la démocratie, qui est désormais inscrite dans les lois du pays, ne s’exerce pas de fait librement; pour arriver à représenter une circonscription électorale, il faut avoir des titres ou beaucoup d’argent; or ce n’est généralement pas dans les nobles et les capitalistes que le peuple trouve des défenseurs sincères de ses intérêts. La démocratie servie par une minorité de pseudo-démocrates entravés à chaque pas par une Chambre des lords obstinée dans ses préjugés, telle est la situation politique actuelle. Elle suffit à expliquer la société anglaise, faite de contrastes décevants, d’idées ultra-modernes et de préjugés démodés; de progrès matériels incomparables et de résistances acharnées. C’est ce qui fait qu’entre notre démocratie française et la démocratie anglaise il y a un monde, comme entre les deux sociétés, et que c’est encore la mer, qui, en dépit des apparences, nous divise le moins.

N’empêche que la Constitution, telle qu’elle est, a déjà rendu des services immenses à la cause nationale, que c’est à la faveur de ses lois que la population britannique a doublé et qu’elle a débordé sur toutes les colonies de l’Empire: l’Australie, le Canada, l’Inde, l’Afrique du Sud, qu’elle a fécondées de son initiative et de sa dévorante activité. Avant Victoria, le domaine impérial du Royaume-Uni était déjà énorme; l’Afrique à part, il était le même qu’aujourd’hui, mais il était peu connu, peu peuplé; son loyalisme était des plus douteux. Aucune colonie ne se suffisait à elle-même; on n’avait pas encore trouvé la formule idéale du _self-government_; les idées qui avaient cours étaient celles de la vieille école; penseurs, administrateurs, hommes d’État, politiciens, à quelque parti qu’ils appartinssent, Cornwall-Lewis, Cobden, sir Robert Peel, John Bright, etc., tous étaient persuadés que les colonies ne pouvaient avoir qu’un temps, que toutes étaient appelées à se séparer de la mère-patrie, comme les États-Unis d’Amérique, une fois suffisamment puissantes et prospères pour secouer le joug. L’idée de l’Empire uni et indivisible était mise au rang des utopies politiques, que toutes les conditions économiques seraient impuissantes à réaliser. Les idées ont bien changé au cours du règne de Victoria et la théorie du self-government, qui a commencé à être appliquée au Canada, semble devoir donner raison à la conception moderne de l’impérialisme. Par quelle erreur l’Irlande, la bonne Irlande, a-t-elle été rayée du programme des réformateurs? Comment se fait-il que le _home-rule_ n’ait pu passer dans un pays si imbu des principes de l’autonomie? Comment n’a-t-on pas été frappé de ce fait que, sous le même règne qui a vu le Royaume-Uni et ses colonies se développer et prospérer, seule l’Irlande a eu sa population décimée par la famine et par l’expatriation? C’est l’erreur et ce sera la tache indélébile de ce long règne.

L’expansion territoriale sous Victoria a eu pour théâtre principal l’Afrique. Aujourd’hui l’Union Jack flotte du Cap au Zambèze et, à l’exception des territoires des républiques qui luttent actuellement pour leur indépendance, tout le sud de l’Afrique est soumis à la loi anglaise. De Zanzibar à l’Ouganda et aux sources du Nil s’étend l’Afrique orientale britannique. Enfin Victoria règne sur un vaste domaine dans le bassin du Niger et l’Afrique occidentale. On sait que le rêve d’un de ses sujets, Mr Cecil Rhodes, est de mettre en communication le Cap avec le Caire.

Mais ce n’est pas seulement en territoire qu’a grandi le domaine impérial du Royaume-Uni; c’est surtout par le développement de son commerce interne, par l’envoi des productions nouvelles de ses climats lointains, qui a fait du Royaume-Uni le grand entrepôt de l’univers.

Au grand entrepôt du monde entier, il a fallu peu à peu une marine marchande colossale, des chemins de fer, un marché, une poste rapide, une presse, le télégraphe, le téléphone, des câbles sous-marins, l’union des capitaux, les compagnies à responsabilité limitée, les banques. L’industrie nationale a été à la hauteur de sa tâche et a fait face à tout. Dans toutes les branches de l’activité humaine, on a réalisé des prodiges; l’agriculture seule a été abandonnée, livrée qu’elle était par le libre-échange à la concurrence effrénée des terres vierges du domaine impérial.

L’essor de l’industrie a entraîné l’élévation des salaires et le libre-échange, la diminution des objets de première nécessité: ce double bienfait devait avoir pour conséquence fatale l’ascension des classes laborieuses par le droit de suffrage. Le droit de suffrage a donné naissance au trade-unionisme, puis au néo-trade-unionisme qui devait englober l’armée des manouvriers, et, de l’entente des deux trade-unionismes, est sorti le socialisme, qui a envoyé des députés ouvriers à la Chambre des communes. Toutefois ce socialisme ne connaîtra pas les excès: l’anarchie ne fera pas d’adeptes en Angleterre. Les grands syndicats ouvriers poursuivront légalement la réalisation des réformes sociales et l’abrogation des lois oppressives.

Lorsqu’on s’est rendu compte que l’ère de prospérité qu’a été pour le Royaume-Uni le règne de Victoria, a dépendu entièrement du développement de son empire colonial, on comprend que, chez nos voisins, ce soit la politique coloniale qui inspire toute la politique étrangère.

Un dernier mot sur la question économique: dans l’espace de ces vingt dernières années, l’Angleterre a amorti cinq milliards de sa dette. Il est vrai qu’elle n’a entretenu d’armée que le strict nécessaire pour la garde de ses colonies. Le désarroi militaire dans lequel l’a surprise l’ultimatum des Boers a suffisamment démontré qu’elle ne saurait prétendre à garder plus longtemps de si vastes territoires sans une armée régulière puissante et bien entraînée. Il faut s’attendre à de profondes réformes de ce côté. Un des privilèges arrachés sous ce règne à la noblesse, a été l’abolition de l’achat des grades dans l’armée: c’était le commencement d’une réorganisation militaire qui s’est arrêtée en route. Bon gré, mal gré, la guerre du Transvaal la remet à l’ordre du jour.

Nous ne dirons qu’un mot de la marine anglaise qui, malgré les progrès de la vapeur et de la construction navale militaire, qui l’ont obligée à des sacrifices énormes, a gardé son avance sur toutes les marines du monde. Il semble toutefois que l’attitude cassante de l’Angleterre vis-à-vis de la France dans la petite affaire de Fachoda, aura eu pour effet de pousser les nations continentales à faire de grandes dépenses en défense navale et en construction de navires.

Le développement intellectuel aura été énorme au cours de ces soixante-trois ans et l’éducation physique et morale du peuple aura fait de très grands progrès. Par suite, les institutions de bienfaisance, tels que les hospices de vieillards, les maisons de retraite, les hôpitaux, les maisons hospitalières se sont multipliés.

En matière religieuse, l’ère de Victoria n’aura pas été indifférente, comme en témoignent les nombreuses sectes qui ont été successivement fondées. Toutefois, l’anglo-catholicisme, incarné dans Newman et suscité dans le mouvement d’Oxford, semble avoir eu une grande influence sur les croyances de la nation.

La littérature et les sciences ont aussi connu sous ce règne leur plus belle floraison: le roman a atteint l’apogée avec Dickens, Thackeray, Bulwer Lytton, George Elliot, Bronte, Mme Gaskell, George Meredith, Thomas Hardy; la poésie s’est élevée aux plus hautes régions de l’idéal avec Woodsworth, Southey, Browning, Tennyson, Mathew Arnold, Rosetti, William Morris et Swinburne, pour ne pas parler des poètes secondaires d’une réelle envolée. Macaulay, Grote, Freeman, Lecky, Gardiner, Theodore Martin forment une illustre pléiade d’historiens de talent; Stuart Mill, Baine et Spencer, un trio de philosophes d’envergure; Darwin, Faraday, Maxwell, Stewart, un quatuor de savants émérites; Ruskin, Hunt, Everett Millais, Rossetti, Watts, Landseer, Green et Scott, un groupe d’artistes, dont leur pays peut se montrer justement fier.

Le foyer n’est pas une pierre, dit un proverbe indien, mais une femme. On est tenté de l’appliquer à la vieille reine qui a, pendant plus de soixante ans, présidé au foyer britannique, d’où est plus d’une fois parti le progrès, pour rayonner sur le monde entier. Elle a été le centre, le cœur de la nation; vers elle ont convergé tous les efforts de son peuple, répandu sous toutes les latitudes, et c’est de ces efforts épars qu’est faite sa gloire universelle. Voilà pourquoi la reine est sacrée pour tous les Anglais; toucher à leur reine, c’est toucher à la gloire de leur nation; leur reine, c’est leur patrie et c’est pour leur patrie qu’ils prient, lorsqu’ils chantent le _God save the Queen_.

TABLE

I

Du berceau au trône.

Jolie fleur de mai.--Sur les fonds d’or de la Tour de Londres.--Ni un nom ni l’autre, Victoria.--Claremont.--L’orpheline de Sydmouth.--La Cour de poupées de la princesse Drina.--Poupées vivantes.--150.000 francs à dépenser par an à six ans.--Rayons et ombres.--L’écolière.--Un instrument de torture sous clé.--Fini de rire.--Bal d’enfants à la Cour.--La Tour d’Angleterre.--Confirmation.--Petite marraine d’un grand port.--Majeure.--Le sommeil d’une reine appartient à l’État.--La reine et son premier ministre.--Premier conseil privé.--Dans la cour de Saint-James Palace.--Les ancêtres de la reine. 1

II

Apprentissage de reine.

Bon terrain de culture.--L’âme de la nation.--L’influence de Lord Melbourne.--Les 100.000 Irlandais de Daniel O’Connell.--Au tour d’un autre.--Constitution hypocrite.--De l’air.--L’affaire des Dames de la chambre à coucher.--Une reine à la tâche.--Ça ne vaut pas la mort d’un homme.--Gigot haricots.--Do... do... ré... si..... do ré...--Un drawing-room, baisera, baisera pas.--Mistress Langtry redresse ses plumes.--Tendons les reins.--Plus besoin de dollars.--Les singeries du Black Rod.--Retenez vos numéros.--L’or et les lords.--Reine ou femme? Femme.--Un monarque sans Cour est un meuble inutile. 30

III

Sur la chaise d’Édouard le Confesseur.

70.000 livres sterling à dépenser.--Les pieds humides.--De Buckingham Palace à Westminster Abbey en passant par Whitehall.--Hipp! hipp! hourrah!--Le passé et l’avenir.--La chaise d’Édouard le Confesseur.--L’oreiller de Jacob.--Les diamants d’Esterhazy.--Soult et Wellington.--Le rite veut que le contenant soit plus petit que le contenu.--Tous coiffés.--Aux uns la joue, aux autres la main.--Médailles à la volée.--Dash aboie. 54

IV

La Maison de la Reine.

Ce que coûte à la nation la reine, la famille royale et le mari de la reine.--L’incohérence de la Tour de Babel.--L’aventure d’un ministre français très pressé.--Les emplois à la Cour et les sinécures.--Les écuries de Pimlico.--Gants à six boutons.--Victoria ne sait pas s’habiller.--C’est à qui ne veut pas de cadeaux.--Ce que coûtent à l’État les révérences du Black Rod et les dithyrambes du poète-lauréat.--L’ordre de préséance. 64

V

La Cour de Saint-James.

Le vieux Saint-James.--Les merry wives of Windsor.--L’assainissement.--Les Mémoires d’un vieil Anglais parisiennant.--Reine et Empereur.--Le thé sous la feuillée.--A la table royale.--Les Veomen de la Garde du corps.--La partie de whist.--Le coriza de la comtesse de Bunsen.--Les petits cheveux de la princesse de Galles.--Les divorcées.--L’oreiller de peau du vieux duc de Cambridge.--No smoking.--Le mot de Napoléon III.--La loi des contrastes 77

VI

A la conquête d’une autre couronne.

Nemours, Cumberland ou Cambridge? Saxe-Cabourg-Gotha.--Premier voyage du prince Albert en Angleterre.--Le manuscrit de Voltaire et la rose des Alpes.--Deuxième voyage.--La reine arrête son choix.--Déclaration à l’Anglaise.--Le doigt du vieux Léopold et de son _alter ego_ le baron de Stockmar.--La situation du prince Albert discutée à la Chambre des lords.--Un mari aux enchères.--Les délégués de la nation anglaise à Gotha.--Douloureuse séparation.--Mal de mer.--L’arrivée à Buckingham Palace.--Le serment luthérien.--La couronne de myrthes.--Noce et lune de miel. 94

VII

Les palais de la reine.

I.--BUCKINGHAM PALACE

Histoire du palais.--La première tasse de thé bue en Angleterre.--Visite à travers les salons.--Souvenirs et curiosités.--Superbe collection artistique.--L’investiture de Napoléon III comme chevalier de l’Ordre de la Jarretière.--Les mémoires tristes du palais. 108

II.--WINDSOR CASTLE

Guillaume le Conquérant veut un château.--Édouard III a trouvé un moyen de s’en construire un plus grand.--Le parc.--La terrasse.--La forêt.--Les appartements privés de la reine.--Les appartements d’apparat.--La salle de Waterloo.--Jean de France et Louis-Philippe.--Les étendards de Crécy et de Waterloo. 109

VIII

Les Homes de la Reine.

I.--OSBORNE HOUSE

Le manoir d’Eustache Mann.--Les attentions de l’époux et du père la famille.--Le cottage suisse et ses neuf jardinets.--A la cuisine des princesses royales.--La chambre indienne.--Vertus domestiques. 132

II.--BALMORAL CASTLE

Sur les bords de la Dee.--Magnifique panorama.--La vie dans les montagnes.--Idylles et jours tragiques.--La dépêche du Zululand.--Au milieu de ses souvenirs. 133

IX

La Reine Victoria épouse.

Épouse et camarade.--Attentions et prévenances.--En vedette.--Le titre de roi-consort.--Dans le lac.--Dorlottée.--Tout meurt avec lui.--Convois, statues, mémorials.--Dernier portrait. 155

X

La Reine Victoria mère.

Les neuf enfants de la reine.--Leurs aptitudes diverses.--Tête d’homme et cœur de femme.--Le sang anglais de Guillaume II.--Le charpentier et le ménétrier de la Cour.--La future belle-mère de Nicolas II de Russie.--Bois-sec.--L’élève de Mrs Thornicroft.--Le tambour orageux.--Le prince savant.--La petite vieille.--Principes d’éducation.--L’appréciation d’un attaché à Osborne.--Les sports.--Mère éclairée.--Le sacrifice de Benjamin. 162

XI

La Reine Victoria et ses domestiques.

L’attachement de la reine pour ses vieux serviteurs.--John Brown.--Sa brutale franchise.--Le caractère.--La reine à l’enterrement du père de Brown.--Brown la quitte.--La reine honore en lui le modèle des serviteurs. 175

XII

La Reine Victoria chez ses sujets.

Comment la reine s’invite chez les autres.--Partout maîtresse.--Coucher de bonne heure.--Croquis et souvenirs. 188

XIII

Comment la Reine voyage.

Le train royal.--Sa composition.--Le jour d’un départ.--En voiture, les voyageurs.--Voici la reine.--Partir.--La surveillance de la voie.--De Portsmouth à Cowes par mer.--Un voyage sur le Continent.--Jacquot à destination.--Coquetterie patriotique de la reine des Mers. 192

XIV

La Reine Victoria et ses chiens.

L’amour des bêtes.--La ménagerie royale.--La maternité à Hampton Court.--On ne vieillit pas sous les harnais royaux.--Le musée des chiens de Windsor Park.--La véranda de la reine.--Thermes de chiens.--La liste des grands favoris.--On ne passe pas, même au nom de la reine.--Schopenhauer a raison.--Le proscrit de Mendelssohn.--Amour platonique.--Le pauvre Sanger.--Empereur et Jacquot; grandeur et décadence. 205

XV

La Reine Victoria propriétaire.

La plus riche propriétaire du Royaume-Uni.--Les dettes du duc de Kent.--Principales propriétés de Victoria.--Les bons conseils de lord Sydney et de lord Cross.--La reine et ses métayers.--Trop cher pour ses moyens.--Un autographe de la reine aux enchères.--Prodigue ou avare de son effigie, suivant les cas.--Les fermes et leurs produits.--Les legs de ses admirateurs.--Son portefeuille de mines d’or.--Fils prodigues. 216

XVI

La Reine Victoria artiste et écrivain.

Croquis et aquarelles.--La peinture à la Cour.--La copie de la nature.--Tous modèles.--Victoria au piano.--Son chant.--Une lettre de Mendelssohn.--Victoria écrivain.--Protectrice des arts. 223

XVII

Attentats contre la Reine Victoria.

Les sept attentats contre la reine.--Oxford, Francis, Bean, Hamilton, le capitaine Peter, Arthur O’Connor, Roderick Maclean.--Un accident de voiture dans les Highlands.--Mot de la reine.--Le naufrage de _Misletoe_. 237

XVIII

Les voyages de la Reine.