La Puce de Mme Desroches

Part 4

Chapter 42,765 wordsPublic domain

_Car tousjours a hay les lieux Où ce sot peuple l'accompagne, Et suivi les rocs sourcilleux, Et les costaux et la montagne._

_Estant seul, un jour s'apperçeut Que la Muse avoit fait eschange De la roche où le cheval beut Avec une autre Roche estrange._

_Et que mesme elle avoit laissé La double roche Parnasine, Et son nouveau temple posé Dans une Roche Poitevine._

_Alors droit en Poitou tira Et, se formant en une Puce, Sur ce double yvoire vola Sur lequel à présent se musse._

_O Puce, n'est-ce pas cela? Je l'ay trouvé, c'est par ta grace. Ne puisses tu bouger de la: A un tel hoste telle place._

[Ornement]

[Ornement]

LA CONTRE-PUCE DE RAPIN.

PUCE _que tant de bons espris Pour sujet de leurs vers ont pris, Qui t'ont trouvée si habile Que, la Muse les échaufant, Ils t'ont fait un grand Elefant, Par leur invention gentille,_

_Tu as eu cet heur aux Grans jours, Aussi c'est volontiers tousjours Le temps que tu te fais conoistre, Quand le Soleil plus haut monté, Des moites chaleurs de l'esté Dans la poussiere te fait naistre._

_Mais s'il se falloit amuser A la verité deguiser D'une flateuse couverture, J'aymerois mieux chanter le poux, Qui s'engendre et se paist de noux Plus amy de nostre nature._

_Je dirois la punaise aussi, Et le morpion racoursi, Qui s'attache à nostre substance; Mais je ne sceu jamais traiter Un sujet où il faut vanter Le mal contre la conscience._

_Ceux qui t'elevent jusqu'aux cieux Toutesfois ne t'ayment pas mieux Que moy qui te blasme et despite; Et quand visiter les voudras, Ils te chasseront de leurs dras, Pour belle qu'ils t'ont descrite._

_Encor dit-on que l'argument Où ils ont pris le fondement De te louer par artifice Meritoit mieux d'estre vangé, Et à ces Grans jours corrigé Par les voyes de la Justice._

_On conte que, de guet à pend Peu à peu glissant et rampant, Du bas où tu fais ta retraite Tu t'estois perchée en un lieu Duquel Prince ni demidieu N'aproche la main indiscrette._

_Entre deux tertres arrondis Tu acrochois tes pieds hardis Au fonds d'une campagne belle, Et apres mille petits sauts Et mille cauteleux assauts, Tu osois poindre une pucelle._

_Ainsi que dans un large estang, A plain gosier tu beus son sang, Et pour reste de ton audace, Comme les taons veneneux font, Tu fis encor d'un pourpre rond Marqueter et rougir la place._

_Pour une telle cruauté, Puce, tu avois merité Qu'entre deux presses cristallines On te fit le ventre crever, Qui s'estoit osé abreuver De belles liqueurs nectarines._

_L'assassinat qualifié, Par deux tesmoins verifié, Te convainquoit d'estre coulpable; Mais ceux qui te devoient punir Les premiers osent maintenir Que ton fait estoit excusable._

_He! sangsue du cors humain, Les deux premiers doits de la main Comme sergens te devoient prendre, De salive un peu preparez, Et les deux pouces acerez Par beau millieu te devoient fendre._

_Le Prince fort bien ordonna Qui un gros salaire donna Au page qui t'avoit surprise Dessus sa robe sautelant, Et secrettement te coulant Dans le colet de sa chemise._

_Mais il trompa l'espoir de ceux Qui prirent le poux paresseux, S'atendans à plus grosse somme: Car, comme il respondit, tu viens De la sale ordure des chiens, Et le poux ne vient que de l'homme._

_On conte que quand Jupiter Se voulut un jour despiter Contre ses fermiers de la terre, Au lieu où son foudre arriva Mille vermines on trouva Future domestique guerre._

_Les taons, les guespes, les cheussons, Qui ont des plus picquans fissons, Et les Aragnes y nasquirent, Les punaises, les morpions, Les souris et les scorpions Aupres de toy, Puce, en sortirent._

_Mais entre tous ces animaux Qui sont nos plus familiers maux, Puce, tu nous fais plus de peine: Les autres sont pris aisément, Et tu as un fretillement Qui empesche qu'on ne te prenne._

_L'ennemy plus lourd et pesant, Encores qu'il soit malfaisant, Et toutesfois est moins à craindre: A toute heure on le peut domter; Mais on doit celuy redouter Qui est plus difficile à joindre._

_Tu nous fais éblouir les yeux Te remuant en divers lieux, Tant tu és agile et rusee: La main qui te pense écacher Te tournoyant dessus la chair Bien souvent se trouve abusée._

_La Pucelle, qui ne sçait pas Les lieux où tu prens tes repas, S'y trompe une serée entiere: La vieille ne fait que jouër, T'attendant à l'abreuvoër Où elle dresse sa panthiere._

_Quantefois j'ay veu, au matin, De ma maistresse le tetin Picoté de tes noires traces! Et si là j'en voyois l'effet, Dieu sçait si tu n'avois point fait Encores pis en d'autres places._

_Ceux qui t'ont fait par fiction Estre la fille d'Orion Ont bien trouvé ton origine: Car Orion est un pisseur, Et tu nais de l'orde espesseur Qui se detrampe avec l'urine._

_Puis ce qu'on faint que Pan t'ayma Quand Jupiter te transforma En cette petitesse noire, Si Pan n'estoit qu'un vieil bouquin, Salle et ord, puant et faquin, Celà n'est pas fascheux à croire._

_Quant à moy, je ne te crains rien, Car Dieu mercy j'ay le moyen D'eviter ta salle morsure: Je me sçay tenir nettement Au linge et en l'accoustrement, C'est la recepte la plus seure._

_La chambre souvent balloyer, Le haut et le bas nettoyer, S'esloigner de tous lieux infames, Est le moyen de s'exempter De toy, qui ne veut adjouter Ne coucher point avec les femmes._

_Et quand cela je n'aurois point, Encores sçay-je un autre point Pour brider ta gueule alterée: Dés le soir je m'enyvreray, Et toute la nuit dormiray Sans sentir ta pointe acerée._

[Ornement]

[Ornement]

QUATRAINS DE CATHERINE DES ROCHES

AUX POETES CHANTE-PUCES.

LA _Puce sauteloit au sommet d'une Roche D'où premiere elle vid le soleil radieux: Puis, dressant vers le Ciel son vol audacieux, Plus son pouvoir l'elogne et son desir l'aproche._

_Lors elle recognoist le danger qui s'apreste, Pensant au vol d'Icare, au cours de Phaeton, L'un mal-heureux oyseau, l'autre mauvais charton, Se repent et reprend d'avoir haussé la teste._

_O le digne ornement de la parfaite bande,_ PASQUIER, _de qui le nom, l'oraison et les vers Volent par la rondeur de ce grand Univers, La Puce maintenant vostre secours demande._

_Haussez la, grand_ CHOPIN, _de qui la voix exquise A souvent contenté ce fils de Jupiter, Ce_ DU HARLAY _qu'on void les hauts Dieux imiter, Que tout le monde admire, estime, honore et prise;_

_Le Pillier, le miroir, l'oracle de la France, Qui soutient, represente et anime sans fin Peuples, Princes et loix, brise l'air Poitevin, Pour conduire la Puce avec plus d'asseurance;_

MANGOT, _le verd printemps à la vertu chenue, Le favory des Dieux, le Mercure facond, Qui est premier de tous et n'a point de second, La sousleve, et luy fait outrepasser la nue._

_Que diray-je, ô_ ESPRIT ORNÉ DE BEAUTÉ DINE, _De vos vers doux-coulans, sinon que les neuf Sœurs Ont versé dedans eux leurs mielleuses douceurs Pour attirer au Ciel la Puce Poitevine._

_Celuy qui la reprend d'estre injuste et cruelle L'honore en la blasmant; il ne fait voir sinon Qu'elle est Puce fameuse et digne de renom, Et la faisant mourir il la rend immortelle._

_Ell' a pour son flambeau l'agreable lumiere Des deux freres germains par les Muses élus, Plus divins mille fois que Castor et Pollus, Car ils ne changent point leur lampe journaliere._

_Cet excellent rameau de la noble racine Qui commandoit Verone a voulu prendre soin De la petite Puce: aussi elle a besoin, Pour monter dans les Cieux, d'une_ ESCALE _divine_.

_Ainsi qu'elle approchoit du throne de sa gloire, Amour la vint saisir. Ce petit affeté En vain en est jaloux: car il est arresté Que les vers de_ BINET _luy donnent la victoire_.

_Qui seroit negligent à si loüable peine Pour donner à la Puce un gentil ornement? Le sçavant_ LA COUDRAYE _l'habille proprement, Ores à la Françoise et or' à la Romaine._

_Courage, ma mignonne, il faut prendre la place Du meurtrier d'Orion, il faut prendre ce lieu Qui vous est préparé d'un homme, mais d'un Dieu Qui vous y fait guider par les mains de la Grace._

_L'oyseau favorisé de l'archer du tonnerre, OEilladant cette Puce avec un doux regard, Luy veut prester son dos pour luy servir de chart, Et de ses ailerons mignardement l'enserre._

_Elle est placée au Ciel, et le fourier Hygine N'a marqué son logis; mais cest oyseau sacré Qui fait entre les Dieux ce qui luy vient à gré A voulu qu'elle fut un favorable signe._

_Bien-heureux qui l'aura au point de sa naissance Pour son astre ascendant, et bien-heureux aussi De qui elle prendra un gracieux soucy, Faisant couler sur luy sa celeste influence._

_Mais qui luy a donné cette chesne dorée? Vrayment cest_ LE CLAIR OR, _qui par l'eclair luysant De ses beaux vers dorez luy a fait ce present, Et par l'honneur de luy la Puce est honorée._

C. DES ROCHES.

TRADUCTION DU LATIN.

_Ne t'estonne d'Ossan endossé sur l'Olympe, Ny du Gean qui, fol, vers les estoilles grimpe, Puis qu'on voit une Puce escheler le Rocher Qui peut de Jupiter la hauteur approcher. Pareils faits, non effetz: la terre enclost Typhée, La Puce piafant fait des astres trophée, Grands parreins les Geans bouleversez des Dieux, Puce qui par Pasquier prend son vol jusqu'aux cieux._

E. PASQUIER.

A PASQUIER.

_Sur le teton jumeau je vy la Puce prendre Et, riant, depucer la pucelle de pris. Puce et pucelle ensemble, en tes divins escris, Pasquier, tu veux et peux immortelles les rendre._

FR. D'AMBOISE, ADVOCAT.

RESPONSE.

_Tu t'abuzes, amy, la Puce ne feut prise, Et pourquoy doncq'? D'autant que, sage, elle sautoit Sur le sein de Madame, et là le suçotoit Sans crainte, comme estant en un lieu de franchise._

E. PASQUIER.

_Ce n'est point par ma main que la sage pucelle De Poictiers doit atteindre à l'immortalité: Son sçavoir, sa vertu, ses meurs et sa beauté La rendront à jamais de soy mesme immortelle._

E. PASQUIER.

VOEU PASTORAL

EN FAVEUR DES POÈTES CHANTE-PUCES.

_Celuy qui du_ PASCAGE _emprunte le surnom, Celle qui aux_ ROCHERS _donne tant de renom, Furent premiers motifs de cette Puce gaye. Celuy qui à la Puce encor' a bonne part, Et qui d'Amaryllis chante le sainct regard, Trouva dans les forests le nom de la_ COULDRAIE.

_Icy maint bon pasteur diversement voit on Graver dans le sainct Roch sous l'a_ BRY SON _sainct nom; Icy le bel_ OYSEL _degoiser son ramage, Et le pastre_ TOURNEUR _chanter mil beaux couplés, Et tous abandonner la Deesse Palés Pour faire à qui mieux mieux à une Puce hommage._

_Icy voit-on le mont de Parnasse_ ESCHELER, _Icy le forgeron sainctement_ MARTELER, _Icy pour, bien_ BINER, _les riches fruicts renaistre Au dessous des_ CHAUX PINS, _et le jeune berger, Et_ AMBOISE _des Dieux l'ambrosie_ MANGER _Et du mielleux nectar souëfvement se paistre._

_Vous qui hantez les Rochz, les pastiz, les forez, Satyres chevrepieds et Faunes, quand orrez De voz humbles pasteurs la devote musique, Recevez dans vos monts, dans vos prés, dans vos bois, D'un favorable accueil, leurs doux sonantes voix, Mais gardez que comme eux la Puce ne vous picque._

E. PASQUIER.

TRADUCTION DU LATIN.

(Voir les Notes.)

_Sur la Puce maint manœuvre S'est joué: Loisel icy En fin sur ton nom descœuvre Une couronne, et ainsi La fin couronne ton œuvre._

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DESCRIPTION DES DEUX ÉDITIONS

(In-4º, 1583, et in-8º, 1610)

QUI ONT SERVI A LA PRÉSENTE RÉIMPRESSION

_ET VARIANTES PRINCIPALES_

_Page 1._--Notre titre est celui de l'édition in-8º. Le titre de l'édition in-4º est ainsi conçu: _La Puce de Mme Desroches, qui est un recueil de divers poëmes grecs, latins et françois, composez par plusieurs doctes personnages aux Grands Jours tenus à Poitiers l'an MDLXXIX.--A Paris, pour Abel l'Angelier, au premier pillier de la grande salle du Palais. MDLXXXIII. Avec privilege du Roy._--A la suite de ce titre, l'in-8º donne un _Extrait du privilege_, et une dédicace de Jacques de Sourdrai _à noble et vertueux seigneur Ant. de la P., gentilhomme poictevin_, que nous n'avons pas reproduite.

_Page 3._--La préface _au lecteur_ donnée par l'in-4º est tellement différente de celle-ci qu'il est impossible d'en indiquer les variantes. Pasquier ne s'y met pas lui-même en scène, mais il raconte l'aventure comme étant arrivée à _quelque personnage assez cognu_.

_Pages 6 et 7._--Les deux pièces, _Quand je feis_, et _Peut-estre adviendra-il_, se trouvent, dans l'in-8º, après la _Puce_ de Pasquier.

_Pages 29 et 30._--Les quatre pièces contenues dans ces deux pages ne sont pas traduites dans l'in-4º. Mais il donne après elles une pièce en grec, [Grec: Psullês enchhômion], qui ne se trouve pas dans l'in-8º.

Puis viennent ici deux pièces non traduites, données par les deux éditions: 1º _Jo. Bineti Bellovaci. J. C. Amatoris et Pulicis Colloquutio. Cl. Binetus, fratris filius, restituit._--2º _Ren. Chopini I. C. et in sup. curia advocati Pulex._

_Page 37, vers 16 à 18._--Variante de l'in-4º:

Ja void on dans Poictiers ce Poëte divin Celebrer Apollon comme vray Poictevin, Qui quitte le surnom pour Poitou de Pythie.

_Page 39, vers 6 et suivants._--La pièce finit ainsi dans l'in-4º:

Ou, si c'est une Puce, elle ne s'engendra D'une ordure, mais bien de ce beau chien celeste Tellement que la vierge et la Puce s'apreste De reparer les cieux de deux astres tous neufs, Lorsque les Dieux puissans, vaincus de tant de vœus Des Poëtes, mettront au ciel une autre vierge, Et qu'ils voudront encor que la Puce y heberge, Astres vrayment trois fois et quatre fois heureux D'estre honorez ça bas et aux celestes lieux.

_Page 40._--La chanson n'est pas traduite dans l'in-4º, non plus que la pièce suivante.

Vient ensuite la pièce intitulée: _Jacobi Mangotii, in senatu Parisiensi advocati, Pulex_, qui n'est traduite dans aucune des deux éditions.

_Page 74._--Ici viennent deux pièces non traduites: _Ad consultissimos supremi senatus Gallici patronos in Rupeæ Pulicem ludentes_,--et _Raphael Gallodonius in curia Paris. Advocatus_.

_Page 79._--Ce sonnet de Macefer a été supprimé dans l'in-8º; c'est pourtant une des pièces les mieux tournées. Peut-être a-t-il dû cette exclusion à la vivacité du dernier tercet; mais alors l'éditeur aurait fait preuve d'une pruderie qui n'était guère de son temps.

_Page 89._--L'in-8º ne donne pas non plus ce sonnet de la Guérinière; mais cette fois l'oubli n'était pas regrettable, et, n'eût été le désir d'exactitude, nous aurions bien laissé ce fatras poétique dans l'obscurité à laquelle l'avait condamné l'éditeur de 1610.--Cette pièce est suivie d'un distique latin du même, _Ad Pleiada et Erigonem_, que l'in-8º n'a pas non plus reproduit.

Avant la Puce de Lommeaud se trouve une pièce latine, _Pulex ad Claudium Binetum_, signée _L. Bochellus_.

_Page 93._--Après le premier quatrain de Pierre Soulfour vient une pièce latine, _Quid magni peperere dies_.

_Page 100._--Avant la _Contre-Puce_ viennent deux pièces, également de Rapin: _De pulice Pictavii decantato_, et _De eodem_.

_Page 107._--_La Contre-Puce_ est suivie des quatre pièces latines suivantes: _Nicol. Rapini ad Paschasium epig._,--_Steph. Paschasii ad Nicolaum Rapinum_,--_Jul. Cæsaris Bulengeri Juliodunensis in Pulicem Catharinæ Rupeæ Pictaviensis_,--et _F. Coldraii propempticon carmen_. Les deux dernières seulement sont données par l'in-4º.

C'est ici que vient dans l'in-4º la _Louange de la Puce_, une assez longue pièce en prose, que nous n'avions pas à reproduire ici, vu qu'elle n'a aucun rapport à l'aventure de Catherine Desroches.

L'in-4º finit ici, sans donner les pièces suivantes, à l'exception des _Quatrains de Catherine des Roches_, qu'il met après le sonnet de la Guérinière, page 90, et du _Vœu de Pasquier_, qu'il fait venir après le sonnet de Macefer. Ces deux pièces sont bien mieux à leur place dans l'in-8º.

Entre le _Vœu_ et la dernière pièce se trouve une pièce latine intitulée: _In Stephani Paschasii Stephanoplocon_.

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NOTES

_Page 36._--Après le vers 14e devraient venir deux vers à rimes féminines, mais ils ne se trouvent dans aucune des deux éditions.

_Page 39, vers 10._--Supprimer la virgule qui se trouve après _Poictiers_.

_Page 64, vers 18._--_Le_ fourmy. _Fourmi_ a été du masculin, et comme tel il s'est écrit _fourmis_. La Fontaine l'a encore écrit ainsi deux fois de suite, pour le besoin du vers, quand il a dit, dans la fable _La Colombe et la Fourmis_:

L'autre exemple est tiré d'animaux plus petits. Le long d'un clair ruisseau beuvait une Colombe, Quand, sur l'eau se panchant, une Fourmis y tombe, Et dans cet Océan l'on eust vû la Fourmis, Etc...

Ici les arrangeurs d'éditions à la moderne ont le choix ou de faire deux vers faux, ou d'abandonner leur système.

_Page 101, vers 15._--Le vers manque d'un pied; il les a tous dans l'édition in-4º, qui le donne ainsi:

Pour belle qu'ils t'ayent descrite.

_Page 115._--Le dernier quatrain fait allusion à une pièce latine d'Antoine Loisel, qui joue sur le mot grec [Grec: Ztephanos], signifiant également _couronne_ et _Etienne_ (prénom de Pasquier). Voici la pièce en question:

IN STEPHANI PASCHASII STEPHANOPLOCON

_Pausiæ, ut et Glyceræ tabulas, variasque coronas, Ardorumque jocos secula prisca canunt: Sic Stephani et castos Catharinæ Rupis amores, Puliceosque sales, postera suspicient; Quos tanta Stephanus noster contexuit arte, Ut Stephanoplocon hunc dicere jure queas._

_Stephanoplocon_ veut dire «couronne de fleurs».

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TABLE DES MATIÈRES Pages

Avant-Propos v _La Puce, ou jeus poetiques françois et latins. Paris, M.DC.X_ 1 Catherine Desroches 9 Etienne Pasquier 14 Brisson 22 Joseph de l'Escale 31 Anthoine Loisel 37 Etienne Pasquier 40 Claude Binet 43 Odet Tournebus 62 Macefer 75 Raoul Cailler 80 De la Guérinière 89 Lommeaud 91 Pierre Soulfour 93 Rapin 100 Pièces diverses 108 Description des deux éditions in-4º, 1587, et in-8º, 1610 et variantes principales 117 Notes 121

_Imprimé par D. JOUAUST_

POUR LA COLLECTION

DU CABINET DU BIBLIOPHILE

NOVEMBRE 1868

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