La philosophie sociale dans le theatre d'Ibsen

Chapter 11

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La société actuelle, malgré tous les progrès accomplis, n'est qu'un chaos où l'harmonie fait défaut; l'humanité est encore dans les limbes et à l'état rudimentaire, dans un état social incomplet et faux où la liberté et la justice n'existent pas. Des hommes y meurent de faim à côté des élégances portées à un raffinement de luxe inouï, le nombre des suicides et des victimes sociales, dits criminels, va en augmentant. Tout le monde sent que cet état de choses ne peut plus durer longtemps: un changement devient de plus en plus urgent. Dans son appel éloquent adressé à la bourgeoisie, Louis Blanc disait: «Une révolution sociale doit être tentée. L'ordre social actuel est trop rempli d'iniquités, de misères et de servitudes pour pouvoir durer longtemps. Il n'est personne qui n'ait intérêt, quelle que soit sa position, son rang, sa fortune, à l'inauguration d'un nouvel ordre social. Il est possible, il est facile même d'établir cette révolution pacifiquement.»[27]

La vérité, même dure et pénible, est toujours plus salutaire qu'une erreur ou un mensonge agréable; jetée dans le courant des opinions et des moeurs, elle est discutée, propagée, vulgarisée, finit à la longue par pénétrer insensiblement les masses. Les vérités grandissent, se répètent et se complètent chaque jour; on finit par les entendre et les comprendre. L'appel de Louis Blanc, après plus d'un demi-siècle, commence à réveiller des consciences. Partout, dans tous les pays, dans toutes les classes, on sent le besoin de renouveler et d'élargir les principes dont on était depuis trop longtemps prisonnier. La société actuelle, existant encore sous le nom de civilisation, s'écroule de toutes parts: un cataclysme social devient inévitable. Les plus réfractaires eux-mêmes sont entraînés dans le tourbillon que soulève et agite le problème social. Pour secouer l'indifférence générale, il a fallu que la perception du péril devint claire et saisissante. Tout le monde comprend aujourd'hui qu'il ne suffit pas d'ignorer un danger pour le conjurer et que le meilleur moyen de s'y soustraire est de le regarder en face et de prendre les mesures que suggère la raison. Une profonde révolution se prépare, elle est lente mais irrésistible, elle ronge les édifices déjà prêts à tomber.

Certes, les individus comme les nations croient toujours vivre à la fin d'un monde ancien et au commencement d'un monde nouveau.

Le présent pour chaque homme est une époque de transition. Mais nous assistons aujourd'hui effectivement à une de ces phases de transformation si rares dans l'histoire du monde. «Il n'a pas été donné à beaucoup de philosophes, durant le courant des âges, de vivre au moment précis où se formait une idée nouvelle et de pouvoir, comme aujourd'hui, étudier les degrés successifs de sa cristallisation.»[28]

Le dénouement du grand drame social qui se joue sous nos yeux est peut-être prochain. Les vieilles formes n'existent plus, et le retour aux Religions du passé est impossible.... Loin, à l'horizon, on voit déjà poindre l'aube d'une Religion Nouvelle: _le Socialisme._ Les petits et les humbles, les déshérités et les victimes de la société actuelle, tous ceux qui peinent et souffrent, tournent leurs regards vers cette aube lointaine, et ils croient y voir des rayons d'Espoir.... Et l'aube grandit, et sa lumière augmente....

La religion définitive de l'humanité sera la conscience individuelle: nul besoin de Gouvernement ni d'Etat.[29] Le socialisme n'est qu'une étape très avancée, nous conduisant vers cet Idéal. Son rôle n'en est pas moins très grand. Il est impossible à l'heure actuelle de ne pas se rendre compte des proportions immenses de son développement.

Les idées socialistes sont discutées maintenant comme dignes de considération, non seulement dans les cercles politiques, mais dans tous les milieux.

Et le socialisme, comme toute Vérité Nouvelle, s'avance encore lentement: «La vérité ne peut faire vite son chemin; ses pas seraient trop peu sûrs s'ils étaient rapides. Tout est faible à l'origine. Le nombre des apôtres est toujours bien petit, non pas seulement parce que les apôtres sont exposés à être des martyrs, mais parce que la lumière, quand elle se lève, n'est jamais aperçue que par quelques yeux.»[30]

En Allemagne, le parti socialiste comptait, en 1894, 1 600 000 voix; en 1898, il en réunit 2 600 000. En France, les socialistes avaient obtenu en 1889, 91 000 voix; en 1893, ils en ont réuni 600 000 et en 1898 près de 800 000.

Au moment même où nous écrivons ces lignes une union profonde, franche et solide succède aux dissentiments qui divisaient divers groupes socialistes. Cette union rendra le socialisme français plus fort, plus puissant. Sans décider si le socialisme est ou non la solution des problèmes urgents de l'humanité souffrante, il faut être aveugle pour ne pas voir que les idées socialistes qui montent, sont des forces vivantes, appelées à jouer un rôle considérable dans la transformation de la société qui se prépare.

L'idée sociale pénètre partout, elle éveille, elle fortifie les aspirations. Les espérances qu'on fonde sur le socialisme font naître de grands devoirs pour ceux qui le mènent. L'heure est décisive. Il faut qu'ils évitent, dès leur premier pas, toute équivoque. C'est une erreur que de se dire: il faut aimer ce qu'on a quand on n'a pas ce qu'on aime. Il faut que les socialistes rejettent la vieille formule qui gouvernait jusqu'à présent le monde: «Ote-toi, que je m'y mette», et que tout dans leur action soit franc, net et clair. La science de la répression est au bout de son rouleau, et ce n'est pas la Force que les socialistes doivent considérer, comme «accoucheuse des sociétés», mais la Solidarité. La solidarité n'est possible qu'entre égaux. Ni préjugés, ni passions, mais la Raison, la Justice et l'Egalité doivent être les armes du socialisme. Il ne doit être ni une formule, ni un parti, mais un principe. Il ne doit être ni Allemand, ni Français, ni Russe, mais simplement humanitaire. Son rôle, c'est d'établir l'égalité sociale de tous les êtres, quelle que soit leur origine, leur race, leur sexe. «Tant que le cosmopolitisme ne sera pas, le régime socialiste est impossible à établir.»[31] C'est vers le cosmopolitisme, vers l'universalisme que le socialisme doit viser. Qu'il se dépouille de son caractère étroit de secte ou de parti, qu'il apparaisse à tous comme le réveil de l'humanité souffrante.

Si le socialisme est l'opposé de l'individualisme, il ne doit pas exclure _l'individualité_. Ne rejetons pas de la conception sociale de la vie humaine l'idée de l'individualité consciente. Si l'objet de la conscience est l'unité, la société, l'humanité; l'individualité est la forme de la conscience, la forme de la volonté, la forme de l'homme.

La suppression de la personnalité implique la suppression de la conscience individuelle, sans laquelle il n'y a point de conscience nationale, de conscience humaine.

Laissons l'homme évoluer indépendamment. La perte de la personnalité est plus grave que la perte de la vie.

La justice du socialisme doit être égale pour tous les individus sans aucune exception, cette justice doit être idéale et supérieure, qui donnerait à chacun au moins un minimum de bien-être et de bonheur. L'humanité ne peut avoir d'autre loi que celle de la Justice. «La justice est le seul critérium vrai dans l'application des choses humaines. La justice est le ferment du corps social.»[32]

Le socialisme, comme l'économie politique, sans justice, sans morale, est une chimère. La justice ne doit oublier personne, ni celui qui peine, ni celui qui pense, ni le mineur enfoui sous le sol qui, privé de la lumière du jour et des gais sourires du soleil, expose sa vie au feu du grisou, à l'éboulement des rocs; ni le laboureur courbé sur son dur sillon, au front baigné de sueurs; ni le proscrit qui ne sait où reposer sa tête douloureuse. Un peu plus de tendresse aussi pour ceux qui planent dans les hautes régions de la science, pour ceux qui cherchent à résoudre des problèmes divers, qui méditent sur les droits, les devoirs, le but de notre existence, qui cherchent la réalisation du Beau et du Vrai. N'épuisons jamais leur courage. Eloignons d'eux tout obstacle capable de ralentir leur libre développement, laissons-les se recueillir en paix, ne troublons pas leur repos; leurs pensées font naître des étincelles qui illuminent souvent l'humanité entière.

Que les socialistes travaillent, agissent sans trêve, qu'ils préparent les voies de l'Avenir, qu'ils se disent avec Oernulf[33]:

«Ne tiens pas de discours inutile, mais que tout ce que tu diras soit tranchant comme la lame d'une épée»; et qu'ils n'oublient jamais les maximes de Brand: «Qui veut vaincre ne doit pas céder. Si tu donnes tout, excepté ta vie, sache que tu n'as rien donné.»

IV

Pour être juste, il faut dire que le mot «socialisme» ne se trouve nulle part dans l'oeuvre d'Ibsen, mais il en est l'aboulissant logique et naturel. Ibsen se contente de faire le procès de la société actuelle, de nous faire voir que la civilisation n'est pas encore une réalité, qu'elle n'est qu'une promesse. L'esprit humain n'a pas encore pris possession de lui-même, la justice n'est pas encore de ce monde. A mesure que l'empire de la force brutale diminuera, les idées humaines de justice et d'équité grandiront, la génération future en verra peut-être l'avènement.

«A mesure que se poursuivra notre évolution, nous verrons plus clairement combien nous sommes encore loin de la réalisation de cet idéal d'égalité dans les conditions sociales de la lutte. Les générations futures se rappelleront avec surprise, et peut-être avec un sourire, notre idéal d'un état de société: des conditions permettant de tirer tout le fruit possible de la libre compétition.»[34]

Soyons sincères avec nous-mêmes et avec les autres, éclairons les hommes, proclamons les droits, réveillons la dignité humaine, cherchons la Vérité, partout, en tout et toujours, ne craignons pas la lumière, semons les idées, semons les enthousiasmes. Les idées sont comme des grains confiés à la terre; elles n'attendent que la rosée et le rayon du soleil pour germer.

«Il n'y a pas d'abîme entre le penser et l'action, du moins pour ceux qui ne sont pas habitués à la sophistique. La conception est déjà un commencement d'action.»[35]

Que d'utopies, depuis que le monde existe, devenues, grâce à l'évolution, des réalités!

«L'évolution s'est faite, la révolution ne saurait tarder. Le jour viendra où l'Evolution et la Révolution, se succédant immédiatement, du désir au fait, de l'idée à la réalisation, se confondront en un seul et même phénomène. C'est ainsi que fonctionne la vie dans un organisme sain, celui d'un homme ou celui d'un monde.»[36]

L'humanité appelle des hommes vigoureux qui aident l'évolution, qui préparent la révolution. A l'oeuvre, si nous ne nous sentons pas dégénérés; unissons-nous, mettons en commun nos idées, nos forces, combattons pour la vérité, pour le bonheur. «L'unisson doit servir les plus nobles besognes et les devoirs les plus élevés.»[37]

Travaillons tous au rajeunissement, au grand principe de l'unité humaine, réveillons les courages, éveillons les espérances.

«L'espérance est une loi primitive de la raison; la logique l'impose, la vie l'exige. C'est par elle seule que l'esprit s'achève en faisant du monde un tout, dont les désaccords mêmes rentrent dans l'universelle harmonie, c'est par elle seule que tout se tient et se concilie, que l'âme s'apaise à la paix universelle, que tous les éléments de l'esprit et des choses s'unissent pour composer un monument grandiose dont nous ne contemplons pas la majestueuse ordonnance, nos yeux étant trop faibles pour pénétrer l'infini de l'avenir et embrasser l'immensité d'un regard, mais dont nous suivons les colonnes qui s'élèvent, les arceaux qui s'inclinent, les lignes qui toutes montent d'un même élan pour se rencontrer et s'unir dans des hauteurs éternellement sereines.»[38] Travaillons et espérons que tôt ou tard, l'heure sublime parviendra où selon l'expression d'Isaïe «les fers de lance seront transformés en socs de charrue», travaillons à l'épanouissement suprême de la Vérité, au rayonnement de la bonté parfaite et de l'amour universel. La fin de ce monde ancien ne doit être que l'aurore d'un monde rajeuni et le chaos des idées où se trouve la fin de notre siècle, doit être le berceau d'une ère nouvelle. «Dans ce désert sans fin, des palmiers courbés par un vent furieux et jetant de longues ombres noires, je sens des flots qui se soulèvent, je sens une aurore qui naît. Déjà s'éveillent toutes les pensées, toutes les actions à venir. Il y a des souffles, des tressaillements. L'heure de la renaissance a sonné. Et j'entends des murmures: C'est l'heure de naître et de créer!»[39]

A l'oeuvre!

NOTES:

[1] _Les Contemporains_, 6e série, p. 228.

[2] G. Larroumet. _Nouvelles éludes de littérature et d'art,_ p. 301.

[3] Ibsen ne lit pas le français.

[4] Lettre d'Ibsen à G. Brandès.

[5] _Lutetia_, p. 298.

[6] Mme Tsebrikov. _Georges Sand. Annales de la Patrie._ St-Pétersbourg, 1877. Voir aussi _Georges Sand_, par Vladimir Karénine. Paris, 1899.

[7] _Correspondance_.

[8] _Journal des Débats_, 11 janvier et 15 mars 1897.

[9] G. Tarde. _Les lois de l'imitation_.

[10] 1813-1853.

[11] Georges Brandès. _Soren Kjerkegaard_.

[12] Ibsen. _John-Gabriel Borckman_.

[13] J. Barthélémy Saint-Hilaire. _Métaphysique d'Aristote, t. I, préface, p. clxiii.

[14] _Lettres à Lucile_.

[15] Ibsen. _Rosmersholm_.

[16] J.-J. Rousseau. _Profession de foi du vicaire savoyard_.

[17] Emile Boutroux. _Morale sociale_, préface, p. ix.

[18] _Essais de philosophie morale_, p. 172.

[19] Vladimir Soloviov. _Le Droit et la Morale_ (Pravo i nravstvennoste), p. 87. St-Pétersbourg.

[20] Ch. Sécrétan. _Philosophie de la liberté_, II, p. 223-224.

[21] _Metaphysik der Sitten_, p. 52, 66. _Kritik der praktischen Vernunft_, p. 35 et suiv.

[22] Victor Hugo. _Discours prononcé sur la tombe de Balzac,_ le 20 avril 1850.

[23] Comte Prozor. Préface à la trad. franc, de John-Gabriel Borckman.

[24] M. Synnestvedt.

[25] G. Brandès. _Det moderne Gjennembrunds maend_.

[26] Ibsen. _Empereur et Galiléen_.

[27] _L'organisation du travail_.

[28] Le Bon. _Psychologie du socialisme_, p. 10. Paris, F. Alcan.

[29] L'organisation sans Etat est possible. L'Etat n'a pas toujours existé, il y a en des sociétés sans Etat, ce qui n'empêchait pas ces sociétés d'avoir une organisation. L'organisation de la Grèce et de l'Italie primitives reposait non pas sur l'Etat, mais sur la _gens_. Des sociétés sans Etat ont existé jusqu'à ces derniers temps parmi les Indiens de l'Amérique du Nord. Tous les membres de la _gens_ indienne étaient égaux et libres et agissaient fraternellement entre eux (Voir le livre de Morgan. _Ancient society_.)

[30] J. Barthélémy Saint-Hilaire. _Monde d'Aristote_, t. I, préface, p. viii.

[31] E. Faguet. _Questions politiques_, p. 173.

[32] Blanqui. _Critique sociale_, t. II, p. 58.

[33] Ibsen. _Guerriers à Helgelland_.

[34] Benjamin Ridot. _L'Evolution sociale_, p. 227.

[35] Guyau. _Morale sans obligation ni sanction_. Paris, F. Alcan.

[36] Elisée Reclus. _Evolution et Révolution_, p. 61.

[37] Ibsen. Discours prononcé au Banquet du 23 mars 1898, à Christiana.

[38] G. Séailles. _Du génie dans l'art_, p. 65. Paris, F. Alcan.

[39] Ibsen. _Brand_, Agnès à Brand.

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BIBLIOGRAPHIE

I

L'OEUVRE D'HENRIK IBSEN

1871.--Poésies (_Digte_).

1850.--CATILINA, pièce en trois actes.

1856.--LA FÊTE A SOLHOUG (_Gildet paa Solhaug_), pièce en trois actes.

1857.--LA CHATELAINE INGER OESTRAAT _(Fru Inger til Oestraat_), pièce en cinq actes.

1858.--LES GUERRIERS A HELGELAND _(Haermaendene paa Helgeland_), pièce en cinq actes, traduite en français par M. Trigaut-Geneste, Paris. Savine, 1893.

1863.--LA COMÉDIE DE L'AMOUR _(Kjaerlighedens Komedie_), pièce en trois actes, traduite en français par de Colleville et de Zepelin. Paris, Savine, 1896.

1864.--LES PRÉTENDANTS A LA COURONNE (Kongs-emmerne), drame en cinq actes, traduit en français par Trigaut-Geneste. Paris, Savine, 1893.

1866.--BRAND (_Brand, Et dramatisk Digt_), poème dramatique en cinq actes, traduit en français par M. Prozor. Paris, Savine, 1895.

1867.--PEER GYNT (_Et dramatisk Digt_), pièce en cinq actes, traduite en français par M. Prozor. Paris, Perrin, 1899.

1869.--L'UNION DES JEUNES (_De unges forbund_), pièce en cinq actes, traduite en français par MM. Bertrand et de Nevers. Paris, Savine, 1893.

1873.--EMPEREUR ET GALILÉEN (_Keiser og Galilaeer_), pièce en deux parties, traduite en français par de Casanove. Paris, Savine, 1895.

1877.--LES SOUTIENS DE LA SOCIÉTÉ (_Samfundets stötter_), pièce en quatre actes, traduite en français par MM. Bertrand et de Nevers. Paris, Savine, 1893.

1880.--LA MAISON DE POUPÉE (_Et dukkehjem_), drame en trois actes, traduit en français par M. Prozor. Paris, Savine, 1892.

1881.--LES REVENANTS (_Gjengangere_), drame en trois actes, traduit en français par M. Prozor. Paris, Savine, 1892.

1882.--UN ENNEMI DU PEUPLE (_En folkefiende_), pièce en cinq actes, traduite en français par MM. Chenevière et Johansen. Paris, Savine, 1892.

1884--LE CANARD SAUVAGE (_Vildanden_), drame en cinq actes, traduit en français par M. Prozor, Paris, Savine, 1893.

1886.--ROSMERSHOLM, drame en quatre actes, traduit en français par M. Prozor. Paris, Savine, 1893.

1888.--LA DAME DE LA MER (_Fruen fra havet_), pièce en cinq actes, traduite en français par M.M. Chenevière et Johansen. Paris, Savine, 1892.

1890.--HEDDA GABLER, drame en quatre actes, traduit en français par M. Prozor. Paris, Savine, 1892.

1892.--SOLNESS LE CONSTRUCTEUR _(Bygmester Solnaes),_ drame en trois actes, traduit en français par M. Prozor. Paris. Savine, 1893.

1894.--LE PETIT EYOLF (_Lille Eyolf_), drame en trois actes, traduit en français par M. Prozor. Paris, Perrin, 1893.

1896.--JOHN-GABRIEL BORCKMAN, drame en quatre actes, traduit en français par M. Prozor. Paris, Perrin, 1897.

1899.--QUAND NOUS NOUS RÉVEILLERONS D'ENTRE LES MORTS _(Naar vi Döde vaagner_), épilogue en trois actes, traduit en français par M. Prozor. (_Revue de Paris_, 1er janvier 1900.)

II

ÉTUDES SUR IBSEN

Henrik JAEGER. _Henrik Ibsen_. Copenhague, 1888. Georg BRANDES. _Moderne Geister_. Francfort-s.-M., 1888. L. PASSARGE. _Henrik Ibsen_. Leipzig, 1884. B. SHAW. _Henrik Ibsen and Ibsenianism_. London, 1892. Auguste EHRHARD. _Henrik Ibsen et le théâtre contemporain_. Paris, 1892. Jules LEMAITRE. _Contemporains_. 6e série, Paris, 1892. TISSOT. _Le drame norvégien_. Paris, 1893. Gustave LARROUMET. _Nouvelles études de littérature et d'Art_. Paris, 1894. Emile FAGUET. _Ibsen (Journal des Débats)_. 11 janvier et 15 mars 1897.

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TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION.

LA VIE D'HENRIK IBSEN

CHAPITRE I.--L'enfance d'Ibsen.--La pharmacie de Grimstad. La Révolution hongroise.--Christiania.--L'école de Helraberg.--La première pièce d'Ibsen.--_Catilina_.--Ibsen rédacteur d'_Andrimmer_.--Ses premières poésies.--Ibsen metteur en scène du théâtre de Bergen (1851-1857) et directeur du théâtre de Christiania (1857-1862).--Son mariage..--_La Comédie de l'amour_.--Le subside, le _Digter gage_, du Storthing norvégien.--La guerre entre le Danemark et la Prusse. L'Exil, 1828-1864.

CHAPITRE II.--Ibsen à l'étranger: Italie, Allemagne.--L'inauguration du canal de Suez.--Voyage sur le Nil.--L'indifférence de la Norvège envers son grand poète.--Les souffrances morales d'Ibsen. 1864-1891.

CHAPITRE III.--Le retour d'Ibsen en Norvège.--Son jubilé. Sa vie actuelle. 1891-1900.

CHAPITRE IV.--Ibsen, homme et penseur.

PARTIE NÉGATIVE.--LA SOCIÉTÉ ACTUELLE

CHAPITRE I.--Le clergé

CHAPITRE II.--Les politiciens et les capitalistes

CHAPITRE III.--La presse

CHAPITRE IV.--La famille

CHAPITRE V.--La jeune génération

CHAPITRE VI.--Germes transitifs

PARTIE POSITIVE.--LA SOCIÉTÉ NOUVELLE

CHAPITRE I.--La régénération individuelle et sociale est possible; l'amour en est la première base.

CHAPITRE II.--La vérité et la lumière.

CHAPITRE III.--L'effort individuel.--La volonté, l'action, la liberté, la justice.

CHAPITRE IV.--Ce n'est pas l'individu, mais la famille, qui constitue l'unité sociale.

CHAPITRE V.--L'émancipation de la femme.--Le mariage libre.--La société nouvelle.

CONCLUSION.

BIBLIOGRAPHIE.

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AUTRES OUVRAGES DE M. OSSIP-LOURIÉ

Pensées de Tolstoï, 1 vol. in-12 de la _Bibliothèque de philosophie contemporaine_, Paris, F. Alcan. 1898.

La Philosophie de Tolstoï, 1 vol. in-12 de la _Bibliothèque de philosophie contemporaine_, Paris. F. Alcan, 1899. (Récompensé par l'Académie des Sciences morales et politiques.)

Echos de la vie, Paris.

Ames souffrantes, Paris.

L'Éternel Tourment, Paris.

Zvouki Jizni, Saint-Pétersbourg.

Narodnia Tschitalny, Moscou.

Po povodou Kreitzerevoï Sonaty, Moscou.

Aandslivet i Frankrige. (_Morgenbladet_,1898.) Christiana.