La philosophie de M. Bergson

Chapter 30

Chapter 303,609 wordsPublic domain

[62] «Le temps conçu sous la forme d'un milieu homogène est un concept bâtard dû à l'intrusion de l'idée d'espace dans le domaine de la conscience pure.» (BERGSON, _Essai sur les données_, p. 74.)

[63] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 66.

[64] «Le temps entendu dans le sens d'un milieu où l'on distingue et où l'on compte n'est que de l'espace.» (_Ibid.,_ p. 69.)

[65] «Lorsque nous parlons du temps, nous pensons le plus souvent à un milieu homogène où nos faits de conscience s'alignent, se juxtaposent comme dans l'espace.» (_Ibid.,_ p. 68.)--Que ce milieu idéal soit partiellement analogue au milieu idéal de l'espace, _oui_; identique, _non_. L'un a trois dimensions, l'autre n'en a qu'une; l'un est simultané, l'autre successif.

[66] «Si une somme s'obtient par la considération successive de différents termes, encore faut-il que chacun de ces termes demeure lorsqu'on passe au suivant, et attende, pour ainsi dire, qu'on l'ajoute aux autres: comment attendrait-il s'il n'est qu'un instant de la durée? et où attendrait-il si nous ne le localisons dans l'espace?» (BERGSON, _Ibid._, p. 60.)

[67] _Quædam sunt quæ habent fundamentum in re extra animam, sed complementum rationis eorum, quantum ad id quod est formale, est per operationem animæ, ut patet in universali ... et similiter est de tempore, quod habet fundamentum in motu, scilicet prius et posterius motus, sed quantum ad id quod est_ formale _in tempore, scilicet numeratio, completur per operationem intellectus numerantis_. (S. THOM., I dist., d. 19, q. v, a. 1.--Cf. II dist., d. XII, q. i, a. 5, ad 2.--_Phys_., lec. 3 et sq.)

[68] «Lorsqu'on fait du temps un milieu homogène où les états de conscience se déroulent (comme dans un contenant solide) on se le donne par là même tout d'un coup (?), ce qui revient à dire qu'on le soustrait à la durée. Cette simple réflexion devrait nous avertir que nous retombons alors inconsciemment dans l'espace.» (BERGSON, _Essai sur les données,_ p. 74.)

[69] «La durée interne se confond avec l'emboîtement des faits de conscience les uns dans les autres.» (BERGSON, _Essai sur les données_, p. 81.) «On peut donc concevoir la succession sans la distinction, comme une pénétration mutuelle ... d'éléments l'un dans l'autre.»--«Ils se fondent l'un dans l'autre, se pénètrent et s'organisent, sans aucune tendance à s'extérioriser les uns par rapport aux autres, sans aucune parenté avec le nombre....» (_Ibid._, p. 76, 78, 79, 87, 96.)

[70] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 79, 80.

[71] FOUILLÉE, _La Pensée et les nouvelles écoles_, p. 311.

[72] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 90.--«Il en résulte qu'il n'y a dans l'espace ni durée ni même succession, au sens où la conscience prend ces mots: chacun des états dits successifs du monde existe seul, et leur multiplicité n'a de réalité que pour une conscience capable de les juxtaposer.» (_Ibid.,_ p. 87.)

[73] Nous ne disons pas qu'il est une _cause active_, car ni l'espace, ni le temps ne sont des agents; mais ils sont la _condition_ indispensable pour que les agents de la nature puissent déployer leurs activités.

[74] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 83, 84, 90.

[75] BERGSON, _Ibid._, p. 81.

[76] _Permanentia rei in existendo_. (S. THOM, I, dist. XIX q. 1.)

[77] Nous verrons alors la vaine tentative de M. Bergson pour remplacer la substance par un Temps qui ferait «boule de neige» par la conservation du passé.

[78] Quare non male Plato ait, quum dixit sophisticam circa non ens immorari, Τὸν σοϕιστἡν περι τo μἡ ὄν διατρίβειν. _Méta_., 1. X, c. viii, § 2. Et putantes de ente troclare, de non ente dicunt, και οίόμενοι τὁ ὅν λέγειν περἱ τοϋ μἡ ὄντος λέγουσιν, _Méta_., l. III, c. iv, § 17.

[79] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 80.

[80] BERGSON, _Essai sur les données immédiates_, p. 167.--Principe réfuté plus haut, p. 75.

[81] Cette tactique n'est pas nouvelle. Leibnitz avait ainsi procédé à l'égard des disciples de Descartes, au nom des droits de la raison, et Locke au nom des droits de l'expérience.

[82] ARISTOTE, _Méta_., l. III, c. v, § 12.

[83] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 161, 165, 168.

[84] Ailleurs, il raille Kant de ce qu'au lieu de proscrire la liberté, il «la respecte par scrupule moral, et la conduit avec beaucoup d'égards dans le domaine intemporel des choses en soi, dont notre conscience ne dépasse pas le seuil mystérieux». (BERGSON, _Ibid._, p. 181.)

[85] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 177, 179.

[86] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 120.

[87] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 121, 124.

[88] M. Bergson a vainement essayé d'expliquer ces faits avec sa théorie, dans une conférence sur la _Théorie de la personne_, au Collège de France, en mai 1911 (Cf. _Etudes_, 20 nov. 1911, art. de Grivet, p. 449 et suiv.).

[89] Cette multiplicité de séries parallèles ou divergentes dans un même temps ne suffît pas à faire un _temps à plusieurs dimensions_, comme l'a imaginé Ostwald (_Esquisse d'une philosophie des sciences_), espérant faire ainsi le pendant à l'espace non-euclidien à _n_ dimensions. De même qu'une seconde, troisième ou _n_° dimension spatiale est reliée aux précédentes par un nouveau rapport spatial, ainsi une deuxième dimension temporelle devrait se relier à la première par un rapport temporel différent. Or, il n'en est rien. C'est au même moment que les séries d'états psychologiques s'écoulent simultanément. Il n'y a donc pas ici une seconde relation temporelle différente de la première. La simultanéité ne peut constituer un temps différent (Cf. LECHALAS, _Revue de Méta. et de Morale,_ sept. 1911, p. 803).

[90] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 172.

[91] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 124.

[92] Il eût été plus exact de dire que l'existence de l'être substantiel--du moi-agent--a seule une continuité nécessaire, de sa naissance à sa mort. Ses opérations, conscientes ou inconscientes, peuvent, au contraire, se succéder sans aucune continuité. De là vient qu'elles sont si souvent interrompues et reprises. Mais M. Bergson n'admettant l'existence d'aucun être substantiel, nous avons dû, pour le moment, nous placer sur son terrain et montrer que, même dans la succession continue des états de conscience, il y a distinction et multiplicité.

[93] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 134.

[94] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 136, 137, 138.

[95] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 139.

[96] «Cette figure ne me montre pas l'action s'accomplissant, mais l'action accomplie.» (BERGSON, _Ibid._, p. 137.)

[97] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 140, 141.

[98] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 151.

[99] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 140 à 151.

[100] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 143, 144.

[101] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 145, 150.

[102] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 152, 153.

[103] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 118.

[104] Ce sont parfois les monstres les plus rares de la nature qui nous font le mieux connaître ses lois. Aussi, les cas tératologiques sont-ils d'une importance capitale pour l'étude des lois biologiques.

[105] BERGSON, Essai sur les données, p. 153.

[106] Nous verrons plus tard si M. Bergson n'a pas dû modifier sur un point si important sa première opinion.

[107] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 158.

[108] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 161.

[109] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 167.

[110] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 167.

[111] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 126, 128.

[112] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 131, 132.

[113] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 129.

[114] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 128.

[115] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 134.

[116] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 164, 165. Dans l'ouvrage suivant, _Matière et Mémoire,_ p. 205, il cherche un correctif, en appelant l'acte libre «une synthèse de sentiments et d'idées», mais il revient bientôt à sa conception monistique.

[117] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 199.

[118] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 198.

[119] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 13, 257, 262.

[120] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 197, 263.

[121] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 252.

[122] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 199.

[123] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 207. «Nous n'avions pas à explorer ce domaine. Placés au confluent de l'esprit et de la matière, désireux avant tout de les voir couler l'un dans l'autre, nous ne devions retenir de la spontanéité de l'intelligence que son point de jonction avec son mécanisme corporel.» (_Ibid.,_ p. 269.)

[124] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 1.

[125] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 3.

[126] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 2.

[127] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 7.

[128] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 23, 56, 62.

[129] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 22.

[130] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 49

[131] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 262.

[132] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 199.

[133] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 31, 240.

[134] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 20, 21.

[135] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 159.

[136] «_Toutes_ les sensations participent de l'étendue; toutes poussent dans l'étendue des racines plus ou moins profondes.... L'idée que toutes nos sensations sont extensives à quelque degré pénètre de plus en plus la psychologie contemporaine. On soutient, non sans quelque apparence de raison, qu'il n'y a pas de sensation sans «extensité» ou sans un «sentiment de volume». L'idéalisme anglais prétendait réserver à la perception tactile le monopole de l'étendue, les autres sens ne s'exerçant dans l'espace que dans la mesure où ils nous rappellent les données du toucher. Une psychologie plus attentive nous révèle, au contraire, et nous révélera sans doute de mieux en mieux, la nécessité de tenir toutes les sensations pour primitivement extensives, leur étendue pâlissant et s'effaçant devant l'intensité et l'utilité supérieures de l'étendue tactile, et sans doute aussi de l'étendue visuelle.» (_Ibid.,_ p. 242, 243. Cf. p. 237.)

[137] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 50, 51.

[138] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 151.

[139] «C'est bien véritablement dans la matière que la perception pure nous place, et bien réellement dans l'esprit même que nous nous plaçons déjà avec la mémoire.» (_Ibid.,_ p. 198.) «En passant de la perception pure à la mémoire, nous quittons définitivement la matière pour l'esprit.» (p. 263.)

[140] De ces deux mémoires, l'une _imagine_, l'autre _répète_. La seconde peut suppléer la première et en donner l'illusion. «Alors le mécanisme moteur supplée l'image qui fait défaut.» (BERGSON, _Matière et Mémoire,_ p. 79, 83.) «La seconde, celle que les psychologues étudient d'ordinaire, est l'habitude éclairée par la mémoire plutôt que la mémoire même.» (_Ibid.,_ p. 81.)

[141] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 164.

[142] Cf. _Ibid._, p. 166.

[143] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 146.

[144] «Le souvenir pur est une manifestation spirituelle. Avec la mémoire, nous sommes bien véritablement dans le domaine de l'esprit.» (_Ibid.,_ p. 269.)

[145] M. Bergson a exprimé cette gradation par un graphique, p. 143.

[146] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. iii. Cf., p. 75, 124, 135, 193, 265. (C'est nous qui soulignons.)

[147] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 195.

[148] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 14.

[149] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 247.

[150] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 248 et 249.

[151] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 273.

[152] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 44.

[153] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 273, 274.

[154] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 200, 201. Cf., p. 275.

[155] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 278, 279.

[156] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 256.

[157] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 262, 263.

[158] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 245.

[159] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 278.

[160] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 248.

[161] «Esse cujusque rei consistit in indivisione; et inde est quod unumquodque, sicut custodit suum esse, ita custodit suam unitatem.» (S. THOMAS, _Sum. theol._, I°, q. xi, a. i, ad 3.)

[162] _Etudes_, t. II, _Matière et Forme_ en présence des sciences modernes.

[163] Le lecteur sait que le monisme a deux degrés: 1° Identité de nature de tous les êtres créés; 2° des créatures et du Créateur.--Nous ne parlons ici que du premier degré. Mais le premier conduit au second, car l'un et l'autre se fondent sur l'_identité des contraires et l'indifférence des différents._

[164] ARISTOTE, _De ausculta, naturæ, Physic._, l. III, c. i.

[165] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 342.

[166] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 35, 79, 263, 329.

[167] Voir cette réfutation dans notre _Théorie fondamentale_, t. Ier de nos _Etudes_, p. 62 et suiv.

[168] ARISTOTE, _Physic._, l. VIII, c. iii, §§ 2 et 6. Cf. 1. Ier, c. ii, § 6; l. II, c. i, § 6; c. iv, § 10, etc.

[169] Notons que la même solution avait déjà été indiquée par Platon: «Voici donc que le philosophe est absolument forcé de n'écouter ni ceux qui croient le monde immobile, ni ceux qui mettent l'être dans le mouvement universel. Entre le repos et le mouvement de l'être et du monde, il faut qu'il fasse comme les enfants dans leurs souhaits, qu'il prennent l'un et l'autre.» (_Sophiste,_ 248E, 249D.)

[170] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 348.

[171] Voir RIVAUD, _le Problème du devenir dans la philosophie grecque,_ p. 44, 373, etc.

[172] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 342.

[173] Voir notre _Théorie fondamentale de l'Acte et de la Puissance ou de Mouvement,_ 7° édition, in-8° de 410 pages (chez Berche et Tralin).

[174] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 295. «La _chose_ résulte d'une solidification opérée par notre entendement, et il n'y a jamais d'autres _choses_ que celles que l'entendement a constituées.» (_Ibid.,_ p. 270.) «La matière ... doit être un flux plutôt qu'une chose.» (_Ibid.,_ p. 203.)

[175] BERGSON, _Ibid._ p. 1, 2.

[176] BERGSON, _Ibid._ Cf. p. 12, 139, 203, 251, 260, 327, 342, 395, 398, etc., etc.

[177] Cf. PLATON, _Cratyle_, 402 A; 404 D; _Théat_., 152 D; 160 D.

[178] _Réplique des modernistes_, p. 10. De même LE ROY: «Le devenir est la seule réalité concrète.» (_Revue de Méta. et de Morale_, 1901, p. 418.)

[179] «Elle coule (la réalité) sans que nous puissions dire si c'est dans une direction unique, ni même si c'est toujours et partout la même rivière qui coule.» (BERGSON, _préface_ à une traduction de W. James [Flammarion, 1910, _Philosophie de l'expérience._)

[180] B. SAINT-HILAIRE, _Physique_, préface, p. xxviii.

[181] _Revue philosoph_., avril 1911, p. 354.

[182] LE ROY, _Revue de Méta. et de Morale_, 1901, p. 411.

[183] L'illusion serait due aux préjugés utilitaires de l'action! «L'immobilité étant ce dont notre action a besoin, nous l'érigeons en réalité.» (BERGSON, _Confér. d'Oxford,_ p. 20.) Comme si notre action n'avait pas un égal besoin de mobilité!

[184] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 326, 327.

[185] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 219, 220, 225, 260.

[186] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 1 à 3.

[187] «Il y a simplement (en nous) la mélodie continue de notre vie intérieure, mélodie qui se poursuit, indivisible, du commencement à la fin de notre existence consciente. Notre personnalité est cela même.» (BERGSON, _Conférences d'Oxford_, p. 26.)

[188] Cette causalité efficiente de la substance par rapport aux accidents est enseignée par saint Thomas et tous les scolastiques; la seule question en litige entre eux est celle de la nature de cette causalité. La substance joue-t-elle le rôle de cause efficiente _principale_ ou seulement _instrumentale_? Par exemple, lors de la production d'une substance, se trouve-t-on en présence de _deux_ actes, dont l'un serait la production de la substance, l'autre la génération des accidents par cette même substance (telle est la doctrine de Suarez); ou bien, n'y a-t-il qu'un _seul_ acte consistant dans la production simultanée de la substance et des accidents, avec cette réserve que la substance jouerait dans la génération des accidents le rôle d'une cause instrumentale (c'est l'opinion de saint Thomas)? Mais dans l'une et l'autre thèse, la causalité de la substance est sauvegardée, en sorte que dans les deux opinions, la nature des accidents permet de conclure par induction à celle de la substance, tandis que dans l'opinion de Kant, il serait impossible de s'élever du phénomène au noumène qui reste inconnaissable. (Cf. S. THOM., _Quodlib_, ix, a. 5;--_Sum theol.,_ p. I, q. LXXVII, a. 6, 7;--Ia IIæ, q. LXXVII, a. 1;--_De Virtut.,_ q. I, a. 3;--_De Verit_., q. xiv, a. 5;--In _IV Sent_., q. I. a. 1.--UBRABURU, _Ontol_., n. 319-325;--DE MARIA, _Ontol_., p. 578, etc.)

[189] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 3, 4.

[190] TAINE, _De l'Intelligence_, I, p. 343. Au lieu de _file_, les bergsoniens disent plus souvent _le continu_, mais la pensée est au fond la même. Pour eux, «la seule réalité est celle du continu».

[191] TAINE, _Ibid._, p. 345.

[192] Voici un aveu de M. Bergson: «La psychologie substitue donc au _moi_ une série d'éléments qui sont les faits psychiques. Mais _ces éléments sont-ils des parties_? Toute la question est là. Et c'est pour l'avoir éludée qu'on a posé en termes insolubles le problème de la personnalité humaine.... Ils cherchent le _moi_ et prétendent le trouver dans les états (ou la file des états) psychologiques.... Aussi, ont-ils beau juxtaposer des états aux états, en multiplier les contacts, en explorer les interstices, le _moi_ leur échappe toujours, si bien qu'ils finissent par n'y voir qu'un vain fantôme.... Bien vite, elle (la psychologie) arrive à croire qu'elle pourrait, en composant ensemble tous les points de vue, reconstituer l'objet. Est-il étonnant qu'elle voie fuir cet objet devant elle, comme l'enfant qui voudrait se fabriquer un jouet solide avec les ombres qui se profilent le long des murs.... L'unité du _moi_ ne pourra plus être qu'une forme sans matière. Ce sera l'indéterminé et le vide absolu.» (BERGSON, _Revue de Méta. et de Morale_, janv. 1903, p. 10, 12, 13.)

[193] «_Il y a des changements, mais il n'y a pas de choses qui changent; le changement n'a pas besoin d'un support. Il y a des mouvements, mais il n'y a pas nécessairement des objets invariables qui se meuvent: le mouvement n'implique pas un mobile_.» (BERGSON, _Conférences d'Oxford_, p. 24.) (C'est l'auteur qui a souligné.)

[194] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 325.

[195] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 270.

[196] BERGSON, _Revue de Méta. et de Morale_, nov. 1911, p. 814. De même W. James qui les appelle _une mascarade de noms_. (_Phil. de l'expérience,_ p. 200.) Même caricature dans Laberthonnière, qui ose définir l'âme: «Entité inerte qu'on imagine au-delà de la conscience (!) par-dessous (!!), comme un morceau de matière (!!!) sur lequel viendraient s'imprimer les diversités de la vie psychique....» (_Annales de philosophie chr_., nov. 1910, p. 178.) W. James, _Ibid._, appelle aussi l'âme: «Un _bouche-trou_ théorique; il marque une place et réserve cette place à une explication qui devra venir l'occuper plus tard.»--Plus tard! c'est toujours commode. En attendant, l'unité de l'agent que j'appelle mon âme explique seule l'unité de mes actions et du «courant de ma conscience».

[197] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 327.

[198] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 338.

[199] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 262, 293, 295. Cf. p. 42, 343, 390, etc. «Il n'y a pas d'étoffe plus résistante ni plus substantielle.» (p. 4.)

[200] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 2, 5.

[201] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 16.

[202] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 181, 218, 270. «Le passé fait corps avec le présent.... Ce n'est pas seulement notre passé à nous qui se conserve, c'est le passé de n'importe quel changement....» (BERGSON, _Conférences d'Oxford_, p. 33, 34.)

[203] FOUILLÉE, _Revue philosophique_, avril 1911, p. 353.

[204] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 259.

[205] PLATON, _Cratyle_, trad. de Cousin, p. 154.

[206] PLATON, _Sophiste, Ibid_., p. 263.

[207] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 14.

[208] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 148, 149.

[209] «Ma personne à un moment donnée est-elle _une_ ou _multiple_?... Je suis donc ... unité multiple et multiplicité une.... Je n'entre ni dans l'une ni dans l'autre (de ces catégories) ni dans les deux à la fois, quoique les deux réunies puissent être une imitation approximative de cette interpénétration réciproque et de cette continuité que je trouve au fond de moi-même.» (BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 280. Cf. 283.)

[210] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 295.

[211] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 222 et 226.

[212] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 219, 265, 280, 283, 292.

[213] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 18, 49, 58, 260, 367, 368, 370, 371, 372, 373, etc.

[214] «Il n'y a plus que des directions.» (BERGSON, _Ibid._, p. 17.)

[215] LE ROY, _Revue de Méta. et de Morale_, 1901, p. 305; 1907, p. 167. Cf. juill., p. 480, etc.

[216] BERGSON, _Essai sur les données_, p. 158.

[217] «Qu'est-ce que le devenir, sinon une fuite perpétuelle de contradictoires qui se fondent?» (LE ROY, _Revue de Méta. et de Morale_, 1901, p. 411.)

[218] LE ROY, _Revue de Méta. et de Morale_, 1905, p. 200-204.

[219] Voyez avec quelle énergie Aristote a stigmatisé ces sophismes, dans notre _Théorie fondamentale_, p. 82 et suiv.

[220] «Item si contradictiones simul veræ de eodem omnes, patet quod omnia erunt unum, δἦλον ὡς άπαντα ἔσται ἔν, erit etenim idem et triremis, et paries, et homo, si de omni contingit quicquam aut affirmare aut negare ... patet quod homo non erit triremis: sed est etiam, si contradictio vera est. Et jam fit quod Anaxagoras aiebat: «Simul omnes res esse», ita ut nihil vere sit unum.»--«Nam si verum est quod homo est non-homo, patet quod etiam nec homo, nec non-homo erit.» (ARISTOTE, _Méta_., l. III, c. iv, §§ 16, 19.)

[221] BERGSON. _l'Evolution créatrice_, p. 10, 366.

[222] «Accidit eis qui simul dicunt esse et non esse, magis dicere quiescere cuncta, quam moveri. Non enim est in quod quicquam mutetur, ουγαρ ἔστιν είς ὅ τι μεταβάλλει, nam omnia omnibus insunt.» (ARISTOTE, _Méta_., l. III., c. v., § 16.)

[223] «Accedit igitur id quod fertur vulgo his omnibus orationibus, eas seipsas perimere, αύτους ἐαυτους άναιρειν.» (ARISTOTE, _Méta_, l. III, c. viii, § 5.)

[224] Voici une réplique de M. Bergson: «On ne croit plus aujourd'hui que le vrai puisse être donné une fois pour toutes, saisi dans son intégralité (??) par l'effort hardi d'un vigoureux génie. Si pareille chose était possible, ce serait l'arrêt final de la pensée humaine désormais inutile.» (_Congrès de Bologne_, 10 avr. 1911.) C'est le sophisme du _tout ou rien_ que le lecteur n'aura pas de peine à démasquer.

[225] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 211.

[226] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, Introd., p. vi.

[227] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, cf. p. 393 et suiv.

[228] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, cf. p. 207.

[229] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, cf. p. 92.

[230] Cf. _l'Evolution créatrice_, p. 59, 62, 82.

[231] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, cf. p. 93.

[232] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, cf. p. 185.

[233] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 111.

[234] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 91.

[235] Cf. FARGES, _la Vie et l'évolution des espèces_, c. vii.

[236] DELAGE, _la Structure du protoplasme et les théories sur l'hérédité_, p. 184.

[237] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 92.

[238] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 141.

[239] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 92.

[240] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 114.

[241] BERGSON, _l'Evolution créatrice, Ibid_.

[242 «Comme si tout servait de moyen à tout.» (_L'Evolution créatrice_, p. 136.)

[243] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 278.