La Perse, la Chaldée et la Susiane

Part 65

Chapter 653,782 wordsPublic domain

La sculpture des Kadjars n'est pas supérieure à l'architecture. Fier de son aspect viril, Fattaly chah veut lutter de réclame avec les souverains sassanides, et, sur tous les rochers où les Chapour ont gravé leurs exploits, il fait sculpter des bas-reliefs consacrés à la glorification éternelle de ses avantages physiques. Un hiératisme particulier préside à ces compositions. A part les figures princières que les artistes paraissent avoir étudiées en vue de les rendre ressemblantes, les personnages ne varient ni dans leur attitude, ni dans leur action. Telles j'ai vu les peintures du palais du Négaristan, tels je retrouve les bas-reliefs dispersés sur les rochers qui bordent la route de Téhéran à Chiraz.

Mohammed chah vit paisiblement, et sous son règne la Perse n'a guère à souffrir que des intrigues fomentées par ses innombrables frères.

Avec Nasr ed-din éclate un grand mouvement religieux, le babysme, qui tend à la rénovation morale du pays. Pour la première fois la Perse entre franchement en communication avec les nations civilisées. Des envoyés intelligents et sans fanatisme se plient aux coutumes de l'Occident et s'installent à poste fixe en pays chrétiens. Les étrangers établis dans l'Iran sont bien reçus et bien traités, les voyageurs eux-mêmes n'ont à accuser des difficultés qu'ils rencontrent à chaque pas que le climat et la nature d'un pays peu peuplé et dénué de tout moyen de transport pratique. L'empire est uni: les tribus du Fars, du Loristan, de l'Arabistan sont soumises, si ce n'est obéissantes; ce pays, à peu près sans armée, tout à fait sans police, vit tranquille, grâce à la terreur qu'inspire une répression prompte et énergique.

Le roi lui-même ne craint pas d'affronter l'Occident; s'il ne rapporte pas de son double voyage une idée bien nette de nos mœurs et de notre civilisation, il n'en éprouve pas moins, en regagnant sa capitale, le désir de faire entrer son peuple dans une voie nouvelle et de se rapprocher de ces Occidentaux dont il vient d'apprécier le talent et le savoir. Une première tentative ne pouvait avoir un plein succès. Le roi lutte contre un clergé puissant soumis à un chef étranger, et contre des préjugés plus puissants encore que les prêtres; comment à lui seul imposerait-il des réformes qui doivent, pour être durables, devenir l'œuvre des siècles? Cette rénovation sera la gloire de ses successeurs; mais qu'ils se gardent surtout, le jour où ils seront acculés au progrès, de suivre le procédé turc et d'adopter par lambeaux une civilisation incompatible avec les mœurs des peuples musulmans. Mieux vaut un Oriental avec tous ses préjugés, mais son honnêteté native, que ces métis qui vont perdre en Europe leurs vertus nationales et rapportent de leur voyage le manteau hypocrite dont ils couvrent leurs vices afin de se faire pardonner une excursion en pays infidèles.

* * * * *

Au moment de livrer mes notes à l'impression, je me sens prise du désir de donner une conclusion à ce long voyage. Malgré les réelles jouissances que j'ai éprouvées en parcourant les monuments si remarquables de la Perse, en me réchauffant aux rayons de son soleil, en rêvant sous un ciel étoilé et brillant comme un dôme d'argent, en admirant ses bosquets de platanes, ses forêts d'orangers, ses bois de palmiers et de grenadiers, ses déserts sauvages et ses plaines fertiles, je n'oserais pas souhaiter pareil bonheur à mon plus mortel ennemi (en supposant que j'aie mérité d'avoir de mortels ennemis). Que l'infortuné s'aventure tout le long de la ligne du télégraphe anglais de Téhéran à Chiraz, je le lui permettrai encore, mais que sa mauvaise étoile ne l'amène jamais dans le Fars, dans le Khousistan ou sur les rives maudites du Karoun, ces terres d'élection des fièvres paludéennes.

J'ai payé par l'absorption de deux cents grammes de quinine le plaisir de conter mes aventures: si je fais volontiers mon deuil de la note du pharmacien, je regretterai longtemps mes forces perdues et mes yeux affaiblis.

_Vale._

Jane DIEULAFOY.

INDEX ALPHABÉTIQUE

A

AARFA, tribunal arbitral des nomades, p. 642.

ABADEH, petite ville située sur la route d'Ispahan à Chiraz, station télégraphique, p. 350.

ABAMBAR (magasin d'eau), réservoir dans lequel on conserve une provision d'eau toujours fraîche, p. 100.

ABBA, grand manteau porté par les Arabes, p. 519.

ABBAS IER (CHAH), roi de Perse, de la dynastie des Sofis, monta sur le trône en 1585. Son règne est un des plus brillants de l'histoire de la Perse moderne. Les monuments construits sous ses ordres s'étagent sur toutes les routes du Caucase jusqu'à Bagdad. Voir les chapitres d'Ispahan à partir de la p. 214.

ABBAS II, p. 254.

ABBAS-ABAD, faubourg d'Ispahan, p. 241.

ABBASSIDES, dynastie de 37 califes qui tire son nom d'Abbas, oncle de Mahomet. Elle remplaça la dynastie des Ommiades et régna de 750 à 1258.

ABDAR (celui qui a l'eau), serviteur chargé de préparer les boissons, p. 169.

AB-DIZFOUL, rivière qui prend sa source dans les montagnes des Bakhtyaris et se jette dans le Karoun, p. 694.

ABDOUL-AZIM, tombeau situé dans le voisinage de Téhéran et bâti sur l'emplacement de l'ancienne Reï, p. 136.

ABOU HANNIFA, docteur de la loi musulmane, mort en 767, p. 572.

ACH-CHAFFI, docteur de la loi musulmane (820), p. 572.

ACHÉMÈNES, fondateur de la dynastie achéménide, p. 375.

ACHPAZ (celui qui cuit la soupe), cuisinier.

ACROPOLE, citadelle d'Athènes qui renfermait le Parthénon et la statue de Minerve, p. 5.

ADIL CHAH, neveu et successeur de Nadir chah, p. 124.

ADJÉMIS, nom donné aux Persans en pays arabes, p. 544.

ADJISOU, rivière qui arrose Tauris, p. 43.

AFGHANISTAN, région montagneuse comprise entre l'Inde et la Perse, p. 241.

AGA (maître, seigneur), titre donné aux chefs de famille et porté également dans les grandes maisons par les eunuques.

AGA MOHAMMED KHAN, fondateur de la dynastie kadjar, p. 123.

AHARAM, village situé dans la plaine de Bouchyr, p. 508.

AHRIMAN, principe divinisé du mal et des ténèbres, toujours en lutte contre Aouramazda, p. 413.

AHWAS, village bâti sur l'emplacement d'une antique ville sassanide, p. 694.

AINÈ KHANÈ (maison des Miroirs), palais situé sur la rive gauche du Zendèroud, p. 325.

AKERKOUF, tour ou observatoire construit dans le voisinage de Bagdad, p. 597.

AKKAZ BACHY (photographe en chef), p. 209.

AKKAZ BACHY DOOULET FARANÇA (photographe en chef du gouvernement français), p. 435.

ALEP, la plus importante des villes de la Syrie. Soie, damas, tapis. Maladie spéciale désignée sous le nom de «bouton d'Alep», p. 580.

ALEXANDRE (le Grand) (356-323 av. J.-C), fils de Philippe de Macédoine et d'Olympias, vainqueur des Perses, p. 404.

ALHAM-DOUALLAH (grâces soient rendues à Dieu!).

ALI, neveu et gendre de Mahomet. Considéré par les Persans comme le successeur légitime du Prophète. Obtient le califat et meurt assassiné en 661. Son tombeau à Mechhed Ali est en grande vénération, p. 612.

ALI BOU SIAD, Atabeg du Fars, fondateur de la masdjed Nô de Chiraz (1300), p. 449.

ALLAH, nom particulier de Dieu: Allah seul est Dieu. Allah a tout créé; il est incréé et maître du monde.

ALLAH VERDY KHAN, généralissime d'Abbas le Grand, p. 245.

ALTESSE SUBLIME, titre adopté par Ali Mohammed quand il abandonna à Mollah Houssein le titre de _Bab_ (Porte par laquelle on arrive à la connaissance de Dieu), p. 78.

AMARAH, petite ville de fondation récente, bâtie sur les bords du Tigre, p. 551, 632.

AMER BEN LEIS, bâtit la mosquée djouma de Chiraz en 875, p. 445.

AMROU, construit au Caire la plus ancienne mosquée qui existe, p. 300.

AMYOT, évêque d'Auxerre (1513-1593), traducteur de Plutarque, p. 407.

AMYTIS, femme de Nabuchodonosor, pour laquelle furent construits les jardins suspendus, p. 620.

ANAXYRIS, nom grec du pantalon porté par les guerriers parthes, p. 401.

ANDÉROUN, partie de la maison persane exclusivement réservée aux femmes. Voir l'andéroun de Fattaly chah, p. 126.

ANDROCÉPHALE, tête d'homme, p. 395.

ANQUETIL-DUPERRON (1731-1805), premier traducteur du Zend Avesta, p. 412.

ANTÉE, géant libyen, p. 368.

AOURAMAZDA, dieu suprême de la religion mazdéique, p. 413.

APADÂNA. Ce mot qui, en langue perse, désigne la salle du trône, a passé dans l'hébreu avec le sens de tabernacle, p. 396.

ARABISTAN, nom d'une province persane située entre les montagnes des Bakhtyaris, la Turquie d'Asie et le golfe Persique. Capitale Chouster. P. 672.

ARAK, eau-de-vie de dattes.

ARARAT, haute montagne de l'Arménie, au sommet de laquelle, d'après la Bible, s'arrêta l'arche de Noé, p. 22.

ARAXE, fleuve qui prend sa source dans les montagnes situées entre Kars et Erzéroum, traverse l'Arménie à la latitude de l'Ararat et se jette dans la mer Caspienne après s'être réuni au Kour, p. 28.

ARC-DOUBLEAU, arc lancé en travers d'une nef et réunissant deux contreforts symétriques.

ARCHITRAVE, poutre de pierre posée directement sur les chapiteaux des colonnes, p. 396.

ARDÉCHIR BABEGAN, roi sassanide, fils de Sassan, père de Chapour, qui lui succéda en 240 ap. J.-C, p. 408.

ARISTOBULE, fut chargé par Alexandre de réparer le tombeau de Cyrus, p. 379.

ARISTOPHANE, grand poète comique d'Athènes. Cinquième siècle av. J.-C, p. 372.

ARRHÉPHORES, nom donné aux statues qui supportent l'entablement du portique de Pandrose joignant l'Érechthéion, p. 387.

ARRIEN, historien grec du deuxième siècle après J.-C. Auteur de l'_Expédition d'Alexandre_, p. 379.

ARTAKHCHATHRA Ier. L'Ardéchir Deraz Dast des auteurs pehlvis, l'Artaxerxès Longue-Main des Grecs, p. 72.

ARTASYRAS, satrape d'Hyrcanie, p. 381.

ARTAXERXÈS MNÉMON, roi de Perse (405 à 362 av. J.-C). Triomphe à Cunaxa de son frère, Cyrus le Jeune, et signe en 387 le traité avantageux d'Antalcidas. Sous son règne a lieu la retraite des Dix Mille, p. 664.

ARTÉMISE, reine de Carie, joignit sa flotte à celle de Xerxès lors de son expédition contre la Grèce et ne se sauva du désastre de Salamine qu'en coulant un navire perse. Elle aima un jeune homme d'Abydos, en fut dédaignée, dit la légende, lui fit crever les yeux et se précipita dans la mer du haut du rocher de Leucade.

ARYEN, peuple du nord de la presqu'île Indienne qui a couvert presque toute l'Europe, p. 372.

ASSASSINS, tribu guerrière et pillarde, p. 75.

ASSOUR-BAN-HABAL, roi d'Assyrie (667 av. J.-C), p. 396.

ASSYRIE, un des plus grands royaumes de l'ancienne Asie, aujourd'hui le Kurdistan. Capitale Ninive. P. 565.

ASTÉRABAD, ville située à l'extrémité E. du Mazendéran, non loin de la mer Caspienne. Pays occupé par la tribu kadjar. P. 124.

ASTYAGE, roi de Médie, p. 374.

ATABEG KOUMBAZ (coupole de l'Atabeg), p. 27.

ATECHGA (autel du feu), p. 286 et 389.

ATHÉNA, nom grec de la déesse que les Romains appellent Minerve.

ATOSSA, femme de Darius, mère de Xerxès, p. 666.

ATRIDES. Agamemnon et Ménélas, petits-fils d'Atrée, roi d'Argos et de Mycènes et arrière-petits-fils de Pélops. Atrée, pour se venger de son frère Thyeste, lui servit dans un repas ses deux enfants, p. 396.

ATTAR, auteur du _Colloque des Oiseaux_, p. 707.

AVAH, village situé dans la vallée qui s'étend de Saveh à Koum, p. 177.

AVESTA, p. 412. Je renverrai les personnes qui voudraient étudier le Zend Avesta et la religion mazdéique à la traduction et aux études magistrales de M. James Darmesteter, professeur au Collège de France.

AVICENNE, célèbre médecin arabe (980 à 1037), p. 438.

AX (contraire, c'est-à-dire photographie), ainsi nommé en persan parce que l'image apparaît renversée sur la glace dépolie.

AZAD KHAN, caravansérail sur la route de Bagdad à Hillah.

AZERBEÏDJAN, province située au nord-ouest de la Perse, confinant à l'Arménie russe et à la province persane du Gilan. Ancienne Atropatène des Grecs. Capitale Tauris. P. 44.

AZRAEL. L'ange de la mort joue un grand rôle dans le Koran.

B

BAB (Porte par laquelle on arrive à la connaissance de Dieu). Titre porté par Mirza Ali Mohammed au début de ses prédications et adopté successivement, depuis qu'il l'avait abandonné à Mollah Houssein, par les chefs de la nouvelle religion. P. 77.

BABIL, tumulus babylonien identifié au temple des «Assises de la terre», p. 623.

BABYSME, secte religieuse, p. 77.

BACTRIANE, province puis royaume de l'Asie ancienne, aujourd'hui le Turkestan, p. 412.

BADGUIRD (prend-vent), cheminée d'aération, p. 165.

BAGDAD, chef-lieu du pachalik de Bagdad sur le Tigre. Capitale du califat d'Orient sous les Abbassides. P. 561.

BAHARAM, roi sassanide. L'histoire des exploits et de la vie de ce souverain a été racontée par Firdouzi dans un des plus beaux chapitres du _Chah Nameh_. P. 357.

BAKCHICH, pourboire, cadeau.

BAKHTYARIS, importante tribu nomade campée sur les montagnes qui séparent l'Irak de la Susiane, p. 355.

BAKOU, port russe sur la mer Caspienne, mis en communication avec la Perse par un service de bateaux qui fonctionne entre Bakou et Recht. Voir RECHT.

BALAKHANÈ (maison haute), pièce élevée au-dessus des terrasses et percée de nombreuses ouvertures pratiquées dans la direction des vents régnants.

BANDEAU. On désigne sous ce nom, en architecture, un large décor plat.

BARICALLAH! bravo!

BASSORAH, ville relativement moderne, bâtie sur les alluvions du Chat el-Arab, p. 543.

BATCHA (enfant). Ce mot s'emploie pour désigner un enfant, et aussi pour appeler un serviteur.

BATMAN TABRISI, mesure de poids équivalant à peu près à 6 kilogrammes. Treize batmans tabrisi font une demi-charge de mulet.

BATOUM, port de mer turc sur la mer Noire où s'arrêtent les navires qui ne peuvent franchir la barre de Poti.

BAZAR, ensemble de toutes les boutiques d'une ville réunies dans un même quartier clos et inhabité la nuit.

BÉNARÈS, capitale de la province anglaise de Bénarès (Résidence de Calcutta). Ville sainte des Hindous, bâtie sur le Gange. Fabriques d'étoffes de soie et de gaze de soie lamée d'or.

BEND AKHIL, jonction de l'Ab-Dizfoul, du Chetet et du Karoun, p. 694.

BENDER ABBAS, port de mer persan sur la mer d'Oman. Sa prospérité relative date de la prise d'Ormuz sous chah Abbas le Grand, p. 471.

BENI ABOU MOHAMMED, tribu nomade campée au sud d'Amarah. Élevage des buffles, p. 552.

BENI LAAM, tribu campée sur les bords du Tigre. Les tentes du chef actuel de cette tribu, Msban, sont en général plantées près d'Amarah, p. 552.

BEPA, prends garde.

BERNIN (1598-1680), peintre, architecte et sculpteur italien. Auteur de la colonnade de Saint-Pierre et d'un grand nombre d'édifices bâtis en France sous Louis XIV, p. 288.

BIABAN, campagne, ou, pour préciser: ce qui n'est pas compris dans l'enceinte des villes.

BILDAR, possesseur d'une pelle.

BIROUN (extérieur), partie de la maison persane réservée aux hommes et affectée aux réceptions, p. 45.

BIROUNOUS (en arabe puits du milieu), caravansérail à mi-chemin d'Hillah à Bagdad, p. 611.

BIRS NIMROUD ou Tour de Babel. Voir à ce sujet les remarquables travaux consacrés par M. Oppert à l'identification du Birs avec le temple de Jupiter Bélus décrit par Hérodote, p. 617.

BISOUTOUN, rochers situés près de Kirmancha, sur lesquels est gravée, en caractères cunéiformes, une longue inscription trilingue relatant la généalogie de Darius et ses exploits, p. 375.

BOKHARA, grande ville de la Bokhari, située au nord de la Perse. Tapis estimés, p. 426.

BOLAKHI (médressè), située à Kazbin, p. 117.

BOMBAY, capitale de la Résidence de Bombay (Inde anglaise), située dans une île de la mer d'Oman.

BONIFACE VIII, pape, p. 60.

BOROU, va-t'en.

BORSIPPA, ville tantôt comprise dans les remparts de Babylone, tantôt exclue de l'enceinte de la ville, p. 620.

BOUCHYR (BENDER), port persan sur le golfe Persique. Centralise tout le commerce d'exportation et d'importation du sud de la Perse, p. 514.

BOUROUDJERD, ville située sur les limites de l'Irak Adjémi et de l'Arabistan, connue pour la fraîcheur de son climat, p. 239.

BYZANCE, ville située sur le Bosphore de Thrace. Elle prit le nom de Constantinople en l'an 328 de J.-C., lorsque Constantin y transporta la capitale de l'empire.

C

ÇABS-ABAD (Lieu-Vert), résidence d'été du consul général de Sa Majesté Britannique à Bouchyr, p. 515.

CACHCOUL, coque de fruit indien, souvent sculptée avec art, portée au bras par les derviches; elle contient en général toute la fortune de ces pieux personnages, p. 171.

CAFÉ. _Recette._--Prenez du café de couleur verte et à grains bien égaux, brûlez-le dans un poêle en fer posé sur un feu vif, et agitez les grains avec une spatule, de façon qu'ils cuisent régulièrement. Pulvérisez les grains dans un mortier de fer ou de marbre avec un pilon de fer jusqu'à ce que la poudre soit impalpable. Ayez une cafetière de cuivre à fond large et à col resserré. Remplissez-la d'eau bouillante, jetez-y le café. Mettez sur un feu doux, retirez quand le café en ébullition menace de s'échapper; remettez sur le feu et faites ainsi monter le café trois fois de suite. Puis laissez bouillir cinq ou six minutes. Faites reposer pendant trois minutes de manière que la poudre se dépose au fond. On peut à volonté sucrer le café dans la cafetière avant la dernière ébullition ou dans la tasse. Une cuillère à dessert de grains brûlés doit suffire pour une tasse de café. Il est très essentiel de ne brûler le café qu'au moment de s'en servir.

ÇAHEB (maître, propriétaire), titre donné aux Européens par les Persans.

CAIRE (LE), capitale moderne de la Basse-Égypte, bâtie non loin de Memphis, p. 300.

CALIFE (du mot arabe _khalifat_, «successeur»), titre donné aux successeurs de Mahomet.

CAMA, poignard, p. 101.

CAMBYSE Ier, père de Cyrus, enterré dans la plaine du Polvar, p. 368.

CARAVANSÉRAIL, vaste hôtellerie où s'arrêtent les caravanes, les voyageurs et les marchands. Le séjour en est gratuit si l'on n'occupe que la cour, les galeries ou les écuries publiques. On n'y trouve, en fait d'approvisionnements, que de l'eau, du bois, de la paille et quelques vivres très grossiers.

ÇAR-POUCHIDEH (Tête-Couverte), palais de Zellè sultan à Ispahan, p. 251.

CASPIENNE (MER), mer intérieure située entre la Russie à l'ouest et au nord, la Tartarie à l'est, la Perse au sud. Elle reçoit le Volga, le Kour, l'Oural, le Térek, etc. Les anciens la connaissaient sous le nom d'Hyrcanum.

CASSANDANE, femme de Cyrus, p. 382.

CATHOLICOS, chef suprême de la religion grégorienne. Il réside à Echmyazin, p. 63.

CAUCASE, chaîne de montagnes s'étendant entre la mer Noire et la mer Caspienne, de Derbend à l'embouchure du Kouban, p. 12.

CAWAS, domestique indigène mis au service des agents diplomatiques ou des consuls, p. 566.

CHAH. Le titre de _chah_ est probablement l'un des plus anciens qui soient portés par les souverains régnants. Cyrus, Darius et ses successeurs achéménides se qualifient eux-mêmes de _khchayathiyâ_ sur les inscriptions de Persépolis. Le pouvoir du chah est autocratique dans la plus large acception du mot.

CHAH NAMEH (Livre des Rois). Voir FIRDOUZI.

CHAH TAMASP rentre à Ispahan après l'expulsion des Afghans battus par son général Nadir. Il est détrôné par le vainqueur et meurt en 1736, p. 320.

CHAHZADDÈ (né de chah), prince du sang.

CHAÏ, sou de cuivre. Il y a en Perse des pièces de deux chaï, d'un chaï et d'un demi-chaï (le _poul_).

CHALDÉE, dénomination ancienne de la partie sud-ouest de la Babylonie.

CHALVAR, pantalon à pied qui s'attache à la ceinture et enferme toutes les jupes des femmes lorsqu'elles sortent, p. 110.

CHAMACH, divinité chaldéenne, p. 614.

CHAMARS, tribu campée près de Bagdad. Élevage des chevaux, p. 553.

CHAMBRANLE, encadrement d'une porte ou d'une fenêtre, p. 403.

CHAPOUR II, roi de la dynastie sassanide, fils d'Ardéchir. Guerre contre les Romains. Fait prisonnier l'empereur Valérien. Chouster devient sa capitale. Meurt en 271, p. 388.

CHARGAT, foulard de soie ou de mousseline que les femmes persanes jettent sur la tête lorsqu'elles sont à l'intérieur de leur maison.

CHAT EL-ARAB. Le Chat el-Arab commence à Kournah, au confluent du Tigre et de l'Euphrate. Son embouchure dans le golfe Persique est vaste comme une mer, p. 522.

CHECHAH, ville de Géorgie, p. 124.

CHEIKH, titre arabe réservé aux chefs de tribu, p. 526.

CHEIKH YOUSEF BEN YACOUB, enterré à Sarvistan (1341), p. 468.

CHÉKIASTÈ, écriture brisée, p. 161.

CHÉRISTAN, quartier d'Ispahan, p. 329.

CHETET, dérivation du Karoun, p. 680.

CHIITE, secte musulmane qui refuse de reconnaître comme successeurs légitimes de Mahomet les trois premiers califes Omar, Othman et Abou Bekr. Elle considère les sultans de Constantinople et du Maroc comme les détenteurs illégitimes de la succession de Mahomet et les chefs d'une religion hérétique. La religion chiite est professée par les Persans, quelques Afghans, de rares Belouchs et par le plus grand nombre des tribus arabes campées dans le voisinage de Kerbéla.

CHIRAZ, capitale du Fars, occupe l'emplacement d'une ancienne ville achéménide. Tombeaux d'Hafiz et de Saadi. Berceau du babysme, p. 418.

CHIRINI. On désigne sous ce nom les bonbons, les gâteaux, les confitures: en général tout ce qui est sucré.

CHIT, plat russe, servi au Caucase, composé d'un mélange de choux et de lait fermenté, p. 21.

CHOUMA (vous), p. 435.

CHOUSTER, capitale de l'Arabistan persan, p. 677.

CLIDDAR (celui qui a la clef), p. 628.

COLADOUN, village et plaine très fertile situés aux environs d'Ispahan, p. 270.

CONSTANTINOPLE, capitale de l'empire Ottoman.

CONTREFORT, maçonnerie saillante à l'intérieur ou à l'extérieur des murs, destinée soit à contrebuter la poussée d'un arceau, soit à consolider une muraille, p. 472.

CORBEAU, grosse console moindre en hauteur qu'en saillie, p. 603.

COUFFE, embarcation ronde faite en côtes de palmiers; elle marche en pirouettant sur elle-même, p. 562.

ÇPAHÇALAR, général en chef des armées persanes, p. 270 et 517.

CRÉSUS, roi de Lydie, p. 382.

CTÉSIPHON, ville bâtie non loin de Bagdad sur les bords du Tigre, p. 554.

CTÉSIPHON, palais élevé par Kosroès, p. 554.

CULÉE, massif de maçonnerie engagé en tout ou partie dans la berge et contre lequel viennent s'appuyer les arches extrêmes d'un ouvrage d'art.

CUNÉIFORME (en forme de clous). On désigne sous le nom de «cunéiformes» des caractères dont chaque élément affecte la forme d'un clou. Ces écritures, dérivées d'hiéroglyphes plus anciens, furent surtout employées en Chaldée, en Susiane, en Assyrie et dans l'Iran. Sauf en Perse et dans le royaume de Van, elles ont toujours été syllabiques et idéographiques, p. 404.

CYRUS, fils de Cambyse et de Mandane. Fondateur de l'empire perse. Conquiert la Médie en 559 av. J.-C. S'empare de la Lydie et de Babylone. Devient l'ami de Crésus, qu'il avait vaincu, et meurt, dit-on, en 529, dans une expédition contre les Scythes, p. 372.

D

DAKHMA (Tour du silence), tour à ciel ouvert dans laquelle les Guèbres déposent leurs morts afin qu'ils soient dévorés par les oiseaux de proie, p. 138.

DALLAK, barbier. Un barbier saigne, purge et taille la barbe et les cheveux. Dans les campagnes il remplace le médecin.

DAMGHAN, ancienne ville du Khorassan, aujourd'hui presque entièrement ruinée, p. 135.

DANIEL, prophète hébreu, fut amené captif à Babylone. Il expliqua les songes de Nabuchodonosor et, pendant le festin de Balthasar, les trois caractères mystérieux. Jeté dans la fosse aux lions, il fut miraculeusement sauvé. Il obtint de Cyrus le retour des Juifs en Palestine. On connaît deux tombeaux de Daniel: c'est peu pour un prophète, p. 660.

DARAB, petite ville du Fars. Construite probablement sur l'emplacement d'une grande ville antique, p. 375.

DARDANELLES, autrefois l'Hellespont. Détroit qui joint la mer de Marmara à celle de l'Archipel, p. 6.

DARIUS, fils d'Hystaspe, conspire contre Smerdis le Mage et lui succède en 521 av. J.-C. Divise la Perse en satrapies. Après de nombreux succès remportés sur ses peuples révoltés, il est vaincu par les Thraces. Ses généraux Datis et Artapherne sont défaits à Marathon. Meurt en 485 av. J.-C., p. 401.