La Nation canadienne Étude Historique sur les Populations Françaises du Nord de L'Amérique
Part 20
Tout n'est pas perdu cependant. Le rôle de la France peut être grand encore, si elle veut cesser de se renfermer en elle-même et suivre la conduite hardie, les larges idées qui ont fait le succès des Anglais et édifié leur puissance.
Pendant que nous nourrissions sur les colonies et sur l'expansion coloniale des idées si étroites, quelles étaient les leurs et à quels mobiles ont-ils obéi? Leur conduite a été, il faut bien le dire, totalement différente de la nôtre.
Aujourd'hui même que nous n'attachons de prix qu'à des colonies fortement centralisées, unies à nous par les liens les plus étroits, et que nous nous efforcerons jalousement d'en assimiler l'administration à celle des départements de France, redoutant le moindre signe de particularisme ou d'indépendance, les Anglais, peu soucieux au contraire du lien politique, se montrent moins fiers de régenter de nombreuses colonies que de créer des peuples puissants de leur sang et de leur civilisation.
«L'Angleterre aspire à être non la souveraine mais la mère d'une foule d'États qui, répandus sous toutes les latitudes, établis dans toutes les parties de l'univers et issus de la même origine, parlant la même langue, ayant les mêmes moeurs, pratiquant les mêmes institutions politiques, exerceraient dans l'ensemble une influence prépondérante sur les destinées du genre humain. Ce rêve ambitieux, elle en poursuit la réalisation avec une énergie qui doit donner à réfléchir à ceux qui se préoccupent de l'avenir du monde. Combien étaient-ils au commencement du siècle ceux que l'on aurait comptés comme appartenant à la race anglo-saxonne? 25 millions au plus. Combien sont-ils aujourd'hui? 70 millions au moins, et avec l'Inde ils règnent sur 200 millions de sujets!» Voilà l'appréciation que donnait déjà il y a une trentaine d'années sur la politique de l'Angleterre un écrivain de la _Revue des Deux Mondes_[187].
[Note 187: _Annuaire des Deux Mondes._]
Et ces idées, d'ailleurs, les orateurs et les hommes d'État anglais se plaisent à les affirmer bien haut: «Le grand principe de l'Angleterre dans la fondation de ses colonies, disait en 1851 M. Gladstone devant la Chambre des communes, dans un discours au sujet de la Nouvelle-Zélande, le grand principe de l'Angleterre est la multiplication de la race anglaise pour la propagation de ses institutions... Vous rassemblez un certain nombre d'hommes libres destinés à former un _État indépendant_ dans un autre hémisphère, à l'aide d'institutions analogues aux nôtres. Cet État se développe par le principe d'accroissement qui est en lui, protégé comme il le sera par votre pouvoir impérial contre toute agression étrangère; et ainsi, avec le temps, se propageront votre langue, vos moeurs, vos institutions, _votre religion_, jusqu'aux extrémités de la terre.--Que les émigrants anglais emportent avec eux _leurs libertés_, tout comme ils emportent leurs instruments aratoires: voilà le secret pour triompher des difficultés de la colonisation[188]!»
[Note 188: M. Huskisson, ministre des colonies, disait déjà devant la Chambre des communes en 1828: «L'Angleterre est la mère de plusieurs colonies, dont l'une forme aujourd'hui un des empires les plus vastes et les plus florissants de la terre; ces colonies ont porté jusqu'aux coins les plus reculés du monde notre langue, nos institutions, nos libertés et nos lois. Ce que nous avons ainsi planté a pris ou prend racine; les colonies que nous favorisons et protégeons actuellement deviendront tôt ou tard elle-mêmes des nations libres, qui à leur tour lègueront la liberté à d'autres peuples...» (GARNEAU, t. III, p. 266-267.)]
Ces larges idées sont aujourd'hui universellement admises par les Anglais, et toutes leurs grandes colonies, le Canada, Terre-Neuve, le Cap, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, sont en fait devenues, de leur propre consentement, et même avec leur encouragement et leur appui, des États presque indépendants. Cela ne les empêche pas de les compter toujours comme unies par les liens les plus forts, sinon les plus apparents de la grande patrie anglaise.
Bien mieux, les États-Unis eux-mêmes, cette République qui, il y a un siècle, s'est séparée de l'Angleterre d'une façon si violente, ils la comptent aujourd'hui dans la famille des peuples anglais, et elle se laisse elle-même de plus en plus entraîner à ce rapprochement amical.
Après la guerre d'Amérique, les Anglais s'aperçurent bien vite qu'ils n'avaient rien perdu, que la rupture du lien politique n'avait pas entraîné celle du lien commercial, et que si leur amour-propre national avait pu recevoir une blessure, leur intérêt n'avait pas été atteint: «Le résultat de cette grande querelle, dit dans ses Mémoires le duc de Levis, un des compagnons de Rochambeau, confondait encore une fois tous les calculs de la prudence humaine. Cette indépendance de l'Amérique que le commerce anglais regardait comme devant lui porter un coup fatal eut pour lui des conséquences aussi heureuses qu'imprévues. Le nombre des vaisseaux marchands, ce signe infaillible de la prospérité d'une nation commerçante, doubla en peu d'années, et l'on vit avec étonnement ces mêmes négociants de Bristol, qui trafiquaient principalement avec les colonies américaines et qui encore, à la fin de la guerre, avaient annoncé au Parlement, dans une séance solennelle, que si l'indépendance était prononcée il faudrait fermer leur port, on les vit, dis-je, demander un bill pour être autorisés à l'agrandir[189]!»
[Note 189: _Mémoires du maréchal de Levis_, p. 413. Collection Barrière.]
Que restait-il donc pour séparer les deux peuples? Une certaine rancune des hostilités subies et de la rupture imposée, mais les vestiges de cette rancune ont disparu bien vite devant la communauté des intérêts. Les relations des deux nations sont devenues, comme l'affirmait déjà en 1820 d'une façon officielle lord Canning au représentant des États-Unis, celle «d'une mère et de sa fille», et leur rôle, remarquons bien ceci, est de «marcher côte à côte pour _faire face au reste du monde_[190]».
[Note 190: Cité par GERVINUS, _Histoire du dix-neuvième siècle_, t. X, p. 383.]
Les pénibles souvenirs de la guerre sont tout à fait effacés; les tendances et les sympathies anglaises se manifestent de plus en plus dans la presse, dans la littérature et dans la politique américaines. Bien mieux, la guerre d'indépendance est non seulement pardonnée, mais presque glorifiée par les Anglais eux-mêmes, et George Washington, le rebelle de 1774, est honoré par des écrivains anglais, des historiens, professeurs dans les fameuses Universités d'Oxford et de Cambridge (ces vieilles forteresses, ces solides remparts de l'esprit anglais), comme un héros que l'Angleterre doit revendiquer et dont les actions ont contribué à sa grandeur et à son expansion!
«George Washington, Expander of England!» tel est le titre d'une conférence faite le 22 février 1886 à l'Université d'Oxford par le célèbre professeur Freeman, auteur de plusieurs travaux historiques fort sérieux et bien connus en France. «George Washington et ses compagnons»,--j'emprunte ici les expressions mêmes du professeur,--«en travaillant au démembrement de l'empire anglais, ont travaillé à l'expansion de l'Angleterre!» et le conférencier explique ainsi sa pensée: «Sûrement les Anglais de ces treize États qui, par malheur, eurent à combattre l'Angleterre _pour avoir le droit d'être Anglais_ et de jouir de tous les privilèges de ce titre, n'ont pas pu cesser d'être Anglais justement parce qu'ils ont conquis ces droits. Leurs pays sont devenus des _colonies du peuple anglais_ dans un sens bien plus vrai depuis qu'ils ont cessé d'être des _dépendances de l'Angleterre_.
«Voyez la bannière des États-Unis, comptez les étoiles qui la constellent, représentant chacune un des États de la Confédération, nommez-les par leur nom: le nom de chacune d'elles est celui d'une libre république du peuple anglais! Ne voyez-vous pas là l'expansion de l'Angleterre dans sa forme la plus haute? Tant qu'elles ont dépendu de l'Angleterre, ces provinces sont demeurées timidement enfermées entre l'Océan et la barrière des monts Alleghanis. Devenues indépendantes, elles ont trouvé ces frontières trop étroites, elles sont allées de l'avant et ont pris possession du continent, elles ont porté avec elles notre commune langue et notre commune loi au delà des montagnes, au delà des fleuves, au delà de montagnes plus grandes encore, au delà de l'Océan lui-même, jusqu'à ces extrêmes frontières d'Amérique qui de loin regardent l'Asie!
«Nous sommes fiers aujourd'hui d'écrire l'histoire des _Anglais en Amérique_. D'autres plumes dans l'avenir auront à écrire celle des _Anglais en Australie_ et celle des _Anglais en Afrique_... Je ne verrai peut-être pas ce jour, mais la plupart d'entre vous le verront sans doute (il s'adressait aux étudiants), où l'oeuvre de Washington sera répétée, mais d'une façon pacifique et sans effusion de sang, alors que, à côté du _Royaume de la Grande-Bretagne_ et des _États-Unis d'Amérique_ pourront se dresser comme des «homes» anglais indépendants les _États-Unis d'Australie_, les _États-Unis de l'Afrique du Sud_ et les _États-Unis de la Nouvelle-Zélande_, tous liés les uns aux autres par des liens communs et fraternels, unis aussi à leur commune mère par une loyale reconnaissance sans lui être politiquement soumis[191].»
Voilà les larges idées dont s'imprègne, dans les universités[192], dans celle de Cambridge, où domine l'esprit whig, aussi bien qu'à Oxford, où règne l'esprit tory, la jeunesse anglaise, la nation de demain. La jeune école historique s'étonne de l'aveuglement des historiens anglais du commencement du siècle qui, dans l'histoire d'Angleterre au dix-huitième siècle, n'ont aperçu que les luttes politiques et qui, absorbés en entier par les débats du Parlement, ont passé sous silence l'admirable mouvement d'expansion que leur patrie commençait à cette époque.
[Note 191: FREEMAN; Georges WASHINGTON, _Expander of England_.]
[Note 192: M. Seeley, professeur à l'Université de Cambridge, a publié sur le même sujet et dans les mêmes idées un intéressant ouvrage sous le titre: _Expansion of England_.]
L'expansion de l'Angleterre, la fraternité du sang, les libres colonies anglaises, ce sont là des expressions qui sont aujourd'hui dans toutes les bouches. Mais qu'on ne croie pas que cette satisfaction platonique soit le seul avantage qu'attendent les Anglais.
Certes, c'est quelque chose que cette puissance morale que donne à la patrie la présence sur tous les points du globe de nations issues d'elle, reliées à elle par des liens plus ou moins relâchés au point de vue politique, mais fort étroits encore au point de vue plus important des moeurs et des idées. Le peuple anglais en garde à bon droit une légitime fierté, mais son intérêt y trouve son compte en même temps que son orgueil. Les relations commerciales survivent au relâchement et même à la rupture du lien colonial. Bien qu'elles soient depuis longtemps absolument émancipées au point de vue économique, bien que toutes elles soient libres de régler elles-mêmes et leur régime commercial et leurs tarifs douaniers, les colonies anglaises demeurent, en fait, en étroites relations d'affaires avec la métropole.
Pour les États-Unis eux-mêmes, c'est encore avec l'Angleterre que se fait la moitié de leur commerce total[193].
[Note 193: RECLUS, _Géographie universelle_. États-Unis, p. 744.]
En même temps qu'une augmentation de puissance morale, en même temps qu'une augmentation de richesses, ces colonies indépendantes ne procurent-elles pas à l'Angleterre une augmentation de puissance matérielle, leurs intérêts commerciaux se confondant avec les siens, ne demeureront-elles pas nécessairement des alliées naturelles dans tous les conflits qui pourraient se produire?
Le principe de l'indépendance coloniale n'est plus contesté par personne en Angleterre, et ceux que leurs tendances entraîneraient le plus à des idées de centralisation, les partisans eux-mêmes du projet un peu chimérique de Fédération impériale ne vont pas au delà, dans leurs plans les plus audacieux, de réclamer la formation, entre toutes les colonies, d'une sorte de ligue qui ne restreindrait en rien l'autonomie particulière de chacune d'elles, et n'ajouterait pas grand chose au lien moral, mais indiscutable, qui existe déjà.
Quelle différence avec les idées qui ont cours en France! et quel est celui de nos publicistes ou de nos hommes politiques qui oserait, comme le font chaque jour pour leurs colonies les publicistes et les hommes d'État anglais les plus autorisés, émettre seulement la possibilité de l'indépendance future des colonies françaises?
Entre deux conceptions si opposées de l'expansion coloniale, l'histoire tout entière, la puissance de l'Angleterre, son influence dans le monde, nous disent quelle est la bonne.
Le Français qui aime son pays et voudrait le voir grand parmi les nations s'afflige, en parcourant des yeux la carte de l'univers, d'y trouver trop peu de ces «libres colonies du peuple français», par lesquelles se propage «notre langue, nos moeurs, nos institutions et notre religion, jusqu'aux extrémités de la terre», de ces libres nations que les Anglais, eux, ont semées tout autour du globe et dont ils sont si fiers.
Sur quelques points pourtant le patriote français peut, lui aussi, arrêter avec fierté son regard. La France elle-même a donné naissance à de jeunes nations qui comptent parmi les plus avancées, les plus actives, et qu'elle peut revendiquer avec orgueil. La plus belle, la plus grande et la plus prospère d'entre elles, c'est ce Canada français qu'a méprisé Voltaire, mais que nous retrouvons aujourd'hui grand, glorieux, et toujours fier de son ancienne patrie. Séparé d'elle à jamais par les liens politiques, il lui demeure uni par les liens bien plus forts de l'histoire et du patriotisme. Si l'on peut relever dans une partie de la presse canadienne des attaques à l'adresse des institutions gouvernementales qu'à tort ou à raison il nous a plu de nous donner, ces polémiques ne diffèrent en rien de celles dont la moitié de notre presse elle-même accable ces institutions. Pouvons-nous faire un reproche aux Canadiens de dire de nous ce que nous en disons nous-mêmes? Jusque dans leurs attaques ils demeurent Français. Leurs divisions, leurs luttes, leurs inimitiés ne sont pas autres que les nôtres; vous pouvez, près de beaucoup d'entre eux, dire tout le mal que vous voudrez du gouvernement français, mais auprès d'aucun ne dites de mal de la France!
«Notre destinée, dit M. Chauveau, séparée depuis si longtemps de la sienne, s'y rattache encore par des liens mystérieux et invisibles; que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, nous ne pouvons nous empêcher de nous réjouir avec elle, de nous affliger avec elle, de nous humilier avec elle, et, s'il nous échappe quelques paroles amères à son adresse, elles sont dues à notre amour qui nous fait sentir, comme si elles étaient faites à nous-mêmes, les mutilations qu'elle s'inflige dans le délire des révolutions.»
Ces sentiments, rien ne les déracinera du coeur des Canadiens; vouons donc à leur patrie un amour égal à celui qu'ils conservent à la nôtre. Ces deux patries d'ailleurs ne sont-elles pas communes, et le Canada français n'est-il pas resté, malgré la conquête, la plus belle, non pas des possessions françaises, mais des «libres colonies du peuple français»?
Une terre où résonne notre langue, où le culte de la France est si pieusement gardé, n'est-elle pas une terre française bien plus que celles que nous conquérons et que nous gouvernons sans y implanter notre race et y propager notre sang?
Tâchons de nous pénétrer des larges idées de nos voisins; cessons de croire que là où est l'hôtel du gouverneur et la caserne, où sont la direction des douanes, les bureaux et les administrations, là est la colonie. Non: la colonie est là où est le peuple, là où sont les colons. Si le peuple est français, quels que soient les liens de protectorat politique qui l'attachent à une nation étrangère, c'est là, dans le vrai sens du mot, une colonie française. A ce titre, réjouissons-nous de la formation de la jeune nation canadienne; elle fait partie de la patrie française, applaudissons à ses progrès et efforçons-nous de les encourager.
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE
ORIGINES ET ÉVOLUTION HISTORIQUE DE LA NATION CANADIENNE
CHAPITRE PREMIER
LES ORIGINES.
François Ier et Jacques Cartier.--Henri IV et Champlain.--Le fort de Québec.--Mesures coloniales de Colbert.--Peuplement.--Convois de colons.--Le régiment de Carignan.--Colonisation militaire.--Les mariages.--Explorations et découvertes.--Le Mississipi.--Marquette et Joliet.--Cavelier de la Salle.
CHAPITRE II
LA COLONISATION.
Défrichements.--Concessions de terres.--Système seigneurial.--Condition sociale des seigneurs canadiens.--Leurs droits et leurs devoirs.--Obligation du moulin banal.--Droits et devoirs des censitaires.--Existence laborieuse des seigneurs canadiens.--Défaut de la colonisation française.--La centralisation.
CHAPITRE III
PERTE DE LA COLONIE.
Les mesures de Colbert sont abandonnées au dix-huitième siècle.--Projets de M. de la Galissonnière sur la vallée du Mississipi écartés.--La guerre de Sept ans.--Mme de Pompadour et la politique continentale.--Situation désespérée du Canada.--La catastrophe.--Mort de Montcalm.--La capitulation et la paix de 1763.
CHAPITRE IV
L'ANGLETERRE S'ATTACHE LES CANADIENS. LA FRANCE LES OUBLIE (1763-1778).
Humiliation de la France.--Incroyable indifférence de l'opinion publique.--Quel appui demeure aux Canadiens?--Le clergé.--La révolte des colonies anglaises d'Amérique force la générosité de l'Angleterre envers les Canadiens.--L'acte de Québec, 1774.--Étrange engouement des Français pour la liberté américaine.--Tout pour les Américains, rien pour les Canadiens.--Étonnement des Anglais devant la politique française.--Par le traité d'alliance de 1778 avec la République américaine, la France s'engage à ne pas reprendre le Canada!
CHAPITRE V
DES RIVAUX AUX CANADIENS.--LES LOYALISTES (1778-1791).
Formation de cantons anglais sur les confins du territoire occupé par les Canadiens-Français.--Rivalité des deux populations.--Nécessité de ménager l'une et l'autre.--Projet de Pitt.--Formation de deux provinces.--Constitution de 1791.--Le clergé catholique rallié au gouvernement anglais.
CHAPITRE VI
GAULOIS CONTRE SAXONS.--LA RÉVOLTE DE 1837.
Opposition de l'oligarchie anglaise du Canada à la constitution de 1791.--Contraste entre la politique généreuse du gouvernement anglais et la haine de cette oligarchie contre les Canadiens.--Systématiquement écartés du pouvoir, les hommes d'action canadiens deviennent des hommes d'opposition.--Papineau.--Exaspération des esprits.--Révolte de 1837.--Les Canadiens trouvent en Angleterre de généreux défenseurs.--Lord Gosford et lord Brougham.--Répressions sanglantes au Canada.--Excitations haineuses de la presse: «Balayons les Canadiens de la surface de la terre.»--Les gibets.--La sympathie se réveille en France pour les Canadiens.--La _Gazette de France_.--Les Canadiens ont un drapeau!
CHAPITRE VII
MALGRÉ LA RÉPRESSION, LES CANADIENS PROGRESSENT. RÉGIME DE L'UNION DES PROVINCES (1840-1867).
Constitution adoptée en 1840 dans le but avoué d'anéantir l'influence des Canadiens-Français.--Triple injustice de cette constitution.--L'influence politique des Canadiens n'en est pas atteinte.--Gouvernement généreux de lord Elgin.--Fureur de l'oligarchie anglaise: «Ceux qu'on voulait écraser dominent!»--Le maintien de l'Union des provinces devient impossible.--Recherche d'une solution.--Organisation de la Confédération des colonies anglaises de l'Amérique du Nord.--Les Canadiens y entrent, non plus en vaincus, mais en égaux.
CHAPITRE VIII
L'AUTONOMIE DU DOMINION.
Sir John A. Macdonald et son oeuvre.--La Confédération.--Sa constitution.--Indépendance presque absolue vis-à-vis de l'Angleterre.
CHAPITRE IX
L'AUTONOMIE DES CANADIENS-FRANÇAIS. LA PROVINCE DE QUÉBEC.
Étendue des pouvoirs réservés aux provinces.--Autonomie de la province de Québec vis-à-vis du gouvernement fédéral.--Les Canadien-Français chez eux.
DEUXIÈME PARTIE
ÉTAT ACTUEL, AU POINT DE VUE MATÉRIEL ET MORAL, DE LA NATION CANADIENNE TERRITOIRE--POPULATION--SENTIMENT NATIONAL
CHAPITRE X
LE TERRITOIRE DES CANADIENS ET SA RICHESSE.
Étendue.--Grandes villes.--Québec et Montréal.--Beauté du Saint-Laurent.--Lacs, forêts, montagnes, rivières.
CHAPITRE XI
LA FORÊT ET LES FORESTIERS.
Importance de l'exploitation forestière.--La vallée du Haut-Ottawa.--Vie des bûcherons canadiens.--Un chantier.--Produits de la forêt.--Le _dravage_ et les _cages_ de bois.--Les scieries d'Ottawa et de Hull.
CHAPITRE XII
LE PRÊTRE COLONISATEUR ET LE COLON.
Zèle pour la colonisation.--OEuvre patriotique et religieuse.--Mgr Labelle.--Courageuse persévérance du colon canadien.--Difficulté des défrichements.--Moyens employés.--Rancune du colon contre la forêt.
CHAPITRE XIII
LA LÉGISLATION FAVORISE LA COLONISATION.
Lois relatives à la propriété.--Suppression du système seigneurial (1854).--Mode de concession des terres.--Conditions imposées aux colons.--Garanties et avantages qui leur sont assurés.--Régime municipal.
CHAPITRE XIV
MARCHE DE LA COLONISATION.
Richesse des anciennes paroisses.--Contrées récemment colonisées: lac Saint-Jean, le Témiscamingue, presqu'île de Gaspé..
CHAPITRE XV
INDUSTRIE ET COMMERCE.
Importance du mouvement commercial.--Principales industries.--La province de Québec détient l'entrée du Canada.--Elle est maîtresse du commerce de transit.--Voies de communication.--Navigation maritime et fluviale.--Chemins de fer.--Le territoire occupé par les Canadiens-Français est propre au développement d'une grande nation.
CHAPITRE XVI
POPULATION CANADIENNE FRANÇAISE DANS LES PROVINCES DE QUÉBEC ET D'ONTARIO.
Accroissement merveilleux de la population canadienne-française.--Chiffres donnés par les statistiques.--Aveux des Anglais.
CHAPITRE XVII
LES ACADIENS.
Populations françaises des provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.--Origine et histoire des Acadiens.--Persécutions surmontées.--Leur état actuel.
CHAPITRE XVIII
POPULATIONS FRANÇAISES DU MANITOBA ET DES TERRITOIRES DU NORD-OUEST.
L'Ouest des Grands Lacs.--Description de la prairie.--La traite des fourrures.--Rivalité des compagnies de la baie d'Hudson et du Nord-Ouest.--Les Indiens et les voyageurs.--Formation de la race métisse.--Les métis français, leur fierté.--Entrée des territoires de l'Ouest dans la Confédération.--Louis Riel.--La province de Manitoba.--État actuel des populations françaises.--Les _territoires_ d'Assiniboïa, Alberta et Saskatchewan.--Nouvelle révolte des métis.--Supplice de Riel.--Persécutions actuelles contre l'élément français.
CHAPITRE XIX
AUX ÉTATS-UNIS, LES CANADIENS DE L'OUEST.
L'émigration des Canadiens aux États-Unis.--L'Ouest américain a été une terre française.--Depuis la conquête anglaise les Canadiens ont continué à s'y porter.--Les Canadiens à Chicago.--A Dubuque.--A Milwaukee, à Saint-Paul, etc.--Rude existence des Canadiens de l'Ouest.--Saint-Paul en 1852.--Les traîneaux à chiens.--État actuel des populations canadiennes de l'ouest des États-Unis.
CHAPITRE XX
CANADIENS DANS LA NOUVELLE-ANGLETERRE.
Leur vie est moins aventureuse que celle des Canadiens de l'Ouest, mais ils s'établissent d'une façon plus solide dans le pays.--Leurs progrès constatés par les Américains eux-mêmes.--Décadence de la population de souche américaine.--Influence générale des Canadiens dans l'Union.
CHAPITRE XXI
PATRIOTISME ET SENTIMENT NATIONAL DES CANADIENS.