La maison d'un artiste, Tome 1
Part 9
PIERRE (_Jean-Baptiste Marie_). Le remplaçant et le continuateur de Boucher, un dessinateur dont les dedans sont un peu vides, mais un contourneur élégant et joliment maniéré de l'humanité de son temps. Ses femmes nues sont très désirables avec leur petite gorge drue, leur corps allongé dans la rondeur, leur derrière en poire, et l'élève de Natoire n'est point encore trop maladroit au tortillage d'une toilette d'homme ou de femme de son temps. Ce dessin du «Peintre sicilien» catalogué plus bas, je me vois toujours l'achetant, au temps des ventes fastes et secourables aux désargentés, en cette vieille maison du fond de la rue de Vaugirard, cette maison toute bondée de dessins et de gravures, et où les lots de choses d'art semblaient ne pouvoir s'épuiser: la maison de Villenave. Je le payais, mon Pierre, je crois, quelque chose comme 7 francs, et je l'achetais aux côtés de M. Reiset, qui, encore plus heureux que moi, acquérait là, pour moins de cent francs, deux Watteau qui sont aujourd'hui deux des joyaux de la collection du duc d'Aumale.
--Le gentilhomme Adraste aux genoux de l'esclave grecque dont il vient d'ébaucher le portrait.
Dessin sur papier blanc à l'encre de Chine, rehaussé de blanc de gouache.
Signé dans le dos d'une chaise: _Pierre_.
Dans la marge du dessin est écrit: LE SICILIEN. _Eh bien, allez, oui, j'y consens._
H. 22, L. 27.
--La Folie faisant fuir la Religion. En bas, un prêtre renversé, un soldat se tordant les mains, un laboureur levant les bras au ciel, un magistrat à genoux regardant la Religion s'envoler. Allégorie satirique contre la philosophie et l'irréligion du ministère Maurepas, Sartine, Miromesnil.
Dessin lavé à l'encre de Chine relevé de plume.
Signé au crayon dans la marge de l'ancienne monture: _Pierre, le merc(redi) 1er février 1775_.
H. 32, L. 27.
--Une jeune femme vue de dos, peignant un paysage posé sur un chevalet.
Sanguine.
Signé à l'encre: _Pierre_.
H. 23, L. 18.
PILLEMENT (_Jean_). Un chinoiseur faisant de la chinoiserie rococo au goût du temps, et de petits paysages proprets avec un crayon taillé menu, menu, menu.
--Un pont à l'arche de pierre rompue et remplacée par une passerelle en bois; au premier plan, un homme monté sur un âne qu'il pousse à coups de bâton.
Dessin à la pierre noire.
Signé: _J. Pillement, 1769_.
H. 16, L. 23.
--Une masure au bord d'une rivière; sur une estacade une femme qui file debout, la quenouille à la main.
Dessin à la pierre noire.
H. 16, L. 23.
PORTAIL (_Jacques-André_). Des deux crayons ayant l'air de dessins de la vieillesse de Watteau--qui n'en eut pas,--des dessins hésitants, tâtonnés, et comme tracés par des doigts un peu tremblants, et jamais, sans cette belle audace même dans la maladresse, qu'ont parfois et Pater et Lancret; des dessins cependant tout pleins, dans une interprétation ingénue et plaisamment maladroite, de la physionomie du XVIIIe siècle. Longtemps ces deux crayons se vendaient sans qualification. Ce n'est qu'en 1851, à la vente du baron de Silvestre, que l'apparition d'une dizaine de ces dessins, sauvés des soixante-neuf ramassés par son grand-père, le Maître à dessiner des enfants de France, réapprenait aux amateurs et aux marchands le nom du _bonhomme_ Portail. On remarquera qu'en général les dessins de Portail sont seulement à la sanguine et à la pierre noire sans mélange de craie. Indépendamment de ces deux crayons, Portail, dont le titre était «peintre de fleurs», a exécuté, à l'aquarelle et à la gouache, de nombreuses et savantes études de fleurs, de plantes même de légumes, dont quelques-unes, indépendamment d'une série de miniatures, passaient à la vente de M. de Menars. Elles sont la plupart, maintenant, je crois, en la possession du marquis de Chennevières.
--Portrait du peintre, en buste, vu de trois quarts et tourné à gauche, la tête un peu soulevée, une joue appuyée sur sa main droite.
Dessin à la pierre noire et à la sanguine avec quelques touches de lavis à l'encre de Chine.
Une inscription d'une écriture du temps porte dans la marge: _Dessiné par M. Portail, de l'Académie royale de peinture et sculpture, premier dessinateur du cabinet du Roi, garde des plans et tableaux de la couronne_.
Vente Aussant.
H. 22, L. 17.
--Deux négrillons en costume de porte-queues de robes, et coiffés du casque à la moresque orné de panaches; ils sont accoudés à une table de toilette, sur laquelle il y a posés un pot à l'eau et une cuvette.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire.
H. 27, L. 25.
--Une dame en grands paniers, assise dans une chaise, une canne à la main, causant, la tête retournée, avec un gentilhomme appuyé au dossier.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire.
Collection Niel.
H. 30, L. 24.
--Un jeune homme assis, jouant de la flûte, auquel un autre homme, appuyé au dossier de sa chaise, présente la partition.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire.
H. 26, L. 22.
--Jeune fille, vue à mi-corps, en déshabillé et regardant dans son corset qu'elle soulève de ses deux mains.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire.
Étude pour la miniature portant le n° 329 du marquis de Menars, ainsi décrite: «Une jeune fille assise et en déshabillé. Elle ouvre sa chemise et paraît y regarder attentivement.»
H. 26, L. 19.
PRUD'HON (_Pierre-Paul_). Le dernier dessinateur de la grâce.
--Accroupie sur ses pieds, un ruban lui servant de guides, Psyché est traînée par l'Amour à genoux et dont les mains sont enchaînées derrière le dos.
Dessin à la pierre d'Italie sur papier jaunâtre.
Ce dessin est le modèle du bras de fauteuil pour l'ameublement de l'impératrice Marie-Louise, fondu par Thomire.
Porte la marque de M. His de la Salle qui avait fait un échange avec Blaisot.
H. 21, L. 36.
PUJOS. Le portraitiste de _Belle et Bonne_, dessinateur consciencieux, appliqué, au crayonnage un peu froid, mais adroitement contre-taillé.
--Portrait de Sue, représenté dans une houppelande à collet de fourrure, et tenant de la main gauche une tête de mort.
Dessin à la pierre d'Italie.
Dans la tablette de l'écriture du peintre: SUE, CÉLÈBRE ANATOMISTE, et au-dessous: _Dessiné par son ami Pujos en 1785_.
Vente Capé.
H. 19, L. 13.
--Buste de femme, un pouf jeté sur le haut des cheveux et coiffée avec deux coques derrière l'oreille. Elle est habillée d'un peignoir bordé d'une ruche, et à son cou se voit le cordonnet d'un médaillon.
Dessin sur papier jaunâtre à la pierre d'Italie, relevé de craie.
Signé dans la marge: _L. Pujos... en 1775_.
H. 14, L. 14 (ovale).
QUEVERDO (_François-Marie-Isidore_). Le dessinateur, dont j'ai vu dans ma jeunesse, chez Mayor, deux dessins qui, s'ils n'avaient été signés, auraient été pris, par tout le monde, pour des Eisen,--le dessinateur devenu, dans les dernières années du XVIIIe siècle, l'affreux illustrateur que l'on connaît.
--Le Coucher de la mariée. Une femme entourée de ses chambrières, dont l'une tient une bougie, et qu'un homme agenouillé sollicite d'entrer au lit.
Lavis au bistre mélangé de carmin et rehaussé de blanc de gouache.
Signé dans l'encadrement carré fait à l'ovale du dessin par le dessinateur: _Queverdo 1762_.
H. 20, L. 18.
--Dans un confessionnal fait en treillage et fleuri de plantes grimpantes et couronné de deux pigeons qui se becquètent, un moine confesse une jeune villageoise qui s'essuie les yeux, tandis que de l'autre côté son amoureux attend son tour. A droite et à gauche du dessin, un groupe de berger et de bergère, couchés à terre, qui s'embrassent.
Lavis de bistre sur trait de plume.
Gravé sans nom de dessinateur et de graveur dans les imageries de Basset, sous le titre de: LA BELLE PÉNITENTE, avec des vers au bas qu'on chantait sur l'air du _Confiteor_.
H. 15, L. 28.
RANC (_Jean_). Peintre de portraits, élève de Rigaud. Il a laissé, de ses portraits à l'huile, des études crayonnées aux ombres légères et comme effacées, et dont l'éclairage de craie semble exécuté sur une contre-épreuve.
--Une vieille femme, au triple menton, à la coiffure basse, un pan de draperie jetée sur l'épaule droite. Elle est représentée vue de face dans le cadre d'un œil de bœuf architectural.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
H. 23, L. 17.
ROBERT (_Hubert_). L'artiste qui a inventé la ruine _spirituelle_, le crayonneur agréable, l'aquarelliste à l'aquarelle à la fois délicate et décoratoire. En dehors de ses villas italiennes, Hubert Robert a donné, sur notre ancien Paris, quelques dessins inspirés par une démolition, par un incendie, par une catastrophe montrant le monument ruineux et pittoresque, dessins où il apporte son talent prime-sautier dans la représentation de localités qui ne sont guère peintes que par un Raguenet.
--Un portique de villa italienne surmonté d'une terrasse, et dans la niche duquel tombe l'eau d'une fontaine. Un gentilhomme, le chapeau sous le bras, et donnant le bras à une dame en mante noire, s'apprête à monter un escalier s'ouvrant entre deux statues antiques; au premier plan, une femme puise de l'eau dans un chaudron, près d'une mère qui tient son enfant par les lisières.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé: _H. Robert 1763_.
H. 34, L. 21.
--Jardin d'une villa italienne, où un escalier, au bas duquel est couché un Fleuve sur son urne, mène à une fontaine monumentale retombant en cascade; en bas, le long d'un mur, aux bas-reliefs encastrés, deux femmes arrangent des arbustes dans de grands pots de terre rouge.
Aquarelle.
Signé: _H. Robert fecit 1770_.
H. 21, L. 22.
--Escalier monumental que gravit une Italienne, son enfant sur le bras; au premier plan près d'un sphinx de bronze vert jetant de l'eau dans une vasque, une femme, accoudée sur une borne, tient un petit chien dans ses bras.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé: _H. Robert_.
H. 33, L. 28.
--Vue de l'intérieur d'un cellier romain où un gros chien a pour niche un tonneau; une femme, un marmot sur le bras, monte un escalier, où un enfant, assis sur une marche, mange sa soupe.
Croquis sur un large frottis de sanguine, lavé de bistre et relevé de plume.
H. 36, L. 47.
--Vue, prise sous une arche du Pont-Neuf, du Pont-au-Change tout chargé de maisons; une grande estacade à droite au pied de laquelle sont amarrés des bateaux; au premier plan, un groupe de trois hommes dont l'un tient une ligne.
Croquis à la pierre noire.
Portant la marque FR.
H. 31, L. 46.
--Vue de l'Hôtel-Dieu, après l'incendie de 1772; une échelle est appliquée contre l'arceau du milieu; au premier plan, un groupe de deux femmes et d'un homme.
Sanguine.
H. 28, L. 36.
--Vue de la démolition du cimetière des Innocents. Par la baie d'une arche ogivale, on aperçoit une tour au-dessus du cloître dont la partie supérieure est déjà démolie; au milieu de la cour, amoncellement de poutres et de débris; au premier plan, un homme regardant appuyé sur le mur d'appui.
Sanguine lavée d'encre de Chine, relevée de plume et rehaussée de blanc de gouache.
H. 37, L. 29.
SABLET _le jeune_. Des dessins nobles, des études d'après nature qui rappellent des académies d'atelier.
--Une vieille femme aux pieds nus, en costume de la campagne romaine, représentée de profil, tournée à gauche et tendant la main.
Lavis à l'encre de Chine.
H. 35, L. 27.
SAINT-AUBIN (_Gabriel_). Un gribouilleur de génie, dans les croquis, les croquetons duquel il serait possible, en les gravant, de reconstruire une _Illustration_ du XVIIIe siècle, qui aurait ses légendes toutes faites avec le bavardage écrit de la main de l'artiste-croqueur, en marge, au dos, au revers, et même à travers le crayonnage et la peinturlure de ses dessins d'après nature.
--Portrait d'Augustin de Saint-Aubin enfant, dormant tout habillé sur un tabouret; dans le coin, à gauche, une répétition plus étudiée de la tête du dormeur.
Dessin à la pierre noire.
Au dos, de la fine écriture d'Augustin: _Étude faite d'après nature par Gabriel de Saint-Aubin en 1747 d'après son frère Augustin qui lui servait de modèle_[32].
H. 21, L. 19.
[32] Le couteau maladroit du monteur de dessins a rogné la première ligne de cette note.
--Portrait de Louis XVI dans un cadre, au bas duquel jouent deux amours, au milieu d'attributs et de médaillons représentant des épisodes de la vie du monarque.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir et frotté de blanc, signé: _Gabriel de Saint-Aubin f. 1770_. Il a écrit en bas: LOUIS-AUGUSTE, DAUPHIN DE FRANCE. _Marié le 16 may 1770_, et ajouté plus tard: ROI _le... 1774_.
H. 33, L. 22.
--Deux études du portrait de Young.
L'une représente l'écrivain dans un médaillon, au bas duquel est une lampe, un sablier et une tête de mort servant d'encrier; l'autre le montre dans un médaillon soutenu par un Génie, avec au bas une Muse la tête voilée de noir, une plume à la main.
Le premier dessin est à la pierre d'Italie et à la sanguine relevé d'encre; le second est à la pierre d'Italie.
Tous les deux sont signés. Le second porte au bas trois lignes au crayon, qui commencent ainsi: _Gabriel de Saint-Aubin l'ami de Young_...
Le premier a été gravé par Augustin de Saint-Aubin, en tête de la traduction des Nuits de Young, par Letourneur, 1770.
H. 14, L. 8.
--La Vierge exposant l'Enfant Jésus à l'adoration d'un moine et d'une sœur. Le sujet principal est entouré de quinze petits médaillons à la plume, représentant quinze épisodes de la vie du Sauveur.
Dessin lavé sur crayon noir à l'encre de Chine.
Signé: _G. d. S. A._
Vente Pérignon.
H. 20, L. 18.
--Matathias renversant les idoles et massacrant les prêtres.
Dessin à la plume, lavé d'aquarelle avec rehauts de gouache.
Vente Pérignon.
H. 17, L. 23.
--La mort de Germanicus.
Dessin à la plume, lavé sur frottis de sanguine, et rehaussé de gouache.
Gravé sous le n° 44 de l'illustration faite par Gabriel Saint-Aubin de «l'Abrégé d'histoire romaine», publié chez Nyon.
H. 21, L. 16.
--Une châsse promenée à la porte d'une église par le clergé.
Dessin à la pierre noire, relevé de plume.
Projet de tableau, ainsi que l'indique la mention de _14 pieds_, écrite en bas, au crayon, par Gabriel de Saint-Aubin.
H. 5, L. 10.
--Les Dimanches de Saint-Cloud.
Dans une allée de boutiques, au milieu du cercle fait par la foule, un homme et une femme dansent aux accords d'un joueur de violon et d'un harpiste.
Bistre relevé de plume.
Signé au bas, à gauche: _Gabriel de Saint-Aubin del._, et sur le toit d'une boutique: _Vu à Saint-Cloud le 12 septembre 1762. G. de S. A._
H. 20, L. 28.
--Vue du Pont-Neuf et de la Samaritaine prise au quai de la Mégisserie à l'époque où se construisaient, sur les demi-lunes du pont, les _guérites_ dont la location fut affermée par le Roi, au profit des veuves de l'Académie de Saint-Luc. Sur le premier plan un marché aux fleurs, une rixe de femmes, un groupe de racoleurs.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire, accentué de plume.
Signé: _G. de Saint-Aubin 1775_.
Ventes Brunn-Neergaard, Sylvestre[33].
H. 23, L. 38.
[33] Il existe un faux dessin de ce sujet, ou du moins un dessin qui a été poussé au fini, sur un léger croquis de Gabriel.
--Pitres de parade se fendant pour un assaut, gros abbé le nez en l'air, vieillard vu de dos dans un grand manteau, savoyard sautillant sur un pied, femme assise sur un banc soulevant son enfant pour voir.
Feuille de croquis sur papier grisâtre, à la pierre noire, rehaussés de blanc.
Étude pour la «Vue des Boulevards» de Gabriel de Saint-Aubin, gravée sans titre par Duclos.
H. 43, L. 26.
--Deux vues du Wauxhall.
Dessin à la plume sur un dessous de crayon lavé.
Sur l'un de ces dessins on lit, de l'écriture de Saint-Aubin: _Vue du salon des Muses faite au Wauxhal par Gabriel de Saint-Aubin, 1769, avec indication de café turc et de restaurateur_.
H. 5, L. 10.
--Vue des tables d'un café des boulevards, devant lequel défilent des carrosses.
Croquis au crayon noir rehaussé de blanc.
Vente Pérignon.
H. 14, L. 19.
--Dans le fond l'École-Militaire, au premier plan une foule immense regardant, du quai, un bateau au milieu de la Seine.
Dessin à l'aquarelle repris de plume.
En bas, de l'écriture du dessinateur: _Bateau insubmersible de M. de Bernière éprouvé le 1er août. Gabriel de Saint-Aubin, 1776. Le véritable honneur est d'être utile aux hommes. Pour la société établie à cette fin, 1776._ (Voir sur cette expérience les «Mémoires de la République des lettres» à la date du 4 août 1776.)
H. 19, L. 14.
--Un laboratoire de chimie, au manteau du fourneau décoré d'une figure allégorique présentant un miroir à Vulcain. Au-dessous sont groupés, autour d'une table, des savants, des femmes, des abbés, au milieu desquels on remarque un seigneur au grand cordon en sautoir. Un homme tient une cornue entre ses mains. C'est sans doute la chambre d'expérimentation du chimiste-amateur, le duc de Luynes, où se lit sur une porte sculptée: _Au Sage_.
Dessin à la pierre noire, relevé de quelques coups de plume.
Signé: _G. S. A. 1779_.
Vente Pérignon.
H. 18, L. 12.
--Sous un ciel, où les Naïades versent la pluie avec des arrosoirs, et où les Vents soufflent la tempête, des jouteurs de régates de la Seine s'avancent, leurs lances de bois appuyées sur la cuisse. Au premier plan, un cabriolet stationnant à côté d'une ancre.
Dessin à la pierre noire, relevé de plume, lavé d'aquarelle et de gouache dans le ciel.
Signé: _G. de S. A._
Vente Pérignon.
H. 22, L. 18.
--Danse d'hommes et de femmes dans des arbres, au pied de statues, avec un fond de ciel qui semble éclairé d'illuminations et de lueurs de feux d'artifice.
Dessin sur papier gris à la pierre noire, rehaussé de craie et de quelques touches de pastel dans le fond.
On lit dans le ciel de ce dessin représentant sans doute quelque réjouissance publique: _le Retour désiré_.
Vente Pérignon.
H. 22, L. 28.
--Le Salon de 1757. Plusieurs personnes, parmi lesquelles se trouve un Turc, sont arrêtées devant une statue de Vénus.
Dessin à l'encre de Chine sur trait de plume.
En bas, au crayon de la main de Gabriel: _Salon de 1757, figure de M. Mignot_. C'est la figure ainsi mentionnée au livret de l'exposition: «Vénus qui dort. Cette figure est de la même proportion que l'Hermaphrodite antique et doit faire son pendant, par M. Mignot, agréé.»
H. 14, L. 16.
--Une jeune femme dessinant dans un atelier une statuette de Vénus, posée sur un guéridon. Un peintre, la main qui tient sa palette, posée sur l'épaule de la femme, lui indique, de son autre main, une correction.
Dessin sur papier jaunâtre à la pierre noire, éclairé d'un frottis de craie.
H. 21, L. 15.
--Trois jeunes filles dessinant sur un coin de table.
Dessin à la pierre noire, relevé de plume.
On déchiffre à peu près, sur ce dessin, de la main de Gabriel: ... _Pour Mme J. G. Colignon de Freneuse_; et en bas, sous la jeune fille de premier plan: _pied en l'air_.
H. 17, L. 11.
--Dans un appartement aux lambris sculptés, au mobilier somptueux, un commissaire verbalisant avec son clerc à une table, tandis qu'un soldat aux gardes saisit dans un secrétaire une boîte, en présence d'un homme en robe de chambre et en bonnet de coton.
Lavis à l'encre de Chine sur un frottis de sanguine.
Portant la marque du chevalier Damery.
H. 24, L. 19.
--Une femme donnant de la bouillie à un enfant, renversé sur ses genoux.
Dessin sur papier bleu à la pierre noire, rehaussé de craie.
Signé: _G. de S. A. 1773_.
H. 28, L. 20.
--Une femme assise, un pied sur un tabouret, lisant dans un livre.
Contre-épreuve d'un dessin à la pierre noire, avec, en marge de la femme, des croquetons à la plume et au crayon.
H. 23, L. 18.
--Deux hommes assis sur des chaises, à l'entrée d'une grande allée d'arbres; à côté d'eux deux femmes couchées à terre.
Dessin à la pierre noire, lavé d'encre de Chine et d'une coloration bleuâtre. Au dos du dessin, croquis de statue à la plume et tête d'homme baissé et paysage au crayon.
H. 18, L. 11.
--L'Étude et les Amours cherchant à arrêter le Temps, un pied posé sur les constitutions des Jésuites.
Dessin estompé au crayon noir.
Signé: _G. de S. A._
Ce grand dessin académique, dont le dessinateur semble avoir eu une sorte d'orgueil, porte en bas, de la main de Gabriel: _Bon à coler derrière mon portrait_.
H. 54, L. 43.
--Un Génie ailé, à la main une trompette de Renommée, montrant un portrait lauré, et repoussant du pied l'Envie et la Haine.
Dessin lavé de bistre sur papier bleu, rehaussé d'aquarelle et de gouache.
Signé: _Gabriel de Saint-Aubin f._ avec la mention: POUR LE PRINCE DE LA PAIX.
Vente Peltier.
H. 24, L. 21,
--La Ville de Paris, figurée par une déesse tenant une rame, et montrant à une femme qui serre deux enfants sur sa poitrine, la colonne de l'hôtel de Soissons, encastrée dans les nouvelles Halles aux grains et aux farines. En haut, un petit dessin architectural de l'encastrement.
Dessin au crayon et à la plume, lavé de bistre et d'encre. Au revers, sur un fond aquarellé de bleu, le crayonnage d'un homme assurant un lorgnon dans son œil, à côté d'un autre homme couché sur un banc; autour d'eux, plusieurs objets d'art.
Nombreuses écritures sur le dessin du recto, et au verso, à côté d'une petite statuette religieuse, deux fois dessinée: _Bronze à Saint-Jean par..... le 1er octobre 1769_.
Allégorie relative à l'érection de la colonne donnée par Bachaumont à la ville de Paris, et dont le dessin destiné aux «Étrennes françoises» dont Gabriel Saint-Aubin a fait presque toute l'illustration, a été remplacé par un Gravelot.
H. 18, L. 12.
--Études d'amours pour un plafond, avec la composition du milieu cherchée deux fois, d'une manière différente.
Dessin moitié à la sanguine relevé de plume, moitié au lavis d'encre de Chine sur crayonnage à la pierre noire.
Signé: _G. de Saint-Aubin_, 1779.
Ce dessin porte en bas de la main de Gabriel: _pour le plafond de....._ Serait-ce un plafond pour l'hôtel de M. d'Angiviller, dont le nom se trouve dans un cartouche sur lequel est assis un amour?
H. 18, L. 14.
--Près d'une femme, un personnage grotesque et coiffé d'une calotte, tenant renversée une marotte à laquelle se suspend un amour.
Dessin à la pierre noire.
Signé: _G. de S. A._ et griffonné, en marge, de chiffres, d'écritures, d'adresses, de recettes de peinture.
Vente Pérignon.
H. 18, L. 13.
--Dans un appartement à colonnes et où la porte est surmontée d'un groupe de deux amours, deux hommes causant debout, une main de l'un posée sur la main de l'autre.
Dessin à la pierre d'Italie, relevé de quelques traits de plume.
Signé: _G. de Saint-Aubin del._
Gravé par Augustin de Saint-Aubin pour L'INTÉRÊT PERSONNEL, _acte II, scène II_.
H. 12, L. 7.
--Neuf compositions pour l'illustration de _Zadig_ de Voltaire.
Gribouillis à la plume, dont un seul est légèrement lavé d'encre de Chine.
H. 10, L. 8 (forme ovale).
--Trois dessins d'armoiries: deux différents pour les armes de Madame de Pompadour, un pour les armes de son frère, M. de Marigny.
Trois dessins au crayon, à la plume, lavés d'encre de Chine, sur papier et sur peau vélin.
Signé au bas des deux poissons de Marigny: _G. S. A._
H. 6, L. 12.