La maison d'un artiste, Tome 1

Part 8

Chapter 83,725 wordsPublic domain

Ce dessin, exposé au Salon de 1781, a été gravé de la même grandeur par Malbeste, sous le titre: LA REVUE DU ROI A LA PLAINE DES SABLONS.

Vente Le Bas.

H. 35, L. 74.

--Dans la basilique de Reims, le roi Louis XVI prêtant entre les mains de l'archevêque «le serment du royaume».

Dessin lavé de bistre sur trait de plume.

Signé: _J. M. Moreau le Jeune, 1775_.

Première idée de la scène gravée avec changement et ampliation à droite, sous le titre: LE SACRE DE LOUIS XVI, _dessiné d'après nature et gravé par J. M. Moreau le Jeune, dessinateur et graveur du cabinet du Roi, 1779_.

H. 37, L. 49.

--La reine Marie-Antoinette allant, le 21 janvier 1782, rendre grâce à Notre-Dame et à Sainte-Geneviève pour la naissance du Dauphin. Partie de la Muette, ayant pris ses voitures au rond du Cours-la-Reine, elle passe sur la place Louis XV, dans un carrosse attelé de huit chevaux blancs, et suivi des cent-gardes du corps du Roi. Le dessin est pris de la terrasse du palais Bourbon, où des curieux pressés contre la balustrade regardent le défilé et la foule immense de l'autre côté de la Seine. Dans le coin, à gauche, le prince de Condé et le duc de Bourbon causent, les mains dans des manchons, avec un groupe de femmes.

Dessin lavé à l'aquarelle sur trait de plume.

Ce dessin, qui faisait partie des dessins commandés à Moreau pour perpétuer le souvenir des journées des 21 et 23 janvier 1782, n'a point été gravé. Est-ce le dessin lavé offrant une vue perspective de la place Louis XV prise de la terrasse du palais Bourbon, que Thierry place dans le boudoir du palais?

H. 45, L. 105.

--Diane,--Iphigénie,--Oreste,--Thoas,--Garde de Thoas,--Scythe.

Dessins à l'aquarelle sur trait de plume.

Signés tous les six: _J. M. Moreau le Jeune, 1781_.

Recueil des costumes commandés par l'Académie royale de musique à Moreau, pour monter l'opéra d'«Iphigénie en Tauride», dont la première représentation eut lieu le 23 janvier 1781.

H. 23, L. 16.

--Un pont en bois jeté sur une petite île et reliant les deux rives d'une rivière ombragée d'arbres, où se tiennent des pêcheurs à la ligne.

Dessin à l'encre de Chine.

H. 26, L. 35.

MOREAU _l'aîné_ (_Louis_). Un des gouacheurs les plus habiles, les plus légers, les plus pimpants, et le paysagiste qui, pour moi, a seul rendu la gaieté et le riant de la campagne parisienne. Les deux gouaches de ma collection sont de la plus belle qualité du Maître. Le jour où je les vis à l'exposition du boulevard des Italiens en 1860, ce fut chez moi un désir fou de les posséder. Et ce désir était de temps en temps réveillé par une vente que faisait, par-ci par là, leur possesseur, le miniaturiste Carrier: une vente où les gouaches désirées n'apparaissaient jamais. J'en étais venu à des vœux homicides, et étais presque tenté d'imiter ce monsieur, auquel un de mes oncles avait enlevé aux enchères une paire de cornets de Chine d'un rouge très laid, mais introuvable; pendant plusieurs années, il vint tous les ans s'informer chez le concierge si mon oncle était encore vivant. Enfin M. Carrier mourait en 1875, et les aquarelles étaient vendues; mais cette fois, au lieu de les acheter 2 ou 300 francs, leur valeur en 1860, j'étais forcé de les payer 1,325 francs.

--Entrée d'un parc auquel mènent cinq marches, à gauche une rangée de caisses et de pots de fleurs. Dame, une ombrelle à la main, dont un serviteur porte la traîne.

Gouache.

Signé: _L. M. 1780_.

Vente Carrier.

H. 29, L. 23 (ovale).

--Intérieur de parc, où, sous un arbre penché, se voit le départ d'une rampe d'escalier, surmontée d'une pomme de pin en pierre. Bergère assise, une houlette en travers des genoux; un berger lui offre un bouquet de fleurs.

Gouache.

Signé: _L. M. 1780_.

Vente Carrier.

H. 29, L. 22 (ovale).

--Jardin chinois, où s'élève au milieu des arbres une pagode à clochetons; une gondole à l'ancre dans une pièce d'eau. A droite, au premier plan, un gentilhomme donne des ordres à un jardinier; à gauche, un homme, une bêche à la main, est assis sur un rouleau à fouler le gazon.

Aquarelle légèrement gouachée.

H. 39, L. 32 (ovale).

NATOIRE (_Charles_). Le Boucher de la seconde moitié du siècle, mais n'ayant de son prédécesseur, et de seconde main encore, que la pratique et la convention, et rien de ce que Boucher avait vu de la nature, même avec ses yeux du XVIIIe siècle.

Toutefois il y a, dans l'œuvre de Natoire, des paysages romains, amusants, spirituellement décoratifs, faits d'un rien d'aquarelle et de gouache jeté sur une feuille de papier bleu couverte d'un croquis à la plume: des dessins que le peintre aimait, collectionnait, et dont on vendait une suite de 160 à sa mort.

--Dessin allégorique pour la naissance d'un dauphin de France. Un génie dans une draperie fleurdelysée, présentant un nouveau-né à l'Olympe trônant sur les nuages, sous les yeux d'une femme assise, au manteau doublé d'hermine, et entourée des Muses. Au premier plan, à droite, les nymphes de la Seine offrant des fleurs, à gauche, une caverne où rentrent les génies de la Discorde, au milieu des amours jouant avec des globes terrestres et des télescopes.

Aquarelle sur crayonnage.

H. 43, L. 69.

--Deux figures de femmes couchées sur les nuages et représentant: le Printemps, l'Été.

Lavis au bistre sur papier bleu avec rehauts de blanc de gouache[29].

Ces deux dessins ont été exécutés pour des plafonds.

H. 20, L. 25.

[29] Ces deux dessins sont d'une manière un peu différente de la manière de Natoire, d'un faire plus italien, mais je les tiens pour de parfaits Natoire. Reconnaître un dessin écrit avec l'écriture de tous les jours d'un peintre, ce n'est pas absolument difficile pour un amateur qui vit dans les dessins; mais reconnaître un dessin, où le maître a modifié sa manière, a varié ses procédés: voilà quelle doit être l'ambition du connaisseur!

--La Muse de la musique entourée d'amours, une main sur une lyre, l'autre soutenant la bande d'une partition qu'un amour déroule dans le ciel.

Dessin sur papier bleu à la pierre d'Italie rehaussé de craie.

Dessin d'un dessus de porte.

H. 21, L. 29.

--Vue de la villa d'Este. Au premier plan une femme agenouillée donnant à boire à des chèvres, et sur le piédestal d'une louve allaitant Rémus et Romulus, un homme jouant de la guitare.

Croquis à la plume lavé d'aquarelle et de gouache sur papier bleu.

Signé: _Villa d'Est. magio 1766 C. N._

H. 30, L. 47.

NATTIER (_Jean-Marc_). Le portraitiste auquel est attribué un certain nombre d'études rapides, enlevées d'une manière similaire, mais dont on n'a pas retrouvé, que je sache encore, la peinture ou la gravure d'aucun de ces jets sur le papier[30]. A ces études de portraits se trouve réunie dans ma collection, une grande machine décorative, une de ces compositions avec lesquelles Nattier, qui se levait de fort bonne heure, amusait ses matinées avant l'arrivée de ses modèles du grand monde.

[30] Cependant on parle d'une étude faite dans ces conditions, et où Nattier a écrit sur le dessin, avec son orthographe singulière: _Madame de Pris--filles de M. de Pleneuse--estant jeune, lorsque j'ay--fait toute la famille de--M. de Pleneuse_.

--Une femme à mi-corps, assise de face sur une chaise, le haut du corps un peu penché à droite, en train de faire de la frivolité.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Vente Villot[31].

H. 33, L. 30.

[31] Catalogué sous le nom de Roslin.

--Un homme à mi-corps, de profil, tourné à droite, la tête retournée et vue de trois quarts, un carton sur les genoux, à la main un compas avec lequel il trace une figure géométrique.

Dessin sur papier bleu à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Vente Villot.

H. 30, L. 25.

--Triomphe d'Amphitrite; au-dessus de la conque traînée sur les eaux, une grande voile déployée dans le ciel que soulèvent et tendent des amours.

Lavis d'encre de Chine sur trait de plume, avec dans certaines parties des rehauts de blanc de gouache. Le dessin a été mis au carreau.

Signé au dos du dessin: _J. M. Nattier invenit et delineavit 1758_, et, d'une écriture du temps, au crayon: _Peint en 1759_.

Vente Peltier.

H. 29, L. 52.

NORBLIN (_Jean-Pierre de la Gourdaine_). Un faiseur de taches à l'encre de Chine, à l'imitation des taches au bistre faites par Fragonard; un crayonneur gras et croquant à la mine de plomb, à l'imitation des crayonnages de Fragonard à la sanguine.

--Un cabaret où un homme cherche à embrasser une femme qui se défend.

Une course à la bague dans la campagne, où l'on voit au premier plan un homme caracolant, armé d'une lance.

Deux croquetons à la mine de plomb.

H. 10, L. 17.

--La Main-chaude. Sous de grands arbres, au milieu d'une nombreuse compagnie, une jeune fille frappant dans la main posée sur le dos d'un homme, dont la tête est cachée dans les jupes d'une femme.

Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume, en forme d'écran.

H. 29, L. 27.

--Le Jeu de bascule. Sous de grands arbres, des jeunes filles et des jeunes gens se balançant sur un tronc d'arbre basculant.

Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume, en forme d'écran.

H. 29, L. 27.

OLIVIER (_Michel-Barthélemy_). Des dessins non signés, que les marchands ont offerts pendant longtemps aux amateurs, sous des attributions absurdes, et que les amateurs n'achetaient pas, les croyant fabriqués par un faussaire: ces dessins ayant quelque chose d'une modernité suspecte. Enfin, il y a une quinzaine d'années, dans une vente, je crois, d'un descendant d'Olivier, arrivait aux enchères un lot de ses eaux-fortes et de ses dessins, dont quelques-uns étaient la première idée de quelques-unes des eaux-fortes. Ce jour-là on était fixé sur ces dessins inconnus, on avait à faire à Olivier, le peintre officiel du prince de Conti, l'auteur des curieux tableaux du _Thé à l'anglaise dans le salon des Quatre-Glaces au Temple_, de la _Fête dans le Bois de Cassan à l'Ile-Adam_. Les dessins d'Olivier sont de petits, petits, petits dessins, à la recherche d'intentions spirituelles, et s'appliquant à rappeler dans le mélange de la sanguine, du crayon noir, de la craie, l'esprit et la couleur des dessins de l'école de Watteau. Quelquefois même des touches de pastel viennent s'ajouter aux trois crayons et agrémenter les études du peintre galant du Temple, d'un coloriage léger et gai. Très souvent aussi, à l'imitation de Watteau, le sujet principal est accompagné du crayonnage d'une tête, d'un bras, d'une main, d'un croqueton qui fait contraste avec l'étude terminée.

--Deux femmes de profil, tournées à gauche, se promenant. Elles sont habillées en grand habit avec des plumes dans les cheveux; l'une d'elles tient à la main un éventail fermé. Sur le fond est jetée une étude de tête.

Dessin aux trois crayons sur papier chamois.

H. 24, L. 17.

--Femme assise à terre, coiffée d'un papillon, elle est entourée d'études de bras et de mains.

Sanguine; trois des études de bras et de mains sont à la pierre d'Italie.

H. 15, L. 20.

--Femme assise, les jambes allongées, une main tendue et montrant quelque chose dans le lointain.

Dessin sur papier gris, à la pierre d'Italie et à la sanguine rehaussé de pastel.

H. 13, L. 21.

--Rose endormie, couchée sur une chaise longue, un livre tombé de ses mains; du dessous de ses jupes remontées, son petit chien _toutou_ aboie après un garçonnet penché sur le dossier et regardant les mollets de la belle.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, frotté de sanguine et rehaussé de blanc.

Ce dessin, en hauteur, a été gravé en largeur avec de nombreux changements et l'introduction d'une fille de chambre, sous le titre: _le Sommeil interrompu_. Il ne porte ni nom de dessinateur ni nom de graveur, dans sa marge qu'emplissent vingt-cinq vers.

H. 32, L. 26.

OUDRY (_Jean-Baptiste_). On disait, de son temps, Oudry encore plus attaché à ses dessins qu'à ses tableaux, et que, de ses dessins, il composait des portefeuilles de cinquante morceaux variés, de manière que celui qui en possédait un seul, avait un échantillon de tous les genres embrassés par le peintre. En effet, l'illustrateur des Fables de la Fontaine est universel, mais plus particulièrement paysagiste et avant tout animalier. Dans ses dessins d'animaux presque toujours exécutés sur papier bleu, à la pierre noire avec rehauts de craie, il apporte une habileté dont le seul défaut est peut-être la constante égalité, le faire uniformément semblable, une perfection qui vous laisse sans surprise. Ses dessins aux beaux écrasements de crayon noir dans l'ombre, aux détails simplifiés dans les clairs,--et tout lumineux des lumières posées par l'homme qui peignait des oiseaux blancs sur fond blanc,--arrivent à une unité d'effet extraordinaire et sous des apparences faciles, à ce résumé concret de l'objet représenté que donne seul un savoir énorme. Et les heureux et magistraux dessins qu'a laissés ce dessinateur toujours occupé à crayonner, ce dessinateur «des perdrix au plumage bizarre, des cerfs à tête singulière» tués par le Roi, ce dessinateur de tous les animaux inconnus et étranges arrivant à la ménagerie de Versailles. Ce sont de pittoresques accumulis de poissons qui lui faisaient faire, au dire des «Mémoires des Académiciens», dix voyages à Dieppe pour les dessiner dans toute leur fraîcheur; ce sont de ces _buffets_ ou de ces dispositions de deux pièces de gibier, accrochées à un clou au-dessus d'une tablette garnie de victuailles ou d'accessoires, d'une touche de crayon qu'on supposerait être celle de Chardin; ce sont de savantes études de chiens, de la grosse bête chassée par la vénerie royale, etc. Et même le paysagiste n'est pas à dédaigner: ses dessins de grands parcs avec un bout d'escalier, avec un angle de terrasse à balustres, se font remarquer tout de suite par une connaissance de l'anatomie de l'arbre, une science de ses embranchements, et encore par un éclairage du dessous des grandes futaies qui n'appartiennent qu'à Oudry.

A propos des dessins à la sanguine d'animaux d'Oudry, on doit se défier de certains dessins un peu dans sa manière, mais d'un crayonnage plus maigre, et qui sont du nommé Dugommer; quant à ses paysages à la pierre d'Italie, sur papier bleu, il faut prendre garde à quelques dessins de Pierre, moins libres cependant que ceux d'Oudry, mais qui a travaillé d'après nature à Arcueil, dans l'ancien parc du prince de Guise, et reproduit les mêmes motifs que son confrère. Enfin il ne faut pas craindre d'acheter des paysages d'Oudry dans lesquels se promènent des personnages de l'Empire: un marchand du commencement du siècle qui en possédait un certain nombre, ayant eu, pour les vendre, l'idée de faire peupler leur vide et leur solitude, par un artiste contemporain dont on m'a dit le nom que j'ai oublié.

--Un chien barbet surprenant un cygne sur ses œufs.

Dessin sur papier bleu, lavé à l'encre de Chine, rehaussé de gouache.

Signé: _Oudry fecit pour présent_.

Dessin du tableau exposé au Salon de 1742 et peint pour la salle à manger de M. Bernard l'aîné.

H. 35, L. 40.

--Attaque d'un loup par trois dogues.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc et de quelques touches de pastel.

H. 44, L. 27.

--Dans l'angle ruineux d'un parapet donnant sur la mer, un amoncellement de poissons surmontés d'un congre et d'une anguille de mer ficelés à un clou; sur le parapet, un perroquet.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Signé à la plume: _Oudry, 1740_.

Vente Andreossy.

H. 31, L. 43.

--Un baquet débordant de poissons de mer répandus à terre; sur un bout de mât où sèche un filet, un perroquet.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Signé à la plume: _Oudry, 1740_.

Vente Andreossy.

H. 31, L. 40.

--Un canard et un lièvre accrochés à un clou; en bas, des bouteilles, du pain, du fromage.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Dessin du tableau peint pour le dessus de cheminée de M. Jombert, libraire, et exposé au Salon de 1742.

H. 39, L. 22.

--Dans une niche de buffet, un faisan et un lièvre accrochés à un clou; sur la tablette, gigot, volaille piquée, cardons, bouteilles et panier.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Signé: _J. B. Oudry, 1743_.

Dessin du tableau fait pour la salle à manger de M. Roettiers, orfèvre du Roi, et exposé au Salon de 1753. Il y a quelques changements dans les accessoires.

H. 35, L. 26.

--Un chien à côté d'un tabouret de canne où sont posés une musette, des estampes, un livre.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Dessin du tableau pour devant de cheminée exposé au Salon de 1742 et acquis par M. Watelet. Le tableau est aujourd'hui au château de Jeand'heurs appartenant à M. Léon Rattier.

H. 24, L. 33.

--Vue d'un parc terminé par une terrasse à balustres donnant sur une rivière.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Signé: _J. B. Oudry, 1744_.

Vente Guichardot.

H. 32, L. 53.

PAJOU (_Augustin_). Un sculpteur qui dessine avec le pittoresque, le _brio_ d'un dessinateur de profession. Ses dessins, qui ne sont pas très communs, sont généralement lavés d'un chaud bistre sur un trait de plume.

--Projet d'une fontaine à têtes de béliers et à godrons, surmontée d'un cygne, et dont la panse, où deux amours s'embrassent, est soutenue par deux satyres. Le socle est formé par trois cariatides à queue de serpent.

Bistre sur trait de plume.

Signé: _Pajou_.

Vente Tondu.

H. 32, L. 18.

--Projet de brûle-parfum, au couronnement formé d'un amour et de deux satyres.

Bistre sur trait de plume avec rehauts de blanc de gouache.

H. 14, L. 18.

--Dans un fronton, accoudées à un écusson vide et couronné de fleurs de lys, les figures de la Prudence et de la Libéralité.

Sanguine.

Ce dessin, très terminé, est le projet définitif, et tel qu'il a été exécuté, du fronton du pavillon de droite du Palais-Royal, sur la place.

H. 22, L. 59.

PARIZEAU (_Ph.-L._). Des dessins de paysage où tout est gracieux: les arbres, les bêtes, les paysans.

--Une chaumière, où une femme, assise dans la baie de la porte, est entourée de petits enfants jouant sur le seuil.

Sanguine.

Signé sur le mur de la chaumière: _Ph. L. Parizeau_, 1775, _près Longjumeau_.

Étude par Parizeau, dans un voyage avec Wille, et dont Wille donne les étapes dans ses «Mémoires», à la date du 3 septembre 1775.

H. 18, L. 43.

PARROCEL (_Charles_). Le peintre de l'entrée de l'Ambassadeur turc, le coloriste, dont les yeux semblent avoir toujours gardé la mémoire de ces tableaux de Bourguignon faits sur cuir doré, et où l'or, épargné par la peinture, faisait les cuirasses; le dessinateur dont la plume et la sanguine ont une sorte de _furia_, le croqueur instantané habitué à saisir le galop d'un cheval, et qui, en ses hâtifs et cursifs et carrés dessins, rencontra quelquefois de petits cavaliers au torse superbe, aux pans d'habits renflés, qui ont quelque chose du crayonnage de Watteau.

--La course de la bague, avec la _tête du pistolet_, _la tête de l'épée_, _la tête de lance_, _la tête de Méduse_, etc.

Sanguine.

Gravé à l'eau-forte par Parrocel, en réduction et avec quelques petits changements dans «l'École de cavalerie» par M. de la Guerinière, vol. Ier, p. 30.

Vente Le Bas, où ce dessin était catalogué sous le n° 37.

H. 26, L. 46.

--Un palefrenier étrillant un cheval.--Une échoppe de regrattier.--Un maréchal-ferrant travaillant la mâchoire d'un cheval.

Lavis d'encre de Chine sur trait de plume.

Ces trois dessins sont gravés dans une suite d'après le Maître.

H.17, L. 13.

PATER (_Jean-Baptiste_). En dépit de la disproportion des parties d'un corps, d'un dégingandement parfois singulier de ses figures dessinées, Pater est le dessinateur qui approche le plus de son Maître. Il ne vous trompera pas avec un de ses trois crayons,--là Watteau défie tout le monde;--mais le plus fin connaisseur pourra être pris à un croquis, à un croqueton à la sanguine, tant l'élève s'est assimilé le jet et le ressentiment du contour de Watteau. Disons ici que c'est tout à fait une rareté que de rencontrer un dessin qui soit la première idée presque complète d'un tableau de Pater; on ne connaît guère de lui que des études de figures isolées. Sous le nom de Pater je catalogue, avec une espèce de certitude, un lavis dont pour moi le pointillage du pinceau a la plus grande analogie avec le faire du crayonnage du dessinateur; toutefois, pour affirmer d'une manière positive mon attribution, il aurait fallu voir des lavis de ce maître parfaitement authentiques, et je n'en connais pas.

--Un couple assis sur un tertre et devisant; dans le fond, à gauche, un galant dont la tête n'est indiquée que par un ovale, caressant la gorge d'une femme qui se défend.

Dessin aux trois crayons sur papier chamois.

Première idée du tableau gravé par Filleul, sous le titre: L'AMOUR ET LE BADINAGE.

H. 25, L. 31.

--Près d'une niche, à la sculpture rocaille, et d'où tombe un filet d'eau, un négrillon pose un déjeuner de porcelaine sur un guéridon, placé devant une dame à l'ample robe. A côté de la femme se tient debout, le bras appuyé au piédestal d'un grand vase, un homme en robe de chambre un bonnet de coton à fontange sur la tête; plus loin un gentilhomme, son chapeau sur la cuisse, est assis sur un tabouret.

Dessin à l'encre de Chine, dessiné et lavé au pinceau sur papier bleu.

Vente Thibaudeau, où il était catalogué sous le nom d'Eisen père.

H. 27, L. 38.

PERRONEAU (_Jean-Baptiste_). Un grand pastelliste injustement sacrifié par Diderot à La Tour, et dont la préparation de Laurent Cars, au Louvre, donne la plus haute idée. Perroneau est plus naturellement coloriste que La Tour; il est, dans sa peinture de poussière colorée, tout plein de tons clairs, frais, presque humides. Certes son heureux rival a une science anatomique et physiognomique d'un visage bien supérieure à la sienne, mais trop souvent ses tons sont fatigués, ne se montrent plus entiers, et jamais, au grand jamais, il ne s'est élevé à ces clartés d'une figure faites de la pose franche de touches de bleu, de vert, balafrés de rose, et qui ont la plus grande parenté avec la couleur à l'huile des portraits de Reynolds, des portraitistes anglais de la fin du XVIIIe siècle.

--Louis Claude, comte de Goyon de Vaudurant, sous-gouverneur de Bretagne, coiffé à l'oiseau royal; il est en habit de velours noir, jabot de dentelle, gilet de soie à fleurettes traversé par le cordon rouge de commandeur de l'ordre de Saint-Louis.

Pastel sur peau vélin.

Provient de la collection du docteur Aussant de Rennes, où il était attribué à La Tour. Ce pastel, qui a tous les caractères du faire de Perroneau, n'a pu être exécuté par La Tour qui, déjà un peu fou, ne travaillait plus à l'époque, où M. de Goyon était nommé commandeur de l'ordre de Saint-Louis.

H. 71, L. 58.