La maison d'un artiste, Tome 1

Part 5

Chapter 53,813 wordsPublic domain

--Allégorie. Assise sur le fût d'un canon, une femme a les bras levés, dans un mouvement de reconnaissance, vers un héros suspendu dans le ciel, un rameau d'olivier à la main, et derrière lequel s'envolent les génies de la Discorde.

Dessin à la plume, lavé au bistre sur frottis de sanguine, et rehaussé de blanc de gouache, avec un repentir pour la figure de la femme.

Signé: _Dandré Bardon_: On lit de l'écriture du peintre, au bas du dessin: _Louis XV donne la paix à l'Europe en détruisant par son pouvoir tous les projets de la Discorde_; et sur un phylactère déployé par un amour dans le dessin: _La paix de 1748_.

Répétition du dessin possédé par le Louvre et venant de chez Mariette.

H. 29, L. 19.

--Apollon, une main appuyée sur sa lyre et entouré des Muses, dans une salle fermée par une balustrade, et aux colonnes de laquelle des amours suspendent des tentures.

Croquis à la plume, lavé de bistre.

Signé: _Dandré Bardon_; et au dos du dessin, de l'écriture du peintre: _Parnasse pour le fond de la salle du concert de la ville d'Aix en Provence par M. Dandré Bardon_.

H. 20, L. 49.

DAVID (_Louis_). Parfois, mais rarement, il échappe au semblant d'épure qu'il trace d'un corps humain; cependant dans un portrait,--le portrait est au fond son original et grand talent,--David jette, sur un morceau de papier, modelée dans une encre de Chine brutale et cernée par un trait dur, une physionomie pleine d'une vie intense.

--Portrait de David. Il s'est représenté en buste, de profil, tourné à gauche, les bras croisés. Il a au cou une large cravate blanche, et porte un de ces habits aux amples revers, au haut collet, un habit de l'époque de la Révolution.

Dessin à l'encre de Chine sur trait de plume.

Signé: _L. David_.

H. 18, L. 18 (ovale).

DEBUCOURT (_Louis-Philibert_). L'habile et charmant graveur en couleur, aux dessins d'une telle rareté,--du temps qu'il gravait ses femmes en robe blanche et ses hommes en habit rouge,--que je n'ai jamais pu en rencontrer un. Je n'ai vu passer sous son nom que des broutilles fort contestables. M. Jazet lui-même, le descendant de Debucourt, ne possédait guère qu'une assez ennuyeuse étude de la vieille Annette, faite pour le médaillon d'Annette et de Lubin. Et, sauf la Fête de la Fédération, un dessin qui n'est pas terminé,--découvert chez Blaizot par M. Delbergue-Cormont,--on ne rencontre de Debucourt, que des dessins de l'époque du Directoire et de l'Empire, dans lesquels survit bien peu du talent du graveur et du petit peintre de la fin du XVIIIe siècle.

--Une tabagie, dans laquelle une jeune femme, coiffée d'une calèche ridicule, et qu'un homme cherche à retenir par la taille, se bouche le nez avec la serviette d'un garçon, porteur d'un plat de poisson dont la sauce se répand.

Gouache sur trait de plume.

Ce dessin caricatural a été gravé sans nom de dessinateur, sous le titre: _les Goûts différens_.

H. 18, L. 29.

--Femme en tunique courte, en jupe transparente, rattachant les bandelettes de sa chaussure.

Aquarelle gouachée.

Gravé sous le titre: LE PRÉTEXTE (Modes et Manières du jour, n° 1).

H. 16, L. 10

DESFRICHES. Négociant, amphitryon de Cochin qui vient _riboter_ sous les chênes verts de sa Cartaudière, collectionneur, artiste, amateur, inventeur du _papier-tablette_, aujourd'hui papier Pelée, Desfriches est un agréable paysagiste de la banlieue d'Orléans, avec son branchage rameux, son feuillage étoilé, ses fonds légers, et ses petites lumières égratignées au grattoir.

--Un chemin bordé par deux bouquets d'arbres, sous l'un desquels est une chaumière; au premier plan, un homme soulevant un seau, causant avec une femme.

Dessin à la pierre noire sur papier-tablette.

Gravé en fac-similé de crayon par Demarteau, sous le n° 223 de son Œuvre.

H. 15, L. 20.

DESRAIS (_C.-L._). Le premier dessinateur, chez lequel meurt la ligne rondissante et verveuse de la vignette du XVIIIe siècle dans la ligne raide et sèche de la vignette de la Révolution et de l'Empire.

--Vue de l'intérieur de la salle du Panthéon de la rue de Chartres. Huit danseurs et danseuses groupés, deux par deux, dansent l'_Allemande_[16] sous les yeux de nombreux spectateurs, amassés autour d'eux ou garnissant les deux balcons circulaires de la coupole.

[16] Desrais a effrontément pillé, dans ce dessin, l'Allemande du «Bal paré» d'Augustin de Saint-Aubin.

Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume avec quelques rehauts de blanc de gouache. La partie architecturale du dessin n'est lavée que d'un seul côté.

Gravé par Croisé dans le JOURNAL POLYTYPE _des Sciences et des Arts_ du 27 octobre 1786.

Vente Lavalette.

H. 20, L. 14.

DUCLOS (_Antoine-Jean_). L'habile graveur qui a produit quelques dessins à la facture petite et gentillette.

--Un homme dépouillé de son uniforme militaire, et que des soldats emmènent.

Bistre sur trait de plume.

Signé: _A. J. Duclos invenit 1772_.

En bas, dans la marge, de la main du dessinateur: LE DÉSERTEUR. _Oui, je déserte!_

H. 15, L. 9.

DUMAS. Architecte dont les dessins d'architecture sont animés de petites figures gribouillées sans une trop grande maladresse.

--Représentation de la Halle à la marée au moment de la criée.

Aquarelle sur trait de plume.

On lit dans la marge: _Vue en perspective de la Halle à la marée. Cour des Miracles, commencée en 1785 par les ordres de monseigneur de Calonne... de messire Charles-Pierre Lenoir, alors lieutenant-général de police, et finie au mois de juillet 1786, sous les ordres de messire Thiroux de Crosne... par Dumas architecte_.

H. 35, L. 51.

--Rentrée d'un régiment de gardes françaises dans une grande caserne, au fronton décoré de fleurs de lys, et au milieu duquel se voit une tête entourée de rayons. Carrosses, chaises à porteur, vinaigrette dans laquelle deux Savoyards traînent une femme.

Aquarelle sur trait de plume.

H. 26, L. 44.

DUPLESSIS-BERTAUX (_Jean_). Le dessinateur que l'Empire appelait son Callot, le dessinateur au dessin mouvementé, incisif, selon l'expression de M. Renouvier, qui lui reproche avec justesse le parti pris de ses corps allongés, de ses bras tendus, du théâtral apporté à ses petites figures. Je possède un dessin intéressant pour l'histoire de ses débuts. C'est le n° 368 du cabinet du frère de Mme de Pompadour, un dessin qu'un catalogue postérieur annonce avec cette mention: _fait à l'âge de 13 ans_[17], et qui, entièrement exécuté dans la manière de Callot, dont il copiait alors les estampes, est un des plus curieux dessins historiques pour l'histoire de Paris du XVIIIe siècle: une composition énorme représentant en 1762, avec tous ses détails, la Foire Saint-Ovide.

[17] Les biographes le font naître les uns en 1747, les autres en 1750.

--La Foire Saint-Ovide.

Vue des boutiques établies autour de la place Vendôme et des théâtres forains adossés au piédestal de la statue de Louis XIV. Au milieu du passage des carrosses et de la promenade d'une escouade du guet, nombre de petites figures, parmi lesquelles il y a des marchandes de fruits, des vendeurs d'orviétan, des débitants de moulins à vent pour les enfants. Sur la baraque la plus en vue, on lit ces trois affiches: _Le sieur Nicolet fera l'ouverture de son théâtre lundi_.--_Aujourd'hui Arlequin Racolleur suivi d'un grand ballet pantomime._--_La grande troupe des sauteurs et voltigeurs de corde, la petite Hollandaise commencera._ On distingue encore sur d'autres baraques: _Chassinet joueur du Roy._--_Au Caffé royal._--_Magasin de toutes sortes de vins de Bourgogne et autres._

Dessin à la plume.

Signé dans la marge: FOIRE SAINT-OVIDE. _Dédié à M. le marquis de Marigny, conseiller du Roy en ses conseils... Dessiné à la plume par son très humble et très obéissant serviteur Bertaux 1762_.

Vente du marquis de Menars, n° 368.

H. 41, L. 54.

--Vue d'une fête sous la Révolution. Au fond, derrière des statues de chevaux cabrés, trois temples, le premier dédié à la Paix, le second aux Arts, le troisième à l'Industrie. A droite, en avant d'une espèce de figuration de la Bastille, défile de la cavalerie; au premier plan des hommes du peuple, des enfants, des houssards, des femmes en tunique près d'une vendeuse en plein air.

Dessin à la plume trempé dans le bistre et lavé à l'encre de Chine.

Signé _B. D._ et dans la marge: _Duplessis Bertaux 1794_.

DURAMEAU (_Louis_). Peintre d'histoire qui a souvent cherché dans ses dessins le rembranesque, faisant choix de papier fauve, chauffé de sanguine qu'il lavait de bistre, et dont il éclairait les lumières restreintes, de blanc de gouache. Durameau a fort peu traité de sujets de la vie contemporaine.

--Une partie de cartes, aux bougies, entre deux gentilshommes et une dame.

Dessin sur papier rosâtre, lavé de bistre et rehaussé de blanc de gouache.

Signé: _Du Rameau 1767_.

H. 17, L. 23.

--Scène romaine au lit de mort d'un mourant.

Dessin sur papier brunâtre à la pierre noire, lavé de bistre et rehaussé de blanc de gouache.

H. 29, L. 22.

--Éole ouvrant l'antre des Vents, qui se précipitent dehors, le visage gonflé par des souffles faisant une tempête autour d'un vaisseau: tempête que regarde, flottante dans le ciel, Vénus descendue de son char attelé de paons.

Dessin au crayon noir et à la sanguine, lavé et rehaussé de gouache.

Signé: _Du Rameau 1775_.

H. 33, L. 41.

DURAND (_P.-L._). Dessinateur très peu connu. Sans l'indication, au bas de la gravure de Fessard, de: _P.-L. Durand delineavit_, j'aurais été tenté d'attribuer ce dessin à un Marillier quelconque.

--Un obélisque sur lequel un amour attache un médaillon de Marie-Thérèse; une figure allégorique de chaque côté, au bas une femme pleurant, la tête d'un amour sur son genou, dans le ciel une Renommée mettant en fuite le Temps. Encadrement composé de palmes et d'amours, surmonté des armes de Marie-Antoinette.

Lavis à l'encre de Chine.

Le dessin porte dans une tablette: _Filiæ, uxori, matrique Cæsarum_, et dans la marge: _Galliarum reginæ pietati, Felix Nogaret Massiliensis et Andegavensis Academiæ socius, inv. urnam... anno M DCC LXXXI_.

Dessin commémoratif de la mort de Marie-Thérèse, gravé par Fessard. (Voir la longue description de ce dessin dans Bachaumont, vol. XVII, p. 249 et 250.)

H. 31, L. 22.

EISEN (_Charles_). Vignettiste inférieur à Gravelot, et trop abondant et trop facile, mais un dessinateur au contour fluide et joliment contourné, et qui a fait dans la traduction d'Anacréon et ailleurs, du nu microscopique que lui seul sait faire: de petites académies de femmes qui dans le cadre d'un cul-de-lampe, apparaissent, ainsi que de grandes études de Boucher, vues par le petit bout d'une lorgnette. Il y a une vingtaine d'années, j'ai acheté chez M. Jaquinot, l'heureux déterreur connu de tous les amateurs, un album où les imaginations d'Eisen sont visibles dans leur première conception et leur vague ébauche: le livre des _Pensées_ de l'artiste, ainsi qu'on s'exprimait au XVIIIe siècle. Ces croquis, ces pensées étaient les esquisses des compositions, que l'illustrateur soumettait à l'éditeur, et qui, acceptées, étaient reprises par lui, dans des dessins finis très souvent sur peau vélin. Quelques-uns de ces croquis sont curieux, en ce qu'ils portent en marge les changements demandés par l'éditeur et quelquefois les explications et les objections du dessinateur. Outre un certain nombre de croquetons pour les livres illustrés par Eisen, et parmi lesquels il y en a du format d'une pierre gravée, le livre des _Pensées_ d'Eisen contenait des projets de décorations pour lambris de château, la première idée de «la Nuit» et encore la première idée du seul tableau historique que le vignettiste ait jamais exécuté.

--Recueil de 68 croquis reliés en un volume.

_Pensées_ des contes de La Fontaine suivants: Joconde, les Oies du frère Philippe, A Femme avare galant Escroc, le Calendrier des vieillards, On ne s'avise jamais de tout, le Contrat, le Tableau, le petit Chien, etc., et encore les variantes du Berceau, de l'Abbesse malade, etc. _Pensées_ pour les Métamorphoses d'Ovide, la Henriade, les «État actuel de la musique du Roi», etc., etc.

Tous ces dessins sont à la mine de plomb, sauf un seul à la sanguine.

--Apollon et les Muses dans un vallon, au-dessus duquel piaffe Pégase.

Dessin lavé à l'encre de Chine sur trait de plume.

Signé: _C. Eisen f._

H. 18, L. 22.

--Vénus entourée de sa cour, descendant sur un nuage, dans les forges de Vulcain, qui la regarde, une main appuyée sur son marteau.

Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume.

H. 20, L. 16.

--Dans un bosquet près d'une fontaine, Henri IV aux pieds de Gabrielle d'Estrées, entourée de groupes d'amours jouant avec les armes du Roi; Sully apparaissant dans le lointain.

Dessin à la plume, avec des parties seulement indiquées à la mine de plomb.

Croquis du tableau d'Eisen gravé par de Mouchy, sous le titre: HENRI IV ET GABRIELLE.

H. 18, L. 22.

--Deux enfants en buste, dont l'un a la joue appuyée contre ses deux mains, posées sur une cage.

Dessin lavé à l'encre de Chine sur trait de plume.

Gravé par Louise Gaillard.

H. 11, L. 19.

--Amours attachant, au milieu des plis de deux drapeaux croisés, un écusson représentant un coq, la tête levée vers une étoile, et que surmonte une banderole, où est écrit: _Viget audax_.

Mine de plomb.

Projet de décoration pour lambris, dans la marge duquel on lit de la main d'Eisen: _Charles Eisen pour les panaux de derrière_.

H. 32, L. 16.

--Dans une chambre à coucher, où se voit un lit à la couverture faite, une femme assise à sa toilette, et que ses filles de chambre accommodent pour la nuit, cause retournée avec un homme en robe de chambre.

Croquis à la mine de plomb.

Première idée de la composition gravée par Patas, sous le titre de: LA NUIT.

H. 24, L. 19.

--Une femme lisant à sa toilette, qu'un amour derrière son fauteuil montre du doigt à un jeune homme qui entre. La scène a un encadrement à cariatides, et au bas des instruments de musique entourant un médaillon, qui contient ces quatre vers:

_Dans ce moment cher à mon cœur Qui m'offre tout ce que j'adore, Ma belle a l'éclat d'une fleur Que l'amour vient de faire éclore._

Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume.

L'encadrement seul a été gravé dans le temps, sans nom de dessinateur ni de graveur.

H. 20, L. 26.

FRAGONARD (_Honoré_). Des imaginations de poète prenant corps dans des taches de la plus belle couleur, en des eaux bistrées d'un bistre chaud, roux, couleur d'écaille.

--Une jeune femme assise de côté et tournée à droite, la tête vue de trois quarts. Habillée d'une robe ouverte sur la jupe, elle a la poitrine enveloppée d'un fichu _menteur_, et est coiffée, sur ses cheveux relevés et bouffants, d'un pouf; ses pieds reposent sur un coussin.

Dessin estompé sur crayon noir et rehaussé de craie.

Cette étude est le portrait en pied de Rosalie Fragonard, une fille du peintre morte à ses vingt ans, ainsi que l'atteste l'authentification faite par son petit-neveu T. Fragonard, le peintre de la manufacture de Sèvres.

H. 49, L. 35.

--Femme assise sur une chaise de paille de face, la tête de trois quarts tournée à droite. Elle est vue jusqu'à mi-jambes, les mains l'une dans l'autre posées sur ses genoux, et a sur sa robe un mantelet à capuchon bordé d'une large ruche, se croisant sur sa poitrine.

Sanguine.

Signé: _Frago. 1785_.

Collection Marcille père.

H. 22, L. 17.

--Jeune fille assise par terre, la tête penchée, les bras abandonnés, les jambes croisées sous elle. Coiffée d'un petit bonnet, et habillée d'une robe et d'un mantelet[18], elle se détache d'un drap blanc étendu sur une table à l'effet de faire ressortir le modèle.

[18] Le mantelet est un des accessoires affectionnés par Fragonard dans la toilette de ses femmes.

Sanguine.

Signé: _Frago. 1785_.

Collection Marcille père.

H. 22, L. 17.

--Une femme allongée sur un banc de jardin, au dossier à balustres, une joue appuyée sur sa main droite, ses souliers au haut talon posés l'un sur l'autre.

Dessin au crayon noir, légèrement lavé d'encre de Chine.

Signé au crayon: _F... g....._.

H. 31, L. 39.

--Dans un hangar, au fond duquel s'élève une presse, et où travaillent des ouvriers imprimeurs, près d'un gentilhomme qui parle à un homme mettant en page une feuille d'impression, est assise une femme, tenant un masque à la main.

Grisaille à l'essence sur papier.

Un catalogue anonyme des premières années de la Révolution donne cette grisaille comme étant la représentation d'une «Imprimerie secrète».

H. 32, L. 22.

--Un grand-papa dans un fauteuil, une main appuyée sur une béquille, sourit à un enfant tenu par sa mère et qui lui tend les bras; le père est penché derrière le vieillard.

Dessin dans la manière de Greuze, à l'encre de Chine, dessiné et lavé au pinceau.

H. 32, L. 24.

--Dans un cellier, entourée d'enfants, une jeune fille est en train de couper du pain dans une grande miche; un petit garçon, à la courte chemisette, se tient debout devant elle, attendant sa tartine.

Bistre.

Dessin gravé en réduction par De Launay, sous le titre: _Dites donc, s'il vous plaît?_

Vente Villot.

H. 32, L. 45.

--Sur le pied d'un lit en désordre, où se voit deux oreillers, une jeune femme en chemise est assise, une jambe repliée sous elle, les mains jointes, la tête appuyée au mur; monté sur un escabeau, son chien la regarde tristement.

Bistre rehaussé de blanc de gouache autour de la tête de la femme.

Première idée du sujet gravé en fac-similé par Saint-Non, et au burin par Dennel, sous le titre: _S'il m'étoit aussi fidèl_ (sic).

Porte la marque à froid F. R.

H. 27, L. 37.

--Dans une grange, un peintre en train de peindre une jeune villageoise, et dont le chevalet et la personne sont renversés par la brusque irruption d'un amoureux qui a jeté le modèle sur une botte de foin, où il le tient embrassé.

Bistre.

Gravé en fac-similé par Charpentier, sous le titre: LA CULBUTE.

H. 28, L. 40.

--Un vieillard penché sur des sacs d'argent, que ses mains semblent défendre de la convoitise d'une jeune femme, les regardant par-dessus son épaule.

Dessin sur papier jaune, au crayon noir, rehaussé de brutales touches de pastel.

Vente Villot.

H. 20, L. 22 (ovale).

--Un berger et une bergère s'embrassant près d'un abreuvoir; un taureau les contemple.

Bistre.

H. 23, L. 17.

--Une écurie pleine de l'envolée de volailles, où des jeunes filles s'amusent d'un âne tout chargé d'enfants, et que tire par la bride, pour le faire entrer, un jeune garçon.

Aquarelle relevée de plume.

Signé: _Fragonard 1770_.

Gravé deux fois par Saint-Non, en 1762 et en 1770.

H. 18, L. 26.

--Paysage au milieu de rochers au pied d'un arbre tordu par le vent; un berger, couché à plat ventre, garde des bestiaux; à droite, une femme tenant sur les bras un marmot et donnant la main à un autre enfant.

Gouache.

Vente Pérignon.

H. 29, L. 42.

--A l'entrée d'une allée de grands arbres, vue d'une fontaine au milieu de laquelle s'élève une colonne surmontée d'une statue; à gauche, une charrette au trot.

Bistre.

H. 16, L. 22.

--Près des remparts d'une ville baignés par une rivière, un petit aqueduc où une roue fait monter l'eau; à droite, de grands arbres sous lesquels se promènent des gens; à gauche, une femme chargée de deux cruches.

Bistre.

H. 19, L. 31.

--Sous l'avance d'une roche, dans un site boisé, des bestiaux boivent à un abreuvoir.

Bistre.

H. 25, L. 30.

--Un four public rempli de femmes apportant leurs pains à cuire, et qu'un homme enfourne.

Bistre.

Sur une poutre de la toiture est écrit, de la main de Fragonard: _Four banal de Négrepelisse, octobre 1773_.

Et au dos du dessin se lit d'une écriture du temps: _Dessin d'Honoré Fragonard fait dans son voyage d'Italie avec M. Bergeret. Du cabinet de M. le duc de Chabot._

Dans le journal manuscrit et inédit, qu'a rédigé Bergeret de ce voyage d'Italie, il fait mention d'un séjour de Fragonard du 12 au 26 octobre 1773, à sa terre de Négrepelisse, près Montauban.

H. 29, L. 37.

--Un escalier de parc italien surmonté de deux statues, et derrière lesquelles s'entrevoit une fontaine monumentale aux eaux jaillissantes. Au premier plan, au milieu de gens couchés à terre, une femme debout tenant une ombrelle.

Sanguine.

H. 22, L. 38.

--Vue de la villa Borghèse, animée de groupes de personnages sous les pins parasols.

Bistre.

Vente Defer.

H. 25, L. 39.

--Des cascatelles, au haut desquelles se voit entre des arbres une rotonde à colonnes; au premier plan, contre le piédestal d'un grand vase où montent des plantes grimpantes, est adossée une femme qui a près d'elle deux enfants.

Bistre.

Le dessin est signé au dos: _Honoré Fragonard fecit 1788_.

H. 51, L. 37.

--Dans une métairie de la campagne romaine, des enfants dont l'un est monté sur le dos d'un âne, font manger le baudet dans un autel antique, devenu une mangeoire, pendant que près d'une marmite qui bout, montée sur un piédestal, une jeune fille immobile se tient drapée dans l'attitude d'une statue.

Bistre.

Vente du duc de Chabot.

H. 34, L. 46.

FREUDEBERG (_Sigismond_). Un singe de Moreau jeune, parfois pas trop maladroit, mais dont la grâce reste en ses meilleures compositions légèrement allemande. Ces deux dessins de l'illustration du «Monument du Costume», en compagnie de cinq ou six autres Moreau de la même suite, étaient passés en Russie: M. Gigoux a eu le bonheur de les y déterrer, et, si je me souviens bien de ses paroles, au prix d'une dizaine de francs chacun, Moreau ou Freudeberg,--et seul, un Freudeberg de cette suite, s'est vendu 5,500 francs à la vente Mahérault.

--Dans une chambre à coucher, une jeune femme, déjà en bonnet de nuit, se fait enlever des épaules par une chambrière son caraco, pendant qu'une autre fille de chambre bassine son lit.

Bistre sur trait de plume.

Gravé sous ce titre: LE COUCHER par Duclos et terminé par Bosse, dans la «Suite d'Estampes pour servir à l'Histoire des Mœurs et du Costume des Français dans le XVIIIe siècle».

Vente Gigoux.

H. 28, L. 22.

--Dans un appartement aux lambris délicatement sculptés, une femme couchée sur un sofa, dormant la tête appuyée sur sa main; au dehors, par une porte-fenêtre entr'ouverte, on voit une chambrière lutinée par un gentilhomme, et le repoussant d'une main posée contre sa bouche.

Bistre sur trait de plume.

Gravé sous ce titre: LE BOUDOIR par Maleuvre, dans la «Suite d'Estampes pour servir à l'Histoire des Mœurs».

Vente Gigoux.

H. 28, L. 22.

GILLOT (_Charles_). Le maître de Watteau, un grand talent original à cheval sur l'antiquité et la comédie italienne, un dessinateur élégant et serpentant, un croqueur à la plume pleine de fantaisie, mais qui n'a jamais pu, dans ses dessins faits, se dépouiller de la sécheresse du graveur. Son crayon a quelque chose de la pointe d'un style qui entrerait dans le papier, et ses sanguines vues à distance apparaissent comme des contre-épreuves de fines impressions tirées en rouge.

--Au dessous d'une niche, où est placé le buste du dieu Pan, trois faunesses attirant à elle une panerée de fleurs apportée par un satyre; à droite, à gauche, des épisodes de bacchanale.

Sanguine.

Gravé par Gillot, sous le titre: FESTE DU DIEU PAN.

H. 15, L. 36.

--Sous un drapeau déployé, marchant en bataillon, une troupe d'amours, dont chacun porte, sur son petit corps nu, un accessoire ou un morceau de costume de la Comédie italienne.

Sanguine.

H. 14, L. 21.

GIRODET DE ROUCY TRIOSON (_Anne-Louis_). L'artiste aux dessins si en faveur sous la Restauration, si dépréciés aujourd'hui.

--Médaillon aux deux têtes accolées, où le peintre s'est représenté avec sa maîtresse, dessinée les cheveux coupés courts et coiffée en garçon.