La guerre et la paix, Tome III
Chapter 40
Autour de chaque foyer domestique, il se forme presque toujours un certain nombre de groupes qui, tout en différant essentiellement les uns des autres, gravitent côte à côte vers le centre commun, se font des concessions mutuelles, parviennent à se fondre en un harmonieux ensemble, sans perdre leur caractère individuel. Le moindre incident est triste, joyeux ou grave également pour tous, mais les motifs qui les poussent à se réjouir ou à s'attrister sont particuliers à chacun d'eux. Le retour de Pierre à Lissy-Gory fut un de ces événements heureux et importants, et réagit immédiatement sur toute la maison.
Les serviteurs se réjouirent, parce qu'ils pressentaient que leur maître s'occuperait moins d'eux dorénavant, qu'il serait moins strict dans ses inspections journalières, plus indulgent et plus gai, et qu'ils recevraient de riches cadeaux aux fêtes de Noël.
Les enfants et les gouvernantes se réjouirent, parce que personne mieux que Pierre ne savait mettre tout en train. Lui seul jouait «l'écossaise», et sur cet unique morceau de son répertoire ils dansaient toutes les danses imaginables, tout en comptant, eux aussi, qu'ils ne seraient pas oubliés à la fin de l'année.
Le petit Nicolas Bolkonsky, âgé de quinze ans, intelligent et vif, quoique d'une constitution maladive et délicate, avait toujours ses grands et beaux yeux, sa chevelure bouclée d'un blond doré, et, comme les autres, ne se possédait pas de joie, car l'oncle Pierre, comme il l'appelait, était l'objet de son adoration enthousiaste. La comtesse Marie, qui veillait à son éducation, n'avait pas réussi à lui inspirer le même attachement pour son mari: il semblait même que l'enfant laissait percer à son égard une indifférence légèrement dédaigneuse. Ni l'uniforme de hussard, ni la croix de Saint-Georges de son oncle Rostow, n'excitaient son envie. Pierre était son Dieu, et il ne souhaitait rien de plus que d'être aussi bon et aussi instruit que lui. Quand il le voyait, sa figure s'illuminait, et s'il lui adressait la parole, son coeur battait, et il rougissait de plaisir. Il retenait tout ce qu'il lui entendait dire, se le redisait ensuite à lui-même ou le discutait avec Dessalles.
Le passé de Pierre, ses malheurs avant la guerre, sa captivité, le poétique roman qu'il avait bâti là-dessus sur des mots saisis au vol, son amour pour Natacha, qu'il aimait avec une exaltation enfantine, et, par-dessus tout, l'amitié de Pierre pour son père, en faisaient à ses yeux un héros et un être sacré. La tendresse émue avec laquelle Pierre et Natacha parlaient du défunt, avait fait deviner à l'enfant, chez qui l'amour commençait à s'éveiller vaguement, que son père avait aimé Natacha, et, qu'il l'avait léguée en mourant à son ami, et il avait un véritable culte pour ce père dont il ne pouvait parvenir à se rappeler les traits, mais auquel il rêvait constamment avec des larmes de tendresse.
Le soir, lorsque l'heure fut venue pour les enfants d'embrasser leurs parents, et pour les gouverneurs et gouvernantes de se retirer avec eux, le petit Nicolas murmura à l'oreille de Dessalles qu'il avait grande envie de demander à sa tante la permission de rester.
«Ma tante, voulez-vous me garder encore un peu avec vous?--lui dit-il. La comtesse Marie tourna les yeux vers ce visage ému, où la supplication était empreinte:
--Lorsque vous êtes là, il ne peut pas se détacher de vous.»
Pierre auquel elle s'adressait, sourit.
«Je vous le ramènerai tout à l'heure, monsieur Dessalles, laissez-le moi, je l'ai à peine entrevu.... Bonsoir, ajouta-t-il en tendant la main au gouverneur.... Il commence à ressembler à son père, n'est-ce pas, Marie?
--Mon père!» s'écria le jeune garçon en rougissant jusqu'au blanc des yeux, et en jetant sur Pierre un regard brillant et enthousiaste.
Celui-ci baissa la tête en guise de réponse, et renoua la conversation interrompue par la sortie des enfants.
La comtesse Marie reprit sa tapisserie. Quant à Natacha, les yeux fixés sur son mari, elle écoutait attentivement les questions que Rostow et Denissow lui adressaient sur son voyage, tout en continuant à fumer leurs pipes et à savourer le thé que leur versait Sonia, mélancoliquement assise auprès du samovar. Le petit Nicolas, blotti dans un coin, le visage tourné du côté de Pierre, tressaillait de temps à autre, et se parlait à lui-même, sous l'irrésistible pression d'un sentiment nouveau.
On causait de ce qui se passait alors dans les hautes sphères administratives. Denissow, mécontent du gouvernement à cause de ses mécomptes personnels, apprenait avec satisfaction toutes les sottises que l'on commettait, selon lui, à Pétersbourg, et exprimait son opinion en termes vifs et tranchants.
«Autrefois il fallait être Allemand pour parvenir; aujourd'hui il faut être de la coterie Tatarinow et Krüdner!
--Oh! si j'avais pu lâcher contre eux notre cher Bonaparte, comme il les aurait guéris de leur folie! Cela a-t-il le sens commun, je vous le demande, de donner à ce soldat de Schwarz le régiment Séménovsky?»
Rostow, quoique sans parti pris, crut aussi de sa dignité et de son importance de prendre part à leurs critiques, de paraître s'intéresser aux nouvelles nominations, de questionner Pierre, à son tour, sur ces graves affaires, si bien que la causerie ne s'étendit pas au delà des on-dit et des commérages du jour sur les gros bonnets de l'administration.
Natacha, toujours au courant des pensées de son mari, devinant qu'il ne parvenait pas, malgré son désir, à donner un autre tour à la conversation et à aborder le sujet de sa préoccupation intime, celle précisément qui l'avait forcé à se rendre à Pétersbourg et à y réclamer le conseil de son nouvel ami, le prince Théodore, lui vint en aide en lui demandant où en était son affaire.
«Laquelle? demanda Rostow.
--Toujours la même, lui dit Pierre, car chacun sent que tout va de travers, et qu'il est du devoir des honnêtes gens de réagir.
--Les honnêtes gens! s'écria Rostow en fronçant les sourcils.... Que peuvent-ils y faire?
--Ils peuvent...
--Passons dans mon cabinet,» dit brusquement Rostow.
Natacha se leva pour aller rejoindre ses enfants, et sa belle-soeur la suivit, pendant qu'ils se dirigeaient vers le cabinet, où le petit Nicolas se glissa après eux et s'assit auprès du bureau de son oncle, dans le coin le plus obscur.
«Eh bien, explique-nous ce que tu comptes faire? dit Denissow sans lâcher sa pipe.
--Des chimères, toujours des chimères! murmura Rostow.
--Voici ce qui en est, voici la situation telle qu'elle est à Pétersbourg, reprit Pierre avec vivacité et en accompagnant son entrée en matière de gestes énergiques... l'Empereur ne se mêle plus de rien: il s'est adonné au mysticisme, il cherche le repos à tout prix, et il ne saurait se procurer ce repos que par l'activité d'hommes sans foi ni loi, qui persécutent et qui oppriment à l'envi. Le vol est à l'ordre du jour dans les tribunaux, le bâton seul mène l'armée, le peuple est tyrannisé, la civilisation étouffée, la jeunesse honnête persécutée! La corde est tendue outre mesure, donc elle doit se rompre! C'est inévitable, et chacun le sent!»
Pierre parlait avec conviction, comme parlent encore de nos jours et ont toujours parlé ceux qui examinent de près les actes de n'importe quel gouvernement.
«Je leur ai dit tout cela à Pétersbourg...
--À qui?
--Mais vous le savez bien, au prince Théodore et aux autres. Que la civilisation et la charité rivalisent entre elles, rien de mieux, mais c'est insuffisant; les circonstances actuelles exigent autre chose!»
Une vive irritation s'empara de Rostow, et il allait répliquer, lorsque son regard tomba sur son neveu, dont il avait oublié la présence.
«Que fais-tu ici? lui demanda-t-il avec colère.
--Laisse-le, dit Pierre en prenant la main du garçon dans la sienne et en poursuivant son thème: Oui, je leur ai même dit plus.... Lorsqu'on s'attend à la voir se rompre, cette corde trop tendue, lorsqu'on sent que la catastrophe est imminente, on s'unit, on se groupe, et l'on agit ensemble pour résister au bouleversement général. Tout ce qui est jeune et vigoureux est attiré là-bas sous mille prétextes et ne tarde pas à s'y dépraver: l'un se perd par les femmes, l'autre par les faveurs, le troisième par la vanité, le quatrième se laisse corrompre par l'argent, et tous passent dans «l'autre camp». Il ne restera plus bientôt de gens indépendants comme vous et moi... Élargissez le cercle, leur ai-je dit.... Que notre mot de ralliement ne soit pas seulement la vertu, mais aussi l'indépendance et l'activité!
--Et quel sera donc le but de cette activité? s'écria Rostow, qui, enfoncé dans un fauteuil, écoutait Pierre avec une mauvaise humeur croissante.... Dans quelle situation vous placera-t-elle par rapport au gouvernement?
--Dans la situation de ses aides et de ses conseils, et la société qui se formerait sur ces bases n'aurait, à la rigueur, nul besoin d'être secrète. Si le gouvernement consentait à la reconnaître, les conservateurs qui en feraient partie ne seraient pas ses ennemis, mais de loyaux et vrais gentilshommes dans toute l'acception du mot. Nous serions là pour empêcher les Pougatchew de nous couper le cou, et les Araktchéïew de nous exiler aux colonies militaires; nous nous liguerions dans l'unique intention de veiller au bien général et à la sécurité de chacun.
--À merveille, mais, du moment que la société est secrète, elle est nuisible et ne peut dès lors qu'engendrer le mal.
--Pourquoi donc? On dirait en vérité que le «Tugendbund» qui a sauvé l'Europe (on n'osait pas encore, à cette époque, en faire honneur à la Russie) a fait naître le mal? N'est-il pas au contraire l'alliance de la vertu, de l'amour, de l'assistance mutuelle, la mise en action, en un mot, des paroles de Jésus-Christ sur la croix?»
Natacha, qui était entrée dans le cabinet pendant la discussion, rayonnait de joie en contemplant le visage ému de son mari, sans écouter ses paroles qu'elle connaissait par avance, comme tout ce qui sortait de l'âme de Pierre. Et le petit Nicolas, dont le cou fluet émergeait de son col rabattu, et à qui personne ne faisait plus attention, était aussi heureux qu'elle. Chaque parole de Pierre enflammait son coeur, et, sans s'en apercevoir, il brisait et tordait les plumes et la cire à cacheter rangées sur le bureau de son oncle.
«Allons donc, mon cher, le «Tugendbund» est bon pour les mangeurs de saucisses; quant à moi, je ne le comprends pas, s'écria Denissow d'une voix haute et ferme. Tout va à la diable, c'est vrai! mais le «Tugendbund» n'est pas de ma compétence! Vous êtes mécontent? Eh bien, va alors pour une révolte[41], c'est autre chose, et là je suis votre homme!!!»
Pierre et Natacha sourirent, mais Rostow, sérieusement fâché, essaya de prouver qu'il n'y avait aucun danger à prévoir, et que l'imagination de Pierre était seule coupable. Pierre défendit sa thèse avec chaleur, et son intelligence, plus développée, et plus fertile en arguments que celle de son adversaire, accula ce dernier au pied du mur; sa mauvaise humeur s'en accrut d'autant plus qu'il entendait dans le fond de son âme une voix secrète qui lui disait que, malgré tous les raisonnements imaginables, son opinion seule était juste et vraie.
«Voici ce que je te dirai, s'écria-t-il en se levant et en jetant avec brusquerie sa pipe dans un coin: selon toi, tout va à la diable, et tu nous prédis une catastrophe; je ne crois ni à l'un ni à l'autre, quoique je ne puisse pas te donner des preuves, mais, lorsque tu me dis que le serment est une chose de convention, ma réponse est toute prête.... Tu es mon meilleur ami, n'est-ce pas? Eh bien, si tu formais une société secrète, si tu te mettais à agir contre le gouvernement, et qu'Araktchéïew m'ordonnât de faire marcher contre vous un escadron et de frapper, je n'hésiterais pas une seconde, je marcherais et je frapperais.... Et maintenant tu peux raisonner comme il te plaira!»
Un silence embarrassant suivit cette sortie. Natacha fut la première à le rompre, en se mettant à défendre son mari, et en prenant son frère à partie: tout inhabile et faible que fut son intervention, elle atteignit cependant son but, en rétablissant la discussion sur un ton amical.
Au moment où l'on se leva pour aller souper, le petit Nicolas s'approcha de Pierre.
«Oncle Pierre, balbutia-t-il, pâle d'émotion et les yeux brillants, Vous... vous ne.... Si papa eût été vivant, aurait-il partagé votre opinion?»
Pierre le regarda, et comprit à quel travail compliqué, pénible et étrange avait dû se livrer, pendant leur entretien, le cerveau de ce garçon, et, se souvenant de ce qui s'était dit, il regretta de l'avoir eu pour auditeur.
«Je le crois,» lui répondit-il à contre-coeur, et il sortit.
Le petit Nicolas s'approcha tout pensif du bureau et devint pourpre d'émotion: il venait d'apercevoir les dégâts dont il s'était rendu coupable.
«Mon oncle, pardonnez-moi, je ne l'ai pas fait exprès, s'écria-t-il en s'adressant à Rostow et en lui indiquant les débris des plumes et des bâtons de cire à cacheter.
--C'est bon, c'est bon! dit Rostow en maîtrisant à grand'peine sa colère. Tu n'aurais pas dû rester là, ce n'était pas ta place!» Et, jetant vivement les débris sous la table, il suivit Pierre.
Pendant le souper, il ne fut plus question de politique et de sociétés secrètes; les souvenirs de l'année 1812, ce sujet favori de Rostow, firent tous les frais de la conversation, et Denissow et Pierre y prirent une part si cordiale et si animée que, lorsqu'ils se séparèrent, ils étaient redevenus les meilleurs amis du monde.
«J'aurais voulu, dit Rostow à sa femme, lorsqu'ils se trouvèrent seuls dans leur chambre, que tu eusses assisté à notre discussion de tantôt avec Pierre; ils ont organisé quelque chose là-bas à Pétersbourg, et il tient à toute force à me persuader que le devoir de tout honnête homme consiste à agir contre le gouvernement, tandis que le serment et le devoir.... Ils sont tombés sur moi, Denissow aussi bien que Natacha. Celle-là est, ma foi, très amusante, elle mène son mari tambour battant, mais, aussitôt qu'il y a discussion, elle n'a plus ni idées ni expressions à elle, et c'est toujours Pierre qui parle par sa bouche. Lorsque je lui ai dit que je plaçais le serment et le devoir au-dessus de tout, elle a essayé de me prouver que j'avais tort. Que lui aurais-tu répondu?
--Tu as complètement raison, à mon avis, et je le lui ai déjà dit. Pierre soutient que tous souffrent et se dépravent, et que notre devoir est de porter secours au prochain.... C'est vrai, sans doute, mais il oublie que nous avons d'autres devoirs qui nous sont imposés par Dieu lui-même, et qui nous touchent de plus près. Nous pouvons sacrifier nos personnes, si telle est notre envie, mais certainement pas nos enfants.
--C'est précisément ce que je lui ai dit, s'écria Rostow, persuadé que cela s'était passé ainsi.... Mais Pierre revenait toujours à l'amour pour le prochain et au christianisme... et le petit Nicolas l'écoutait avec transport...
--Cet enfant me cause de vives inquiétudes, dit la comtesse Marie: il n'est pas comme les autres, et je crains toujours de l'oublier en ne m'occupant que des miens; il est seul, lui, et trop seul avec ses pensées!
--Tu n'as, je crois, rien à te reprocher à ce sujet; tu es pour lui comme la plus tendre des mères, et j'en suis heureux, car c'est un charmant enfant.... Quelle franchise! Jamais un mensonge! Charmant enfant! répéta Rostow, qui n'avait pas pour le petit Nicolas une affection des plus vives, mais qui, justement à cause de cela, ne manquait jamais d'en faire l'éloge toutes les fois que l'occasion s'en présentait.
--Tu as beau dire, je sens que je ne suis pas une mère pour lui, et cela me tourmente, reprit la comtesse Marie en soupirant. La solitude ne lui vaut rien, la société lui serait nécessaire.
--Eh bien, il en verra bientôt, puisque je dois le mener l'été prochain à Pétersbourg,» répondit Rostow.
En attendant, à l'étage inférieur de la maison, le jeune Nicolas dormait d'un sommeil agité. Une veilleuse, car jamais on n'était parvenu à l'habituer à l'obscurité, répandait sa faible lueur dans la chambre. Réveillé tout à coup en sursaut, mouillé d'une sueur froide, il se dressa sur son lit, et ses yeux démesurément ouverts regardèrent droit devant lui. Un cauchemar effrayant le poursuivait: il se voyait avec l'oncle Pierre, coiffés tous deux de casques semblables à ceux des grands hommes de Plutarque; une nombreuse armée les suivait, et cette armée se composait d'une multitude de fils blancs et ténus, comme ces toiles d'araignées qui voltigent et se balancent dans les airs en automne, et que Dessalles appelait les «fils de la Vierge». La Gloire, dont le corps était également formé de ce tissu aérien, mais un peu plus serré marchait en avant. L'oncle Pierre et lui, se laissant glisser, heureux et légers, se rapprochaient de plus en plus du but, lorsque tout à coup les fils qui les entraînaient se détendent et s'enchevêtrent.... Ils se sentent horriblement oppressés... et l'oncle Nicolas Rostow apparaît à leurs yeux, menaçant et terrible.... «C'est vous qui avez fait cela leur dit-il en leur montrant les débris des plumes et de la cire à cacheter. Je vous aimais, mais Araktchéïew m'a donné un ordre, et je tuerai le premier qui s'avancera! Oui, je le ferai!» Le petit Nicolas se tourne du côté de Pierre, mais Pierre n'y est plus.... C'est son père, le prince André! Il n'a, il est vrai, aucune forme précise, mais c'est bien lui, il le sent à la violence de son amour, qui lui enlève toute sa force.... Son père le caresse et le plaint, mais l'oncle Rostow avance toujours.... Une folle terreur le saisit et il se réveille glacé d'épouvante.... «Mon père,» se dit-il, «mon père m'a caressé...! C'est bien Lui qui est venu, et il m'a approuvé, ainsi que l'oncle Pierre!... Quoi qu'ils disent, je «le» ferai. Mucius Scévola s'est bien brûlé la main? Pourquoi ne ferais-je pas de même un jour?... Ils tiennent à ce que je m'instruise?... Soit. Je m'instruirai, mais un jour viendra où je cesserai d'apprendre, et c'est alors que je «le» ferai!... Je ne demande qu'une chose au bon Dieu, c'est qu'il y ait en moi ce qu'il y avait dans les grands hommes de Plutarque! Je ferai mieux encore; on le saura, on m'aimera, on parlera avec éloges de moi, et...» Des sanglots lui serrèrent la poitrine, et il fondit en larmes.
«Êtes-vous souffrant? lui demanda Dessalles, que ses pleurs avaient subitement réveillé.
--Non, répondit vivement l'enfant en reposant sa tête sur l'oreiller.... Comme il est bon, lui aussi, et comme je l'aime! murmura-t-il... et l'oncle Pierre, quelle perfection!... Et mon père! Oui, je le ferai!... Lui-même m'aurait approuvé!...»
FIN
NOTES:
[1] Borodino. [2] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [3] Mot à mot: «Notre Monsieur». _(Note du traducteur.)_ [4] Une verste vaut 1 kilomètre 066. _(Note du traducteur.)_ [5] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [6] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [7] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [8] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [9] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [10] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [11] Je suis par naissance Tartare, Je voulus devenir Romain: Les Français m'appellent barbare, Et les Russes, George Dandin. [12] En français dans le texte. (_Note du Trad_.) [13] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [14] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [15] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [16] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [17] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [18] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [19] Nom donné en Russie au quartier des boutiques. _(Note du traducteur.)_ [20] En français dans le texte. M. Thiers applique ce terme de «misérables» aux forçats. Voir, pour le complément de sa phrase, t. XIV page 373. _(Note du traducteur.)_ [21] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [22] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [23] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [24] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [25] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [26] Espèce de pain. _(Note du traducteur.)_ [27] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [28] Danse populaire. _(Note du traducteur.)_ [29] Voir, pour compléter la phrase de M. Thiers, t. XIV, p. 392. _(Note du traducteur.)_ [30] Voir la note de M. Thiers, t. XIV, p. 415. _(Note du traducteur.)_ [31] Mot à mot: «L'accord est cousin germain de l'affaire.» _(Note du traducteur.)_ [32] Bonnet fourré en peau de mouton. [33] Capitaine de cosaques. _(Note du traducteur.)_ [34] Tireur. [35] Cent coups de bâton. [36] Vêtement tatare. [37] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [38] En français dans le texte. _(Note du traducteur.)_ [39] Malgré le talent hors ligne déployé par l'auteur dans l'exposé philosophique de la première partie de cet épilogue, nous avons cru pouvoir l'omettre dans notre traduction, sans inconvénient pour la marche et la clarté du récit (_Note du traducteur._) [40] Domestiques serfs attachés à la maison d'un seigneur. _(Note du traducteur.)_ [41] En employant le mot russe: «bount» (révolte) en opposition au «Tugendbund» allemand, Denissow fait un jeu de mots complètement intraduisible. _(Note du traducteur.)_
End of Project Gutenberg's La guerre et la paix, Tome III, by Léon Tolstoï