La Duchesse de Châteauroux et ses soeurs
Part 28
[333: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Du même coup, le petit comte du Luc, le fils de madame de Vintimille, perdait le logement qu'il avait à Versailles. Privé des soins de madame de Mailly que madame de la Tournelle ne s'offrait pas à continuer, le bâtard du Roi était, contre l'intention de Louis XV, envoyé, pour y être élevé, à la terre de Savigny, appartenant au marquis du Luc.]
[334: Au dire de nouvelles à la main à la date de 1742, que m'a communiquées dans le temps le marquis de Flers, les dettes de madame de Mailly montaient à 1,100,000 liv. dont 300,000 étaient dues aux fermiers généraux des postes, 40,000 à Duchapt, marchand de modes; 100,000 à un marchand d'étoffes. Le duc de Luynes, mieux renseigné, assure que ses dettes ne dépassaient pas 160,000 liv. plus une somme de 60,000 liv. due au duc de Luxembourg, mais elle avait signé pour 400,000 liv. de dettes de son mari. Lors de l'arrangement définitif on payait ses dettes personnelles avec une forte réduction des créances. Le Roi lui donnait 20,000 liv. de pension outre les 12,000 qu'elle avait déjà, et la logeait définitivement dans la maison, rue Saint-Thomas du Louvre, où logeait feu madame de Lesdiguière. De Luynes ajoute qu'il fallait meubler le logement et qu'elle n'avait pas un sol, ce qui amenait ses amis à demander pour elle une année d'avance. Il raconte aussi qu'à l'observation que quelqu'un lui faisait sur la tristesse et l'obscurité de la maison, elle répondait que cela ne lui faisait rien, «qu'on lui aurait ordonné d'aller habiter une prison, qu'elle y aurait été tout de même.»]
[335: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]
[336: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]
[337: Voir la lettre autographe de madame de la Tournelle du _Catalogue Martin_ cité dans le chapitre précédent.]
[338: Le Roi disait dans le premier moment à M. de Meuse assez sèchement: «Hé bien, elle n'a qu'à n'y point venir.» M. de Meuse lui reparlait une heure après du refus de madame de Luynes, et, cherchant à en atténuer l'irrévérence, Louis XV était un moment sans répondre, puis, prenant un visage riant, ordonnait à Meuse «qu'il allât trouver madame de Luynes, et qu'il lui annonçât qu'elle ne seroit pas de ce voyage-ci, que ce seroit pour un autre, et qu'il ne lui savoit pas mauvais gré de ses représentations.»]
[339: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]
[340: _Chronique du règne de Louis XV, 1742-1743. Revue rétrospective_, t. V.]
[341: Madame de Chevreuse, qui avait dans sa maison l'exemple de la dignité et de la pudeur donné par la duchesse de Luynes, se disculpait de ses relations avec la favorite en disant que ses sentiments n'étaient qu'une continuation d'une amitié d'ancienne date et qui avait commencé au couvent.]
[342: Sans doute madame de la Tournelle trouvait bon de reculer encore cette défaite que, dans sa lettre à Richelieu, elle semblait annoncer, appeler même pour ce voyage.]
[343: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]
[344: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.--Madame de la Tournelle obtenait le lendemain ou le surlendemain de son séjour de Choisi que les deux antichambres conduisant de la chambre bleue à sa chambre fussent condamnées. Le Roi n'en restait pas moins, pendant le reste du voyage, très-occupé de la jeune femme. Aux déjeuners il se mettait toujours à côté d'elle, et l'on remarquait qu'il recommençait à jouer à cavagnole, à ce jeu auquel Louis XV ne jouait plus depuis deux ans et auquel l'avaient fait renoncer, disaient les courtisans, les humeurs de madame de Mailly qui était très-mauvaise joueuse.]
[345: Il est établi par cette lettre, ainsi que je l'ai dit, que c'était Richelieu qui rédigeait les lettres de madame de la Tournelle au Roi.]
[346: Lettres autographes secrètes et galantes de la duchesse de Châteauroux et de Louis XV au duc de Richelieu, 1742-1744, conservées à la bibliothèque de Rouen, collection Leber, N° 5,816.]
[347: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]
[348: _Chronique de Louis XV_ 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]
[349: _Chronique de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]
[350: Le service de madame de Mailly, la Reine n'en avait pas eu toujours à se louer. Toute excellente femme qu'était madame de Mailly, elle avait rendu dans les premiers temps, avec son naturel moqueur, la vie fort dure à Marie Leczinska. Et les semaines, où la dame d'atours remplissait sa charge, la Reine était dans un état de nervosité qui mettait sens dessus dessous la domesticité de sa Maison. La pauvre Reine était persuadée,--et c'était malheureusement la vérité,--que la favorite passait son temps à l'examiner à l'effet de lui trouver des ridicules dont elle allait se divertir avec la Roi.]
[351: Madame de Tencin dit de madame de Montauban «que dans le commerce de l'amitié elle était sûre comme la Bastille».]
[352: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. IV.]
[353: Les historiens sont unanimes pour reconnaître la hauteur blessante avec laquelle madame de Châteauroux traitait quelquefois la Reine. Il y a plus, la Reine subissait des persécutions singulières de la part de la favorite. On ne bouchait qu'après sa mort des trous qu'elle avait fait percer du côté du Roi, dans le cabinet où s'habillait la Reine, et qui lui permettait d'entendre ce qui s'y disait.]
[354: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Le duc de Luynes dit positivement que la Reine ne pouvait se décider à adresser la parole à madame de la Tournelle.]
[355: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]
[356: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_ t. V.]
[357: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.]
[358: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]
[359: Fleury aurait dit: «On se plaint de mon ministère, on voudroit que le Roi régnât. Eh bien, on verra quel sera le train des affaires quand le Roi lui-même les conduira.»]
[360: Mais le confesseur se voyait refuser l'entrée du cabinet du Roi. Alors il était question de décider le Roi, à cause du scandale qui résultait de son éloignement des sacrements, à communier en blanc ainsi que le faisait Louis XIV, qui n'avait jamais cessé de satisfaire aux devoirs de la religion, mais Louis XV s'y refusait.]
[361: Cette fin de novembre, disent les _Mémoires de Maurepas_, cette fin de novembre qui ramenait les gens de la campagne, et pendant laquelle se traitait justement la défaite de madame de la Tournelle, était l'époque choisie par les petits poètes de la cour et les poètes de commande pour la fabrication des vers satiriques destinés à être répandus au nouvel an.]
[362: Peut-être contre l'attente de Maurepas, le succès des chansons du ministre dans le public avançait-il la victoire de madame de la Tournelle. Leurs taquineries journalières, en irritant le Roi, le familiarisaient avec l'impopularité, et elles avaient ce résultat imprévu de le décider à tout braver et à ne plus rien marchander à son amour.]
[363: Un jour que le Roi disait à propos des chansons: «Voyez, le public aime Maurepas; il n'est point maltraité.» Richelieu s'écriait: «Ah! je n'en suis pas surpris, c'est lui qui les a faites.»]
[364: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]
[365: À propos de ces chansons qui lui auraient été adressées par la poste, la favorite aurait dit, avec un air d'autorité qui avait été remarqué, que, si elle conservait la faveur du Roi, elle trouverait bien le moyen d'arrêter la licence avec laquelle on parlait et on écrivait sur certains articles.]
[366: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]
[367: Une autre de ces chansons relatives aux cinq sœurs s'exprimait en ces termes:
L'une est presque en oubli, l'autre presque en poussière, La troisième est en pied; la quatrième attend Pour faire place à la dernière. Choisir une famille entière, Est-ce être infidèle ou constant? ]
[368: Soulavie dit: Quant à la soie du lit bleu que madame de Mailly avait filé, qu'elle avait ensuite donné au Roi comme gage de ses amours, et dans lequel il couchait ou va coucher avec ses sœurs, elle était encore due en 1744 à un marchand de la rue Saint-Denis.]
[369: Le soir de son arrivée, dit le duc de Luynes, Richelieu, qui soupait avec madame de la Tournelle, avait une longue conversation avec la favorite avant et après le souper.]
[370: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Le duc ajoute: Outre la tabatière dont j'ai parlé ci-dessus de madame de la Tournelle, le Roi lui en donna encore une autre le lendemain; elles sont belles toutes deux, la première est d'agate arborisée émaillée, et l'autre est d'or émaillé.--_La Chronique de Louis XV_ dit, à la date du 15 décembre: «Le Roi est d'une extrême gaieté et c'est avec regret que Sa Majesté part aujourd'hui de Choisy.»]
[371: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Des vers satiriques parurent sur le départ de M. de Richelieu dans sa chaise de poste, faite en forme de lit «dans laquelle quatre armoires étoient pratiquées avec toutes les commodités d'un homme malade dans sa chambre.»]
[372: _Chronique de Louis XV, 1742-1743. Revue rétrospective_, t. V.]
[373: Le samedi 22 décembre, madame de la Tournelle prenait possession de son nouvel appartement, qui était l'ancien appartement du maréchal de Coigny. Changeait-elle quelques jours après, ainsi que l'indiquerait cette phrase, d'une lettre du Roi de janvier: «La marquise de la Tournelle est dans son nouveau logement, depuis hier, ou pour mieux dire, dans celui de sa sœur»?]
[374: C'est sans doute la truite dont Louis XV remercie Richelieu dans une lettre du 3 janvier: «Sa Majesté a paru fort contente à son souper de la truite du lac de Genève que M. de Richelieu lui a envoyée: demain, en en mangeant le reste, sa compagnie pourra juger si elle a raison et sûrement ne manquera pas de boire à sa santé.»]
[375: Sa sœur qui venait d'épouser le duc de Lauraguais.]
[376: Madame de Chevreuse avait la petite vérole. Le Roi écrivait quelques jours après à Richelieu: «Cette dernière (madame de Chevreuse) ne s'en tirera pas trop bien. Helvétius n'en a pas bonne opinion. Elle a une rougeur dans l'œil qui ne dénote rien de bon.»]
[377: M. de Fargis, dit le duc de Luynes, mort de la petite vérole dans la nuit du 6 ou 7 décembre, était un homme aimable et de bonne compagnie; il avait été capitaine des gendarmes de la Reine et avait hérité de son oncle, M de Montmort, de la terre de Mesnil-Haberton qu'il avait vendue au comte de Toulouse.]
[378: La _Poule_, madame de Flavacourt. Elle accouchait, le samedi matin 15 décembre, d'une fille chez sa belle-mère où elle logeait. Madame de Mailly, qui était auprès d'elle, se retirait devant la visite de madame de la Tournelle, venue de Choisi pour la voir.]
[379: Lettre autographe de la duchesse de Châteauroux (madame de la Tournelle) provenant de la collection Leber. Bibliothèque de Rouen.]
[380: Il semble que c'était dans les habitudes du Roi de mettre, dans les lettres que les amants écrivaient à deux, des _post-scriptum_ de cette façon. Je trouve dans une lettre (4 août 1743), publiée dans la _Vie privée de Richelieu_ dont malheureusement je ne puis fournir l'original, mais qui présente tous les caractères de l'authenticité, une fin conçue en ces termes:
«Bonsoir, Votre Excellence! c'est en baisant la main de la princesse que je finis ma lettre. Elle vous fait bien ses compliments.»
Et plus bas est écrit de la main de madame de Châteauroux:
«_Le Roi ordonne que je vous dise un petit bonsoir, et j'obéis avec grand plaisir. Je n'ai reçu la lettre où vous me parliez de votre intendant, que quand la chose a été faite. Il me semble que je vous ai entendu dire du bien de M. Lenain, ainsi je me flatte que vous n'en serez pas fâché. Je n'ai pas pu vous faire réponse par le courrier dont j'ai été bien fâchée, mais ce qui est différé n'est pas perdu. Si vous voyez Dumenil, dites-lui que j'ai reçu sa lettre et qu'au premier soir je lui ferai réponse_.»]
[381: Lettre de Louis XV et de la duchesse de Châteauroux provenant de la collection Leber. Bibliothèque de Rouen.]
[382: Au jour de l'an 1743, le Roi donnait pour étrennes à madame de la Tournelle une montre qu'il avait fait faire pour madame de Mailly, dont la boîte était de laque enrichie de diamants. Madame de la Tournelle faisait présent à Sa Majesté d'un almanach dont la couverture était de la Chine, ornée de son chiffre en brillants.]
[383: Le Cardinal mourait le 29 janvier. Aussitôt l'Éminence morte, la _Chronique de Louis XV_ dit que le Roi rappelait par une lettre le duc de Richelieu à Versailles.]
[384: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]
[385: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.--Le Roi, à un retour de chasse, faisait porter son souper chez madame de la Tournelle qui le recevait couchée sur une chaise longue, pendant que ses femmes de chambre et celles de madame de Lauraguais servaient Sa Majesté.]
[386: _Chronique de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]
[387: Voici ce rondeau qui a sept couplets:
Le Maurepas est chancelant, Voilà ce que c'est que d'être impuissant! Il a beau faire l'important, Bredouiller et rire, Lorgner et médire, Richelieu dit en le chassant: Voilà ce que c'est que d'être impuissant! ]
[388: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743, _Revue rétrospective_, t. IV.]
[389: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]
[390: _Ibid._, t. IV.]
[391: _Mémoires de Luynes_, t. V.--C'était la même conduite à l'égard des voitures. Madame de la Tournelle avait exprimé le désir d'avoir une berline à elle pour se promener, et se refusait de se servir des carrosses du Roi. Aussi ne sortait-elle presque jamais, quoiqu'elle aimât beaucoup les spectacles.]
[392: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, 1862, t. IV.]
[393: Quelquefois cependant la nature dominante de madame de la Tournelle l'emportait. C'est ainsi qu'un mois avant la mort du Cardinal, la _Chronique du règne de Louis XV_ raconte que le Roi ayant fait lire un article d'une de ses lettres à madame de la Tournelle, celle-ci avait voulu voir la lettre tout entière, que le Roi avait eu beau lui dire que ce qu'il ne lui montrait pas ne pouvait être vu, elle avait persisté avec une violence telle que le Roi avait été obligé de jeter la lettre au feu.]
[394: Madame de la Tournelle n'était pas sans avoir entendu parler de ce souper des cabinets, où madame de Mailly et mademoiselle de Charolais lancées dans la politique et le Champagne, le Roi s'était tout à coup écrié: «Tout à l'heure, _un homme_ (le cardinal de Fleury) me disait: «Sire, je n'ai qu'une grâce à demander à Votre Majesté avant de mourir, c'est de se souvenir de ce que je lui ai dit dans sa jeunesse, que si jamais Votre Majesté écoutait les conseils des femmes sur les affaires, Elle et son État étaient perdus sans ressource.» Et le Roi avait ajouté après un silence: «Et je dis à cela que si quelque femme osait jamais me parler d'affaires, je lui ferais fermer ma porte au nez sur-le-champ.»]
[395: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]
[396: Huit jours après la mort du Cardinal, au moment où l'on croyait voir Chauvelin redevenir premier ministre, ramené aux affaires par madame de la Tournelle, on apprenait qu'il avait reçu une lettre de cachet qui, renforçant son exil, le faisait aller de Bourges à Issoire. Le motif de ce rigoureux déplacement était la remise au Roi d'un mémoire justificatif de Chauvelin, injurieux pour la personne du Cardinal. Le Roi, très en colère, s'adressant à Richelieu dans les cabinets, disait: On m'a remis un mémoire de Chauvelin qui tend à flétrir la mémoire de M. le Cardinal; les expressions m'en ont fait horreur; j'ai envoyé M. Chauvelin en exil plus loin qu'il n'était.--À propos du retour à Paris et de la présentation au Roi de Chauvelin qui devait être faite par madame de la Tournelle, le bruit courut que le parti avait consigné un million pour la favorite, au cas où il serait rappelé à la cour et au ministère des affaires étrangères.]
[397: Il est vrai que si l'on en croit une chanson, madame de Boufflers lui préparait pour la fin de la campagne le retour en grâce près de la favorite par une singulière preuve d'amour;
Luxembourg doit être à la cour Reçu des mieux à son retour. Admirez quel excès de zèle, La Boufflers a su mettre en jeu! Car pour lui gagner la Tournelle Elle couche avec Richelieu! ]
[398: Marville, qui avait tiré les vers du nez à M. de Gesvres, avait appris par lui que de Meuse avertissait Maurepas de tout ce qui se passait dans les cabinets, et que c'était par cette voie que le ministre avait su tout le mal que Richelieu disait de lui au Roi.]
[399: _Mémoires du duc de Luynes_, t. II.]
[400: Soulavie dit que ce nom lui venait aussi de coiffures qui lui donnaient une certaine ressemblance avec une poule huppée.]
[401: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]
[402: Présentée à la cour le jeudi 31 janvier, elle soupait pour la première fois dans les cabinets le vendredi suivant.]
[403: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.--Remarquons ici que très-souvent Soulavie a l'habitude de rédiger, en une phrase parlée, une chose que de Luynes dit avoir été dite par le Roi sans en donner les termes exprès. Soulavie aime aussi à refaire, à arranger les mots du Roi qu'il ne trouve pas assez concis, assez caractéristiques.]
[404: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]
[405: Sur cette comparaison, le Roi disait avoir été extrêmement longtemps à se faire à la physionomie du cardinal.]
[406: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.--La séduction de Louis XV par le sang des de Nesle est vraiment particulière. On parla un moment d'un vif caprice du Roi pour madame de la Guiche, une fille bâtarde de madame de Nesle et de M. le Duc.]
[407: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.--Il ne peut y avoir aucun doute sur les liaisons du Roi avec madame de Lauraguais, Soulavie raconte que madame de Lauraguais avait été surprise avant son mariage par le Roi dans une de ses rondes libertines du matin à Choisi. D'Argenson dit: «Sa Majesté s'est trouvée quelquefois assez d'appétit pour tâter de cette grosse vilaine de Lauraguais.»]
[408: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]
[409: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.]
[410: Donnons la liste des portraits gravés de madame de la Tournelle devenue la duchesse de Châteauroux.
LA FORCE.
Madame la duchesse de Châteauroux est représentée tenant une torche d'une main, une épée de l'autre. Elle a les cheveux épandus autour du visage en boucles follettes. Ses épaules et sa gorge sortent d'une cuirasse autour de laquelle vient se nouer à la ceinture une peau de tigre. À ses côtés, accroupi sur ses pattes, un lion montre les crocs.
On lit dans le cadre:
LA FORCE.
Et plus bas:
_J. M. Nattier pinx. Balechou._
L'adresse est:
_À Paris, chez Surrugue, graveur, rue des Noyers, attenant le magasin de papier, vis-à-vis St-Yves A P D R._
Ce portrait réduit avec quelques changements, dans le format in-4°, et gravé en contre-partie, a été reproduit par Pruneau sous le titre:
MADAME LA DUCHESSE DE CHÂTEAUROUX _Morte le 10 décembre 1744._
On lit en bas:
_Peint par J. M. Nattier.--Gravé par Pruneau. À Paris, chez Bligny, cour du Manège, aux Tuileries._
Ce portrait est dans un médaillon avec un nœud de ruban plissé dans des fleurs.
Un autre portrait, le beau portrait désigné dans les _Mémoires inédits sur les membres de l'Académie royale_, sous le titre du _Point du Jour_, a été également gravé. Il représente la duchesse couchée sur un nuage, des roses dans les cheveux, habillée en déesse mythologique d'une courte chemisette très-décolletée, avec un flottement de draperie sur ses jambes nues, et repoussant d'une main, une étoile au front, des pavots et la Nuit. Derrière elle, un Amour se prépare à éteindre son flambeau pâlissant dans le jour naissant. On lit au bas de l'estampe:
_Nattier pinx. Malœuvre sc._ LA NUIT PASSE, L'AURORE PAROIT. _À Paris, chez Basan, graveur._
Dans la série des figures de femmes olympiennes gravées d'après Nattier, les catalogues de vente font encore des duchesses de Châteauroux de LA SOURCE, de FLORE À SON LEVER; mais rien ne confirme ces attributions.
Un autre portrait, qui a été gravé pour une édition des _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, porte:
LA DUCHESSE DE CHÂTEAU ROUX.
La Duchesse est représentée les cheveux coupés courts à la façon d'un homme; l'attache d'un carquois retient la chemise qui laisse à découvert un bouton de sein. Elle a au-dessus de la tête une étoile. On lit en bas, à la pointe: _Masguelier sculp._
Il y a un second état qui porte en haut: _t. VII, page 52_; et en bas au dessous du nom: «_Mais croyez-vous qu'il m'aime encore?_»
Cet état porte à la pointe: _Peint par Nattier, Gravé par J. Masquelier_, 1792.
Je connais deux portraits peints de la duchesse de Châteauroux Le premier est celui gravé par Masquelier en 1792 et qui a été intercalé dans l'édition des _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_. Il est en la possession de M. de Saint-Valry qui le tient de sa famille. Il provient du château de Crécy possédé par madame de Pompadour, qui, d'après une tradition du pays, aurait fait construire un _Boudoir des Beautés_ aimées avant elle par son royal amant. Les cheveux courts de la duchesse sont légèrement poudrés; elle a de grands yeux très-bruns (et non bleus) en amandes et imperceptiblement relevés à la chinoise dans les coins; le nez est fin, délicat, presque mutin, la bouche très-petite et charnue avec un menton grassouillet un peu lourd. Très-fardée, le rouge de ses joues fait paraître nacrées les blancheurs de sa gorge. Elle est habillée d'un habit de satin blanc avec une bretelle en forme de cordon de carquois retenant l'étoffe à ses épaules. Ce portrait est un Nattier moins conventionnel que d'habitude et qui, dans la peinture esquissée de cette figure, serre la nature d'assez près et vous donne une représentation de la favorite moins enjolivée, moins affinée, moins _délicatifiée_ que dans son portrait officiel de la Force.
Un autre portrait d'une qualité inférieure, et appartenant au baron Jérôme Pichon, est exposé en ce moment au Trocadéro. C'est, sauf un changement dans le mouvement des mains, la même coiffure, le même allumage des joues par le fard, la même robe de satin blanc en une effigie plus grossière et dans une peinture plus alourdie.
Il y aurait peut-être un portrait de la duchesse de Châteauroux dans les palais royaux de la Prusse: le portrait demandé, d'après de Luynes, par Frédéric à d'Argenson, par l'entremise de M. de Courten.
Il existait autrefois un dessin de madame de la Tournelle dans le cabinet de M. de Fontette, que la Bibliothèque ne possède plus.]
[411: Voici un portrait en vers de madame de la Tournelle, que donnent les Mélanges de Bois-Jourdain:
Elle a d'Hébé la brillante jeunesse, Toute la grâce et l'enjouement, Ce doux regard plein de finesse Où se niche si joliment, Sous les traits de la gentillesse, L'expression du sentiment; Ce je ne sais quoi qui nous touche Plus séduisant que la beauté; Le sourire enfantin, des lèvres, une bouche Où réside la volupté, Un teint que le lys et la rose Tour à tour ont soin d'embellir; Un sein qui jamais ne repose, Doux labyrinthe du désir. ]
[412: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_. Lettres de Lauraguais à Madame ***. Buisson, 1802.]
[413: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]
[414: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]
[415: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]
[416: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]
[417: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742, 1743, _Revue rétrospective_, t. V.]