La Duchesse de Châteauroux et ses soeurs

Part 27

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[244: Mademoiselle a voulu reprendre le rôle de m..., dit d'Argenson, mais cela lui a mal réussi: elle est allée souper à la Muette, méprisée de tout le monde, personne ne lui parlant plus, le Roi et la maîtresse chuchotant contre elle en la regardant.]

[245: Le Roi hésitait beaucoup à retourner dans ce château tout plein encore du souvenir de madame de Vintimille, et il fallait pour le décider, que madame de Mailly lui dît que, s'il ne voulait pas y aller, «ce serait elle toute seule qui irait inspecter ses bâtiments.»]

[246: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[247: D'Argenson accuse le duc d'Ayen de travailler dans les soupers des petits appartements à détruire la religion du Roi.]

[248: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. III.]

[249: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[250: Le pauvre de Meuse, qui n'obtenait pas la permission de servir, qui n'était pas fait duc et pair, et qui avait des deux mois de goutte qui le retenaient dans sa triste chambre de Versailles, était enfin nommé en mai 1743 gouverneur de Saint-Malo avec la permission de vendre ou de faire passer sur la tête de son fils le gouvernement de Ribemont qu'il avait.]

[251: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[252: Lorsque, dans l'éloignement de Condé des affaires et l'ensevelissement du duc d'Orléans à Sainte-Geneviève, le jeune prince de Conti voulant jouer un rôle en septembre 1742, partait sans la permission du Roi pour se rendre à l'armée, et que Louis XV envoyait un courrier à M. de Maillebois pour mettre aux arrêts le prince à son arrivée, c'était madame de Mailly à laquelle le prince avait confié son projet sous le plus grand secret, qui se chargeait d'avoir une entrevue du Roi à la vieille princesse de Conti. Elle la faisait cacher dans la loge du concierge de Choisi, elle partait au-devant du Roi qui était à la chasse, traversait la rivière, arrêtait Louis XV en chemin et le décidait, à force de prières, à recevoir la mère du prince et à faire pardonner au jeune homme son escapade. Le prince de Conti demeurait en relation d'amitié avec la duchesse de Châteauroux, qui plus tard s'essayait à faire du prince français un Roi de Pologne.]

[253: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. IV.]

[254: Madame de Mailly, lorsqu'elle le rencontrait, lui tournait carrément le dos.]

[255: _Mémoires de d'Argenson_, t. IV.]

[256: _Ibid._, t. III.]

[257: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. IV.]

[258: _Ibid._, t. IV.]

[259: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[260: Le duc de Luynes dit: «Ce duché sera vérifié au parlement comme celui de Chevreuse, Duras, Lorges, etc.» C'est sur la terre de Gisors que ce duché est attaché. En même temps l'empereur, en reconnaissance des services du maréchal, le déclarait prince de l'Empire.

Au mois de septembre, le matin du jour où la maréchale de Belle-lsle devait prendre son tabouret dans le cabinet du Roi, madame de Mailly allait la voir le matin, lui disait qu'elle ne devait pas s'embarrasser de tous les discours qu'on tenait contre le maréchal, qu'il suffisait que le Maître fût content, que le Roi l'était de M. de Belle-Isle et n'avait jamais changé; que pour elle, elle avait toujours persisté dans les mêmes sentiments d'amitié; que l'on avait pu croire qu'ils étaient diminués parce qu'elle avait cessé de prendre aussi ouvertement son parti depuis tous les mauvais bruits qui avaient couru dans le public, mais qu'elle avait cru en cela la servir plus utilement et qu'elle n'avait jamais cessé de prendre le plus véritable intérêt à ce qui le regardait.]

[261: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[262: _Mémoires du duc de Richelieu_, t. VI.--_Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Le Roi, en remontant dans son appartement, disait à madame de Mailly: «Madame la comtesse, vous serez bien contente de moi, car je n'ai cessé de parler à M. de Beauvau pendant mon souper.» Et madame de Mailly faisait le lendemain une longue visite à la maréchale de Belle-Isle, l'assurant qu'elle ne devait avoir nulle inquiétude, que le Roi connaissait l'attachement de M. de Belle-Isle pour sa personne et ses intérêts, et qu'il était fort content de lui.]

[263: _Mémoires du duc de Luynes_, t. I.]

[264: _Archives nationales_.--Le marquis d'Antin mourait en avril 1741.]

[265: Le duc de Luynes fait remarquer que, quoique madame de Mailly fût très-impressionnable, très-mobile, elle avait la constance en amitié.]

[266: _Journal de Barbier_, édition Charpentier, t. III.--_Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. III.]

[267: Bachelier, qui en était quelquefois spectateur, disait à d'Argenson que cette vie avec «l'ennuyée et l'ennuyeuse» madame de Mailly et le duc d'Ayen et le duc de Noailles qui avaient plus de jargon que d'esprit, était le comble de l'ennui et le règne de Morphée.]

[268: Il semble même qu'en vieillissant, madame de Mailly ne prenait plus soin de sa toilette. Le duc de Luynes, parlant de la favorite à un retour de Choisi, dit: «On ne peut pas être moins parée qu'elle l'étoit; elle revint à Versailles avec la même robe qu'elle avoit en sortant de son lit.» Deux ans avant, madame de Mailly arrivant au sermon dans une robe jaune chamarrée de martre zibeline, avec un petit chaperon de fleurs jaunes et une aigrette, _dans une toilette de masque_, le Roi avait dit à la maréchale de Villars: «Je crois que la czarine doit être mise actuellement comme cela.» Du reste, malgré les louanges que les contemporains donnent à son art de se mettre, madame de Mailly semble toujours avoir eu un goût de toilette un peu voyant. Et de Luynes parle quelque part d'une robe apportée à la favorite à Choisi, d'une robe faite de plumes de toutes couleurs qui devait être plus originale que jolie.]

[269: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas._--Lettres de Lauraguais à madame ***. Buisson. 1802.]

[270: Les _Mémoires inédits sur la vie des membres de l'Académie Royale_ disent: «Ce fut la duchesse de Mazarin qui fit naître l'occasion dans laquelle Nattier produisit ses ouvrages pour la première fois. Elle lui amena en 1740 ses deux nièces, les belles mesdemoiselles de Nesle, connues depuis sous les noms de mesdames de Châteauroux et de Flavacourt, pour les peindre sous les allégories du _Point du jour_ et du _Silence_. Ces deux tableaux qui sont pour ainsi dire les chefs-d'œuvre de Nattier, firent tant de bruit à la Cour qu'ils excitèrent la curiosité de la Reine qui, les ayant vus, fut si frappée de leur parfaite ressemblance, qu'elle ordonna sur-le-champ à Nattier de commencer le portrait de madame Henriette.»]

[271: Il était stipulé dans le contrat de mariage en sa faveur 5,000 liv. de douaire, 2,000 liv. d'habitation et 20,000 livres de préciput.]

[272: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[273: Nouvelles manuscrites de novembre 1743 à février 1745. Bibliothèque nationale. Département des manuscrits. Sup. fr. 13,695 à 13,699, t. III.]

[274: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas._ Lettres de Lauraguais à Madame ***. Buisson, 1802.]

[275: Dans cette affaire madame de Mailly apportait toute la chaleur qu'elle mettait à obliger ses parents et ses amis, et on l'entendait dire que si elle n'avait pas demandé ce régiment à M. de Clermont avec autant d'insistance, M. de la Tournelle ne l'aurait pas eu.]

[276: Le duc de Luynes dit: «Mesdames de Flavacourt et de la Tournelle ont été présentées le même jour (25 janvier 1739), l'une mariée et l'autre fille, madame de la Tournelle fut présentée dans le Cabinet du Roi, et le Roi la salua; madame de Flavacourt, alors mademoiselle de Mailly, fut présentée chez la Reine, (l'usage étant qu'on ne présente les filles au Roi que dans l'appartement de la Reine); le Roi ne la salua pas, ce n'est pas l'usage, lorsque le Roy y vint un moment.»]

[277: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[278: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas._ Lettres de Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[279: _Fragment des Mémoires de madame de Brancas._ Lettres de Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[280: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie.]

[281: Le marquis d'Argenson indique le mois de novembre 1740, comme l'époque de la liaison intime de madame de la Tournelle avec le duc d'Agénois.]

[282: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_.--Lettre de Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[283: Madame de Mazarin mourait à 54 ans d'une maladie de la gorge compliquée d'une inflammation d'entrailles.]

[284: D'après d'Argenson, madame de la Tournelle n'était pas dans une position aussi misérable qu'elle apparaît dans les Mémoires du temps. Elle avait quarante mille livres de rente tant de la dot constituée par M. le Duc qui se croyait son père, que de son défunt mari qui lui avait laissé son bien en mourant, étant en pays de droit écrit.]

[285: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. IV.]

[286: Mémoires du duc de Luynes, t. IV.]

[287: La duchesse de Brancas dit: «Il fut question de lui donner un appartement, et le duc de Richelieu m'avoua, lorsqu'on en parlait chez le Roi, avoir dit: Il y en a un qui n'est pas vacant, mais point occupé, celui de l'évêque de Rennes: je dirai à madame la duchesse de Brancas de lui écrire que le Roi, espérant qu'il ne refusera pas, l'a donné à madame de la Tournelle en attendant qu'elle en ait un à elle. Je fus donc obligée de mander tout cela à l'évêque de Rennes...»]

[288: Voici le récit que fait la duchesse de Brancas de cette demande: «Outrée de dépit (contre Maurepas), madame de la Tournelle part pour Versailles, va chez le Cardinal et s'y fait annoncer. Qu'on la prie, dit-il, d'entrer dans mon cabinet. Il l'y trouve, et plus frappé de sa figure qu'étonné de sa présence: Eh! mon Dieu, lui dit-il, que voulez-vous, que voulez-vous de moi, Madame?--Une place de dame du palais de la Reine, lui répondit-elle.--Hé bien! Madame, lui dit-il, en la reconduisant, je vous promets d'en parler au Roi. Il prévoyait que le voyage de madame de la Tournelle à Versailles, et que la visite qu'il en avait reçue feraient trop de bruit pour la cacher. Dès le soir on en causait partout. Madame de Mailly ne savait qu'en penser; le Roi ne savait qu'en dire: le lendemain on parlait encore plus de ce voyage. Comment! disait-on à madame de Mailly, votre sœur est venue chez le cardinal et point chez vous? Elle était interdite et le Roi embarrassé.» Je n'ai point besoin de dire que je crois complètement inexact le récit de cette demande faite en dehors et en cachette de madame de Mailly. Les trois sœurs vivent ensemble à Versailles depuis le jour de la mort de madame de Mazarin, et de Luynes et d'Argenson sont complètement d'accord pour affirmer la part affectueuse et vaillante que prend madame de Mailly à faire réussir dès le principe la nomination de mesdames de la Tournelle et de Flavacourt.]

[289: _Mémoires du marquis d'Argenson_. Édition Renouard, 1865. t. IV.]

[290: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[291: On passait sur la difficulté grande alors de faire monter madame de la Tournelle dans les carrosses de Roi, son défunt mari n'étant pas un homme de condition.]

[292: _Mémoires du duc de Luynes_, t. II.]

[293: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[294: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_. Lettres de Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[295: D'Argenson, parlant de madame de la Tournelle, dit: «Elle a eu jusqu'à trois affaires: M. de la Trémoille, M. de Soubise, M. d'Agénois. Le premier la séduisit par ses charmes, M. de Soubise par intérêt et par vues; elle avait besoin de lui pour que la maison de Rohan et madame de Tallard s'intéressassent à elle, en vue d'entrer chez la Dauphine; elle ne lui permit que la petite oie, et elle eut M. d'Agénois pour se procurer les conseils de M. de Richelieu qui était en partie carrée avec elle, son cousin le petit d'Agénois et madame de Flavacourt.]

[296: Le Roi, mettant sous les yeux de madame de la Tournelle les lettres du _fidèle d'Agénois_, lui disait ironiquement: «Ah! le beau billet qu'a la Châtre, voilà ce que m'envoie la poste!»]

[297: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.]

[298: Lettre autographe inédite de la duchesse de Châteauroux (madame de la Tournelle). Les lettres autographes de la duchesse de Châteauroux que nous avons publiées ici pour la première fois, dans les _Maîtresses de Louis XV_, lettres si curieuses non point seulement pour la biographie de la maîtresse, mais pour l'histoire du règne de Louis XV sont conservées à la Bibliothèque de Rouen et proviennent de la collection Leber, où elles étaient cataloguées sous le titre de: _Lettres autographes secrètes et galantes de la duchesse de Châteauroux et de Louis XV au duc de Richelieu_.

Quelques-unes de ces lettres de madame de Châteauroux portent ses armes, les trois maillets des Mailly-Nesle, et les trois tours du duché de Châteauroux sous le manteau ducal; l'une a pour cachet une tête de Socrate. Presque toutes sont écrites sur un papier de Hollande très-glacé dont le filagramme porte pour devise _Pro patria_ ou _Hony soit qui mal y pense_.]

[299: _Fragment des Mémoires de madame de Brancas_. Lettre de Lauraguais à Madame ***. Buisson, 1802.--Au fond, le commencement d'amour du Roi se débattait encore avec les préventions que Maurepas lui avait données contre madame de Mazarin et sa famille, et il croyait madame de la Tournelle altière et intrigante comme sa tante.]

[300: Les bruits de cour parlaient alors, pour remplacer madame de Mailly, de madame de Rohan, de madame de Congé et d'autres. Les désirs du Roi erraient un peu au hasard et même au-delà de Versailles et des femmes de la cour. Madame de Tencin écrit que Maurepas avait eu l'idée de maintenir madame de Mailly dans les honneurs et les apparences de la faveur, en donnant au Roi une petite fille; on avait même cherché la petite fille, et l'on avait jeté les yeux sur la comédienne Gaussin qui fut au moment de doubler la de Mailly, si, au dernier moment, on n'avait pas eu peur de la santé de la courtisane.]

[301: Était-ce madame de Rohan que Richelieu comptait alors parmi ses maîtresses et qu'il préféra garder pour lui en donnant au Roi madame de la Tournelle qu'il aimait moins? Aussitôt que madame de Rohan apprenait la part que le duc avait eue à l'intrigue, elle lui écrivait une singulière lettre de rupture où elle se plaignait «de n'avoir pu acquérir un ami et ne lui avoir paru digne que de certains sentiments». Madame de Tencin, la confidente des deux anciens amants, et qui recevait des lamentations en huit pages de la femme sacrifiée, engageait le duc à la ramener à lui, en lui disant qu'à l'heure présente c'était la seule femme de la cour dont on pouvait se faire une amie aussi bien qu'une maîtresse.]

[302: _Fragment des Mémoires de madame de Brancas_. Lettres de Lauraguais à Madame ***. Buisson, 1802.]

[303: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. IV.]

[304: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[305: _Ibid._, t. IV.--«Tu m'ennuies, j'aime ta sœur,» répétait le Roi à madame de Mailly, d'après d'Argenson.]

[306: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, 1865, t. IV.]

[307: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[308: Dans le public le bruit courut que la disgrâce de madame de Mailly venait d'avoir soutenu avec trop de chaleur le maréchal de Belle-Isle, et en dernier lieu Maillebois accusé «de fêter plus Bacchus que Mars». On parla d'une lettre interceptée de Belle-Isle à Maillebois qui contenait cette phrase: «Ne vous pressez pas, un autre (de Broglie) recueillerait les lauriers que vous auriez acquis, nous avons pour nous la sultane favorite.» Au fond la politique n'était pour rien dans le renvoi de madame de Mailly, le Roi la remplaçait parce qu'il était las d'elle, et qu'elle commençait à être vieille et laide.]

[309: D'Argenson dit que c'est Richelieu mandé par le Roi de l'armée de Flandre, beaucoup plus tôt qu'il ne l'eût été sans cela, qui arrangeait toute la _quitterie_ du Roi et de madame de Mailly; d'Argenson ajoute: «Il est en tout l'avocat consultant du Roi, son _professor di pazzia_.»]

[310: «Il n'y a que madame de Mailly qui m'embarrasse, avait dit le Roi à Richelieu, au moment où encore indécis sur les remplaçantes qu'il donnerait à l'ancienne maîtresse il était déterminé à s'en séparer.--Et voilà, répondait au Roi Richelieu, ce qui doit beaucoup moins embarrasser Votre Majesté que tout autre chose. Je me charge, moi, de ce qui est convenable entre elle et Votre Majesté. Je ne lui apprendrai pas qu'elle n'en est plus aimée; elle en meurt de chagrin, mais je l'occuperai du seul moyen de sauver sa gloire. Vous n'entendrez sûrement plus parler d'elle.--En êtes-vous bien sûr? m'en répondez-vous? s'écriait le Roi, qui se mettait à serrer la main de Richelieu.--Je la connais trop bien, disait Richelieu pour en douter. Elle sera si profondément désolée, qu'elle se jettera vraisemblablement tout de suite dans un couvent.»]

[311: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_. Lettres de Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[312: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_. Lettre de Lauraguais à madame ***, Paris, 1802.--Ce récit est confirmé par de Luynes qui dit que le Roi continue à aller tous les soirs chez madame de la Tournelle avec un surtout et une grande perruque par-dessus ses papillotes.]

[313: Ces entrevues se répétaient pendant tout un mois. Soulavie raconte, je ne sais d'après quel témoignage, que dans une de ces visites nocturnes, Richelieu se donna le plaisir de faire une grandissime peur à Maurepas. Reconnaissant son ennemi dans un homme en train d'espionner le Roi dans l'obscurité, au qui-vive de Louis XV, interpellant le quidam, il tirait son épée, en criant: «Sire, je le tue.»]

[314: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[315: D'Argenson dit: «Madame de Mailly a été renvoyée un peu plus durement qu'une fille d'opéra: le samedi à dîner le Roi lui dit qu'il ne voulait pas qu'elle couchât le soir à Versailles; elle devait cependant y revenir le lundi; il y eut quantité de missives et de courriers ce jour-là. Madame de la Tournelle a voulu absolument exiger que sa sœur ne revînt jamais à Versailles, tant qu'elle serait maîtresse du Roi.»]

[316: Le duc de Luynes dans le récit duquel ne se trouve pas la phrase de Soulavie: «À lundi à Choisy, madame la comtesse... à lundi, j'espère que vous ne vous ferez pas attendre,» par la raison bien simple que c'était le lundi 5 à quatre heures et non le lundi 12, jour du départ pour Choisi que devait revenir madame de Mailly, le duc de Luynes affirme que le Roi témoigna hautement qu'il continuait et continuerait à avoir de l'amitié pour madame de Mailly et qu'il désirait qu'elle demeurât à Versailles. Cette affirmation concorde parfaitement avec la teneur de la lettre à Richelieu que nous donnons dans ce chapitre. Et elle enlève tout caractère de véracité à l'anecdote du bonhomme Metra, quoiqu'il dise la tenir d'un témoin oculaire. D'après l'auteur de la _Chronique secrète_, Louis XV, retiré à la Muette après le renvoi de madame de Mailly pour éviter sa rencontre, aurait vu tout à coup arriver la femme éplorée qui, sur l'ordre intimé par un donneur de lettre de cachet de remonter en carrosse, aurait poussé des cris plaintifs et se serait arraché les cheveux, pendant que Louis XV, que la curiosité avait attiré à la croisée, regardait cette scène à travers les carreaux et riait des attitudes comiques amenées par le désespoir de la maîtresse. Madame de Mailly n'avait pas reçu de lettre de cachet, et Louis XV ne faisait pas de séjour à la Muette après le départ de madame de Mailly de Versailles.]

[317: Catalogue d'autographes provenant du cabinet de M. A. Martin, 1842.]

[318: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. IV.]

[319: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[320: C'était seulement en avril 1741, que pour faire cesser ses indignes emprunts, Louis XV se décidait à donner à sa maîtresse quatre flambeaux et 200 jetons d'argent.]

[321: _Chronique de louis XV_, 1742-1743, _Revue rétrospective_, t. V.--Voici les conditions que donne Barbier: «Elle serait maîtresse déclarée, elle aurait une maison, elle n'irait point aux petits soupers du Roi dans les petits appartements; elle aurait tous les soirs dix couverts chez elle et elle nommerait elle-même les personnes qui y souperaient; elle aurait de plus cinquante mille écus de pension assurée pour sa vie.»]

[322: Mademoiselle de Montcavrel, nommée depuis mademoiselle de Mailly, et qui était l'intime compagne de madame de la Tournelle comme mademoiselle de Vintimille l'avait été de madame de Mailly, épousait à l'âge de 28 ans le duc de Lauraguais, le fils de madame de Brancas, l'amie de Richelieu, et qui comptait tirer de grands avantages de ce mariage-là. Il lui était assuré un douaire de 10,000 liv., pour lequel le Roi prolongeait de soixante ans une rente qu'il avait établie sur les Juifs de Metz, et qui n'avait plus que trois ans à courir. Il lui donnait 100,000 liv. argent comptant. Outre cela la mariée devait obtenir, dès le moment de son mariage, le brevet de dame du Palais de la Dauphine, et en toucher les appointements qui étaient de 2,000 liv. Elle avait encore les 6,500 liv. de rente qu'avaient ses autres sœurs. M. de Lauraguais n'avait que les 20,000 liv. de rente qui lui avaient été données par son père, lors de son premier mariage avec mademoiselle d'O. Le contrat de mariage de mademoiselle de Montcavrel avec le duc de Lauraguais était signé à Versailles, le 19 janvier 1743, et quarante personnes assistaient à la signature. Le mariage se faisait chez madame de Lesdiguières, tante de madame de Mailly, qui se chargeait de la noce et empruntait pour le repas la maison de madame de Rupelmonde qui était en Auvergne. Les mariés allaient coucher chez le duc de Brancas. Madame de Mailly, qui s'était beaucoup occupée du mariage de sa sœur, qui y avait intéressé le Roi, et qui avait failli la marier à M. de Chabot, ne paraissait pas à la noce pour ne pas se rencontrer avec madame de la Tournelle.]

[323: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Madame de la Tournelle, même après le départ de madame de Mailly, continuait à dire et à faire dire «qu'elle était aimée de M. d'Agénois et qu'elle l'aimait, qu'elle n'avait nul désir d'avoir le Roi, qu'il lui ferait plaisir de la laisser comme elle est, et qu'elle ne veut consentir à ses propositions qu'à des conditions sûres et avantageuses».]

[324: Le 3 novembre 1742, à sept heures du soir.]

[325: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Madame de Tencin dit que madame de Toulouse lui donnait un appartement de sept pièces de plain-pied.]

[326: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.]

[327: _Chronique du règne de Louis XV, 1742-1743. Revue rétrospective_, t. V.]

[328: De Luynes dit: «Elle est dans un état digne de compassion; sa santé n'étant pas déjà bonne, on peut juger de sa situation... Elle n'est occupée que du désir de revenir ici, et l'on croit que le Roi le désireroit aussi, mais que l'autre s'oppose à ce retour.»]

[329: M. de Gesvres, mandé par elle à Paris, dans la peur de se compromettre, de déplaire au Roi et à madame de la Tournelle, feignait une indisposition pour ne pas quitter Versailles.]

[330: Toujours aveugle, toujours confiante, toujours à son rôle de victime et continuant toujours à se livrer à ses ennemis, elle aurait invoqué les conseils de d'Argenson. D'Argenson, comprenant toute l'importance de la tenir éloignée de Versailles et de lui faire accepter l'exil, lui répétait hypocritement ce que la fausse amitié avait dit autrefois à madame de Montespan: que le Roi avait l'esprit excité contre elle, et qu'une retraite ne pouvait manquer de le ramener.]

[331: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[332: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]