Part 17
Le vin a été chanté même par les poètes mystiques. Les effets qu'il produit ont été comparés par ces auteurs à ceux de l'amour divin. C'est ainsi que le célèbre Ibn Fârid a décrit les formes de l'ivresse mystique dans une poésie intitulée _el-Khamriyeh_, c'est-à-dire «celle du vin» (v. notre _Gazali_, p. 253). Le grand poète Hâfiz a écrit des quatrains à la gloire du vin, suggérant l'idée des extases spirituelles: «Dans la coupe de la tulipe, nous buvons un vin imaginaire; arrière le mauvais œil! car sans vin ni musiciens, nous avons l'ivresse.» Djélâl ed-Dîn Roumi a dit dans le même sens: «L'ivresse où je me trouve ne provient pas du vin vermeil; ce vin n'existe que dans la coupe de mon imagination. Tu es venu pour répandre mon vin? je suis ce buveur dont le vin n'est pas visible!» (_La Roseraie du savoir_, p. 169.)
La vigne a été jusqu'à ces dernières années cultivée en Turquie par les Grecs et les Juifs. Il est clair que cette culture pourrait devenir l'une des plus florissantes de l'empire ottoman. Depuis quelque temps, des Turcs ont commencé à s'en occuper.
En principe, la loi mahométane interdit les alcools comme le vin. On fait cependant une grande consommation en Orient d'une liqueur appelée _raki_; elle est fabriquée avec la résine d'une certaine sorte de lentisque; cette résine s'appelle elle-même _raki_ ou _mastic_. Le _nébîd_, dont il est souvent question dans les anciennes anecdotes de l'islam, était un spiritueux fabriqué avec des dattes et du raisin sec.
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CLERGÉ.--Il n'y a rien dans l'islam qui corresponde à l'ordination. Le mot «clergé» ne s'applique qu'approximativement aux représentants de cette religion. Ceux-ci sont, d'une façon générale, les _Ulémas_ ou docteurs des divers degrés.
Les personnages qui président au culte dans les mosquées s'appellent imams, c'est-à-dire présidents. Ils n'agissent que comme vicaires des khalifes qui sont les véritables présidents de la communauté islamique. On donne aussi, dans l'islam, le titre d'imam à certains docteurs célèbres, tels que ceux qui ont fondé les quatre «rites» orthodoxes; on le donne encore au personnage qui a la garde des deux villes saintes, et dans le chiisme surtout, aux douze premiers descendants d'Ali.
Les Ulémas sont formés dans les universités, _medressés_. Les étudiants, appelés en turc _softas_, peuvent embrasser l'un de ces trois ministères: celui du culte dont nous venons de parler, celui de la loi et celui de la justice.
Les docteurs qui rendent des décisions sur la loi s'appellent _muftis_; les juges s'appellent _kâdis_. Les fonctions et les rangs des kâdis et des muftis ont été réglementés par Mahomet le Conquérant. Il est résulté de ces règlements une organisation puissante, et stable, connue sous le nom de «Chaîne des Ulémas», organisation qui a contribué fortement au maintien des traditions de l'islam, mais aussi à son immobilité.
Les _muftis_ ne rendent pas de jugements; ils n'agissent pas comme juges, mais plutôt comme arbitres. Les particuliers ou les personnages officiels les consultent sur l'application de la loi, dans tous les cas qui peuvent les embarrasser.
Leurs décisions, appelées _fetwâ_, sont données en général dans une forme très brève, et la question est rédigée en termes abstraits, des noms de convention tels que Zéïd, Amrou, Hind, Zéïnâb, étant substitués aux noms réels des personnes que le cas concerne. Voici des exemples de ces sentences:
«Si Zéïd, étranger en un pays musulman, épouse Hind, chrétienne tributaire, et continue à garder sa qualité d'étranger, à la mort de sa femme peut-il avoir droit à sa succession?--_Réponse_: Non.»
«Si Zéïd, étranger en pays musulman, et ayant un procès avec Amr, sujet tributaire, offre en faveur de sa cause le témoignage de Békir et de Béchir, tous deux également étrangers, la déposition testimoniale de ceux-ci est-elle recevable en justice?--_Réponse_: Non.»
Il y a plus de deux cents muftis dans l'empire ottoman; il n'y en a qu'un dans chaque grande ville. Leur chef est le même personnage qui porte le titre de _cheïkh ul-islam_; c'est le grand mufti de Constantinople.
Le pouvoir du _cheïkh ul-islam_ a été étendu sous Soliman le Magnifique. Il a sous ses ordres quatre principaux assesseurs qui s'occupent: des biens _wakoufs_ (fondations pieuses), de la chancellerie, de la rédaction des _fetwâ_, et des relations du grand mufti avec le gouvernement.
L'importance du _cheïkh ul-islam_ est en tout temps très grande; il est le principal personnage de l'empire avec le grand vizir; mais dans les moments de crise, cette importance peut devenir prédominante. Un fetwâ de quelques lignes peut décider d'une révolution. Lorsque le sultan Abd ul-Aziz fut déposé, il le fut en vertu de la décision que voici, rendue par le cheïkh ul-islam Hassan Khaïrullah:
«Si le commandeur des croyants tient une conduite insensée, et s'il n'a pas les connaissances politiques exigées pour gouverner, s'il fait des dépenses personnelles que l'empire ne peut supporter, si son maintien sur le trône doit avoir des conséquences funestes, faut-il le déposer?» Réponse: «La loi (le _chéri_) dit: Oui.»
On juge par là du caractère théocratique qu'a gardé le système politique de l'islam, jusqu'à notre temps.
(V. D'OHSSON, V, 487, 526; LA JONQUIÈRE, _Histoire de l'empire ottoman_, p. 182, 262; et les autres historiens de la Turquie.)
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RITES.--On sait que les quatre grandes écoles de jurisprudence qui se partagent l'islamisme orthodoxe sont celles de Abou Hanifa, Châféï, Malek et Ibn Hanbal.
On les appelle les quatre «rites». Il n'y a entre ces quatre écoles que des différences de détails, portant sur la manière d'interpréter la loi; mais tous les points essentiels de la doctrine leur sont communs.
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LOIS MILITAIRES.--Le principe religieux est, avons-nous dit, que le devoir militaire n'incombe pas aux non-musulmans.
On voit malgré cette doctrine, à diverses époques, des chrétiens se joindre aux armées ottomanes. Dans les deux siècles qui précédèrent la prise de Constantinople, beaucoup de Chrétiens étaient entrés dans les armées de l'empire et avaient été convertis par force à l'islam; d'autres, ayant gardé leur religion, servaient à titre d'auxiliaire; les généraux étaient, en grande proportion, d'origine chrétienne.
A l'époque contemporaine, l'édit de Gulhané posa en principe que l'obligation du service militaire s'imposerait désormais à tous les sujets de l'empire quelle que fût leur religion (1839). Le firman de 1856 affirma la volonté du gouvernement turc d'appliquer ce principe: «Il sera publié, dans le plus bref délai possible, une loi complète sur le mode d'admission et de service des sujets chrétiens et autres non-musulmans dans l'armée.»
Mais ce projet rencontra une vive opposition; les Musulmans répugnaient à avoir des Chrétiens pour chefs; quelques-uns même allaient jusqu'à douter de la fidélité de ces éléments nouveaux qu'on voulait introduire dans l'armée; ce doute serait certainement injuste aujourd'hui; il l'était probablement déjà alors. Les Chrétiens de leur côté demandaient qu'on leur garantît que la religion n'influerait en rien sur l'avancement, et qu'on leur donnât accès aux plus hauts grades, y compris celui de maréchal.
Le gouvernement dut reculer devant cette double résistance; le service militaire fut remplacé pour les non-musulmans par la taxe dite d'exonération.
Lors de la guerre russo-turque, un décret parut, le 22 août 1877, organisant une «milice nationale». Les Chrétiens n'y étaient pas mentionnés, mais il était entendu qu'on ne leur donnerait pas d'armes. Cependant des Grecs s'enrôlèrent à Smyrne notamment le 15 juin 1877; ils marchèrent arborant pour emblèmes la croix et le croissant. L'archevêque de Smyrne fit partie du Comité de secours aux blessés ottomans. Les Chrétiens sont dévoués à l'empire; mais ils ont en général protesté contre la conscription toutes les fois qu'elle n'a pas été présentée comme la conséquence de l'égalité civile; ils ont voulu que l'égalité des devoirs procédât de l'égalité des droits.
(Cf. notre article _L'islamisme en face de la civilisation moderne_, dans _Religions et Sociétés_, Paris, Alcan, 1905.)
Tout récemment, quand fut ouvert le nouveau parlement turc, une série de douze projets de loi fut annoncée par le ministre de la guerre, et les deux premiers portaient: «1º l'institution d'une milice nationale; 2º la modification de la loi de recrutement, qui sera étendue aux non-musulmans».
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ORPHELINS.--Au chapitre IV du Coran, versets 2 à 11, Mahomet recommande avec beaucoup de force, sans toutefois donner de règles précises, les droits des orphelins. Dilapider leur fortune est un crime énorme. Leur tuteur doit éprouver leur intelligence, et ne leur remettre leurs biens que s'ils sont assez sages pour les gérer; la remise doit en être faite devant témoin. Le souci des enfants qu'il peut laisser après lui doit porter l'homme à limiter le nombre de ses épouses.
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L'INSTRUCTION EN TUNISIE.--La cause de l'instruction est assez populaire chez les Musulmans de Tunisie. Beaucoup de notables et de jeunes gens indigènes de cette contrée sentent l'utilité de la science moderne, et demandent qu'on développe l'instruction parmi leurs coreligionnaires. Un homme politique français, M. Albin Rozet qui depuis quinze ans, a beaucoup travaillé pour l'instruction des indigènes, a rencontré parmi eux de vives sympathies. En avril et mai 1908, il était acclamé dans l'ancienne ville sainte de Kaïrouan par une cinquantaine de notables musulmans qui lui offraient un banquet; en décembre 1907, il lisait à la Chambre une pétition qui lui avait été remise par les habitants de la même ville, demandant «la renaissance de l'instruction et de la science parmi eux», et s'adressant pour l'obtenir, à «la France hautement humanitaire».
En avril 1908, eut lieu à Alger un Congrès national des associations d'étudiants. La question de l'instruction des indigènes y fut soulevée et débattue avec passion. A la fin M. Taleb fit voter le vœu suivant:
«1º Que le gouvernement persiste dans la voie qu'il s'est tracée, en augmentant dans la mesure du possible les études franco-arabes.
2º Qu'il encourage les Musulmans instruits, en leur ouvrant certaines portes de l'administration française.
3º Que l'enseignement des notions de pratique agricole et industrielle, susceptibles d'améliorer les conditions matérielles de la vie indigène, soit fait parallèlement avec l'enseignement théorique donné jusqu'à ce jour.»
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MÉDECINE.--L'esprit de la religion musulmane est antipathique à la dissection. Cette circonstance est une de celles qui ont retardé les progrès de la médecine dans le monde de l'islam. Les autres causes qui ont agi dans le même sens sont: la superstition qui portait le peuple à traiter les maladies au moyen de talismans, de prières et de conjurations, et le fatalisme qui les lui faisaient considérer comme voulues par Dieu, dont il est inutile de combattre les décrets.
L'islam a eu cependant autrefois de très grands médecins: Avicenne s'est acquis en ce genre une haute réputation, qui a duré jusqu'à l'époque moderne; il a écrit un gros ouvrage de médecine intitulé _Le Canon_; Averroës a écrit sur le même sujet un livre intitulé _Kolliyât_, les généralités, qui a joui aussi d'une certaine vogue, mais dont l'autorité est restée toutefois inférieure à celle du _Canon_. Ces savants étaient élèves des Grecs, et des médecins juifs ou chrétiens; on peut croire qu'ils ont ajouté à l'art des Hippocrate et des Galien l'expérience acquise pendant plusieurs siècles par les praticiens de l'Orient.
A l'époque contemporaine, des Musulmans sont venus apprendre la médecine dans les facultés européennes. Le sultan Mahmoud II s'intéressa aux questions d'hygiène: il s'occupa des hôpitaux, organisa le service des quarantaines et fonda une école de médecine.
Récemment a été fondée à Haïdar, près de Constantinople, une école supérieure de médecine qui relève de la grande maîtrise d'artillerie. Il existe aujourd'hui une faculté turque de médecine à Beyrouth, qui rivalise avec la brillante faculté française; une autre vient de s'ouvrir à Salonique (ROUSSEAU, _L'Effort ottoman_, p. 188 et 276).
LIBÉRALISME EN TURQUIE.--Malgré le despotisme qu'on leur a souvent reproché, beaucoup de sultans ottomans ont fait effort, à toutes les époques, pour introduire dans leur empire les progrès scientifiques et quelques-unes des idées sociales de l'Europe. Leur action en ce sens fut entravée, soit par le vieux parti religieux, piétiste et théocrate, soit par le peu d'attrait naturel de la masse de peuple musulman pour les nouveautés et pour le progrès.
Le sultan Mustapha III, par exemple, à la fin du XVIIIe siècle, s'occupa activement de mettre au niveau de la science de son temps son artillerie et sa marine; il fut aidé dans cette œuvre par le B{on} de Tott, dont les _Mémoires_ sont restés un des livres les plus pittoresques et les plus attachants qu'on puisse lire sur l'Orient.
A partir du sultan Mahmoud II, on voit s'introduire l'idée proprement dite du «libéralisme». Le souverain, faisant abstraction des différences de religion et de race, déclare qu'il se considère comme le père et l'arbitre de tous ses sujets, et qu'il entend voir régner entre eux la plus parfaite harmonie. Ainsi parlait Mahmoud en 1837. Ce sultan apporta dans l'œuvre des réformes une énergie excessive, et n'attendit pas que l'esprit de son peuple fût capable de les comprendre et de les apprécier.
Son successeur Abd ul-Medjid, dès son avènement (1839), promulgua le célèbre _hatti-chérîf_ ou édit de Gulhané, dans lequel sont posés presque tous les grands principes du libéralisme, et qui forme pour l'empire une véritable charte constitutionnelle. Quelques semaines après la promulgation de cet édit, le grand vizir Riza Pacha, qui en avait été le principal rédacteur, exprimait ainsi le désir de son maître de jouer le rôle d'arbitre entre les peuples d'origines si diverses, habitant ses états:
«Musulmans, Chrétiens, Israélites, vous êtes tous les sujets d'un même empereur, les enfants d'un même père. Le Padischah tient la balance égale pour tous.»
Dans le firman (_hatti-homayoun_) du 18 février 1856, le même sultan, revenant sur cette pensée, disait:
«Je veux, en augmentant le bien-être et la prospérité intérieurs, obtenir le bonheur de mes sujets qui sont tous égaux à mes yeux et me sont également chers.»
Et encore:
«Toute distinction ou appellation tendant à rendre une classe quelconque des sujets de mon Empire inférieure à une autre classe, à raison du culte, de la langue ou de la race, sera à jamais effacée du protocole administratif... Tous les sujets de mon empire, sans distinction de nationalité, seront admissibles aux emplois publics.»
En mai 1868, un Conseil d'Etat fut organisé en Turquie sur le modèle de celui de la France; des membres des diverses nationalités y furent nommés; le célèbre Musulman libéral Midhat Pacha le présida d'abord. A ce moment, le sultan Abd ul-Azîz écrivait:
«Je compte faire appel à toutes les capacités comme à toutes les nationalités: Syriens, Bulgares, Bosniaques seront ici comme en un centre commun et deviendront les auxiliaires de mes ministres.»
A l'avènement d'Abd ul-Hamid II, le parti libéral se trouva au pouvoir. Midhat Pacha, grand vizir, obtint un édit promulguant une constitution, et affirmant l'égalité de tous les sujets de l'Empire, indistinctement appelés Ottomans, et leur admission aux fonctions publiques selon leurs aptitudes, leurs mérites et leurs capacités (23 décembre 1876).
Le premier parlement ottoman s'ouvrit en mars 1877. Dans son discours d'ouverture Abd ul-Hamid prononça ces belles paroles:
«Mes augustes prédécesseurs n'ont jamais laissé porter atteinte à la liberté de conscience et des cultes. Il est incontestable que c'est par une conséquence naturelle de ce principe de haute justice, que nos diverses populations ont pu conserver depuis six siècles leur caractère national, leur langue et leur religion... J'ai cru qu'il était d'une urgence absolue d'assurer la liberté et l'égalité de mes sujets.»
On sait que la constitution de Midhat Pacha ne fut pas viable. La guerre avec la Russie vint jeter le trouble dans les destinées de l'empire.
Il y a quelques mois s'est ouvert le second parlement turc. L'esprit de sagesse qui l'inspire, les talents dont il est orné, donnent les plus belles espérances aux amis de l'Orient, du progrès et de la liberté.
(Date de l'ouverture du second parlement: 17 décembre 1908.--V. à ce sujet un numéro spécial du journal _Le Temps_, et le livre de Victor BÉRARD: _La Révolution turque_.)
CHRÉTIENTÉS ORIENTALES.--Il se trouvera sans doute parmi nos lecteurs quelques personnes qui portent un intérêt particulier aux Chrétiens d'Orient; nous rappelons ici quels sont les principaux ouvrages relatifs à ce sujet:
Ceux de M. le B{on} d'Avril, _Les Eglises autonomes et autocéphales_, 1895; _La Bulgarie chrétienne_, 2e éd., 1898; _La Chaldée chrétienne_, 2e éd., 1892; _La Serbie chrétienne_, 1897;--le livre de M. le Chanoine Pisani, _A travers l'Orient_, 1897;--le très bel ouvrage de M. le Comte F. van den Steen de Jehay, qui contient une bibliographie du sujet: _De la situation légale des sujets ottomans non-musulmans_, Bruxelles, 1906;--L'_Oriens christianus_;--la _Revue de l'Orient chrétien_.
L'histoire chrétienne de l'Orient est l'objet de nombreuses études dans le _Machriq_, revue arabe qui paraît à Beyrouth. Les savants de l'Université catholique de Beyrouth s'attachent aussi à faire connaître les œuvres des auteurs arabes chrétiens. Une vaste collection, en cours de publication, intitulée _Corpus scriptorum orientalium christianorum_, dirigée par M. J.-B. Chabot, est destinée à comprendre toutes les œuvres historiques, philosophiques, théologiques, écrites par des auteurs chrétiens syriens, arabes, coptes et éthiopiens jusqu'au XVe siècle; les ouvrages édités sont traduits en latin (Paris, Poussielgue; Leipzig, Harrasowitz).
TABLE DES MATIÈRES
CHAPITRE PREMIER
L'UNITÉ DIVINE ET LES RITES DE LA PRIÈRE
L'acte de foi musulman;--origine d'Allah;--le prétendu monothéisme des Sémites;--influence du désert et de la montagne sur la pensée religieuse;--intuition et preuves de Dieu.
Les cinq prières quotidiennes;--l'appel à la prière;--les ablutions;--la _Kiblah_;--rites de la prière;--la prière solennelle et le prône du vendredi;--prières spéciales à divers cas. 1
CHAPITRE II
LA VIE FUTURE
Le dogme de la Résurrection;--le jugement dernier;--les preuves de l'immortalité de l'âme;--la non-éternité des peines;--comment Dieu sera vu dans l'autre monde;--funérailles musulmanes;--deuil modéré;--l'interrogatoire dans la tombe;--le châtiment du tombeau.
Descriptions de l'autre monde;--la nuit de l'ascension de Mahomet;--l'enfer conçu comme monstre;--les cercles de l'enfer;--le pont;--_l'arâf_;--le paradis. 26
CHAPITRE III
LE FATALISME
Deux espèces de fatalisme.--Le fatalisme moral;--la question ne se pose pas tout à fait de même que dans le christianisme;--passages du Coran qui paraissent exprimer le fatalisme;--cette interprétation rejetée par les théologiens.
Le fatalisme physique dans l'antiquité et dans l'islam. 52
CHAPITRE IV
L'AUMONE.--LÉGENDES MUSULMANES SUR JÉSUS ET MARIE
Le précepte de l'aumône; sa signification religieuse et politique.--La dîme.--Défense du prêt à intérêt.--L'hospitalité.--Œuvres d'hospitalisation.
Jésus et Marie dans le Coran et les commentaires.--L'annonciation;--miracles de Jésus;--sa passion niée;--respect des Musulmans pour l'Evangile. 78
CHAPITRE V
LE PÈLERINAGE
Caractère obligatoire du pèlerinage musulman;--Lieux saints, centres de nations;--pas de grand culte à La Mecque;--légendes bibliques.
Description du pèlerinage: dates; costume; routes; la mosquée sainte; le Kaabah;--le puits de Zemzem;--la visite au mont Arafat;--les sacrifices à Mina.
Impression générale.--Le chemin de fer de La Mecque. 104
CHAPITRE VI
LE PRÉCEPTE DE LA GUERRE SAINTE
La conception religieuse de l'islam est guerrière;--elle est même conquérante.--Apostolat par la conquête; droit d'attaque.
Le service militaire conçu comme devoir religieux;--haute situation des guerriers dans l'islam;--les martyrs;--le devoir d'étudier l'art militaire.
Opinions sur la tolérance musulmane;--selon la plus pure doctrine, cette tolérance ne peut être que précaire.--Danger de vouloir prouver Dieu par les armes. 135
CHAPITRE VII
SITUATION DE LA FEMME
La polygamie;--comment la loi musulmane cherche à parer aux inconvénients de la polygamie;--la répudiation.
Le harem et le voile;--entraves apportées au travail de la femme;--infériorité de ses droits civils. Femmes remarquables de l'islam.
Une réforme de statut de la femme est-elle compatible avec la doctrine coranique? 161
CHAPITRE VIII
L'ENFANT ET L'ÉDUCATION
L'ancien islamisme a porté peu d'intérêt à l'éducation.--Une enfance arabe; fêtes de famille;--circoncision;--respect des parents.--Ecole musulmane populaire.
L'enseignement supérieur ancien;--les universités;--les savants voyageurs.
Progrès de l'enseignement à l'époque contemporaine en Turquie, en Egypte et en Algérie.--Comment la doctrine musulmane envisage la science. 194
CHAPITRE IX
LA MYSTIQUE
La tendance au mysticisme très fréquente en Orient.--Le mysticisme musulman ne vient pas du Coran;--Il est surajouté à la doctrine coranique.--Les premiers soufis ont eu des maîtres chrétiens.
Mystiques célèbres de l'islam.--Faits psychiques.
La doctrine mystique de l'islam comparée à celle du christianisme.--Dangers du mysticisme musulman pour les intellectuels et pour le peuple. 225
CHAPITRE X
L'AVENIR DE L'ISLAM
Comment l'islam concevait autrefois son avenir;--progression prophétique avant Mahomet;--fixité religieuse après Mahomet;--la théorie mahdiste.
L'idée d'évolution s'introduit dans l'islam.--Faible probabilité des grands mouvements panislamistes.--L'évolution de l'islam dans plusieurs contrées.--Sympathie due aux Musulmans libéraux. 254
NOTES DIVERSES
Bibliographie générale.--Minarets. Cloches.--Musique.--Peinture.--Fatalisme. Providence.--Prêt à intérêt.--Impôts.--Calendrier.--Fêtes.--Jeûne.--Vin.--Clergé.-- Rites.--Lois militaires. Orphelins.--Education en Tunisie.--Médecine.--Libéralisme en Turquie.--Chrétientés orientales. 285
Paris.--Imp. LEVÉ, rue Cassette, 17.--S.
End of Project Gutenberg's La doctrine de l'Islam, by Bernard Carra de Vaux