La Cryptographie, ou, l'art d'écrire en chiffres
Part 9
Il est aussi des écritures occultes qui reparaissent, lorsqu'on les humecte avec un liquide approprié. C'est ainsi qu'une dissolution de vitriol ou de couperose donne des caractères qui se montrent à l'oeil, lorsqu'on frotte le papier avec une éponge imbibée d'un liquide, dont voici la composition: noix de galle concassées et mises dans de l'eau ou du vin blanc. On obtient le même résultat, en plaçant cette écriture invisible entre deux papiers légèrement imbibés de cette dernière dissolution; il faut que le tout soit enfermé et serré dans un livre pendant quelques moments.
Un procédé assez ingénieux consiste à masquer l'écriture invisible au moyen d'autres caractères que l'on trace dessus en se servant d'une encre formée de paille d'avoine brûlée et délayée dans de l'eau. Quant on passe l'éponge, cette écriture disparaît et laisse voir à la place celle qui était invisible.
L'extrait de saturne donne un marc, avec lequel on trace une écriture, qui, une fois séchée, ne paraît plus; afin de la rendre visible, il suffit d'imbiber le papier de jus de citron ou de verjus, et alors elle paraîtra d'un blanc de lait qui ressortira sur la blancheur du papier.
Des caractères tracés avec du bleu de Prusse paraîtront d'un bleu éclatant, si on les imbibe avec la dissolution acide du vitriol vert.
Une dissolution d'or fin dans de l'eau végétale, coupée avec de l'eau pure, fournit une encre sympathique qui disparaît en séchant, lorsqu'on veille à tenir le papier renfermé et à le soustraire à l'influence du grand air. Ces mêmes caractères, exposés au soleil, reparaîtront au bout d'une heure ou deux.
Disons, une fois pour toutes, que, dans l'écriture occulte, il faut employer des plumes neuves et affectées à cet usage spécial.
Les anciens auteurs qui ont écrit sur la Cryptographie n'ont point oublié les procédés que nous indiquons. Vigenère explique longuement qu'il faut «escrire avec de l'alun brûlé, ou du sel ammoniac, ou du camphre, destrempez en eau, ce qu'estant sec blanchist à pair du papier, qu'il faut tremper puis après dans de l'eau qui le rend noir et l'escriture demeure blanche, ou le chauffer devant le feu, tant que le papier roussisse et l'encre s'offusque; le mesme faict le jus d'oignon et l'eau encore toute simple. Si l'on trasse quelque chose sur le bras, un autre endroit du corps, avec du laict ou de l'urine, en jectant de la cendre dessus, elle y adhère et monstre ce qui y aura été desseigné. Le sel ammoniac, resouls à part soy à la cave ou autre lieu humide, si on escrit de ceste liqueur, tout demeure blanc; frottez le papier avec du coton trempé en eau distillée de vitriol ou de couperose: l'escriture apparoistra noire.
«Il y a un autre artifice de faire une petite incision à un oeuf, avec la pointe d'un tranche-plume bien affilé, par laquelle on fourre dedans de petits billets de papier escris des deux costez, de la largeur de l'ouverture, non plus grande que de petit doigt et y en peult assez tenir. Puis, on la replastre avec de la craye ou ceruse, et de la chaulx vive empastées avec de la glaise. Si qu'il seroit bien malaisé d'y rien remarquer ne connoistre, quand bien mesme on les aurait fait durcir et peller, car cela demeure enclos en leur substance, sans que rien paroisse dehors.
«Il y a un autre malin artifice qui se faict avec de l'alun bruslé, destrempé en eau dont on escrit sur du papier: estant sec, tout deviendra blanc. On brusle d'autre part de la paille de froment qu'on estend en un linge, sur quoy on passe de l'eau tiedde par tant de fois qu'elle ait emporté toute la noirceur de la paille: puis, on escrit de cette encre, sur l'escriture blanche dessusdite, ce qu'on ne veut pas tenir secret: et pour lire ce qui est caché, s'effaçant ce qui apparoit manifeste, il fault avoir de l'eau-de-vie où l'on aye fait tremper des noix de galle concassées grossièrement, tant que l'eau-de-vie en ait attiré et embeu la teinture avec du coton mouillé dedans; l'escriture apparente s'esvanouira et l'occulte viendra à se descouvrir, noire comme est la commune. En quoy il y a certain secret qu'il ne m'a pas semblé devoir divulguer, non plus que d'une autre manière d'encre qui s'efface d'elle-mesme en quinze jours ou trois sepmaines, composée de pierre de touche, sablon d'Estampes, sang de pigeon, noix de galle et autres ingrediens, mesme de l'huille de tartre avec laquelle il fault destremper le tout, y adjoustant un peu d'encre affoiblie avecques de l'eau.»
De son côté, Porta indique ce qu'il appelle une manière très-simple d'écrire sur la peau en caractères ineffaçables: c'est avec de l'eau-forte imprégnée de cantharides; ou, si l'on veut que l'écriture ne soit visible que pendant quelques jours, il faut employer, pour écrire sur la peau, une dissolution d'argent ou de cuivre dans de l'eau-forte, et cette opération peut se faire sur un homme endormi, sans qu'il le sache.
Résumons les autres détails dans lesquels cet auteur et ses émules entrent à l'égard du sujet qui nous occupe.
L'écriture faite avec une eau de vitriol ne devient visible, qu'en passant par-dessus de la décoction de noix de galle. Le sel ammoniac, avec la chaux ou le savon, donne à l'écriture une couleur blanche.
Après avoir critiqué l'antique secret des tablettes enduites de cire, Porta indique les procédés suivants: Écrivez avec de la graisse de bouc sur du marbre; les lettres, en séchant, deviennent invisibles; plongez le marbre dans le vinaigre, elles reparaissent sur-le-champ. Imprimez sur un bois tendre, tel que celui de tilleul, de peuplier ou autre, des caractères, à la profondeur d'un demi-doigt; aplatissez ce bois à la presse jusqu'à ce que le creux ait entièrement disparu et qu'on ne voie plus de traces de lettres; celui à qui vous enverrez ce morceau de bois lira l'écriture en le plongeant dans l'eau.
Enduisez un oeuf de cire; écrivez dessus, de manière à pénétrer jusqu'à la coquille sans l'endommager; tenez l'oeuf pendant une nuit dans une dissolution d'argent par l'acide nitreux; ensuite, enlevez la cire, écaillez l'oeuf et mettez la coquille entre votre oeil et la lumière, les lettres paraissent plus transparentes et très-lisibles. La même chose a lieu en écrivant avec du jus de citron, qui amollit la coquille de l'oeuf: faites durcir un oeuf, enduisez-le de cire, gravez sur la cire des lettres qui laissent la coquille à découvert; mettez l'oeuf dans une liqueur faite avec des noix de galle et de l'alun broyés ensemble; ensuite passez-le dans de fort vinaigre: les caractères pénétreront plus avant; ôtez la coquille, et vous verrez sur le blanc de l'oeuf de belles lettres couleur de safran.
Écritures que l'eau rend visibles: Qu'on écrive avec du jus de citron, ou de coing, ou d'oignon, ou tout autre suc acide; quand ces lettres sont sèches, on n'aperçoit rien; écrivez, entre les lignes, avec de l'encre, des choses indifférentes, afin de dérouter tout soupçon. En approchant la lettre du feu, l'écriture cachée devient lisible. Broyez du sel ammoniac, mêlez-le dans l'eau, écrivez avec cette liqueur: l'écriture paraîtra de la même couleur que le papier; approchez-le du feu, les lettres paraîtront noires. Si l'on écrit avec du jus de cerises, l'écriture paraîtra verte au feu.
Il est aussi des écritures qu'on peut rendre visibles par l'emploi de l'eau seule. Ce que l'on écrit avec une dissolution d'alun devient invisible, en séchant; il ne faut que plonger le papier dans l'eau pour faire revivre l'écriture. Une lettre écrite sur du papier avec une eau de vitriol distillée ne devient visible qu'en plongeant le papier dans une infusion de noix de galle avec du verjus ou du vin, On broie aussi de la litharge que l'on met dans du vinaigre mêlé d'eau; on passe la décoction à la chausse, et on la met à part; on trace ensuite, sur la pierre, sur quelque partie du corps ou sur toute autre matière, avec du jus de citron, des caractères, qui, étant secs, n'ont aucune apparence d'écriture; en passant par-dessus de l'eau de litharge, les caractères paraissent blancs comme du lait.
Rabelais dont l'érudition encyclopédique touchait à toutes sortes de sujets, n'a point oublié les divers procédés de l'écriture occulte; il fait mention d'une lettre qu'une dame de Paris envoie à Pantagruel, lettre qui renfermait un anneau d'or, mais dans laquelle il ne se trouvait rien d'écrit. Panurge s'efforce de découvrir le sens de cette missive, disant que «la feuille de papier estoyt escripte, mais l'estoyt par telle subtilité que l'on n'y voyoit point d'escripture.
«Il la mist auprès du feu pour veoir si l'escripture estoyt faicte avec du sel ammoniac détrempé en eaue. Puys, la mist dedans l'eaue pour sçavoir si la lettre estoyt escripte du suc de tithymale. Puys, la monstra à la chandelle, si elle estoyt point escripte du jus d'oignons blancz.
«Puys, en frotta une partie d'huylle de noix, pour veoir si elle estoyt point escripte de lexif de figuier. Puys, en frotta une part de laict de femme alaictant sa fille première née, pour veoir si elle estoyt poinct escripte de sang de rabettes. Puys, en frotta un coing de cendres d'ung nid d'arondelles, pour veoir si elle estoyt escripte de rosée qu'on trouve dans les pommes d'alicacahut. Puys, en frotta ung aultre bout de la sanie des aureilles, pour veoir si elle estoyt escripte du fiel de corbeau. Puys, la trempa en vinaigre, pour veoir si elle estoit escripte de laict d'espurge. Puys, la graissa d'axunge de souris chaulves, pour veoir si elle estoit escripte avec sperme de baleine, qu'on appelle ambre gris. Puys, la myst tout doulcement dans un bassin d'eau fraische et soubdain la tira, pour veoir si elle estoyt escripte avec alun de plume.»
Rabelais cite, à l'occasion de ces tentatives infructueuses, trois auteurs auxquels la Cryptographie serait redevable d'importants travaux: «Messere Francesco di Nianse, le Thuscan, qui ha escript la manière de lire les lettres non apparentes; Zoroaster, dans son traité _peri grammaton acriton_, et Calphurnius Bassus, _de litteris illegibilibus_.»
Cet auteur Thuscan et ces livres grecs et latins sont tout à fait inconnus; il faut donc assigner à l'imagination de maître François le mérite de les avoir créés.
BIBLIOGRAPHIE
Il nous reste à signaler les principaux ouvrages qui se rapportent aux diverses branches de l'Art d'écrire par chiffres; nous ne prétendons pas offrir une liste absolument complète; c'est un but qu'on ne saurait jamais se flatter d'atteindre, mais nous espérons du moins ne pas avoir oublié d'écrits d'une importance réelle. Nous avons adopté l'ordre alphabétique comme étant celui qui facilite le mieux les recherches.
_Anweisung zum Dechiffriren, oder die Kunst verborgene Schriften aufzuloesen_, Helmstadt, 1755, in-8.
BACO (Franc. de Verulamio). _De dignitate et augmentis scientiarum_, lib. VI, c. I. Voir ses _Opera omnia_. Francof., 1665, folio, pag. 147-151.
BECHERUS (J. J.). _Character pro notitia linguarum universali, invenium steganographicum hactenus inauditum_, etc. Francofurti, 1661, in-8.
BEGUELIN. _Mémoire sur la découverte des lois d'un chiffre de feu le professeur Hermann, proposé comme absolument indéchiffrable_. _Voy._ Mémoires de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Berlin, tom. XIV (1765) pag. 369-389.
BELOT. _L'Oeuvre des oeuvres ou le plus parfait des sciences stéganographiques_, Paris, 1623, in-8.
BIELFELD (J. de), _Institutions politiques_ (la Haye, 1760, in-4), tom. II, pag. 191.
BREITHAUPT (Chr.). _Disquisitio historica, critica, curiosa de variis modis occulte scribendi, tum apud veteres quum apud recentiores usitatis_, Helmstadt, 1727, in-8.
--_Ars decifratoria sive scientia occultas scripturas solvendi et legendi_, Helmst., 1737, in-8, 32 et 160 pag.
BUERGA (A.). _Pasilasie oder Grundriss einer allgemeinen Sprache_, Berlin, 1808.
CARLET (J. R. du). La _Cryptographie, contenant la manière d'écrire secrètement_, Tolose, 1644, in-12.
COLLETET. _Traittez des langues estrangères, de leurs alphabets et des chiffres_, Paris, Promé, 1660, in-4.--C'est un abrégé imparfait du _Traité des chiffres_ de Vigenère, et il aurait tous les caractères du plagiat si Colletet lui-même n'avait pas prévenu cette accusation avec une franchise peu commune.
COLORNI (Abr.). _Scotografia italica_, Praga, 1593, in-4.
COMIER (d'Ambrun). _Traité de la parole, langues et écritures, contenant la sténographie impénétrable, ou l'Art d'écrire et de parler occultement de loin et sans soupçon_. Bruxelles, 1691, in-12.
CONRADI (Dav. Arn.). _Cryptographia denudata, sive ars deciferandi quæ occulte scripta sunt in quocunque linguarum genere_, Lugd. Bat., 1739, in-8, 73 pag.
COSPI. _L'Interprétation des chiffres, ou Reigle_ (sic) _pour bien entendre et expliquer facilement toutes sortes de chiffres simples_, tiré de l'italien du sieur A. M. Cospi, secrétaire du grand-duc de Toscane. Augmenté et accommodé particulièrement à l'usage des langues française et espagnole, par F. J. F. N. P. M. Paris, 1641, in-8, 90 pag.
CRELLII (L. C.) _Diss. de scytala laconica_, Lipsiæ, 1697, in 4.
DALGARNO (George). _Ars signorum, vulgo character universalis et lingua philosophica_, Londini, 1667, in-8. Cet écrit a paru à M. Nodier extrêmement remarquable (voir les _Mélanges extraits d'une petite bibliothèque_, pag. 268, et les _Notions de linguistique_, 1834, pag. 31). Les ouvrages de Dalgarno ont été réimprimés à Edimbourg en 1834; la _Revue d'Edimbourg_, nº 124, juillet 1835, leur a consacré un article.
DLANDOL. Le _Contr'espion ou les clefs de toutes les correspondances secrètes_, Paris, 1794, 66 pag. in-8.
FIRMAS-PERIÈS (Le comte). _Pasitélégraphie_, Stuttgard, 1811, in-8.
FORELIUS (H.). _Dissertatio de modis occulte scribendi et præcipue de scytala laconica_, Holmiæ, 1697, in-8.
FRIDERICI (J. B.). _Cryptographia, oder geheimer Schriftmund und wirkliche Correspondenz_, Hamburg, 1684, in-4.
FUNKS (Chr. B.). _Natürliche Magie_, Berlin, 1783, in-8. (Il s'y trouve quelques détails sur l'art de déchiffrer.)
GERRAR (DI). _Siglarium romanum sive explicatio notarum ac litterarum_, Londres, 1793, in-4.
GODEVIN (François), évêque d'Hereford, _Nuncius inanimatus Utopiæ_, 1629. L'auteur expose mystérieusement les avantages d'une méthode secrète de correspondance au moyen de signes convenus.
S'GRAVESAND, _Introductio in philosophiam_ (Lugd. Bat., 1737). Il y est question, ch. XXXV, de l'écriture en chiffres.
GRISCHOW (Aug.). _Introductio in philologiam generalem_, Jenæ, 1704, in-8. Le chap. IV roule sur l'art d'écrire en chiffres avec rapidité, et sur les moyens de découvrir pareils secrets.
HANEDI, _Steganologia et Steganographia nova. Geheime, magische, natürliche Red- und Schreibekunst_, Nuremberg (sans date), in-8, 299 pag. Le véritable nom de l'auteur est Daniel Schwenter, professeur de mathématiques à Altorf, mort en 1636.
HILLERI (L. H.) _Mysterium artis steganographicæ novissimum_, Ulmæ, 1682, in-8, 478 pag. Un errata de 6 pag. termine le volume. Cette multitude de fautes contribua sans doute au peu de succès de ce traité plus ample que celui de Breithaupt, mais moins méthodique. Il ne s'adapte spécialement qu'au latin, à l'italien, à l'allemand et au français, et seulement aux chiffres à clef simple ou dont l'alphabet n'est pas variable. L'auteur avait donné un aperçu de son travail dans son _Opusculum steganographicum_, publié à Tubingue en 1675.
HINDENBURG (C. F.). _Archiv der reinen und angewandten Mathematik_. (Les cahiers 3 et 5 roulent sur l'art de chiffrer.)
HOTTINGA (Domin. de). _Polygraphie ou méthode universelle de l'écriture cachée et cabalistique_, Groningue, 1620, in-4. C'est la reproduction textuelle de la traduction de la _Polygraphie_ de Trithème, publiée en 1541 par Gabriel de Collange. Hottinga n'a point hésité à donner ce travail comme étant entièrement son oeuvre, et il déclare, dans sa préface, qu'il lui a consacré de longues et pénibles veilles. Il existe peu d'exemples d'un plagiat aussi effronté.
JONES. _Hieroglyphic or a grammatical introduction to an universal hieroglyphic language_, London, 1768.
KALMAR (Georgius). _Præcepta grammatica atque Specimina linguæ philosophicæ sive universalis ad omne vitæ genus adcommodatæ_. Berolini, 1772, in-4, 56 pag.
KIRCHERI (Athan.) _Artificium cryptographicum, seu abacus numeralis_, dans la _Magia universalis_ de Schott, part. IV, lib. I.
--_Polygraphia seu artificium linguarum, quocum omnibus totius mundi populis poterit quis correspondere_, Rome, 1663, in-folio, Amsterd., 1680. Cet ouvrage curieux est divisé en trois parties; la première offre une pasigraphie en écriture universelle que chacun peut lire dans sa langue. Le principe d'où il part est un dictionnaire numéroté tel que Becher l'avait proposé sans l'exécuter; Kircher l'exécuta en petit sur cinq langues (le latin, le français, l'allemand, l'italien, l'espagnol). Son vocabulaire a environ 1,600 mots; les formes variables des noms et des verbes sont exprimées par des signes de convention. La seconde partie donne une sténographie plus ingénieuse que celle de Trithème. La troisième partie concerne l'invention d'une boîte ou bureau stéganographique pour écrire ou lire très-promptement en chiffre quelconque.
KLÜBER (Lud.). _Kryptographik, Lehrbuch der Geheimschreibekunst_, Tubingue, 1809, in-8, 470 p.
KORTUM (C. A.). _Anfangsgründe der Entzifferungskunst deutscher Zifferschriften_, Duisburg, 1782, in-8, 144 pag.
_Langage_ (Le) _muet, ou l'Art de faire l'amour sans se parler, sans écrire et sans se voir_, Middelbourg, 1688, in-12.
LATOUR (Charlotte de). Le _Langage des fleurs_, Paris, 1820; 6e éd., 1845, in-12, 328 p. (L'auteur de cet ouvrage, en prose et en vers, est M. Aimé Martin.)
LEIBNITZ. _Historia et commendatio linguæ characteristicæ universalis_, dans ses _Oeuvres posthumes_, éditées par Rashe, 144 pag.
(LEMANG). _Die Kunst der Geheimschreiberei_,... im. G. L. Leipzig, 1797, in-4, 40 pag.
LENNEP (D. J. de). _Dissert. de M. Tullio Tirone_, Amsterdam, 1804.
LINDNER (Sam.). _Elementa artis decifratoriæ_, Regiomontani, 1770, in-8.
_Mysterienbuch alter und neuer Zeit, oder Anleitung geheimer Schriften zu lesen_, Leipzig, 1797, in-8, 115 pag.
NEYRIN (J. P.). _Principes du droit des gens_. (Brunswick, 1783, in-8), pag. 160 et suiv.
_Nouveau Traité de diplomatique_, par deux religieux bénédictins (D. Toussaint et D. Tassin). Paris, 1750-65. 6 vol. in-4. _Voy._ tom. III, p. 499-622.
NIETHAMMER (J. M.). _Ueber Pasigraphie und Ideographie_, Nurnberg, 1808, in-8.
_Nouvelle Découverte d'une langue universelle pour les négociants_, Paris, 1687, in-12.
_Opus novum, præfectis arcium, imperatoribus exercituum, exploratoribus, peregrinis, inventoribus, militibus ac omnis industriæ et litteraturæ studiosis, principibus maxime utilissimum pro cipharis lingua latina, græca, italica et quavis alia multiformiter describentibus interpretandisque._ (En latin et en italien, in-8, 44 feuillets.) À la fin on lit: Impressum Romæ, anno MDXXVI. Au second feuillet, l'auteur se donne le nom de Jacques Silvestre, citoyen de Florence.
OZANAM (Jacques). _Récréations mathématiques et physiques_, 1778, 4 vol. in-8. On y trouve diverses méthodes de Sténographie.
PANCIROLLI (Guidonis). _Rerum memorabilium sive deperditarum commentarius_, 1660, in-4. Il parle des chiffres, pag. 262 et suiv.
_Polizeischrift, geheime, des Grafen von Vergennes_, 1793, in-8, 46 pag.
PORTA (J. B.). _De furtivis litterarum notis vulgo de ziferis libri quinque_, Neapoli, 1563, in-4. Autres éditions: Londres, 1591, in-4.--Montbelliard, 1593, in-8.--Naples, 1602, in-folio.--Strasbourg, 1603, in-8.
--_Magia naturalis_, Naples, 1558.--Anvers, 1561.--Naples, 1589.--Leyde, 1644 et 1651. Il est question, dans le livre XVI, de l'art de chiffrer.
PRASSE (M. de). _De reticulis cryptographicis_, Lipsiæ, 1799, in-4, 14 pag.
RAMSAY (C. A.). _Art d'écrire aussi vite qu'on parle_, Paris, 1783, in-12. L'original est en latin; il parut dès 1678 et fut réimprimé avec une version française (par A. D. G.). Paris, 1681. Depuis cette dernière date, ce livre a été souvent réimprimé en France et à l'étranger, dans la fin du dix-septième siècle. Les anciennes éditions portaient pour titre: _Tacheographie ou l'Art d'écrire_, etc. On en connaît une traduction allemande, Leipzig, 1745, in-8.
SARPE, _Prolegomena ad tachygraphiam romanam_, Rostock, 1829, in-4.
SCHMIDT (J. M.). _Vollstændiges wissenschaftliches Gedankenverzeichniss zum Behuf einer allgemeinen Schriftsprache_, Dillingen, 1807, in-8.
--_Grundsætze für eine allgemeine Schriftlehre_, 1816-1818, 2 vol. in-8.
SCHOTT (Gaspard). _Schola steganographica in classes octo distributa_, Nuremberg, 1665, in-4. D'autres éditions de 1666 et de 1680 sont indiquées par les bibliographes.
--_Thaumaturgus physicus seu magia universalis naturæ et artis_, 1657-1659, 4 vol. in-4; 1677. On trouve, dans le quatrième volume de cet ouvrage curieux, des notions détaillées sur les divers moyens imaginés par les anciens et les modernes, pour se communiquer leurs pensées à l'aide de l'écriture secrète.
SELENI, Gustavi (id est, Augusti, ducis Brunsvicensis), _Cryptomenyticis et Cryptographiæ libri IX, in quibus et planissima Steganographiæ J. Trithemii enodatio traditur, inspersis ubique auctoris et aliorum non contemnendis inventis_, Luneburgi, 1624, in-folio.
SOLBRIT (Dav.). _Ratio scribendi per zifras_, 1726, in-8.
--_Allgemeine Schrift oder Art durch Ziffern zu schreiben_, Coburg, 1736, in-8. C'est la traduction de l'ouvrage latin précédent.
_Steganographia recens detecta_, Ulm, 1764, in-8, 97 p. Malgré son titre latin, cet ouvrage est en allemand (semblable circonstance n'est pas rare pour d'anciens écrits publiés au delà du Rhin). L'auteur a gardé l'anonyme, mais il a signé la préface des lettres C. W. P.
STEIN (A.). _Ueber Schriftsprache und Pasigraphie_, München, 1809, in-8.
STIELER (C. von). _Deutsche Secretariatskunst_. Nuremberg, 1678, in-4. Voir tom. I, pag. 547-555.
STUBENRAUCH. _Histoire abrégée de la Cryptographie_. Il s'en trouve un extrait dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, t. I, 1745, p. 105 et suiv.
TOD (Al.). _The olive-leafe or an universal A. B. C._, London, 1603, in-8.
TRITHEMII (J.). _Polygraphiæ libri VI_, Oppenheim, 1518, in-folio.--Francof., 1550.--Colon., 1564.--Argent., 1600 et 1613.--Colon., 1671.
--_Steganographia_, Francof., 1606.--Darmst., 1606,--Francof., 1608.--Darmst., 1621--Colon., 1635.
--_La Polygraphie et universelle écriture de Trithème_, traduit du latin par Gabriel de Collange[8], Paris, 1561, 1621, 1625, in-8.
[Note 8: La triste destinée de Collange mérite qu'on en fasse mention. Il était valet de chambre du Charles IX, et, quoique catholique zélé, il fut une des victimes de la Saint-Barthélemi, succombant sans doute à quelques inimitiés personnelles.]
Voici les titres de deux ouvrages composés dans le but de défendre la mémoire de Trithème contre l'accusation de magie dirigée contre lui:
_Stenographiæ nec non claviculæ Salomonis germani, J. Trithemii, genuina declaratio, auctore_ J. Caramuele, Colon., 1634, in-4.
J. TRITHEMII _Stenographia vindicata et illustrata_, auctore W. E. Heidel, Mayence, 1676, in-4. Une édition de Nuremberg, 1721, in-4, est citée.
UKEN (M.). _Steganometrographia, sive artificium novum et inauditum_, Francof., 1751, in-8, 328 p. Il en existe une traduction allemande, Ulm, 1759.
URQUHART (Thomas). _Logopandecteision, or an introduction to the universal language_, London, 1653, in-4.
VATER (J. S.). _Pasigraphie und Antipasigraphie... ou sur la découverte récente d'une langue universelle pouvant servir à tous les peuples_, Leipzig, 1799, in-12, 268 pag.
WALLIS (J.). _Opera miscellanea_, Oxoniæ, 1699, in-folio. Dans son traité _De combinationibus et alternationibus_, ce célèbre mathématicien donne des exemples de déchiffrement, sans expliquer toutefois les méthodes dont il fait usage.
WILDVOGEL (Ch.). _Diss. de scripturis terribilibus_, Francof., 1719, in-4.