Part 20
Je saisis cette occasion pour m'excuser auprès d'un vieil ami que je connais depuis neuf ans, de l'accusation relative au _Mouchoir bigarré_ de la page 4. Il a déclaré qu'il n'en avait jamais possédé un, et je soulage ma conscience en signalant ici sa rectification. Les acclamations des mères hollandaises pour l'éloge de leurs enfants, du professeur Vrolyk, à propos d'_Une Ménagerie_ (bien que ce dernier morceau ne paraisse pas le meilleur), et surtout votre approbation, sont des augures favorables qui ne peuvent être que flatteurs pour moi.
Me demandez-vous maintenant si j'ai le dessein de parler encore au public dans ce genre d'écrire? Je réponds qu'après avoir reçu autant d'encouragements que je pouvais espérer d'en recevoir, il y aurait étrangeté et aussi véritable ingratitude à abandonner ce genre; attendez-vous donc avec le temps à de nouvelles représentations de la _Chambre obscure_, et toi, mon ami, accepte pour la seconde fois la dédicace de ce volume.
ANNEXE À LA TROISIÈME ÉDITION POUR FAIRE SUITE AUX PIÈGES PRÉCÉDENTES.
Près de douze ans se sont écoulés, et les nouvelles _représentations_ promises n'ont pas eu lieu. Il y avait bien déjà, à l'époque de la promesse, quelques esquisses de prêtes; mais le jeu de la _Camera obscura_, par lequel elles devaient s'accroître de façon à atteindre aux proportions d'un volume, a été interrompu. Le temps d'_incipere ludum_ était là d'une manière pressante. Je pouvais désormais mieux employer mon instrument.
Certains de mes amis assuraient que je n'avais eu depuis que peu ou rien: d'autres pensaient que l'instrument m'avait encore rendu de bons services. Si ce dernier fait est réel, il m'est permis de répéter l'adage: _Non lusisse pudet._
Cependant un puissant intérêt a engagé les éditeurs à publier une nouvelle édition du petit livre d'Hildebrand, et ils exprimèrent le désir (le mot reste naturellement sur leur compte), de l'enrichir de ce qu'ils savaient être enfermé depuis longtemps en portefeuille. L'auteur devait-il refuser? C'eût été vraiment le _lusisse pudet._
Je ne sais si les pièces publiées à cette occasion valent plus ou moins que les autres. Mais cela m'étonnerait, parce qu'elles sont toutes des produits d'un même esprit et d'un même temps. Il y a beaucoup de choses dans le volume complet que je t'offre maintenant pour la troisième fois, que je sentirais, considérerais et exposerais autrement. Beaucoup de choses ont perdu le mérite de l'à-propos. Mais je le donne tel qu'il est et pour ce qu'il est. _Il faut juger les écrits d'après leur date_; c'est toujours une excellente maxime. Si en ce moment je trouvais l'occasion d'employer la même forme d'écrire, je croirais être obligé à donner quelque chose de plus intéressant et de plus spirituel, et surtout qui atteste une plus profonde connaissance des hommes et une contemplation plus féconde de la vie. Si j'y étais impuissant, je devrais dire que j'ai vécu une douzaine d'années inutilement.
Mon digne ami, depuis que je t'ai dédié pour la première et la deuxième fois la plus grande de partie ces morceaux insignifiants, il s'est fait passablement de vide en nous et hors de nous. La vie est maintenant pour nous une chose claire; nous pouvons bien dire qu'elle nous est connue, et nous sommes fixés de différentes manières sur ce qu'elle a de sérieux et sur nous-mêmes. Il s'est éveillé des inquiétudes en nous, et il s'est fait sombre là-haut. Des larmes ont coulé dont notre joyeuse jeunesse, malgré toute la vivacité de son imagination, n'avait pas d'idée. Heureux si nous avons appris à connaître des joies et aussi des consolations dont la force et le bonheur n'avaient pas rempli nos jeunes cœurs! Ce sont elles: et les mêmes que notre joyeuse jeunesse nous a données, elle les a à sa disposition et elle les donne à qui en a besoin. Remercions Celui qui nous a donné un cœur pour tout sentir, un cœur _auquel rien d'humain n'est étranger_, et qui ne reste pas non plus sans émotion en présence des choses divines. Aussi dans ce temps de jeunesse de notre esprit que ce volume nous rappelle, nous restons de temps en temps muet, mis en contact avec le grand, avec le sublime. Le temps est venu d'y donner tout à fait notre cœur et de voir sous leur vraie lumière toutes choses, et avant tout, nous-mêmes. Non, la question n'est plus de _jouer_, mais bien de _redevenir enfants._ Et celui-là seulement est un _enfant_, dans lequel la force, la sagesse et la joie qui sont propres à l'homme se retrouvent!
FIN.
TABLE DES MATIÈRES.
AVANT-PROPOS
I. Les petits garçons II. Malheurs d'enfants III. Une ménagerie IV. Un homme désagréable dans le bois de Haarlem V. Humoristes VI. Le trekschnit, la diligence, le bateau à vapeur et le chemin de fer VII. Jouissance des plaisirs VIII. Les amis éloignés IX. L'hiver à la campagne X. Le progrès XI. L'eau XII. Enterrer! XIII. Une exposition de tableaux XIV. Le vent XV. Réponse à une lettre de Paris XVI. Antoine le chasseur
TYPES HOLLANDAIS.
I. Le batelier II. Le domestique du batelier III. Le barbier IV. Le cocher de louage V. La jeune fille du Brabant du nord VI. Le voiturier limbourgeois VII. Le pêcheur de Marken VIII. Le chasseur et le polsdrager IX. Le pêcheur à la ligne de Leyde X. La paysanne de la Hollande du nord XI. Le paysan de la Hollande du nord XII. La garde
Épilogue et dédicace à un ami Deuxième édition Annexé à la troisième édition pour faire suite aux pièces précédentes.
FIN DE LA TABLE.